Hey, hey, hey! Joyeuses fêtes de fin d'année! (Oui, certes, pour Noël, c'est un peu tard...)

Ouh, après un terrible retard, me revoilà avec un dixième chapitre, un peu plus long que les précédents, pour me faire pardonner... Enfin, j'espère juste que la qualité ne sera pas négligée au profit de la quantité. Les plus hardis diront que ce n'est pas la taille qui compte... Ahem ~

Reprenons. Merci donc à tous ceux (toutes celles) qui m'ont laissé des reviews! C'est très agréable de savoir qu'on laisse le temps de laisser un p'tit message. Voilà le chapitre X!


Chapitre X

On lave le sang par le sang

« Je vous l'assure ! Elle chante divinement bien ! affirma Dareios, portant de nouveau à ses lèvres sa coupe de vin.

— Nous l'espérons bien, grogna Sharlia juste en face de lui, entre deux bouchées de pain au lard. Au prix où elle vous a coûté... Et arrêtez avec ce vin ! s'insurgea-t-elle. Seigneur, vous avez déjà fini la bouteille à vous seul ?! Si cela continue vous allez finir saoul avant d'être arrivé au plat de résistance !

— Et toi, renchérit le jeune homme, cesse de te gaver de pain et d'autres cochonneries, où tu finiras plus grosse et plus grasse que la dinde ! »

Outrée, la jeune noble se leva et posa violemment les mains à plat sur la table. Alors qu'elle proférait insultes et menaces, Roswald – craignant alors un énième conflit – se leva à son tour, les poings théâtralement levés :

« Cela suffit ! Enfin, vous n'êtes plus des enfants ! Quand cesserez-vous vos chamailleries ? Sharlia, assis-toi et silence ! Je ne veux plus entendre un mot. Et arrête de ne manger que du pain ! Dareios, poursuivit-il en se tournant vers l'intéressé, vous devriez reposer cette coupe. Vous avez déjà bien assez bu... Et essayer d'éviter les tutoiements et autres familiarités, voulez-vous ? Sharlia est votre cousine, non votre sœur. »

Et alors ? pensa Dareios. Il avait grandi avec cette idiote, il pouvait bien se permettre de la tutoyer de temps en temps, non ? En tout cas, sœur ou cousine, elle était insupportable ! Toujours à faire la morale à tout le monde ! Mais quelle sale... Ah, c'en était trop ! Et Roswald, qui, d'années en années, lui donnait l'impression de le mépriser un peu plus... Mais bon sang, il était né ici, avait été élevé ici, il était un Dragon Céleste ! Et malgré cela, on ne lui laissait pas même le droit de se montrer familier avec ceux qui étaient les plus proches de lui ? C'était tout bonnement injuste ! Enragé, il se leva – trop rapidement peut-être, car l'alcool qui lui montait déjà à la tête le fit tituber – et, se saisissant d'une seconde bouteille que Roswald venait d'entamer, il quitta la table sans se retourner. Derrière lui, son oncle le réprimandait encore. Peu importe, s'il ne l'acceptait pas comme un membre de sa famille, alors il pouvait très bien s'accorder seul le droit de quitter la table.

Furieux, le jeune homme préféra emprunter l'escalier à l'ascenseur, espérant que, le temps de gravir les marches jusqu'en haut – prenant de temps à autre une gorgée de vin – il serait calmé. Et pourtant, arrivé au dernier étage les jambes engourdies par des dizaines et des dizaines de marches, il était toujours furibond, et l'alcool ne calmait pas son emportement. Bon sang, la tête lui tournait..! Et il s'en fichait royalement. Il claqua violemment la porte de sa chambre, posa la bouteille sur sa table de chevet et, la gorge nouée par la colère, il s'affala sur son lit.


En sentant une faible pression sur son coude, Hana interrompit son repas et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Elle croisa de grands yeux gris, dont elle reconnut aussitôt le jeune propriétaire : un petit garçon aux cheveux blond cendré, aux étranges caractéristiques animales... Un museau, de petites oreilles rondes au pelage sombre sur le sommet du crâne, et une longue queue de chat, grise et rayée de brun. Aucun doute, il s'agissait d'Ewan :

« Nana, elle est partie la dame qui t'accompagnait ? »

Hana posa son assiette au sol et, se tournant vers lui, assise en tailleur, lui sourit tristement :

« Oui mon p'tit chat, Marie est partie.

— Ah, lâcha-t-il distrait, en essayant de venir se loger entre ses genoux. T'es triste ?

— Oui, acquiesça-t-elle de nouveau. C'est mon amie, alors ça me rend triste de savoir qu'elle s'en va... Mais c'est mieux pour elle. Elle va revoir sa famille. »

Elle agrippa le petit garçon sous les bras et le hissa pour l'assoir sur ses jambes. Ayant enfin atteint la place qu'il désirait, Ewan leva la tête vers elle :

« Ah, d'accord... C'est vrai que sa famille devait lui manquer. Eh, Nana, c'est une nouvelle robe ? dit-il soudainement en passant la main sur la jupe en taffetas d'Hana.

— Oui, souffla-t-elle attendrie à l'entente de son surnom. »

Garance, juste à côté, qui suivait la conversation depuis quelques minutes en se faisant discrète, interpela son amie d'un ton sarcastique :

« Eh, c'est ton maître qui t'l'a offerte ?

— Quoi ? Non, bien sûr que non ! se braqua Hana. Il me laisse les vêtements que les filles ont oublié dans sa chambre... Alors je m'en suis fait une robe...

— Les "filles", hein ? ricana Garance. J'avais oublié qu'c'était un coureur... Enfin, un coureur d'jupons, j'veux dire, s'empressa-t-elle d'ajouter devant la moue perplexe d'Hana. Il s'dérange pas, lui. Au moins, t'as de quoi t'habiller. Et... hésita-t-elle. Je suis en train d'penser... Il t'a rien fait, au moins ? »

Hana fit non de la tête, plus vraiment attentive, et son regard se perdit dans le vide. Oh... Marie était partie. Tout lui paraissait... Bizarre. La première fois qu'elle avait mis les pieds ici, elle avait ressenti ça. Puis elle s'était acclimatée à son nouveau quotidien. Voilà que maintenant, cette étrange sensation refaisait surface. Son amie allait terriblement lui manquer...

Ah, et puis, ce curieux lien qui s'était tissé entre le Dragon et elle... Presque tous les jours, il lui demandait de chanter. Il lui ôtait son collier, elle chantait pour lui. Le temps de son chant, elle avait une part de liberté ; le temps de son chant, il s'évadait lui aussi, et Hana le savait – car elle était consciente de l'effet que sa voix pouvait produire. D'ailleurs, elle pensait que le jeune homme aussi ressentait cet échange. En fait, elle en était certaine. C'était comme... Un contrat. Un contrat silencieux, dont ils n'avaient jamais échangé les clauses oralement, mais dont ils étaient tous les deux conscients. Un secret de Polichinelle, rien qu'entre lui et elle.

Et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de le haïr. Ou plutôt : elle le haïssait, mais à cause de cette étrange relation, elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer un peu – ou du moins l'apprécier. Mais il lui revenait parfois l'envie de le tuer. Pour partir. S'enfuir. Et elle oubliait en un instant toute la sympathie qu'elle pouvait éprouver pour lui. L'ambivalence de ses sentiments était en train de la rendre folle. Bien heureusement, Ewan était toujours là pour la sortir de ses pensées tortueuses :

« Nana, demanda l'enfant, c'est quoi un coureur de jupon ? »

L'intéressée le dévisagea, les yeux ronds comme des billes. À ses côtés, Garance éclata d'un rire franc, qui fut vite couvert par la sonnerie stridente annonçant la fin du repas. Sauvée par le gong, pensa Hana. Mais au fond... Ce n'était pas des questions d'Ewan qu'elle espérait être sauvée, mais de ses propres interrogations.


Peu après son repas, en début d'après-midi, Hana toquait à la porte de la chambre de son maître, un panier de vêtements propres à la main. En réalité, elle n'attendait pas de réponse – car en une belle après-midi de samedi, le Dragon devait être en train de s'exercer au maniement du fleuret. Ainsi donc, Hana entra ; et aussitôt elle fut saisie par l'ambiance inquiétante régnant dans la pièce. Elle se stoppa net, sur le pas de la porte, alors ouverte qu'à moitié ; et la crainte la saisit. La petite blonde ne détailla pas la pièce, elle ne contempla pas les rideaux, ni le tapis, pour savoir s'ils avaient été changés pour une autre couleur. Elle ne regarda pas les meubles pour vérifier si l'un d'eux avait bougé. Non, elle savait d'où venait le problème : ses yeux étaient déjà rivés sur le lit à baldaquin.

Ses rideaux étaient en parti tirés, cachant le matelas, les draps, les oreillers.

Oh, rien d'anormal, cela arrivait souvent... Les Dragons ne faisaient jamais leur lit. Et puis, le samedi après-midi, Dareios prenait des cours d'escrime. Et, Hana l'avait constaté, pour rien au monde il n'aurait loupé un cours d'escrime. Il aimait trop cela. Donc il ne pouvait pas être là. Personne d'autre qu'elle ne devait être présent dans cette pièce.

Mais il était là. Sur le lit. Hana le savait. Non pas parce qu'elle entendait sa respiration, ni parce qu'elle le voyait bouger. Elle ne le distinguait pas non plus au travers des rideaux par effet de lumière. C'était d'une toute autre nature.

Hana sentait sa présence, la voyait, la palpait presque. Oh, c'était tellement troublant... Elle visualisait sa présence, sans pour autant le voir avec ses yeux. Et c'était ça qui l'inquiétait. En quelques secondes, l'image se précisa ; et elle le « visualisait » mieux encore. Pas vraiment lui, mais sa silhouette. Allongé sur le flanc, dos à elle, de manière à ce que, si elle avait tiré les rideaux, elle n'aurait pas pu voir son visage. Son cœur s'emballa et elle se sentit fébrile. Elle devenait folle à lier.

Pire encore, la présence de l'homme, là, se manifestait comme de la colère. Et cela aussi, c'était inquiétant. Elle se souvint alors du jour où il était venu la chercher dans sa cellule, à la vente aux esclaves... C'était un peu pareil. Elle l'avait vécu, ce sentiment étrange, elle avait ressentit sa présence et ses états d'âme. Mais maintenant, elle le vivait en bien plus prononcé.

Si elle avait dû tenir pour responsable de ce phénomène un de ses cinq sens, elle n'en aurait nommer aucun. Ou peut-être tous à la fois. Hana respirait ce mélange d'amertume et de colère, comme une odeur flottant dans l'air. Une odeur émanant de cet homme. Il était là, elle le savait. Et il fallait pourtant qu'elle en ait le cœur net. Torturée, tremblante, elle fit deux pas en avant.

Des chevilles se dévoilèrent à elle, puis des jambes. Oui, il était là. Dans la même position où elle l'avait entrevu. Allongé sur le flanc, dos à elle, de manière à ce que, si elle avait tiré les rideaux, elle n'aurait pas pu voir son visage.

Devenait-elle dingue ? Hystérique ? Était-elle malade ? Hana, désireuse de se calmer, ferma les yeux quelques secondes. Elle crut vaguement apercevoir sous ses paupières la silhouette du Dragon. Bon sang, elle eut envie d'hurler – oui, elle devenait folle, elle en était sûre ; et elle se mordit là lèvre. Soudainement, une pensée lui traversa violemment l'esprit, et se répercuta comme un écho dans toute sa boîte crânienne.

Il va bouger.

Elle ouvrit les yeux en sursaut, son regard inquiet rivé sur le corps immobile. Une demi-seconde plus tard, elle entendit le froissement du drap. L'homme tira le rideau et dévoila son visage, s'asseyant sur le matelas en se tournant vers Hana :

« Ah, ce n'est que toi ? Je faisais une sieste. Qu'est ce que tu fais ? Et ferme la porte, quand tu entres. »

Ses paroles étaient froides. Aucun doute, il était en colère. Hana revint sur ses pas et posa le panier à côté de la porte, puis referma cette dernière. Mais qu'est-ce qu'elle venait vivre ? Seigneur, elle n'en avait aucune idée. De plus, elle savait qu'il la regardait. Son regard lui brûlait la nuque, et elle était terriblement mal à l'aise. Alors qu'elle faisait coulisser la poignée, trop de questions trottaient dans sa tête. Qu'est-ce qu'il était en train de se passer ? Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Était-ce cet homme qui dégageait une aura étrange ? Ou bien, était-ce elle, le problème ? Ou bien les deux ? Oh, elle devenait folle. Complètement folle. Elle commençait à avoir des sueurs froides.

Au plus vite, la petite blonde se saisit du panier et avança jusqu'à la porte de la garde-robe, passa devant le bureau. Elle entra, rangea les vêtements, prenant son temps. Elle ne voulait en aucun cas ressortir des placards. En fait, elle se serait même bien volontiers cachée entre deux manteaux, recroquevillée sur elle-même, enfouie sous ses cheveux longs et épais. Elle avait un mauvais pressentiment.

Lorsqu'elle acheva le rangement des vêtements, elle traversa la garde-robe pour entrer dans la salle de bain – les deux pièces donnant l'une sur l'autre. Elle rangea les serviettes propres dans les compartiments adéquats. À contre-cœur, elle contempla le panier maintenant vide. Il fallait qu'elle sorte de la pièce. Et à l'instant, l'idée de croiser son regard la terrorisait. Elle laissa le panier sous le lavabo, puis sortit de la salle de bain en empruntant la porte à l'opposé de celle par laquelle elle était entrée dans la garde-robe.

Hana fut brièvement éblouie par la luminosité de la chambre. Le ciel, dehors, s'était découvert. Elle n'eut même pas besoin de regarder le Dragon pour avoir où il était. Il était sur sa gauche, sur le lit, il n'avait pas bougé. Elle reprit ses esprits et avança, la tête baissée. Elle passa devant la fenêtre, puis se dirigea vers la sortie à sa gauche. Sa main frôla la poignée, mais son geste resta en suspens :

« Attend. »

Hana l'entendit se lever. Faire quelques pas.

« Viens ici, chante quelque chose. »

Sa gorge se serra et les larmes lui montèrent aux yeux. Oh, elle ne voulait pas ! Il... Il allait la... En fait, elle n'en savait rien. Mais elle se sentait mal, terriblement mal. Il la blesserait, la tuerait peut-être ? Il veut juste que tu chantes. Oh, non, elle était morte de peur. Elle prit une grande inspiration et se mordit la lèvre. Sans lever le regard, elle se retourna. Quelque chose, à la lumière, attira son regard, le temps d'un dixième de seconde. À côté de la porte, sur le bureau.

Des ciseaux ?

Tandis qu'elle s'avançait vers son maître, au centre de la pièce, elle réfléchissait – elle paniquait, plutôt. Les ciseaux. Elle ne les avait pas vu tout-à-l'heure, mais ils étaient bien là. Et des paroles lui revinrent en mémoire.

Ce sont eux les monstres. C'est lui le monstre. C'est lui. Lui.

Le monstre, c'était lui. Pas elle. S'il essayait de lui faire du mal... Elle le tuerait. Oui, elle le tuerait. Il le fallait. Et après ? Elle s'enfuirait. Au plus vite. Par où ? Elle ne se posait pas la question. Elle pensait juste à le tuer. À le crever. Et à s'enfuir. À être libre.

C'était tout.

Elle était devant lui, maintenant. Tandis qu'il lui ôtait son collier, comme à son habitude, les narines d'Hana se dilatèrent légèrement. Oh, il empeste l'alcool ! Oui, il avait bu, aucun doute. Et beaucoup. Cela expliquait son comportement froid... Et cela pouvait aussi envenimer bien vite la situation. Il pouvait faire bien pire que la tuer.

Il pourrait très bien aussi la v... Arrête Hana. Ce simple mot l'emplissait d'effroi. Tu as une arme. S'il a bu, tu pourras plus facilement l'achever. Alors pense aux ciseaux. Et elle pensait à ces ciseaux. Elle se voyait les saisir. Puis les lui planter dans la gorge... Les larmes menaçaient de couler. Elle se voyait meurtrière.

« Chante », ordonna-t-il, dos à elle, posant le collier entre des livres sur l'étagère.

Elle ouvrit la bouche, mais la seule chose qui en sortit fut un faible gémissement, presque imperceptible. Oh, elle n'arriverait pas à chanter. Son cœur battait la chamade maintenant. Hana, tête baissée, gardait les yeux fermer pour ne pas pleurer. Son maître devait s'être retourné vers elle, puisque sa voix était plus claire, maintenant :

« Es-tu sourde ? Je t'ai dit de chanter. »

La jeune fille se mordit la lèvre. Une goutte de sang y perla. Il s'emballait, elle le sentait.

Il vient vers moi. Elle rouvrit aussitôt les yeux, mais elle n'eut pas le temps de reculer. Il la saisit à la mâchoire, l'attirant vers le haut pour qu'elle le regarde, si haut et si fort qu'elle était sur la pointe des pieds. Elle grimaçait de douleur.

« Chante ! C'est un ordre !

— Non ! hurla-t-elle soudain. Lâchez moi ! »

Elle le poussa au niveau de la poitrine. Plus par surprise que par douleur, il la lâcha en la repoussant, et dans son élan elle chuta au sol face contre terre, se protégeant de ses bras. Cette fois, Hana céda à la panique. Les larmes commencèrent à ruisseler sur ses joues, elle haletait pour tenter de respirer normalement.

« Insolente ! Comment oses-tu me répondre ! enrageait-il derrière elle. »

Hana commença à se relever, et son regard se posa sur le bureau.

Vite. Les ciseaux.

Elle s'élança pour les saisir, mais l'homme lui attrapa le poignet et la ramena violemment vers l'arrière. Oh ! Comme des éclairs lancinant, la douleur lui parcourut le bras, du poignet à l'épaule. Elle eut l'impression que des fourmis lui dévoraient la chair et elle lâcha un cri en grimaçant. Ne lui laissant aucun répit, il la plaqua au mur. Secouée, sonnée, Hana sentit le monde autour d'elle vaciller. Un bourdonnement immonde se fit sentir à ses oreilles et elle n'entendit plus la voix de l'homme en face d'elle, lui hurlant dessus. Elle rouvrit difficilement les yeux, guettant toujours les ciseaux sur le bureau.

Le Dragon la saisit au cou et, par réflexe, à moitié sourde et complètement étourdie, la jeune fille amena ses mains à sa gorge, cherchant à le défaire de sa prise. Les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, cherchant l'oxygène. Ce ne fut pas long. Il la jeta de nouveau par terre, et elle ferma aussitôt les yeux, rentrant la tête dans les épaules. Elle roula au sol et son dos heurta quelque chose : elle hurla. La douleur se répercutait partout. De sa tête aux orteils. Sanglotante, elle entr'ouvrit les yeux, embués de larmes. L'homme était essoufflé, lui aussi. Et dans quelques secondes, il viendrait se jeter sur elle.

Mais Hana savait contre quoi elle venait de s'écraser. Le bureau.

Elle envoya son bras en l'air et chercha à tâtons. Ses mains se refermèrent sur le métal froid ; et elle esquissa un sourire de soulagement. Une pensée lui traversa de nouveau l'esprit, comme un flash l'aveuglant, la poussant à réagir.

Il se jette sur moi.

Et tout alla très vite. Trop vite. Elle ne savait pas trop comment, mais elle avait anticipé son attaque, et elle roula sur le côté, gémissante. Elle sentit les ciseaux glisser au creux sa main – elle devait s'être ouverte la paume, le sang rendant sa main poisseuse.

Pense à tous ceux à qui ces monstres ont fait du mal, se disait-elle pour se donner du courage. Aussitôt qu'il fut accroupi près du bureau, là où elle était il y a encore une seconde, Hana brandit son arme et, comme une furie, bondit sur lui.

Pense à toutes les vies qu'ils ont brisées. Il bascula sur dos, et fixait Hana, les yeux ronds. Dareios ne se serait jamais attendu à ce retournement de situation. Elle était assise sur son ventre, tenant d'une main un de ses poignet, l'immobilisant au sol ; et, dans l'autre main, les lames des ciseaux, pointé vers la base du cou du jeune homme. Elle le regardait, de ses yeux – d'habitude si doux, bleus comme un ciel d'été – maintenant pleins de haine et d'amertume.

Pense à ta liberté. Tuer un monstre, c'est rendre la Justice. Elle leva son arme, Dareios ne chercha pas à se défendre. Il dit simplement :

« En me tuant, tu seras libre. Et tu auras vengé tous les autres. »

Et, alors que c'était là parfaitement son but, elle marqua un temps d'arrêt. On entendait seulement sa respiration chaotique. Le sang de sa main blessée s'écoulait le long de la lame, et goutait sur le torse de l'homme en dessous d'elle. Il poursuivit :

« C'est ce que tu veux, n'est-ce pas ? »

Pense à Siam. Pense à Marie. Pense à Garance et Ewan. Pense à la fille défigurée. Cet homme mérite de mourir. Et après avoir accomplit ma tâche, je serai libre. La détermination pouvait se lire dans son regard.

« Oui. C'est ce que je veux, répondit-elle sèchement. »

Je laverai le sang par le sang.

Et la dernière chose que vit Dareios fut cette jeune fille aux yeux pervenches, abattant sur lui la lame teintée de vermeil.


... Voilà. :3

Bon, alors? Des fautes? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Alors, alors? La fin vous plaît? Le titre était plutôt évocateur, non...? Laissez des reviews, j'aimerais bien savoir aussi comment les lecteurs imaginent la suite!

Au fait, j'ai évoqué dans ce chapitre... Rah, comment dire? "Quelque chose", à propos d'Hana... Bah, c'est beaucoup trop vague, alors quelqu'un qui n'a pas d'idée au départ ne peut pas voir où je veux en venir... Enfin, si quelqu'un croit avoir une idée de ce dont je parle, faites le moi savoir, j'aimerais VRAIMENT avoir vos avis à propos de ce chapitre (qui est sans doute celui pour lequel j'ai éprouvé le plus de difficultés à écrire, mais celui que j'ai préféré... ça fait un peu maso, mais bon, vous m'avez comprise, non?)

Bref, encore joyeux Noël, bonne année, bonne santé, et à bientôt! Ciao! Et prenez soin de vous!