-Oberyn, si tu m'aimes, je t'en supplie ! Arrêtes ce que tu es en train de faire ! Tu l'as remis à ta place, ne fais rien qui pourrait porter le déshonneur sur notre maison, mon amour !

Tout le monde se tourna vers la voix forte qui venait d'envahir la place de combat. Elle avança, digne

malgré sa pâleur et les blessures bien visibles que les Tyrell lui avaient infligées. Dracarys, digne d'un

destrier royal, prenait soin de sa maîtresse qui avait désormais tout l'attention du bretteur

victorieux. Willas, s'était finalement cassé la jambe quand il avait été précipité à terre par Oberyn

mais celui-ci n'avait que faire de ce que l'on pourrait dire de lui par après. Il avait recueilli sa fiancée à

bout de forces dans ses bras quand Dracarys s'était approché de lui. Le brave étalon s'était

agenouillé à temps et Arya ne fit que passer de son dos aux bras de son futur époux. Elle s'était

évanouie à cause de la douleur et Oberyn demanda à ce qu'il puisse la ramener au château. Il devait

néanmoins continuer la joute pour l'honneur dans le combat qui l'opposait au chevalier d'Essos.

Robb s'était incliné devant la supériorité du jeune chevalier et jura à Oberyn qu'il ramènerait Arya au

château et lui demanda en murmurant de mettre une raclée au chevalier rouge qui l'avait mis à terre

avec une facilité déconcertante.

Arya avait cependant repris ses esprits dans les bras de Robb et exigeait de savoir ce qu'il s'était

passé. Elle n'avait pas vu Oberyn se rendre avant de perdre connaissance et se maudit de sa faiblesse. Néanmoins, elle fut rassurée quand son frère lui jura qu'il avait abandonné le combat avec Willas. Il ne lui cacha toutefois pas que le jeune lord souffrait d'une fracture à la jambe que son maester était déjà en train de soigner. Arya soupira et en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, elle était de retour dans son lit qu'elle ne pouvait plus supporter. Mais ses blessures eurent raison d'elle et elle se rendormit sous la garde d'Ariane et de Robb qui n'avait pas le cœur de retourner à la joute maintenant qu'il avait été défait. Les deux jeunes gens passèrent du bon temps à jouer à la cyvasse et à se parler de leurs responsabilités respectives en tant que futur souverain. La fin de la journée se passa de la plus joyeuse des manières pour les deux gardiens et cette bonne humeur fut augmentée quand Oberyn entra auréolé de gloire malgré une blessure, victorieux de la joute. Il fut le roi de la soirée à laquelle seuls Willas et Arya étaient absents. Willas souffrait encore de sa blessure mais n'était pas en danger. Personne ne tenait grief de la blessure du jeune lord, courante dans les joutes et il ne serait qu'une attente de quelques semaines avant qu'il ne puisse remarcher. La jeune princesse ruminait dans sa chambre, remise de ses émotions de l'après-midi. Elle ressentait un profond rejet de la part de sa famille et de ses amis. Elle était particulièrement en colère contre son père qui n'avait même pas pris la peine de s'excuser de ce qu'elle avait souffert à son service. Elle blâmait tout le monde désormais, de la mort de Nymeria elle blâmait Robb qui avait encore son loup lui, de ses blessures nombreuses, elle ne blâmait pas que les Tyrell mais également les personnes qui la connaissaient si bien et qui savaient qu'elle donnait toujours des nouvelles et qui n'étaient pas partis à sa recherche. De sa solitude, elle blâmait sa tante, son frère, son fiancé qui n'avaient pas daigné rester avec elle et s'amusaient en bas. La fièvre la faisait déjà délirer mais elle décida de se promener dans les jardins pour profiter de l'air si doux de la nuit. Elle ne mit qu'une chemise et un pantalon. Pieds nus, elle dévala les escaliers avec une force toute nouvelle et se trouva en moins de temps qu'il ne fallait le dire dans les jardins si silencieux de Red Keep qu'elle avait pour elle seule. Elle erra dans les jardins avant de se faire surprendre par un inconnu caché dans les ombres qui réussit à la faire sursauter. Immédiatement, il se dévoila et Arya découvrait Loras passablement aviné et doté d'une flasque dont il lui proposa le contenu pour s'excuser de la frayeur qu'il lui avait causé. La jeune princesse, quelque peu fatiguée, chuta dans l'herbe et grogna de douleur quand elle ne put éviter d'heurter ses côtes. Immédiatement, Loras s'agenouilla mais se mit à rire quand il vit Arya un large sourire sur les lèvres, regardant les étoiles. Elle se rassit avec l'aide de Loras et prit une large gorgée de l'alcool qui avait servi à imbiber son compagnon. Tenant toujours aussi mal l'alcool, Arya n'était pas du tout discrète en pouffant de rire à chacun des mots que le jeune lord prononçait. Celui-ci trouvait la jeune fille adorable et quand il lui demanda pourquoi elle était descendue seule en pleine nuit et sans escorte : celle-ci lui répondit, soudainement plus grave que tout le monde l'avait abandonnée. Loras se rapprocha de la jeune princesse et lui murmura que lui avait quitté la soirée car il ne supportait pas de voir les airs de faquin dont tout le monde s'affublait pour plaire ce soir. Le jeune chevalier lui confia qu'il entendait demander son rattachement à la garde royale à la fin du jubilé. La jeune fille l'approuva dans son choix, elle avait toujours admiré les gardiens de son père avec leur cape blanche volant au vent même si elle leur avait souvent fait vivre un enfer étant plus jeune. Quand elle entendit des bruits qui venaient vers eux, ne voulant pas être prise en dehors de ses quartiers, elle traîna le jeune Tyrell dans un des bosquets et lui intima de se taire. Les pas s'éloignèrent d'eux et Arya, esquissant une révérence sortit à découvert dans les jardins, elle ne pouvait espérer de ne pas se faire prendre si elle était aussi peu discrète ce qui convainquit Loras de voler à son secours pour arriver à ses appartements le plus vite possible. Le jeune homme prit la jeune fille peu assurée sur ses pas sous son bras et la porta presque jusqu'à ce qu'ils atteignent ses quartiers. Elle était à nouveau brûlante et Loras se sentit coupable de l'avoir fait boire. Il ne put cependant pas s'en vouloir beaucoup et atteindre sa chambre car il entendait des pas arriver en leur direction, il l'installa donc sur un des canapés et ressortit aussi vite que possible. Il ne se fit pas prendre en ressortant et souffla de soulagement quand il atterrit dans sa chambre.

Du côté des Stark, Eddard arriva le premier dans le salon des enfants et repéra Arya luttant pour respirer, allongée dans le sofa. Il se précipita et demanda le Maester immédiatement. Sa fille était brûlante de fièvre et il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé. Malgré sa sortie de cette après-midi, elle était en voie de convalescence et la fièvre l'avait quitté. Quand il la mit au lit, il remarqua ses pieds sales et en conclut qu'elle était sortie aussi peu couverte dans la nuit à peine remise. Il réprima un grognement de colère contre la jeune inconsciente mais laissa place à Raemord quand il arriva avec son assistant. Sa sœur, sa femme et ses deux aînés ainsi qu'Oberyn entouraient le lit de la jeune fille, qui si maintenant parvenait à respirer sans trop de mal commençait à délirer ouvertement. Totalement désorientée, elle ouvrit les yeux, se redressa malgré la pression de l'assistant du Maester et commença à tempêter sur tout le monde. Elle devenait littéralement enragée et effrayait tout le monde qui reculait sous les mots que leur lançait la malade. Elle hurla un :

-DEHORS ! TOUT LE MONDE ! JE NE VEUX PERSONNE CHEZ MOI !

Qui fit définitivement sortir tout le monde qui ne voulait pas risquer d'aggraver l'état de la princesse. Sansa et Cat s'effondrèrent dans les bras de leur père et mari à la vue de leur petite Arya dans cet état. Oberyn s'était avachi sur le sofa où ils avaient trouvé Arya et sentit l'odeur amère du breuvage qu'Arya avait renversé sur elle et qui avait imbibé le coussin. Il se demanda où Arya avait trouvé du vin puis se raisonna en mettant sa colère d'aujourd'hui sur la fièvre qui la dévorait ainsi que sur son ébriété maintenant manifeste.

De son côté, Arya s'était calmé dès que toutes ses personnes étrangères avaient quitté sa chambre. Elle ne pouvait supporter que des inconnus ne la regardent faible. Elle délirait profondément, son état aggravé par cette balade dans la fraicheur nocturne et l'alcool qu'elle avait absorbé. Raemord avait vite senti son haleine avinée et s'empressa de lui administrer un émétique qui lui permettrait de vomir l'alcool qui faisait bouillir son corps. Dans un râle terrifiant, Arya vida son estomac fragile dans une cuve et immédiatement retomba dans le brouillard de la fièvre. Raemord ne pouvait rien faire d'autre pour la jeune fille. Il lui faudrait attendre quelques heures que son estomac se remette avant qu'elle n'absorbe quelque chose et pendant ce temps, son assistant resterait auprès d'elle pour éponger la pellicule de sueur qui recouvrait son front tandis que son corps brulant ne cessait de s'agiter dans les tourments de la fièvre. Raemord avait examiné sa blessure dans le dos et avait conclu qu'elle s'était infectée. Quand il l'avait aspergé de vin, Arya avait hurlé de douleur faisant sursauter toutes les personnes dans sa chambre. Sa chevauchée de l'après-midi avait rouvert la plaie qui suppurait désormais. Allongée sur le ventre et maintenue par l'assistant de Raemord, Arya faisait pâle-figure mais s'était calmé ce qui mettait à jour son souffle sifflant à cause de l'infection. La jeune princesse peinait à respirer et Raemord la fit relever après avoir de nouveau bandé son torse pour maintenir le pansement de son dos et permettre à ses côtes de se ressouder plus rapidement. Elle respirait mieux sur le dos mais sa fièvre qui l'avait si vite repris après un mieux depuis le matin inquiétait le vieux soigneur. Il ne pouvait néanmoins qu'espérer que le corps jeune et en bonne santé de la princesse réussirait à combattre la fièvre. Il n'autorisa personne à rester dans sa chambre, de peur que ses colères reprennent mais laissa son assistant à ses côtés, le jeune maester devrait renouveler les linges froids sur le front, le torse et le cou de la jeune fille.

Tout le monde protesta de se voir refuser l'entrée des appartements de la malade mais obtempéra quand le maester éleva la voix. La jeune fille devait se reposer dans le calme le plus total cette nuit pour espérer combattre l'infection qui la rongeait…

La nuit à Red Keep fut horrible pour tout le monde. Toutes les pensées étaient tournées vers Arya et plus particulièrement sur sa guérison. Le maester avait fait tout ce qu'il pouvait et avait remplacé les linges frais qui l'entouraient toute la nuit. Il s'était assoupi, épuisé au petit matin au moment même où sa patiente ouvrait un œil brumeux, suppliant pour de l'eau. Son râle fut entendu par son plus jeune frère, Rickon qui avait sa chambre à côté de celle d'Arya et qui avait entendu la demande de sa grande sœur. Tandis que Shaggydog faisait son bout de chemin aux côtés d'Arya, le petit prince réussit à porter un verre d'eau à sa sœur qui le but avec délectation. Son petit frère reposa le verre sur le chevet d'Arya et se colla contre Arya qui profita de sa chaleur bienfaisante. Shaggydog l'apaisait, lui faisant presque oublier que Nymeria n'était plus là et c'est ainsi que la jeune princesse retrouve le sommeil, plus tranquille malgré la fièvre qui la consumait. C'est entouré du loup et du petit garçon qu'on trouva Arya endormie ce matin-là, à l'heure de la visite. La fièvre était toujours présente mais n'entravait plus la respiration d'Arya aussi abruptement qu'hier ce qui était un soulagement moral pour tous encore plus que le soulagement physique. La jeune fille semblait apaisée par la présence du loup et quand Rickon se réveilla, son compagnon à fourrure n'esquissa pas un seul mouvement vers son maître. Le jeune prince laissa tomber l'idée de retrouver son loup jusqu'à la guérison de sa sœur et sortit avec ses frères et sœurs pour laisser leurs parents avec leur sœur. Arya paraissait beaucoup plus apaisée que la veille ce qui rassura ses parents. Le vieux maester leur assura que la situation s'arrangeait pour la jeune blessée et que dans quelques jours avec des bons repas, beaucoup de repos et de la bonne volonté, cet épisode ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Encore seuls dans la chambre, le roi et la reine laissèrent éclater leur joie de bientôt retrouver leur Arya. Quand Oberyn les rejoint accompagné de Jaime, les deux parents leur apprirent la nouvelle et tout le monde réagit avec exubérance avant d'être tempéré non pas par le maester mais par un borborygme de la princesse alitée et d'un grognement : « Qu'ils la bouclent, bon sang ! »

Explosant de rire, les quatre adultes tempérèrent leur enthousiasme et quittèrent la chambre avant que le bon Raemord ne sévisse. Arya reprit ses esprits quelques heures après le départ de ses parents, suppliant pour de l'eau qu'on lui donna le plus rapidement possible. Elle but à grands traits avant de se faire retirer la coupe par le vieux soigneur qui lui ordonna de ne boire que quelques gorgées. Réprimant l'envie de rabrouer Raemord, Arya obtempéra avant de replonger dans son sommeil encore agité pour la plus grande partie de la journée. Plusieurs personnes se tenaient autour d'elle quand elle ouvrit ses yeux vitreux par la fièvre qu'elle combattait toujours, elle reconnut ses parents, ses frères et sœur, son fiancé, son parrain et ses oncles et tantes. Réprimant une envie de s'enterrer sous une montagne de pelisses pour ne pas affronter leur regard, avec une tête sûrement pas présentable, Arya parvint à jouer la comédie assez longtemps jusqu'à ce que sa douleur soit trop forte et que du lait de pavot lui soit administré. Elle referma les yeux ainsi sous le regard dérangeant de toutes ses personnes qui l'oppressaient terriblement sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi. Elle enfouit son visage dans la fourrure douce et parfumée de Lady qui avait pris la place de Shaggydog quand celui ne put plus rester en place et s'endormit quasi immédiatement.

Quand il fut sûr que sa sœur était véritablement sur le chemin de la guérison, Robb s'enfuit de sa chambre et dévala quatre à quatre les marches menant au jardin pour rejoindre la belle Asha Greyjoy avec qui il avait rendez-vous au clair de lune. Le jeune prince avait été séduit par la jeune princesse des Iles de Fer qui, elle était tombé sous le charme de l'héritier de Westeros. Depuis qu'ils avaient combattu l'un contre l'autre à la joute de la veille, quelque chose s'était passé et pendant le festin d'hier soir, il lui avait fait passer un mot l'invitant à le rejoindre la nuit prochaine à l'ombre du saule pleureur. Asha était déjà là tournant le dos à son prince charmant, observant la mer calme au clair de lune. Surprise par la main de Robb posée sur son épaule, elle sursauta avant de se tourner vers le jeune homme. Celui-ci lui prit la main et ils s'installèrent à l'abri des regards indiscrets et passèrent la plus douce des soirées.

Conscients qu'ils avaient quelque peu manqué à leur devoir d'hôte aujourd'hui, le couple royal annonça un grand bal pour le lendemain soir après un grand banquet. Le roi avait prévu une grande chasse avec les hommes, ses vassaux. La reine avait prévu de réunir les femmes dans ses appartements pour une après-midi autour de mignardises et boissons chaudes. Les nouvelles furent accueillies avec joie par tous et les femmes, en particulier les plus jeunes parlaient déjà de leurs tenues, capitales pour attirer leurs futurs maris. Le dîner se passa dans la plus frivoles des ambiances au bonheur du roi et de la reine. La soirée s'acheva sans accidents notoires et les invités du roi se retirèrent le sourire aux lèvres tous aux réjouissances prévues. Seul Oberyn avait déserté, ses pas le menèrent directement aux chambres de sa promise. Il entra en toquant et interrompit le jeune maester renouvelant les linges frais qui devraient faire baisser la fièvre. Le jeune homme s'inclina pour revenir à sa patiente. Quand le prince annonça qu'il pouvait prendre sa place, le jeune maester soupira de soulagement avant de se reprendre et de s'expliquer « la princesse Arya n'est pas très facile et je suis à son chevet depuis deux jours sans dormir, je ne rêve que de mon lit, monseigneur. Vous n'avez qu'à continuer de retremper les linges dans l'eau fraiche dans la cuve et les replacer sur son front. La princesse Arya devrait être guérie après cette nuit. La fièvre baisse depuis quelques heures, il ne devrait rien y paraître demain dans la matinée. Si quoi que ce soit vous inquiète, demandez à un des gardes qui ira me réveiller. »

Oberyn remercia le jeune apprenti qui se traîna dans sa chambre et laissa Oberyn et Arya seuls. Il la contempla, silencieux et toucha son front avec douceur pour s'assurer que la fièvre la quittait. En effet, son front, s'il était chaud n'avait rien à voir avec la fournaise qu'il était la veille. Oberyn approcha un fauteuil et prenant un livre dans la bibliothèque d'Arya tomba sur un parchemin roulé à la hâte. Il le sortit de son alcôve et le déroula intrigué. Il reconnut l'écriture de sa fiancée et commença à lire la traduction de la vie de Nymeria. Arya lui avait parlé de sa fascination pour l'histoire mais il n'avait jamais pu apprécier un seul de ses travaux. Il était soufflé de sa capacité à raconter l'histoire de la reine guerrière qui avait fondé la maison dont il était issu : les Martell-Nymeros. Il lut jusqu'à tard dans la nuit puis prit la liberté de prendre un autre parchemin qui lui parlait des Stark, plus précisément de la légende de Brandon le bâtisseur, celui qui grâce à sa magie avait construit le Mur qui les protégeait des créatures du Nord. Toute la nuit passa sans qu'Oberyn ne se lasse de faire des découvertes étonnantes. Le travail qui l'intrigua le plus fut un parchemin d'une longueur considérable, il ne put en lire une ligne car il était écrit en Valyrian, langue qu'il ne parlait pas. Il allait le reposer quand la voix enrouée d'Arya l'invita à lui passer son travail. Quand il se retourna, un sourire lui vint vivement au moment où il croisa le regard tout à fait éveillé de la jeune fille. Il l'aida tout d'abord à se relever et l'installa confortablement. Elle l'invita par la suite à prendre place à ses côtés et Oberyn obtempéra. Arya prit le parchemin avec délicatesse dans ses mains et en fit la lecture à son fiancé comme elle l'avait fait à ses petits frères s'il y a quelques semaines. Ce parchemin contenait tout ce qu'elle avait pu apprendre sur les Wargs. Oberyn pensait qu'il ne s'agissait que de légendes quand Arya lui avoua que les cinq enfants Stark en étaient avec leurs loups. Oberyn n'y croyait pas vraiment quand Arya lui rappela la fois ou Nym l'avait attaqué avant de s'enfuir. Il dut s'incliner quand elle lui dit que c'était elle qui l'avait poussé à terre car elle contrôlait son loup à ce moment-là. Oberyn lui demanda de continuer son histoire et se nicha sous la pelisse d'Arya. La jeune princesse continua pendant plusieurs minutes avant de sentir le souffle de son promis se ralentir et son corps se ramollir. Elle sut qu'il dormait et se contenta de remonter les couvertures sur lui et se dégagea de son lit pour demander un bain. Trop malade pour sortir de son lit, elle ne s'était pas vraiment lavé depuis plusieurs jours et ressentait le besoin irrépressible de plonger dans une cuve d'eau chaude. Quand elle sortit seule de sa chambre, elle tomba tout d'abord sur une servante à qui elle demanda de préparer un bain puis sur deux petites tornades qui étaient ses petits frères qui lui sautèrent dessus, manifestant bruyamment leur joie de voir leur grande sœur revenir en bonne santé. Bran et Rickon se mirent à babiller comme des petits enfants avant qu'Arya ne leur demande de parler plus doucement pour qu'elle comprenne. Les petits princes lui racontaient tout simplement ce qu'il s'était passé depuis qu'elle était partie. Elle souriait d'entendre Rickon lui raconter qu'il s'était échappé de sa leçon avec le septon par le passage qu'elle lui avait montré au moment même où Bran passait par la fenêtre profitant de ses dons de grimpeur. Arya riait aux éclats avec ses deux petits frères quand la servante vint lui annoncer que son bain était prêt. Arya embrassa ses petits frères et prit la direction de sa baignoire. Elle entra avec délice dans l'eau parfumée à la rose. Sa blessure la faisait encore souffrir mais la sensation incomparable de propreté qui envahissait Arya effaçait ce désagrément mineur. Elle se lavait les chevaux avec l'unique main dont elle disposait pour cela jusqu'à ce qu'une main chaude glisse dans sa chevelure d'acajou. Il s'installa et massa son crâne avec une douceur incomparable. Elle entendait le souffle rauque d'Oberyn lui caresser le cou et elle frissonna quand il l'embrassa sur la nuque. Elle soupirait de plaisir quand il se mit à la masser les épaules et la nuque. Elle fondit dans ses mains expertes et se retourna pour embrasser son fiancé qui ne pouvait pas être plus beau avec ses cheveux en bataille et ses yeux encore endormis. Elle sourit et se laissa sortir de son bain. Il l'enroula dans une serviette moelleuse et la reconduit dans son lit. Galant, il la laissa après l'avoir une nouvelle fois embrassé. Arya était rouge de plaisir quand quelqu'un toqua à sa porte. Elle demanda un instant pour enfiler une robe de chambre et autorisa le visiteur à entrer. Son soigneur avait été prévenu qu'elle était tout à fait réveillée et avait demandé un bain. Raemord la prenait apparemment à la sortie du bain et apprécia de retrouver sa princesse. Les marques sur son visage étaient quasiment estompées à part une vilaine plaie qu'il craignait qu'elle ne cicatrise pas tout à fait. Elle l'accueillit avec le sourire et se laissa examiner avec patience pour une fois. La fièvre avait totalement baissé dans la nuit ce qui était un soulagement et il était vrai que la plaie de son dos n'était plus du tout inquiétante, l'infection s'était résorbé, les bords étaient propres. Il était vraiment content de son travail et l'autorisa à se lever pour le repas. Arya lui demanda de ne prévenir personne mais de demander au prince Oberyn de la rejoindre avant le repas. Raemord hocha la tête et sortit en souriant. Immédiatement, la jeune fille se décida pour une robe en lin blanc qui n'était pas ouverte dans le dos pour éviter de montrer ses blessures mais qui était très audacieuse sur le devant. Mais elle se rendit compte que les fins rubans qui la tenaient fermée étaient impossibles à nouer avec une seule main. Heureusement, son fiancé arriva à sa rescousse, et souriant de toutes ses dents de la voir si belle et fraîche, il ne put s'empêcher d'embrasser le sourire qui fleurissait sur ses lèvres. En vrai chevalier servant, il lui passa ses sandales et noua les liens en cuir qui remontaient sur ses fins mollets. Déposant une traînée de baisers sur la peau douce de ses jambes par la même occasion. Arya ne pouvait s'empêcher de rire aux éclats et le rejoint sur le sol prenant le contrôle de son fiancé en emprisonnant de ses lèvres celles de son promis. Toujours extrêmement prudent, la sachant convalescente, Oberyn profita pleinement de ce moment après tant de péripéties. Quand la cloche du premier repas sonna, il ne put rien faire d'autre que de remettre de l'ordre dans leurs tenues, Arya s'était brossé les cheveux mais les laissait flotter à la demande d'Oberyn qui adorait la façon dont ils cascadaient dans son dos et c'est ainsi que les fiancés prirent le chemin du grand Hall sous le regard ravi des petits princes qui les accompagnaient en avant d'eux. Quand le héraut annonça le princesse Arya accompagné de Lord Martell, tout le monde se tourna vers les nouveaux arrivants et retint leur souffle. La robe virginale d'Arya leur faisait tous penser à son future mariage et la voir enfin remise après une semaine éprouvante de soins les comblait tous de bonheur. Celle-ci, le visage rayonnant, se jeta dans les bras de ses parents et de son grand frère. La fête du jubilé pourrait vraiment commencer avec Arya, de retour de maladie. Le repas fut extrêmement joyeux et tout le monde admirait le jeune couple, rayonnant de bonheur. Oberyn ne regardait que sa fiancée et ils faisaient abstraction de tout ce qu'il se passait autour d'eux à un tel point que Bran et Rickon protestèrent quand Arya ignora leurs appels. Les deux petits princes sautèrent sur ses genoux en passant au-dessus d'Oberyn et de Robb pour atteindre leur grande sœur. Eclatant de rire, Oberyn installa Rickon sur ses genoux tandis que Bran se nichait dans les bras de sa sœur pour le reste du repas.

Emus, les adultes présents dans la pièce voyaient déjà leur jeune princesse devenir mère et la vie de famille heureuse qu'ils étaient destinés à avoir. Même les Lannister sentaient fondre leurs dernières défenses face à l'amour évident que se portaient les deux jeunes gens. Le repas fut clôt quand le roi se leva, accompagné des hommes présents et déclara que la chasse débuterait dans une heure et qu'il attendrait les participants à la porte d'Or. Oberyn n'avait aucun désir de quitter Arya mais Doran l'avait obligé à participer et Arya vit son fiancé la quitter. Bientôt il ne restait dans la salle que Margeary et Olenna Tyrell, sa mère et sa sœur, Lyanna ayant rejoint les hommes pour la chasse, les plus jeunes enfants et la Rosamund, la femme de Jaime. Les quatre petits princes suppliaient de sortir et Arya les obligea en souriant. Elle fit une révérence avant de laisser les femmes entre elles et prit la tête de la petite troupe. Trystane, Quentyn, Bran et Rickon la supplièrent de les mener à la mer. Arya accepta mais demanda à ce que quelques gardes l'accompagnent. Elle ne souhaitait pas sortir seule avec autant d'enfants. Elle ordonna aux princes d'aller se changer pour une balade à cheval, le soleil étant déjà haut, elle leur conseilla de ne mettre qu'une chemise. Elle aussi devait se changer, si elle souhaitait monter à cheval et prit la direction de ses chambres. Elle mit une chemise et une veste très légère et enfila un fin pantalon de toile serré aux chevilles et une paire de chaussures en cuir souple. Elle dévala les escaliers sans croiser personne mais dû s'arrêter quand ses côtes la firent trop souffrir. Elle avait surestimé de ses forces et dut s'asseoir un moment sur le sol contre le mur pour reprendre sa respiration.