Chapitre 10 : Geôles et amitié
Harry se réveilla dans un endroit sombre et humide. Il essaya de tourner la tête mais une vive douleur à la nuque l'en empêcha. Il remarqua qu'on ne lui avait pas enlevé son sac. Son sort avait donc marché. Il avait passé sa journée à trouver un moyen pour que même s'il était capturé, endormi ou inconscient, personne ne pourrait lui enlever son sac ou même y toucher. Celui qui s'y essaierait, se prendrait l'équivalent d'un Doloris. Plus celui-ci insisterait et plus le sort augmenterait en puissance. Même face de serpent ne pourrait tenir longtemps. Par contre, il ne pensait pas qu'il le testerait de sitôt. Il prit une potion antidouleur qui le calma aussitôt et examina l'endroit où il se trouvait. Il était dans un cachot sans fenêtre et vu le taux d'humidité dans l'air, il se trouvait sous un lac ou sous un cours d'eau. Une odeur rance lui fit frémir les narines. Cette odeur, c'était l'odeur du sang. Il voulut faire un peu de lumière mais sa baguette avait disparut. Et merde ! pensa-t-il. Il vit deux ombres par terre et s'approcha d'elles rapidement. C'était James et Lily. Il se dépêcha de prendre leur pouls et poussa un soupir de soulagement quand il vit qu'ils étaient en vie. Pendant qu'il examinait Lily, James se réveilla et s'approcha de Harry.
- Comment va-t-elle ? demanda-t-il.
- Elle n'a rien de cassée et ne porte que quelques bleus, répondit Harry. Et toi ?
- Je suis entier. Comment es-tu arrivé ici ?
- Je me suis fais avoir bêtement mais la question est : que faisiez vous à Pré-au-Lard ?
Le visage de James se décomposa.
- C'est ma faute, avoua-t-il. J'ai voulu lui montrer le village de nuit mais un groupe de Mangemorts nous a surpris. Je ne sais pas comment ils ont fait pour savoir que nous serions au village ce soir. Même vous n'étiez pas au courant.
- Ce qui est complètement irresponsable, le tança fermement Harry. Que tu veuilles sortir avec Lily, je m'en fous. Mais dis-le à quelqu'un pour qu'il sache où vous trouver s'il y a un problème. Pour ce qui est de l'embuscade, quelqu'un a dut vous entendre et le rapporter à ce cher Tommy, ironisa-t-il. Mince ! s'exclama-t-il, son visage se transformant en une grimace de pure peur.
- Que se passe-t-il ? demanda James inquiet pour "fils".
- Vous connaissez la vérité à mon propos et vous connaissez des choses que vous ne devriez pas connaître. Tout ça sans pratiquer l'occlumencie ! fit Harry affolé.
- Et alors ? continua James sans comprendre.
- Si Voldy apprend tout de ma vie, il saura que je tiens plus à mes amis qu'à ma propre vie. Si en plus, il découvre que vous êtes mes parents, il va tout faire pour vous utiliser contre moi et je ne pourrai rien faire contre. J'ai peur pour vous depuis que je suis arrivé à cette époque et je n'ai pas envie qu'il vous arrive une bricole. Quelle merde !
James se sentait mal mais vraiment très mal. Il avait voulu faire plaisir à Lily et tout ce qu'il réussissait à faire, c'était de se faire enlever par les sbires de Voldemort. Ce qui le faisait se sentir le plus mal, c'est qu'ils risquaient de tous mourir par sa faute. Il n'avait pas vraiment prit le temps de réfléchir à la question. Stupide Gryffondor qu'il était ! Agir avant et réfléchir ensuite. Il tourna la tête vers Harry et vit que celui-ci remuait les lèvres silencieusement. Il reporta son attention sur Lily qui commençait à remuer. Il passa une main dans les cheveux de la rouquine. Qu'est-ce qu'il pouvait l'aimer sa Lily ! Il donnerait sa vie pour elle s'il le devait. Si jamais elle lui était arrachée, il n'était pas sûr de s'en remettre jamais. Lily se réveilla bientôt et se redressa aidé de James.
- Comment te sens-tu ? lui demanda James.
- J'ai mal aux côtes et toi ? répondit-elle.
- Ça va. Harry a dit que tu n'avais rien de cassé.
- Harry ? Il est ici ? Comment ça se fait ?
- Du calme. Il ne m'a pas tout raconté mais il s'est fait prendre en nous cherchant.
- C'est bien ton fils James, fit-elle en souriant. Il plonge droit dans les ennuis dès qu'il le peut.
- Très drôle ma chère. Devrais-je vous rappeler qu'il est aussi votre fils ? Il a l'intelligence de sa mère ainsi que les yeux qui sont magnifiques.
- Pourquoi reste-il dans son coin tout seul ?
- Il cherche une solution à notre incompétence en occlumencie, ironisa James.
- Pardon ? fit Lily qui n'avait pas tout compris.
- Il cherche un moyen pour cacher sa véritable identité de nos esprits pour ne pas que notre ami Voldemort puisse s'en servir contre lui ou contre nous.
- Par Morgane ! fit-elle soudain alarmer en comprenant la signification des paroles de James ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour l'aider ?
- A part revenir en arrière ? Aucune idée à part se creuser les méninges.
- Alors, au boulot !
Les deux jeunes se mirent donc dans un coin pour réfléchir à leur avenir plus qu'incertain.
Pendant ce temps, Harry recherchait dans sa mémoire tout ce qui pouvait les tirer de ce très mauvais pas. Dans tout ce qu'il avait apprit cet été, aucune ne disait comment faire pour ne pas qu'un legilimens puise des informations dans l'esprit d'une personne autre que soi-même. Il entendit James et Lily chuchoter et pria le ciel pour que ce ne soit pas la dernière fois qu'ils les entendent. Il fit le vide en lui et fit apparaître son Poudlard et son tourbillon de magie pur fit son apparition en même temps. Un puissant battement d'ailes le fit lever la tête. Un sombral volait tranquillement vers la forêt. Il avait découvert il y a peu qu'il pouvait « peupler » son Poudlard avec des animaux. Des sombrals, des licornes, Aragog et sa nombreuse famille peuplaient la Forêt Interdite. Moustache, le chat de la salle de Métamorphose, Fumseck et Squall dans le bureau de Dumbledore, Béléron le lion dans la pièce de Godric Gryffondor, Serpy le serpent chez Salazar Serpentard, Blério le blaireau chez Helga Poufsouffle et Royal l'aigle chez Rowena Serdaigle. Kendra était la gardienne de la salle commune des Gryffondor. De plus, il avait rajouté quelques chimères qui gardaient l'entrée du domaine et deux Magyar à pointes survolaient le ciel. Il avait aussi remarqué que ses animaux ne s'attaquaient jamais. Il alla dans le bureau de Godric, posa sa tête sur Béléron et réfléchit au problème qui se posait. A savoir, comment cacher des informations dans le cerveau d'une autre personne. Quand il ressortit dans le parc, il tomba nez-à-nez avec Squall et la solution le frappa de plein fouet.
- Eurêka ! J'ai trouvé ! fit-il en sortant de sa transe et en faisant sursauter James et Lily.
- Est-ce que ça va Harry ? demanda Lily.
- Très bien et toi ?
- Ça va. Que se passe-t-il ?
- J'ai peut-être trouvé la solution à notre problème.
- Vraiment ? fit James avec une pointe d'espoir.
- Faut que je vérifie quelque chose avant, répondit Harry.
James et Lily s'éloignèrent de lui pour le laisser tranquille. Harry se concentra fortement car la partie de son cerveau le reliant à Squall avait été plus difficile à atteindre que d'habitude.
- Squall ?
- Harry ?
- Oui, c'est moi mon vieux.
- Comment vas-tu ?
- Je vais bien ainsi que James et Lily.
- Ça me rassure.
- J'ai une question à te poser.
- Vas-y.
- Peux-tu placer le même tourbillon de magie que tu as mis chez moi à James et Lily ? Ils connaissent la vérité à mon sujet et si Voldy l'apprend, ça va chauffer pour nous trois.
- C'est vrai que je n'y avais pas pensé, admit le diaphénix. Pour répondre à ta question, c'est possible s'ils sont assez concentrés mais tu devras servir d'intermédiaire entre eux et moi et crois-moi, tu ne vas pas apprécier et eux non plus.
- Je n'ai pas le choix. Si c'est le seul moyen pour moi de les garder en vie, je le ferai, fit fermement Harry.
- C'est toi qui décide.
- Ok, à tout de suite.
Harry se leva et s'approcha de ses parents.
- Alors ? demanda James.
- Grâce à Squall, vous pourrez avoir la même protection mentale que moi. Elle est complètement imperméable.
- C'est super alors ! s'exclama Lily. Comment va-t-il faire puisqu'il n'est pas là ?
- Je vais lui servir d'intermédiaire. Pour commencer, il faut que vous fassiez le vide en vous. Imaginez un point noir et focalisez-vous dessus. Oubliez tout le reste. Seul le point noir existe.
Les deux adolescents fermèrent les yeux et se concentrèrent intensément. Cinq minutes plus tard, aucun signe ne pouvait permettre de savoir s'ils entendaient quelque chose ou non.
- Je pense qu'on peut y aller Squall.
- Très bien. On va faire les deux en même temps. Pose tes mains sur leur tête et accroche-toi bien.
- Allons-y, fit-il en posant ses mains sur les fronts de James et Lily.
Il sentit l'énergie de Squall traverser ses bras et atteindre James et Lily.
- Prêt mon vieux ? demanda le diaphénix.
- Vas-y !
- Et c'est parti !
Une douleur horrible le transperça de part en part. Presque aussi douloureux que le Doloris façon Voldemort. Sa tête et ses bras étaient en feu. S'il avait plongé dans de la lave en fusion, ça aurait fait le même effet sauf que la lave l'aurait tué rapidement alors que là, la douleur durait, durait, durait… Après ce qu'il lui sembla des heures, la douleur cessa enfin et il plongea dans les ténèbres en même temps que ses parents.
Il se réveilla quand on le balança dans une nouvelle cellule. Celle-ci ne sentait pas le sang mais le neuf. Les murs n'étaient pas humides et l'odeur entêtante du sang n'était pas présente. Par contre, il faisait toujours aussi sombre. Soit il était aveugle et n'avait plus d'odorat, soit on les avait changés d'endroit. James et Lily étaient toujours inconscient. Il leur fit passer un scan complet pour soulager sa peur des dommages internes et s'assit contre le mur.
- Squall ?
- Oui Harry. Comment te sens-tu ?
- Comme si je venais de passer sous un rouleau compresseur.
- Je t'avais prévenu que tu n'apprécierais pas le traitement réservé à l'intermédiaire.
- Est-ce que ça a marché au moins ? Pas que j'aime souffrir pour rien mais bon.
- L'opération a parfaitement fonctionné. Face-de-serpent ne pourra rien lire dans leur tête. Par contre, s'il utilise la torture, ils peuvent craquer.
- Ils ne craqueront pas. Ils sont aussi obstinés l'un que l'autre. Si James voit Lily résister, il résistera lui aussi pour ne pas perdre la face et vice versa.
- Je l'espère. Tenez bon. Dès ce soir, Dumbledore sera au courant et entamera des recherches pour vous retrouver.
- On est plus à Little Hangletton. On nous a déplacé par peur que quelqu'un d'autre que moi ne découvre le morceau de parchemin. Heureusement que j'ai eu assez d'esprit pour te le faire transmettre aux autres. S'il y a bien une chose que Rogue a réussi à m'enseigner en cinq ans, c'est qu'il faut utiliser sa tête avant ses muscles.
- Oui, mais ça ne sert à rien puisque vous n'y êtes plus. Dumbledore ira mais ne trouvera rien de plus qu'une cellule vide.
- Sauf si Tom veut jouer au chat et à la souris.
- Bon, je te laisse mon vieux. Préviens-moi s'il y a du nouveau.
- D'accord Squall. Ne tardez pas trop quand même.
- Tenez le coup. On vous fait confiance.
Squall se retira de son esprit et Harry se sentit plus seul que jamais. Ses amis lui manquaient. Surtout Ron car même dans un moment pareil, il aurait trouvé une façon de lui redonner le courage pour continuer à se battre. Hermione lui aurait fait tout un exposé sur le pourquoi de continuer à se battre et elle se serait battue avec Ron pour savoir lequel des deux avait raison. Un bruit à l'autre bout de la cellule le ramena à des pensées beaucoup plus utiles en un moment pareil. Lily et James se réveillaient de leur petit sommeil forcé.
- Comment allez-vous ? demanda Harry sans quitter sa place.
- Ça peut aller, répondit Lily.
- A part le fantastique mal au crâne, se plaignit James en se tenant la tête.
- Le pauvre Jamesie à mal à la tête ? demanda Harry en riant. Tu veux un bisous magique ?
- Non ! s'exclama-t-il rapidement. D'ailleurs, je n'ai plus mal !
- Que nous veut Voldemort d'après toi ? demanda Lily en se tournant vers Harry après avoir embrassé son petit ami.
- Rien.
- Tu peux répéter ? demanda James.
- Voldemort ne vous veut rien. Il s'est servi de vous comme appât pour me capturer. Mais son plan n'a pas aussi bien marché que prévu.
- Comment ça ? le coupa James.
- Ils n'ont pas réussi à m'enlever mon sac et comme je ne me suis pas préparé avant de partir, toutes mes affaires sont dans mon sac.
- Comment se fait-il qu'ils n'aient pas réussi à t'enlever ton sac ? fit Lily en fixant ses yeux émeraude dans ceux de son fils.
- Grâce au sortilège Doloris, répondit nonchalamment Harry.
- Quoi ? glapirent James et Lily de concert.
- Ne faites pas cette tête. C'est un sort runique que j'ai trouvé dans le livre que Lily m'a offert à Noël. Si quelqu'un d'autre que moi touche mes affaires, il se prend l'équivalant d'un Doloris et plus il insiste, et plus il a mal.
- Je croyais que c'était un livre sur les protections runiques, fit Lily penaude.
- Et c'est ce que c'est ! s'exclama Harry. Il protège mes affaires et en même temps ma vie. Tout ce qui m'appartient est dans ce sac. Si je le perds, je perds ma vie. Grâce à lui, je vais pouvoir vous faire sortir d'ici.
- Comment ? demanda James, un poil méfiant.
- Si j'arrive à savoir où nous sommes et avec l'aide de Squall, je pourrai vous faire quitter cet endroit.
- Et toi ?
- Je ne parlerai même pas sous la torture rien que pour faire enrager Tom.
- Torture ? répéta Lily en devenant blême.
- Et oui. Quand Voldemort n'arrivera pas à trouver ce qu'il veut dans vos esprits, il vous torturera jusqu'à ce que vous craquiez ou jusqu'à la folie, fit-il en murmurant les dernières paroles.
- Quand penses-tu qu'on va nous amener à lui ?
- Maintenant, répondit-il en entendant un bruit de grille de fer qu'on poussait.
Effectivement, quelques secondes plus tard, trois Mangemorts se tenaient devant la porte de leur cellule. Rien ne pouvait les distinguer l'un de l'autre. La même taille, la même corpulence, la même tenue.
- Comment allez-vous aujourd'hui ? fit le premier.
- Comme un charme jusqu'à ce que vous arriviez, répondit Harry en se relevant.
- Tu as du cran petit mais tu feras moins le fier devant le Maître.
- Arrête de discuter avec lui, siffla le second. Le Maître attend.
- Je suis d'accord, fit Harry. Je n'ai pas que ça à faire. Amenez-moi à votre Maître que je puisse faire rentrer mes amis.
- Très drôle gamin mais je ne pense pas que tu puisses sortir d'ici.
- C'est ce que l'on verra. On peut y aller ?
- Occulto ! fit le troisième homme.
Les trois adolescents devinrent aveugles et furent pétrifiés avant d'être trimballés vers Voldemort. Plutôt que de se laisser trimballer, Harry mobilisait tout son énergie à trouver un moyen de savoir où ils étaient retenus captifs. Malgré le sort l'empêchant de voir, il put distinguer de la lumière. Après quelques minutes de voyage, ils s'arrêtèrent et les Mangemorts annulèrent les deux sorts. Harry fut le premier à se relever et à examiner la salle. C'était une vaste salle en pierre grise. Les murs étaient recouverts de tentures sombres. Les Mangemorts formaient un cercle autour d'eux. Quand ils se retourna, il se trouva face à Voldemort assit sur son trône, ses yeux rouges l'examinant attentivement. Nagini était couché à ses pieds et paraissait endormi. La couleur blafarde de son visage contrastait avec la couleur du blason de Serpentard accroché derrière lui. Harry regarda nonchalamment le mage noir.
- Le service laisse vraiment à désirer, lui fit-il remarquer.
- Tu es courageux petit. Rejoins-moi, susurra Voldemort.
- Ce serait une option envisageable si l'on était pas obligé de vous obéir, tuer des gens innocents et porter ces costumes et masques ridicules.
- Stupide Gryffondor ! siffla-t-il. Tu te crois en position de faire l'idiot ?
Harry fit mine de réfléchir en regardant autour de lui comme pour chercher quelque chose.
- Oui, je le crois. Si vous aviez eut l'intention de nous tuer, vous l'auriez déjà fiat, pas vrai ?
- Courageux et intelligent, fit Voldemort. Mes apprentis-Mangemorts m'ont rapporté que tu leur causais des soucis et que tu avais des propos quelques peu blasphématoires envers moi.
- Moi ? Vous êtes sûr ? fit mine de s'étonner Harry au plus grand agacement de Voldemort. Vous devriez vérifier vos sources mon cher, continua Harry.
- Tu commences à m'énerver Strife ou quel que soit ton nom. J'ai tué moi-même la famille Strife et leur fils de un an.
- C'est vrai que tu aimes bien tuer et détruire des familles, fit Harry, des flammes de haine dans son regard émeraude.
- C'est exact. J'aime dispenser la souffrance, la douleur, le désespoir et la peur que j'inspire aux autres.
- Faux ! le coupa Harry. Tu fais erreur sur ce point Tom.
- Qu'as-tu dis ? siffla dangereusement Voldemort en se redressant sur son trône.
- Je t'ai dis que je n'avais pas peur de toi ni de la mort Tom.
- Mon nom est Voldemort ! tonna le mage noir.
- Jadis, tu as été appelé Tom Elvis Jedusor…
- Endoloris ! hurla Voldemort.
Le sort percuta Harry qui se mit à hurler sous les yeux impuissants de ses parents. Dès qu'il entendit le sort, Harry fit apparaître son Poudlard et se réfugia dans la salle commune des Gryffondors et ses souvenirs heureux. Cela n'arrêta pas la douleur mais l'atténua un peu. Voldemort maintint le sort une petite minute pour lui faire comprendre qui était le patron. Harry se remit debout assez facilement sous les yeux écarquillés des Mangemorts et de ses parents abasourdis.
- Tu as de la résistance Strife. Avant de te tuer, je voudrai que tu répondes à quelques questions.
- Tout ce que vous voudrez Monseigneur, répondit-il en mettant tout le mépris qu'il éprouvait pour cet homme dans sa voix.
- Comment as-tu survécu à mon Avada Kedavra ?
- Je ne sais pas. Tu es peut-être devenu nul pendant la nuit ?
- Endoloris ! Personne ne se moque de moi.
Il maintint le sort plus longtemps que la dernière fois. Quand il cessa son sort, Harry se redressa beaucoup plus difficilement que la fois précédente. Un homme normal ne se serrait pas relevé après avoir fait les frais de deux Doloris de Voldemort mais Harry se tenait droit et fier face au plus grand mage noir de la Terre.
- Ça fait mal n'est-ce pas ? ricana Voldemort.
- Pas tant que ça, répondit Harry en passant une main dans ses cheveux.
- Tu n'es qu'un imbécile Strife. Essayons encore une fois. Quelle est ta véritable identité ? Et ne me mens pas car je me saurai.
- Je suis… Ton pire cauchemar ! fit Harry en souriant de toutes ses dents.
- Legilimens ! hurla Voldemort fou de rage.
Harry faillit se faire avoir sous la violence de l'attaque. Voldemort rentra dans son tourbillon de magie avec facilité et se rapprocha dangereusement de son Poudlard. Harry mit toute son énergie à le repousser et fut soulagé de voir Voldemort expulsé de son tourbillon mais pas de sa tête ce qui le fit serrer les dents. Voldemort fit le tour de son tourbillon avant de retenter sa chance mais il fut une nouvelle fois gicler hors du maelström de Harry.
De l'extérieur, on pouvait voir Lord Voldemort, plus grand mage noir de ce siècle, assis sur son trône et fixant droit dans les yeux Harry Strife, surement le plus puissant adolescent ou cinglé de ce siècle, ou les deux, selon le point de vu. On pouvait voir sur chacun des protagonistes des signes évidents de combat même si aucun sort n'était jeté. Voldemort avait les mains crispées sur les accoudoirs de son trône et une minuscule goutte de sueur perlait à la base de son front. Quant à Harry, il avait la mâchoire serrée et ses ongles s'enfonçaient dans sa paume tellement il serrait les poings. Au bout d'un moment, Voldemort était de-nouveau près de son Poudlard. Harry, sur le point de craquer appela Squall à l'aide.
- Squall, si tu m'entends, dépêche-toi de faire sortir cet enfoiré de ma tête !
- C'est comme si s'était fait, lui répondit-il. Yippa !
Soudain, Voldemort vit apparaître un phénix qui se mit à chanter et donc, à le contrer dans sa lutte pour atteindre le cerveau de cet être ignoble. Squall se mit donc à tourner dans le tourbillon pour faire accélérer sa rotation. Voldemort se sentit tirer hors de la tête de Harry et fut expulser sans ménagements. A peine Voldemort fut-il sortit de sa tête, qu'Harry s'écroula au sol sous les regards inquiets de James et Lily.
- Tu es très puissant Strife, fit Voldemort après un instant de silence. Après un moment en notre compagnie, tu feras un parfait Mangemort.
- Dans tes rêves Tommy, siffla Harry en se mettant à genoux pour pouvoir voir Voldemort.
- Idiot ! cracha face-de-serpent. Tu n'es plus en état de te battre après ce duel mental.
- Tu serais étonné de voir ce que je peux encore faire, répliqua Harry.
- Peut-être mais tu ne m'intéresses pas pour l'instant. Tes deux amis par contre…
- Laisse-les tranquille Tom. Ils ne peuvent rien t'apporter.
- Silencio ! Maintenant, tu ne pourras plus m'interrompre, amusons-nous un peu, fit le serpent en regardant Lily.
- Vous ne la toucherez pas ! fit James en se plaçant devant Lily.
- Le courage ou la folie des Potter, rit Voldemort. Comment va ton cher père ?
- Il va très bien et se prépare à vous botter le cul ! fit James étrangement calme.
- Legilimens ! fit négligemment Voldemort en croyant prendre James par surprise mais celui-ci était sur ses gardes, d'où le ton très calme
James ne s'était pas fait avoir et était resté très calme pendant son altercation avec le mage noir. L'attaque en traître n'avait pas tardé et il était maintenant en train de bloquer Voldemort. Après plusieurs minutes d'acharnement, Voldemort fut éjecté de l'esprit de James. Voldemort entra dans une rage folle.
- Comment se fait-il que je ne puisse pas traverser ces protections ! les mêmes que Strife ! Endoloris ! hurla-t-il en pointant Lily qui se préparait mentalement à la douleur.
Mais la douleur ne vint jamais car Harry avait plongé devant elle pour la protéger. Voldemort maintint le sort jusqu'à ce que Harry soit à la limite de l'inconscience mais quand il voulut relancer le sort sur Lily, Harry s'était déjà relevé, tout tremblant certes, mais debout, prêt à utiliser son corps comme rempart face à Voldemort. Celui-ci eut un rictus méprisant.
- Tu m'énerves Strife.
- C'est bien mon intention, fit difficilement Harry.
- Abrutis de Gryffondor ! Vous autres, occupez-vous de fils Potter et de sa Sang-de-Bourbe de copine. Quand à nous deux, Endoloris !
Harry se retrouva une nouvelle fois au sol à hurler à pleins poumons tandis que Voldemort riait en le torturant physiquement et par le biais de sa cicatrice qui, avec l'affaiblissement de Harry, n'était plus protégée. Quelques instants plus tard, il entendit que les voix de James et Lily s'ajoutaient à la sienne. Voldemort et ses Mangemorts s'amusèrent ainsi pendant une demi-heure en alternant les Doloris, des pauses, des Doloris et des Revigor quand ils n'avaient plus la force de se relever. N'ayant même plus la force de relever la tête, on les transporta dans leur cellule sans prendre la peine de les aveugler. Avec un sursaut d'énergie, Harry réussit à ouvrir les yeux un bref instant et les referma. Le peu de temps qu'il avait réussi à les garder ouvert lui permit de voir un nom sur une plinthe au bas d'un mur. Ainsi ils étaient au manoir Goyle. Il allait pouvoir évacuer ses parents grâce à cette erreur de ses geôliers.
Ils furent jetés dans leur cellule sans être attachés. Harry se traîna difficilement dans un coin de la pièce et s'assit avec force grimaces. Tout son corps était douloureux suite aux multiples Doloris reçus. C'était la première qu'il s'en prenait autant en si peu de temps. Il ouvrit son sac et prit une potion Tonus en prévision du puissant acte de magie qu'il allait réaliser pour faire s'évader James et Lily. Après avoir but sa potion, il se mit à tracer un pentacle sur le sol. Pour le rituel, il se placerait à la pointe nord du pentagramme, Lily à sa droite et James à sa gauche. Aux pointes sud, il avait dessiné une rune de position avec le nom du lieu de départ et une autre pour le lieu d'arriver. Entre les deux, il avait mit une rune de déplacement. Après ces préparatifs, il attendit en somnolant que Lily et James se réveillent. Trois heures plus tard, les deux adolescents se réveillèrent difficilement.
- Comment vous sentez-vous après cet avant-goût du passe-temps favori de Tommy ? fit Harry en se relevant en grimaçant.
- Comment fais-tu pour être aussi en forme ? grogna James.
- J'ai pris une potion Tonus.
- Tu peux nous en donner une ? demanda Lily.
- Vous n'en aurez pas besoin. Mme Pomfresh s'occupera de vous.
- Comment ça ? fit James en aidant Lily à se mettre debout.
- Vous rentrez à Poudlard.
- Tu sais où nous sommes ? fit Lily extatique.
- Au manoir Goyle. Placez-vous ici, fit Harry en leur indiquant leur place.
Quand ils furent tous en place, Harry sortit une de ses lames et s'entailla la main sous les yeux horrifiés de sa mère. Il la rangea tout de suite dans son sac pour ne pas que les Mangemorts n'y touchent. Il serra le poing pour faire s'accumuler le sang et le laissa goûter sur le pentacle qui se mit à briller.
- Euh Harry, fit Lily pas rassurée. Tu es sûr que ce n'est pas dangereux ?
- Sûr et certain, fit Harry en se concentrant.
- Tu rentres avec nous ? fit James.
- Non.
- Alors je ne pars pas, fit James en se levant.
- Repose vite tes fesses ici ou c'est moi qui te tue ! fit rageusement Harry.
- Tu ne ferais jamais ça, dit James, une lueur d'inquiétude passant dans son regard.
- On parie ? répondit Harry en le fixant droit dans les yeux.
- C'est bon. Pas besoin de t'énerver, capitula James en voyant des flammes danser dans les émeraudes de son fils.
- Silence maintenant. Squall ?
- Oui mon frère.
- Tu es prêt à recevoir des passagers ?
- Pardon ?
- Pentacle et runes de transport.
- Quoi ? Mais tu es dingue mon vieux ! Je refuse !
- Impossible. J'ai déjà commencé. Si tu ne m'aides pas, j'y reste.
- Tu le mériterais. C'est bon, je suis prêt.
- Allons-y. Maintenant !
Harry se mit à trembler violement comme s'il avait une attaque. Lily voulut se lever mais elle en fut incapable car elle était clouée au sol, de même que James. L'air autour du pentacle se mit à crépiter et bientôt, se fut James et Lily qui tremblèrent sous la puissance du sort. Un bruit assourdissant se fit entendre. Les tremblements de Harry s'intensifièrent et Lily et James disparurent dans une lumière bleue aveuglante et Harry s'écroula au sol, à peine conscient.
Quelques secondes après, Voldemort déboula dans la cellule et poussa un hurlement de rage en voyant la pièce vidée de deux de ces occupants et le pentacle.
- Il faut changer de repaire. Ils savent où nous sommes.
- Bien maître.
- Tu es beaucoup plus puissant que tu ne laisses l'imaginer Harry Strife. C'était ton dernier coup de poker.
- Si vous le dites. Au moins, vous ne les toucherez pas, fit Harry avant de sombrer dans les ténèbres.
A Poudlard
Depuis que Squall était venu leur donner le morceau de parchemin, les Maraudeurs discutaient pour savoir s'il fallait aller trouver Dumbledore tout de suite ou suivre les indications de Harry. A savoir, attendre le lendemain dans la soirée pour prévenir le directeur.
- Il faut aller prévenir Dumbledore immédiatement, fit Marion fermement.
- Harry a dit d'attendre jusqu'à demain soir, répondit Remus pour la énième fois.
- Tu comptes laisser Harry libérer tes amis tout seul ? s'insurgea Elayne Si c'est le cas, tu n'es qu'un lâche ! conclut-elle rageusement.
Soudain, le temps sembla se figer. Remus bondit de son fauteuil et plaqua Elayne contre le mur. Son regard ambré d'habitude si pétillant de joie et de malice, frémissait de rage. Son visage si calme était la représentation de son être. La ressemblance entre l'homme et le loup n'aurait put être plus frappante. Son visage était à quelques centimètres à peine de celui d'Elayne où l'on pouvait lire une peur extrême.
- Tu es allé trop loin Elayne, murmura Remus calmement, sa voix traduisant son état avancé de colère. Tu ne nous connais vraiment que depuis cette année et tu oses me juger. Tu ne sais pas par quoi je suis passé alors abstiens-toi de me juger. Ça ne plait pas plus qu'à toi d'attendre ici sans rien faire, mais il y a une chose dont je suis sûr. S'il existe une personne qui puisse ramener James et Lily, c'est bien lui, fit-il avant de se diriger vers le tableau de la Grosse Dame.
- Où vas-tu ? demanda Sirius.
- La Salle sur Demande, fit-il en quittant la pièce.
- Tu as fais du bon travail, la félicita Sirius en regardant Elayne qui s'était effondrée quand Remus l'avait lâché. Tu devrais faire attention à ce que tu dis et à qui tu le dis, continua-t-il avant de rejoindre Remus.
- Mais…fit Elayne au bord des larmes.
- Tu as fais une erreur en disant cela, fit Peter très calme. Tu t'en ais déjà assez pris dans les dents alors, je ne vais pas en rajouter. Pour ma part, je fais entièrement confiance à Harry et tu devrais en faire autant, fit-il avant de rejoindre les deux autres dans la Salle sur Demande.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, fit Elayne avant de se précipiter dans son dortoir en pleurant, laissant Marion seule dans la salle commune.
Celle-ci était inquiète au possible. Sa grande sœur venait de se faire enlever par des Mangemorts et son frère était parti la récupérer de-même que James. Et maintenant, ses amis qui se battaient au lieu de se soutenir. Sa famille de cœur était éclatée et elle se sentait plus seule que lorsqu'elle était petite. Harry l'avait prise sous son aile dès le banquet de début d'année et depuis, il avait toujours été là pour elle. Elle avait découvert Lily pendant les vacances de la Toussaint. Elles se comprenaient à demi-mots et s'entendaient à merveille. Doucement, elle se mit à pleurer car elle avait peur de ne plus revoir Harry et Lily vivants. D'après ce que les autres lui avaient expliqués et ce qu'elle savait, les Mangemorts et ce Voldemort étaient des monstres assoiffés de sang et de douleur. Après un moment à pleurer, elle sentit quelque chose au niveau de ses jambes. Elle sécha ses larmes et vit Kendra qui réclamait des câlins. Elle la prit dans ses bras et se mit à la caresser doucement. Pour la remercier, l'ani-tigre se mit à ronronner. Marion se mit à sourire.
- Reviens-moi vite Harry, murmura-t-elle avant de s'allonger sur le canapé pour dormir.
Dans la Salle sur Demande
- Calme-toi Remus ! s'énerva Sirius.
- Elle ne sait rien de rien ! hurla Remus en explosant un vase contre le mur.
- On sait, mais ce n'est pas une raison pour tout démolir, continua Peter.
- Comme ça, je suis un couard, fit-il en détruisant un faux Mangemort. On verra qui est un couard !
- Mumus ! cria Sirius au moment où le lycanthrope s'apprêtait à pulvériser un autre vase.
- Remus suspendit son geste et regarda Sirius avec des yeux ronds.
- Comment m'as-tu appelé ?
- Je t'ai appelé Mumus, répondit Sirius très sérieusement.
Ils se fixèrent pendant deux secondes avant d'éclater de rire au surnom débile dont Sirius venait d'affubler Remus. Après un bon quart d'heure de fou rire, ils se décidèrent à retourner dormir dans leur dortoir. Quand ils pénétrèrent dans la salle commune, ils découvrirent Marion endormie sur le canapé devant la cheminée avec Kendra dans les bras. Remus, attendri devant ce spectacle, fit apparaître une couverture qu'il déposa sur Marion avant de monter se coucher.
Quand Elayne pénétra dans la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner, les autres étaient déjà là. Elle s'assit à côté d'eux et commença à manger.
- Euh… Remus.
- Oui Elayne, répondit le loup-garou comme si rien ne s'était passé.
- Je voudrais m'excuser pour ce que je t'ai dis, fit-elle en baissant les yeux.
- Je te dois aussi des excuses pour t'avoir ainsi brutalisé mais la prochaine fois, réfléchis avant de parler.
- Je ne l'oublierai pas. Tu m'as fichu une de ces trouille ! fit Elayne en souriant.
- Quel est le programme d'aujourd'hui ? demanda Marion.
- On va aller s'entraîner et après, on verra, lui répondit Remus qui s'imposait enfin comme le meneur qu'il était.
- Ça me va, fit Peter en finissant son assiette.
- Alors, si tout le monde est d'accord, on y va ! fit Remus en se levant.
Vu qu'ils avaient déjà fait leurs devoirs, ils passèrent la journée à s'entraîner, ne s'arrêtant que pour aller manger. Après le dîner, ils montèrent voir Dumbledore pour le prévenir qu'il manquait trois élèves. Quand ils entrèrent dans le bureau, Squall était perchait à côté de Fumseck qui se mit à chanter en les voyant entrer.
- Bonsoir, fit le directeur en levant les yeux de ses parchemins.
- Bonsoir professeur, répondit Remus.
- Vu vos têtes, j'en déduis que trois d'entre vous ont encore des problèmes.
- En effet professeur, confirma Remus. James et Lily ont été enlevé par des Mangemorts et Harry est parti à leur recherche.
- Quand cela s'est-il passé ?
- Cette nuit, répondit Sirius.
- Et pourquoi avoir attendu ce soir pour me prévenir ? continua le directeur toujours aussi calmement.
- C'est Harry qui nous l'a demandé, répondit Marion. Donne-lui le parchemin Remus.
Remus s'approcha du directeur et lui tendit le parchemin remit par Squall. Dumbledore le déplia et lu l'indicatif. Son visage perdit de son impassibilité.
- Savez-vous ce que signifie ce nom ? demanda-t-il au bout d'un moment.
- Je n'en ai aucune idée professeur, répondit Remus.
- C'est là-bas qu'un moldu, Tom Jedusor, a épousé une sorcière et avait son manoir.
- Quel est le rapport avec Voldemort ? demanda Elayne.
- J'y viens. Sa femme tomba enceinte mais Tom Jedusor l'a mit dehors. Elle accoucha dans un orphelinat et eut juste le temps de nommer son fils Tom Elvis Jedusor avant de mourir.
- Cet enfant était bien évidemment un sorcier qui rentra à Poudlard à 11 ans. Il fut répartit à Serpentard, fut préfet puis préfet-en-chef. En gros, l'élève modèle. Son seul défaut était sa soif de pouvoir.
- J'ai peur de voir où vous voulez en venir professeur, fit Remus qui commençait à comprendre de quoi e directeur parlait.
- Il n'y a aucune raison M. Lupin. Tom Elvis Jedusor n'est autre que ce cher Lord Voldemort et d'ailleurs, vous connaissez l'endroit où est partit Harry. Vous l'avez vu dans ses souvenirs.
- Le cimetière ! La renaissance ! s'exclama Marion horrifiée.
- C'est exact Miss Lombard. De plus, c'est aussi là-bas que Voldemort à probablement commis ses premiers meurtres en tuant son père et ses grands-parents. Connaissant Tom comme je le connais, il ne dois déjà…
Il fut coupé par Squall qui se mit à rayonner et à chanter. L'air autour de lui se mit à crépiter et un pentacle se dessina et fit prier Dumbledore. Un grand flash blanc secoua le bureau et quand les Maraudeurs et le directeur rouvrirent les yeux, James et Lily étaient étalés sur le sol.
- M. Potter et Miss Evans ! Ravi de vous revoir parmi-nous. Mais ou est M. Strife ?
- Harry est au manoir Goyle professeur, répondit James car Lily était encore secouée par ce voyage peu conventionnel.
- C'est noté, dit le directeur. M. Lupin, je vous charge d'emmener ces adolescents à l'infirmerie. Quant à moi, je vais voir si je peux récupérer notre ami, fit-il avant de partir pour le ministère de la Magie par la poudre de cheminette.
Sirius se précipita sur James tandis que Remus et Elayne aidait Lily à se relever. Aucune parole ne fut prononcée avant que l'infirmière, après avoir été mis au courant et pestant contre face-de-serpent, ait fini son examen. C'est Peter qui commença l'interrogatoire qui dura une bonne heure et qui finit quand l'infirmière les jeta dehors. Elayne et Marion rentrèrent à la tour des Gryffondors plus blanches que jamais. Même Sirius, le plus courageux de tous, n'en menait pas large en pensant à ce qui attendait Harry dans les souterrains de Voldemort.
Le lendemain midi, James et Lily furent autorisés à sortir de l'infirmerie et à aller manger dans la Grande Salle avec les autres. Au milieu du repas, Dumbledore se leva et réclama le silence.
- Chers élèves. Certains d'entre vous ont remarqué l'absence de trois d'entre vous durant ces dernières 48h. M. Potter et Miss Evans ont été enlevé par des Mangemorts samedi soir. Vu que le château est protégé, c'est que ces adolescents étaient hors du domaine. Pour la peine, je vais leur retirer 50 points chacun - les deux intéressés plongèrent dans leur assiette pendant que Sirius huait le directeur et que les Serpentards rayonnaient – pour avoir enfreins le règlement. M. Strife, n'écoutant que son courage gryffondoresque, à réussi à les trouver et à les faire revenir à Poudlard. Ils en sont bons pour avoir subit le sort Doloris à plusieurs reprises ce que je ne recommande à personne. Pour avoir réussit à ramener ses camarades en bonne santé, j'accorde 150 points à Harry Strife. Malheureusement, M. Strife n'a pas réussi à se sauver lui-même et est donc entre les mains de Lord Voldemort en ce moment-même. Levons un toast pour le courage et le sacrifice de Harry Strife !
- Il arrive à sauver les autres mais pas lui-même. Quel boulet ce type ! fit une voix que tout le monde reconnu.
Avant qu'une autre phrase ne fut prononcée, James avait traversé l'espace entre lui et Malfoy et avait plaqué celui-ci contre le mur. La bande à Lucius, sauf Rogue, se leva en sortant sa baguette mais James ne réagit pas. Il tenait Malfoy par la gorge et le fixait droit dans ses yeux couleur acier.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles Lucius, siffla James. Le jour où tu te prendras des Doloris à répétition, tu viendras parler avec moi.
Il arma sa frappe mais…
- James Potter ! tonna une voix dans son dos. Que comptais-tu faire ?
- Rien papa, répondit James qui avait reconnut la voix du chef des Aurors.
- C'est bien ce que je pensais. Maintenant, tu vas le lâcher et venir avec moi.
- Bien, fit James, sa rage s'étant calmée.
- Vous entendrez parler de mon père, fit Malfoy en se tenant la gorge et étant plus blanc que d'habitude.
- Ne vous inquiétez pas pour ça M. Malfoy, répondit Christian Potter. Votre père et moi discutons assez souvent ensemble. D'ailleurs, je pourrais vous raconter des choses sur lui qui vous ferez peur.
- Un Malfoy n'a jamais peur ! répondit Lucius avec aplomb.
- Ce n'est pas l'impression que vous donniez quand mon fils tenait votre gorge dans sa main. James, on y va.
- Oui papa.
- Albus, pouvons-nous utiliser votre bureau ? demanda l'Auror.
- Bien sûr Christian. Allez-y.
Le père et le fils sortirent de la Grande Salle en silence sous les yeux incrédules des élèves. Pas un mot ne fut échangés entre James et son père avant qu'ils n'arrivent à la gargouille gardant l'entrée du bureau du directeur.
- Tu connais le mot de passe ? demanda James.
- Je n'ai pas besoin de mot de passe, lui répondit son père en posant sa main sur la gargouille.
Sa paume se mit à briller un instant et la gargouille s'effaça pour les laisser passer. En entrant dans le bureau, deux fauteuils étaient déjà là. Le père et le fils s'assirent en silence. James n'osait pas regarder son père de voir sa colère et sa déception.
- Je suis désolé, fit James au bout d'un moment sans lever les yeux.
- J'aime bien qu'on me regarde quand on me parle.
- Je suis désolé, répéta James en regardant son père dans les yeux.
- J'espère bien que tu es désolé ! Et à Lily, tu lui as dis que tu étais désolé ? Tu es inconscient James ! Je ne t'ai pas élevé comme ça ! Je t'ai toujours dis d'être sur tes gardes ! De plus, vu que tu es mon fils, Voldemort veut m'atteindre à travers toi. Ta mère a failli avoir une attaque quand Dumbledore l'a prévenue.
- Je suis désolé.
- Arrête d'être désolé et assume tes actes ! Par la barbe de Merlin, James ! Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?
- Je voulais montrer le village de nuit à Lily, fit-il penaud.
- Et maintenant, ton ami est entre les mains de Voldemort. Tu fais très fort mon fils !
- Tu crois que ça ne me tue pas déjà assez ! fit James avec fureur. Je m'en mors les doigts depuis qu'on a été capturés.
- J'espère que ça te servira de leçon. On a fait une descente au manoir Goyle et naturellement, aucune trace de votre passage.
- Evidemment.
- Comment fais-tu pour sortir du château ? lâcha subitement l'Auror.
- Pardon ? fit James déboussolé par le brusque changement de sujet.
- Je sais que tu vas te balader dans la forêt et à Pré-au-Lard la nuit. Comment fais-tu pour ne pas être taillé en pièce par les créatures qui y rôdent ?
- Tu devras me mettre en prison, fit James en rebaissant les yeux.
- Arrête de baisser les yeux comme un lâche et réponds-moi ! tonna Potter senior.
- Je suis un animagus, finit-il par révéler.
- En quoi te transformes-tu ? demanda son père à moitié surpris.
- Je suis un cerf.
- Prouve-le moi.
James se leva et se métamorphosa en Cornedrue devant les yeux remplis de fierté de son père.
- Sirius et Peter sont aussi des animagis ?
- Oui.
- Vous l'avez fait pour Remus, je me trompe ?
- Toi aussi, tu es au courant ? fit James.
- Evidemment que je le suis. On accepte pas un loup-garou dans une école sans mettre un minimum de personnes au courant.
- Pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ? tempêta James.
- Ça aurait servi à quoi ? Bon, faut que j'y aille, fit l'Auror en se levant et en se dirigeant vers la porte du bureau. Au fait, James, fit-il la main posée sur la poignée.
James se retourna vers son père et se retrouva face à un magnifique et puissant léopard des neiges. James voulut dire quelque chose mais le léopard avait déjà quitté la pièce.
Dans les geôles de Voldemort
Harry se réveilla plus faible que jamais dans une nouvelle cellule. Celle-ci empestait le sang et la mort. S'il avait été en meilleur forme, il aurait presque pu entendre les échos des hurlements laissés par ses prédécesseurs. La première chose qu'il remarqua, c'est que James et Lily n'étaient pas avec lui.
- Squall ?
- Harry ! Tu vas bien ?
- Je ne me suis jamais senti aussi faible, répondis Harry.
- Tu aurais pu te tuer !
- Peut-être, mais je suis le Survivant non ?
- Très drôle.
- James et Lily sont-ils en sécurité à Poudlard ?
- Oui, et en bonne santé en plus. Ton père vient de se prendre une avoinée monstre par ton grand-père. D'ailleurs, c'est un animagus léopard des neiges.
- Il s'en passe des choses à Poudlard pendant mon absence. Je vais te laisser, je suis claqué.
- D'accord mon vieux. Tiens le coup. Le pire est à venir.
- Merci de me remonter le moral. A plus.
- Bon courage et accroche toi.
Harry rompit la connexion et souffla. Même discuter avec Squall le fatiguait. Harry somnola un moment avant qu'un Mangemort ne le sorte de sa cellule et l'amène devant Voldemort qui paraissait un poil énervé.
- Ainsi, tu as fais s'échapper deux de mes invités ? dit Voldemort à mi-voix, ses yeux rouges au regard implacable rivés sur Harry. Je te ferai endurer 1000 douleurs pour cet affront.
- Tu ne me fais pas peur Tom, fit Harry.
- Ne m'appelle pas comme ça, siffla Voldemort, ses yeux flambant d'une rage évidente.
- Mais c'est ton prénom Tom, continua Harry en riant.
- Il y a longtemps peut-être. Quasiment toutes les personnes qui connaissaient ma véritable identité sont mortes ou ne me reconnaissent pas.
- Vu ta tête, c'est normal.
- Endoloris ! Tu encaisses bien la douleur, fit-il en voyant Harry se relever rapidement. Rejoins-moi et tu auras tout ce que tu veux.
- J'ai déjà tout ce que je veux et ce, grâce à toi, répondit difficilement Harry.
- Comment ça ? fit le mage noir intrigué.
- Tu n'es pas assez intelligent pour comprendre, fit Harry en ricanant.
- On verra si tu feras toujours le mariole après que mes serviteurs se seront occupés de toi, fit le Lord en passant outre l'insulte.
- On dirait que tu n'as pas peur que j'utilise de-nouveau les runes pour me sortir de là.
- Tu n'as pas du remarqué que le sol est recouvert d'une épaisse couche de fer noire ultra-résistant. Or, il faut que tu puisses graver tes runes pour pouvoir les utiliser, exposa calmement Voldemort.
- Tu n'es pas si bête que tu en l'air, grogna Harry.
- Merci pour le compliment, fit la mage noir en souriant, rendant son visage encore plus cauchemardesque. Je vais te laisser au soin de mes Mangemorts. Si tu veux me rejoindre, tu n'as qu'à leur dire et on discutera.
- Rentre-toi bien ça dans ton crâne de vieux serpent défraichit. Je ne rentrerai jamais à ton service, fit Harry avec hargne.
- Insolent !Endoloris ! fit Voldemort, la colère battant ses tempes.
Il maintint le sort jusqu'à ce que Harry rejoigne les ténèbres.
Harry se réveilla torse nu dans sa cellule. On lui avait déchiqueté sa chemise autour de son sac qu'il avait toujours sur les épaules. Une autre chose qu'il avait trouvé pendant la journée de la Saint Valentin était un moyen de modifier un objet sans magie. Il tira une languette et son sac se mit à rétrécir jusqu'à être à la taille de sa cheville auquel il l'attacha. Tout ça, dans la plus noire obscurité. Dire qu'il était faible était un faible mot. Prendre des Doloris à répétition n'est pas recommandé pour la santé. Il se mit en méditation pour récupérer un peu. Sa méditation dura plusieurs heures quand soudain, il se sentit tiré de son état de transe. Comme par magie, ses bras se levèrent et tirèrent son corps contre sa volonté. Il sentit des bracelets froids se fermer autour de ses poignets et de ses chevilles. Pendu comme ceci, il se sentait plus que vulnérable. Un cochon à l'abattoir n'aurait pas été mieux lotit.
- Fiat lux ! fit une voix traînante que Harry reconnut aussitôt comme celle de Malfoy.
Le blond se tenait devant lui. Habillé de sa tenue de Poudlard, il souriait de toutes ses dents. Qu'est-ce qu'il aurait aimé lui exploser la figure.
- Comment vas-tu Strife ? fit le blondinet en riant.
- Beaucoup moins bien depuis que tu es là, répondit Harry. Tu voudrais pas me laisser tranquille par hasard ? Ta présence m'insupporte.
- Désolé de te décevoir, mais tu vas devoir me supporter quelques temps. Le Maître nous a permis de nous entraîner sur son nouveau cobaye.
- En quoi va constituer ton entraînement ? demanda Harry en se préparent mentalement. Le Doloris ou autre chose de plus jouissif ?
- J'aurai pu mais je vais essayer autre chose.
- Qu'est-ce que c'est ?
-Ça !
Harry se reçut une droite magistrale dans la mâchoire qui le fit grimacer. Il avait de la force le rejeton Malfoy.
- Je croyais qu'un Malfoy ne se salissait jamais les mains ? fit Harry, un rictus sur le visage.
- Normalement, c'est exact. Mais tu m'as tourné en ridicule trop souvent cette année.
- Et je continuerai. Sois en certain, fit Harry en le regardant droit dans les yeux.
- Comment comptes-tu faire ce que tu promets en étant enfermé dans cette cellule ? fit Malfoy en enlevant sa robe et en ne gardant que son T-shirt vert kaki.
- Je sortirai d'ici Lucius. Ne t'en fais pas. Et je te ferai payer ce que vous allez me faire.
- On t'a jamais dis que tu parlais trop ?
- Non et toi ? Maintenant, fais ce que tu veux et dégage, fit Harry en fermant les yeux et en se concentrant.
Le premier coup ne tarda pas à arriver. Le poing de Lucius percuta son estomac avec un bruit mat. Les lèvres de Harry se serrèrent mais aucun son n'en sortit. Il ne ferait pas ce plaisir à Malfoy. Le deuxième atteignit ses obliques ( abdos du côté ), puis le bas-ventre, le ventre, les pectoraux, les lombaires, les côtes et la mâchoire. Harry était devenu le sac de frappe de Lucius et celui-ci frappait de toutes ses forces. Quand finalement il s'arrêta, Harry ne pu que souffler de soulagement. Lucius sortit de la pièce et Harry se retrouva par terre dans l'obscurité. Il n'avait pas besoin de se voir pour deviner qu'il était couvert de bleus. Sa mâchoire était douloureuse et son nez saignait ainsi que ses pommettes. Il chercha à tâtons des mouchoirs dans son sac pour arrêter les saignements. Il ne pouvait utiliser ses potions à cause de son aveuglement du moment. Il fut réveillé par un Mangemort qui le soumit à une séance de Doloris. Il cria au début mais au fur et à mesure que le temps passait, sa voix s'éteignit et il ne ressentait plus qu'une douleur affreuse. Augustus Rookwood vint le mardi soir et Rodolphus Lestrange le mercredi soir. Tous deux s'amusèrent à coups de Doloris. Le jeudi soir, c'est McNair qui vint s'amuser avec Harry. Celui-ci arriva avec un coutelas et s'entraîna pendant plus de deux heures à scarifier Harry. Celui-ci était si faible qu'il n'avait même plus la force de se débattre ou de lancer des piques à ses tortionnaires.
Quand Bellatrix entra dans sa cellule, Harry retrouva un peu d'énergie.
- Bella ! Comment vas-tu ? s'exclama faussement Harry.
- Bien et toi ? Vu l'état de ton corps, on ne peut pas dire que mes amis ne se sont pas entraînés.
- C'est bien vrai. Ils ont fait du bon travail au moins ? demanda Harry.
- Tu ressembles presque à un Inferi.
- La classe ! ironisa Harry. Arrêtons les civilités et fais ce pourquoi tu es là.
- Tu es si pressé de me voir partir ? Quel dommage ! Tu sais, tu es plutôt mignon comme mec mais – elle s'approcha de lui et l'embrassa – tu n'es pas de notre côté, fit-elle en reculant.
- Tu me le paieras Bella, cracha Harry au bord de la nausée.
- Mais oui mon choux. Ustupellis… murmura-t-elle, les yeux frétillants d'impatience.
Un sort jaunâtre s'échappa de sa baguette pour venir lécher la peau d'Harry. Il ne sentit en premier lieu qu'un courant glacé parcourir son avant-bras. La froidure s'accentua terriblement, provoquant une crampe douloureuse et enfin il sentit une monstrueuse chaleur naître sur la surface de sa peau. Il senti sa peau frémir et frétiller, des cloques se formèrent rapidement pendant qu'il retenait des cris de souffrance. Bientôt il eut l'impression que sa peau cramait et fondait littéralement mais elle ôta le sort et il ne put que souffler de soulagement…..La douleur demeura un moment vive malgré tous. Merlin, faîtes que cela s'arrête….
- Ça fait mal hein ? fit Bellatrix avec un sourire dément.
- Ça chatouille un peu sur les bords mais sinon, ça va. Je te croyais plus inventive que cela, la nargua Harry, des larmes de douleur dans les yeux.
- Attends deux secondes. J'en ai un autre qui va te plaire. Excorpellis !
Cette fois-ci le sort était d'un rouge très clair et au lieu de lécher son bras comme le ferait une flammèche, il l'entoura tel un halo. Il sentit bientôt, une sorte de picotement descendre le long de ses bras et sa peau s'ouvrir doucement, avec une lenteur surnaturelle. La douleur était intenable, littéralement. Car le sort prenait son temps et de multiples manières….Il incisait le derme, puis l'endoderme, la chair, les aponévroses des muscles et ensuite les muscles en eux-mêmes, cisaillant sans jamais exagérer les veines et les artères, butant sans jamais fêler sur les os….La douleur était intenable, si bien qu'il finit par rejoindre l'obscurité.
La séance de Doloris du lendemain matin fut plus que douloureuse avec ses bras mis en charpies par Bellatrix. Le soir, c'est Rogue qui pénétra dans la cellule de Harry.
- Severus, souffla Harry.
- Harry, répondit Severus avec un regard ou l'on pouvait lire l'horreur de la situation.
- Fais ce que tu dois et dis aux autres que je tiens le coup, fit Harry en refermant les yeux.
- Je ne te torturerai pas, fit Severus.
- Pardon ? coassa Harry.
- Je ne te torturerai pas Harry, répéta Severus. Tu es la seule personne à m'avoir accordé du respect et offert à ce qu'il ressemble un temps soit peu à de l'amitié.
- Que vas-tu faire ?
- Je vais soigner tes blessures pour commencer. Lugia. Voilà qui est fait.
- Merci Severus.
- Tu me remercieras si tu arrives à te sortir d'ici. Qu'est-ce qu'il te faut pour pouvoir sortir de là ?
- Juste ma baguette.
- Je crois que c'est Malfoy qui l'a. Si tu peux tenir une semaine de plus, je devrai pouvoir te l'apporter.
- Comment vont les autres ?
- Lily – son regard se voila – a redoublé d'effort dans son travail. Les autres font de-même. Seul ta protégée déprime. Ses notes ont chutées, elle ressemble plus à un zombie qu'à un être vivant.
- Tu peux lui faire passer un message ?
- Ça va être dur mais je le ferai, fit Rogue avec un ton n'admettant aucune réplique.
- Dis lui que je la testerai en rentrant et que si elle n'est pas au niveau, elle entendra parler de moi.
- Et si elle ne me croit pas ?
- Cite-lui les noms de Ron, Hermione et Cédric.
- D'accord. Je vais y aller. A la semaine prochaine. Tiens le coup pour tes amis.
Le lendemain matin, Severus aborda Marion qui était seule dans la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner.
- Je peux te parler ? demanda Severus.
- Oui, répondit-elle simplement sans le regarder.
- Harry m'a dit de te dire de vite te bouger les fesses, fit Severus sans détour.
- Harry ? fit-elle en regardant son interlocuteur. Il est vivant ?
- Il est vivant mais pas en très bon état. Il m'a dit que tu devais vite te reprendre sinon il t'en ferai baver. Il revient bientôt.
- Comment savoir si tu dis la vérité ? fit-elle suspect.
- Ron, Cédric et Hermione, répondit Severus amusé. Je ne sais pas ce que cela veut dire.
- Ce n'est pas grave. Merci… Severus.
Elle commençait à partir quand elle revint sur ses pas et fit une bise à Severus qui sembla se prendre un coup de poing.
La semaine de Harry passa comme la précédente. Entre Doloris, sac de frappe et scarifications en tous genre. Seul Bellatrix innova. Quand elle entra dans la cellule, elle tenait un fouet dans la main. Le premier coup fit serrer les dents à Harry. Le deuxième le fit pleurer. Coup après coup, la folle s'amusa à déchiqueter le dos de Harry. A travers le voile de douleur, Harry sentait son sang dégouliner.
Les Maraudeurs furent agréablement surpris de voir Marion se remettre au travail en souriant et une énergie renouvelée.
Quand Severus entra dans la cellule, un sourire apparut sur les lèvres craquelées de Harry d'où perla une goutte de sang.
- Severus, fit-il avec un brin d'espoir.
- Merlin ! Dans quel état tu es ! Je vais te soigner.
- Surtout pas ! Ils ont trouvé ça louche la dernière fois. As-tu ma baguette ?
- Oui, fit-il en la sortant de la poche intérieure de sa robe. Malfoy la gardait dans sa malle.
- Merci mon ami. Pose la à mes pieds et raconte-moi cette semaine que j'ai loupée.
Ils parlèrent pendant plus d'une heure et quand Severus sortit, il attrapa sa baguette, fit de la lumière le temps d'attraper le sabre de Merlin de peur qu'il n'y ait une sorte d'alarme. Il rangea sa baguette dans sa poche et s'endormit en serrant sa seule chance de sortie dans sa main. Quand Harry se sentit tirer par les poignets, il resserra sa prise sur le sabre. Il trancha les bracelets qui le retenait et attendit que son bourreau entre. Malgré la douleur, il se tenait droit comme un I. Quand il fit son apparition, Harry bondit sur lui et plaça la lame du sabre contre sa gorge.
- Conduis-moi vite hors des limites anti-transplanage.
- Je vais me faire tuer quand le Maître va savoir ça.
- Je m'en fous. T'avais qu'à y penser avant. Maintenant, tu vas marcher normalement à l'endroit que je t'ai indiqué. Et n'oublie pas que tu as un sabre prêt à raccourcir ta vie.
Harry se désillusionna et suivit l'homme dans le manoir où il était retenu prisonnier. Plus d'une fois, il faillit se faire repérer à cause de la douleur qu'il éprouvait et de ses jambes qui ne voulaient plus lui obéir correctement après tant de temps d'inactivité ou était-ce à cause de sa fracture. Enfin, ils arrivèrent aux portes de la propriété.
- C'est ici que nos chemins se séparent, fit Harry. Avant de transplaner, j'aimerai connaitre votre nom.
- Romulus.
- Merci, fit Harry avant de transplaner à Poudlard.
Il arriva devant les grilles et, n'ayant pas le mot de passe, fit la seule chose à faire : il posa ses mains dessus. Ses mains brillèrent et les portes s'ouvrirent. Il fit quelques pas à l'intérieur du domaine en titubant avant de s'effondrer.
- Kendra, appela-t-il faiblement.
Au même moment, les Maraudeurs étaient dans la salle commune. Kendra était sur les genoux de Marion quand elle se redressa d'un bond.
- Du calme Kendra, fit Marion en la caressant mais celle-ci se mit à miauler en direction de la porte.
- On dirait qu'elle veut qu'on la suive, fit Remus en se levant.
- Allons-y alors ! fit Sirius en bondissant hors de son siège.
Ils se levèrent et commencèrent à la suivre quand elle se mit à courir. Les adolescents, se demandant ce qui se passe, furent plus qu'étonnés quand ils virent la petite chatte tigrée Kendra se transformer en tigresse. Dans le hall, ils tombèrent nez-à-nez sur le directeur et l'infirmière.
- Quelqu'un vient de pénétrer dans l'enceinte du château et en vous voyant, je suis presque sûr que c'est Harry, fit Dumbledore sans cesser de courir.
Ils ralentirent quand ils virent Kendra couchée à côté de son maître.
- Par Morgane ! s'écria l'infirmière horrifiée en se précipitant au chevet de Harry.
Un peu plus tard, les étudiants purent voir passer un bien étrange cortège composé des Maraudeurs avec Harry Strife en sang et lévitant, le directeur et l'infirmière accompagné d'une puissante tigresse. Personne ne remarqua le petit sourire de Severus Rogue.
Non loin de là, un loup argenté et un tigre blanc couraient dans la Forêt Interdite. Ces animaux étaient assez étranges. Le loup portait un bracelet doré à la patte avant gauche, une boucle d'oreille entortillée à l'oreille droite et une grosse noire à la gauche. Son œil droit portait une cicatrice. Le tigre était d'un blanc éclatant et avait les yeux bleus électriques mais il avait un grain de beauté dans l'œil droit qui lui donnait un regard déstabilisant. Les deux animaux coururent jusqu'à une butte d'où l'on pouvait admirer Poudlard. Les deux animaux se changèrent en deux superbes jeunes femmes. Le visage fin, les oreilles pointues, une grâce indiscutable et un corps tout aussi parfait que le visage. Autant l'une avait les cheveux blonds et lisse, autant l'autre les avaient bruns et frisés.
- Bientôt ma sœur, murmura la blonde. Bientôt nous aurons notre revanche.
