Mes adversaires se comportent si aisément à l'écran que j'en suis même surpris. Ils arrivent à séduire et impressionner chaque spectateur, même les présentateurs. Toute la journée, Ian et Sierra m'aidaient à me préparer pour les interviews de ce soir.

Je sens le stress prendre le dessus sur ma raison. Ian est en train d'ajuster les derniers détails de ma tenue, un simple costume dont la cravate verte est assortie à la robe d'Anna. Je n'en ai jamais mis auparavant, je ne me reconnais pas.

Les premières personnes se sont très bien débrouillées, et en parlant des premières personnes, je veux dire les Carrières. On a l'impression qu'ils le font tous les jours tellement ils sont à l'aise.

Clara et Sarah ont facilement charmé les sponsors présents dans la salle, elles sont toutes les deux ravissantes. Alors qu'Andrew a enlevé sa chemise et a exposé ses muscles en face de la caméra, tout comme Luke.

Mes jambes sont déjà toutes tremblantes, j'espère seulement de ne pas tomber ou vomir sur la scène. Surtout qu'arrive bientôt mon tour et que j'ai l'impression de ne pas du tout être préparé !

Avant qu'Ian me fasse sortir de la pièce, je me retourne et lui pose calmement une question.

-Pourrais-tu me rendre un service ? demande-je.

-Ce que tu souhaites, me répond-il.

-T'arriverais à recoudre mon bracelet en cuir avant demain, avec cette photo dedans ? Je te serai reconnaissant !

-Ok, je ferai de mon mieux. Mais maintenant reconcentre-toi et pense à tes réponses. C'est bientôt ton tour ! Montre leur qu'ils doivent miser sur toi.

Je n'ai vraiment pas envie de passer, j'aurais préféré m'abstenir de cette étape. Je suis déjà assez timide et pas très bavard. Je me dirige vers la porte principale quand je vois Anna à l'écran. Elle aussi est très belle dans sa robe. Dommage que je la déteste à ce point que je pourrai lui l'arracher devant tout le monde.

Je remarque Sean qui ne m'adresse même pas un regard. Il a sa tête dans ses mains et son pied tremble à une vitesse incroyable. Je ne suis donc pas le seul à s'inquiéter. Je voudrais bien le questionner sur les résultats d'hier mais il a l'air déjà assez inquiet, je préfère ne pas le déranger.

Je me tourne vers les Carrières qui eux, sont assis sur le canapé et se tapent des fous rires pour je ne sais quelles raisons. Eric m'adresse un sale regard alors que Clara un petit clin d'œil. J'arrive à ressentir le baiser d'hier, celui qui m'a tant plu. Mais je sais qu'elle a simplement voulu me déstabiliser, je ne suis pas bête au point de penser que je l'attire.

-Alors, ça s'est passé comment avec elle ? Tu fais ça avec chacune ?

Je me retourne et aperçois Cloe. Elle porte une longue robe blanche avec un décolleté exposant assez beaucoup sa poitrine et même son ventre.

-Ne regarde pas mes seins, plaisante-t-elle.

Je rigole à sa phrase. Même si les autres filles sont splendides, aujourd'hui c'est elle qui est la plus belle. J'arrive tout à coup à me souvenir de son visage à la Parade. Elle porte le même costume qu'elle avait lors du défilé.

-Comment t'as fait pour avoir un 0 ? demande-je tout souriant.

-Ne change pas de sujet s'il te plaît, répond-elle.

Elle a beaucoup de chance de passer parmi les derniers. Selon moi, les interviews ne changent pas grand-chose au résultat final. On choisit plutôt en fonction des capacités de la personne qu'en fonction de son charme.

-Si tu veux tant savoir, me répond-elle, j'ai balancé toutes les armes par terre, j'en ai même cassé quelques-unes, puis je les ai salués. Voilà !

-Et, tu voulais prouver quoi ?

-Que je ne les aime pas, rigole-t-elle.

-N'importe quoi, plaisante-je. Tu sais, j'ai vraiment du mal à te cerner !

-Tout est là, tu ne me cerneras jamais.

Puis elle me rend un sourire de son beau visage, et j'ai à peine le temps de comprendre qu'un garde m'invite à me préparer car mon tour ne tardera pas à arriver.

-C'est donc à moi.

Je me dirige donc vers les coulisses et entends déjà les présentateurs m'annoncer. Je déglutis et mon cœur se serre, je tremble tellement que je n'arrive pas à tenir debout. Puis le garde me pousse et j'entre en scène.

Un tonnerre d'applaudissement retentit si bien que je ne peux cacher ma surprise. Je reste figé, au milieu du plateau ne sachant pas quoi faire. Je décide donc d'adresser un léger sourire et un petit salue. Les projecteurs m'illuminent tant les yeux que je ressens l'envie de me les couvrir.

Un des jumeaux Hafeman, Victor je suppose, se lève pour m'accueillir et m'emmène jusqu'au siège. J'observe attentivement le plateau puis la foule. Je me laisse beaucoup trop distraire par tout ça alors qu'en vérité, ça ne me plaît pas.

-Ah ! s'écrie un des jumeaux. Je te souhaite la bienvenue Aidan.

-Nous te souhaitons la bienvenue plutôt ! répond l'autre. Je plaisante, je plaisante... Nous sommes ravis que tu sois présent parmi nous en cette soirée si spéciale !

-(Donc, nous ne partageons pas les mêmes sentiments car moi, j'aurais préféré tenir compagnie à mon grand-père, qui maintenant, à cause de vous, est seul et le restera probablement encore bien longtemps car je ne reviendrai sûrement pas de ces putains de Jeux) Euh, merci.

Angela m'a conseillé de me comporter le moins naturellement possible, donc je dois dire des choses que je ne pense pas. Ce qui va être très dur car leur première phrase m'a déjà assez énervé !

-Donc, Adrian ou Aidan, comme tu le préfères, demain vous serez déjà tous dans l'Arène. Comment te sens-tu à cette idée ?

-Bah, je ne sais pas. Je suis plutôt…

-Excité ! plaisante celui de ma gauche.

La foule se plonge dans un rire profond, et avec elle sûrement tout le Capitole. Je ne vois vraiment pas en quoi cette blague est marrante. Je dois me rappeler que ce n'est pas pour rien que j'ai répondu au Haut-Juge, que j'ai mis ma vie en danger. Si j'ai commencé à m'opposer, je dois aussi continuer.

-Non, réponds-je. Pas du tout, bien au contraire !

La foule se calme, tout comme les présentateurs. Ma réponse ne leurs a pas plu. Ils sont tous gênés, tous sauf moi. Je ne dois pas oublier aussi que mon sort peut dépendre d'eux, je réalise que je ne dois pas non plus exagéré.

-Ah… Faites attention, s'écrie un d'entre eux, je vous apprécie !

-Ne vous inquiétez pas, c'est tout à fait normal, réponds-je.

Puis la foule éclate de rire et des sourires se forment sur les visages des spectateurs. Il fallait que je lâche cette stupide phrase, sinon je n'aurais vraiment aucune chance de gagner leur confiance.

-Haha ! Dis-moi Aidan, quelles sont tes chances de remporter ces Jeux ?

-Mes chances ? A vrai dire, je ne sais pas. Je pense tout de même que j'ai été choisi pour une bonne raison.

-Sans aucun doute !

-Après, on verra bien ce qui se passera dans l'Arène, réponds-je.

-Tout à fait d'accord avec toi. Tu as été élu, tu n'as plus qu'à gagner !

Des cris se font dans toute la salle accompagnés d'applaudissement. Les présentateurs se mettent à rigoler et moi j'attends à ce que cette torture se finisse en plissant mes lèvres.

-Et te sens-tu bien préparé pour remporter ces Jeux ? Dis-le nous !

-J'espère, dis-je.

Eux, espéraient une réponse plus longue. J'ai l'impression de tous les ennuyer. Les présentateurs semblent déstabiliser, malgré le fait qu'ils soient deux, ils n'arrivent pas à se débrouiller avec moi. Peu importe, je m'en fiche complètement.

-Aidan, il y a une autre question que nous voudrions te poser. Une question hautement plus personnelle ! Etes-vous d'accord à y répondre ?

-Cela dépend à quelle point elle est intime.

- Tu me plais garçon ! Donc, dis-nous, pour qui te bats-tu ? Il y a bien des personnes qui te sont chères de là d'où tu viens!

Je reste muet sur ma place sans savoir quoi dire.

-Ah, eh bien…

Je commence à hésiter, en grommelant des débuts de phrase incompréhensibles pour eux, et pour moi aussi d'ailleurs. Je ne sais vraiment pas quoi dire. Je prends une profonde inspiration et décide de prendre la parole.

-Je me bats tout d'abord pour moi-même car si je ne me bats pas pour moi, je ne peux pas me battre pour les autres.

-Oui d'accord, mais vos proches, ne comptent-ils pas pour vous ?

-Bien sûr que si ! m'énerve-je. Je tiens à eux plus qu'à tout ! Je les apprécie et je suis content que j'aie tant de chance de les avoir ! Je sais qu'ils me soutiennent et que je ne suis pas seul. Ils ont toujours été là pour moi, à moi de leur prouver que je suis là pour eux.

-Et vous manquent-t-ils ? me demande le deuxième.

J'essaye de me calmer et répondre tranquillement à la question. Tout se passe mal pour l'instant, j'ai l'impression d'avoir tout foutu dans l'air. Je tourne ma tête et lui réponds.

-Oui, ils me manquent, terriblement beaucoup. Mais je n'oublie pas qu'ils ne m'ont toujours pas quitté.

-Comment ça ne vous ont-ils pas quittés ? Ils sont pourtant loin d'ici et ne sont pas présents à cet endroit !

-Vous vous trompez. Ils sont là, toujours près de moi et le seront toujours. Je peux compter sur eux, à n'importe quel moment. Je sais qu'ils m'aideront. Ils sont comme le vent, je ne les vois pas, mais je les sens. C'est ce qui compte vraiment.

Tout le monde se tait et un silence envahi la salle. J'ai réussi à les convaincre en disant ce que je pense.

-Ouah, très belles phrases ! s'exclame le premier. Je pense que nous sommes tous émus, pas vrai Victor ?

-Bien sûr Hugo, c'est très touchant !

Les présentateurs s'apprêtent à me poser une autre question. Je prends un appui sur le dossier du fauteuil et me penche légèrement vers le bas. Mais la sonnerie retentit annonçant la fin de la séance.

-Oh non ! C'est déjà fini. Dommage, j'espère en tout cas que j'aurais l'honneur de t'interviewer à nouveau !

-Que nous aurons l'honneur de t'interviewer ! répond l'autre. Je plaisante, je plaisante…

-Moi aussi je l'espère (pas), dis-je.

-Comme nous te l'avons dit : tu as été élu, tu n'as plus qu'à gagner.

-Je ferai de mon mieux, réponds-je. Merci.

Je souris avant d'incliner ma tête pour les remercier. Je me lève et ils me prennent les deux mains pour adresser un dernier salut à la foule.

-Mesdames et messieurs, Adrian Long !

-(Aidan, me dis-je).

J'adresse un dernier sourire hypocrite et me dirige vers les coulisses, heureux que tout soit fini. J'ai détesté, j'espère ne plus jamais le refaire. L'adrénaline s'est estompée et mes jambes ont arrêté de trembler.

Je m'assois puis aperçoit les autres arriver, c'est-à-dire Anna, nos stylistes, Angela et Sierra. Ils ont tous air dégoûtés, je sais que ça s'est mal passé, j'en suis conscient.

-Ça aurait pu être mieux, me dit Angela.

-Je sais, lui réponds-je.

-Sérieusement, ça aurait pu être même beaucoup mieux ! Tu n'as vraiment pas fait d'effort et on ne t'en a pas demandé beaucoup ! Tu as refait la même chose qu'hier.

-C'est bon, ça n'a pas été non plus si catastrophique, proteste Sierra.

-J'espère, dit-elle.

Mais je suis d'accord avec Angela, j'ignore tout ce qu'elle me dit et je suis conscient. J'assume tous mes actes, je sais que je le fais pour une raison valable.

J'ai décidé de regarder le reste des performances. Sean s'est vraiment pas mal débrouillé, il a juste un peu merdé sur les questions personnelles, surtout quand ils le questionnaient sur sa main métallique. Sinon, tout s'est bien passé.

Ceux du Dix, n'ont pas été mauvais aussi. Même moi j'aurais miser pour eux !

Cloe pour sa part, m'a une nouvelle fois surpris. Je pense à avoir été le seul à sourire le long de son interview. Elle répondait avec beaucoup d'insolence, et se comportait tout de même très calmement.

Elle fronçait le front à chaque question disant qu'elle n'y répondra pas. On voit vraiment qu'elle déteste le Capitole et qu'elle ne veut pas se laisser faire. C'est une fille indépendante, j'apprécie sa façon d'agir.

Elle s'est décidée même à quitter l'interview avant même qu'elle se finisse. Je me dis au moins que nous sommes plusieurs à s'être mal débrouillés pour cette étape. J'en suis content.


On monte dans l'appartement, dîne une dernière fois tous ensemble et regarde la rediffusion des interviews. Lorsqu'arrive mon tour, je quitte la pièce et m'enferme dans la salle de bains.

Je sens les larmes couler sur mes joues. Je prends ma tête entre mes bras et m'assois sur les cuvettes. J'essaye de rester discret, même si je ne vois pas en quoi c'est gênant.

Je m'allonge sur mon lit, à poil, et pense à la journée de demain. J'ai peur, vraiment très peur, et je le réalise que maintenant. J'essayais de fuir cette pensée mais je ne peux plus résister.

L'idée que je sois mort à cette heure demain m'effraye, ça s'est passé beaucoup trop vite. J'enlève ma couette et me redresse. Je suis perdu, tout se mélange dans ma tête.

C'est peut-être la dernière fois que je suis sur un lit, c'est peut-être la dernière fois que je dors, c'est peut-être la dernière fois que je rêve. Je n'ai plus le temps de profiter, c'est ça le pire.

J'entends les gens se dissiper du salon, je décide de me lever après quelques instants. Je sais que je n'arriverai pas à dormir. Je suis condamné à une mort certaine.

J'enfile un caleçon avec un gilet et sors de ma chambre. Il n'y a plus personne dans les couloirs. Je les traverse silencieusement et regarde une dernière fois les photos d'Angela.

Je me promène dans la pièce et découvre quelque chose sur la table près de la fenêtre. Je mets plusieurs instants à me souvenir qu'on appelle cela des cigarettes.

C'est comme de l'alcool, sauf que ça se fume. J'en ai vu très peu au Sept, seuls les plus riches pouvaient s'en procurer avec beaucoup de difficultés. Une fois, avec Kaye nous en avions volés.

Je décide d'en prendre, je la mets entre mes lèvres et l'allume avec un briquet très moderne en argent. J'aspire lentement la fumée puis la rejette en formant une grande buée. Je tousse une première fois, mais au bout de plusieurs aspirations, je m'y habitue.

Je déteste cette sensation, mais ça apaise d'une certaine manière. C'est comme ça que je décide d'en fumer une autre et encore une autre…


Je me réveille sur mon lit, habillé cette fois-ci, et m'assois. Ce jour est enfin arrivé, et je ne le réalise pas. Aujourd'hui sera peut-être le jour de ma mort.

Je me lève et regarde par la fenêtre le soleil se lever. Je suppose qu'il fait encore très tôt, j'ai donc encore un peu de temps pour moi-même.

Je sors pour aller déjeuner et j'aperçois Sierra, déjà réveillée, vêtue d'un simple leggins noir et un haut doré. Je suis surpris de la voir ici à cette heure.

-Déjà debout ? la demande-je.

-Je n'arrive particulièrement jamais à dormir ces jours, me répond-elle.

Elle parle des jours du lancement des Jeux. Je constate qu'elle a sûrement déjà dû être hôtesse. Elle m'invite à manger et je m'assois près d'elle. Je prends ce qui me vient par la main, c'est possible que je reste le ventre vide plusieurs jours même.

J'essaye de remplir mon estomac le plus possible. Quand je saisis un morceau de pain, elle décide à prendre la parole.

-Tu sais quelle est la véritable signification du mot Panem ? me demande-elle.

Je réfléchis un instant et je réponds d'un signe de tête que je ne sais pas. Elle dirige son regard sur mon morceau de pain et soulève un peu ses yeux.

-Ça signifie « pain », elle se tait un certain moment avant de reprendre la parole. C'est bizarre je trouve, c'est tout le contraire de ce que ça devrait être.

Un silence se fait dans toute la pièce jusqu'à ce que j'entende ma propre respiration. Elle aussi est mal à l'aise, elle parle avec une personne dont le sort est déjà rédigé.

-Je regrette, dit-elle.

-Moi aussi, réponds-je.

Je la vois prendre un air sérieux. Je réalise qu'elle est vraiment naturelle, c'est une femme sublime et différente des autres. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je l'apprécie tant.

-Aidan, j'ai quelque chose à te dire, me dit-elle.

-Oui, je t'écoute ?

-C'est sûrement notre dernière rencontre et j'ai quelque chose d'important à t'annoncer. Je trouve que tu devrais le savoir, car peut-être nous n'allons plus jamais nous revoir.

Elle se redresse et me regarde d'un air inquiet. Elle hésite, sert ses poings et ferme ses yeux. Je ne comprends pas sa réaction, je suis inquiet. J'espère que ça ne changera rien à notre relation.

-Il faut que tu saches, que je ne suis pas celle que je prétends d'être. Je n'étais pas sincère avec toi, ni avec personne d'autre depuis le début.

Je savais qu'elle nous cachait quelque chose, mais je ne comprends pas ce qu'elle veut dire. J'essaye de garder mon calme et d'écouter ce qu'elle veut dire.

-Je ne suis pas hôtesse de district. Ce n'est qu'un masque que je porte depuis bien longtemps. Réellement, je suis…

-Continue, je t'en prie, dis-je. Tu as déjà commencé.

-Pour de vrai, je suis espionne, espionne du District Treize.

Mon regard se lève et mes yeux s'ouvrent à un tel point que je sens mes pupilles sortirent à l'extérieur. Je n'arrive pas à croire à ce qu'elle vient de dire.

-Quoi ? Comment ça ? Le Treize n'existe plus depuis longtemps !

-Reste silencieux, me dit-elle. Personne ne peut nous entendre.

Elle se penche légèrement vers moi et je l'écoute attentivement.

-C'est vrai, il a été détruit pendant la guerre. Mais un groupe de survivants a réussi à se reconstituer et donc à reformer le district. Sauf qu'il n'est plus sous la même forme qu'avant. Pour rester discret, on a décidé de créer une base souterraine. C'est le cœur du district, il y a une population qui s'y forme et on arrivera bientôt à une deuxième génération !

Je reste abasourdi par ce qu'elle vient de m'annoncer. Je n'arrive pas à y croire, c'est invraisemblable. Je n'arrive pas à m'imaginer tout cela.

-Notre but est de reformer un groupe de rebelles à l'espoir d'une nouvelle révolution. Sauf qu'on attend le bon moment car pour l'instant nous sommes encore beaucoup trop faibles. Pour requérir des informations du Capitole, j'ai été infiltrée ici en tant qu'hôtesse pour ne pas faire trop de suspect

-Tu veux dire que qu'il y a encore l'espoir d'une rébellion et que le District Treize existe toujours ?

-C'est ça. Et je ne suis pas la seule, on est plusieurs et tout se déroule comme ça a été organisé. Personne ne se doute de rien. Pour notre part, nous sommes les yeux et les oreilles du Treize. On cherche des fautes dans le système.

-Wouah… C'est incroyable.

-On suit tout ce qui se passe à l'intérieur du Capitole. Cela nous a fait beaucoup avancé.

-Et vous savez quoi pour l'instant ?

-Donc, ce ne sont que des doutes, mais apparemment, il y aura un attentat sur le président. On ne sait pas encore sous quelle forme.

-Le Président Swayne ?

-Oui, par un de ses conseillers. Pour des raisons politiques sûrement. Une personne de son entourage est assoiffée par le pouvoir et veut prendre sa place. Il s'agirait sûrement un de ses ministres. Peut-être Whiff, Snow ou même Chandelier. On ne sait pas encore, et on doute qu'il n'élimine que le président...

Je n'arrive plus à continuer mon repas. Je suis choqué, je ne m'attendais pas à ça. Ça explique toutes ses disparitions et son comportement.

-Je suis désolée de ne pas te l'avoir dit avant. C'était beaucoup trop risqué.

-Ne t'inquiètes pas, je ne t'en veux pas. Je te comprends.

J'ai continué à la questionner sur le Treize, la vie qu'ils mènent là-bas et tout ce qui me passait par la tête. Je suis vraiment intéressé mais à la fois surpris.

-J'espère que tout cela marchera, que ça se déroulera dans l'ordre, dis-je.

-Nous aussi on l'espère, dit-elle. Je te fais confiance.


Après un certain moment, je rejoins ma chambre pour me préparer. Il ne me reste plus beaucoup de temps, et mon cœur commence à battre de plus en plus vite. Je suis triste, je dois tout quitter une nouvelle fois.

J'arrive dans le salon et aperçois Anna assise près d'Angela et Sierra. Je comprends que le moment est arrivé, je le lis sur leur visage.

-On doit partir, me dit Angela.

Je me dirige donc vers Sierra, c'est ma première réflexion. Elle ouvre ses bras et elle me prend contre elle. Je commence à pleurer, ça me rappelle les adieux avec mon grand-père. Cette fois-ci je pleure.

-Merci, lui dis-je. Merci d'avoir été si près de moi.

-C'est moi qui te remercie, dit-elle. C'est rare de rencontrer des personnes si merveilleuses que toi, dit-elle. Tu ne le mérites pas.

Je la serre encore plus fort et j'entends des soupirs. Je réalise qu'elle pleure elle aussi. Je suis touché, je ne veux pas la laisser.

-Tu vas me manquer, dit-elle.

-Toi aussi, réponds-je.

-Je compte à ce que tu reviennes, dit-elle en marquant une pause. Je t'attendrai.