Cooper
Toute sa vie il l'avait passée à travailler. Chaque jour avait été une descente infernale dans les mines, à voir ses parents, sa famille puis ses amis succomber les uns après les autres emportés par la maladie des poumons, les éboulements, les explosions.
Encore quelques heures, quelques jours, quelques mois et il finirait par mourir lui aussi. Ses poumons étaient déjà encrassés, sa toux était déjà maculée de sang.
On ne soignait pas les esclaves. On les remplaçait, ça coûtait moins cher.
Il sortait de la mine pour la soupe du soir quand le chaos s'était produit. Il eut mal, son visage brûlait, il voyait les silhouettes de ses camarades tomber les unes après les autres. Ses oreilles étaient bouchées mais il savait que tout autour de lui n'était que hurlements.
Quand il ouvrit à nouveau les yeux on le transportait dans une tente blanche et agitée, autour de lui les médecins passaient d'un homme à un autre, leurs vêtements tâchés de sang.
Une femme était assise à califourchon sur lui, compressant sa poitrine avec ses petites mains. Ses longs cheveux roux tombaient de son chignon.
- Vous restez avec moi ! Lui ordonna t-elle.
Sa civière improvisée fut posée sur table de fortune constituée de caisses en bois.
- Votre groupe sanguin ? Interrogea la jeune femme en soulevant ses mains pour examiner sa plaie béante.
Il n'en avait aucune idée. Les esclaves ne subissaient pas ce genre de tests.
- Penguin ?
- Cinq minutes !
- Law ?
- J'arrive !
Compressant toujours sa plaie la jeune femme se retira de lui alors que d'autres blessés arrivaient en masse sous la tente.
- Les tissus sont déchirés, je vais retailler sa peau pour faire une cicatrice nette mais avant je vais devoir suturer l'aorte, expliqua l'homme aux yeux métalliques.
- Je... Je vais chercher Penguin.
- Non. Tiens moi les clamps en place.
- Mes mains tremblent.
- Hibari ! Cet homme à besoin de toi. Respires.
- On ne l'anesthésie pas ?
- Il ne sent rien, assura le médecin.
Non il ne sentait rien, pas même quand son aorte avait claquée et que la femme avait perdu son calme.
- Fous le camps ! Avait hurlé Law.
Paniquée elle avait retiré ses gants et était allé hors de la tente. Cooper avait fermé les yeux. Quand il s'était réveillé son médecin vérifiait sa perfusion. Hibari était revenue, la tête basse.
- Désolée capitaine.
- Tu n'as pas le droit de craquer pendant une opération.
Il se passa de longues minutes avant que la jeune femme ne change le linge humide qu'il avait sur le visage, le médecin examina ses plaies.
- C'est soignable ? Murmura Cooper.
- Ça laissera des marques, lui répondit Law.
- Je n'ai pas de quoi payer.
Près de lui des hommes avaient éclatés de rire. C'est alors qu'il vit les sacs remplis de bijoux, de billets et de pièces d'or. Des pirates. Des pirates venaient de leur sauver la vie à lui et tous ses camarades.
Kaïla s'était occupé de lui pendant une semaine, vérifiant la cicatrisation de ses plaies, observant les cicatrices post-opératoires de son visage. C'était gênant de voir cette si belle jeune femme prendre soin de lui comme si il était important, lui qui n'était qu'un esclave.
- On à besoin de bras en plus dans l'équipage, annonça Bepo la veille du départ.
Il n'avait pas fallu beaucoup de temps à Cooper pour réfléchir à la proposition des pirates. Si il restait sur son île il était sûr de redevenir un esclave, de retourner dans la mine.
Il était monté à bord du navire jaune, persuadé que celui qui renverserait ce gouvernement corrompu portait le nom de Trafalgar Law.
Il n'avait pas eu tord.
