Titre : The Prey of Shadow
Auteur : Loline
Résumé En 2023 (2ème génération), Melinda est la proie d'une malédiction, effacée, elle vit dans l'ombre. Qui pourra la sauver ?
Disclamair : Copyright © Tous droits réservés à JK. Rowling sauf pour les personnages de Melinda et de ses amis… Et puis l'histoire aussi )
Blabla de l'auteur : Salut tout le monde ! Voici un nouveau chapitre pour la route ^^
Réponses aux reviews :
HarryPotter1221 : Ma première review ^_^ *So happy*
Merci pour le compliment sur l'imagination de l'histoire, je m'applique à vraiment mettre beaucoup de détail afin rendre l'histoire riche et plausible et ne pas juste mettre des dialogues car tout ce qu'il y a autour est tout aussi important pour moi, j'aime l'écrire, me relire plusieurs fois et tout et tout )
Je suis aussi contente que tu ais aimé le chapitre sur Artemis, car j'avais un peu peur que ça ne plaise pas, mais en même temps ça servira pour la suite )
Pour les personnages dont on ne sait pas encore grand choses, ça va se décanter dans 3 chapitres à peu près.
En parlant de suite, bonne lecture !
The Prey of Shadow
Chapitre 9 : Swan Manor
- Charles Le Roy ! Il n'a même pas prit la peine de signer « papa » ou même « ton père », non juste « Charles Le Roy », comme si je n'étais qu'une personne parmi tant d'autres, pas digne d'être sa fille et après il ose dire « Je suis si fier de Melinda ». Bien sûr, oui. Je suis sûre qu'il préférerait boire du bulbobulb plutôt que de le penser. Raaah ! Il est tellement hypocrite, ça me met hors de moi !
Melinda fulminait, depuis plus de deux heures elle tournait en rond dans le dortoir déversant sa colère à l'encontre de son père tandis que les filles l'écoutaient, attendant qu'elle se calme.
- Rentrer au manoir ! Et puis quoi encore ! Pour devoir supporter Darlene et faire croire que nous sommes la parfaite petite famille qu'il décrit. Je me moque de sa campagne, j'y suis totalement indifférente. Quel est le crétin de journaliste qui a parlé de moi, ce qui a poussé mon père à raconter de telles idioties, on se le demande ! Toujours à fourrer leurs nez infâmes dans les affaires des autres. Je déteste les journalistes ! assena-t-elle en s'écroulant sur le lit de Winny.
Aria lui lança un bonbon qu'elle croqua rageusement tout en observant le haut du lit à baldaquin.
- Chi tu n'veux pô retourner chez toâ à noël, n'y r'tourne pô, articula difficilement Aria, la bouche pleine de chocogrenouille.
- Ch'est pô auchi fachile que cha je penche, se moqua Ebony déclenchant l'hilarité générale.
- Ça n'est pas si bête, quand on y pense, intervint Melinda quand elles se furent un peu calmée
- Seulement quand on y pense très, très, très fort, ajouta Dory ce qui eut pour effet de les faire rire à nouveau. Melinda n'aborda plus le sujet, profitant juste de la joie communicative de ses camarades à propos de la sortie de l'après-midi qui avait été somme toute très agréable, lors des moments où elles avaient réussi à éviter les élèves de Poudlard.
Les filles s'échangèrent les dernières rumeurs du monde sorcier, par le biais des magazines qu'elles avaient achetés à Pré-au-Lard. Elles mangèrent les trois-quarts de la réserve de bonbons constituée à Honeydukes, Winny apprécia notamment les bonbons en forme de vif d'or qui flottait dans les airs – « C'est plus facile de les manger que de les attraper ! » déclara-t-elle en en attrapant un cinquième -. Elles firent se battre leurs polochons par des sortilèges, la bataille finale eu lieu entre Dory et Aria, le polochon de cette dernière fit éclater celui de la blonde grâce à un magnifique vol plané, ce qui libéra toutes les plumes contenu dans le polochon dans la chambre et enfin elles discutèrent tout le reste de la nuit jusqu'à ce qu'elles tombent de fatigue et décide de se coucher.
Le dimanche matin, les filles dormirent jusque tard dans la matinée. Le midi, Melinda s'isola à la bibliothèque pour travailler. Les filles la rejoignirent après le repas et lui apportèrent quelques vivres. Elles grignotèrent discrètement pour que Mme Pince ne les surprennent pas et avancèrent sur leur devoirs qu'elles avaient en quantité astronomique.
oOoOo
Les deux premières semaines de novembre passèrent en un éclair entre les différents cours et la montagne de devoirs que les professeurs ne cessaient de renouveler. Les septièmes années avaient la tête sous l'eau et certains craquaient déjà alors que les examens n'auraient lieu que sept mois plus tard. Melinda devait en plus éviter Derdre Ackerley qui tentait de la croiser dès qu'elle le pouvait, aux interclasses ou aux repas. Elle faisait régulièrement de grands signes à Melinda lors des repas ou lui amenait des livres pour ses cours comme pour prouver à Poudlard qu'elle connaissait la fille du potentiel futur ministre de la magie. Le comportement de la jeune fille faisait au moins rire les filles aussi sûrement que la mine dépité de Melinda qui essayait d'être la plus patiente possible envers comportement peu subtile de Derdre. La jeune femme pouvait au moins se réjouir du fait que le comportement de Derdre déplaisait à Blanc-bec, lequel passait son temps à éloigner la Serdaigle d'elle.
La jeune femme n'avait donc plus eu vraiment le temps de repenser à Artemis depuis octobre, Elle n'avait pas non plus revu la directrice depuis, sauf en cours où les deux femmes n'échangeaient aucun regard. Elle n'avait pas repris ses recherches concernant l'épisode du lac, savoir ce qu'Artemis était capable de faire avait clos le sujet, quelque chose de plus anormal que la magie que possède tout sorcier l'avait aidé à survivre, elle ne comprendrait jamais vraiment ce qu'elle était, ce qu'elle possédait en elle. Elle n'en n'aurait sûrement pas le temps non plus.
Elle n'avait pas non plus repensé à son père et sa fichue campagne. Certains élèves continuaient de la solliciter, mais ses amies faisait rempart et congédiaient les importuns. Le samedi matin du troisième week-end de novembre, allongée dans son lit, elle se rappela qu'elle devrait rentrer au manoir cinq semaines plus tard. Elle n'avait pas plus envie d'y retourner que deux semaines auparavant. Elle repensa alors à ce qu'avait suggéré Aria concernant le fait de ne pas retourner chez elle pour les vacances de noël, seulement il lui faudrait une raison que son père ne pourrait pas réfuter. Elle avait énormément de travail et cela pouvait lui servir d'excuse pour rester à Poudlard durant cette période. Cela ne froisserait pas l'image de son père si l'on apprenait qu'elle étudiait même à noël, conclu-t-elle en se levant de son lit pour attraper un morceau de parchemin dans son sac, ainsi qu'une plume.
« Père,
Je reste à Poudlard pour les vacances de noël pour me consacrer à mes ASPICs.
Melinda. »
Clair, simple, concis. Melinda roula le parchemin, s'habilla en vitesse et se rendit à la volière. L'air de cette fin d'automne était froid et un nuage de buée s'échappa de la bouche de la jeune femme tandis qu'elle marchait d'un pas résolu dans le parc du château.
Lorsque Blackstone s'envola, la missive accrochée à la patte droite, Melinda fut prise d'un doute concernant la réaction de son père.
Qu'il soit déçu une fois de plus ou de moins, cela ne changera plus rien maintenant, pensa-t-elle avant de retourner vers le château.
La réponse ne se fit pas attendre et quelques jours plus tard au petit déjeuner Blackstone atterri à côté du bol de Melinda. La jeune femme détacha la lettre de la patte du hibou et ce dernier reparti de son vol majestueux.
Melinda ne reconnut pas l'écriture fine et penchée recouvrant le parchemin, et pour cause, c'était sa belle-mère qui lui avait répondu, cette même belle-mère qui n'avait jamais pris la peine de lui écrire la moindre ligne en six années.
« Tu peux me remercier, car heureusement j'ai intercepté ton courrier avant mon mari. S'il avait lu ta réponse il serait entré dans une colère noire. Cette période de sa vie est très importante et critique pour son épanouissement personnel, social et politique, je pensais, à tort apparemment, que tu le soutiendrais.
Tu rentres à Noël, c'est un ordre. Charles organise une soirée le soir du réveillon du nouvel an, tu te dois d'être présente.
Cela fait plusieurs années que j'ai envie de détruire le petit bassin de pierre au fond du domaine car il jure avec le reste des jardins. Bien sûr je ne l'ai jamais fait car je sais que tu y tiens beaucoup. Sache que si tu ne viens pas, je n'aurais plus autant de scrupules.
Darlene. »
- La sale garce ! cracha la jeune femme lorsqu'elle eut fini de lire la lettre. Sa belle-mère avait trouvé son point faible. Le bassin de pierre avait été fait construire par sa mère, lui avait, il y avait longtemps, confié son père. Et cette manière de dire « mon mari » au lieu de « ton père » la mettait hors d'elle.
Les filles la regardèrent avec des yeux ronds, ne comprenant pas ce qui avait pu la mettre dans un tel état.
Melinda leur tendit la lettre qu'elles parcoururent rapidement. L'indignation dont elles firent preuve et le soin qu'elles prirent à dénigrer Darlene rendirent le sourire à la jeune femme.
oOoOo
La période qui séparait Melinda du début des vacances de noël passa trop rapidement au goût de la jeune femme et bien trop tôt elle se retrouva à traîner sa malle sur le quai de la gare de Pré-au-Lard.
Son seul réconfort, venait du fait que ses amies rentraient elles aussi chez elles pour les vacances et qu'elles avaient tout le voyage pour s'amuser. Ce matin-là, alors qu'elles avaient enfin trouvé un compartiment de libre et s'étaient installées, Ebony tendit à Melinda un petit carton d'invitation :
« Très chère miss Ebony Fudge,
Charles Le Roy et sa famille,
Ont le plaisir de vous inviter à fêter la soirée du réveillon du nouvel an
Le 31 décembre 2023 à 20h
Dans leur Demeure des Cygnes à Tintagel.
Au plaisir de vous accueillir,
Salutations Magiques,
Charles Le Roy,
Candidat au poste de Ministre de la Magie. »
- Mes parents ont reçu la même précisa Ebony en croisant le regard interrogatif de Melinda. Apparemment, tout le haut gratin de la société sorcière de Grande-Bretagne sera là.
- Tu n'es pourtant pas celle qui le fera élire, s'enquit Dory. Tu ne travailles pas au ministère, tu es encore élève à Poudlard.
- Oui, mais je suis majeure. Et comme tous les enfants majeurs de familles haut placées, telle les Potter ou les Weasley, l'année prochaine nous entrerons dans la vie active, nous sommes le futur du ministère et donc il faut acquérir notre soutient, car nous pouvons faire pencher la balance. Nous sommes assez âgés pour influencer nos parents.
- Et tu vas y aller ? Demanda Melinda.
- Bien sûr. Tu vas devoir me supporter toute la soirée, répondit avec un sourire la jolie métisse.
Le reste du voyage se passa sans encombre, entre rires et discussions. Au soir venu, lorsque le Poudlard Express arriva en gare de King's Cross, voie 9 ¾, les filles avaient revêtu des habits moldus et avait descendu leurs malles des filets où ils avaient passé tout le voyage.
Elles sortirent finalement du train, au milieu du brouhaha ambiant. Après s'être embrassées pour se dire au revoir, chacune tenta d'apercevoir sa famille. Winny couru jusqu'à un couple de sorciers souriant, son père était grand et blond et sa mère petite et rousse. Aria, elle, rejoignit une femme brune au même regard pétillant que sa fille, qui la serra fort dans ses bras sous le regard amusé d'Ebony que ses parents, un homme aux cheveux châtains clair et au yeux identiques à ceux de sa fille et une femme noire à la robe de sorcière aux couleurs chatoyantes qui ne faisait que rehausser sa beauté, attendaient près du mur, tout en discutant avec un autre couple de sorciers. Dory poussa son chariot du côté moldu de King's Cross où ses parents devait l'attendre. Melinda, enfin, ne chercha pas sa famille. Ils ne l'avaient pas accompagné pour la rentrée, alors venir la chercher pour les vacances de noël ! Elle traîna sa valise vers l'aire de transplanage du quai et lorsqu'elle fut en place, elle sortit sa baguette, se focalisa vers sa destination et transplana.
oOoOo
Dans un tourbillon, Melinda arriva devant les grilles du Manoir des Cygnes. Hautes de plusieurs mètres, en fer forgé, les grilles étaient impressionnantes. En leur centre était visible le blason du manoir, sculptés par les meilleurs artistes de l'époque, un cygne entouré d'ajonc, un petit buisson épineux aux fleurs jaunes, symbole de la famille Thorne et donc présent sur toutes leurs armoiries. Des années auparavant, on trouvait cet arbuste sur tout le domaine, mais Darlene avait dominé chaque parcelle des jardins et du parc du manoir si bien qu'il avait disparu au profit de fleurs plus majestueuses. Melinda avait cependant réussi à entretenir un ajonc près du bassin de pierre au fond du domaine à l'ouest du manoir.
De chaque côté des grilles, il y avait une colonne sur chacune desquelles se dressait fièrement un cygne aux ailes déployées. Un mur de pierre, partait des colonnes et faisait le tour du domaine, autant pour délimiter les terres du manoir que pour empêcher les moldus d'approcher grâce au traitement magique qu'avaient reçus les pierres du mur d'enceinte. Il était recouvert de végétation qui, en d'autres saisons, parait le mur de couleurs passant par toute la gamme des verts et toute la palette des couleurs d'automne, mais aujourd'hui le mur était juste couvert de glace. Derrière la grille, on pouvait apercevoir l'immense parc du manoir plongé dans le noir de la nuit et la longue allée partant de la grille pour rejoindre le perron du manoir. L'allée centrale était bordée de haut buisson taillé en spirale. Au-delà, le sol n'était plus qu'une pelouse moelleuse avec de nombreux parterres de fleurs colorés agencés de manière géométrique tels les grands jardins à la française, mais ce soir-là, cependant tout était recouvert de neige. Enfin derrière le parc se dressait fièrement le manoir lui-même, de la lumière s'échappant de quelques fenêtres.
Alors que Melinda reprenait ses esprits après son transplanage, elle fut frappée par un vent violent mélangé à de la neige fondue. Fort heureusement elle s'était bien couverte et son écharpe de Poufsouffle lui couvrait la moitié du visage. Rapidement, elle leva sa baguette magique qu'elle tenait toujours dans sa main et en quelques mouvements souples du poignet, l'énorme grille de l'entrée du domaine s'ouvrit.
Lorsqu'elle fut dans l'enceinte du domaine, le vent et la neige semblèrent se calmer, comme un microcosme à l'intérieur des murs et Melinda n'eut pas à lutter pour traverser le parc. Elle fit léviter sa malle devant elle tout en avançant le long de l'allée centrale, l'imposante stature du manoir grandissant au fur et à mesure qu'elle avançait. Malgré le fait qu'elle détestait cet endroit pour ce qu'il représentait, elle ne pouvait de s'empêcher d'admirer l'architecture de la demeure familiale à chaque fois qu'elle revenait. C'était un grand manoir du seizième siècle en forme de U, tout en pierre gris clair, provenant des carrières alentours et au toit en ardoise bleu foncé, qui en été, brillait sous les reflets du soleil. Sur la partie centrale, de grande fenêtre couvraient la façade sur deux niveaux et d'autres plus petites surmontées de frontons décorés étaient visibles sur le toit. Le tour des fenêtres de façade était gravé d'ajoncs et de cygnes, on retrouvait aussi l'oiseau inséré dans les vitraux de certaines fenêtres. C'était aussi sur cette partie centrale que se trouvait la porte principale du manoir. Taillées d'une seule pièce, dans un bois clair et à deux battants, elle était somptueusement gravée, elle aussi, aux armoiries du domaine. A l'intérieur on retrouvait au rez-de-chaussée les salles à manger et une bibliothèque, ainsi que de nombreuses chambres et leurs salles de bain privatives pour la famille et les invités à l'étage. C'était sous les toits que dormaient l'elfe de maison, Charles Le Roy lui avait fait aménager une chambre comprenant un lit, un endroit pour la toilette et un petit bureau.
L'aile ouest, où se trouvait la salle de réception, ne possédait, elle, qu'un seul niveau. De nombreuses bais vitrées courraient le long de la façade permettant aux invités de se rendre facilement dans les jardins lorsque le temps était clément. De l'autre côté, la salle de réception s'ouvrait sur une immense terrasse, entrée du parc à la française aux nombreuses fontaines.
L'aile est, était comme la partie centrale sur trois niveaux, avec les mêmes fenêtres, gravures et vitraux, bien qu'au rez-de-chaussée, les fenêtres soient plus petites et plus simples, car c'était là où se trouvaient les cuisines, la laverie et les anciennes écuries qui abritait dorénavant une voiture de collection, magiquement modifiée pour les incursions rares de la famille Le Roy dans le monde moldu, ainsi qu'une salle où était entreposé plusieurs balais de course. Une grande partie du premier étage avait été annexé et réaménagé par Darlene, qui ne travaillant pas en avait fait son salon privé. Sur le même étage se trouvait aussi le bureau du père de Melinda, quand il n'était pas au ministère, il était assis derrière son bureau. Sous les combles, où Darlene n'avait jamais mis un orteil, Melinda s'était installé un petit coin confortable où elle pouvait se réfugier l'hiver.
Oui, la jeune femme avait de nombreuses fois admiré ce bâtiment, mais pour la première fois, depuis qu'elle avait grandi ici, Melinda le regarda plus attentivement, au-delà de l'aspect général, elle scruta chaque pierre à la recherche d'une quelconque trace de rénovation.
Elle se tenait à quelques pas de la grande porte d'entrée, qui s'était ouverte lorsqu'elle s'était approchée. Une haute silhouette se dessina alors dans la lumière du hall d'entrée.
Charles Le Roy était un homme grand aux cheveux bruns et possédait encore une carrure athlétique à cinquante ans passé et malgré la naissance d'un embonpoint. Portant une chaude cape de sorcier, il rejoignit sa fille au dehors et se tint un moment à ses côtés, cherchant ce qui pouvait la captiver autant pour qu'elle reste ainsi stoïque dans le froid.
- Bonjour Melinda, dit-il enfin, regardant toujours le manoir devant lui.
Cette dernière ne répondit pas, passant au rayon laser chaque parcelle de la demeure.
- Tu ressembles de plus en plus à ta mère, tu sais. La même posture, la même silhouette, la même forme de visage, reprit-il au bout d'un moment de silence d'un ton triste tandis que ses épaules s'affaissaient doucement.
La jeune femme ne répondit pas, et quelques larmes se mêlèrent à l'eau de pluie présente sur son visage.
- Cela ne s'est pas passé ici, lâcha-t-il enfin.
Melinda arrêta sa contemplation du manoir et tourna la tête vers son père. Il semblait accablé, elle ne l'avait jamais vu ainsi et ne le reverrai sûrement plus comme cela. Au milieu de la cour, le vent mugissant autour d'eux, ils semblaient dans une bulle, comme si les événements et les années ne les avaient pas lentement mais irrémédiablement séparés.
- Nous habitions plus au sud sur la côte à l'époque. Ce manoir appartenait à Ethel, ta mère, elle l'avait reçu en cadeau de mariage d'un oncle, mais nous avions préféré vivre dans une moindre demeure que nous avions achetée ensemble. Lorsqu'elle nous a quitté, je n'ai plus supporté de vivre là-bas mais je ne voulais pas quitter l'Angleterre, alors je suis venu ici, lui confia-t-il pour la première fois.
Un silence s'installa entre le père et la fille, puis Charles Le Roy se redressa retrouvant sa rigidité habituelle, la bulle explosa.
- Rentres maintenant, avant d'attraper froid. Nous déjà avons dîné Darlene et moi, mais tu peux demander à Minsky de te préparer à manger.
Sur ce, il s'éloigna et entra dans le manoir.
Après quelques instants, Melinda entra à son tour dans le manoir. Le hall d'entrée était grand et haut de plafond, en face de la porte que venait de franchir la jeune femme se trouvait un grand escalier de pierre, de la même origine que celle dont on s'était servi pour bâtir le manoir, qui menait au premier étage. Le hall continuait vers la droite et la gauche en un couloir menant aux deux ailes. Melinda venait de déposer sa malle dans l'entrée quand l'elfe de maison apparu dans un claquement. Minsky était une petite elfe à la peau grise tirant sur le kaki, elle avait un petit nez en patate, de grands yeux verts et louchait quelque peu. Comme tous les elfes de maison, elle ne portait qu'un seul vêtement, un t-shirt blanc, que Charles Le Roy, son maître, lui avait demandé de nettoyer régulièrement ce que la petite elfe faisait avec le plus grand soin. Elle l'avait aussi noué à sa taille par une ceinture de ficelle.
- Bonjour Minsky.
- Bonjour maîtresse Melinda, répondit Minsky avec une petite révérence.
- Peux-tu monter ma malle dans ma chambre, ainsi que de quoi me nourrir, s'il te plaît, demanda Melinda en lui tendant sa cape d'école et son écharpe trempée par le voyage.
L'elfe disparue dans une courbette ainsi que la malle de la jeune femme qui lasse monta rapidement l'escalier de pierre grise et ouvrit la troisième porte sur la gauche et entra dans sa chambre.
C'était une pièce rectangulaire aux murs recouverts d'une tapisserie aux tons crème et lin. Sur la gauche se trouvait le lit de Melinda, il était grand à baldaquin, fait de bois clair scandinave, comme tous les meubles de la chambre, avec des voilages blancs et de chaque côté il y avait une table de nuit, toutes les deux surchargées des livres que la jeune femme lisait. Sa malle était déjà posée sur le bout de lit qui était capitonné de velours blanc. Face au lit se trouvait deux portes donnant sur la penderie de la jeune femme, et une autre permettant d'accéder à la salle de bain. Le mur en face de Melinda possédait une immense fenêtre, identique à toutes celles qui couvraient la façade du manoir, encadré de voiles et de lourds rideaux de velours blanc, ainsi qu'un petit canapé de couleur crème et une petite table basse. Enfin, sur le mur où se trouvait la porte donnant sur le couloir il y avait une grande coiffeuse, qui servait aussi de bureau à la jeune femme. La pièce était agréable, claire aux les couleurs étaient relaxante, contrairement au jaune et noir de Poufsouffle. S'il y avait bien une chose que Melinda pouvait accorder à Darlene c'était qu'elle avait bon goût. Sur un coup de tête sa belle-mère avait fait changer toute la décoration du manoir cinq années auparavant et Melinda avait hérité de cette chambre qu'elle avait finalement adoptée.
L'un des plus précieux objets que Melinda possédait était posé sur sa coiffeuse. C'était une des rares photos de sa mère, Ethel. Comme sa fille, elle possédait de long cheveux noir ondulés, des yeux noirs mais une douceur se dégageait de son visage. Sagement assise dans son cadre elle sourit quand sa fille entra.
La jeune femme se débarrassa de son uniforme, enfila un pyjama. Un plateau rempli de nourriture apparu sur la petite table basse et Melinda attrapa un petit pain fourré qu'avait préparé Minsky et s'écroula sur son lit. Sans s'en rendre compte elle sombra doucement dans les bras de Morphée.
Le lendemain un rayon de lumière blafard réveilla Melinda qui avait laissé les rideaux ouverts la veille au soir. Elle repoussa les couvertures dans lesquelles elle s'était emmitouflée pendant la nuit et se dirigea vers la salle de bain.
Après une rapide toilette et s'être habillée, la jeune femme descendit pour prendre son petit déjeuner. Dans le hall d'entrée régnait un capharnaüm assourdissant, de nombreux elfes de maisons, engagés afin d'aider Minsky pour les préparatifs du bal, courraient en tous sens suivant les ordres de Darlene qui debout au milieu du hall tenait un parchemin et une plume, cochant au fur et à mesure les tâches qui avaient été accomplies. Darlene était grande, fine, blonde et à quarante et un ans, elle en paraissait dix de moins. Sans même relever la tête de son parchemin Darlene apostropha Melinda :
- Demain tâche de te réveiller plus tôt, il est déjà onze heures. Il me semble que tu as des devoirs à faire.
Melinda ne prit même pas la peine de répondre à cet accueil peu chaleureux et continua son chemin.
- Au fait, ton père est là ce midi, nous attendons de toi que tu sois présente, repris sa belle-mère, levant enfin la tête pour regarder sa belle-fille. Mon dieu tu as une sale tête, la septième année ne réussit pas à tout le monde on dirait ! J'espère que tu sauras t'arranger pour le réveillon, enfin bon nous en reparlerons à midi, soupira-t-elle tout en choisissant d'un geste de la main plusieurs tissus que lui présentait un elfe.
La jeune femme leva les yeux au ciel, sa belle-mère ne changerait donc jamais ? Toujours à critiquer son allure physique, son maintien, ses manières. Melinda n'avait que faire de plaire aux sorciers de la haute société, elle voulait juste vivre assez longtemps pour découvrir l'âge où elle aurait à s'en soucier, rien de plus. Melinda se rendit aux cuisines où le bazar régnait autant que dans le hall, le nombre d'elfe que son père avait engagé était colossal et on était encore qu'à une semaine de la grande réception, de nombreux plats cuisaient sur les hauts fourneaux dégageant des odeurs délicieuses. A peine avait-elle franchit le seuil que Minsky, essoufflée, vint trouver la jeune femme.
- Ma jeune maîtresse désire-t-elle quelque chose, s'enquit-elle en faisant une petite courbette.
- Je venais juste chercher un peu de jus de citrouille et un bout de brioche, mais ne t'inquiète pas je vais me débrouiller.
- Non restez ici, vous ne pouvez pas entrer dans les cuisines, trop de désordre, ça oui, les elfes libres sont joyeux et désordonnées ! Ah les valeurs se perdent miss, mais bon tous les elfes ne sont pas aussi bien traités que Minsky, alors Minsky comprend.
- Et tu gère cela très bien, Minsky, je suis sûre que sous tes ordres tous ces elfes feront leur travail parfaitement.
- Merci de votre confiance ma jeune maîtresse. Tenez-voici un petit plateau pour votre petit déjeuner dit-elle enfin donnant à Melinda un énorme plateau débordant de pâtisseries françaises, croissants, pain aux raisins, petits pain au chocolat qu'elle avait fait apparaître qu'un claquement de doigts.
- Minsky, il n'y a que toi pour savoir ce qui me fait envie alors même que je ne le savais pas encore, sourit Melinda en prenant le plateau.
- Ma jeune maîtresse m'honore de sa confiance, comme toujours, vous êtes trop bonne, répondit l'elfe avant de refermer la porte les oreilles frétillantes.
Chargée de son plateau la jeune femme prit le chemin inverse et regagna sa chambre sans recroiser sa belle-mère qui avait dû se perdre aux confins du manoir pour quelques tâches superflues aux yeux de Melinda.
Elle attrapa sa baguette, ses cours et fit léviter son plateau jusqu'à l'escalier menant aux combles de l'aile est. Les combles avaient été aménagés par les prédécesseurs des Le Roy mais Darlene n'avait pas jugé nécessaire d'y installer quoi que soit. Melinda déboucha donc dans une pièce spacieuse, illuminé par des petites fenêtres à frontons, il y avait aussi une cheminée où ronronnait déjà un feu de bois que Minsky avait dû allumer lorsque la jeune femme était arrivée la veille. Elle y avait mis, lorsqu'elle avait douze ans, avec l'aide magique de Minsky quelques poufs d'un bleu délavés, une vieille table en bois de marronnier aux pieds sculptés, une chaise simple en bois clair sur laquelle était posé un coussin jaune poussin, ainsi qu'une petite bibliothèque et quelques vieux tableaux dont les personnages ronflaient encore. La jeune femme avait récupéré tout ce bric-à-brac lorsque Darlene avait refait entièrement la décoration du manoir.
Melinda posa ses cours et le plateau de pâtisseries sur la table et tout en grignotant elle commença à travailler.
Alors que cela faisait plus d'une heure que les tableaux s'étaient éveillés et été partis faire un tour dans quelques autres toiles, Minsky apparu dans la pièce dans un petit claquement.
- Jeune maîtresse, votre père et votre belle-mère vont passer à table, ils m'ont demandé de venir vous chercher.
Melinda qui rédigeait un devoir d'histoire de la magie sur la géopolitique sorcière du XXème siècle, reposa sa plume et descendit à la salle à manger tandis que la petite elfe de maison retournait aux cuisines dans un nouveau claquement.
- Bien, Minsky a réussi à te trouver. Que faisais-tu ? demanda son père alors qu'elle se mettait à table où il était installé avec Darlene.
- J'étudiais père, je rédige un parchemin sur la géopolitique du monde sorcier au XXème siècle et ses conséquences sur notre monde d'aujourd'hui, répondit Melinda
- Un sujet bien vaste et fort intéressant je dois dire. Quand j'étais à l'école nous nous arrêtions à la fin du XIXème siècle avec le génocide des géants. Ça ne me rajeunit pas tout ça.
- Voyons, tu n'es pas si vieux mon chéri, susurra Darlene alors que l'entrée venait d'apparaître devant eux, laissant le silence s'installer.
Il venait de finir l'entrée quand Charles reprit la parole :
- Edward Bings m'a prévenu ce matin des nouveaux sondages, je suis toujours en tête pour l'instant, annonça-t-il fièrement.
- Qui pourrait en douter Charles, tu es fait pour ce poste. Ce n'est pas cet arrogant et conservateur Bletchley qui va obtenir des voix. De plus Harry Potter a confirmé sa venue au bal du réveillon, nous ne pouvions rêver mieux comme soutient.
Melinda arrêta de suivre la conversation, la politique ne l'intéressait guère et elle en avait déjà suffisamment étudié dans la matinée. Son esprit vagabonda et elle se demanda si Blackstone était arrivé et s'il avait une lettre de Dinna avec lui. Le lendemain ce serait noël, la jeune moldue devait-être elle aussi retournée dans sa famille, comment vivait-elle ce retour ? Aussi bien ou mieux qu'elle-même ?
- Melinda tu nous écoutes quand on te parle ta mère et moi ? La jeune femme se retint de lever les yeux au ciel, son père avait cette mauvaise habitude d'appeler Darlene « sa mère » ce qui la mettait hors d'elle.
- Oui, je vous écoute père, répondit-elle laconiquement, posant sa fourchette.
- Bien. Pour dimanche soir prochain, je te préviens maintenant, j'attends de toi une conduite exemplaire. Il y aura de nombreux sorciers de renoms ainsi que leurs enfants qui sont majeurs.
- Le contraire eut été étonnant, père. Je suis déjà au courant pour les invités.
- Comment cela, je ne te l'ai jamais dit, s'étonna-t-il.
- Une de mes amies est invité, répondit-elle.
- Tu as des amies ? Qui est-ce ? s'enquit Darlene un brin moqueuse.
- Bien sûr, Darlene, j'ai des amis, mais tu ne t'intéresses pas assez à moi pour t'en soucier, répondit Melinda cynique.
- Assez Melinda ! intervint son père d'un ton ferme. Qui est-ce donc ? reprit-il du même ton.
- Ebony Fudge, lâcha Melinda.
- Ebony Fudge est à Poufsouffle ? pouffa Darlene, son orgueil de Serpentard reprenant le dessus.
- Oui et alors ? Ma mère aussi y était, répondit simplement Melinda sur le ton poli de la conversation. Il n'y avait pas besoin qu'elle s'énerve comme quelques instants plus tôt, ce petit rappel avait pour don de faire taire sa belle-mère pour quelques heures. Un silence s'abattu sur la salle à manger.
- C'est bien Melinda, je vois que tu commences à te créer un réseau de connaissance. Les Fudge sont une très bonne famille, reprit son père, brisant le silence. Pour en revenir au sujet de cette conversation, je compte sur toi pour être souriante et agréable avec ces jeunes sorciers qui sont pour la plupart avec toi à l'école, tu dois sûrement les avoir déjà croisé et avec l'article paru dans le journal ils savent qui tu es - Malheureusement, pensa la jeune femme - Ils doivent repartir avec un très bon souvenir de cette soirée, est-ce bien clair ?
- Oui, père, c'est clair comme une potion d'Amortentia. Si vous voulez bien m'excuser je vais retourner étudier.
Son père accéda à sa requête et elle sorti de la salle à manger. Ce repas avait été extrêmement long et elle n'avait qu'une hâte, se pelotonner dans une couverture près du feu, dans sa pièce de l'aile est.
Voili voilou !
Il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre mais j'avais envie de décrire le manoir comme il est dans ma tête et aussi les relations entre Melinda et sa famille. Dans le prochain chapitre on verra aussi cette relation.
De plus, j'ai mis l'intrigue en place pour le bal (oui bon d'accord je me suis arrangée pour qu'il y en ai un XD mais il n'est pas à Poudlard, je suis pardonnée ?)
Pour l'expression "C'est clair comme une potion d'Amortentia" je fais référence à "C'est clair comme de l'eau de roche", je pense vous aviez compris hihi!
Bises,
LoL!ne
