Coucou mes petits loups. Me revoilà ! Toujours en retard pour pas changer. Je crois que je vais postuler pour travailler à la SNCF. Allez, je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que ce chapitre vous plaira tout autant que les précédents malgré son côté un peu plus sombre...
Merci milles fois à toutes les personnes qui ont mis cette histoire en favorites ou qui ont commencé à la suivre. Merci à tous ceux qui ont laissés des reviews et merci à vous petit fantômes grâce à qui j'ai passé la barre des 22000 vues (Trop bieeeen) !
J'aime écrire cette histoire et la motivation de le faire vient principalement de vous. Je vous aime plus que tout.
Xoxo, Lu.
Reviews anonymes :
Rcschloe : Hey ! Je suis vraiment contente que le précédent chapitre t'ai plu. Avec la difficulté qu'il m'a causé... Je pousserais encore un peu plus loin la fragilité de Lexa pour montrer que sa façade dur n'est vraiment que ça, une façade, et qu'elle a quand même un passé militaire donc ça risque d'être un peu dur pour elle dans les prochains chapitres. J'espère que ça t'ira. Je fais de mon mieux pour les publications mais c'est toujours très dur de se dépêcher ! J'espère que tu aimeras ce chapitre. A bientôt, Xo, Lu.
Manon33 : Heyyy you ! Je pense que c'est ta première review aha, et ça me fait vraiment plaisir de savoir que tu la suis depuis le début et que tu l'adores toujours autant. Et encore plus que tu ais pris le temps d'écrire une review pour faire savoir ta présence ! Clarke et Lexa ne sont pas prête de s'avouer qu'elles s'aiment encore (Désolé je suis un peu sadique sur les bords ...) mais ne t'inquiète pas les moments mignons et les rapprochements vont se faire de plus en plus présents au fur et à mesure des chapitres. Merci encore d'avoir laissé une si gentille review et à bientôt ! Xo, Lu.
Shane : Merci beaucoup ! J'espère que cette suite te plaira.
Caro : Hey ! Clarke jalouse et vraiment très nulle pour la cacher on peut se l'avouer, aha. Lexa ne va pas arrêter de s'en servir contre elle compte là dessus ! Pauvre Jasper j'ai tout un groupe qui veut le noyer. Il s'en ai prit plein la figure niveau insultes ! En tout cas le but était bien de vous fruster avec le baiser donc c'est réussit ! Je suis contente que le cauchemar t'es autant touché. Il a effectivement un effet qui va rapprocher Lexa et Clarke mais... tu vas voir dans ce chapitre que cette partie sombre de la vie de Lexa n'a pas que des effets bénéfiques... Merci pour ta review et à bientôt. Xo, Lu.
Blake30 : Coucou toi ! Lorsque je ne voyais pas ta review arriver je me suis inquiétée... (Et je ne pouvais pas poster le prochain chapitre aha) donc heureuse de te retrouver. Tu as été hospitalisée ?! J'espère que tu vas bien ? En tout cas je te souhaite une bonne récupération. Moi, je suis toujours heureuse de recevoir tes reviews mais c'est vrai que les pavés en débuts de chapitres qui me prennent une heure doivent en énerver quelques uns ! Tu vas devoir te créer un compte on dirait.
Oww merci mais c'est vraiment trop gentil ! Il faut pas me dire ce genre de chose, je suis une madeleine et je pleure pour rien alors je te dis pas ma tête devant ta review. L'esprit dortoir est ce que je préfère dans les fictions (toujours ça en commun aha). Sincèrement, je crois qu'il n'y a pas une fiction que j'ai écrite où mes personnages ne sont pas en groupe en mode dortoir. Merci à toi de me dire ça. Je crois te l'avoir déjà dit, mais mon but premier est de réussir à transmettre des émotions et à transporter les gens par mes écrits. Alors, si j'ai réussis c'est parfait. Merci. Je t'avoue que la conversation Lincoln-Octavia-Raven sur la relation de Clarke et Finn était également moi m'éclairer moi ! Je n'ai toujours aucune idée de comment peut être leur relation pour que Finn puisse les croire en couple, sans qu'il le soit, et que Clarke puisse flirter avec Lexa... C'est très compliqué comme relation ! Je suis contente que Clarke t'ai plu dans le précédent chapitre. J'aime qu'elle ne soit pas parfaite. Elle voudrait pardonner Lexa. Et à la fois elle l'éloigne et fais des crises de jalousie... J'essaie de la faire ressembler le plus possible à une personne normale. Le prochain sera plus centré sur Lexa et son passé et j'espère pouvoir te montrer une nouvelle facette de cette jeune femme !
Lexa en a bavé dans le précédent chapitre, et va en baver encore plus dans le prochain alors accroche toi. Le cauchemar était totalement imprévu qui plus est ! En principe, la fin devait être sur Clarke et un coup de soleil, mais ma playlist a fait tourner une chanson poignante et ça m'a inspiré pour le cauchemar. Ça me fait vraiment plaisir que cette partie t'ai plu. J'aime écrire sur les cauchemars bizarrement... Il y en aura encore une énorme partie dans ce chapitre alors j'espère que ça te plaira et te paraitra tout aussi réel. Ma correctrice m'a énormément ici pour que ça colle avec la réalité. Le reportage ne sera donc pas pour tout de suite comme dans ces chapitres Lexa est en état de stress post traumatique, elle ne pourra décemment pas se voir à la guerre. Je déplace donc cette idée vers la fin ! AHA surprise ! Non, en vrai c'était juste un flash back mais je ne le mettrais peut être pas... Je ne sais pas en fait. Même le reportage risque d'être compliqué et je ne sais plus si je vais l'intégrer à cause de Lexa. On verra bien ! Peut-être que ce sera que sur Lincoln pour changer un peu. Je n'en ai sincèrement aucune idée.
Tu as tout à fait compris là où je voulais en venir avec Lexa et Clarke. Elles se rapprochent chacune à leurs façons, à leurs vitesses... Et à la fois elles en apprennent un peu plus sur la vie de l'autre lors de ces dernières années. Clarke savait que Lexa était allé en guerre mais je crois que c'est à ce moment où elle se rend compte que ce n'était pas un simple job. Lexa a laissé des parties d'elle là-bas et ça la pousse à revoir son jugement qui était très sévère auparavant. Clarke vient de passer un tournant et à partir de là, c'est elle qui fera plus de pas vers Lexa pour la récupérer.
C'est bon. Je pleure, encore. Si tu savais à quel point c'est magique de se faire dire qu'on a du talent pour la chose qu'on aime faire plus que tout au monde... Je n'ai pas les mots mais merci. Merci, tu es trop gentille.
Mon récit n'est encore qu'à la phase de brouillon. Je le supprime régulièrement et je le recommence parce que je n'ai pas encore le fil directeur, ou ça ne me plait pas... C'est de la science-fiction alors j'ai tout un carnet concernant les recherches de ce roman et c'est très difficile de s'y retrouver ! Pour l'instant je n'ai que deux chapitres mais dès qu'il aura bien avancer je le posterais peut-être sur wattpad. L'éditer serait un rêve... Ça concernera une jeune femme avec des dons particuliers, des expériences, la guerre et un triangle amoureux avec deux femmes et un homme mais pour une fois ce sera pas les deux femmes qui tournent autour du mec... enfin, ce genre de chose.
J'espère que tes soins se passent bien et on se dit à bientôt. Xo, Lu.
Merci à Clara (ma correctrice VIP extra chat Ninja que j'adore) d'avoir prit le temps de corriger ce chapitre et de m'avoir donné de précieux conseils pour l'écrire.
Chapitre X
Samedi 11 juillet
Trois jours.
Trois jours étaient passés, emmenant avec eux les nuits et cauchemars d'une Lexa plus fatiguée que jamais.
Trois jours que la brunette se réveillait en hurlant, le corps tremblant et l'esprit embrumé par des images du passé.
Des images qu'elle faisait tout son possible pour repousser… pour oublier. Mais la vérité était que plus elle voulait oublier, et plus elle y pensait. Et plus elle y pensait, et plus ses nuits étaient agitées.
C'était la raison qui lui était venue lorsqu'elle s'était demandée pourquoi. Pourquoi ils revenaient maintenant alors que ses nuits avaient été d'un calme olympien calme pendant plus d'un mois.
La deuxième raison, et la plus probable, était que pendant ce dernier mois, son esprit avait été trop occupée à penser à d'autres choses. A Clarke, principalement, mais aussi à Aden, et à ses jeunes dont il fallait s'occuper. Et maintenant que tout se faisait toujours plus calme et reposant, les images qu'elles pensaient avoir oubliées revenaient la hanter.
Il ne lui avait fallu qu'une seconde.
Elle n'y avait repensé qu'une seconde.
Une seconde et les cauchemars étaient revenus.
Elle ne savait pas pourquoi ils étaient plus forts ces derniers temps, plus intenses, plus vrais, plus effrayants, … plus réels.
C'était ça, le pire. La réalité.
Peut-être s'était-elle cachée derrière des faux semblants trop longtemps. Elle avait fait semblant d'aller bien au début. Elle savait très bien faire semblant. Elle était douée pour ça. Très douée même. Et puis ses mensonges étaient devenus la seule barrière derrière laquelle elle pouvait se cacher, jusqu'à se persuader elle-même qu'ils étaient vrais.
C'était un moyen comme un autre de survivre. De ne pas couler.
C'était son moyen.
Et son moyen avait pris l'eau à la seconde où le soleil de sa vie était réapparu. Elle avait ce pouvoir sur elle. Plus que n'importe qui, elle pouvait lire en elle. Elle réussissait toujours à lui faire montrer ce qu'elle voulait cacher au monde. Même inconsciemment.
Les cauchemars étaient aussi sûrement en partie là parce qu'elle ne pouvait les lui cacher.
Et pourtant, elle le voulait plus que tout au monde.
Ne pas lui en parler.
Ne pas qu'elle sache.
Ne pas lui montrer à quel point elle était brisée de l'intérieur.
Amusant quand on y pense. C'était bien la seule chose qu'elle n'ait pu lui cacher lorsque ses cauchemars la réveillaient toutes les nuits. Quand c'était elle qui se charger de la consoler sans même savoir. Quand c'était la seule qui pouvait la ramener à la réalité alors que les ténèbres l'appelaient.
Elle était toujours là.
Toutes les nuits.
Tous les soirs.
Sans jamais se plaindre.
Sans jamais poser de questions.
Elle n'avait même pas demandé à changer de chambre. Lexa le lui avait pourtant proposé au bout de son deuxième cauchemar. Elle avait compris qu'ils ne cesseraient plus avant un certain temps. C'était sans compter sur la ténacité de Clarke qui, sans rien dire, s'était recouché en la tenant fermement dans ses bras.
Elle n'avait pas menti. Elle ne partait pas, jamais.
Pas pour l'instant…
− Lexa et Clarke dorment encore ? demanda Monty alors qu'il finissait de mettre la table sur la terrasse extérieure.
− Oui je pense, je n'ai entendu aucun bruit en passant devant leur porte, répondit Octavia en prenant sa place.
Personne ne prit la peine de rajouter quoique ce soit et ils n'allaient pas râler parce que certains d'entre eux louper le déjeuner. Ils avaient tous remarqués les cernes noirs qui avaient commencés à se creuser sous les yeux de leurs amies depuis quelques jours.
Elles partaient se coucher très tard et ne se réveillaient que plus tard encore.
Ainsi, depuis trois jours maintenant et quatre avec celui-ci, il manquait deux personnes à table.
− Ça n'a pas l'air de ressembler à Lexa de se lever si tard, nota Murphy, qui pourtant ne connaissait pas plus que ça la jeune femme. Depuis qu'on est arrivés, elle s'est toujours levée avec l'aube pour aller courir.
− Tu crois qu'elles ont passé le cap et qu'elles passent leurs nuits à s'envoyer en l'air ? rit Jasper.
− Non, claqua Lincoln coupant ainsi au passage les quelques rires qui avaient commencé à fuser.
− Et comment tu le sais toi ? demanda Murphy. Tu as bien vu comme elles sont proches.
− Croyez-moi, vous l'auriez entendue si c'était arrivé. Clarke a une puissance vocale peu commune, dit Raven en essayant de détendre l'ambiance et en s'asseyant à table, amenant avec elle un énorme plat de frites.
Octavia pouffa à se souvenir.
− Qu'est ce qui te fait rire toi ? taquina Bellamy en piquant déjà les frites dans le plat.
− Je me remémorais à quel point il nous était impossible de dormir quand Lexa et Clarke ont commençait à s'envoyer en l'air.
− On avait déjà notre appartement pourtant.
− Pourquoi est-ce que tu crois que Raven venait y passer toutes ses nuits ?
− Ah oui… J'oubliais presque qu'on avait un parasite, railla-t-il. Heureusement elle est plus là !
− Eh ! s'offusqua Raven en se préparant à exploser sa bouteille de ketchup sur Bellamy.
− On ne joue pas avec ça, intervint Wells en reprenant la bouteille des mains de la petite brune.
− Et puis, on a un tout autre genre de parasite maintenant, fit remarquer Octavia. Au moins Raven ne laissait pas ses sous-vêtements traîner partout.
− Tu te moques de moi ? rit Bell. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai retrouvé des petites culottes et soutiens gorge lui appartenant. Et dans des endroits vraiment improbables…
− Elle faisait le ménage, essaya de défendre la brunette.
− Euh laisse-moi réfléchir… Non.
− La vaisselle ?
− Non plus.
− Les courses ?
− Encore moins.
− Bon d'accord j'abandonne. Ray, t'as été notre pire colocataire, se résigna Octavia en s'affalant sur sa chaise.
− Vous avez un coloc ces derniers temps ? demanda Maya.
− Murphy, avant qu'il ne se trouve son propre appart.
− On en avait assez de voir notre appartement se transformer en maison close. Et tu peux me croire, il fait vachement concurrence à Clarke pour ce qui est de la puissance vocale, s'amusa Octavia.
− Oh je ne veux pas savoir ça !
− C'était bien son seul défaut. On ne dirait pas comme ça mais Murphy est un parfait homme de maison. Je me rappelle son arrivé comme si c'était hier… souffla Bellamy, nostalgique.
− Oh moi aussi. Un peu trop bien, railla Octavia en jetant un regard éloquent au principal concerné.
Août 2012 – Appartement des Blake.
− Bell ! Je suis rentrée !
La jeune femme balança son sac dans l'entrée et retira ses chaussures prestement avant d'aller se chercher une boisson dans le frigo.
Elle cria à nouveau le prénom de son frère et le silence lui répondit. Elle haussa les épaules et se préparait à s'installer dans son canapé quand elle entendit un bruit sourd derrière elle.
Elle fit un bon et paniqua quand à nouveau elle cria le prénom de son frère pour qu'un blanc magistral lui réponde.
Rapidement elle inspecta l'entrée à la recherche d'une trace de Bellamy qui aurait pu avoir mis ses écouteurs, mais ses affaires n'étaient pas là.
Paniquée à l'idée qu'un voleur est pu s'introduire chez eux, la jeune Blake se munit d'un parapluie entreposé dans l'entrée et commença à avancer sans un bruit dans le couloir. Elle réfléchit une seconde en se disant que le voleur aurait déguerpi en l'entendant crier mais ne lâcha pas son parapluie pour autant. Même un chat aurait à faire à elle dans le pire des cas.
Les bruits émanaient de la chambre du jeune homme. Et c'est muni de son arme improvisée qu'elle ouvrit la porte à grand coup de pied.
− Oh mon dieu ! s'exaspéra-t-elle en plaçant une main devant ses yeux.
Autant dire qu'elle n'était pas prête à voir Murphy en pleine action.
− Dégage mini Blake ! râla le jeune homme.
La porte d'entrée se fit entendre au même moment où Octavia claqua la sienne.
− Octavia, je suis rentrée ! s'annonça Bellamy. J'étais partie faire des courses. Murphy va sûrement venir vivre avec nous quelque temps, il n'a pas encore trouvé d'appartement.
La jeune femme ramassa, non sans une grimace de dégoût, le caleçon qui traînait dans le couloir qu'elle n'avait pas remarqué auparavant, et le balança sur son frère.
− J'avais cru comprendre ! La prochaine fois, demande-lui de mettre une chaussette sur la poignée de porte. Et envoie-moi un message pour prévenir nom de Dieu !
− Oh…
− Et il va falloir changer la serrure de ta porte, je l'ai explosé.
− Que… Quoi ?!
− Oh toi, commences pas à me faire la morale ! Et n'oublies pas de changer tes draps avant de te coucher ce soir.
La jeune femme quitta l'appartement non sans claquer la porte rageusement et se hâta d'appeler Clarke pour lui raconter sa vision d'horreur. La blonde n'avait aucunement pris en pitié son amie mais avait plutôt rit à gorge déployé. Après ça, Octavia se retint d'appeler Raven qui serait d'un pire soutien que Clarke. Elle finirait de se morfondre avec sa bière.
Murphy se mit à rire à son tour.
− Elle s'appelait Elena celle-ci, dit-il.
− Bravo, je suis étonnée que tu t'en souviennes ! railla Octavia.
− En fait, il s'est avéré que…
− C'est devenu mon assistante, rit Bellamy.
− Non ? Cette Elena qui m'amène gentiment des cafés quand tu finis tard ? demanda la jeune Blake, la tête déconfite.
− Celle-là même.
− Je suis scandalisée. La légende qui dit que tu t'es tapé toutes les nanas que tu croises n'est peut-être pas si infondée.
− Attend, t'as déjà couché avec Octavia ?! demanda Jasper.
Les deux concernée s'étouffèrent avec ce qu'ils avaient dans la bouche, tout comme Lincoln qui avait recraché sa gorgée de bière. Heureusement pour Bellamy, aucun aliment ou boisson n'était à proximité mais il avait failli faire une attaque cardiaque.
− Ça ne va pas non ?! réagit Murphy.
− Je ne sais pas si je suis plus offusquée par le fait que tu ais l'air répugné par moi ou par Jasper qui ait pu imaginer cette situation, nota Octavia.
− Je n'ai pas dit ça ! T'es super sexy… Loin de moi l'envie de penser le contraire… mais… T'es comme ma sœur, exagéra Murphy dans une grimace de dégoût.
Bellamy et Lincoln qui ne s'étaient toujours pas remit de cette intervention laissèrent échapper au même instant leurs respirations.
− Regardez Bell et Linc, rit Wells. Ils sont aussi blancs que des cachets d'aspirines.
Tous se retournèrent sur les deux jeunes hommes et un fou rire général s'en suivit. Les pauvres, il ne fallait pas leur mettre de telles idées en tête.
− Tu vois que vous avez des points communs, sourit Octavia en bousculant son frère, lui remémorant cette fois où il lui avait affirmé être bien trop différent de Lincoln pour s'entendre avec lui. Vous vous souciez tous les deux de savoir avec qui je couche.
Le jeune homme hoqueta et affirma vivement qu'il n'en avait rien à faire quand un nouveau fou rire secoua la petite assemblée.
− On leur garde à manger ? souffla Wells avant de débarrasser la table. A Clarke et Lexa.
− Je vais leur préparer deux assiettes, proposa Amanda.
− Je n'aime pas les voir comme ça…
− Nous non plus, et pourtant, elles n'ont pas l'air d'être motivé à nous dire ce qu'il se passe,dit Jasper en haussant les épaules.
− Elle cauchemarde, finit par dire Lincoln qui en avait plus qu'assez d'entendre les suppositions de ses amis sur ce qui pouvait bien tenir les deux jeunes femmes au lit aussi tard.
Les cris de Lexa avaient réveillé Lincoln et Octavia dès le deuxième soir, et tous les suivants ensuite. Raison pour laquelle le jeune homme avait compris ce qu'il se passait. Et puis, rien ne servait ne servait de le cacher. Ils finiraient bien par l'apprendre.
− Pourquoi ? demanda Monty.
− Elle fait des cauchemars.
− Ça j'avais bien compris mais pourquoi Clarke fait des cauchemars ? réitéra le jeune asiatique.
− Pas Clarke. Lexa, expliqua Lincoln.
− Nan ? s'étonna Murphy. Lexa la badass passé maître en art de sérénité et contrôle de soi fait des cauchemars ? Si j'avais parié qu'elle devait avoir peur de quelque chose, ça n'aurait pas été de petits rêves.
− Crois-moi, si tu vivais ses cauchemars, tu finirais traumatisé à vie, cracha Lincoln sur la défensive.
− Du calme mon pote… Je disais juste ça comme ça…
− Eh bien garde tes réflexions pour toi. Elle a vécu des choses bien plus dures que n'importe lequel d'entre nous.
La guerre changeait les gens. Et Lexa n'y faisait pas exception. Elle avait été suivie psychologiquement après son retour pendant plusieurs mois et avait insisté pour arrêter ses séances depuis que les cauchemars avaient cessé. Selon elle, son psy ne faisait que lui rappeler ce qu'elle essayait d'oublier. Lincoln s'était même étonné qu'elle soit si vite remise, mais tout n'était qu'une façade avec elle. Un instant il y avait vraiment cru. Jusqu'à il y a trois jours.
Lui-même était toujours suivi, et il n'avait pas vécu le quart de ce à quoi Lexa avait dû faire face.
Le réveil affichait déjà plus de 14h00. Lexa était totalement éveillée et admirait sa blonde. La fatigue marquait ses traits, et elle s'en voulu de l'empêcher d'atteindre son quota de sommeil.
Lorsqu'elle fit un mouvement pour attraper son téléphone, un grognement à ses côtés lui indiqua qu'elle avait réveillé Clarke.
− Excuse-moi, je ne voulais pas te réveiller.
− Pas de souci… Il va bien falloir qu'on se lève. J'aimerai bien manger avec tout le monde aujourd'hui.
− Hm… gémit Lexa, une petite grimace collée au visage.
− Ils ont déjà mangé ?
− Je suppose vu l'heure.
Clarke souffla et passa ses mains sur son visage, avant de se relever et s'étirer.
− Tu n'es pas obligé Clarke…
La blonde se retourna pour voir Lexa le visage baissé sur ses mains entremêlées. Elle avait deviné ce qu'elle lui dirait à a seconde où les mots franchirent ses lèvres.
− Je sais que tu veux passer du temps avec tout le monde. Et au lieu de ça, tu passes tes journées enfermées avec moi. Tu ne dors plus par ma faute. Je n'ai pas besoin d'aide. Tu peux aller dormir avec Raven. Je me débrouillerais.
− C'est ça… murmura Clarke plus pour elle-même que pour son amie.
− Je me débrouillerai, insista Lexa d'un ton qui se voulait catégorique et sans appel. Je n'ai pas besoin de toi.
Le cœur de la jeune blonde se serra. Cette phrase était bien plus blessante qu'elle n'y paraissait au premier abord pour elle. Cette phrase était le signe que quelque chose n'allait pas chez Lexa. C'était son alarme personnelle. Elle se renfermait sur elle-même pour que sa bombe intérieure ne fasse d'autres victimes qu'elle-même… Et pourtant, elle n'avait besoin que d'un peu d'aide pour la désamorcée…
− Tu mens, lâcha-t-elle presque trop calmement.
− Je…
− Laisse-moi finir !
La brune calma ses ardeurs et se tût pour laisser Clarke prendre la parole. Et à juger par le ton sévère que venait d'employer son amie, elle n'avait pas vraiment le choix.
− Tu mens toujours quand il s'agit de cacher ce que tu ressens. Et tu es très douée pour ça, je dois bien le reconnaître, mais ça ne prend plus avec moi. Tu dis que tu n'as pas besoin de moi et pourtant, dans cette phrase, je comprends que c'est surtout là, que je ne dois pas te lâcher ! Tu m'as dit cette même phrase il y a trois ans, j'ose espérer que tu t'en souviens. Et ce n'était pas parce que tu n'avais pas besoin de moi, mais bien parce que tu avais peur que je sois là pour toi et que je réponde présente. Et ça, ça te détruisait. Tu avais peur de me blesser. Encore aujourd'hui, tu as peur de me blesser alors tu m'envoie balader. Eh bien, tu sais quoi, je m'en moques. Blesse-moi ! Laisse la bombe exploser et blesse-moi. Mais ne me rejette pas… S'il te plaît ne me rejette pas, je ne le supporterai pas encore. Tu viens de sonner l'alarme Lexa. Alors, ne compte pas sur moi pour te laisser seule dans cette période de ta vie où être seule signifierait… signifierait être perdue. Je ne veux pas que tu te perdes. Je ne peux pas te perdre. Pas encore, finit-elle en insistant sur ce dernier mot.
Elle se retrouvait à bout de souffle. Elle-même impressionnée et chamboulée par le discours qu'elle venait de sortir. Depuis trop de jours, elle s'était tu, avait encaissé. Aujourd'hui, il fallait que ça sorte, et ça faisait du bien. Tout autant à elle, qu'à Lexa qui n'avait rien su répondre. Son sourire parlait néanmoins pour elle.
Clarke avait compris. Elle comprenait toujours. Il était grisant de voir à quel point la jeune femme pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert mais néanmoins, ça la rassurait. Elle savait que maintenant quoiqu'il puisse se passer, Clarke serait là. Bien sûr, elle ne doutait pas que Clarke aurait été là avant ce jour mais elle ne lui aurait sûrement pas demandé.
Elle se releva et s'arrêta tout près de Clarke pour lui souffler des remerciements :
− Merci… d'être là.
Il n'y avait pas besoin de plus. C'était juste ça. Un merci pour tout ce que Clarke avait fait pour elle et ferait à l'avenir, parce qu'elles le savaient toutes les deux. Elles n'allaient plus laisser l'autre partir de sitôt.
− Lexa ?
− Oui ?
− Tu sais que je n'ai pas posé de questions, mais ça te ferait du bien de parler de tes cauchemars. Je suis là et tu le sais. Mais si ce n'est pas à moi, va voir Lincoln au moins.
La jeune femme lui sourit doucement, et referma la porte de la salle de bain derrière elle en pensant à ô combien elle devait en parler à quelqu'un avant qu'il ne soit trop tard.
Samedi 11 juillet – Piscine – 15h13
− Je t'ai entendue crier quand je suis remontée chercher mon maillot de bain. Tout va bien ? demanda Octavia en s'installant près de Clarke en train de bronzer dans un transat.
− Tout va bien. J'avais juste besoin de mettre quelques petites choses au point avec Lex'.
− Elle ne t'a toujours pas dit ce qui la hante pour qu'elle se mette à hurler à la mort toutes les nuits, n'est-ce pas ?
− Non… souffla la blonde. Je ne veux pas la forcer. Elle m'en parlera quand elle sera prête.
− En espérant que ça sera bientôt. Si tu voyais ta tête… On dirait un zombie.
Clarke releva ses lunettes de soleil et Octavia lui répondit par une grimace. Preuve des cernes qui devaient orner son visage. La blonde fit mine de bouder et elles rirent franchement.
− C'est ça moque toi. Ta tête n'est pas mieux, mais je présume que ce n'est pas parce que Lincoln fait des cauchemars.
− Non, je confirme, sourit Octavia. Puisqu'entendre Lexa crier nous réveille, on met ce temps nocturne à profits…
− Contente que cette situation convienne à quelqu'un, railla Clarke sans chercher à avoir plus de détails sur la vie sexuelle de son amie. Mais dis-moi, ton frère ? Tu comptes lui avouer bientôt ? Ça va quand même faire une semaine pour vous deux.
− J'aime notre cocon, avoua la brunette. Linc' a de plus en plus de gestes affectueux en public donc il ne tardera pas à le voir de toute façon mais je pense qu'il s'en doute déjà.
− Je pense aussi. Il se fait à l'idée inconsciemment, rit Clarke.
− C'est ça ! Du coup, quand je lui dirais, il râlera un peu pour la forme mais au fond il s'y sera déjà habitué.
− T'es maligne.
− Je sais, je sais, génie naturelle, minauda Octavia.
− On voit que tu recommences à passer du temps avec Ray toi.
Elles rirent et la petite hispanique concernée arriva derrière elle sans un bruit.
− J'entends qu'on parle du génie Raven Reyes par ici ! cria-t-elle en aspergeant ses amies à coups de pistolet à eau qui l'accueillirent à grands cris.
A peine eut elle vider son chargeur, que la petite brune déguerpit vers la piscine. Sûrement pour remplir à nouveau son arme de pointe.
− Oh toi… gronda Octavia en commençant à se relever.
− Octavia, Clarke, dans mon équipe ! cria Jasper qui passait par là, en leur lançant deux tissus bleus et des pistolets à eau bien remplie.
La brunette enfila son torchon bleu en bandana et partie sans attendre à l'attaque vers la pauvre Raven qui semblait se chercher des coéquipiers.
− Lexa ! Viens-là, dans mon équipe, hurla Raven en lui nouant une serviette rouge autour du bras et en lui enfournant un pistolet entre les mains.
Ces deux grands enfants avaient démarré une bataille d'eau et enrôlées tous leurs amis dans leur petite guerre. Rouge contre bleu. Raven contre Jasper. Et à première vue, même si Jasper avait réussi à enrôler Octavia et Bellamy qui étaient des atouts inestimables, Raven avait avec elle Lincoln et Octavia qui pouvaient à eux seuls rivaliser avec toute l'équipe bleu.
Tous se prirent au jeu et c'était dans les rires et les cris que la grande bataille d'eau démarra. Au début, le jeu se fit simple. C'était sans compter les chefs d'équipes qui allèrent jusqu'à réunirent leurs groupes pour leur donner des missions.
− On prend le jacuzzi comme base ! cria Jasper en sautant à l'intérieur de sa dite base.
− Ce n'est pas du jeu ! râla Raven. Vous pouvez remplir directement vos munitions !
− Fallait être plus vive mini pouce, taquina Octavia avec un grand sourire.
Raven ronchonna encore et montra son plus beau doigt à l'équipe adverse.
− On pourrait prendre la piscine, murmura-t-elle à ses petits soldats. Au moins, on serait sûre de ne pas manquer de munition non plus.
− Elle est trop à découvert et près de leur base, fit remarquer Lincoln qui s'était pris à deux cents pour cent dans le jeu.
− On pourrait se mettre derrière les gros arbres en forme de V là-bas, montra Lexa en expliquant pourquoi ils y seraient bien.
Elle aussi s'était vraiment prise au jeu.
Raven approuva le plan, et ils se retrouvèrent tous à courir vers leur base en embarquant avec eux, seaux d'eau pour leurs munitions et serviettes comme protection.
Les bases choisies, les chefs d'équipes expliquèrent les missions. Et autant dire que les voir crier pour se comprendre et se mettre d'accord sur le déroulement des opérations était comique et beaucoup moins réaliste qu'en véritable bataille.
La première mission consista à noyer le chef adverse. Autant dire que c'était ce pauvre Jasper qui avait fini la tête sous l'eau par Maya qui n'avait pas caché sa joie. On avouera que la technique du je-fais-semblant-de-t'embrasser-pour-te-noyer était petite, mais Raven était restée vigoureusement campée sur ses positions, ce n'était pas de la triche mais de la diversion. Le point était à son équipe.
La deuxième mission se résuma tout simplement à « je te touche, tu fais le mort, la dernière équipe debout gagne. ». Et avec la base de l'équipe bleu plus qu'à découvert, ils avaient été salement touchés dès le début. Mais l'équipe de Raven ne s'était pas attendue à voir la petite silhouette d'Amanda se faufiler dans leur base et les attaquer en traître. Ne restant plus que Wells et Raven dans la base puisque les autres étaient partis attaquer le jacuzzi, ça avait fini en Wells contre Amanda. La galanterie l'avait perdu et à partir de là, les bleus gagnèrent la partie
C'est ainsi que la troisième mission débuta pour départager les joueurs à égalité et terminer ce jeu qui avait pris une bonne partie de leur après-midi.
Un fanion de la couleur de chaque équipe était méticuleusement caché sur une partie de la propriété et le but était de tout simplement de retrouver le fanion adverse et de le ramener à son chef sans se faire toucher. Toujours était-il qu'il fallait trouver ledit fanion souvent bien gardé.
Le bleu était caché au-devant de la villa, près du garage, attaché en hauteur sur le panier de basket et gardé par Monty et Amanda tandis que tous les autres étaient partis traquer le rouge, qui lui était tout simplement caché entre le potager et les arbres fruitiers de l'immense jardin. Et avec toute la verdure environnante, il allait être très compliqué de le voir. Il était gardé par Raven qui ne pouvait pas courir, Maya, Wells et Lexa disposés de façons stratégique. Ils avaient choisi la voix défensive en se disant que deux personnes tels que Lincoln et Murphy seraient bien suffisantes pour ramener le fanion adverse tandis que les bleus avaient optés pour l'offensive.
− Préparez-vous, souffla Raven dans son talkie-walkie – parce que oui, elle avait trouvé des talkies – qui était perchée sur une branche près de son fanion. Ils finiront par nous voir et nous, on ne les verra pas forcément.
− Connaissant Jasper, il va envoyer presque la totalité de ses troupes ici, murmura Maya qui elle était caché derrière un buisson. Ça ne m'étonnerait même pas qu'on se retrouve avec Octavia, Bellamy, Clarke et lui-même sur les bras et qu'il ait laissé seulement Monty et Amanda en défense.
Tous approuvèrent mais ils n'imaginaient pas que Maya avait fait exactement les bons pronostics.
− Tu devrais jouer au loto, rit Raven quand elle vit les quatre personnes annoncées par la jeune femme arrivé près du potager.
− A onze heures, Bellamy, murmura Wells qui pointait son pistolet à eau comme s'il s'agissait d'un sniper. Il approche par ici.
Lexa qui était censée toucher les assaillants par derrière dès qu'il franchissait le périmètre de Raven se mit en position.
Le silence se faisait pesant à mesure que Bellamy et Octavia, en avant, approchaient. Tout ceci n'ayant beau être qu'un jeu d'eau avec des pistolets fluorescents, tous s'étaient prêtés aux véritables conditions de combats.
Peut-être un peu trop pour certain…
− Lexa dégage d'ici ! dit virulemment Raven à travers son talkie.
La jeune femme avait vu Bellamy et Octavia l'encercler. Ils l'avaient sûrement vu et Raven ne tenait pas à perdre sa meilleure combattante et la seule qui pourrait vraiment protéger son fanion. Quitte à se faire un peu dur et pressante envers la jeune brunette qui prenait vraiment Raven pour son chef…
Elle sursauta d'ailleurs à la voix de l'hispanique se faisant toujours plus présente et se faufila en vitesse entre les arbres pour la rejoindre.
− Plus vite, tu vas te faire canarder ! hurla Raven cette fois de vive voix lorsqu'elle eut Lexa dans son champ de vision.
Lexa se rendit compte que quelque chose clochait à l'instant où son cœur loupa un battement et se mit à battre frénétiquement dans sa poitrine.
Avec la quantité de sports en tout genre qu'elle pratiquait, elle avait une très bonne cardio, alors elle pouvait être certaine que ce n'était pas la bataille d'eau, même sous forte chaleur, qui faisait s'emballer son cœur.
Des flashs commençaient à percer devant ses yeux à une vitesse qui lui fit perdre l'équilibre. Elle trébucha une fois, deux fois, avant de reprendre ses esprits et de continuer à courir vers l'arbre où ses amis l'attendaient.
− Reprends tes esprits ! cria Raven.
A nouveau des flashs du passé envahirent sa tête et un tournis la pris, la forçant à ralentir notablement l'allure. Néanmoins, sans s'en rendre compte elle se trouvait à présent aux côtés de Titus et un inconnu à tirer sur leurs assaillants.
Non, pas Titus et un inconnu. Raven et Wells. Ses amis. Elle n'était plus en guerre.
Sa tête lui faisait mal.
Son cœur battait bien trop vite.
Les bruits semblèrent s'atténuer, les cris de ses amis ne représentant plus qu'un lointain bourdonnement dans ses oreilles.
A nouveau le visage de Raven se brouilla pour devenir celui d'un fantôme du passé.
Face à elle, le chapeau que portait Bellamy se changea en keffieh. Elle dû s'y reprendre à deux fois pour le regarder et cligner des yeux fortement pour revoir non pas ce foulard, mais bien le chapeau coloré de son ami. Il pointa son arme sur elle. Elle paniqua en se rendant compte que son ami ne portait non pas son pistolet à eau, mais un HK. Elle cligna à nouveau des paupières mais rien ne se modifia. Ça ne pouvait pas être réel. Dans un geste purement mécanique, elle pointa sa propre arme sur son ami et son désarroi s'agrandit lorsqu'elle se rendit qu'elle non plus ne portait plus un simple pistolet à eau.
Sa vue se brouilla ne laissant devant elle qu'un terrain flou et des formes trop rapides et incertaines pour être humaines. Pour être ses amis…
Elle tenta de lutter contre ses souvenirs de guerre, mais il était déjà trop tard, son esprit s'était déjà envolé vers une époque révolu, entremêlant la réalité avec un passé trop douloureux.
Les arbres devinrent des véhicules en flammes.
La villa au loin se transforma en ce village tordu et déformé qui hantait ses cauchemars. Ce village qu'elle devait protéger. Ce village devant lequel ils avaient été attaqués...
L'eau ruisselant sur son corps prit une teinte rougeâtre et son coeur décolla à nouveau dans sa poitrine.
Les cris de ses amis prirent un accent qu'elle ne connaissait que trop bien et qu'elle priait de ne plus entendre.
Elle essaya de tirer contre ses assaillants qui ne cherchait qu'à la tuer mais rapidement, elle se rendit compte que son chargeur était vide. Sa main gauche se dirigea vers la réserve de balles qu'elle portait dans la poche de son pantalon mais elle entra directement en contact avec sa peau.
Sa tête la lança un peu plus lorsqu'elle se regarda et vit un pantalon aux couleurs kaki sur ses jambes alors qu'elle ne pouvait pas le sentir. Elle essaya d'émerger de ce cauchemars mais rien n'y faisait, elle était trop enlisée.
Rien n'était réel. Ça ne pouvait pas être réel. Et pourtant tout semblait si… vrai.
A nouveau dans un geste purement instinctif, elle se débarrassa de l'arme qui ne lui servait plus à rien pour attraper le Glock qu'elle portait toujours à la ceinture.
Il n'était plus là.
Elle était totalement démunie.
− Woods ! Reprends ton arme ! cria Raven.
Et même si la jeune hispanique lui disait cela sur le ton de la plaisanterie pour ne pas perdre cette partie, ce fut la goutte de trop pour Lexa qui l'entendit d'une tout autre oreille et se vit ramener quelques mois en arrière. Projetée vers ce jour qui avait tout changé pour elle.
Elle bascula dans les ténèbres de son esprit, se déconnectant elle et son corps de la réalité dans laquelle elle était. C'est alors que le jardin verdoyant dans lequel elle s'amusait quelques instants auparavant se transforma définitivement en champ de bataille.
Ce fameux champ de bataille qui l'avait changé à jamais.
Son véhicule a été attaqué.
Une lumière s'infiltre dans l'habitable, et bientôt elle comprend que son chef fait son possible pour lui dégager une sortie.
− Woods, sors d'ici ! hurle-t-il à nouveau.
Elle doit sortir.
Un coup d'œil rapide sur sa cuisse meurtrie et elle prend sa décision.
Elle se défait de sa ceinture et l'enroule à la base de la plaie.
Ses mains s'agrippent fermement à la tige en fer planté dans sa jambe, son souffle se fait plus saccadé. Et dans un dernier cri de son chef mêlé à une rafale de balles contre la carrosserie, elle tire de toute ses forces.
Un hurlement de douleur s'échappe de sa gorge…
Tout son corps lui hurle qu'il va sombrer dans l'inconscience à la seconde où elle retire l'objet étranger de sa jambe. Et pourtant, elle tient bon. Son esprit est plus fort que ça.
Elle savait dans quoi elle s'engageait. Elle savait ce qu'on lui demandait. Elle avait insisté pour qu'ils la laissent partir malgré son jeune âge. Aujourd'hui était le moment de leur montrer qu'ils n'avaient pas eu tort et qu'elle pouvait tous les sauver.
Le cœur au bord des lèvres et les yeux trempés, elle prend une forte respiration et se redresse autant qu'il lui est possible pour atteindre l'ouverture que son chef a créé pour elle.
Elle passe la tête et son regard met quelques secondes à s'habituer à la lumière environnante.
La fumée l'empêche de respirer normalement et elle s'étouffe avant de réussir à y voir quelque chose.
A nouveau dans l'habitable, elle se rend bien compte qu'il y fait bien trop chaud pour que tout soit normal. Elle essaye à nouveau de passer par l'ouverture mais tout son matériel l'en empêche. Alors, elle enlève sa veste et son gilet pare balle qui lui rajoute facilement quatre tailles, et réussit à s'extirper par la fenêtre de son véhicule, avec pour seule protection une arme automatique et un revolver qui ne quittent pas ses mains.
Accroupie au-dessus de son véhicule, elle ne voit que de la fumée noire se mêlant aux flammes, aux éclats des balles et à la lumière du jour qui tente de percer dans cette horreur.
L'horreur. Il n'y a pas d'autres mots pour décrire ce qu'il se passe autour d'elle.
Une main agrippe son poignet et elle se retrouve sur le sol, plaqué contre son véhicule. Elle panique et se prépare à asséner le plus beau coup de poing de sa vie lorsqu'elle se rend compte que la personne qui l'agrippe fermement n'est autre que son chef.
− Titus, s'étrangle-t-elle.
Si elle ne le savait pas si récalcitrant aux élans d'affections et qu'elle était dans son état normal, elle l'aurait enlacé.
− Ton gilet, Woods ! gronde-t-il le souffle court.
Lexa jette un œil sur son corps et elle se dit qu'effectivement, ce n'est pas son débardeur qui ira arrêter les balles ennemies.
D'un mouvement vif, l'homme retire son gilet par balle et l'enfile à Lexa qui est encore trop sonnée pour résister ou protester. Au passage, il s'assure que le garrot qu'elle s'est fait elle-même tiendra la route. Elle a déjà perdu beaucoup de sang.
Son regard vaque autour d'eux. Des corps. Il y a des corps inertes partout sur le sable. Quelques formes indistinctes continues de courir et de tirer dans la fumée et le brouhaha mais elle ne distingue presque plus rien. Le véhicule devant eux a totalement explosé et elle ne donne pas cher des autres.
Une plaie sanguinolente sur le front de son chef retient son attention.
Sur le moment, ça lui parait être la chose la plus importante au monde.
Il faut le soigner.
− Woods ! crie-t-il alors qu'elle pose sa main sur cette plaie ouverte.
Elle ne bouge pas d'un pouce et son visage fermé continue d'observer la plaie.
Elle est en total choc et son chef le comprend lorsqu'il passe une main devant ses yeux et qu'elle ne réagit pas.
Il sait qu'ils vont mourir s'ils restent ainsi.
Elle doit bouger.
Il souffle et se résigne à faire la chose la plus logique qui soit : lui donner un coup de poing.
− Recalibrage cognitif, souffle-t-il au même instant, comme des excuses au geste qu'il s'apprête à avoir.
La jeune femme sent le poing arriver et s'écraser sur sa pommette dans une douleur fulgurante mais suffisante pour lui faire retrouver ses esprits.
Son regard recommence à bouger et son chef se rend compte qu'elle est à nouveau avec lui.
− On va bouger d'ici, ça va exploser ! crie-t-il à son oreille. Survivants dans le véhicule derrière nous.
Il se redresse et se prépare à partir.
Lexa est sur ses talons, fortement agrippée à son arme. Elle a repris son masque d'impassibilité et la maîtrise de soi qui lui sont caractéristiques. Si elle même n'était pas consciente de sa tempête intérieure, toute personne extérieure l'aurait trouvée bien trop neutre pour être humaine.
Ils traversent les quelques mètres qui séparent les deux véhicules à vive allure, le souffle court, et le coeur prêt à exploser.
La douleur est à son comble et seule l'adrénaline leur permet de tenir bon.
Les balles fusent autour d'eux.
Lexa a l'impression qu'elle lui frôle les oreilles.
Elle tire.
Elle ne sait pas où elle vise ni qui elle vise.
Elle tire.
Les cris et les balles sont les seules choses qu'elle parvient à entendre dans cet ouragan.
Le véhicule n'est plus qu'à une dizaine de mètres et elle fait preuve d'un effort surhumain pour accélérer l'allure et se jeter derrière la première roue qu'elle voit.
Son souffle est saccadé et elle n'est plus sûre d'être capable de bouger après ça. Malgré tout, ils ont réussi.
− Il faut retourner jusqu'à Tikrit, dit-elle le plus distinctement possible alors qu'une nouvelle rafale de balles s'abat sur eux. Ils auront…
Elle se stoppe lorsqu'elle se rend compte qu'elle parle dans le vide. Son chef n'est pas à ses côtés.
Elle jette un regard vers l'endroit d'où elle vient d'arriver et le voit essayer tant bien que mal de la rejoindre. Elle ne réfléchit pas plus et se jette à sa rescousse pour l'aider à franchir les quelques mètres restants.
Lorsqu'elle l'empoigne et le dépose sur le sol, elle le retrouve non pas dans les mêmes conditions qu'elle, mais gravement blessé, tenant son abdomen dont une quantité de sang indéfinissable s'échappe.
− Non, non, non… jure-t-elle.
Elle panique et plaque ses mains tremblantes contre la plaie de son mentor qui ne cesse de hocher négativement la tête.
Elle arrache un morceau de son débardeur et continue d'appuyer sur la plaie.
−Il nous faut du matériel médical, murmure-t-elle, plus pour elle que pour son patient.
Titus lève sa main et la pose sur celles tremblantes de Lexa.
Elle n'ose pas relever le regard. Pas maintenant. Elle sait ce que ça signifierait. Elle sait ce qu'il lui dirait.
− Regarde-moi, murmure-t-il.
Une larme roule sur sa joue quand elle entend cette voix rocailleuse. Elle ferme plus fortement ses yeux trempés, se butant, ne voulant pas voir la vérité qui s'imposait à elle. Il répète sa phrase et dans une douleur infini, elle relève ses yeux émeraude pour croiser ceux calmes et sincères de son mentor.
Il tente de lui sourire, mais elle n'est pas dupe. Elle sait qu'il va mourir. Elle ne l'admet pas, mais elle le sait.
− Tu as bien fait Lexa, commence-t-il.
Elle hoche négativement la tête. Non, elle n'a pas bien fait. Elle a échoué. Ils sont tous morts. Et elle, elle est toujours en vie.
− Tu as bien fait… Je suis fier de toi. Ne cesse jamais de croire en toi et tes capacités. Sois forte… souffle-t-il une dernière fois avant que sa poitrine ne se fige.
− Non, non, non… continue-t-elle de répéter alors que son mentor vient de rendre son dernier souffle.
Quelques larmes lui échappent alors qu'elle ferme fébrilement les yeux de celui qu'elle a considéré comme un père ces dernières années. Son coeur lui fait terriblement mal et elle hurle de toutes ses forces pour laisser échapper une infime partie de la douleur qui l'ensevelit.
La Lexa calme et maître de ses émotions n'est plus là. L'enfant fragile et faible n'est plus là. La petite fille apeurée n'est plus là. Elle vient de mourir sur ce champ de bataille.
Elle n'est plus que colère et dévastation. La Lexa qui reste veut tuer. Tuer ceux qui ont arrachés la seule personne qui tenait encore à elle ici.
Elle veut se lancer à leur poursuite.
Elle ne réfléchit plus et n'est dictée que par la vengeance qu'elle veut mener.
L'arme à la main, elle est prête à repartir de là où elle est arrivée, mais des bras forts s'enroulent autour de sa taille la traînant vers l'arrière.
Elle essaie de se défendre, mais se retrouve bien vite plaquée contre la carrosserie de la voiture sans pouvoir bouger.
− Tiens donc… Qu'avons-nous là? murmure l'homme qui la maintient fortement contre le métal froid derrière elle, dans une langue bien trop reconnaissable.
− Un petit oiseau tombé du nid et toujours en vie, rit un deuxième homme à côté d'elle.
D'un geste sec, il la retourne et retire son casque et un rire gras s'échappe de sa gorge.
− Un joli petit oiseau…
Elle ne voit qu'un homme avec un foulard et un rire dégoûtant lui caresser la joue, et tout ce dont elle se sent capable c'est de lui abattre son poing sur la figure.
Le jeu continuait sous les cris et les rires des équipes et tout ça sans se rendre compte de la détresse dans laquelle pouvait se trouver la brunette.
Clarke, qui venait d'arriver avec ses compagnons pour voler le fanion rouge de l'équipe adverse, chercha Lexa du regard. Ayant été sauvagement attaqué lors de la deuxième mission, la blonde comptait bien prendre sa revanche. Elle s'arrêta à quelques mètres de Raven qui défendait corps et âme son pauvre bout de tissu et commença à tirer sur elle tout en cherchant Lexa d'un oeil.
Et elle finit par la remarquer quelques mètres plus loin. La jeune femme semblait se débattre avec elle-même ce qui inquiéta notablement Clarke. Elle cessa instantanément de tirer sur Raven pour focaliser son regard sur la petite brune. Elle avait l'impression que quelque chose clochait chez elle, qu'elle était ailleurs. Mais après toutes ces nuits de cauchemars et de réveils en sursaut, elle avait l'impression de devenir paranoïaque. Comme si dès que Lexa se mettait à agir différemment, elle n'allait pas bien.
Cependant, le regard que la brunette finit par lancer à Bellamy en face d'elle ne trompa pas Clarke. Ses pupilles étaient dilatées et vaquaient d'un endroit à l'autre sans jamais se fixer, une haine était clairement notable dans son regard et sans oublier la panique qui peignait ses traits. Elle était en plein cauchemar. Elle faisait un cauchemar éveillé.
Lincoln, qui arrivait au même instant avec Murphy et le fanion bleu qu'ils avaient réussi à attraper, se rendit lui aussi instantanément compte que quelque chose n'allait pas.
Il était néanmoins trop tard.
Lorsque Bellamy s'approcha grand sourire de Lexa, elle lui décocha un crochet du droit d'une force inouïe.
Le jeune homme se retrouva ni une ni deux sur le sol, le nez en sang et inconscient.
Clarke qui s'était stoppée dans sa course vers la brune, encore trop choquée par ce qu'il venait de se passer, arriva juste après Lincoln auprès de Lexa qui n'était clairement pas dans son état habituel.
− Lexa ! hurla Lincoln en lui empoignant les épaules.
La brunette ne répondit pas et continua de se débattre vigoureusement. N'hésitant pas à balancer ses pieds et ses poing sur quiconque tenterait de l'approcher.
Tous leurs amis étaient autour d'elle, ne sachant pas quoi faire ou comment réagir. Octavia, qui avait auparavant vérifié si son frère respirait encore après le coup qu'il venait de se prendre, se retrouvait maintenant à aider Lincoln et Murphy pour maintenir Lexa.
− Calme toi Lexa ! cria à nouveau le grand baraqué en secouant sans ménagement la jeune femme dans ses bras. Ce n'est pas la réalité !
Malgré les paroles forte et sincères du jeune homme, Lexa ne semblait pas revenir à elle et toutes les personnes l'entourant se demandaient comment ils allaient pouvoir s'en sortir.
− Clarke ? demanda Octavia vers la jeune blonde à ses côtés qui n'avait toujours pas bougé. Aide-nous. Comment tu fais la nuit ? Comment tu la calmes ?
− Je… Je…
− Respire Clarke, ordonna Lincoln. Et réfléchis.
La blonde prit une forte respiration et secoua légèrement la tête pour reprendre ses esprits. Si voir Lexa cauchemarder en pleine nuit était quelque chose d'horrible, ce qu'elle voyait à l'instant n'avait rien pour être défini. Et elle ne savait pas comment la stopper.
− Elle se réveille toujours d'elle-même, finit-elle par avouer. Elle crie, et ça me réveille en même temps qu'elle. A partir de là, je ne fais que la réconforter. Je lui dit que je suis là, où on est, la date, ce qu'on a fait la veille… Ce genre de chose.
Lincoln hocha la tête et serra la mâchoire. S'il fallait éviter de réveiller un somnambule, réveiller quelqu'un en plein cauchemar éveillé était impératif, encore plus quand cette personne se faisait du mal ainsi qu'aux autres.
Et il ne vit qu'une solution.
− Murphy, tiens lui les bras derrière le corps, dirigea-t-il. O', essaye de lui maintenir les jambes. Et Clarke, rattrape-la du mieux que tu peux quand elle tombera.
− Quand quoi ? s'étonna la blonde pendant que les autres s'exécutaient.
Lincoln ne prit pas la peine de lui répondre et recula d'un pas.
Clarke se rendit compte de ce qui allait se passer quand elle vit le poing de Lincoln se resserrer. Elle n'eut le temps que de faire un pas en avant et de crier un magnifique "non", avant que le jeune homme n'écrase son poing sur la mâchoire de Lexa qui tomba à la renverse.
− Mais t'es malade ?! hurla la blonde en se jetant à genoux à côté de Lexa et prenant son visage sur ses jambes.
− Recalibrage cognitif, grogna le jeune homme en massant son poing. Crois-moi, ce n'est pas son premier et c'était la meilleure solution.
Clarke s'apprêtait à faire valoir son point de vue sur le "recalibrage cognitif massif" de Lincoln sur le pauvre visage de Lexa, mais un grognement de la part de la brunette la fit revenir sur Terre.
Elle ouvrit difficilement les yeux dû au fort soleil de ce milieu d'après midi et remarqua le visage de Clarke au-dessus du sien. Ses lèvres bougeaient mais elle n'entendait pas encore clairement ce que son amie essayait de lui dire.
Que faisait-elle allongée dans l'herbe ?
Elle réfléchit une seconde et tout lui revint d'un coup. Comme une vague la submergeant, son coeur recommença à s'emballer jusqu'à ce que la main de Lincoln se pose sur la sienne.
− Linc' je… essaya-t-elle de murmurer.
− Je sais Lex'. Je sais. Tu es là maintenant, la rassura-t-il en serrant sa main plus fortement.
La jeune femme tourna le visage pour regarder ses amis avec des airs apeurés sur le visage et finit par croiser le regard inquiet de sa blonde au-dessus d'elle.
Ses mains chaudes étaient posées sur ses joues froides et blanches qui commençaient seulement à retrouver des couleurs.
− Qu'est ce que qui s'est passé ? demanda Clarke sans vouloir paraître intrusive ou trop brusque.
− Je … tenta Lexa d'une voix rauque.
Elle posa sa main sur celle de Clarke toujours sur sa joue et ses yeux s'humidifièrent involontairement.
− Je … Je crois que j'ai besoin d'aide…
~ UNE PTITE REVIEW PLEASE PLEASE PLEASE ~
Voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plus. Il aura été très difficile à écrire alors j'espère que vous aurez apprécié... Je me suis fixé beaucoup plus sur le passé de Lexa ici, et ce sera le cas également pour le prochain. J'espère que ça vous va et que ça n'entache pas les vacances de notre petit groupe préféré ! :)
QUESTION : *et petit spoil pour la suite* A la fin du Flash back de Lexa, elle se fait enlever par les hommes qui l'ont plaqué contre la voiture (Daech). Évidemment, elle sera "sauvé" peu de temps plus tard mais je suis consciente des scènes qui pourrait choquer ou perturber certains lecteurs... Alors, je voulais savoir si vous préfériez que Lexa raconte cette partie de façon exhaustive (je ne rentrerais pas dans les détails) ou toujours sous forme de flash back (et là ça risque d'être plus dur et la fiction passera surement en M) ?
Love you, xoxo, Lu.
