Chapitre 10 : Il n'y a pas de fin. Il n'y a pas de début. Il n'y a que l'aventure éternelle de nos vie.
Les bruits de fracas et de combats attirèrent immédiatement l'attention de nos équipages respectifs. Je sentis la fureur presque palpable de mes sœurs qui voulaient se précipiter sur l'impudent qui osait s'en prendre à moi. Même si dans le cas présent … c'était plutôt moi qui l'attaquais et lui qui se défendait. Je savais cependant qu'elles n'intercéderaient pas.
Hormis le vent qui s'était lever du fait de ma colère grandissante, aucun de nous n'avait réellement fait appel à son Fruit du Démon. Sachant que contre cet adversaire, mon Arc ne me serait d'aucun recours, j'avais à la place choisi mes dagues et acculais le Pirate qui se protégeait de mes assauts à l'aide de son Nodachi.
Et il était adroit le salaud.
Prenant les devants dans ce combat qui s'annonçait stérile à ce rythme, je commençai à faire appel à mon pouvoir. Le voyant venir, Trafalgar fit de même en faisant apparaître une de ses sphères bleues étranges.
- Coralie ! S'exclama Akemi qui s'inquiétait. Qu'est-ce qu'il se passe ?!
- Il se passe, que je vais mettre fin à la carrière et vie du Chirurgien de la Mort ! Lui répondis-je avec véhémence, attendant patiemment le bon moment pour attaquer. N'intervenez pas.
- Cela vaut pour vous aussi, les gars. Les prévint Trafalgar, sans me quitter du regard.
Puis je lançai mon attaque.
De dangereux végétaux émergèrent du sol, comme de puissantes racines ornées d'épines, qui convergèrent vers le Pirate. Ce dernier, loin de se débiner, leva un doigt pour arrêter mon attaque, comme je l'avais vu faire aux Shabondy, mais sans toutefois y parvenir. Perdant alors momentanément son sourire, il disparut au moment où il allait être écraser par les plantes que j'avais invoqué.
Dommage.
Réapparaissant derrière moi, toujours dans sa sphère, je compris que temps que je serais à l'intérieur de cet espace restreint, il aurait un avantage certain contre moi. Je le vis lever son sabre dans ma direction, sûrement pour me trancher. Même si cela ne me tuerait pas, les effets seraient particulièrement handicapant et causeraient certainement ma perte.
Je reculai alors, bondissant hors de son cercle et hors d'atteinte.
- Le Ope Ope ni Mi, c'est ça ? Demandai-je, prenant un instant pour le jauger, il était bien plus fort que je ne l'avais cru. Tu fais honneur à ton nom, Chirurgien de la Mort.
- Il en va de même pour toi, Lady-ya. Me répondit-il simplement, son sourire toujours aussi fourbe aux lèvres. Même si je n'ai toujours pas saisis quel était ton pouvoir.
- Et bien, cherche … !
Nous reprîmes notre combat là où il s'était arrêté. Avec plus de force, de rage et de violence.
Petit à petit, sans même nous en rendre compte, nous nous déplaçâmes dans la jungle d'Amazon Lily, détruisant quelque peu la végétation sur notre passage. Car, si au début Trafalgar n'y mettait pas beaucoup du sien dans ce combat, avoir faillit être durement touché et même tué par mon attaque, avait encouragé son orgueil à réagir. Nous nous battions désormais corps et âmes.
Nos techniques respectives s'enchaînèrent, bien que ni lui, ni moi, ne dévoilâmes totalement nos cartes. Mais rien que de devoir faire face à ce « Room » était particulièrement ardu et dérangeant. Il avait bien faillit me trancher une main un peu plus tôt, et lui en retour avait manqué de se prendre une de mes flèches dans la cuisse.
Nous commencions à fatiguer, voilà déjà sans doute des heures que nous combattions sans que notre affrontement ne trouve une issue ou un gagnant.
L'un en face de l'autre, légèrement amochés ci et là, moi plus que lui à cause des dernières traces de la Guerre au sommet, nous nous regardions en chiens de faïences. Il était évident qu'aucun de nous deux ne voulait que cela finisse sur une égalité. Mais à quoi bon, franchement ?
- Tu es têtue, Demoiselle Coralie. Fit-il essoufflé.
- Et tu es un connard, Trafalgar. Arguai-je, faisant disparaître mon Arc, sachant le combat terminé depuis déjà un moment. Personne n'est parfait.
Soufflant de lassitude, je remarquais que la nuit laissait place à une aube rougeoyante à l'horizon.
Sans toutefois baisser ma garde, je m'approchai d'un petit étang dans lequel une cascade se déversait paisiblement. Le lieu avait tout d'idyllique, une flore tropical sublime, de l'eau claire, du calme, … Le seul mot qui me venait à l'esprit était : paisible. Après tout ce qu'il m'était arrivé ces derniers temps, les blessures, la prison, la guerre. Je ressentais comme un besoin viscérale de profiter de cet éden.
Faisant fit de la présence du Chirurgien de la Mort, je me débarrassai de la robe légère (et désormais un peu abîmée) que je portais, de mes chaussures et même de mes sous-vêtements, et entrai dans l'eau.
Le lac était peu profond, ainsi, mon Fruit du Démon ne m'handicapait pas outre mesure, même si j'étais immergée jusqu'aux épaules.
Me retournant, je fus presque satisfaite de voir l'air éberlué et ahurie de Trafalgar. Bien loin de son sourire narquois, il était littéralement décontenancé. Après tout, je me mettais volontairement en situation de faiblesse, ainsi devant lui, nue … Dans tous les sens du terme.
Le Pirate restait donc là, à me regarder près de la rive, les yeux brillant de désir. Car au-delà de la surprise qui l'avait gagné dans un premier temps, son instinct primitif avait rapidement repris le dessus.
Je ne savais même pas pourquoi je faisais ça. Moi qui étais normalement tellement pudique. Mais d'un côté, j'avais besoin de cette quiétude, et de l'autre, je ne la supportais pas. De ce même fait, je détestais l'homme qui me faisait face, tout autant que je savais que j'avais besoin de lui. Une forme de paradoxe, qui s'expliquait sûrement par l'environnement de violence constante dans lequel j'avais grandis. Pour le moins, c'était ce qu'aurait dit Tais, elle et ses explications toutes droit sorties du livre du parfait petit psy.
Moi je ne voyais qu'une chose : pour la première fois de ma vie, je désirais. Plus. Un homme. Trafalgar Law.
Ici et maintenant.
Et quand nos regards se croisèrent, nous nous comprîmes.
Posant son Nodachi à terre, Law se délaissa de son bonnet si précieux, et commença à se déshabiller à son tour. Enlevant son sweat jaune, son pantalon, son caleçon, je pouvais désormais l'admirer dans le plus simple appareil. Au moins, ce qu'on pouvait dire, c'était que la nature l'avait bien gâté. Grand, des muscles ciselés, des tatouages ornant artistiquement son torse, ses bras et plus encore … Oui, on pouvait véritablement dire que Trafalgar était un bel homme.
Il rentra dans l'eau peu après, ne me quittant pas une seconde du regard. Prise soudainement d'appréhension et d'incertitude, je reculai sans le vouloir, atteignant la cascade derrière moi. Mouillée désormais de la tête aux pieds, mes long cheveux flottants à la surface autour de moi, Law s'approcha encore, et encore. Jusqu'à me rejoindre.
Sachant que ce serait à lui de faire le premier pas, il ne perdit pas un instant avant de m'empoigner par les hanches et de me plaquer contre la roche cachée derrière la chute d'eau, son corps pressant contre le mien. Notre étreinte fut sauvage, nous nous embrassions comme nous nous étions battu : férocement, ardemment, dans l'abandon le plus total. Mes mains fourrageaient ses cheveux bruns humides, que je voyais pour la première fois libre de leur bonnet, tandis que les siennes caressaient avidement mon corps, mes formes, ce que personne avant lui n'avait jamais fait.
Guidée par mon instinct, je me laissai aller au besoin et au désir que je ressentais. Être égoïste, baisser la garde, ne serait-ce qu'une seule fois.
Entourant naturellement mes jambes autour de sa taille, je sentis l'érection du jeune homme contre mon intimité. C'était désormais inévitable.
- Law … Murmurai-je dans un souffle, basculant la tête en arrière alors qu'il dévastait ma nuque de baisers et commençait à descendre sur ma poitrine.
- Ne résiste pas. Me dit-il simplement en réponse, empoignant avec force et sans douceur mes seins.
Le bruit de la cascade couvrait mes gémissement et ses grognements, tandis que l'eau qui s'écoulait nous lavait de la sueur et du sang qui nous inondaient un peu plus tôt. De nos péchés.
Sans me prévenir, le Pirate me pénétra d'un seul coup, avec fièvre, uniquement mené par la passion qui nous avait pris. Je hurlai sur le moment, lui griffant les épaules et le dos en représailles, pour lui faire comprendre. Il s'arrêta alors quelques instants, plantant son regard gris dans le mien, avant de poser délicatement ses lèvres contre les miennes, avec une tendresse qu'il n'avait encore jamais fait preuve envers moi. Et dont je ne l'aurais certainement pas cru capable. Il me laissa patiemment m'habituer à sa présence.
Voila qu'il était devenu le seul homme à qui, en vingt-deux ans d'existence, j'abandonnais ma virginité.
M'étant accoutumée à la douleur et l'inconfort, je bougeai moi même mon bassin contre le sien, l'incitant à continuer ce qu'il avait commencé. Law comprit rapidement le message, la chaleur qui nous avait embrasé reprit tout aussi vite et il perdit pied autant moi.
Ses cris se mêlèrent aux miens, tandis que je me fichais de tout. De la roche graniteuse derrière moi qui écorchait la peau de mon dos, de la douleur mêlée de plaisir qui s'emparait de moi, de la culpabilité que je remettais à plus tard mais que je payerais forcément. Rien n'avait plus d'importance. Juste lui, moi, et le plaisir que je retirerais de cette étreinte que je m'étais interdite depuis des années.
La jouissance me prit autant par surprise qu'elle fut fulgurante. Je songeais un instant au fait j'aurais dû me laisser aller plus tôt aux besoins de la chair, avant de me rappeler ce pourquoi j'avais repousser les hommes toutes ces années.
Je sentis Law affaler ensuite sa tête contre mon épaule, tentant lui aussi de recouvrer son souffle après s'être déversé en moi. Je savais que je n'aurais pas dû le laisser faire. Mais la passion furieuse qui m'avait prise m'empêchait de réfléchir correctement. Et je ne parvenais toujours pas à sortir des affres du plaisir. Seule la langue de mon partenaire dans ma nuque, qui me léchait paresseusement, me tenait encore accrochée à la réalité
- Je veux toujours te tuer. Le prévins-je d'une voix rauque que je ne me connaissais pas.
- Tu peux toujours essayer. Me défia-t-il en reprenant ma bouche, sa main enserrant mon menton comme pour m'empêcher de me dérober.
Mais j'en étais incapable.
Comme une poupée sans volonté, je me laissai transporter sur la berge, toujours enserrée contre lui dans ses bras. Je ne me sentais pas pour autant prisonnière ou manipulée, juste … repue.
Trafalgar m'allongea sur la rive du petit lac dans lequel notre baignade avait pris un tournant intéressant. Prenant place au-dessus de moi, il recommença à m'embrasser, d'abord sur les lèvres, puis plus bas. Toujours plus bas. Au début réticente, je m'abandonnai une nouvelle fois. Le désir pris place de nouveau dans mon bas ventre, impérieux, inéluctable, m'incitant à permettre au jeune homme de continuer.
Ce n'était que folie, une idiotie que je regretterais sûrement après, mes sœurs pouvaient arriver à tout moment, de même que les hommes du Pirate.
Mais j'étais faible. Je ne pouvais faire autrement que répondre à l'appel du corps. J'en avais besoin.
Foudroyée de nouveau par la jouissance d'une manière à laquelle je n'aurais jamais cru possible de m'abandonner, je vis Law me surplomber à nouveau. Ses pupilles étaient dilatées, rendant son regard encore plus ombrageux, loin de la froideur chirurgicale qu'il dégageait normalement. Cependant, entre le désir et l'impatience, je perçus un trouble presque imperceptible. Une hésitation.
J'avais beau être novice, je n'étais pas pour autant stupide.
- Je ne peux pas donner la vie. Lui confiai-je dans un souffle, le rassurant.
Surpris par ma déclaration, il se détendit et son regard s'adoucit. Puis il m'embrassa avec ferveur mais sans brusquerie. Cette fois, Law fut tendre, lent, doux, tout le contraire de notre précédente étreinte. Cela me rassura nullement. Parce qu'ainsi, je pouvais pas lui résister ou le repousser. Je ne me sentais plus moi-même, prise au piège dans mon propre corps. Je lui en voulus de me faire perdre la tête comme ça, dans des sensations nouvelles contre lesquelles je ne pouvais pas lutter.
La satisfaction que nous ressentîmes fut libératrice. Intense, passionnée, fulgurante. Les cris et les gémissements que je poussais ne laissaient nullement place au doute qu'en à ce que nous faisions. Finalement, le corps de Trafalgar s'écrasa sur moi, épuisé lui aussi.
Les minutes passèrent et nous ne bougeâmes pas.
Que devions nous faire maintenant ? Nous nous étions laissés aller à nos pulsions, nous qui étions ennemis, adversaires, Pirates. Que pouvions-nous tirer de cette perte de contrôle si ce n'était des regrets.
- Tu penses trop. Affirma-t-il en se tournant sur le dos prêt de moi, pour après m'attirer dans ses bras.
- Mais tu te rends compte des complications que ça apporte. M'énervai-je un peu, tenant de m'extirper de sa prise, sans y parvenir. Lâche-moi.
- Non. Rit-il, son nez dans mes cheveux. Qui aurait crû que je serais le premier homme qui connaîtrait intimement la Demoiselle.
- Je t'interdis de …
- D'où es-tu originaire ? Me coupa-t-il soudainement, abandonnant son ton moqueur.
- Pourquoi veux-tu le savoir ? Contrai-je plus méfiante.
- Qui es-tu ?
- …
- Tu ne laisseras donc personne savoir quoi que ce soit sur toi ? Pas même moi ?
- Et c'est sans doute mieux ainsi. Nous sommes ennemis, Law. Aucune intimité d'aucune sorte ne pourra effacer cela.
- Ahh. Lady-ya. Tant de secrets … Si tu ne veux pas parler, nous pouvons recommencer ?
Quand nous retournâmes sur la côte, je m'étais rhabiller et tentais de faire profil bas. Difficile quand on arborait les traces d'une étreinte charnelle passionnée avec un Pirate réputé cruel. J'essayais de me persuader qu'elles passeraient pour des marques dues à notre affrontement. Cela aurait pu marcher, si le crétin qui marchait près de moi n'affichait pas le sourire d'un homme pleinement satisfait.
La seule chose qui contentait un peu, c'était de voir le bleu qui ornait le menton de Law. En plus de toutes les autres blessures causées par le combat que nous avions échangé juste avant. « Recommencer » … et puis quoi encore ?!
Tous nos Nakama nous attendaient impatiemment, alors que la mâtinée était déjà bien avancée. Ils restèrent sans voix quand ils nous virent arriver, débraillés et amochés. Je passai sans rien dire et sans un regard à mon équipage, prétextant devoir prendre une douche et me changer. Ainsi, regagnant ma cabine, je m'y enfermai avant de foncer dans ma salle de bain. Me laver fut salvateur, mais contrairement à ce que j'avais cru, je me sentais ni sale, ni coupable.
Et c'était bien ce qui me faisait peur.
En revanche, j'avais des douleurs dans le bas ventre. J'étais parvenue à l'ignorer jusque là, mais elles revenaient au galop maintenant que l'adrénaline du combat et les endorphines post-orgasmiques avaient commencé à déserter mon corps.
Je ne fus qu'à moitié surprise, quand, en sortant de ma salle de bain, je trouvai Paloma à m'attendre, assise sur mon lit. Elle me regarda avec des yeux remplis d'inquiétude et … d'acceptation. Il était clair qu'elle avait tout compris.
- Tu ne feras pas l'affront de me mentir quand même, Coralie. Me dit-elle avec un petit sourire légèrement moqueur. Pas après toutes ces années.
- Je suppose que non … Fis-je évasivement, sans la regarder, sachant qu'elle lisait en moi comme dans un livre.
- Mais sérieusement quand même, querida … Trafalgar Law ?
- J'ai l'impression de me retrouver des années auparavant, alors que je te faisais le même discours sur Dilios.
- C'est à peu près ça ! Rit-elle, le regard mélancolique. Je ne te juge pas, je sais mieux que personne que le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mais je m'inquiète pour toi, c'est légitime, non ?
- Il n'y a rien de … d'émotionnel. C'était juste … physique.
- Et c'était bien au moins ?
Les yeux sûrement un peu trop brillant pour pouvoir cacher mes émotions, je songeais à la rudesse et l'impétuosité de Law. Puis à sa douceur et sa prévenance. Une dualité qui m'avait rendu complètement dingue !
J'allais finalement lui répondre, quand je sentis une présence, qui jusque là m'avait échappé et l'aurait été encore longtemps si je n'avais pas sentis ses ondes de colère. Akemi.
Ouvrant la porte de ma cabine, je trouvai ma Seconde en face de celle-ci adossée au mur, son regard de topaze braqué sur moi, luisant d'une rage difficilement contenue. Sans un mot, elle se redressa soudainement, prenant la direction de la sortie. La connaissant mieux qu'elle même et sachant combien elle pouvait se montrer irrationnelle dans ce genre de situation, je la poursuivis en emportant mon trench au passage que j'enfilai en vitesse pour cacher ma presque nudité.
- AKEMI ! Hurlai-je après elle.
Je parvins à la rattraper sur le pont supérieur, lui sautant littéralement dessus pour l'arrêter. S'en suivit des roulés-boulés où chacune de nous tenta de prendre l'avantage sur l'autre.
Ce fut moi qui y parvins, bloquant son corps avec mes hanches et ses bras grâce à mes mains. Il était rare qu'elle entre dans un tel état de colère, mais Aka haïssait les hommes au moins autant que moi, si ce n'était plus. Sans parler du fait que maintenant, la terre entière connaissait son lien de filiation avec le Grand Corsaire Mihawk, ce qui l'avait laissé jusqu'alors dans un état émotionnel instable.
Elle devait voir mon geste comme une trahison. Mais ne pouvant diriger sa colère contre moi, elle voulait s'en prendre à la seconde variable de l'équation : Trafalgar.
Notre confrontation avait attiré l'attention des Walkyries qui se précipitèrent pour tenter de nous séparer. Seule Pala réussit quelque chose en inhibant notre vue et notre toucher grâce à son Fruit du Démon. Je ne sentais ni ne pouvais plus rien voir. Mes sens ne revinrent que quand je fus immobilisée dans les bras d'Harissa tandis qu'en face de moi, Paloma maintenait Akemi.
- Aka, calme-toi veux-tu ! Lui ordonna l'ancienne détenue d'Impel Down.
- Je vais le tuer ! Cria celle-ci, hors d'elle, les yeux hagards signe que Pala ne lui avait pas rendu la vue.
- Tu n'en feras rien ! M'exclamai-je durement. Je suis aussi fautive que lui, Aka : je n'ai jamais dit non.
- Comment as-tu pu !?
- C'est … compliqué …
- Oh non, Coralie ! C'est bien pire que tu ne le crois. Je te rappelle que c'est un Pirate, une Supernovæ et donc un ennemi !
- Tu penses que je en sais pas tout ça ?! Bredouillai-je, pas très fière d'être mise ainsi devant mes fautes, et à voir les regards des autres Walkyries, elles étaient plutôt d'accord avec elle. Mais je …
- Jure moi que cela ne se reproduira plus ! Me coupa-t-elle en levant vers moi un regard intense, dont elle avait recouvré la pleine faculté, ne me laissant d'autres choix. JURE LE !
- Je te le promets … Cédai-je finalement.
Quelques temps plus tard, alors qu'Akemi avait décidé de passer son quart de surveillance, fâchée, dans le poste de vigie, nous nous préparâmes et commencèrent notre journée comme un tout autre jour.
On entendait vaguement les hommes tenter d'apercevoir les Amazones par delà les paravents, mais sans succès. Il bavaient et riaient rien qu'à cette idée. Au moins, ils s'étaient désintéressés de nous pour quelques temps.
En sortant de la cuisine après le déjeuner, j'aperçus Law assis sur le petit bout de terre qui leur était réservé, regardant d'un air absent le chapeau de Mugiwara.
Je ne pouvais pas aller le voir … je l'avais promis à Akemi. Étrangement, j'avais quelques difficultés à tenir ma promesse. Pourtant, l'envie de tuer Trafalgar ne m'avait pas quitté, mais un autre sentiment dominait en moi : la curiosité. Pas assez cependant pour que je trahisse ma Seconde.
Puis soudain, les hommes du Chirurgien de la Mort s'agitèrent, signe que les Kujas arrivaient. Comme la veille, quatre d'entre elles se présentèrent pour apporter des vivres pour les Pirates, ordre de l'Impératrice, qui gratifiait les sauveurs de Luffy d'un minimum de confort. Jinbei était avec eux et semblait en meilleur forme. J'étais soulagée : il était une des rares personnes en dehors de mon équipage que j'aimais bien.
Retournant dans ma cabine dormir un peu après une nuit agitée, un énorme bruit me réveilla quelques temps plus tard, me faisant gagner le pont du Valhalla en courant.
- OÙ EST ACE ?! S'écria une voix que je connaissais bien maintenant.
Rejoignant le bastingage, je vis alors Luffy, le corps recouvert de bandage, en train de hurler comme un possédé. Law avait dit qu'il ne réveillerait que si sa volonté était assez forte, ce en quoi je n'avais jamais douté, mais comme je l'avais crains, son réveil n'était en rien aisé. Cela devait être pour lui, comme de s'éveiller d'un affreux cauchemar. Un cauchemar qui se nommait « réalité ».
Courant à tout va et poursuivit par les Nakama de Trafalgar, Mugiwara semblait avoir totalement perdu la tête. Je rejoignis alors le Chirurgien de la Mort et le Paladin des Mers qui s'étaient assis et regardait d'un œil circonspecte le jeune Pirate à l'esprit embrouillé.
- Que va-t-il se passer si nous le laissons comme ça ? Demanda Jinbei à Law.
- Eh bien, c'est simple. Répondit ce dernier sur un ton morne, sans montrer le moindre intérêt. Comme je l'ai dit à notre arrivée, si sa blessure se rouvre, il mourra.
- Où est Ace ?! Hurlait encore le Chapeau de Paille. ACE !
- Il faut que quelqu'un se dévoue pour aller lui parler. Intervins-je alors. Je veux bien y aller.
- Même si je ne doute pas de toi, Coralie-san. Me dit alors l'homme-poisson en se levant. Je crains qu'il ne faille être brutal avec lui pour cette fois. Et c'est à moi de le faire. Je l'ai promis.
Acquiesçant d'un signe de tête, je le regardai s'enfoncer dans la forêt d'Amazon Lily, suivant le chemin que Mugiwara avait emprunté un peu plus tôt.
Jetant ensuite un regard inquiet en direction de Law, celui-ci n'en fit rien et m'ignora en se levant pour aller plus loin. Oh ?! Monsieur me snobait, quelle belle preuve de maturité … !
Mais pour l'heure, j'étais plus préoccupée par l'état de Luffy. Le ciel seul savait combien la douleur qu'il éprouvait m'était familière. Une souffrance sans nul autre pareil, perdre un frère, un ami, un repère, une source de force et d'espoir. En tant qu'aîné, j'avais vite compris que Portgas veillait sur son cadet et que celui-ci, de manière inconsciente, se reposait sur lui. Cela se voyait à la façon qu'Ace avait eu de protéger son frère en le rejetant pour ne pas qu'il vienne le sauver, et plus tard, en s'interposant devant lui pour échanger sa vie contre la sienne.
C'était pour cette raison que je voulais l'aider. Je me sentais redevable, je n'avais pas tenu ma promesse pour sauver Hiken no Ace.
Les bruits et les cris de rage résonnaient dans la jungle, affolant la faune et malmenant la flore. Luffy se déchaînait, lui et son chagrin. J'espérais que cela se passerait bien pour Jinbei.
« Je l'ai promis ». Oui, je m'en souvenais maintenant.
Nous étions à la Prison d'Impel Down, au sixième Cercle, l'Enfer Éternel.
Une nouvelle séance de torture à l'eau et au chalumeaux m'avait particulièrement épuisée ce jour là. J'errais entre état d'éveil et état d'inconscience, sans toutefois parvenir à dormir correctement et me reposer. Pourtant, j'en avais cruellement besoin. Mais je refusais de céder à un total sommeil, de peur que les gardes de la prison n'en profitent.
Ce fut là, toujours à l'écoute de chaque pas, chaque bruit, chaque mot, que je surpris une conversation étrange entre le Paladin des Mers et Hiken no Ace.
- Jinbei, si je n'arrive pas à m'en sortir … Disait le Commandant de Barbe-Blanche. Je suis désolé, mais pourrais-tu prendre soin de mon frère ?
- Je suis désolé de te contredire, Ace-san. Lui répondit la voix gutturale de l'homme-poisson. Mais tu as tord de penser que je suis une assez bonne personne pour faire ça. Même s'il est ton frère, nous sommes des Pirates. Je ne protège, ou ne viens en aide, qu'à ceux pour qui j'ai du respect et de l'estime !
Sur le coup, je n'avais pas compris le sens de ses mots et leur portée. Car à ce moment là, je n'étais pas encore au courant du lien qui unissait Monkey D. Luffy et Portgas D. Ace. Mais ce dernier avait confié son frère à la charge de son ami, et Jinbei venait de l'accepter, accomplissant les dernières volontés d'un homme d'exception tombé au combat. Comment ne pas le faire, alors que les pensées d'Ace, même aux portes de la mort, avaient été pour sa famille.
Mais comme il l'avait l'avait dit lui même, Jinbei ne faisait pas seulement ça pour Ace, mais parce que, comme pour beaucoup, Luffy avait su le toucher et forcer son admiration.
Des bras s'enroulèrent alors autour de ma taille et je sentis quelqu'un appuyer son menton sur mon épaule en s'affalant légèrement sur moi. Kai.
- Je me doute que tu penses à lui en de telles circonstances. Me dit-elle en resserrant sur moi son étreinte. Mais cette tristesse que je sens en toi, est-ce seulement pour lui ?
- Ne sois pas ainsi, Kai. La gronda légèrement Paloma, qui s'était approchée elle aussi et regardait la forêt à mon instar près de moi, déversant des larmes que moi-même je parvenais difficilement à contenir. Coralie n'ai pas sans cœur. Le sacrifice de Hiken no Ace était … Personne ne peut rester insensible devant un tel geste.
- Au final, il n'était pas bien différent de nous. Fis-je alors, tandis que ma Navigatrice réfléchissait à ces dernières paroles.
- …
- Et puis … il est parvenu à faire ce que nul autre n'avait réussi avant lui
- Réussi quoi ? Intervint Akemi, qui était descendu de son perchoir et semblait avoir mis sa colère de côté.
- Il est parvenu à me calmer, comme ça, alors que j'étais en pleine perte de contrôle de mon pouvoir. Je suppose que le destin à parler pour lui … Car après tout, il était un « D ».
Sans un mot de plus, nous restâmes ainsi, toutes les quatre, face à Amazon Lily, écoutant les larmes du Chapeau de Paille résonner dans le calme de la jungle.
Les choses se calmèrent peu à peu, laissant place à un sentiment d'incertitude insupportable. Jinbei était-il parvenu à résonner Mugiwara, où celui-ci avait-il rendu l'âme suite à ses blessures. Malgré mon Haki de l'Observation, il m'était difficile de ressentir et voir « l'aura » de Luffy. Nous nous étions donc tournées et fiées aux sens bien plus aigus de Paloma.
Cette dernière, bien que naturellement plus émotive que nous autres, était en larme. Je savais qu'elle devait entendre les paroles du Paladin des Mers et même celles du Chapeau de Paille. Au moins son émotion, à défaut de mot, nous fit comprendre que les choses se déroulaient comme elles le devaient.
Les hommes de Trafalgar avaient repris leurs activités, pêchant et réparant leur navire, bien que la plupart flemmardait sur le bout d'île. Lui-même était assis parmi eux, toujours le chapeau de paille en main, le regard fixé sur l'océan. Au contraire des Walkyries, qui toutes sans exception, étaient descendues du navire et attendaient, toutes aussi tendues les unes que les autres.
Mais soudain, une onde que j'avais très bien appris à reconnaître détourna mon attention de la forêt. Me dégageant de l'éteinte de Kai et revenant vers la mer, je scrutai l'horizon, croyant dans un premier temps avoir rêvé. Mais la nervosité qui gagna rapidement mes trois sœurs me fit comprendre que je n'étais pas la seule à l'avoir ressentis.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda un des hommes avec une casquette et des lunettes, que j'avais entendu être nommé « Shachi », à son voisin.
- Une silhouette de poisson, à l'instant … Répondit celui avec un chapeau où était inscrit « Penguin ». I-Il est immense ! Regardez c'est un gigantesque Roi des Mers !
- Qu'est-ce qu'il fout ? Il se bat ?
La mer s'agita alors soudainement, faisant tanguer nos navires.
Regardant au loin, je vis effectivement un énorme poisson, qui ne semblait n'être désormais plus qu'un cadavre. Cependant, la décharge d'énergie que j'avais ressentie un peu plus tôt ne venait pas de lui.
Tandis que mes sœurs, qui attendaient patiemment un quelconque dénouement, se levaient brusquement les sens aux aguets, Paloma, Kai, Akemi et moi sortîmes immédiatement nos armes, prêtes à parer à toutes éventualités.
Les hommes eux, ne trouvèrent rien de mieux que de s'affoler, et pire encore quand ils virent un homme sortir de l'eau et s'avancer vers nous.
- Meihô Rayleigh ! S'écrièrent-ils devant le vieil homme trempé et à demi-nu.
- Oh, c'est vous. S'exclama-t-il comme si de rien n'était. Nous nous sommes rencontrés sur l'Archipel Shabondy, n'est-ce pas.
- Le … Le Second Capitaine du Roi des Pirate Roger ! Bégaya la grande peluche de Trafalgar.
- Ma foi, ma foi … Mon bateau a coulé à cause d'une mer agitée, voyez-vous. J'ai été obligé de finir à la nage.
- Une mer agitée ?! Ne comprit pas « Penguin ». Calm Belt ne peut être que paisible … C'est censé être une mer calme ! Y'a pas de mer agitée !
- Ce qui veut dire … Que ça c'est passé dans une autre mer bien plus éloignée … Et qu'il a nagé tout du long ?!
- Je suis plutôt fier de ma brasse, voyez-vous. Leur expliqua le Seigneur des Ténèbres. Oh, oui, oui ! Je suppose que Luffy-kun se trouve sur cette île ? Ajouta-il en se retournant, nous laissant tous dans voix.
Après un long silence de stupeur, Law finit par se lever et alla remettre en main propre le fameux chapeau de paille de Luffy au Seigneur des Ténèbres.
Il donna ensuite le signal de départ à ses hommes. Ils partaient de cette île. Ces derniers tentèrent de discuter et de négocier avec leur Capitaine, mais en vain. Le ton et le regard du Chirurgien de la Mort était sans appel. Ainsi, malgré leur déception, l'équipage des Heart Pirates se prépara à appareiller.
Je les regardais faire, sans bouger ni rien dire, à l'instar de mes sœur et de Silvers Rayleigh. Mais pour une raison que je ne parvenais pas à comprendre, je voyais l'ignorance de Trafalgar comme une trahison. Et c'était particulièrement douloureux. Finalement, Akemi avait peut-être raison, aucun homme, peu importe lequel, n'était digne de confiance. Surtout pas quand un certain degré d'intimité avait été partagé.
Ce fut donc avec une certaine amertume que je tachai de l'ignorer à mon tour, le maudissant tout bas, mais plus encore moi aussi, d'avoir été si faible.
Seulement, c'était bien mal connaître le Pirate.
Profitant de l'agitation qui s'était légèrement créé, je le sentis s'approcher derrière moi, alors que je lui tournais le dos pour attendre de nouveau le Chapeau de Paille. Mes sœurs se tendirent immédiatement face à cette proximité, tandis que je mimai l'indifférence. Ma Seconde était déjà bien assez sur les nerfs et je l'avais vu mettre imperceptiblement la main à son Katana.
- Je suppose que nous nous reverrons dans le Nouveau-Monde, Lady-ya. Dit-il alors.
- Nous ne seront pas aussi … accommodantes, la prochaine fois. Répondis-je, lui faisant face pour lui montrer que son attitude de m'atteignait pas. Alors il vaut donc mieux repousser à plus tard ses retrouvailles sanglantes.
C'est ce que nous verrons. Sourit-il à sa manière si exaspérante, avant de se diriger vers son navire.
Mais à peine eut-il fait deux pas, qu'il fit brusquement demi-tour, profitant de la surprise de mes sœurs et de la mienne, pour m'empoigner la nuque et les hanches, et de m'embrasser langoureusement. Prise au dépourvue, mais néanmoins furieuse, je ne le laissai pas faire et le repoussai en lui mordant durement la langue. Un filet de sang s'écoula alors d'entre ses lèvres, mais ce crétin gardait le sourire.
Il évita facilement l'attaque de mes sœurs, se déplaçant en un clin-d'œil sur sous-marin à l'aide de son Fruit du Démon.
Rageuse, je fis apparaître mon Arc et lui lança une flèche, mais il s'engouffra dans son monstre d'acier, esquivant mon attaque tout en lançant un exaspérant « à bientôt ». Le sous-marin s'immergea et finalement disparu dans la mer de Calm Belt.
Je cru m'étouffer de colère quand un rire grave et puissant résonna dans la crique.
Me retournant, je vis le Seigneur des Ténèbres s'esclaffer, visiblement amusé par notre scène, tandis que mes sœurs, qui n'avaient pas encore fait sa connaissance, regardaient hébétées, l'homme légendaire.
- Vous trouvez ça drôle peut-être ? M'énervai-je en approchant pour lui faire face, absolument pas intimidée par son C.V.
- Peut-être un peu, oui. Me répondit-il un large sourire aux lèvres, amusé. Ça me rappel le bon vieux temps !
- Tss ! Tiquai-je avec mépris, avant de me tourner vers mes sœurs. On se prépare à appareiller ! Nymphéa, tu as trente minutes pour aller dire au revoir à ta tante, prends Lani.
Acquiesçant dans un même ensemble, mes sœurs partirent chacune à leur poste, tandis que je restais avec Rayleigh et Paloma à terre.
Maintenant que nous l'avions récupéré, plus rien ne nous retenait sur cette île. Et après les tragiques événements qui avaient touché sa famille, ainsi que le temps passé en prison, plus rien ne la rattachait à West Blue et notre terre d'adoption. Paloma m'avait parlé de la longue discussion qu'elle avait eu avec les autres durant la nuit tandis que j'étais … occupée. Avec un avis de recherche additionné avec une belle prime, peu de choix s'offrait à elle : soit elle fuyait, pour le reste de son existence sans grand espoir de recouvrer une vie un temps soit peu normale, soit elle rejoignait les Walkyries.
Elle avait d'ors et déjà fait son choix et ce, avant même que nous arrivions. Kai, Akemi, moi, et bientôt l'équipage au complet, étions la seule famille qui lui restait. Sa décision n'avait pas été des plus difficiles, quand bien même elle devait se résoudre à la Piraterie. Ce n'était pas un univers qui lui était totalement inconnu.
Avec un certain amusement, elle m'avait également confié que durant le temps qu'elle avait passé avec les Hearts Pirates, Law avait posé beaucoup de questions sur moi. Pala le trouvait … froid et calculateur, mais aussi mystérieux et juste assez intriguant pour le rendre intéressant. Tout ça pour dire qu'elle n'approuvait pas vraiment mon choix – si vraiment on pouvait dire que j'en avais eu un – elle ne le dirait pas comme ça, mais elle admettait au moins qu'elle comprenait.
- Qui est donc cette jeune femme, Demoiselle. Me demanda le Pirate, utilisant mon sobriquet.
- Paloma. Valdes Paloma. Se présenta d'elle-même ma sœur. Je suis la nouvelle recrue des Walkyries. Ravie de faire votre connaissance, Silvers Rayleigh. S'inclina-t-elle enfin poliment, me faisant renâcler bruyamment.
- Moi de même, jeune fille. Tu étais à Marineford toi aussi, n'est-ce pas ? Évadée de la prison d'Impel Down.
- C'est exact.
- Pourquoi y étais-tu ?
- Pour payer les péchés de mon passé.
- Les tiens, ou ceux de ton père ? Nous surprit-il, tout en essorant sa chemise, l'air de rien.
Une ambiance étrange c'était installée entre nous, tandis que j'entendais Akemi donner des ordres pour le départ. Pala était totalement décontenancée. Très peu de gens connaissait le nom de son père, quand bien même avait-il été célèbre dans un certain milieu, peu encore se souvenait de lui, et moins encore pouvait faire le lien entre elle et lui. Elle qui pensait le nom de son père sali et oublié de tous !
Elle allait interroger l'ancien Pirate, quand des bruits venant de la forêt nous interrompirent.
- Se rendre sur les Shabondy avec de telles blessures, c'est de la folie ! Gronda une voix grave, Jinbei.
- Mais je voudrais vite revoir mes amis ! Le contredit une autre, Mugiwara. Parce que je peux pas me permettre de ne pas tenir la promesse qu'on s'est faite !
- Cependant … Hum ? Les gars du sous-marin … ils ne sont plus là ?
- Oh, Luffy ! S'exclama alors vieil homme en l'apercevant.
- Hein ?! Le vieux Rayleigh ! S'écria le Chapeau de Paille.
- Meiho Rayleigh ! Fit alors Jinbei, après que les deux autres eut échangé des banalités, littéralement ébahi de voir l'homme qui se tenait en face de lui. Le vrai ? Quelle surprise !
- Si me rappelle bien, tu l'ex Shichibukai. Lui dit l'ancien Pirate en le reconnaissant lui aussi.
- C'est Jinbei. L'homme qui m'a sauvé la vie. Qu'est ce qu'il y a ? Répondit Luffy à sa place, avant de remarqué l'air figé de l'homme-poisson.
- Eh bien, rencontrer une légende dans un endroit pareil, c'est …
- Tiens. Ce chapeau est précieux, n'est-ce pas ? Lui lança alors le Seigneur des Ténèbres ledit couvre-chef.
- Oui, merci. Y'a pas à dire, je me sens bien mieux quand je l'ai sur moi. S'extasia le jeune garçon.
- N'y avait-il pas des Pirates ici ? Demanda alors le Paladin des Mers en scrutant les environs.
Rayleigh l'informa alors que Law venait juste de partir, il donna les recommandations du Médecin à Mugiwara, insistant bien sur le fait que ce dernier l'avait sauvé. Ce qui me semblait inutile : malgré toute la stupidité dont il pouvait faire preuve, le Chapeau de Paille était un homme de parole.
Bien que couvert de bandage, il semblait aller mieux. Luffy avait même retrouver son fameux sourire. Je devais bien avouer que, et il en allait de même pour les soins qu'avait reçu Paloma, Trafalgar avait fait du bon travail. Ce dernier était incontestablement un excellent Médecin. Aussi difficile que cela soit pour moi de l'admettre.
Ce fut alors que, sortant d'entre la jungle d'Amazon Lily, une troupe de Kujas arriva avec un monceau de vivre. Et pas n'importe qui : l'Impératrice et sa suite en personne.
- Oh, Rayleigh ?! S'exclama alors une petite vieille, reconnaissant visiblement personnellement le vieil homme. Mais et vous, qui êtes-vous ? Demanda-t-elle en nous pointant du doigt, accusatrice.
- Nous allions partir. Fis-je fièrement en me détournant pour monter sur le Valhalla, suivis par Paloma.
- Mais c'est Coco-chan et Pala-chan ! Nous reconnut le Chapeau de Paille, qui jusque là ne semblait pas nous avoir vu, déclenchant de légers rires parmi mes sœurs qui assistaient à la scène depuis le bastingage.
- Cesse d'utiliser ce surnom idiot, abruti ! M'énervai-je en moins d'un quart de seconde, avant d'apercevoir du coin de l'œil Nymphéa revenir sur le dos de Lani. Linn ! Va me chercher la boite qui se trouve sur mon bureau. Demandai-je ensuite à ma Charpentière, me souvenant soudain de quelque chose.
- Ohhh ! Un autre nounours ! Une sirène ! La fille au regard flippant ! Et celle aux cheveux rouges ! Alors tu as vraiment que des femmes dans ton équipage ?!
- D'abord. Dis-je en expirant par le nez pour tenter de me calmer, sentant les regards plus étonnés qu'énervés de mes sœurs, tandis que la « nounours » revenait avec l'objet. Linn est une Panda, sombre imbécile. Ensuite … tiens. Lui tendis-je la fameuse boite de Portgas après que la Minsk me l'eut envoyé.
- Qu'est-ce que … Allait-il me demander avant de l'ouvrir et de tomber sur les effets de son frère.
- Marco me l'a donné pour toi, juste avant l'enterrement. Elle était dans les affaires d'Ace, il a pensé qu'elle devait te revenir.
- Mer … Merci.
- Boa Hancock, Jinbei-san, Rayleigh. Saluai-je les autres avant de me détourner pour gagner mon navire. Nous nous reverrons dans le Nouveau-Monde, Mugiwara. Et sûrement pas dans le même camps cette fois. Le prévins-je.
Un fois hors de vu d'Amazon Lily, Xia He avait enclenché le Bifrost pour nous dégager de cette dangereuse mer et gagner les cieux.
Pendant qu'Akemi, Nymphéa et Tais se faisaient un plaisir de montrer ses nouveaux quartiers à Paloma, je restais accoudée au bastingage en regardant la fameuse carte de vie de Hiken no Ace que j'avais gardé. Comme je l'avais pensé, elle n'appartenait pas au Chapeau de Paille, n'indiquant pas la direction de l'île des femmes, mais plutôt son opposé. Elle brûlait toujours en revanche, signe que son propriétaire n'était pas au mieux. Mais à qui appartenait-elle donc ?
Tandis que je voyais Lani voler près du navire sous sa forme de rapace, l'idée de poursuivre ce mystère me sembla stérile et inutile. Pourtant mon instinct me poussait à ne pas abandonner. J'étais persuader que c'était quelque chose d'important. Mais pourquoi ? Pour qui ? Je ne pourrais le savoir qu'en suivant le chemin qui m'étais désormais déjà tracé.
- Où allons- nous, Capitaine ? Vint alors me demander la Navigatrice du Valhalla, Kai.
- Suis ça. Lui dis-je alors en lui donnant la carte de vie en me dirigeant vers ma cabine.
- Qu'est-ce que … LANI ! S'écria alors soudainement ma sœur en se penchant sur la rambarde pour regarder quelque chose en contre-bas. Viens ici ! Laisse cette bestiole tranquille ! Aboya-t-elle à l'intention de l'oiseau, qui semblait avoir capturé une proie, alors que je revenais voir ce qu'il se passait.
- C'est moi, ou ce truc a quelque chose accroché sur lui ? Demanda Harissa, qui attirée par les cris de Kai, était venue nous rejoindre.
- Un message ? Fit alors son tour Xia, qui avait laissé la barre à Linn.
- Mais de qui ? Intervins-je, aussi étonnée et intriguée que les autres.
AUBE PREMIER TOME
FIN
