Bonsoir a vous !

Voila enfin le chapitre 10 ! Je dois vous dire que si j'ai mis du temps a le mettre en ligne , c'est parce que j'ai on gros manque d'inspiration pour les chapitres suivent .

J'aimerais beaucoup que ceux qui passe par la me donne leur avis , même négatif , j'accepte toute critique , pourvus que ça m'aide pour la suite et me redonne l'inspiration ! J'aime pas vraiment mendier des reviews , mais c'est un peu en désespoir de cause la :$ Dites vous juste que c'est quelques secondes , rien comparé au temps que je met a écrire , et que ça me ferais VRAIMENT plaisir :)

Voila , je vous laisse lire ce chapitre , en espérant qu'il vous plaise , biz !

Et évidemment , encore et toujours un immense merci a ma bêta !


Chapitre 10 :

Hermione se tenait là, simplement rayonnante au vu des circonstances actuelles, comme si il ne s'était rien passé. Harry et Ron furent les plus réactifs, se levant d'un bond pour aller étreindre leur meilleure amie dans un complexe câlin à trois, qui paraissait étrangement naturel et parfaitement orchestré.

Hermione passa ensuite de bras en bras, de sourires en baisers, de soupires soulagés en exclamations d'affection. Puis, elle se retrouva devant Draco qui, contrairement aux autres, ne prit pas l'initiative de la prendre dans ses bras. Pas qu'il ne veuille pas, non, au contraire, mais il n'avait pas l'habitude des démonstrations d'affections et ne savait pas si elle en avait envie. En réalité, il se demandait si lui, Draco Malfoy, avec tout ce que ce nom impliquait, avait le droit de prendre Hermione dans ses bras, elle qui venait encore de subir les tortures dues à un maléfice cuisant lancé originellement par nul autre que son père.

Hermione ne se posait pas tant de questions, elle le prit dans ses bras sans plus de cérémonie. Elle avait été heureuse d'apprendre il y a quelques minutes que Draco était présent, et qu'il allait rester avec eux. Elle ne le blâmait en rien pour les agissements de son père, elle savait tout ce qu'il avait fait pour lutter contre lui, et contre Voldemort lui-même, et c'était tout ce qui comptait. Elle s'éloigna un peu pour pouvoir s'adresser à lui.

« Je suis vraiment contente de te voir Draco ! »

« Moi aussi je suis content de te voir … en bonne santé. »

Il avait dit ça tristement, se sentant coupable à en étouffer. Hermione lui sourit avant de le reprendre dans ses bras et de s'approcher de son oreille pour chuchoter le plus bas possible.

« Ne te blâme pas pour les agissements de ton géniteur Draco. Tu n'as reçu de lui que ses traits physiques, tu ne lui ressemble en rien. Tu as de la force et du courage, deux des choses que tu possèdes et que lui n'aura jamais. Je suis fière de te compter parmi mes amis Draco. »

Sur ce, elle s'éloigna pour rejoindre Harry et Ron, qui discutaient gaiement avec le reste du groupe, laissant un Draco touché au plus profond de son cœur par ses paroles.

Ils passèrent vite à table après ça, dans une profusion de joie et de soulagement. Hermione allait parfaitement bien, et c'était un vrai bonheur que de le constater. Personne n'était dupe cependant, tous savait que cela avait tout à voir avec un certain professeur et avec ses fameuses potions miracles, et tous s'accordèrent à penser qu'il allait falloir le remercier comme il se doit, Hermione était la première à le penser.

Edward et Bella manquait toujours à l'appel, Alice les avait contacté pour les prévenir du réveil d'Hermione, elle avait aussi dit qu'il valait mieux la laisser se remettre un peu avant de la confronter à nouveau à son passé, Bella avait accepté. Edward passerait donc la nuit chez Charlie, puis il conduirait Bella à la villa demain matin.

Une fois tout le monde installé à table, Draco se souvint qu'il avait une question à poser à son parrain.

« Dis Séverus, on a l'intention d'aller acheter des balais et du matériel de Quidditch bientôt, mais on ne sait pas où se trouve la ville sorcière la plus proche d'ici, tu n'aurais pas une idée toi ? »

« Hum, laisse-moi y réfléchir un instant … Nous sommes dans le comté de Washington … je pense que… oui, Olympia est ce qu'il vous faut. Ce n'est pas une ville sorcière à proprement parler mais, tout comme Londres elle possède des rues et commerces sorciers. Il faut que vous alliez sur l'allée des trois lunes, vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin, et même bien plus, c'est un endroit pour le moins exceptionnel, rien à voir avec les rues froides et peu accueillantes du chemin de travers ! »

« Très bien, merci Séverus ! Mais dites-moi, les vampires peuvent également s'y rendre ? »

« Bien sûr, la communauté sorcière n'est pas très discriminante. Tout être magique peut accéder au monde sorcier, ainsi que les moldus ayant connaissance de ce monde et l'accord du ministère. En Angleterre vous auriez probablement eu des ennuis avec certains sorciers ne souhaitant pas voir de ' nocturnes ' parmi eux, qu'ils se nourrissent de sang humain ou non. Mais ici les choses sont différentes, nous sommes dans un pays bien plus avancé magiquement parlant, et bien plus libre, vous et votre famille passerez inaperçus sans aucun problème Carlisle. »

Tous furent assez étonné de voir à quel point ces deux-là s'entendait bien, ils avaient dû avoir une bonne discussion lorsqu'ils étaient tous les deux au chevet d'Hermione. Après tout, un sorcier maître des potions et un vampire médecin ne pouvaient que s'entendre, n'est-ce pas ?

« Peut-être voudriez-vous nous y accompagner monsieur Snape ? »

« C'est gentil à vous madame Cullen mais je pense qu'il serait plus prudent de limiter (nos) les allées-retours, sauf en cas d'urgence évidemment. »

« Oui bien sûr, je n'y avait pas pensé. »

C'est ainsi que se déroula le repas, partagé entre l'excitation de la future sortie dans le monde magique qui au cours de leurs discussions enjouées fut prévue pour le lendemain matin et les questions concernées d'Alice sur l'état de santé d'Hermione. Tous se réjouissaient de cette sortie. Ils s'y rendraient en voiture, le transplanage étant trop risqué dû au grand nombre de passagers à transporter et puisqu'aucun des sorciers ne connaissait la ville. Ils en auraient pour environ 3h de route, ils avaient donc prévu de partir à 9h, pour que les mortels puissent déjeuner en arrivant.

Une fois le repas fini, Draco fit léviter tout ce qui restait sur la table pour les emmener dans la cuisine, sous le regard émerveillé des vampires. Il conjura ensuite une éponge qui fit la vaisselle toute seule, les restes allèrent s'enfermer dans le frigo, et ce qui était destiné aux ordures plongea directement dans la poubelle. Esmée, qui avait suivi Draco à la cuisine, voulut protester, mais elle était trop émerveillée par le spectacle et trop émue par l'attention pour oser dire quoi que ce soit. Ils migrèrent ensuite tous au salon pour continuer à papoter tranquillement, devant un café pour certain.

Hermione s'éclipsa discrètement pour prendre l'air devant la maison. Elle s'assit sur les marches du perron, et replia ses jambes sur son torse pour se protéger de la légère mais fraîche brise nocturne. C'était étrange, elle se sentait bien et mal à la fois. Bien parce qu'elle était ici, avec les deux hommes de sa vie, hors de danger, et qu'elle savait également ses parents hors de danger quelque part dans le sud de la France.

Mais elle se sentait également très mal, hantée par le souvenir de l'atroce douleur de ce foutu maléfice, ainsi que par ce qu'elle avait appris, ce qu'elle savait être vraie, mais surtout par elle-même prisonnière de son propre esprit et par Bella. Elle entendit des pas résonner sur le perron avant de voir un nuage de capes noires voler près d'elle, et s'asseoir à ses côtés.

« Tout va bien Miss Granger ? »

« Tout va bien professeur. Merci … Pour tout. Je sais que j'aurais dû vous contacter plus tôt, que je n'aurais pas dû dissimuler le fait que je n'avais plus de potions, je suis désolée. »

« Oui, vous pouvez l'être ! Mais qu'est-ce qui vous a pris, ça ne vous ressemble pas. »

« C'est juste que … j'ai perdu le contrôle, tout ça… tout ça m'a perturbé et… j'ai perdu le contrôle. »

« De quoi parlez-vous ? Quelque chose ne va pas Hermione ? »

La jeune sorcière soupira fortement, si quelque chose n'allait pas ? C'est toute sa vie qui n'allait pas, qui n'allait plus. Tout n'avait été que mensonges, une gigantesque mascarade, toute sa vie était fausse, construite de toute pièce, et par elle-même de surcroit. Qu'allait-elle pouvoir dire à son ancien professeur, une telle chose ne pouvait pas se raconter en quelques mots. C'est alors qu'une chose lui revint en tête, toute cette histoire avait tellement chamboulé son monde qu'elle en avait presque oublié cette partie. Snape savait, il savait tout, il en savait même plus qu'elle. Il avait connu l'ancienne Hermione, celle qu'elle avait détruite avec le reste de ses souvenirs, il avait connu cette enfant de sept ans. Elle soupira fortement, c'était encore plus étrange maintenant.

« Je sais ... »

« Vous savez ? … Oooh, vous savez. Je … comment? »

Elle ferma les yeux durant un moment, cette situation était vraiment trop difficile, et entendre la douleur dans la voix de Snape n'arrangeait rien. Elle observa ses chaussures, incapable de regarder Séverus, mais réussie tout de même à répondre après un long silence.

« J'ai … apparemment... une sœur. Elle est en couple avec un des fils Cullen, Edward. Vous l'avez sûrement vue hier. »

« Tu sais je n'ai pas vraiment prêté attention aux personnes présentes hier. Je suppose donc que tes amis t'ont racontée ce qu'ils savent. »

Hermione hocha simplement la tête, remarquant à peine que Séverus l'avait tutoyée. Il soupira fortement, il ne s'était pas du tout préparé à affronter ça, pas qu'il pense qu'il aurait un jour été prêt de toute façon.

« Je … je suis désolé. J'ai essayé, j'ai bien essayé de trouver une façon de t'aider, peut-être que si on m'avait laissé te garder plus longtemps, peut-être que j'aurais trouvé une solution… je suis désolé Hermione. »

La brune ne put retenir ses larmes plus longtemps. Elle s'en voulait encore plus maintenant, maintenant qu'elle entendait la tristesse et le remord dans la voix de Séverus, maintenant qu'elle l'entendait s'excuser. Elle était seule fautive, il n'avait pas à s'excuser de ne pas avoir trouvé de solutions pour réparer son erreur à elle.

« Ce n'est pas de votre faute professeur ! »

« Hermione je … je ne peux pas te rendre des souvenirs, mais je peux te donner les miens. »

Pour la première fois, la sorcière leva la tête pour regarder son professeur. Il sortit un collier de sous sa robe de sorcier et l'ôta de son cou. C'était une simple chaîne en argent, ornée d'un pendentif en cristal, formant un cœur sur lequel se lovaient deux serpents. À l'intérieur du cœur était enfermé un liquide, semblant bouger et irradier légèrement de bleu. Hermione n'avait pas besoin de le voir de plus près pour savoir que ce pendentif renfermait des pensées, des souvenirs.

« Je les garde autour de mon cou depuis tout ce temps. À l'intérieur se trouve l'intégralité de mes souvenirs durant les 11 mois où j'ai pris soin de toi comme j'ai pu. Certains doivent être anodins, voire complètement dénués d'intérêt, j'ai oublié la plupart d'entre eux… je n'ai jamais eu le courage de les regarder. Mais chaque soir, depuis le jour où Albus a ramené à Poudlard une petite fille de six ans qui n'avait plus de mémoire, je mettais mes souvenirs de côté, pensant que ça pouvait servir, jusqu'au jour où je t'ai laissée à tes parents. »

Séverus ouvrit la main crispée d'Hermione avec douceur, et y déposa le pendentif à l'intérieur.

« Tu les regarderas quand tu seras prête, en tout cas ils t'appartiennent maintenant. »

Hermione ne bougea pas d'un pouce, elle était pour ainsi dire en état de choc. Fixant le pendentif dans sa paume, elle ne pouvait penser à rien, seulement au précieux et douloureux cadeau que venait de lui faire Séverus et qu'elle tenait au creux de sa main. Elle n'était pas prête à voir ses souvenirs, mais elle savait qu'un jour elle en aurait besoin, et que Severus lui offre cette possibilité grâce à une chose si unique, une chose que lui seul avait en sa possession, une chose qui n'avait pas de prix et qu'elle avait perdu, c'était inestimable. Elle sortit de sa torpeur quand elle le sentit quitter son côté, sa chaleur la quittant également. Elle ne pouvait pas le laisser partir comme ça, sans un mot.

« Merci … Sev. »

C'était tout ce qu'elle était capable de dire pour le moment. Le regard toujours figé sur ce cœur de cristal, elle ne s'était même pas rendue compte d'avoir appelé le professeur Snape par son prénom, par son surnom. Elle entendit les pas du maître des potions s'arrêter quelques secondes sur le perron, avant de reprendre de plus belle. Ce qu'elle ne saura jamais c'est que le cœur de Séverus avait raté un battement en entendant la voix d'Hermione, et qu'une unique larme s'était échappée de son œil onyx. Ce qu'elle apprendrait bientôt c'est que ce surnom avait déjà franchi la barrière de ses lèvres, souvent, et que de nombreuses années en arrière, il avait été une dernière fois murmurée par une petite fille en pleurs, arrachant une unique larme à son propriétaire, la dernière qu'il est versé, jusqu'à aujourd'hui.

Il regagna le salon cachant à la perfection ses émotions, la force de l'habitude sans doute. Mais il ne put cependant le cacher aux deux empathes de l'assemblée, qui se jetèrent un regard plein d'incompréhension.

« Bien, il est temps que je regagne Londres. Draco, un hibou t'apportera tes affaires demain matin, il vaut mieux que je ne revienne pas tout de suite ici. Mais si il y a le moindre problème, tu sais comment me contacter. »

« Attendez professeur ! »

Harry dévalait l'escalier quatre à quatre, un miroir magique dans la main. Il sortit sa baguette une fois arrivé devant Séverus et, après avoir récité trois fois un sort, fit apparaître un second miroir flottant à côté de lui.

« Tenez professeur, celui-ci est pour vous, et celui-là pour toi Draco comme ça il ne vous sera pas utile qu'il y ait une urgence pour que vous rentriez en contact. »

« Bravo Potter, j'ignorais que vous étiez aussi doué pour trafiquer les objets magiques … Merci. »

Harry lui rendit le sourire qu'il lui adressait, sachant qu'il était réellement reconnaissant de son geste. Séverus s'autorisa à étreindre son filleul, il était plus que rare qu'il montre de l'affection pour quiconque, surtout en présence d'autres personnes, mais pour tout dire, à cet instant il s'en fichait. Il voulait simplement dire au revoir comme il se devait à Draco. Son filleul allait, il faut bien le dire, terriblement lui manquer, même s'il ne l'admettrait jamais. Il partit finalement non sans un dernier regard à l'assemblée et à Carlisle en particulier, lui rappelant ainsi la requête qu'il avait faite plus tôt dans la soirée. Une requête à laquelle le vampire avait accédé, promettant ainsi de veiller sur Draco mais aussi sur les trois autres sorciers comme s'il s'agissait de ses propres enfants.

Hermione regagna le salon quelques minutes plus tard, portant autour de son cou le précieux pendentif dissimulé sous son chemisier. Peu après les quatre sorciers montrèrent des signes de fatigue, et Esmée leurs pria immédiatement d'aller se coucher. Il fut convenu qu'ils dormiraient tous les quatre dans la même chambre. Cela ne les dérangeait en rien, au contraire, ils avaient bien besoin de se retrouver un peu entre eux. Cela ne fut pas simple à accepter pour Esmée cependant, elle se faisait l'effet d'être une mauvaise hôte en laissant ses invités dormir ensemble dans une seule chambre, bien que ces derniers lui aient affirmée qu'il était simple pour eux de se créer un espace confortable. C'est finalement Jasper qui s'en mêla, faisant comprendre à sa mère que les quatre amis avaient besoin d'être un peu seuls, ensemble.

Ils se retrouvèrent donc dans la chambre de Carlisle et d'Esmée, celle qu'avaient occupée Ron et Harry la nuit précédente. Hermione put pour la première fois sortir les sacs d'habits de sa petite trousse en perle. Jusque-là ils s'étaient contentés d'en sortir que le strict nécessaire, mais ça n'avait rien de pratique. Une fois leurs vêtements récupérés, Harry en sortit quelques-uns susceptibles de convenir à Draco, et les lui tendit.

« Tiens, je pense que ça devrait t'aller, du moins ça conviendra le temps que tu récupères tes propres affaires. »

Draco murmura un « Merci » en attrapant le tas de vêtements, il n'avait pas vraiment l'habitude d'une telle gentillesse de la part d'Harry, et en était touché. Ron et Harry filèrent à la douche ensemble, ne prenant même pas la peine de prétendre que c'était pour gagner du temps, c'était inutile. Ils n'étaient en rien gêner de partager ces moments pour le moins intimes avec eux et ce serait un comble qu'ils le soient.

Draco et Hermione restèrent donc seuls dans la chambre, dans un silence assez pesant qu'Hermione s'empressa de rompre.

« Demain va être une longue journée. Faire découvrir le monde sorcier à sept vampires risque d'être explosif. »

« Sept ? »

« Oui, tu ne l'as pas vu aujourd'hui mais Carlisle et Esmée ont un autre fils, Edward. Sa fiancée sera également présente, c'est une moldue… Bella. »

Draco avait bien senti que quelque chose clochait, la façon dont Hermione avait prononcé le nom de cette moldue était étrange, presque … douloureux ? En tout cas le blond avait compris qu'il s'agissait là d'un sujet difficile et il préféra dévier la conversation.

« Oui, j'imagine qu'on va bien s'amuser. Séverus a dit que le monde sorcier d'ici était bien différent de celui que nous connaissons, j'ai vraiment hâte de voir ça. »

« Oui moi aussi. J'ai lu quelque part qu'ici les sorciers étaient bien plus modernes et plus avancés que partout ailleurs, tout le contraire de l'Angleterre où le ministère se complaît à garder son pays dans de rustres traditions désuètes. »

« Et bien Hermione, je n'aurais jamais cru t'entendre un jour dire du mal de notre cher ministère de la magie ! »

Hermione se mit à rire, c'est vrai qu'elle avait changé, à une époque elle aurait défendu les lois magiques envers et contre tout. Aujourd'hui elle savait que loi ne rime pas toujours avec justice. Ils riaient tous deux de bon cœur quand on frappa à la porte. La tête de Carlisle apparut dans l'encadrement de la porte.

« Excusez-moi de vous déranger les enfants, je voulais juste vous dire que si vous le voulez, vous pouvez vous installer tous les quatre dans cette chambre jusqu'à ce que votre maison soit prête. Donc n'hésitez pas à vous mettre à votre aise et à faire vos petits tours de passe-passe pour vous créer un petit chez vous. »

« c'est très gentil, merci beaucoup Carlisle. »

« Mais de rien. Allez bonne nuit, reposez-vous bien, il vous faudra énormément d'énergie pour affronter la journée qui nous attends tous demain. »

Tout trois eurent un rire entendu, puis Draco et Hermione remercièrent une dernière fois le patriarche de la famille Cullen avant qu'il ne quitte la pièce. Draco regarda alors Hermione avec interrogation. Voyant qu'elle ne comprenait pas, il se décida à poser sa question à haute voix.

« Notre maison ?! »

« Oh … j'avais presque oublié, tu ne sais pas quand nous sommes arrivés, nous avons hésité à rentrer à Londres, mais … certaines choses nous ont convaincus de rester pour une durée indéterminée. Les vampires que nous avons trouvés en atterrissant ici sont apparemment complètement fous et plutôt que de nous laisser aller à l'hôtel, ils ont préféré … nous construire une maison. »

« Pardon ? C'est complètement dingue ! »

« Oui, ces vampires sont dingues, adorablement fou à lier. Et crois-moi on a vraiment essayé de les en dissuader, mais ils sont aussi têtus que Molly dans ses plus mauvais jours. Mais tu fais partie du plan maintenant, tu as entendu Carlisle, elle est aussi pour toi cette maison ! »

« Quoi ? Non, non, non, je ne veux pas qu'on me … construise une maison ! »

« Tu n'as pas le choix Draco, tu es dans la même galère que nous maintenant. Et si tu n'as pas déjà subit d'interrogatoire sur tes envies décoratives, c'est qu'Alice, qui est voyante, avait déjà vu et prévu ton arrivée. »

Draco soupira fortement, se laissant tomber sur le lit ou il était assis. Contrairement à ce que l'on pouvait penser, on ne lui avait jamais rien servi sur un plateau d'argent. Il s'était toujours battu pour ce qu'il voulait. C'était presque impossible pour lui de simplement recevoir, il avait été habitué à recevoir de son père seulement ce qui était destiné à le faire taire. Mais étrangement, il ne se sentait pas mal à cette pensée, contrairement à toutes les fois où ses souvenirs étaient remontés à la surface, il se sentait seulement … paisible. Il se dit que c'était probablement le fait d'être ici, loin de toutes menaces, loin de son passé. Il ne se doutait pas qu'à l'étage inférieur, Jasper s'était fortement crispé en sentant le blond plonger dans de douloureuses émotions et qu'il ne relâchait pas ses efforts pour l'aider à se sentir mieux, ce qui semblait plutôt bien fonctionner.

Hermione aussi s'était laissé tomber en travers du lit, imaginant ce que pourrait être leur avenir proche à elle comme à ses trois compatriotes. Se disant qu'il valait mieux mettre ce sujet de réflexion de côté pour le moment, elle chercha de quoi s'occuper l'esprit. Et la solution se présenta très vite d'elle-même.

« Draco ? »

« Mmh ? »

« Ça te dis un petit entraînement de métamorphose ? »

Le blond se releva d'un bond, un immense sourire aux lèvres, sachant parfaitement ce que la jeune sorcière avait derrière la tête.

Ron et Harry avaient pris leur temps dans la salle de bain profitant longuement de la pluie chaude et bienfaisante ainsi que de la simple proximité de leur jumeau. Ils en sortirent trois quarts d'heure plus tard, pour rejoindre la chambre. Ils s'arrêtèrent sur le pas de la porte, comme figés. Chambre n'était peut-être plus le mot approprié. Voyant les deux visages éberlués des rouge et or, Draco eut un petit rire satisfait. Hermione était moins sûre d'elle cependant.

« On en a trop fait c'est ça ? Carlisle nous a dit qu'on pouvait tous les quatre s'installer ici jusqu'à ce que la maison soit prête, alors on a pensé qu'un peu d'aménagement serait bien et amusant. Mais si cela ne va pas on peut changer hein ! »

Les deux gryffondors firent un pas dans la pièce, le visage toujours déconfit. La pièce, pourtant déjà grande, avait l'air d'avoir triplé de volume si ce n'était plus. Du haut plafond pendait un grand lustre en cristal surmonté de bougeoirs en argent duquel partaient d'immenses voilages bleu et argent formant comme un toit de chapiteau fait de gazes d'une extrême finesse et recouvrant l'intégralité du plafond. Au fond de la pièce, tout contre les grandes baies vitrées, avait été installé ce qui ressemblait à un coin détente, de nombreux coussins étaient disposés autour d'une table basse, le tout dans des tons de bleu, vert, chocolat, et toujours parsemé de cette teinte d'argent. Deux bureaux et une imposante bibliothèque occupaient une autre partie de la pièce. Sur leur droite, se dressaient quatre lits séparés seulement par quatre petites tables de nuit. Et au centre de la pièce, quatre fauteuils formaient un cercle ayant pour centre… une fontaine ? Ron et Harry n'en croyaient pas leurs yeux, tout était absolument magnifique. Les meubles en bois sculptés, les plantes vertes, tout respirait la nature et l'océan. Mais ce qui sautait aux yeux des deux arrivants, c'est que la pièce leur ressemblait, à eux quatre. Ils ne savaient pas comment cela était possible, étant donné leurs différences évidentes, mais ils se reconnaissaient dans cette pièce, comme ils reconnaissaient les autres.

« C'est ... »

« Magnifique ... »

« Magnifique ! »

Draco et Hermione échangèrent un regard amusé, plus qu'heureux que leur travail plaise aux deux autres. Ron et Harry firent le tour de la pièce découvrant et appréciant chaque détail de leur nouvelle chambre alors qu'Hermione et Draco passaient chacun à leur tour à la douche. Quand tout le monde fut fin prêt à dormir, ils s'installèrent dans les fauteuils bien douillets qui semblaient n'attendre qu'eux. Les quatre fauteuils étaient placés de sorte à ce qu'ils puissent tous se voir, et ce malgré la magnifique fontaine devant eux.

« Comment avez-vous fait pour faire tout ça, et en si peu de temps ? »

« Et bien vous êtes restés un moment dans la salle d'eau en fait. »

« Oui, et puis c'est simple lorsqu'on a écouté les cours de métamorphose ! »

Tous s'amusèrent de la bonne humeur d'Hermione, ce qu'ils étaient bien ici, ils ne s'étaient pas sentis aussi paisible depuis très longtemps, peut-être même jamais pour certains d'entre eux. Ron observait Draco qui souriait, l'admirant pour sa force et son courage. Le blond avait traversé tellement de choses, comme eux tous bien sûr, mais se battre contre son propre père était une autre sorte d'épreuve, une souffrance que Ron avait bien du mal à imaginer. Il avait su se battre uniquement grâce au soutien de son entourage, de sa famille, c'était de là qu'il puisait toute sa force. Il ne s'imaginait pas vivre sans eux et n'aurait pas surmonté le deuil sans sa famille et Harry. Or Draco avait également dû faire face au deuil, plus que celui de son enfance trop tôt terminé, il avait dû affronter la perte de sa mère morte lors de la dernière bataille et ceci tout seul. Évidemment Ron avait parfaitement conscience que le blond avait été énormément épaulé par Snape, mais il n'était pas sûr que le professeur de potions soit vraiment capable de gérer ce genre de situations, bien qu'il sache désormais que Severus avait un cœur ce dont il avait longtemps douté.

Après un long moment à se questionner, il décida tout de même de s'assurer de l'état d'esprit du blond sachant bien que les émotions qui émanaient de Draco n'étaient pas fiables, celui-ci étant toujours sous le control du don de Jasper.

« Comment vas-tu Draco ? Je veux dire, est-ce que tu tiens le coup ? »

Draco ne répondit pas de suite, un peu étonné par cette question. Puis il ne sût quoi répondre. En toute honnêteté, i peine un jour, il aurait répondu que non, il ne tenait pas le coup. Et si ce n'était pour Severus, il n'aurait même pas tenté de tenir une seconde de plus et se serait effondré depuis longtemps. Mais là, dans cette étrange maison, avec toutes ces personnes attentionnées l'accueillant volontairement sous leur toit, que ce soit ces sorciers qu'il connaissait depuis de longues années ou ces vampires qu'il venait tout juste de rencontrer, il se sentait enfin mieux. Il pourrait presque dire qu'il se sentait bien. C'était insensé avec un passé tel que le sien hanté de sombres souvenirs; les souvenirs de ce père froid qui portait le mal en lui, de sa mère par trop effacée, de son enfance souillée, gâchée et solitaire. Il arrivait néanmoins à sourire et à ne pas se sentir constamment au plus mal. C'était incompréhensible mais il serait fou de s'en plaindre, il avait tellement souffert et depuis tellement longtemps qu'il acceptait cet havre de paix aussi bref soit il sans se poser plus de questions, espérant au plus profond de son cœur que ce répit perdurerait bien qu'il sache que ce n'était pas normal.

« Je … vais bien. C'est insensé mais … ici ... avec vous, je vais bien. »

Personne ne répondit, il n'y avait rien à ajouter. Tous trois se contentèrent de lui adresser un sourire tendre mais quelque part un peu triste aussi. Cette réponse signifiait qu'il allait bien, mais seulement depuis ce matin. Pour Ron cette réponse était douloureuse, le blond allait bien uniquement grâce à l'aide de Jasper. Tous ne pouvaient qu'espérer que le blond puisse se reconstruire rapidement et ils se promirent qu'il y arriverait, avec leur aide à tous.

La discussion se fit ensuite plus légère, dérivant sur leur future sortie dans le monde magique avec tout une tribu de vampires totalement néophytes dans ce domaine.

« Oui, ça va être vraiment génial, j'ai vraiment hâte de faire découvrir tout ça aux Cullen ! »

« Oui et aussi de découvrir la ville. Vous pensez qu'elle est vraiment différente du Londres magique ? »

« D'après Severus, c'est le cas ! On va probablement être autant perdu que tous les autres. »

« C'est fort possible, effectivement. »

Ils continuèrent leu conversation, essayant d'imaginer ce qu'ils verraient le lendemain. Mais bien vite la fatigue les rattrapa et d'un comme un accord, ils quittèrent ce cercle de paix pour rejoindre les lits.

Harry et Ron s'arrêtèrent devant leurs lits et se tournèrent l'un vers l'autre dans une synchronisation parfaite. Ils n'avaient pas dormi séparément depuis la défaite de Jédusor et ne voyaient pas vraiment les choses changer pour le moment, ils avaient encore besoin de dormir l'un contre l'autre. Mais aucun des deux n'osait l'exprimer à voix haute, premièrement par respect pour Hermione, qui, bien que très compréhensive n'avait pas à voir son ex petit-ami dormir dans les bras de son meilleur ami. Et deuxièmement parce que Draco ignorait qu'ils étaient jumeaux magiques, enfin, ça c'est ce qu'ils croyaient. Le rire du blond les tira de leurs pensées qu'ils avaient partagées de par leurs liens télépathiques.

« Tu as gagné Hermione ! »

Sous l'incompréhension des deux sorciers, Draco tendit sa baguette en direction des deux lits centraux. La table de nuit qui se trouvait entre eux se déplaça pour aller contre le lit de gauche, la seule place restante et les deux lits se rapprochèrent pour n'en faire plus qu'un. Voyant que les deux gryffondors ne comprenaient pas Draco se remit à rire, cette fois, accompagné d'Hermione.

« Draco a voulu parier, il pensait que vous tiendriez au moins cette nuit en étant séparés, faut croire qu'il vous surestime ! »

Les regards se tournèrent alors vers le blond qui riait à gorge déployée devant l'absurdité de leurs expressions hagardes. Ils durent attendre qu'il se calme avant de pouvoir lui poser la question qui leurs brûlait les lèvres.

« Tu sais qu'on est … »

« Des jumeaux magiques ? Oui je le sais et depuis un moment. Seuls des jumeaux ou des amants ont tendance à s'enfermer dans une bulle à deux pour se sortir d'un deuil. Mais comme vous n'avez aucun lien de sang et que vous n'avez jamais semblé être attiré par l'autre de cette manière-là avant la grande bataille, cela ne pouvait être qu'une forme unique et particulière de lien fraternel. Et puis il suffit de vous regarder, vous êtes comme relié. Chaque mouvement que fait l'un oblige l'autre à se déplacer également comme si vous étiez ensorcelés. Cela saute aux yeux quand on y pense. »

Ils ne surent quoi répondre, tout ce qu'il disait était vrai, cela sautait aux yeux quand on savait regarder. Ce que même Molly Weasley n'avait pas su faire durant les quelques mois où ils avaient vécu sous le même toit. Mais tous avaient mieux à faire avec leur propre deuil, tous, sauf Draco de toute évidence.

Voyant que la discussion était close, Draco rejoignit son lit, près de la porte. Alors qu'Hermione prenait place dans celui près des baies vitrées. Ron et Harry en firent de même se blottissant l'un contre l'autre avant d'éteindre les lumières d'un dernier coup de baguette. Tous sombrèrent très vite dans un sommeil étrangement calme.

Le lendemain il était à peine 7h heures du matin que la villa était déjà bien animée. Les vampires étaient près au départ, et certains d'entre eux, comme Emmett , sautillaient dans tous les sens.

À la cuisine, l'ambiance était nettement plus calme. Les quatre amis étaient attablés, les yeux encore lourds de sommeil et le visage fatigué de leur trop courte nuit. La bonne humeur ambiante était contagieuse cependant et une fois sortis des brumes du sommeil, ils furent aussi excités que les autres. Ils avalèrent leurs petits déjeuners en vitesse avant de rejoindre les autres au salon. Emmett se tenait debout devant tous les autres réunis sur les canapés, faisant de grands gestes et semblant leurs raconter une histoire. Ils s'assirent tous les quatre à leurs côtés pour écouter l'histoire qui semblait amuser tout le monde.

« Et il y aura des trolls, ouais, de gros trolls verts, tout moches, comme ce personnage … comment y s'appelle déjà ? Ah oui, Shrek, y aura plein de Shrek partout ! »

Les vampires se mirent à rire. Les jeunes sorciers étaient eux aussi amusés par l'excitation d'Emmett bien qu'ils ne comprenaient pas vraiment ce qu'il racontait. Harry se décida tout de même à poser la question, histoire d'éclaircir les choses.

« De quoi vous parlez ? »

« Chacun raconte sa version du monde sorcier, on essaye d'imaginer ce qu'on va pouvoir découvrir aujourd'hui. »

« Et donc, selon toi Emmett, nous allons vous emmener dans un endroit remplis de Trolls ? »

« Bah … Ouais ! »

Les sorciers se tordirent de rire, ils allaient vraiment être surpris. Draco s'amusait beaucoup, il n'avait jamais eu l'occasion de faire découvrir son monde à des personnes complètement ignorante de la magie et il s'en réjouissait d'avance. Le blond voulait entendre plus de leurs théories délirantes, c'était vraiment hilarant.

« Un conseil Emmett, si un sorcier te propose un jour de visiter un repère de trolls, refuse ! Qui d'autres a déjà donné son idée sur le monde sorcier ? »

« Eh bien, Alice voit ça comme un parc d'attraction géant où il y aurait des dizaines de stands avec des voyantes qui liraient dans les lignes de mains ! »

Carlisle avait dit ça en retenant son rire, ce qui ne fut pas le cas de tous les autres.

« Mais Alice, n'as-tu pas déjà vu ce qui nous attends ? »

« Et bien non, je me concentre sur autre chose, je veux à tout prix découvrir ça en même temps que le reste de ma famille, mais j'ai quand même vérifié que tout se passerait bien. Alors ? J'ai raison ? »

« En un sens oui, beaucoup de sorciers pratiquent l'art de la divination et lire dans les lignes de mains en fait partie. Mais nous n'allons pas dans un parc d'attraction, du moins je ne pense pas ! »

Par la suite, tous racontèrent leur version et les sorciers répondirent à leurs questions. Ce n'est que plus d'une heure plus tard que leurs rires furent interrompus par l'arrivée d'Edward et Bella. Cette dernière osa aller étreindre Hermione, lui disant à quel point elle était heureuse de la voir à nouveau sur pieds. La jeune sorcière ne réussit pas à la repousser, se trouvant bien malgré elle heureuse de revoir Bella. Elle la remercia simplement. Draco fit alors leur connaissance, enfin plus ou moins. En ce qui concernait Edward, c'était un bien grand mot, il n'avait adressé qu'un simple signe de tête en retour aux salutations du blond. Tout le monde étant maintenant présent, Carlisle se leva annonçant le départ. Il ne restait plus qu'à prendre la route.

« Bien, je pense que nous sommes prêts à partir. Le mieux est encore de prendre trois voitures. Edward, tu prends ta Volvo, je suppose ? …Bien, je serais le second conducteur, ma Mercedes est assez spacieuse pour trois heures de route donc qui sera le troisième conducteur ? »

« Moi ! »

Rosalie et Emmett se lancèrent un regard mi- défiant, mi- amusé, ayant répondus en même temps. Carlisle, Edward et Alice soupirèrent face à une énième chamaillerie des deux fous du volant… ils n'étaient pas prêts de partir.

« Rêve pas Em, je conduis ! »

« Aller Rose, laisse-moi conduire ! je te rappelle qu'on a des humains avec nous, ils seront bien mieux dans le 4x4 que dans ton cabriolé ! »

« Non, JE conduirais le 4x4. »

« S'il te plait Bébé, si tu me laisse conduire, je ... »

Emmett s'était rapproché de Rosalie pour finir sa phrase dans un murmure. Mais si cela fonctionnait pour les humains présents, aucun murmure n'était assez bas pour échapper aux oreilles vampiriques cependant.

« Oh, je t'en prie Emmett, épargne-nous tes idées malsaines ! »

« Pardon maman ! »

Il adressa à Esmée son spécial petit regard d'enfant voulant se faire pardonner et comme d'habitude cela marcha. Tous le savait, Esmée fondait à chaque fois, comme lorsque l'un de ses enfants adoptifs l'appelait maman.

« C'est bon, tu conduis ! »

« Ouais ! C'est parti ! »

« Heu … pas tout à fait Emmett, il faut maintenant savoir qui monte dans quel voiture, Alice ? »

« Oh non, pas question ! Si je cherche à savoir ça, je vais forcément voir des images de la journée, débrouillez-vous tout seul ! »

Tous soupirèrent, cela n'allait pas être simple, d'autant plus qu'il y avait plusieurs choses à prendre en compte. La première étant que Jasper devait absolument monter dans la même voiture que Draco sinon le blond pouvait se retrouver seul avec ses émotions et ses vieux démons referaient surface. Mais l'empathe devait à tout prix éviter que Draco ne se rende compte de l'action qu'il avait sur ses émotions, sinon il craignait que le blond ne se sente manipulé. La seconde, et ça seulement quatre personnes en étaient conscientes, était que Ron et Harry ne pouvaient pas non plus être séparés, c'était tout simplement impossible. Trois heures séparées leurs occasionneraient d'atroces douleurs, voire plus. C'était étrange de voir comme des choses toutes banales pouvaient devenir soudainement problématiques surtout quand on cachait des secrets.

« Bien, on ne va pas y passer des heures alors je propose qu'Hermione, Rose et Harry montent avec Emmett. Ron, Bella et Esmée, vous montez avec Edward et Alice, Draco et moi montons avec Carlisle. »

Harry chercha le regard de Ron, qu'il trouva immédiatement avec la même panique présente dans leurs deux regards. Un troisième problème se dessina dans l'horizon pour Hermione, elle ne voulait pas laisser Draco tout seul, pensant qu'il se sentirait mal sans l'un d'eux à ses côtés. Ce qui était le cas, le blond n'était pas du tout rassuré par cette idée, Jasper pouvait le sentir. Hermione voulut faire part de ses réserves concernant cette répartition, quand Harry la devança.

« Non, pas comme ça, c'est … pas possible. »

« Pourquoi ça Harry ? »

Il hésita, devaient-ils tout leur expliquer ? Ils avaient tous deux envisagé de le faire, mais ce n'était pas vraiment le moment. Ron allait venir en aide à son jumeau, mais cette fois ce fut Hermione qui les devança.

« Ron et Harry ne peuvent pas être séparés, c'est pour eux physiquement impossible, longue histoire ! Et … j'aimerais monter avec Draco. »

Les Cullen ne posèrent pas plus de question, Hermione leur avait déjà parlé d'un lien particulier unissant les deux amis et tous estimaient que s'ils voulaient leurs en parler, alors ils le feraient par eux-mêmes. Tous les esprits étaient maintenant dirigés sur la meilleure répartition dans les voitures, mais, pas facile lorsqu'il faut satisfaire tout le monde. Pour certains, c'était plus simple que pour d'autres cependant.

« Heu … Draco propose que Bella, Alice et Esmée vienne avec moi. Ron, Harry et Rosalie avec Emmett. Et Jasper, Hermione et lui avec Carlisle. Ça arrange tout le monde et je pense qu'il a raison. »

« Pardon ? »

C'était la première fois qu'Edward ouvrait la bouche depuis son arrivée et au vu de la réaction du blond, il aurait sûrement mieux fait de rester muré dans son silence. Harry, qui jusque-là avait tant bien que mal réussi à ignorer ce vampire qui l'énervait au plus haut point, sentit sa colère refaire surface à une vitesse folle lui tordant désagréablement le ventre.

« Ah oui, j'avais oublié de te dire Draco, ce … très cher Edward s'amuse à pénétrer les pensées des gens sans leur demander la permission ! »

Draco regarda Harry avec de grands yeux, avant de se tourner vers Edward. Il sentit le poids de sa baguette s'alourdir contre sa jambe et sa main le démangeait furieusement. Il était en colère, mais plus contre lui-même que contre le vampire. Draco avait été entraîné à l'occlumencie depuis ses onze ans et ce par le meilleur professeur qui soit, Severus. Il ne comprenait pas comment il avait pu passer à côté d'une intrusion de son esprit et encore moins comment il avait pu baisser ses défenses mentales à ce point. Il avait apparemment donné trop de confiance à ces vampires et le regrettait à cet instant. Ron, tout comme Jasper, sentit la situation déraper, autant du côté de Draco que de celui de Harry.

« Bon, allez, c'est pas un drame puis c'est pas le moment de se prendre la tête. Draco, replace simplement ton bouclier d'occlumencie, Edward ne contrôle pas sa télépathie. Et Harry, n'empire pas les choses tu veux ? Allez calme-toi chaton. »

« Ron a raison, je suis désolé Draco, je ne contrôle pas mais j'aurais sûrement dû te prévenir dès le début, en fait même vous prévenir tous. »

Draco hocha simplement la tête, ne voulant pas non plus trop montrer qu'il ne lui en voulait pas vraiment. Harry lui se calma un peu, autant par les paroles de Ron que par celles d'Edward qu'il savait lui être également destinées.

« Bon, maintenant que tout est réglé, je pense que nous sommes prêt à partir. Tous en voiture les enfants ! »

Tous quittèrent le salon, vraiment excités par la journée qui s'annonçait, certains même plus que d'autres. Ron attendit que la salle se vide un peu avant de retenir Jasper par le bras. Il se pencha afin de parler le plus doucement possible, bien que cela soit inutile pour les vampires.

« Vas-y doucement avec Draco, Jasper ! Il a gardé ses pensées derrière les barrières de son esprit pendant des années, c'était une question de survie pour lui. Il aurait dû sentir l'intrusion et surtout il n'aurait pas dû avoir assez confiance en vous pour abaisser ses barrières ainsi, sans offense. Ton influence est bonne, mais elle ne doit pas amoindrir ses capacités magiques, ça peut devenir dangereux pour lui. Et puis le but n'est pas de le changer, mais de l'aider à surmonter les épreuves. »

Ron partit ensuite sans attendre de réponse, laissant là un Jasper perturbé. Le vampire passa outre la sensation étrange comme un grand vide qu'il avait ressentie lorsque Ron lui avait enfin lâché le bras. Mais Jasper était bien trop surpris par les paroles du roux pour se préoccuper de cela. En effet, le vampire avait senti de la déception dans les reproches de Ron et cela le blessait plus qu'il ne l'avouerait jamais. Il n'avait pas pour habitude de décevoir qui que ce soit et encore moins recevoir des reproches sur son don et d'un autre empathe qui plus est. Il décida alors de tout faire pour récupérer l'estime de Ron, qu'il pensait à tort avoir perdu. Il ignorait la raison de cette envie de ne plus décevoir Ron ou plutôt refusait de la voir, s'obligeant à croire à un simple esprit éthique envers un autre collègue empathe.

Jasper fut le dernier à rejoindre les voitures, il s'installa sur le siège passager, au côté de Carlisle et les trois voitures démarrèrent en même temps , en route pour Olympia.