Coucou !
Enfin finit la correction des autres chap...Et mon amie m'a fait remarquer que dès que je parlais de Mû, je mettais tout au féminin...Coïncidence ? Je ne pense pas ! (Aie ! Mû arrêtes ! Stop je retire ce que j'ai dit ! Mais me frappe paaaas !)
Bref, sinon j'ai coupé le chap en deux...De base il était en quatre parties...Mais quand à la douzième page je me suis rendu compte que je n'étais qu'à la moitié de la deuxième partie je me suis arrêtée...Je pense avoir fait le bon choix X)
Bonne lecture o/
Les Enfers ?
L'ancien Bélier se ratatina sur lui même quand la lourde porte s'ouvrit et qu'il vit passer une ombre féminine.
Il tenta de se cacher derrière son linceul, de s'intégrer au mur...Il était capable de tout pour ne pas se laisser approcher par cette femme ou par quiconque...En vain. Il le savait, ça ne servait à rien de faire ça...Il l'avait capturé et séquestré dans ce lieu qui lui servirait probablement de tombeau...Il en avait le pressentiment.
Des bruits métalliques retentirent, l'acoustique de la pièce augmentait cette impression de puissance dont disposait l'individu s'approchant de Shion.
Il avait peur.
Shion était terrorisé...Il ne comprenait rien...Il ne savait qu'une seule chose : un ancien dieu veut anéantir corps et âmes les chevaliers d'Ors.
Il prit une grande inspiration, qui malgré lui fut saccadée...Il avait prît sa décision...Quitte à en mourir...À bafouer son honneur...À devoir trahir sa promesse faite à l'être aimé...Il sauverait les enfants qu'il avait vu grandir. Il détruira cet enfoiré qui jadis, fut un dieu !
L'ancien Bélier se redresse...Non...Shion de Jamir, maître de Mû, celui que les Ors considèrent comme un père allait se battre ! Il n'était plus le Bélier d'or. Il n'était plus le grand Pope. Il n'était plus un serviteur d'Athéna...Il était lui-même ! Et c'était bien mieux ainsi ! Il utilisera jusqu'à son dernier souffle de vie pour ce qui comptait le plus pour lui !
Ses quelques pensées soufflèrent des ondes de courage à l'Atlante...Et il en avait bien besoin !
Même s'il restait assit en tailleur, il se redressa. Ses yeux se firent percent, ses cheveux l'encadraient de part et d'autre de son visage pour finir leur course sur son dos et le sol. Le tout entouré de son linceul...Il avait l'air divin. Il imposait une autorité et une assurance sans failles.
L'homme qui s'approchait de lui aurait presque pu être intimidé...Presque.
Il sourit...Cette assurance qui enveloppait Shion, cet air incroyablement divin allait bien vite disparaître….
S'approchant de lui, le serviteur d'Hadès s'arrêta à quelques pas du réparateur d'armure. Malgré l'obscurité tout juste éparpillée par l'ouverture de la porte, l'ancien vétéran vit le rictus sadique de la personne se tenant face à lui...Il se retient de déglutir...Il allait devoir être fort et faire preuve d'un immense sang froid.. Mais il fut tout de même rassuré de voir un homme et non une femme...Il n'avait nulle envie de tomber sur Pandore...
Sans aucune délicatesse, le serviteur d'Hadès saisit la bras de Shion et tenta de le tirer afin de le mettre sur pied et de l'amener jusqu'à la sortie de cette pièce. Sauf que l'ancien bélier en question refusa catégoriquement cela ! Il donna des pieds et des mains, le frappant de toute la force dont il disposait actuellement. Il poussa un sifflement de rage : le surplis de cet individu le recouvrait en entier. Il se débâti encore un peu dans l'espoir de trouver une solution...Qu'il trouva ! D'un coup, il bondi sur ses pieds et sauta au cou de son agresseur, de sa main libre il lui agrippa sa nuque recouverte du surplis lui permettant ainsi d'avoir une prise. Il se doutait qu'un simple coup de poing ou coup de boule ne serviraient à rien...Alors autant se servir d'autre chose et d'être sur de le blesser...Il l'attaqua donc au visage avec ce qu'il lui restait de libre : Sa bouche.
Il le mordit de toutes ses forces au visage. Serrant de toutes ses forces une joue tendre. Il mordu de plus en plus fort et essaya d'arracher la chair tel un loup qui déchiquette un bout de viande sur un mouton. Ainsi il fit couler le sang le long du menton du spectre pour venir tacher le surplis. Le serviteur d'Hadès hurla de douleur et de rage. Il se débarrassa de l'ancien Pope d'un violent coup de poing. Ce dernier fut projeté contre l'un des murs. En tombant il se recroquevilla sur lui même tentant de retrouver son souffle qui fut coupé sous le choc.
Touchant sa joue meurtrie l'agresseur se retourna avec haine vers le Bélier...Qui n'était plus là où il avait chuté.
Il hurla de rage et couru vers la sortie. Il avait compris, Shion voulait l'enfermer à sa place !
Le maître de Mû s'élança de toutes ses forces vers la sortie. Il devait faire vite ! Son plan était simple : Enfermer l'énergumène qu'il avait mordu et fuir ! Il trébucha plusieurs fois, mais se rapprochait de la sortie ! Il y était presque ! Plus il s'approchait, plus les pas se rapprochaient de lui...Il réunit ses forces et couru à s'en briser les jambes...Enfin la sortie était là !
Il l'a franchi, se retourna vivement faisant voler ses cheveux autour de lui et poussa la très lourde porte. Il allait réussir !
Enfin...C'était sans compté la main qui s'était posée sur son avant bras gauche le stoppant net dans son action.
Il pâlit d'un n'avait pas songé un instant que d'autres personnes l'attendaient HORS de la pièce...Il se tourna lentement vers le propriétaire de cette main...De longs cheveux blancs comme des os...Un surplis recouvrant tout son corps...Et ce sourire d'une cruauté sans pareille...Aucun doutes…Minos.
Au moment où Shion le réalisa, Minos serra encore plus son étreinte sur l'avant bras de l'ancien Pope...Shion hurla. Le griffon venait de le lui briser avec un plaisir non dissimulé.
Le Bélier tomba à terre, tenant son avant bras de son bras valide. Minos lui, se tourna vers la porte menant à la pièce et passa une main dans ses très longs cheveux, un geste remplit de méprit.
«-Ah, mon pauvre frère ! Te faire distancer par un vieil homme blessé et sans armure...(il secoua sa tête de droite à gauche tout en fermant les yeux) serais-tu tombé si bas ?
Shion releva les yeux vers le frère de Minos...Et vit Eaque, bouillant de rage, la joue gauche en sang. Il était donc en compagnie de deux juges des Enfers, eux-même accompagnés de leur troupe.
Le Garuda furieux, donna plusieurs coups de pied sur le corps meurtri de Shion...C'en fut trop pour lui...La fatigue, la peur et la douleur eurent raison de lui et il tomba dans les pommes, tout devint blanc autour de lui...Seul le visage souriant de l'être tant aimé apparut parmi toute cette clarté…
….
«-Humpft…»
Shion immergeait lentement...Son corps était terriblement douloureux...Son avant bras le brûlait...Sa tête dolente se redressa doucement. Il voulu retirer une mèche de cheveux lui barrant le visage...Mais ne réussit pas à bouger ses mains...Il ré-essaya et se rendu compte que quelque chose lui entravait les poignets...Il ouvra les yeux sur la scène qui se présentait face à lui. Il était assis sur une chaise en bois tachée de sang. Il ne pu dire s'il s'agissait du sien. Ses mains étaient menottées sur les accoudoirs. Il tenta de se défaire de ses chaînes et laissa vite abandonné, résigné. Il n'y arriverait pas.
Des bruits de talons métalliques retentirent dans la salle où il se trouvait. Il regarda rapidement autour de lui, cherchant un quelconque échappatoire. Se fut totalement inutile. Aucune fenêtre. Aucun trou. Pour seule issue une porte qui venait d'être verrouillée au vu du bruit d'une clé qui tournait dans une serrure.
Les bruits de talon se rapprochèrent encore et encore…Le bas d'une très longue robe noire apparue dans son champ de vision...En même temps que la personne vêtue de ce tissu.
Ce qu'il craignait tant était devant lui...La personne qu'il avait cru voir toute à l'heure...Cette femme tant détestée...Pandore.
La femme s'arrêta face à lui. Se tenant droite, elle imposait respect et crainte...Tous sauf ce que Shion avait besoin de ressentir à son égard !
Elle tapa le sol de son arme. Le bruit se reproduit, montant de plus en plus haut vers le plafond.
La sœur du seigneur des Enfers pointa son arme vers l'Atlante. Son visage se fit encore plus grave. Sa voix résonna dans toute la pièce renforçant encore l'impression d'humilité qu'elle dégageait.
«-Shion du Bélier ! Vous êtes ici pour recevoir votre jugement ! Les crimes que vous avez commis durant votre existence ne sont que trop nombreux et importants pour être arbitrés par les trois juges. C'est donc moi, Pandore, qui vais me charger de votre cas. (un sourire mauvais se dessina sur son visage). Et donc moi, qui vais choisir la sanction qui vous convient le mieux…»
Shion tenta d'avoir l'air le plus impassible possible, et chercha le meilleur moyen d'agir…
Refuser se traitement ? Non. Elle ne sera que plus cruelle, Pandore n'aime pas être contredite. Accepter ? Son manque de combativité ne lui vaudra que le mépris de la part de celle qui devra la juger...Et il sait que Pandore est tout sauf tendre avec ceux qu'elle méprise…
Rester impassible ? Cela l'agacerait...Mais c'était la solution la moins risquée pour le réparateur d'armure.
Il fit donc cela. Il resta stoïque, silencieux, la fixant juste avec insistance.
Pandore sourit...Et laissa un rire léger franchir ses lèvres pincées.
«-Oh, je vois...Alors comme ça vous restez de marbre, préférant attendre mon jugement ? Très bien. Le procès peut débuter...»
Une brume de cendre envahie la pièce. Elle monta doucement le long de Shion, qui se débattait pour fuir cette...Chose qui l'englobait. Mais très vite elle atteignit son visage et rentra dans sa bouche, déversant un goût de cendre dans sa cavité buccale. Il s'étouffa, tentant de recracher ces cendres au goût si répugnant…
La brume redescendit petit à petit...laissant place à une aura rougeoyante. Ses yeux le brûlait...Des cendres étaient logées dedans mais il ne pouvait les déloger. Pandore se tenait toujours fièrement face à lui, toujours en position dominante.
«-Bien ! Nous pouvons commencer !
Le silence s'installa. Pandore se mit à léviter , la brume entourait la robe de la femme. Sa voix devenait de plus en plus imposante. Elle dessina un grand arc de cercle de son arme, faisant apparaître un épais ouvrage, vieillit par les années.
-Shion du Bélier, ce livre classe tout vos péchés par ordre chronologique...Réalisez-vous l'ampleur de vos mauvaises actions ?
L'Atlante ne pouvait croire Pandore...Comment avait-il pu commettre autant de péchés ?
- Je ne perdrais pas mon temps à tout énumérer...Je n'ai pas que ça à faire ! Je ne vais citer que vos pires actions...Tout d'abord, refus d'accéder au statut de spectre...Faute IMPARDONNABLE ! Offense et combat volontaire face à notre grand seigneur Hadès, Kairos un ancien dieu du temps, petit frère de chronos, donc vous vous en êtes pris à la famille du Dieu des Dieux, vous l'avez défié ! Si ce n'était que ça...Vous vous êtes entiché d'amour pour une abomination ! Qui a lui même défié bien des dieux, Hadès, Arès, Kairos...Vous ne l'avez pas empêché d'agir...Vous avez donc consenti à tout ça !
À l'évocation de son ancien amour, le cœur de Shion se serra...C'était une faiblesse, il devait tout faire pour que Pandore ne s'en rende pas compte !
- Si seulement ce n'était que ça...Mais non, vous Shion, êtes un véritable monstre...En plus d'avoir voulut nuire aux êtres Divins, vous vous en êtes pris aux mortels ! »
À ces mots, la salle fut plongée dans l'obscurité. Shion perdu connaissance quelques secondes. Pour se réveiller dans une partie des Enfers, toujours accroché à sa chaise.
Il regarda le paysage s'offrant devant lui...Une immense marre de sang jonchée de cadavres...C'en était écœurant, il en eu un haut le cœur.
Sans la voir, il entendit la voix de Pandore, son jugement allait prendre une tournure des plus dramatique…
«- Ceci est l'une des prisons des Enfers. Celle de la violence.
Des bulles se concentrèrent à un point précis du lac, et des centaines de corps en sortirent.
-Regarde bien Shion ! Ce sont les personnes à qui tu a arraché le bonheur, des personnes qui ne demandaient qu'à vivre paisiblement...VOUS les avez forcé à devenir chevalier d'Athéna ! VOUS les avez forcé à subir une vie chargée de violence, de peur et de désespoir. VOUS les avez forcé à commettre des crimes impardonnables...Et c'est à cause de VOUS qu'ils sont ici ! Ils auraient pu rejoindre l'Élysée ! Mais vous vous êtes pris pour dieu...Vous les avez condamné à une vie infernale et à subir les tortures des Enfers...Vous me répugnez…Vous êtes un monstre...»
Shion avait pâli, pendant toute ces années, il s'était reproché ce genre de choses...Voir les âmes des personnes qu'il avait accompagné dans la vie en les élevant et dans la mort en les envoyant dans des missions qui leur seraient fatales...Le détruit de l'intérieur…
Il ne voulait pas...Il ne voulait plus voir ces personnes qui de leur vivant l'avait admiré et obéi, souffrir ainsi pour l'éternité...C'était trop douloureux...Il refusait.
Pandore avait au moins raison sur un point : Il était un monstre. Il ne pouvait plus se voir autrement...''Le divin Shion'' qu'on l'appelait...Maintenant ça le dégouttait. Il se dégouttait.
Il regarda encore les âmes torturées de chevaliers d'Athéna qu'il avait connu...Il reconnu amis, serviteurs, vieillards, jeunes hommes...Et enfants...Toutes ces personnes au cœur noble ne mérite pas ça...Il aimerait tellement pouvoir absorber toute leur douleur, les remplacer dans ce lac rouge. Mais il ne devait pas...Il ne pouvait pas. Il devait au moins sauver les chevaliers d'or du XXe.
L'obscurité l'engloutit, il changea encore de lieu…
Il fît toutes les prisons ainsi. Voyant les visages torturés des personnes qu'il connu étant grand Pope. Voyant dans quel misère ils vivaient depuis tant d'années, voir siècles pour certains…
C'était une véritable torture. Il devait rester impassible devant ces visons, il ne pouvait hurler, ne pouvait supplier à Pandore d'arrêter ce délire, de stopper le malheur des personnes ayant voulu servir Athéna...Cela n'aurait fait qu'augmenter le plaisir de la sœur d'Hadès.
Elle prenait le temps de redire chaque prénom des personnes mortes durant son règne… De redire comment ils étaient morts, comment ils auraient pu vivre s'il ne les avaient pas fait chevaliers ou même apprentis. Et c'était long. Très long. Il y avait un trop grand nombre de morts…Le pauvre Shion hurlait intérieurement...Retenant ses sanglots, gardant son mépris envers lui-même, enfouit au fond de son cœur.
Mais sa torture ne faisait que débuter…
La jeune femme lui montra tous les civils morts par sa faute…Elle lui montra leurs morts et leurs devenirs ici-bas.
Les villageois massacrés.
Les personnes sacrifiées.
Les innocents qui étaient au mauvais endroit au mauvais moment.
Les missions de sauvetage ayant échouées.
Les Atlantes morts, ayant versé trop de sang pour réparer des armures dont il n'avait pas eu le temps de s'occuper.
Les otages.
Les personnes mortes de maladies qu'il n'avait pu sauver.
Toutes les personnes ayant croisé sa route et qui ont péris par sa faute.
Le cœur du pauvre Shion ne peut supporter tout cela...Il se raccrochait avec désespoir à son besoin de sauver les Ors...De sauver son très cher Mû...Au moins Mû...Il devait l'aider. Ce si gentil garçon, devenu le gardien du premier temple par sa faute...Vivant une vie sans bonheur par sa faute. Décédé par sa faute…Encore en danger même mort par sa faute.
Pandore sourit...Elle allait briser Shion...L'anéantir...Elle savait que quand il aurait vu tout ce qu'elle avait à lui montrer, il ne serait plus que l'ombre de lui même… Même si pour arriver à ses fins, elle devait mentir sur le devenir de certains de ses petits protégés...Son sourire s'agrandit. L'excentrique lui avait assuré que l'Atlante ne connaissait pas l'existence des Sanctuaires Élysée...Et elle comptait bien profiter de son ignorance…
Elle s'approcha du pauvre Shion, même s'il restait droit et fier, elle voyait bien que ce n'était qu'une façade...Elle l'avait affaibli mentalement, son regard devenu terne le lui prouvait.
Maintenant, la partie finale du dire des péchés de l'ancien Bélier.
«-Ô pauvre de vous...En plus d'avoir détruit la vie de trop nombreux innocents, vous n'avez point sauvé celles de vos frères d'armes...»
Shion avala avec difficulté sa salive...Non il n'avait quand même pas...?
Il n'eut même pas le temps de réfléchir qu'il se trouva face au Cocytus.
Ses frères d'armes...Ses pairs...Ses amis...Face à lui, leur souffrance était telle qu'il ne parvenait pas à hurler leurs douleurs...Les larmes de Shion ne purent rester dans ses yeux. Manigoldo, Dohko et Kardia...Eux qui étaient si plein de vie, si souriant...Étaient là, le visage adoptant une expression de souffrance, de malheur…
«-...Froid...J'ai tellement...froid »
Shion tourna la tête face à cette voix si familière...Dégel...Même le maître des Glaces ne supportait pas ce froid dévastateur...Le maître de Mû n'osa imaginer la douleur des autres…
Il croisa le regard de l'être tant aimé...Ce dernier le regarda avec mépris, détourna le regard : il avait honte de Shion.
Tous ses anciens compagnons le fixaient avec douleur et haine et d'une seule et même voix hurlèrent de rage et de douleur :
«- Nous te méprisons Shion ! TU n'es pas l'un des notre ! Vas-t'en ! Pars ! Tu ne mérite même pas qu'on te regarde...Tu nous dégoûte...Tu pouvais nous sauver, retarder notre torture...Mais tu n'as rien fais ! Tu as préféré rester en vie, nous sacrifiant...Tu es si égoïste...»
Le Bélier n'arrivait pas à croire que ses anciens compagnons lui disent ça...Il ne voulait pas y croire...À moins qu'ils le haïssent vraiment ? Il ne savait pas...Il n'arrivait plus à penser…Le regard de celui qu'il aimait tant l'avait brisé...
Pandore s'approcha du vieil homme, posa sa main sur son épaule.
«- Je me doute que cela doit être dur à entendre...Mais ce n'est que la stricte vérité ! Les Enfers dévoilent la vraie nature des sentiments ! J'aimerais te laisser dès maintenant seul avec tes pensées...Mais d'autres personnes veulent te voir...»
La jeune femme se détourna de lui, laissant face à lui la seule raison de sa résistance, son seul pilier qui soutenait son moral brisé...Les Ors du XXe.
Ils pleuraient...Rien de plus.
C'était encore pire.
Ils le regardaient avec incompréhension, le regard seulement allumé par la peur, la tristesse et par la rage...Ces sentiments lui étaient destinés. Ils ne comprenaient pas pourquoi le Pope qu'ils considéraient comme un père les avaient abandonné...Ils avaient peur...Peur de ce lieu, peur d'avoir fait confiance en ce faux père, peur d'accorder de nouveau leur confiance. Ils éprouvaient une rage sans fin envers Shion, cet être qui les avaient exploité et abandonné.
«-...Maî…Maître...Maître Shion…»
Shion se mit à trembler...''Tout mais pas Mû...Tout mais pas Mû...Je vous en supplie tout mais pas mon petit Mû !'' se mit à penser Shion. Il ne le supporterait pas…
Il se retourna avec une extrême lenteur, ses yeux s'agrandirent sous le choque.
Son précieux Mû, était là, face à lui. Ses si beaux cheveux jadis étaient devenus ternes, emmêlés. Sa peau si douce et sans imperfection était écorchée , recouverte de sang et de boursouflures. Son visage si paisible...Était doté d'une expression de douleur et de peur. Des torrents de larmes dévalaient ses joues devenues creuses. Ses bras croisés dissimulaient son torse amaigrit , avec ses jambes arquées, cela lui donnait une impression de faiblesse…
Il tendit une main vers son maître. Cette main était dans un état pitoyable. Entièrement en sang, il n'avait plus d'ongles, certains de ses doigts pendaient mollement.
«-...Maître...J'ai mal...Si mal...»
Shion ne parvenu plus à conserver son désespoir. Il ne pouvait supporter cette vision de son fils de cœur. Il se débattu de toutes ses forces, il voulait sortir Mû de ce cauchemar.
«- Pourquoi maître ? Pourquoi dois-je souffrir ? Je me suis comporté exactement comme vous me l'aviez dit...Alors pourquoi suis-je sanctionné ? »
Le pauvre Shion continua à se débattre, ses larmes dévalaient de plus en plus ses joues.
Une longue robe noir remplit son champ de vision.
«-Pauvre Mû...Si seulement il ne vous avez pas obéi...Il ne serait pas ici...»
Même Pandore tourna le dos à Shion. Personne ne voulait plus le voir en face.
La brume entoura de nouveau Shion, elle le tirait loin de Mû, loin du Cocytus.
Mû ouvrit grand les yeux, tomba à terre et hurla :
«- Maître ! Je vous en supplie Maître ! Ne m'abandonnez pas ! Maîtreeeeeeee !
Shion se débâti et réussi à libérer un de ses bras, il le tendit avec désespoir vers Mû.
- Non ! Mû ! Mon petit Mû ! Je vous en supplie...Sortez le de cet Enfers ! Mûûûûûûûûûû ! »
Shion hurlait le prénom de son ancien disciple, se débattait, s'écorchait les poignets à force de se débattre. Mais rien à faire. Il s'éloignait de Mû inexorablement, laissant ainsi seul son disciple.
Il fut vite de retour dans la pièce où il se trouvait au début avec Pandore.
Il était avachi sur sa chaise, sanglotant doucement.
Plus personne ne lui parla.
Eaque rentra dans la pièce, le détacha de la chaise. Le pauvre Shion glissa sur le sol. Eaque le tira par les cheveux jusqu'à sa cellule, le balança dedans. Et ne ferma même pas la porte à clé. Le vieux Bélier était entièrement brisé. Il ne se battait plus, il ne luttera plus. Il était mort de l'intérieur.
Le pauvre Shion se recroquevilla sur lui même et arrêta de pleurer...De penser...De vouloir vivre. La dernière chose qu'il vit fut le visage de l'être tant aimé et qui le regardait avec haine.
Les Enfers, aux abords de l'Achéron.
«- Naaaaan, j'vous boude ! »
Bien loin des problèmes de Shion, les Ors rencontraient de nouveaux soucis et ils s'appelaient Milo et Kardia .
Dégel soupira et baissa les yeux. Camus l'ignora et bouda...Ça allait faire plus de deux heures que les scorpions faisaient la tête…
«- Milo...Écoute, nous sommes vraiment désolés et…
- Vous aviez pas le droit ! C'était à nous ! Y a que Kardiou qui est gentil avec moi ! Même Mû il est méchant !
Le p'tit scorpion (surnom donné par Kardia) avait hurlé ces mots...Deux heures qu'il s'indignait et qu'il hurlait…Kardia lui était carrément parti en leur faisant un doigt d'honneur (merci Milo pour lui avoir apprit ça!)
Mû lui leva les yeux au ciel...Il n'avait pas été si terrible que ça avec les scorpions...Enfin, de son point de vue.
Deux heures plus tôt.
Après avoir quitté l'Achéron, les Ors durent se remettre immédiatement en route. Et pour cause, ils sentaient que beaucoup de spectres s'approchaient. Et ils n'étaient clairement pas en état de combattre.
Sans se poser trop de questions, ils suivirent la longue trace de sang qui devait les mener jusqu'au presque noyé.
Camus fut vite mit au courant de la situation et cette fois comprit ce qu'il se passait. Il avait du mal à l'accepter...Mais il admettait que tout était réel et qu'il avait intérêt à se bouger s'il désirait quitter les Enfers.
Ce qu'il ne comprenait pas en revanche, c'était le comportement de Milo...Le scorpion l'évitait comme la peste, et refusait tout contact visuel...Dès que le Verseau s'approchait de lui, il courrait vers Kardia ou encore pire : il l'ignorait en lui passant devant sans le moindre regard ! Il voulait jouer à ce jeu ? Très bien. Lui aussi allait jouer à ça !
En plus, il avait fait la rencontre de Dégel, une personne des plus agréables et qui plus est cultivé ! Pourquoi vouloir à tout prix l'amitié d'une personne impulsive, sadique , possessive, au sens de l'humour douteux, plus que pervers !...Mais aussi terriblement gentille, attentionnée, avec qui l'on ne s'ennuie jamais, diablement mignon avec ses boucles qui remonte sur son visage et lui donne cet air si angélique et son...NON ! Il ne devait pas penser comme ça ! Il venait de vivre un traumatisme, et Monsieur Milo ne pense qu'à lui ! Il l'ignore, renie leur amitié ! Bah voilà ! On peut rajouter égocentrique sur la liste des défauts.
C'est donc avec un Camus de mauvaise humeur et indécis que les Ors continuaient leur route à la recherche d'Aspros.
Bien vite ils furent confrontés à un léger problème gros comme Westminster...Le tribunal silencieux.
Après avoir expliqué à Kardia que non, on ne pouvait pas escalader le tribunal silencieux, ils tentèrent de trouver une solution...Solution que Milo trouva bien vite. Il adopta la technique du ''Je fonce dans le tas, je réfléchis après''. Il couru à toute vitesse, défonça la porte, et s'arrêta devant l'entrée du tribunal.
«- Tremblez pauvre mortel ! Votre vie va passer à trépas ! Moi Mi…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Camus lui mit un coup de point dans le ventre et le tira en arrière, Mû et Dégel fermèrent les portes rapidement.
- Mais ça va pas !? T'as pourri mon entrée ! Et tu m'as pété le bide !
Tous sauf, Kardia, soupirèrent. Camus qui se pinçait le nez, tenta de lui faire rentrer dans le crâne un peu de jugeote.
- Milo...Dans tout les cas ton entrée était ratée...De un : ce ne sont pas des mortels, de deux :...Quand vas-tu enfin réfléchir !? explosa le Verseau en temps normal si calme, sauf que là, la situation n'était pas normale, et le rationnel Camus était épuisé, et de tout sauf de bonne humeur. Vas-y ! Dis ton prénom, présente toi ! Dis leur bien que nous sommes là ! Pourquoi ne pas lancer des feux d'artifices pour leur signaler en beauté notre présence !?
Dégel posa sa main du l'épaule de Camus, hurler ne leurs serviraient à rien.
Énervé, Camus jeta un regard noir à son aîné, et partit en arrière. Dégel soupira...Il comprenait l'énervement de son successeur...Mais, au possible, il aimerait que ça ne lui tombe pas dessus !
Milo lui siffla de colère...Colère qu'il avait envers lui-même de ne pas avoir réfléchi, et envers Camus qui l'exaspérait...Il lui en voulait...Les moindres faits et gestes du Verseau l'énervaient...Mais le moindre regard qu'il lui était adressé, la moindre parole, la moindre attention l'attendrissait...Il ferma les yeux un instant...Il allait devoir avoir une longue discussion avec son ami…Discussion qu'il ne voulait pas avoir...
Non loin d'eux, Mû perdait patience...Pendant que ces Messieurs prenait tout leur temps, Aspros était peut-être en train d'agoniser dans un coin ! Il entendit un léger éclat de voix à sa gauche : Kanon et Dégel en train de se prendre la tête pour des broutilles. Kardia, lui, était très occupé à se moquer de Milo. Camus lui, s'était carrément isolé ! Personne ne s'occupait de trouver un moyen de franchir ce tribunal ! D'ailleurs personne ne cherchait vraiment à sauver Aspros.
Alors arriva ce qui devait arriver : Mû explosa.
«- TAISEZ-VOUS !
Tous se turent et se tournèrent, choqués vers le petit Bélier. Milo tenta de calmer son frère d'arme :
-Enfin Mû que t'arri…
-La ferme Milo !
Le coupa l'Atlante. Milo obéi, et préféra regarder ses pied…Penaud...
Mû jugea du regard ses compagnons, quand il estima avoir enfin l'attention de ses frères d'armes il prît la parole.
«- Bien ! Alors maintenant écoutez-moi bien, je ne me répéterais pas ! Vous allez cesser sur le champs vos enfantillages, plus de disputes, plus de chouinages (il fixa Kardia), plus de gamineries ! Vous allez sauver Aspros (voyant Kardia ouvrir la bouche pour protester, il éleva la voix et le foudroya du regard), Le premier qui me dit qu'il n'en a pas l'envie...Je l'expédie pour un aller simple pour l'Achéron à coups de pieds ! Donc maintenant, tout le monde se tait et on agît ! Camus, Dégel vous allez ouvrir les portes à mon signal et allez partir vers le côté gauche, vous élimineraient toutes les personnes présentes sur votre route. Kanon et moi nous nous occuperont du côté droit. Milo, Kardia, le centre. Et on se retrouve dehors. Des questions ?
-…
- Bien ! Alors allons-y ! »
Et il ne se fit pas répéter ! Même Kardia s'était tut. Seul Kanon avait l'air amusé de l'intervention du Bélier. Mû soupira...Il sentait qu'il allait amèrement le regretter...
Et l'opération ''on rentre on défonce tout le monde'' débuta.
Les Verseaux furent rapidement rentrés dans l'antre silencieuse, vite suivis par les deux autres groupes. Ils se mirent à courir.
Sur le qui-vive, Camus observait les alentours avec méfiance...Il était dans l'obscurité, seule l'allée centrale du tribunal baignait dans la lumière et il n'aimait pas être dans la partie sombre du tribunal...Déjà car cela limitait leurs visions et ensuite...Cela lui rappelait trop la nuit d'horreur qu'il avait passée au sanctuaire Élysée...Il secoua la tête. Se concentrer ! Il devait se concentrer ! Mais c'était dur...Trop dur...C'était une sorte de combat contre lui-même. Une part de lui hurlait de quitter l'étendue noire, et une autre qu'il était un chevalier d'Athéna et qu'il n'avait pas peur du noir ! Pathétique songea-t-il. Lui, un chevalier d'Athéna, qui plus est LE Chevalier des Glaces, celui qui ne se laisse pas influencer par ses sentiments, ses émotions, ses peurs...Était terrorisé quand il se retrouvait dans un lieu à peine sombre ! Car oui, Il était terrorisé. Il avait l'impression qu'à tout moment son délire allait recommencer. Qu'il allait se sentir mourir encore et encore...Qu'il allait voir Milo mourir...Il se donna une gifle mentale. Il devait arrêter de réfléchir, et maintenant ! Il ne pu s'empêcher de sourire...Milo aurait été content de l'entendre penser ça...Lui qui n'arrêtait pas de lui reprocher de trop penser...
«- Mais c'est quoi c'bordel ! »
Camus sursauta tellement il était plongé dans ses pensées et se tourna vers la personne qui avait hurlé.
Et c'était Kardia, qui était au milieu du tribunal, arrêté et qui semblait chercher quelque chose...Voir quelqu'un...Camus blêmit..Si ça se trouve, il est arrivé quelque chose à Milo ! Logique, sinon que chercherait Kardia !?
Camus commença à faire tourner dans sa tête tous les scénarios possibles de ce qui aurait pu arriver à Milo...Il..Il aurait pu tomber ! Oui c'est ça ! Il a trébuché, Kardia ne l'aurait pas vu et aurait continué son chemin tout seul ! Et connaissant Milo il a dû se perdre (se perdre oui, en ligne droite) ! Un rien le distrait, un insecte passe devant lui et pouf ! Plus de Milo ! Il est partit lui courir après ! Ou encore, il...
«- 'Tain Kardia ! Qu'est-ce que tu fous ! On doit être discrets et rapides là!
Tout de suite, les angoisses de Camus disparurent. C'était la voix de Milo. Le jeune scorpion s'approchait de Kardia tout en pestant. Camus passa sa main sur son visage...Il soupira, ce comportement ridicule ne lui ressemblait pas...Comportement qui n'échappa point au regard de Dégel...Ce dernier d'ailleurs, hésita entre être désespéré ou énervé...Désespéré car Milo était aussi discret que Kardia et énervé car ces deux abrutis de scorpions s'arrêtaient tranquillement pour gueuler en plein milieu du tribunal !
-Pas besoin d'être discret (Kardia prît une grande inspiration) Y A PERSONNE ! Nan mais sérieux quoi ! Y a pas un rat ! (il ouvrit grand les yeux et lâcha un cri)...Mais alors ça veux dire...Je verrais pas mes p'tits spectres ?
Il s'était retourné vers Dégel, qui au vue de la situation avait compris l'inutilité de rester dans l'ombre, Camus l'avait tout naturellement suivit. Mû et Kanon rejoignirent aussi les deux scorpions qui étaient non loin de l'arrêt cardiaque. Dégel avait amorcé cette action pas pour rejoindre un Kardia qui lui lance un regard larmoyant, il avait fait ça pour Camus...Il ne le connaissait peu, mais il l'appréciait...Il avait remarqué le léger effrois dans les yeux du jeune Verseau au moment de pénétrer dans le côté gauche du tribunal qui était plongé dans l'obscurité. Il fit vite le rapprochement avec l'arrivée...Chaotique ? De Camus. Kardia qui par le passé était aussi resté une nuit dehors, a longtemps eut une sorte de peur quand il était plongé dans le noir (chose qui bien sûr, n'admit jamais). Alors voilà, Dégel voulait aider à sortir Camus de ses peurs. Le Verseau quitta vite ses pensées, car Kardia réclama la totalité des capacités intellectuelles de son frère d'armes.
-Dégeeeeeeel ! Sont où mes spectres ?
Kardia lui dit ça avec un sourire remplit d'espoir...Il a foi en son ami ! Il sais tout ! Il va pouvoir l'aider c'est une certitude !
Dégel soupira...Il était censé le savoir comment ? Heureusement pour lui, Mû répondit au tac au tac.
-Clairement pas ici...
Grosse erreur.
-QUOI !
Mû réalisa son erreur trop tard...Désormais Kardia allait être tout sauf gérable...Et vous ne voulez pas savoir comment était un Kardia énervé, pris d'envie de meurtre ET hors de contrôle.
-Euu...Eh bien ce fut une partie de notre...eu...Épopée ? Qui se déroula sans morts, sans combats, sans encombres...Et eu...Oh la sortie !
Sortie, qui bien sûr n'était pas visible car ils étaient trop loin mais ce fut la seule raison que trouva Mû pour partir en courant...
-Reviens là toi ! »
Kardia avait l'impression d'avoir été abusé, arnaqué...Après tout c'est Mû qui tient absolument à retrouver cette Enfoiré d'Aspros ! Lui, il veux juste tabasser deux, trois personnes dans le plus grand des calmes, et au possible rentrer aussi...C'est qu'il commençait à avoir faim lui...Faudrait demander à Dégel quand ils vont manger d'ailleurs ! Enfin après, car, là il y a un agneau qui doit finir en méchoui !
Il fut vite suivit des autres qui espéraient que Mû savait courir loin et vite...
Maintenant.
Ils étaient sortis du tribunal, et heureusement Mû avait réussi à se cacher...Ce qui avait bien sûr encore plus énervé Kardia. Mais Mû ne sera pas la seule raison de l'énervement des scorpions...
Car pendant que le mangeur de pomme cherchait le disciple de Shion, Camus repéra un groupe de spectre...
Alors que Dégel s'apprêtait à aller chercher Kardia, Camus l'avait stoppé.
«-Dis Dégel...
L'appelé se retourna, légèrement surprit. Et attendit la suite.
-Ces spectres...On pourrait pas les garder pour nous ? »
Dégel allait lui dire que c'était une très mauvaise idée et qu'il le savait parfaitement. Mais il se ravisa quand il croisa le regard de son successeur. Un regard ardent. Son regard brûlait d'envie de se battre.
Sur le coup Dégel ne comprit pas pourquoi...Mais vite l'explication lui sauta aux yeux : Camus était froissé dans son honneur. Il ne devait tout simplement pas accepter la faiblesse dont il avait fait part dernièrement.
Ses yeux...Beaucoup de détermination se reflétait dedans...Camus brillait d'une envie de se prouver à lui-même qu'il n'était pas faible. Chose qui n'était assurément pas le cas du point de vue de Dégel.
Alors il accepta. D'un simple hochement de tête, il condamna les spectres à périr de leurs mains. Car oui. Dégel allait lui aussi se battre. Il n'avait rien à prouver contrairement à Camus. Il voulait juste se battre aux côtés de Camus. Il voulait juste entamer une danse mortuaire avec lui. Et c'est ce qu'ils firent.
Ils dansèrent.
Ils rependirent le sang en de gracieux flots autour d'eux. Mais le liquide carmin ne les touchaient pas : il ondoyait autour d'eux. Ils accompagnaient leurs mouvements, les frôlaient, ils suivaient le rythme de cette douce danse macabre.
Nuls cris ne sortaient. Les spectres étaient éliminés proprement et d'une manière artistique. Les Verseaux ne tuaient pas vraiment...Ils créaient une œuvre d'art...Il ne donnaient pas la mort, ils offraient la vie à un art éphémère.
Les corps s'effondraient. Les surplis se brisaient. Et les Verseaux dansaient.
Camus entamait une valse avec ses ennemis. Il leur faisait tourner la tête, il les hypnotisaient...Suivant un rythme rapide et répétitif...Un, deux , trois. Un spectre tombe raide mort à terre...Un, deux, trois...Un autre le rejoignit...Et ainsi de suite...Jusqu'à ce que mort s'en suive pour chacun de ses spectateurs.
Dégel lui entamait un ballet des plus aériens. Il ne restait presque pas au sol, tout son corps effectuait des figures parfaites...Ses spectateurs avaient envie de rester l'éternité dans les airs rien que pour admirer ce spectacle...Mais Dégel était bien cruel...Il les tuaient avant même d'entamer le grand final. Il leur lançaient un goût de cendre dans la bouche. Les tuant rapidement, les laissant là, il les abandonnaient dans la mort avec seulement l'amère déception de n'avoir pu voir cet homme leur offrir le plus grand spectacle qu'il soit possible de donner.
Ils terminèrent en même temps. Dégel se posa avec volupté aux côtés de son compagnon de scène et ils observèrent leur spectateurs...Certains souriaient. D'autres affichaient un rictus de peur...Chacun d'entre eux avaient interprété leur œuvre à sa manière.
Belle mort ? A vous d'en juger. Pour les Verseaux c'est une mort des plus honorable pour des spectres.
Ils jetèrent un dernier regard à leur œuvre et firent demi-tour, sans même se consulter, sans même se regarder...Ils étaient parfaitement synchronisés.
Mais leur danse n'attira pas que des serviteurs d'Hadès...
Kanon avait tout vu. Et il était bouche-bée...Le mouvement de leurs corps...Les trajectoires de leurs cheveux..Le tout agrémenté du flot de sang, rendait ce spectacle...Il ne trouvait pas de mot pour le définir...
Malheureusement pour les Verseaux, l'observation du dragon des mers attira un scorpion énervé...
Kardia cherchait Mû, et voir Kanon fixé quelque chose avec autant d'assistance...Était tout sauf normal. Il avait compris. Peu de choses attirait l'attention du cadet. Peut-être avait il vu Mû ? Et qu'il trouvait ça drôle d'observer le petit mouton...Il s'élança vers le dragon et ne fut pas ravit du spectacle qui s'offrit devant ses yeux...Il en lâcha même un hurlement de colère. Dégel frissonna..Il en avait oublié Kardia ! Il se tourna vivement vers lui, et s'attendait à se faire injurier, hurler dessus...Mais clairement, il ne pensait pas que le scorpion le regarderait avec mépris pour finalement lui tourner le dos pour partir. Et c'était tout sauf normal vu le caractère impulsif de Kardia
«-Kar...Kardia ! Attends ! C'est pas ce...»
Il n'eut pas le temps de vraiment finir...On ne lui coupa pas la parole. Non, le scorpion continuait de marcher tout en lui adressant un magnifique doigt d'honneur que le Verseau ne comprit pas...Mais avec les explications de Kanon, il comprit bien vite...Et ça ne lui plu pas...Et ce n'était pas normal...
Alors voilà pourquoi les scorpions boudaient. Et c'est Mû qui prenait tout...C'était (d'après eux) sa faute. C'était lui qui avait insisté pour qu'ils sauvent Aspros. C'était lui qui avait promis aux scorpions des spectres (même si c'était Dégel qui avait mis cette idée dans la tête de Kardia, mais bien sûr on n'en tient pas compte !) . C'était lui qui s'était énervé contre tout le monde. C'était lui qui les avaient fait rentrer dans le tribunal. Donc de fil en aiguille c'était en partie sa faute si les Verseaux n'avaient pas laissé les spectres aux deux gardiens du huitième temple...
Il soupira...La suite allait être compliquée...
correction : FireSn0w (merci beaucoup pour ton aide ! J'espère qu'un jour je m'améliorerai assez pour ne plus avoir besoin d'aide...)
Finit pour aujourd'hui !
Snif Aspros n'est pas apparu...(Miss Silver K me frappe pas ! Déjà que tu râlais car on le voyait pas beaucoup dans le chap d'avant...Mais t'inquiète choupinou (oui choupinou parfaitement ! La virilité et la crédibilité sont présentes !) revient bientôt ! Et puis il a pas le choix c'est moi qui décide ! XP )
Au Plaisir !
