Bonjour à vous!

Voici le chapitre 10 qui répondra à vos questions à propos d'henry!

Merci à tous les Guest qui laissent des review, mais à qui je ne peux malheureusement pas répondre.

Merci à Bonne Ame pour sa relecture et ses avis très souvent judicieux!

Bonne lecture!


Williams - Emma et Henry

Alors qu'Emma et Henry s'installent sur les chaises devant le bureau du médecin, ce dernier cherche dans son armoire le dossier médical de son patient. La blonde observe la pièce avec minutie. Ça ne fait aucun doute que ce docteur est le seul à pratiquer ici. Les murs sont défraichis, une infiltration d'eau noircit l'un des angles du plafond en formant des auréoles de plus en plus grandes. La table auscultation semble tenir grâce à l'aide du Saint-Esprit et ses ustensiles médicaux font presque peur. Un peu de rouille par-ci, par-là et ils seraient parfaits pour une séance de torture digne des meilleurs films d'horreur. Le large bureau en bois supporte une pile monstrueuse de dossiers et un calepin permet de rédiger les ordonnances. Comme avant. À la main. Ce lieu manque cruellement de chaleur, de bienveillance et de jeunesse. Les vieilles armoires métalliques qui font un boucan d'enfer s'entendent sûrement jusque sur le parking, pendant que le Dr Hopper farfouille à l'intérieur. Il finit par trouver le dossier médical d'Henry, plutôt mince au goût d'Emma.

- Voici tout ce que j'ai récupéré quand Mr Mills est arrivé à Williams et ce que nous avons fait depuis.

- Y compris ses examens pour le cancer ?

- Bien évidemment !

- Je peux ? demande Emma en tendant la main afin que le docteur lui donne le dossier. Avant d'y jeter un coup œil, j'aimerais que vous m'expliquiez ce qui vous a poussé à croire que Mr Mills avait un cancer.

- Ses analyses, évidemment. C'est irréfutable. Vous verrez, elles sont dans son dossier, assure-il avant de remonter ses lunettes du bout de l'index.

- En le regardant, là, maintenant, vous le pensez mourant ? Fatigué, oui. Malade, incontestablement. Mais mourant, j'ai des doutes. D'où ma présence aujourd'hui.

- Les résultats, réalisés dans un laboratoire à Phoenix, sont pourtant très fiables.

- Les résultats peut-être, mais vous, je suis perplexe.

- Je ne vous permets pas de remettre en doute 55 ans de médecine ! s'insurge le professeur Hopper en tapant de la main sur son bureau en bois.

- Je ne les remets pas en doute, mais votre jugement n'est peut-être plus aussi aiguisé qu'au début de votre carrière. Les erreurs arrivent. À n'importe quel âge, explique doucement Emma ce qui calme très rapidement le vieil homme.

Pendant des années, le docteur Hopper fut le seul généraliste à pratiquer ici, à Williams. Étant le seul médecin aux alentours, il est évidemment inconcevable pour lui de quitter son poste malgré son âge avancé. Pourtant, la jeune femme devant lui vient de soulever un point important : son jugement. Que c'est difficile pour cet homme, ayant consacré sa vie à prendre soin de celle des autres, de se rendre à l'évidence que sa place n'est peut-être plus dans ce cabinet. Son patient est comme le décrit Emma, malade mais visiblement pas mourant. Au lieu de se fier à de l'encre sur du papier blanc, il aurait du observer et écouter davantage. Comme il l'avait toujours fait quand il était un jeune médecin diplômé.

- Très bien. Je vous laisse l'ausculter. Tout mon matériel est ici, autorise-t-il en désignant de la main la partie médicale de la pièce.

- Parfait. J'aimerais que vous assistiez à mon évaluation.

- Avec plaisir, réagit immédiatement Archibald en se sentant d'un seul coup nécessaire.

- Henry..., reprend Emma en offrant à son premier vrai patient depuis trois ans un sourire et un regard réconfortant, enlevez vos chaussures et votre chemise, s'il vous plaît.

Mills père obtempère silencieusement avant que la jeune femme ne s'adresse de nouveau au médecin.

- Dr Hopper, est-il possible d'augmenter le chauffage?

- Évidemment, je m'en occupe.

Mr Mills commence doucement à se rapprocher de la table d'auscultation afin d'exécuter la demande d'Emma. Il l'a bien trop vu ces derniers temps, mais aujourd'hui, sa présence ici à une tout autre saveur. Malgré sa peur, il espère ne plus avoir ce terrible cancer. Cette infamie qui l'éloigne jour après jour du bonheur. Toutefois, il espère quand même pouvoir profiter de ses filles et pourquoi pas, un jour, de ses petits-enfants. Alors qu'il délace ses chaussures, le docteur règle le radiateur et Emma plonge dans le dossier médical d'Henry. La blonde feuillette page après page les différentes analyses afin de retrouver les origines de cette décision qui lui semble surréaliste. D'après Zéléna, son cancer a été détecté il n'y même pas une semaine, Emma devrait rapidement déterrer ce qu'elle cherche. Et effectivement, au bout de quelques minutes d'une quête méticuleuse, la jeune femme découvre quelque chose d'intéressant.

- Qui est Malcom Pan ? demande-t-elle sans quitter des yeux le document qu'elle tient dans ses mains.

- Un de mes patients que je soigne pour un cancer également. Quel rapport ?

- Je peux vous parler à part en privé ?

- Oui, excusez-nous, Henry.

- Je finis de me déshabiller et je vous attends.

Emma garde son sourire de façade pour ne pas inquiéter son patient, et suit Archibald dans une pièce adjacente afin de parler sans cachotteries et sans détours.

- Qu'y a-t-il ?

- Les analyses de Mr Pan sont dans le dossier de Mr Mills. Elles sont répertoriées comme étant les premiers bilans déterminants pour son cancer. Seulement, ça ne concerne pas le bon patient.

- Comment ça ?! Donnez-moi ça !

La blonde soupire avant de tendre le document au docteur Hopper. Du bout de ses doigts tremblants, l'homme âgé récupère le papier dont l'encart en haut à droite est occupé par le logo du laboratoire avec lequel il collabore à Phoenix. Archibald prend le temps d'étudier les résultats reçus il y a moins d'une semaine et comprend son erreur. Sonné par sa terrible négligence, il perd ses forces et ressent le besoin de s'assoir. Effrayé, le vieux médecin réalise qu'il n'est plus celui qu'il était car il n'est plus aussi concentré et met la vie de ses patients en jeu. Emma perçoit le trouble évident chez cet homme chancelant et s'agenouille devant lui avant de lui parler délicatement.

- Avec ce document, vous avez sûrement cru que Mr Mills avait un cancer et vous avez étudié les résultats suivants comme tel. Alors que vous auriez dû les étudier sous un autre angle.

- À cause de mon entêtement, j'ai mis sa vie en danger. Je vous laisse vous occuper de Mr Mills, je ne suis plus digne de faire ce travail.

- Ne dites pas ça. Oui, vous avez fait une erreur, mais ça arrive à tout le monde. Croyez-moi.

Dans le regard bleu d'Archibald flotte un mélange de culpabilité et de mélancolie qu'Emma reconnait pour l'avoir déjà vu en croisant son propre reflet vert dans le miroir. Elle sait pertinemment que rien ne pourra retirer cette douleur qu'il ressent et encore moins avec des mots venus d'une étrangère. Emma le laisse donc seul accuser le coup, et retourne dans le cabinet principal où Henry l'attend, allongé sur la table d'auscultation.

- Bien Mr Mills, vous êtes prêt ?

- Oui. Mais, c'est moi, Henry.

- Très bien, Henry, pour commencer vous allez juste répondre à quelques questions, informe Emma en s'asseyant sur le haut tabouret à côté de la table. Avez-vous ou avez-vous eu de la fièvre?

- Quand j'ai été hospitalisé samedi oui, plus de 40 et je frissonnais sans cesse.

- Concernant votre respiration, comment la percevez-vous ?

- Je dois reprendre régulièrement mon souffle et je me sens essoufflé sans rien faire. Je tousse, mais ça, vous l'avez bien entendu.

- Vous crachez quand vous toussez ?

- Parfois oui. C'est jaunâtre... Pas très délicat. Quand je tousse ou quand je respire trop fort, j'ai horriblement mal dans la poitrine.

- Vous avez d'autres choses à me signaler ?

- Mal de tête, fatigue, mal aux articulations et je n'ai pas très faim. Moi qui étais un si bon mangeur.

- Rassurez-vous Mr Mills, euh, Henry, vous reprendrez vite goût à vous mettre à table.

Avant que le patient ne réagisse, Emma est déjà debout, un stéthoscope à la main pour écouter sa respiration. Assis, dos à la blonde, Henry ne voit pas le discret sourire se dessiner sur les lèvres d'Emma alors qu'elle est plongée dans son travail. Elle ne s'en rend pas compte, mais sauver cette jeune femme sur la route et tenter de guérir Henry réaniment doucement une partie de son âme qu'elle pensait avoir perdue. Emma est faite pour ça. Sauver les gens telle la super héroïne d'un film ou d'une série télé. La blonde ne pense plus à rien. Elle a occulté les raisons qui l'ont menée jusqu'à ce cabinet et se concentre uniquement sur son patient, comme elle l'a toujours fait. Comme elle a toujours travaillé. Comme elle a toujours été. Emma n'a jamais laissé ses émotions prendre le dessus sur son travail à l'hôpital de Los Angeles.

- Soufflez longuement la bouche ouverte.

Alors qu'Henry s'exécute, Emma distingue clairement le sifflement caractéristique de la pneumonie.

- Toussez.

La blonde continue minutieusement son auscultation. Tout y passe. Les réflexes. La tension. La température. L'équilibre sur une jambe, puis l'autre. Emma étudie les radios disponibles dans le dossier, puis le scanner effectué en urgence.

- Vous pouvez vous rhabiller, Henry et venir vous assoir, informe Emma en prenant place sur le fauteuil du docteur Hopper.

- Alors..., souffle Mr Mills avec inquiétude en remettant son maillot de corps.

- Ce n'est pas un cancer. Par contre, vous êtes effectivement malade. Que savez-vous sur la pneumonie ?

- Que ça touche les poumons..., tente Henry en reboutonnant un à un les boutons de sa chemise en flanelle.

- D'après mon premier examen, vous avez une pneumonie qui va pouvoir être traitée par antibiotiques. Vous étiez sûrement en très bonne santé avant pour tenir à ce point le coup.

- J'ai toujours été assez sportif. Je fais beaucoup de randonnée et de vélo. Enfin, c'était avant tout ça.

- Ça va revenir, vous pouvez remercier votre bonne condition. En attendant, je vais vous prescrire un antibiotique adapté à votre mal. Par chance, le traitement pour le cancer a dû canaliser la pneumonie et nous allons pouvoir vous guérir.

- Qui nous ? demande Henry un petit sourire en coin, en revenant sur les derniers mots de la blonde.

- Je... Je vais pouvoir vous guérir, se reprend Emma, en comprenant l'intervention de l'homme devant elle qui la regarde avec reconnaissance, avant de poursuivre ses explications. Je vais vous faire deux ordonnances. Une avec un premier antibiotique que vous allez prendre dès aujourd'hui et une autre avec un second antibiotique au cas où le premier ne semblerait pas faire effet. Pour votre toux, je ne vais pas trop y toucher car vous devez dégager vos bronches. Pour ça, je vais vous prescrire de la kinésithérapie respiratoire. Cette technique est surtout employée chez les personnes atteintes d'une maladie respiratoire chronique, mais elle peut vous aider à désencombrer vos voies respiratoires. De plus, ça contribue à raccourcir le temps de guérison et à prévenir les complications, ce qui n'est pas négligeable dans votre cas. Du coup, pour soulager votre toux et vos maux de gorge, je vous suggère plutôt de boire de l'eau chaude avec un peu de miel, ça adoucira les douleurs. Enfin, je vais appeler l'hôpital de Phoenix pour qu'ils fassent quelques examens complémentaires rapidement afin d'évaluer la situation exacte et je vais vous prendre un autre rendez-vous dans à peu près cinq à six semaines pour vérifier si tout va bien avec une radio pulmonaire. Si votre pneumonie ne guérit pas dans les délais habituels, je vous enverrai faire un scanner pour une recherche plus approfondie de la cause de cette persistance. Est-ce que tout est clair ? l'interroge Emma laissant enfin la parole à ce pauvre Mr Mills qui tente d'assimiler toutes les informations.

- Je vais vivre ? demande-t-il, ému, au bout de longues secondes.

- Si vous suivez votre traitement jusqu'au bout, oui. Vous allez vivre, confirme la jeune femme blonde bouleversée par la lueur nouvelle qui vient de s'éclairer dans les yeux d'Henry.

- Que s'est-il passé ?

- Ne vous inquiétez pas de ça, le docteur Hopper se charge de tout ça. Vous, soignez-vous.

- Qu'est-ce que je vous dois ?

- Rien.

- Mais je dois vous payer. Tout travail mérite salaire !

- Vous l'avez déjà fait. Plus que vous ne l'imaginez. Finissez de vous habiller et nous rentrerons. Je pense que vos filles vous attendent.

- Si elles ne se sont pas entretuées avant... souffle Henry, levant les yeux au ciel tout en secouant la tête et en imaginant ses deux petites filles se chamailler comme lorsqu'elles étaient enfants.

Emma ne relève pas cette remarque qui fait appel à aux souvenirs personnels d'Henry et sort du cabinet sous les regards mécontents des autres patients qui attendent. Une fois sur le parking de centre médical de Hopper, Emma porte ses yeux à sa montre et se rend compte qu'ils y sont restés presque une heure. D'où les regards noirs à son encontre, mais peu importe, elle a fait ce qui lui semblait juste. La blonde se sent presque revivre. Une sensation depuis longtemps oubliée renaît de ses cendres doucement, ravivant les braises encore tièdes d'un passé détruit.

Quelques minutes plus tard, Henry monte dans le pick-up essoufflé et fatigué par cette séance riche en émotion. Dans son cœur se jouent les montagnes russes du bonheur, du soulagement et de l'appréhension. Henry a une seconde chance de vivre. Une seconde chance avec ses filles et il est bien décidé à ne pas la laisser s'évaporer dans les méandres d'un souvenir encore trop présent. Fort de sa nouvelle vie, il se promet de les protéger jusqu'à la fin. Jusqu'à son dernier souffle d'espoir.

Le retour se fait en silence, rythmé par les quelques feux rouges et passants qui souhaitent traverser la route. Emma rigole intérieurement en se rendant compte des ressemblances frappante que Régina a avec son père en voiture. Cette même ride plissée au milieu du front quand leur cerveau tourne à plein régime. Ce même regard fixé au loin, observant la vie de l'autre côté de la vitre. Cette même impatience cadencée par les mouvements de leurs genoux.

- Mes filles vont être folles de joie, laisse échapper Henry dans un murmure, gardant sur ses lèvres un sourire qui ne le quitte plus.

- Et je les comprendrai. C'est merveilleux pour vous trois.

- Merci encore Emma. Mes jours étaient comptés et si Régina ne t'avait pas rencontrée, je ne verrais pas comme la vie peut être forte et fragile à la fois.

- Vous avez cette chance Henry. Le soleil n'est pas prêt de se coucher pour vous.

- C'est joliment dit. Vos patients ont de la chance de vous avoir.

- Je ne pratique plus depuis longtemps, lui avoue Emma avant d'entamer son ascension au sein de la propriété Mills.

- C'est bien dommage ! C'est une perte pour le corps médical. Vous devriez songer à reprendre du service.

- Nous sommes arrivés. Allez annoncer la bonne nouvelle à vos filles, lui propose la blonde mettant ainsi fin à leur discussion.

- Venez !

L'homme quitte la voiture sans laisser à Emma le temps de répondre. C'est une fâcheuse habitude que visiblement ont les membres de la famille Mills. Une habitude qui fait doucement sourire la blonde. Henry a déjà passé le pas de la porte quand Emma décide enfin de descendre du pick-up. Elle récupère au passage son téléphone portable dans la boite à gants et les ordonnances qu'Henry a oubliées sous le coup de l'impatience.

Alors qu'elle remonte la petite allée jusqu'à l'entrée, un bruit sourd se fait entendre. Par réflexe, Emma s'arrête et relève la tête pour observer les alentours et détecter la provenance de ce bruit suspect. Rapidement, elle comprend que c'est la porte blindée de l'entrée qui a claqué, en voyant Régina, debout, à quelques mètres d'elle. Ses yeux humides et ses lèvres tremblantes révèlent à Emma l'émotion qui traverse son corps. Leurs regards ne se lâchent plus, laissant les mots inutiles s'envoler par-delà leurs cœurs, irradiant leurs âmes d'un sentiment sans égal. Emma sent ses lèvres s'étirer dans un léger sourire, remarquant la beauté naturelle de cette femme sous le soleil d'automne. Régina discerne ce petit rictus de là où elle se trouve et prend ça comme un signe. Elle avance en marchant pas après pas, avant d'accélérer de plus en plus pour finir par courir jusque dans les bras de la blonde.

Les secondes s'égrainent dans le sablier, mais Régina s'en fiche. Rien d'autre n'a d'importance que les bras rassurants d'Emma dans lesquels elle se blottit toujours un peu plus. La blonde sent son coeur s'emballer en respirant les effluves délicatement fruitée du shampoing de la brune. Jamais elle n'avait ressenti ce genre d'émotion. Comme si la terre s'était arrêtée de tourner pour qu'Emma ne voie qu'elle. Comme si le ciel avait changé de couleur, afin de voir la vie plus tendrement. Comme si son passé avait désormais un sens.

- Merci, souffle la brune en se décollant légèrement de la conductrice.

- De rien.

- Alors comme ça tu es médecin?

- Oui, mais je ne pratique plus.

- Pourtant tu as aidé mon père et cette jeune femme sur la route.

- Peut-être, mais ça ne change rien.

Emma sent le malaise se pointer à l'horizon et s'écarte définitivement de Régina avant de faire un geste maladroit. Du coin de l'oeil, sur le perron, elle voit Zéléna s'avancer à son tour, les yeux remplis de larmes.

- Laisse-moi remercier notre sauveuse comme il se doit ! ordonne, émue, la rousse en poussant Régina sur le côté. Vous..., continue-t-elle en pointant son index vers Emma, vous êtes un ange tombé du ciel.

- Non, je n'ai fait que mon travail.

- Je croyais que ça ne l'était plus... lance Henry en rejoignant les trois jeunes femmes. Allez, rentrons fêter ça !

Emma est de nouveau happée par cette famille qui ne semble pas décidée à la laisser partir. Mais le veut-elle seulement ? Ensemble, ils remontent l'allée du manoir tandis que le soleil commence à chatouiller l'horizon de ses rayon orangés, signe d'une nuit claire et calme ainsi que d'un beau lendemain.

{Flash back}

Henry a à la fois le sentiment de vouloir tout raconter très vite à ses filles et celui de vouloir tout garder pour lui. Du moins, encore quelques minutes. Encore quelques secondes. De répit. De calme. De paix, afin de savourer le vent frais sur sa joue et de se dire qu'il pourra en profiter encore pendant de longues années. Délicatement, il pousse la lourde porte sans bruit et finit par distinguer les voix posées de ses enfants. Surpris de ne pas entendre hurler ou des mots injurieux, il s'avance à pas de velours vers le salon. Là, sous ses yeux emplis de fierté, se tiennent assises côte à côte, Régina et Zéléna. Leurs mains sont liées. Serrées. Jointes. Unies comme elles auraient toujours dû l'être. Force est de constater que leur lien fraternel n'a pas disparu. Il a été mis à rude épreuve. Il a subi nombre de traumatismes, mais il n'a pas rompu. Leur mince relation est à l'image de ce roseau dans la tempête. Il fléchit, endure, mais une fois que les forces extérieures ont cessé, il se tient droit, fier et impérieux face au grand chêne tombé à terre.

- Je ne pouvais pas rêver mieux. Mes deux filles sont réconciliées, déclare Henry en sortant de sa cachette.

- PAPA !, s'exclament en coeur les deux jeunes femmes avant de se ruer ensemble vers leur père.

- Alors ?

- Comment vas-tu ?

- Qu'a dit Emma ?

- Tu as quoi ?

- Tu peux être soigné ?

- Mes filles, mes filles, mes filles ! Calmez-vous ! intervient Henry en stoppant cette rafale de questions. Je n'ai pas de cancer. Ça va être long, mais Emma va pouvoir me soigner.

- Qu'est-ce que tu as ? demande Zéléna, impatiente de mettre un nom sur le mal qui ronge son père tandis que Régina vient de perdre son empressement.

- Une pneumonie.

Regina ne réagit pas. Elle fixe un point dans le vide, signe que ses pensées tournent à plein régime. Le silence et les regards dirigés vers elle la sorte rapidement de sa léthargie.

- Ou est Emma ? demande-t-elle avec inquiétude en constatant son absence.

- Elle était derrière moi.

Régina sent soudainement son coeur s'accélérer et un sentiment de crainte vient envahir son être. Emma serait-elle partie sans dire au revoir ? Sans prendre la peine de lui parler une dernière fois ? Sans un dernier regard ? Quittant les bras de son père, la brune doit en avoir le coeur net. D'un pas décidé, elle traverse le hall d'entrée et sort dehors plus rapidement qu'elle ne l'avait imaginé.

- Il se passe quoi ici ? demande Henry en plongeant ses yeux malicieux dans les perles brillantes de Zéléna.

- Quelque chose qu'elles-seules ne voient pas ! affirme la rousse en regardant sa soeur, bloquée sur le pas de la porte.

Là, devant Régina, se tient Emma prête à rejoindre le manoir Mills. Les dernier rayon du jour viennent inonder sa chevelure doré, la rendant plus belle encore et le sourire qu'elle offre à Régina a le pouvoir de balayer sans ménagement la peur insidieuse qui se répandait inéluctablement jusqu'au fond de son âme. La brune a besoin de la sentir près d'elle, comme dans ce bar ou dans le lit qu'elles ont partagé. Elle a besoin de la savoir réelle et de ressentir le plaisir et l'apaisement au creux de ses bras. Alors, sans tenir compte du monde extérieur, et comme poussée par les dieux eux-mêmes, Regina accourt vers la femme qui lui fait voir le monde autrement depuis une semaine à peine.

{Fin flash-back}


Henry n'est pas mourrant ! Youhouuu !

Ce chapitre est plus court que les autres, mais étant donné qu'il est concentré sur Henry, je ne voulais pas trop m'attarder non plus. J'espère qu'il vous aura quand même convaincu.

Le prochain chapitre est presque terminée. Je ne vous donne pas de date de pulication car c'est impossible. Au plus tôt, promis!

N'hésitez pas à laisser une review ! Cette histoire a dépassé la barre des 100, c'est géant! Merci à vous tous, vous êtes géniaux.

A bientôt !