*Se baisse pour éviter les tomates*

Bon d'accord c'était sadique de couper le chapitre comme ça ... mais voilà la suite ... et l'affaire commence à bien se démêler ... Chuis pardonnée ? (sourire angélique) Bonne lecture ...

- Harry ! Harry ! Oh par Merlin, aidez moi ! Harry fait un malaise !

Mme Pince accourut, suivie par le professeur Sinistra qui était dans un rayonnage proche. Elle fit apparaître un brancard et se dirigea vers la sortie.

- Allez chercher le professeur McGonagall ! dit-elle à Cho. Vite !

Cho se précipita au premier étage, vers la salle de métamorphose mais se heurta au professeur Dumbledore dans l'escalier.

- Professeur ! Vite ! C'est Harry ! Il s'est effondré d'un coup !

- Je sais. Allez chercher Minerva et montez à l'infirmerie. Je vous y rejoins.

Cho disparut dans le couloir tandis que Dumbledore se dirigeait vers la bibliothèque. En arrivant dans l'entrée, il ne vit que des visages affolés et curieux. Il s'avança dans la bibliothèque lorsque son pied buta sur des livres sur le sol. Il les ramassa et les observa attentivement.

- Où était Harry ? demanda t-il à Mme Pince.

- Ici, monsieur le directeur, à cette table avec Miss Chang.

Dumbledore s'approcha de la table sur laquelle était resté le livre sur le miroir du Risèd. Il lut le petit texte en bas de la page et partit en direction de l'infirmerie.

- Comment va t-il ? demanda t-il à l'infirmière en entrant.

- Monsieur le Directeur, c'est la première fois que je suis confrontée à ça ! Il n'y aucune blessure visible, aucun traumatisme. Son sang ne révèle aucune carence si ce n'est que son rythme cardiaque diminue !

- Son cœur est affecté ?

- Exact ! Par Merlin, je ne vois pas ce que je pourrais faire !

- Miss Chang, expliquez nous ce qui s'est passé ! dit McGonagall d'un ton sans réplique.

- Je ne sais pas Madame. Nous étions en train de chercher la traduction d'un texte sur un livre, puis ...

- Vous vous êtes embrassé, dit Dumbledore d'un ton calme.

- Oui monsieur, avoua Cho en essayant de ne pas croiser le regard noir de la Directrice Adjointe.

- C'est bien ce que je craignais, dit Dumbledore énigmatique.

- Comment ça ? C'est parce que nous nous sommes embrassé que Harry est dans cet état ?

- Et bien, indirectement oui.

Il se retourna vers le lit. Mme Pomfresh essayait plusieurs formules de guérison.

- Monsieur rien n'y fait ! Si nous ne trouvons pas rapidement de quoi il souffre, il va mourir !

Dumbledore se pencha vers Harry et fouilla dans sa robe de sorcier. Il retira un morceau de parchemin vierge de sa poche.

- Minerva ! Suivez moi !

Ils sortirent de l'infirmerie. Dumbledore déplia le parchemin et pointa sa baguette.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises !

Le parchemin laissa apparaître un plan de Poudlard que Dumbledore scruta attentivement.

- Que cherchez vous Albus ?

- Là ! dit-il en mettant le doigt sur les toilettes du deuxième étage.

McGonagall se pencha sur la carte.

- Miss Granger ? dit elle déconcertée.

- Dépêchons nous !

Il se précipitèrent au deuxième étage. Lorsqu'ils ouvrirent la porte des toilettes, McGonagall ne put retenir un cri d'horreur à la vue du spectacle de la Préfète ensanglantée. Ils la conduisirent à l'infirmerie. Mme Pomfresh ne put à son tour pas retenir un cri d'effroi lorsqu'elle vit le corps de la jeune fille.

- Par Merlin mais que c'est ce q ...

- Vite ! l'interrompit Dumbledore. Il faut la soigner au plus vite, elle a déjà perdu beaucoup de sang.

- Mais ... et Potter ?

- Ne vous en faites pas pour lui ! Il ira mieux dès qu'elle sera hors de danger.

Mme Pomfresh tira le rideau du lit d'Hermione et on put aisément deviner aux lueurs qui s'échappaient que l'infirmière employait tout son savoir magique afin de sauver l'élève de Gryffondor. Dumbledore se retourna vers McGonagall et Cho qui faisait de sérieux efforts pour ne pas tomber dans les pommes à son tour.

- Venez ! dit Dumbledore. Laissons faire Pompom.

Cho restait figée, ses muscles n'obéissaient plus à son cerveau. Dumbledore la prit par l'épaule.

- Venez dans mon bureau. Nous devons parler de tout ça.

Cho suivit le directeur jusqu'à la statue qui gardait l'entrée de son bureau.

- Fizwibiz ! dit Dumbledore.

La gargouille pivota, laissant apparaître un escalier en colimaçon. Il invita la jeune Serdaigle à passer et s'engouffra à sa suite. L'escalier se mit à monter et ils se retrouvèrent devant le bureau de Dumbledore. Ils entrèrent et Cho put apercevoir les portraits des anciens directeurs qui ronflaient.

- Asseyez-vous Miss Chang. Tenez, prenez un Chocogrenouille.

Cho avait les larmes aux yeux lorsqu'elle prit le chocolat d'une main tremblante. Elle entendit à peine la voix de Dumbledore lorsque celui-ci s'adressa à elle.

- Il faut que nous parlions de ce qui vient de se passer. Vous devez comprendre la raison de cette crise plus violente que les autres.

- Vous le saviez ! dit Cho revenant brusquement à la réalité. Vous saviez que Harry avait des crises ?

- En effet. Vous n'êtes pas sans savoir qu'Harry est spécial, j'ai toujours un œil sur lui, répondit-il avec un sourire.

Cho ne partagea pas ce sourire. Les évènements tourbillonnaient dans sa tête et lui donnaient envie de vomir.

- En revanche, je n'en connaissais pas la cause, jusqu'à ce soir, reprit le Directeur.

- Et quelle est-elle ? Je ne vois pas en quoi le fait qu'on se soit embrassé est si grave.

- Eh bien, comme je vous l'ai dit, c'est une cause indirecte. La véritable origine est en fait le sort de partage des cœurs et précisément du texte latin que vous vouliez traduire. Vous étiez sur la bonne piste.

- Mais que signifient ces phrases ?

Dumbledore prit sa baguette et fit apparaître le livre. Il l'ouvrit et commença à lire.

Lire dans un cœur étranger

Ne présente aucun danger

Mais si au sein d'un cœur un amour est né

Alors à tout jamais ils resteront liés

- Vous voulez dire, dit Cho après un moment de réflexion, que si ceux qui pratiquent le sort s'aiment, ils restent liés ?

- Ça n'affecte pas forcément les deux personnes. Celui qui aime ressent les fortes émotions de la personne qu'il aime et avec qui il a partagé son secret.

- Mais ce n'est pas cohérent ! Harry n'a pratiqué ce sort qu'avec moi et je sais qu'il ne m'aime pas. Il me considère comme une amie. Par contre moi je l'aime et je n'ai jamais eu ce genre de crise.

- Ce que vous dites n'est qu'en partie exact.

- Ah oui ?

- Pour commencer, Harry a aussi partagé son secret avec Hermione. Ensuite, vous ne l'aimez pas.

- Je crois pourtant être bien placée pour savoir ce que je ressens ! s'exclama Cho les joues en feu, oubliant qu'elle s'adressait au Directeur.

- Dans ce cas, pourquoi ne ressentez-vous pas ce que Harry ressent ?

Cho resta interdite, stoppée dans son élan.

- Si vous l'aimiez comme vous le définissez, nous n'aurions pas eu deux blessés mais trois ce soir. La troisième étant bien sûr vous même, continua Dumbledore toujours aussi calmement.

- MAIS JE L'AIME ! hurla Cho, sentant à nouveau une bouffée de rage et de désespoir l'envahir.

Mais pour qui se prenait ce vieux barbu pour savoir mieux qu'elle ce qu'elle avait dans le cœur et lui faire la leçon ! Dumbledore ne montra pourtant aucun signe de colère.

- Oui vous l'aimez. Mais pas comme vous le pensez. Réfléchissez ! Les sentiments que vous ressentez pour Harry sont-ils les mêmes que ceux que vous aviez à l'égard de Cédric Diggory ?

Cho regarda Dumbledore interloquée, mais essaya tout de même de se calmer, les joues toujours un peu roses et ferma les yeux. Elle revoyait Cédric, puis Harry. Les sentiments qu'elle éprouvait étaient effectivement différents.

- Dans ce cas comment est-ce que j'aime Harry ? demanda t-elle en ré-ouvrant les yeux.

- C'est une question à laquelle vous seule pouvez répondre. Je ne peux qu'interpréter les faits et non lire votre cœur.

Cho resta silencieuse un instant.

- D'où viennent les crises d'Harry alors ?

- Vous ne voyez toujours pas le rôle que tient Hermione dans cette histoire ?

- Mais Harry n'aime pas Hermione, il me l'a dit lui même ! Elle est sa meilleure amie !

- Le sort prouve le contraire. Ce qui signifie que Harry lui même ignore la nature de ses sentiments. J'imagine que vous comprenez ce qui c'est passé ce soir à présent ?

- En fait pas vraiment.

- Lorsque je suis allé à la bibliothèque, j'ai trouvé ceci.

Dumbledore posa sur le bureau les livres d'Hermione. Cho regarda le manuel de Métamorphose et lut le nom de son possesseur sur la couverture.

- D'accord je pense comprendre. Hermione est arrivée au moment où nous nous sommes embrassés. Elle nous a vus et s'est enfuie. Elle aime Harry donc ?

- En effet. Et elle a aussi quelques crises mais moins souvent, Harry étant un garçon plutôt calme.

- Mais il faut le dire à Harry !

- Voilà où je voulais en venir. Il ne faut surtout pas le lui dire. Il doit découvrir ses sentiments par lui même. Si vous lui dites la vérité, il risque de ne pas comprendre et de faire n'importe quoi.

- Mais ... après notre baiser, il va vouloir rester avec moi ! Faut-il que je le repousse ?

- Ce n'est pas la peine, il se rendra vite compte de ses sentiments. Je vous demanderai simplement de faire preuve de discrétion car si Hermione recommençait à mettre sa vie en danger, je ne suis pas sûr que nous pourrions la sauver. De plus, la vie d'Harry dépend de celle d'Hermione. En fait vous pourriez même aider Harry à découvrir ce qu'il ressent.

- Ah bon ? Comment ?

- En lui donnant la traduction du texte. Il est intelligent, il arrivera aux mêmes conclusions que moi.

Cho essuya les larmes qui s'étaient attardées sur ses joues et se leva.

- Je vais demander à un elfe de vous monter votre repas dans votre dortoir. Vous devez vous reposer et évitez de raconter quoique ce soit à vos camarades. Je ferai une annonce dès demain pour rassurer les quelques élèves présents de l'état de santé d'Hermione et d'Harry.

- Elle s'en sortira ? demanda Cho anxieuse, le corps ensanglanté de sa camarade hantant son esprit.

- In extrémis mais je pense que oui. Je vous demanderai une dernière chose. Il faut la soutenir et demandez à Harry de ne pas lui poser de questions sur son geste. Elle n'est pas prête à avouer ses sentiments.

- J'avoue que je ne comprend pas. Hermione n'est pas du genre à faire ça. Même si je ne la connais pas beaucoup, c'est un geste qui ne lui ressemble pas du tout, elle a déjà vécu tellement pire ...

Dumbledore sourit derrière ses lunettes en demi-lune.

- Ce n'est pas vraiment Hermione qui a fait ça.

- Ah bon ? s'exclama Cho interloquée.

- En fait, c'est le sortilège qui est responsable.

- Je ne vous suis pas.

- C'est simple, ce sortilège ne fonctionne qu'avec les âmes sœurs, et les lie de façon éternelle. Et si, à un quelconque moment, l'un où l'autre des protagonistes sent que leur lien risque d'être compromis, une sorte de sécurité s'enclenche.

- Et cette sécurité est capable d'annihiler l'instinct de survie ? demanda Cho d'une voix blanche.

- Pour ça, ce n'est pas très clair, cela dépend aussi de la personne, Hermione est visiblement plus sensible qu'elle ne le laisse paraître.

- Mais dans ce cas, comment Harry a t-il pu supporter que je l'embrasse ? Il aurait du avoir une réaction lui aussi !

- C'est vrai, j'avoue que ce point reste un mystère. Ce sortilège est extrêmement ancien, et des théoriciens au Département des Mystères travaillent dessus depuis de nombreuses années, sans avoir pu éclaircir totalement le phénomène.

- Je vous remercie monsieur, dit Cho en s'inclinant.

Elle quitta le bureau et rejoignit son dortoir. Elle s'allongea sur son lit et se mit à réfléchir, le regard perdu sur le plafond de son baldaquin. Quels étaient les sentiments qui l'unissaient à Harry ? Elle eut alors une sorte de flash devant les yeux. Elle n'avait jamais parlé à personne de cette partie de son passé. Elle en avait trop souffert. Pourquoi ces souvenirs affluaient-ils maintenant ?

Elle avala une ou deux bouchées de son repas et s'endormit.