J'ai quelque peu aménagé mon espace de jeu entre l'histoire de Loki vue par Marvel telle qu'elle a été relatée dans les films récents (Thor, Avengers, etc...), celle des comics (bien différente dans les rapports entre Thor et Loki), et celle de la mythologie nordique (encore pire).

J'espère rester (à peu près) cohérente, alors n'hésitez pas à me signaler tout ce qui vous paraîtrait choquant ou OOC, par rapport aux réactions des personnages.

J'espère en tout cas que vous y trouverez votre compte.

Et, à toute fin utile, les reviews ne sont pas obligatoires mais demeurent appréciées.

Merci à vous et bonne lecture.

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Je ne suis pas sûre de pouvoir poster demain. Du coup, voici, avec un jour d'avance, le chapitre du Week-end.

Merci, également, à Nassis, qui a souligné une maladresse de ma part dans le dernier chapitre. J'ai tenté de rattraper comme j'ai pu. Et, avec un peu de chance, ça ouvrira de nouvelles perspectives.

N'hésitez pas si vous avez des remarques, suggestions, interrogations, etc...

Car toute remarque enrichit la fiction concernée.

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Chapitre 10

Stark avait fini par s'éclipser, quand il lui était devenu évident que Loki ne parlerait plus. Pour ce soir du moins. Tête à cornes n'était pas le seul à être plus têtu qu'une mule, et Tony comptait bien remettre cette petite discussion sur le tapis rapidement.

Loki ne s'en tirerait pas par des dérobades. Il était temps pour lui d'affronter ce qu'il avait vécu. De mettre des paroles sur sa souffrance. Jarvis lui avait passé la vidéo de la confrontation de Thor et de Loki sur la tour, au moment de l'attaque des Chitauris.

Si Loki arrivait à parler de ses sentiments, à reconnaître ce qu'il ressentait, Tony était persuadé qu'il finirait pas laisser sa colère s'apaiser.

Le Dieu manquait de confiance en lui, aussi. C'était un fait que Tony n'aurait jamais pensé découvrir. Mais, en y réfléchissant, il comprenait. Loki était comme un animal traqué, piégé, paranoïaque au dernier degré, ivre de peur et de rage mêlées.

Consumé de l'intérieur par toute cette violence qu'on lui avait imposé. Il gardait tout. Et, sans possibilité de parler à quiconque de tout ce qu'il ressentait, il avait fini par transformer cette colère en haine et en auto-destruction.

Oh oui, Tony comprenait cela. Il avait lui même côtoyé de près la déchéance, et ce n'était que grâce à Pepper, et à ses amis qu'il avait pu se sortir de la spirale alcoolique dans laquelle il s'était enfoncé peu à peu.

Il avait pu parler. Il avait eu quelqu'un à qui se confier.

Mais Loki était seul. Ou du moins c'est ce que le Dieu croyait, aveuglé par toute cette fureur et toute cette peur. Mais il avait tort. Son frère était là. Et, même si Loki avait fait le vide autour de lui à force de railleries, de cachotteries et de farces mesquines, Tony se sentait prêt à relever le challenge.

Il n'avait jamais pu résister à un bon défi.

Oui, il sortirait le Dieu du Chaos du cloaque où il s'était enfermé.

Fort de cette résolution, il se dirigea d'un pas conquérant vers les appartements qu'il partageait avec Pepper. Cela faisait longtemps.

Trop longtemps pour un homme aussi peu vertueux que lui...

Il sifflota, laissant l'objet de ses précédentes ratiocinations seul, surveillé par l'incorruptible Jarvis.

Loki n'avait pas bougé depuis le départ de l'humain.

En fait, il avait cessé de bouger dès que le mortel était parti. L'évidence s'était imposée à lui. Il devait fuir.

Thanos arrivait. Thanos était presque pire que la mort. Thanos était la promesse de la faucheuse. Et de la douleur, avant.

Où qu'il soit, Loki ne pourrait lui échapper. Les paroles susurrées de l'Autre n'étaient pas que fanfaronnade. Au creux de ses os, il sentait l'arrivée du Titan, réclamant vengeance.

Et lui était diminué, privé de sa magie, avec ses foutues pointes...

Il tourna son visage vers le miroir, s'approchant de la table basse au centre de la chambre. Ses vêtements, épars, étaient tachés du sang qui avait recommencé à sourdre de ses ongles, alors qu'il s'était déshabillé devant Tony. Mais la douleur n'avait pas été aussi cinglante qu'il l'aurait cru. Son corps s'habituait, visiblement. Finalement, les Chitauris lui avaient peut être apporté quelque avantage. Enfin, il y penserait plus tard. Pour l'instant, il avait à faire. Thor ne tarderait pas à venir le voir.

Voudrait-il parler, lui aussi ? Lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur ? Lui exprimer, une fois de plus, ce sentiment tellement faux de fraternité qu'il ressentait envers Loki ?

Le Jotun porta la main à ses lèvres en une grimace amère et douloureuse. Oui, il y arriverait. Il fallait juste qu'il trouve le petit commutateur dans son esprit. Celui qui faisait confondre plaisir et douleur.

Il avait survécu aux Autres en se mentant à lui même sur ce qu'il ressentait. Il pouvait le refaire. Il était le Maître de la manipulation. Il savait se fondre dans les vérités tronquées, les vérités truquées.

La souffrance se fit plus jouissive, et il put repenser à son... au Dieu du Tonnerre, sans éprouver cette rage au cœur qui l'étouffait dès qu'il pensait au Dieu blond. Que Thor était naïf.

10. Le fils d'Odin croyait dur comme fer qu'il pourrait ramener son frère à la raison. Mais rien que cette phrase contenait déjà un mensonge. Comment le reste pourrait il être vrai ? Loki savait être au delà de toute rédemption. Il ferma les yeux. Même si Thor pensait le contraire, même si son descendant excentrique lui trouvait des justifications, lui savait.

Il était le Dieu de la parole. Mensonge et vérité. Il avait franchi une ligne quand il avait chuté du Bifrost. Avant, peut être... Mais Odin lui même, qui avait sacrifié son œil pour obtenir la sagesse et la connaissance, avait compris l'erreur vivante qu'était devenue Loki. Il avait lui même placé les pointes de métal, pour le punir.

Il aurait mieux fait de le tuer, oui ! Les paupière toujours closes, Loki sentit son cœur se serrer. Quoi qu'en pense Odin, et tous les autres, il avait la loyauté chevillée au corps. Pas envers Odin, non. Mais il avait été souverain d'Asgard. Il avait assumé la régence. Il était roi. Trahi par ses sujets, mais depuis l'enfance, il connaissait les obligations royales. Plus encore que le pouvoir qui était associé à sa charge.

9. Les Autres l'avaient menacé, et leurs paroles restaient gravées en lui. Il savait qu'un jour, il aurait à répondre devant eux. Les Chitauris n'avaient pas tous été détruits. Il n'était pas aussi naïf que cela. Eux et les Autres n'obéissaient qu'à un être. Thanos serait sa perte, s'il ne trouvait pas un moyen de le contrer. Il trouverait Loki, et détruirait tout sur son passage. Aucun des neufs mondes ne serait en sécurité.

Thanos avait soif de mort. Sa présence serait un désastre pour les neufs royaumes. Pas seulement celui où Loki résiderait. Il connaissait suffisamment le Titan pour savoir que, une fois présent dans l'espace connu des neufs mondes, il ne pourrait pas repartir sans avoir...festoyé.

Et Loki ne voulait pas être responsable d'un tel carnage. Même s'il se sentait peu de responsabilité, voire aucune, envers certains royaumes, il ne tenait pas du tout à ce que Thanos assouvisse son amour malsain de la mort sur Asgard. Ni même sur Midgard.

L'humain Tony devait être préservé. Malgré ce qu'il en pensait, il était encore si jeune et, d'une certaine façon...innocent.

Comme Loki ne se sentait plus l'être depuis longtemps.

Oui, vraiment, le mortel ne méritait pas d'être confronté une nouvelle fois aux Chitauris. La dernière fois, sa bravoure extraordinaire avait failli causer sa perte.

Loki ne voulait pas risquer la vie de son descendant.

8. Mais il ne voulait pas non plus perdre la sienne pour autant. Ni même endurer, de nouveau, les plaisirs discutables des Autres. Il grimaca. L'éternité pouvait rapidement devenir un fardeau.

Mais il était Loki. Le changeur. Le dérégleur.

C'est lui qui modifiait les règles, qui était le grain de sel dans l'engrenage. Thanos n'était rien de plus qu'un pion présent depuis trop longtemps dans la partie.

Il claqua la langue. Quand Thanos l'avait récupéré, dans le vide entre les mondes, Loki était une petite chose brisée. Mais Loki était dual. Même effondré, il avait trouvé de quoi duper le Titan.

A présent, Loki récupérait. Et chaque seconde passée le rapprochait de sa puissance.

7. Loki était le mage le plus puissant des neufs royaumes. La Magie se pliait à ses doigts, à sa volonté. Même les nains ou les elfes le cédaient devant lui. Il n'avait pas à rougir de ses capacités.

Quoi qu'en dise Thor ou ses amis guerriers, il était aussi capable que n'importe lequel d'entre eux. Bien plus, même. A lui seul, il avait failli détruire Jotunheim une bonne fois pour toute. Seul Odin l'avait empêché de mettre son plan à exécution.

Son esprit était la plus puissante des armes des neufs mondes. Et il ne se soumettrait plus.

Parce qu'il était l'inconstance même, aussi insaisissable et instable que l'air. Thanos l'ignorait, et Odin semblait l'avoir oublié. Mais Loki était prêt à se battre pour garder son indépendance.

Il était enfant d'Asgard, issu d'un peuple de guerrier et élevé parmi les combats.

6. Mais il n'était pas que Loki le prince d'Asgard, puissant magicien. Il avait aussi son côté Jotun dont il pourrait de servir. Loki était prêt à utiliser toutes ses cartes pour contrer les Autres et Thanos lui même.

Dieu Roi Géant des Glaces. Possesseur du coffret des Hivers anciens. Seigneur des neiges éternelles. Déjà, des bribes de pensées tourbillonnaient. Ces titres n'étaient pas anodins. Dans son esprit, tels des flocons de neige poussés par le vent, des idées voletaient, s'agglutinaient ou finissaient par fondre, et dans cette bourrasque des idées commençaient à germer.

5. Il avait accepté son aspect Jotun, oui. Le fait d'être le Dieu du changement l'avait aidé à dépasser le choc provoqué par la découverte de ce qu'il était. Ho, il avait bien essayé de le nier. Mais il n'avait pu se voiler la face bien longtemps. Dieu du mensonge, il reconnaissait la Vérité quand il la voyait. Et la colère avait rapidement pris le pas sur tout le reste. Colère envers Odin, les Asgardiens, les Jotuns, Thor, et aussi lui même. Parce qu'il était un monstre. Un monstre stupide, qui plus est.

Lui, le menteur, dupé ! Quelle farce bien amère, en vérité.

Alors, il avait fini par accepter ses origines Jotuns, cet aspect répugnant de son être. Il n'avait pas le choix de ce qu'il était, de son sang. Mais il pouvait choisir sa voie. Car il savait aussi ce qu'il était, au delà de ses origines. Et il avait montré sa loyauté à Odin, en tuant son géniteur.

Il avait cru qu'Odin comprendrait sa démarche, et le reconnaîtrait comme son fils, légitime par delà le sang. Le vrai fil spirituel d'Odin.

4. Sur le pont du Bifrost, Loki avait quémandé un peu de compassion d'Odin. Mais le père de toute chose s'était détourné de lui. Pire, il lui avait clairement fait comprendre où était sa place. Quand Thor lui avait tendu la main pour qu'il remonte, en sécurité, la décision d'Odin avait été un coup de poignard dans le cœur du jeune Jotun :

- Non, Loki.

Alors, oui, Loki avait lâché prise, le cœur brisé par la volonté farouche de celui qu'il avait si longtemps considéré comme son père. Quand Odin l'avait renié, il avait compris le discours royal. Loki n'avait plus sa place à Asgard. Il avait provoqué trop de troubles. Et, là où Thor avait été banni, Loki avait été condamné à la mort abominable d'une chute éternelle entre les mondes, sans même l'espoir d'un jour intégrer le Valhalla des guerriers morts aux combats. Non, pas pour lui. Et il devait s'incliner. Si il aimait Asgard et Odin, il devait disparaître, à jamais.

Loki avait compris le rejet d'Odin. Et, dernier geste d'amour pour Asgard, et de loyauté envers celui qu'il ne pouvait s'empêcher de considérer comme son véritable père, il avait abandonné. Parce qu'être un roi, c'était aussi connaître le sens du mot sacrifice.

Odin avait sacrifié son œil, Loki sacrifiait sa vie.

Il s'était laissé tomber dans le vide entre les mondes, son âme à vif.

Et, quand Ils l'avaient trouvé, il n'était plus qu'une coquille vide, qu'Ils n'avaient eu aucune difficulté à briser. Jusqu'à présent.

3. L'un des flocons de neige de son esprit avait grossi, emportant d'autres fragments avec lui. Loki sourit. Oui, Thanos pourrait être contré. Il fallait juste trouver le bon levier. La mort, le chaos, la destruction. Qui allait faire le troisième larron ?

Il laissa échapper un petit rire. Il était la glace. Il se servirait du feu.

L'enjeu était de taille, et les protagonistes de la partie l'étaient au moins autant.

Il continua son ouvrage, rasséréné.

Dans le couloir, il entendit les pas de Thor s'approcher.

2. Il était confiant, bien plus que depuis longtemps. Ce jeu des contraires lui irait comme un gant. Après tout, il était dual dans l'âme. Et il y avait une certaine harmonie dans ce qu'il allait accomplir.

Ce ne serait pas sans danger, et il pouvait tout perdre, ou tout gagner. Mais son surnom était Tricheur, et une bonne partie ne se faisait qu'en pipant les dés.

Il gagnerait. Au final, il gagnait toujours.

1. Quand Thor ouvrit la porte, il était prêt. Il n'aurait qu'un regret. Tony Stark. Il espérait que le mortel comprendrait. Il l'espérait vraiment.

Thor fronça les sourcils en entrant dans la chambre de son frère.

Il n'avait pas retrouvé l'ami Stark dans la salle commune, et Thor s'était inquiété pour lui. Peut être même plus encore, pour Loki. Après avoir un peu discuté avec l'insaisissable Jarvis, il avait décidé de venir questionner son frère.

Avec Loki, le Dieu du tonnerre n'était plus sûr de rien. Et, visiblement, il s'était passé quelque chose de grave.

L'air dans la pièce était saturé de magie. Il y reconnaissait la signature de son frère, mais ne comprenait pas comment cela était possible.

Loki avait été privé de ses pouvoirs. Les pointes dans sa bouche...

avaient été retirées, mais pas remises.

Thor se figea sous la brusque compréhension de ce qui venait de se passer, et la voix tranquille de l'ami invisible Jarvis confirma ses pires angoisses :

- Monsieur Thor, il semblerait que Monsieur Loki ait disparu de mes scanners. Je viens d'en avertir Monsieur Stark.

Thor acquiesça sombrement, en avançant au milieu de la pièce où, quelques secondes auparavant, se tenait encore Loki, quand une odeur familière lui parvint aux narines.

Du sang.

Il baissa les yeux.

Sur la table basse, un cercle rouge encadrant deux petits points, probablement censé représenter un visage humain avait été grossièrement dessiné au doigt. Thor n'avait aucun doute sur l'auteur du portrait.

Parce que le visage lui souriait. Un sourire inquiétant, féroce et acéré, tout en dents de métal encore chaud du sang de Loki.

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Qui veut un Smiley estampillé Loki ?

personne ?

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Sinon, pour la petite histoire, chaque paragraphe-numéro-décompte tourne autour de la symbolique du chiffre qui lui est associé :

10 pour les dix pointes de métal, évidemment.

9 correspond aux 9 royaumes de la religion nordique d'où sont issus les personnages.

8 pour le symbole de l'éternité

7 est le chiffre de la magie

6 ou hexagone est la base des cristaux de neige (merci Wikipédia)

5 représente les différentes phases du deuil

4 est le nombre associé, dans de nombreuses cultures, à la mort et au chaos

3 pour le triskel (vous comprendrez plus tard)

2 étant le symbole de la dualité

et 1 pour le choix final.

(oui, je sais, j'ai des amusements étranges. Ceci explique cela)