Posté le : 26 Septembre 2009


Oo Message aux lecteurs oO

« Musique en fond sonore et Pluie […]. Muses d'inspiration, tête dans les nuages. » (MlleGanou)

Ce chapitre devait être à l'origine un chapitre de transition presque d'exploitation de détails. Mais le fait que je l'ai écrit un jour de pluie, en écoutant des chansons magnifiques ont influencé ma manière d'écrire. J'écris comme le temps, changeant.

[…] On laisse […] des commentaires pour de bonnes raisons : Un chapitre qui fait pleurer. Un chapitre qui nous fait rire. Un chapitre bien écrit. Un chapitre écrit par une amie. Un chapitre écrit par une personne réelle, inconnue certes, mais une personne réelle qui en lisant un simple commentaire s'illuminera d'un sourire. […]Nous ne demandons pas des reviews à chaque chapitre. Non. Nous demandons que parfois vous cliquiez sur un bouton en fin de page et que vous nous donniez votre avis. […]. Pour ma part, il m'est arrivé de regretter de ne pas avoir écrit des reviews sur des histoires superbes parce qu'avec le temps, les titres disparaissent de nos mémoires...

[Texte entièrement écrit par MlleGanou, qui me l'a gentiment prêté. Elle a entre autre écrit « Quand l'amour sauve de la Haine » dont je suis la Bêta-lectrice à mon plus grand bonheur. Je vous conseille vivement d'aller lire cette histoire qui est un régale. J'ai juste coupé cette introduction par endroit car elle était trop longue. Mais elle illustre parfaitement l'esprit de ce chapitre qui en fin de compte, n'était pas programmé de la sorte. Des événements extérieurs l'on fait changer du tout au tout… J'espère que vous l'aimerez comme il est. Bonne lecture à vous, Dairy22.]


Nota Bene : IMPORTANT. Je demande aux PLAGIEURS d'enlever mes textes et fanfictions de leur blogs ou forum sans mon autorisation. En effet, je trouve cela insultant de s'attribuer des mérites qui ne nous reviennent pas de droit. Si cela persiste, je me verrai obliger de mettre toute activité d'écriture entre parenthèse. Car il faut comprendre les efforts que fournissent les écrivains lorsqu'on se sent violer dans son inspiration. On ne peut pas spolier le travail d'autrui. Et je dirai juste d'après une fameuse maxime :

« Le talent, c'est de savoir imiter les génies du passé sans que cela ne se remarque »

Ou

" Un lion qui copie un lion devient un singe." Victor Hugo


Chapitre 10

De mortuis nihil nisi bene. Des morts, on ne doit parler qu'en bien

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Tandis que George et Angelina s'embrassaient langoureusement, Harry semblait noyer ses pensées dans un verre d'alcool. Il ne pouvait détacher son regard de cette tendre couleur ambrée qui lui rappelait un tant soit peu la teinte des iris de Cédric. Comment être sûr de l'avoir oublier si le fait d'évoquer son prénom avec Hermione lui avait été si douloureux ? Harry avait beau se répéter qu'il ne représentait qu'une page dans l'Encyclopédie de sa vie. Mais il n'arrivait pas à passer outre ; à prendre les devants comme dirait Hermione. Harry souleva son verre et fit tourner le liquide de part et d'autre de sa paroi translucide, créant alors un tourbillon d'arôme et de nuances. Il se serait damné pour se noyer dedans et ne plus revenir.

La musique douce qui enveloppait le bar était propice pour toutes accolades.

D'ailleurs, Draco avait emmené Katie sur la piste de danse sans se préoccuper du regard hostile de Fred. Les deux adolescents étaient enlacés et se mouvaient lentement au gré des notes. Harry n'avait même pas pris la peine de se retourner pour observer ce cruel spectacle. Cela serait idiot de se faire du mal une énième fois. Ron et Lee étaient avachis au comptoir, discutant avec le gérant portant le prénom de Tom. Harry se leva enfin et se dirigea vers une des étagères du bar.

Ici, pendant la journée, on pouvait découvrir une multitude d'ouvrages. Il y avait même un vieux piano dans un coin du bar ! La première fois qu'Harry était venu il y a un an de cela, il était tombé sur un livre qu'on offrait pratiquement pour les nouveaux venus. Le jeune homme l'avait lu à une vitesse folle. Il sourit faiblement en apercevant un dernier exemplaire entreposer. Il l'extirpa de son présentoir en vérifiant que Tom n'avait pas posé ses yeux perçants sur lui. Il parcourut le titre de ses émeraudes et fila directement au passage qui l'intéressait et l'avait le plus marqué.

" Inconsciemment, j'ai déjà éprouvé de tels sentiments avant de venir ici car je sais qu'une fois, alors que je passais la nuit chez Jacque, je n'ai pas pu me retenir tant j'étais curieuse de son corps, qu'elle cachait toujours de mon regard et que je n'ai jamais vu. Je lui ai demandé si, en gage de notre amitié, nous pourrions nous palper mutuellement les seins. Jacque a refusé. De même, j'avais une terrible envie d'embrasser Jacque et je l'ai fait. Je suis en extase, chaque fois que je vois un corps de femme nu, comme une Vénus dans le livre d'histoire de l'art de Springer. Parfois je trouve cela si merveilleux que je dois faire un effort pour éviter de répandre des larmes. Si seulement j'avais une amie ! " [Dans le Journal D'Anne Franck le 6 Janvier 1942.]

La première fois qu'Harry avait lu cela, il avait été passablement choqué. Anne Franck, héroïne de guerre, avait eu des penchants homosexuels ? Il avait relu ces quelques lignes jusqu'à l'ivresse au point qu'il s'en souvienne parfaitement. Il reposa le livre sans faire de bruit et se dirigea vers l'endroit où se trouvait Hermione. De loin, il se rendit vite compte qu'elle n'était pas seule et que Cormac lui infligeait encore ses avances si souvent réitérées. Les yeux chocolat de la jeune fille reflétèrent une once de supplication quand Harry arriva dans son champ de vision. L'éphèbe s'approcha du présumé couple et se racla la gorge afin de signaler sa présence.

- Ah, Potter ! S'exclama Cormac. J'étais justement en train de discuter avec ta copine à propos du voyage qu'elle a fait au Portugal. Et elle m'a justement dit que…

- Excuse-moi mais je dois également lui parler. Coupa Harry. C'est… important.

Cormac eut une mine renfrognée lorsque les deux amis s'éloignèrent en le laissant pantois. Le visage d'Hermione s'orna d'un sourire radieux. Elle pinça affectueusement la joue du brun et déclara :

- Je te revaudrai ça. Assura-t-elle.

- J'y compte bien ! Répondit-il. Un prêté pour un rendu.

- Tu es incorrigible Harry. Gronda Hermione. Moi qui te pensais altruiste !

- On en apprend toujours de bonnes sur mon compte. Enfin c'est pareil pour tout le monde, n'est-ce pas ?

Hermione semblait être gênée et tortillait une de ses chevilles en triturant ses doigts. Elle leva enfin ces grands yeux sombres vers lui et l'attira vers un coin reculé du Chaudron Baveur.

- J'ai quelque chose d'important à te dire. Souffla-t-elle enfin. C'était un secret entre Ron et moi mais je ne peux plus rien te cacher : c'est trop dur ! Et ne fais ta tête d'enterrement du genre « ah, on me cache des choses ! » et ne m'interromps surtout pas.

Harry était tout ouïe et impatient de découvrir la vérité.

- Tu te souviens que le jour de mon départ pour le Portugal les Dursley t'avaient privé de sorties ?

Il acquiesça.

- Alors Ron est venu me dire au revoir tout seul. Mes parents attendaient dans la voiture. Il m'a aidé à mettre ma valise dans le coffre et à ma grande surprise nous nous sommes embrassés. Enfin, je ne saurais pas trop te dire pourquoi ni comment mais ça c'est fait. Nous nous sommes longuement regardés après. Ensuite mon père à klaxonner. Ron a fermé le coffre et je suis montée dans la voiture et nous étions déjà partis…

- Vous vous êtes embrassés ! S'écria Harry les yeux exorbités.

- Merci de la discrétion. Grogna-t-elle en lançant des regards suspicieux aux personnes qui les entouraient. Et oui Mr Potter nous nous sommes embrassés et c'était…agréable même si – enfin je ne sais pas comment l'expliquer – mais ce n'était pas comme je l'attendais. J'avais l'impression d'embrasser mon frère ou je ne sais quoi. Voilà, c'est comme si nous deux on couchait ensemble ! Ca n'aurait pas vraiment de sens tu ne crois pas ?

- Effectivement, admit Harry, surtout que je suis homosexuel donc ça n'aurait pas vraiment de sens. A moins que je fasse l'amour avec toi juste pour me prouver que je suis bien gay...

- Tu es écœurant. Maugréa Hermione. Comme si je n'étais pas assez belle pour faire changer tes orientations sexuelles. Tu sais que cela peut être vexant pour une femme de mon envergure ?

- Arrête de jouer ta Lolita Hermione. Ca ne te va pas du tout. Dit-il. Au fait, Ron sait que tu n'as rien ressenti ?

- Oui. Il m'a envoyé un sms quand j'étais à l'aéroport en disant qu'il n'existait que de l'amitié entre nous et qu'il avait été bête de m'avoir embrassée. Je lui ai répondu que c'était pareil pour moi et qu'au moins c'était une expérience enrichissante qui prouvait qu'on ne ressentait rien vis-à-vis de l'autre.

- Donc tout ça pour rien… Et pourquoi vous m'avez tenu dans l'ignorance complète ? Enfin, je veux dire, si ce n'était pas important, raison de plus pour le dire à votre meilleur ami commun !

- Je sais, mais on avait peur que tu t'imagines plein de choses ; qu'on se mette ensemble par exemple. Enfin bref, excuse nous.

- Si vous me donnez votre premier fils je passerai l'éponge.

Hermione leva les yeux au ciel et prononça sur un ton malicieux :

- C'est entendu. Maintenant laisse moi sombrer dans les bras du Calamar Géant qu'incarne Cormac. Plus je le vois insister et plus je le trouve attirant.

Harry l'interrogea du regard et elle poursuivit :

- Je fais exprès d'émettre un peu de résistance. Je trouve ça tellement excitant !

- Fais vite parce qu'il finira par se lasser d'ici peu. Pronostiqua Harry.

Hermione lui lança un dernier clin d'œil avant de rejoindre Cormac qui commençait à s'impatienter. Le regard d'Harry se posa alors sur la piste de danse où Draco et Katie dansaient toujours presque collés l'un à l'autre. Harry emprunta le paquet de cigarettes de Ron –qui se trouvait dans la poche de sa veste en jean- et alla se rafraîchir les idées à l'extérieur.

La nuit était tiède et sombre. On entendait que de vagues bribes de conversations du Chaudron Baveur. Les autres restaurants de la rue étaient si éloignés qu'on ne pouvait distinguer les silhouettes qui passaient devant leurs baies vitrées illuminées.

Harry constata que Ron avait encore gardé son briquet dans la poche de son pantalon quand il vit que le paquet ne comportait que des rouleaux de tabac. Il grogna de frustration et s'apprêtait à rentrer une nouvelle fois à l'intérieur lorsqu'une ombre défila sur les murs d'en face. Quelqu'un arrivait. Quand l'inconnu arriva à sa hauteur, l'adolescent l'interpella :

- Excusez-moi, vous n'auriez pas du feu ?

Le passant s'arrêta puis fixa Harry. Ce dernier ne pouvait pas bien voir à quoi ressemblait cette personne car le réverbère le plus proche se trouvait de l'autre côté de la rue. L'individu approcha d'une démarche lente et se posta à environ un mètre de distance avant d'actionner un briquet. La lueur de la flamme passait d'un bleu électrique à un orange soutenu. Harry approcha son visage du briquet avec la cigarette coincée entre ces lèvres. A l'instant même où la flammèche répandit ses premières cendres, Harry sentit une main de fer entourée son cou et le plaquer contre le mur. Harry sentait un cruel manque d'oxygène comprimé ses poumons lorsqu'une deuxième main vint secourir l'autre. Un cliquetis précéda la sinistre lueur d'une lame argentée. Avec brutalité, l'agresseur passa la pointe de son couteau sur son visage comme s'il était sur le point de le lacérer.

- Passe-moi ton fric. Prononça le criminel.

- Je n'ai rien. Assura Harry.

- Menteur.

- Je vous dis la vérité. Siffla Harry alors que la lame s'enfonçait sur son cou le perlant de gouttes de sang.

- Vide tes poches.

Harry s'exécuta. Tout ce qui tomba fut son ticket de transport usité, les clefs de son domicile, son téléphone portable et deux pièces de vingt pounds chacune. Le voleur donna un coup de pied dans ce piètre butin et fit de même avec l'estomac d'Harry. Il enfonça la lame plus profondément le long de sa gorge ce qui créa une belle entaille. Ensuite, il lui asséna un coup au visage qui lui brisa le nez. Il s'approchait dangereusement du corps inanimé du brun quand la porte du Chaudron Baveur s'ouvrit à la volée. Ron et Draco apparurent dans l'encadrement de la porte et l'agresseur s'enfuit promptement.

Ronald s'élança à sa poursuite à travers les dédales des rues londonienne alors que Draco se précipitait sur la silhouette d'Harry qui gisait sur le sol. Draco se rendit vite compte qu'Harry perdait beaucoup trop de sang. Il fut effrayé comme jamais il ne l'avait été devant ce spectacle. Il prit le téléphone portable d'Harry qui était par terre et composa le numéro des secours. Lorsqu'il entendit la réceptionniste lui demander où on devait emmener l'ambulance, Draco se rendit compte que sa voix tremblait. Il lâcha le combiné qui tomba en fracas sur le béton et essaya de sentir le pouls d'Harry.

Au moment où ses doigts glacés perçurent la faible pulsion de son cœur, Hermione surgit à son tour dans la rue mal éclairée et se figea d'horreur. Elle se précipita auprès d'Harry qui avait perdu connaissance. Puis, déplaça du visage de son meilleur ami quelques mèches brunes qui lui empêchaient de voir ces yeux émeraude qui étaient malheureusement clos…

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La sonnette de la porte d'entrée du 4 Privet Drive venait de retentir. Vernon Dursley s'apprêtait à fermer le dernier bouton de son pyjama à carreaux quand ce bruit l'alarma. Il pesta en maudissant les personnes ne respectant pas les horaires conventionnels. Le patriarche descendit les escaliers de sa démarche chaloupée et finit par ouvrir la porte en grand. Sur le seuil se trouvait Cédric Diggory le teint plus blafard qu'à l'ordinaire. Il semblait mal à l'aise d'être ici. Mr Dursley s'arma d'un faux sourire poli.

- Et bien que me vaut l'honneur de ta visite Cédric ?

- Bonsoir Monsieur. Répondit poliment le jeune homme. Excusez-moi de venir chez vous à une heure aussi tardive de la nuit. Mais je devais absolument voir votre neveu. C'est important.

Vernon Dursley caressa sa moustache et consentit à faire entrer ce qui pour lui était un garçon d'une famille respectable du quartier.

- Il doit sûrement traîner dans sa chambre. Informa-t-il.

Cédric acquiesça et fit mine de ne pas savoir où cela se trouvait afin de ne pas montrer qu'il connaissait déjà les lieux par cœur. Le père de Dudley comprit qu'il devait l'accompagner à l'étage et incita le jeune homme à le suivre. Il ouvrit la porte de la chambre d'Harry sans toquer et la trouva vide. Il fulmina contre l'orphelin et scanda :

- Pétunia, Il a encore déserté !

Sa femme accourut et contempla la chambre désespérément vide. Cédric parut affligé ce qui n'échappa aux yeux porcins de Vernon Dursley.

- Vous disiez que c'était important. Vous ne pouvez pas revenir demain si l'autre montre le bout de son nez ?

- Je m'attendais un peu à ne pas le trouver alors…J'ai écris une lettre. Vous lui donnerez ça de ma part.

Il tendit une enveloppe blanche à l'oncle d'Harry et descendit les escaliers puis quitta le 4 Privet Drive. Pétunia descendit dans le living-room en se promettant de faire payer à Harry son vagabondage nocturne. Elle était sur le point de composer son numéro de téléphone portable lorsque son mari l'arrêta dans son élan.

- Penny écoute ça !

Le patriarche tenait dans ses mains l'enveloppe que venait de lui donner Diggory qu'il avait ouverte avec empressement. Ses petits yeux parcouraient le papier avec dégoût. Son épouse raccrocha le combiné et écouta son mari lui faire la lecture de l'épitre en question.

- Harry, je t'écris simplement pour t'annoncer mon prochain départ pour l'Irak. Je me suis engagé dans l'armée peu après notre dernière dispute. Certes, j'ai pris cette décision sur un coup de tête. Mais c'est important pour moi et ma famille que je serve mon pays. Je prends le train dans trois jours pour la base d'entraînement se trouvant en Ecosse. Le départ est prévu pour quatorze heures cinq à la gare King Cross. J'espère qu'avant cela nous nous verrons à Little Whinging. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours venir me voir sur le quai. J'attendrai jusqu'à la dernière minute ton arrivée. Je n'ai pas envie que l'on se quitte de la sorte. Je ne prétends pas que tout redeviendra comme avant après les blessures que je t'ai infligées. Mais j'espère que tu prendras le temps de réfléchir et si possible de me pardonner. Sache que malgré tout ce qu'il a bien pu se passer entre nous, je t'aime encore et il me sera impossible de t'oublier… Dans l'espoir qu'un jour tes yeux me couvrent à nouveau d'affection. Ton Cédric. » Je vais la jeter au feu. Voilà ce que je vais faire ! Vociféra finalement Mr Dursley. Comment peut-on écrire des choses aussi immondes ?

- Vernon ! Tu es devenu fou. Et s'il revient et demande à Harry s'il a lu sa lettre ? Nous faisons quoi au juste ? Questionna-t-elle pertinemment.

- On dira que nous l'avons égarée. Mentit le patriarche.

- Non, Rétorqua-t-elle. Nous déposerons cette lettre sur le bureau d'Harry en attendant son retour et ensuite… On le privera de sorties !

- Tu dis toujours ça comme si c'était la solution à nos problèmes. Gronda son époux.

- Et que veux-tu qu'on fasse de plus ? Il sera bientôt majeur.

Il allait justement répliquer quand la sonnerie du téléphone de la maison résonna dans le living-room affreusement rangé. Ce fut Pétunia -la plus proche de l'appareil- qui décrocha. Vernon Dursley relisait la lettre de Cédric quand sa femme s'étrangla :

- A l'hôpital vous dites ? Je…Que s'est-il passé ?

Mr Dursley leva son gros cou vers sa femme et la vit blanchir à vu d'œil.

- Nous arrivons tout de suite.

Pétunia expliqua rapidement la situation à son mari ce qui ne sembla pas l'atteindre. Etrangement, la tante d'Harry était inquiète. Pas qu'elle aime son neveu comme elle devrait le faire. Mais pour elle, les liens familiaux étaient sûrement les seuls qui étaient indestructibles. De plus, Harry était un étrange souvenir de Lily, sa sœur cadette. Ils avaient les mêmes yeux couleur jade. Ces yeux qu'elle avait tant enviés étant jeune…

Elle monta dans la chambre d'Harry et prit quelques vêtements au hasard ainsi que ses papiers d'identité. Etonnement, son pied fit bouger une des lattes du parquet. Pétunia s'arrêta nette. Elle fixa la lame de bois qui s'était légèrement déplacé vers l'extérieur. Elle s'accroupit et l'ôta de sa place initiale. En la soulevant elle y découvrit une sorte de cahier avec des pages noircies. Cependant la mère de famille n'osa pas le feuilleter, se remémorant avec amertume au jour où sa mère avait lu son journal intime. Elle le rangea avec empressement avec les autres affaires d'Harry et y joignit la lettre de Cédric entre les pages. Elle ferma le tout et se rendit dans sa chambre, histoire d'enfiler des vêtements corrects. Et s'il était arrivé quelque chose de grave à Harry ?

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Ron écoutait une musique de Green Day intitulé 21 Guns. Il la passait en boucle depuis plus d'une demi-heure dans son baladeur. Le grattement des cordes de la guitare faisait siffler ses tympans. Il avait besoin de ça pour évacuer et surtout… Oublier. Oublier qu'il avait vu son meilleur ami allongé par terre, nageant dans son l'hémoglobine qui coulait à une vitesse folle. Oublier qu'il avait peur de le perdre. Pour toujours.

Hermione se rongeait les ongles en étant inconfortablement assise sur sa chaise tandis que Draco arpentait les couloirs stériles de l'hôpital. Etrangement, il semblait anéanti : son masque d'impassibilité s'était fissuré.

Quand l'ambulance était finalement arrivée pour amener Harry à l'hôpital, les trois adolescents n'avaient pas pu monter dans le même véhicule sous prétexte qu'ils ne faisaient pas partis de la famille proche. Katie avait alors accepté de les y conduire avec sa berline d'occasion. Dans la voiture, il y avait un silence de mort. Personne n'osait entamer une conversation. D'ailleurs, Hermione s'était bien gardée de demander l'heure qu'il était à Ron.

Les deux amis se consultaient parfois du regard. Mais tout ce qui en résultait fut une mine lugubre, sûrement à l'image de leur propre figure. Draco faisait craquer les os de ses mains arachnéennes quand les portes à battant du bloc opératoire s'ouvrirent pour faire place au chirurgien du service de nuit. Ron ôta aussitôt ses oreillettes afin d'entendre le pronostic du docteur. Ce dernier se dirigea vers le petit groupe d'adolescents qui étaient les seuls présents dans ce couloir désertique en cette heure avancée de la nuit.

- Vous êtes de la famille ? Demanda-t-il.

- Oui. Mentit Hermione. Je suis sa sœur. Comment va-t-il ?

- Et bien, il semblerait que votre frère ait perdu une quantité importante de sang. Néanmoins, les secours sont arrivés assez vite et ça a permis de le maintenir en vie. Mais, Il… n'a toujours pas repris connaissance. C'est le plus inquiétant dans tout ça. Sachez que nous faisons notre possible afin de stabiliser son état. Dans ce genre de cas, les premières quarante-huit heures sont primordiales pour le rétablissement du patient. De plus, il a eu un traumatisme crânien en tombant par terre et nous ignorons si cela est directement lié au fait qu'il ne se réveille toujours pas mais… Mademoiselle, essayer de rester calme. Je sais que c'est dur d'apprendre une nouvelle comme celle-ci et…

- Non vous ne savez pas ! Cria Hermione en essuyant rageusement ses larmes. Vous ne le diriez pas avec autant de sérénité si cela avait été quelqu'un que vous aimiez.

Le médecin semblait troublé par ces paroles si sincères. C'est vrai qu'il en avait vu des gens mourir ; alors avec le temps tout devenait affreusement banal et dérisoire. Sans ajouter un mot, il disparut au coin du couloir. Draco s'approcha d'Hermione et la prit automatiquement dans ses bras. La brune enfouit son visage dans le col de sa chemise et fondit en larmes. Ron s'approcha et caressa les boucles couleur caramel de la jeune fille en signe de réconfort bien que lui aussi soit tout aussi accablé par cette nouvelle. Draco resserra son étreinte quand il sentit qu'Hermione était prise de sanglots incontrôlables.

- On dit souvent que ce sont les meilleurs qui partent les premiers. Murmura-t-il. Et quand je vois ce qui est arrivé à Harry, je me dis que cette phrase est malheureusement vraie…

A suivre


Voilà la fin tragique du chapitre 10. J'espère que cela va attiser votre curiosité... Je ne sais pas encore quand je déposerai la suite : Cela dépend entièrement de vous. Dairy22.