Enfin la fin de ce chapitre ! Bon c'est assez long (pas taper svp !). Mais j'espère qu'il vous a intéressé ! Et ça n'est pas fini ! Révélations et surtout grosses tensions en fin de chapitre. Mais je ne vais pas vous gâcher le plaisir.

Ps : toujours pareil (des commentaires ??)

Chapitre VIII-3 : « J'ai perdu »

Un grand feu de joie brûlait sur la plage. Autour, Luffy, Usopp, Chopper, Franky et Brook mangeaient, buvaient et faisaient la fête. Soraya, assise près d'eux, les regardait en souriant. Mais son regard fut attiré plus loin, à l'extérieur du groupe. Adossé contre un rocher, ne participant pas à la fête, Zoro ruminait des idées noires. La jeune femme repensa à leur duel et à son issue.

Le dernier assaut de leur combat avait été si violent que l'onde choc avait créé un cratère sur la plage. Soraya reprenait son souffle. Quelques mètres plus loin, Zoro gisait à terre ; il avait lâché ses sabres sous la force du coup de la jeune femme. Il ne semblait pas blessé mais il ne s relevait pas. Luffy s'approcha doucement. Il vit alors Soraya se diriger vers le bretteur et poser la pointe de son épée contre sa gorge. Ses doute revinrent : ils avaient accueilli cette femme à bord d leur navire, comme l'une des leurs, même après l'incident avec Robin. Elle s'était rapidement intégrée même si elle gardait une part de mystère. Il sentait qu'elle était dangereuse. Et là, elle avait battu son nakama et le menaçait maintenant de son arme. Il serra les poings. Il allait peut-être devoir se battre.

« Admets ta défaite, Zoro ».

Luffy ne s'attendait pas à ça. Il intervint :

« Eh Soraya, le combat est fini et tu as gagné, pas la peine d'en rajouter ».

Mais la jeune femme ne semblait même pas avoir remarqué sa présence. Zoro, allongé sur le dos, fixait le ciel.

« Dis-le, Zoro, et ce sera vraiment fini.

-Tu viens déjà de m'humilier qu'est-ce qu'il te faut de plus ? »

Zoro la regardait maintenant. Il ne comprenait pas où elle voulait en venir, il avait perdu, ça se voyait.

« T'humilier ? ». Soraya accentua encore la pression de sa lame sur la gorge du sabreur. Elle le vit grimacer. « Quand est-ce que je t'ai humilié ? C'est toi qui t'es montré arrogant et trop sûr de toi, tu as méprisé ma façon de penser et de pratiquer l'escrime parce qu'elle était différente de la tienne. Quand j'ai voulu te mettre en garde contre les dangers du Nouveau Monde, tu n'en as pas tenu compte. Tout ça, ajouta-telle, ça n'est pas une humiliation, c'est une leçon. Tu dois toujours te remettre en question pour évoluer et devenir meilleur. Sans ça, n'espère pas tenir ta promesse, tu peux aussi bien rester ici jusqu'à ta mort… ».

Zoro se releva, en colère. Une leçon ? Il n'avait eu qu'un maître, le père de Kuina. Il n'accepterait jamais les leçons de morale de cette fille dont il ne savait rien. L'épée de Soraya était toujours pointée sur sa gorge. Elle le fixait. De son côté, Luffy observait l'échange en réalisant qu'il n'avait pas toutes les clés pour comprendre la situation. Mais son nakama était en mauvaise posture et il se devait d'intervenir.

« Soraya, dit-il en s'avançant, laisse-le… »

Il s'interrompit devant le regard de la jeune femme. Il avait eu l'impression de recevoir un coup de poing. Il vacilla, surpris.

« Ne te mêle pas de ça, Luffy, c'est entre nous ».

Le message était clair. Cette fille était un cas à part. Comment pouvait-elle, rien que par la force de son regard, le faire reculer comme ça. Elle lui rappelait vaguement quelqu'un… Oui, elle était comme Shanks, qui avait réussi à chasser le monstre marin de Fushia rien qu'en le fixant… Il se rendit compte que la situation des deux épéistes évoluait et se concentra à nouveau sur le duel.

« Tu m'a eu par surprise, dit Zoro, ton arme est spéciale et c'est grâce à elle que tu as gagné. Si j'avais su que ce n'était pas une épée normale…

-Ne te cherche pas d'excuses. C'est une épée normale ».

Zoro regarda la lame, qu'il avait juste sous les yeux. Elle avait sans doute été conçue par un excellent ouvrier, elle était parfaitement équilibrée, ornée de motifs délicats, et semblait extrêmement effilée. Mais il ne ressentait rien de particulier à son contact, à la différence de ses sabres qui possédaient une aura particulière. Pourtant, c'était forcément ça…

« C'est une très belle épée, et j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux, mais elle n'a aucun pouvoir magique, ou autre chose de ce genre, ajouta-t-elle.

-C'est forcément ça, il n'y a pas d'autre explication, ça vient forcément de l'arme même si je ne sais pas de quoi il s'agit ».

Soraya soupira. Qu'il était buté. Il n'y avait qu'une solution. Elle lança légèrement son épée en l'air, la rattrapa par la lame et présenta la garde à un Zoro stupéfait.

« Prends-la et tu comprendras ».

Luffy n'en croyait pas ses yeux. Il repensa à ce qu'elle avait dit sur le bateau : « Cette arme c'est mon trésor à moi et je ne laisse jamais personne y toucher.». Et pourtant, elle la tendait maintenant à Zoro, alors qu'ils venaient de se battre. Décidément, il ne comprenait pas cette fille. Zoro aussi était interloqué. Il hésitait, sachant ce que représentait cette épée pour la jeune femme, son « trésor ». Sa curiosité fut la plus forte et il saisit la garde. Il soupesa l'arme. Comme il l'avait deviné, c'était une épée fantastique, parfaitement conçue. Mais elle ne semblait rien avoir de spécial. Il fit quelques passes mais rien ne se passa. Il réessaya sans succès. Rien à faire, impossible de reproduire ce son qu'il avait entendu quand Soraya la maniait.

« Comment fais-tu ?

-Qu'est-ce que tu veux dire ? Est-ce qu'il y a un mode d'emploi ? Une formule magique ? Un bouton secret ? répondit-elle en riant. »

Zoro s'empourpra. Elle se moquait de lui cette garce. Il réessaya mais sans plus de succès. Il finit par abandonner et lui rendit son arme qu'elle rengaina. Puis elle tendit la main.

« Tu veux toujours comprendre ? demanda-t-elle devant l'air incrédule de Zoro.

Celui-ci ne comprenait pas où elle voulait en venir. Puis, il suivit son regard et vit qu'elle désignait Wadō Ichimonji, le sabre de Kuina..

« Impossible, ce katana… il est sacré pour moi, et je ne laisse personne y toucher ».

Devant le sourire de la jeune femme, il réalisa que lui aussi avait touché son épée. Malgré l'importance que cette arme avait pour elle, elle l'avait laissé l'utiliser. Il ne pouvait pas reculer. Pestant, il alla chercher le katana qu'il lui tendit, anxieux. Si elle l'abimait… Luffy qui assistait à la scène ne pouvait y croire. Zoro venait de passer son précieux sabre à cette fille qui le menaçait quelques minutes plus tôt. Il était de plus en plus perdu. Les deux hommes regardèrent Soraya soupeser l'arme, la prendre fermement en main. Elle fit jouer les rayons du soleil sur la lame, admirant sa finesse et sa légèreté.

« C'est une arme incroyable, Zoro, elle est parfaite… Et on sent qu'elle est aimée et que tu en prends soin ».

Zoro acquiesça, heureux qu'elle reconnaisse sa qualité et témoigne du respect à l'arme de son amie. Soudain, il vit Soraya se mettre en mouvement. Aussitôt, le sifflement qu'il avait entendu plus tôt reprit vie, l'air sembla se déchirer à nouveau. Ses tympans protestèrent mais il ne pouvait quitter Wadō Ichimonji des yeux ; elle arrivait à le faire « chanter » ! Le son prit fin aussi soudainement qu'il avait commencé et Soraya lui rendit son arme.

« Comment ?...

-La force n'est pas dans l'arme ni dans le bras qui la tient, mais dans l'esprit qui les contrôle ».

Soraya avait prononcé cette phrase dans un murmure. Zoro releva les yeux et la vit qui le fixait. Dans son regard glacé, plus la moindre trace de provocation ou de colère, juste une attente. Oui, elle attendait quelque chose de lui. Il comprit, baissa légèrement la tête et dit :

« J'ai perdu ».

Une branche craqua dans le feu qu'Usopp attisait. Soraya regarda autour d'elle. Perdue dans ses pensées, elle n'avait même pas remarqué que les chants et les rires s'étaient tus. Elle vit que Luffy et les autres la regardaient.

« Qu'est-ce qu'il ya ? J'ai quelque chose sur le visage ? demanda-t-elle.

-C'est ton tour Soraya…

- Quoi ? fit-elle en se tournant vers Chopper.

- Pour le concours de grimaces, c'est ton tour », lui expliqua le petit renne.

Perdue dans ses pensées, elle ne s'était pas rendu compte de ce qui se passait autour d'elle. Maintenant, plus moyen de se défiler, tous les regards étaient braqués sur elle. Elle déglutit avec difficulté.

« Je… je ne connais pas de…

-Allez n'importe quoi, lui dit Luffy en riant, une grimace, une imitation, une chanson ! Je suis sûr que tu peux le faire ! »

Elle observa le capitaine, son regard franc et direct, son grand sourire communicatif. Elle hésita puis prit une grande inspiration et…

« Crétin, ça n'est pas parce que tu me fais des compliments que ça me rend plus heureuse ! Gros nul ! »

Elle rouvrit les yeux. Elle s'était lancée, sans réfléchir. Mais pourquoi ne disaient-ils rien ? Gênée, persuadée de s'être rendue ridicule, Soraya essaya de se faire toute petite. Soudain…

« WOH !!! Terrible !»

Tous la félicitaient, Luffy lui lançait de grandes claques dans le dos pendant que Chopper la fixait avec des étoiles plein les yeux. De l'autre côté du feu, Usopp, Franky et Brook riaient à gorge déployée.

« C'était formidable, demoiselle, lança Brook.

-Ouais, une autre, une autre, une autre, criaient Luffy et Usopp.

- Chopper-chéri, lança Soraya au petit renne ébahi, entend la passion qui fait battre mon cœur, son feu couve en moi comme un… euh, grand feu de joie sous les étoiles scintillantes ! »

Les Mugiwaras étaient pliés en deux, c'était tout à fait Sanji. Chopper ne pouvait plus s'arrêter de pleurer de rire. Même Zoro, dans son coin, eut un petit sourire (comme à chaque fois que quelqu'un se moquait du love-cook). Soraya riait elle aussi, maintenant parfaitement détendue. Elle y prenait même goût. Assise autour du feu, avec des gens qu'elle appréciait et qui la faisait rire, elle se sentait bien pour la première fois depuis… Elle explosa de rire à nouveau en voyant Luffy et Chopper se mettre des baguettes dans le nez et improviser un « french-cancan ». Pour être honnête, elle ne s'était jamais autant amusée.

Quelques heures plus tard, alors que le feu mourait doucement, les Mugiwaras et leur nouvelle amie, allongés sur le sable, regardaient les étoiles en silence. Soraya souriait, détendue et apaisée. Elle repensa à la dernière fois où elle s'était sentie comme ça. C'était vieux, elle était encore une petite fille…

« Dis Soraya, comment ça se fait que tu saches aussi bien te battre ? », murmura Chopper en se tournant vers sa voisine.

De l'autre côté de la jeune femme, Luffy fit comme s'il n'avait pas entendu mais il ouvrit ses oreilles pour ne rien perdre de la réponse.

« Et bien tu sais, quand j'étais petite fille, ma mère me forçait à apprendre le chant, la musique, la danse mais aussi la couture, la cuisine. Elle voulait faire de moi une fille distinguée et féminine. La pauvre, je me souviens de son air désespéré à chaque fois que je revenais à la maison avec les genoux écorchés et des trous à mes vêtements. Parce qu'en fait, j'étais un vrai garçon manqué, toujours à me battre avec les fils des voisins. Je voulais devenir plus forte que tous ces garçons qui se croyaient supérieurs. Dès qu'il y avait une bêtise à faire, quelqu'un à cogner, un truc à casser ou à voler, j'étais dans le coup. Je crois que j'étais une vraie déception pour ma mère, ajouta la jeune femme en riant. Mais d'un autre côté, elle était un peu fière je crois. Il faut dire que j'étais une vraie terreur, je battais tous ceux qui me tenaient tête. Et si quelqu'un s'avisait d'embêter mon petit frère je devenais incontrôlable.

-Tu avais un frère ? demanda Chopper en se redressant sur un coude.

-Oui, il aurait ton âge si… tu me fais un peu penser à lui, tu sais. Il était très crédule, il adorait les histoires. Je pouvais lui raconter n'importe quoi, il le croyait et je voyais qu'il m'admirait. Je l'adorais même si parfois, je l'enviais d'être un garçon ».

Soraya fit une pause dans son histoire, perdue dans ses souvenirs. Chopper attendait la suite, tentant d'imaginer la jeune femme comme une petite fille. De son côté, Luffy écoutait lui aussi ; le sens du « il aurait ton âge » ne lui avait pas échappé. Il tendit l'oreille.

« Mon père… n'était pas là très souvent. Mais je l'adorais. Il était incroyablement fort et courageux. Je l'admirais tellement… Un jour, je lui ai dis que mon rêve était de devenir pirate, comme lui. Et là, il a éclaté de rire. Il se moquait souvent de moi, j'avais l'habitude, mais ce jour-là je lui en voulus terriblement. Il me dit que la place de sa fille n'était pas en mer, que je devais écouter ma mère et devenir une vraie jeune fille. Je me souviens aussi qu'il disait toujours qu'il voulait que son fils devienne grand et fort pour lui succéder un jour… Son fils ! Dire que mon frère était une poule mouillée et un gros douillet alors que moi je savais me battre et j'étais courageuse… Je trouvais tout ça tellement injuste, à l'époque, ajouta-t-elle en riant doucement, j'étais terriblement jalouse. D'aussi loin que je m'en souvienne j'avais toujours voulu devenir pirate pour suivre les traces de mon père et il venait de détruire mon rêve… Mais ça n'était rien tout ça, des colères d'enfant, si j'avais su ce que l'avenir me réservait, j'aurai sûrement mis ma colère de côté et j'aurai plus profité de mon enfance… ».

Chopper regardait Soraya qui se confiait à lui. Elle qui semblait si secrète, elle lui racontait son enfance, ses rêves. Et elle disait même qu'il lui rappelait son petit frère. Alors que les autres avaient des doutes sur elle, il avait été le seul à lui faire confiance, depuis le départ. Et il avait eu raison (même s'il avait eu peur pendant son duel avec Zoro). Le petit renne se sentait très heureux de partager ses souvenirs. Il lui dit un grand sourire qui dérida instantanément la jeune femme.

« Bah, laisses tomber Chopper, ce ne sont que de vieux souvenirs sans intérêt…

-Pourquoi tu n'es pas devenue pirate ? »

C'était Luffy qui lui avait posé cette question. Le jeune homme s'était redressé et regardait maintenant Soraya, à côté de lui. Les autres Mugiwara, conscients que quelque chose se passait, s'était eux aussi redressés et suivaient la conversation. Même Zoro, dans son coin, s'intéressa à la scène.

« Et bien, ce n'était qu'un rêve de gosse, vous savez ce que c'est…, dit la jeune femme en s'asseyant.

-Ca ne répond pas à la question, rétorqua Luffy.

- Ecoute, j'avais huit ans. A cet âge, on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve et les rêves changent vite. Un jour tu veux être pirate, le lendemain tu veux être Marine, ça ne signifie rien…

-C'est faux, s'emporta le capitaine, les vrais rêves ne changent pas. Tu as dit que tu avais toujours voulu être pirate pour imiter ton père. C'est un vrai rêve ça, ça ne s'oublie pas comme ça… ».

Soraya se leva, imitée par Luffy. Ils se faisaient face. La jeune femme ne comprenait pas ce qui arrivait au capitaine. Lui d'habitude si détendu semblait à présent complètement à cran et presqu'en colère.

« Pourquoi ça a tellement d'importance ? demanda-t-elle franchement étonnée. Les rêves d'enfant sont faits pour le rester… Mon avenir a été bien différent de ce que j'imaginais à l'époque et… disons que la vie m'a éloigné de mon rêve de gosse…

-C'est une excuse, on peut tous réaliser ses rêves d'enfant. C'est tous ce qu'on fait sur le navire, c'est pour ça qu'on navigue et qu'on est devenus pirates, pour réaliser nos rêves ».

Soraya les regarda, étonnée. Chopper lui expliqua alors; ils étaient devenus pirates pour atteindre leurs buts respectifs, chacun avait le sien. Et Luffy le premier, qui avait réuni cet équipage pour trouver le One Piece.

« Devenir Seigneur des Pirates ? C'est ton rêve ?

-Oui, répondit le jeune homme arec fougue, et je ferai tout pour y parvenir. J'ai fait la promesse à un ami, en jurant sur ce chapeau, que je deviendrai la pirate le plus fort, même plus fort que lui, que je trouverai tous les trésors du monde et que je serai le nouveau Seigneur des Pirates ! Rien ne m'en empêchera ! »

« Je deviendrai plus forte que toi ! Je serai la plus grande femme pirate qu'on ait jamais connue ! Et tu regretteras de t'être moqué de moi papa ! ». Soraya se revoyait encore le jour où elle avait prononcé ces mots, presque les mêmes que Luffy. C'était la dernière fois qu'elle avait vu son père.

« Alors ne viens pas me dire que c'est la vie qui t'a empêché de réaliser ton rêve, continuait Luffy, parce que si tu le voulais vraiment, tu pourrais être pirate ! Ca ne tient qu'à toi ! »

Ces mots la ramenèrent à la réalité. Qu'est-ce qu'il voulait dire ? Il la fixait avec une telle intensité qu'elle se sentait gênée. Mais elle n'arrivait pas à détourner le regard. Pirate ? Ca faisait longtemps que son rêve était mort. Son but avait changé. Comment pouvait-elle lui faire comprendre ça ?

Zoro avait assisté à toute la scène. Finalement il se leva et vint se camper devant les deux jeunes gens qui s'affrontaient du regard. Les autres Mugiwaras frémirent, le sabreur avait sa tête des mauvais jours. Est-ce qu'il allait la défier à nouveau ?

« Zoro, c'est pas le moment là ! lui dit Luffy sans quitter Soraya des yeux.

-Tu m'as battu ! lança le sabreur à la jeune femme sans faire attention le moins du monde à son capitaine.

-Tu ne vas pas recommencer, je croyais qu'on s'était expliqués ! répondit Soraya, alors qu'elle se sentait franchement mal à l'aise face à eux. Ecoutez, reprit-elle, la soirée avait si bien commencée, on s'amusait bien, pourquoi est-ce que vous voulez tout gâcher à vous prendre la tête comme ça ! »

Autour d'eux, l'air semblait crépiter. Luffy sentait sa colère monter devant l'attitude de Zoro : de quoi se mêlait-il ? Il avait remarqué, un peu agacé, qu'il y avait un lien particulier entre Soraya et l'épéiste, sans doute parce qu'ils étaient tous les deux épéistes et qu'ils avaient « partagé » leurs épées, mais ce qu'il avait à dire à la jeune femme était important, son nakama allait devoir attendre.

« Zoro attends ton tour, c'est important ce que…

-La ferme Luffy ! Moi aussi je veux réaliser mon rêve, il n'y a pas que le tien qui ait de l'importance ! ».

Les deux hommes se regardaient durement, et Soraya commençait à s'inquiéter. Qu'est-ce qui leur prenait ?

« Je n'ai jamais dit le contraire ! s'énerva Luffy.

-Alors fous-moi la paix, je dois lui parler ! Tu ne comprends pas ? Elle m'a battu ! Je t'avais promis que je ne perdrai plus un seul combat, j'ai promis à Kui… J'ai Juré que je deviendrais le meilleur épéiste du monde mais elle m'a battu ! Et elle m'a dit que je n'avais pas une chance dans le Nouveau Monde ! Tu ne comprends pas, insista-t-il, ça veut dire que mon rêve est hors de portée alors que je croyais enfin l'atteindre !

- J'ai compris, mais moi aussi j'ai des choses à lui dire, et ça ne peut pas attendre ! » rétorqua Luffy.

Ils se fixèrent, aucun ne voulant céder. Tout à coup ils se retournèrent vers Soraya. Zoro se mit à genoux alors que Luffy prenait son chapeau et d'une seule voix il lancèrent :

« -Deviens mon professeur !

-Deviens ma nakama ! »