Non, ce n'est pas une hallucination, j'ai enfiiiiin publié ce dixième chapitre ! Je suis vraiment vraiment désolée d'avoir mis aussi longtemps à écrire ce chapitre, mais en plus d'un syndrome de la page blanche aigu, j'ai : fini ma licence, pris des vacances, lutté contre l'administration, commencé une nouvelle relation, déménagé à l'autre bout du monde (autre langue, autre continent, autre hémisphère, rien que ça), aménagé avec mon tout nouveau copain, eu un chien de 8 mois que je dois promener 5 h par jour, cherché du travail... Et j'en passe. Vous avez néanmoins le droit de me jeter des légumes (les pierres, ça fait trop mal, et les tomates - qui sont des fruits - tâchent). A tous ceux qui sont encore parmi nous, néanmoins : ENJOY !


Après l'engueulade téléphonique épique, Emily et JJ avaient quitté le bureau aussitôt, prenant soin d'ignorer royalement les regards inquiets et suspicieux de leurs collègues et amis, qui eurent la délicatesse de la garder fermée. JJ avait fondu en larmes à la seconde où elle s'était écroulée à l'abri des regards indiscrets sur le siège passager du SUV de la brune, et n'avait pour ainsi dire par arrêté de la journée. Emily l'avait emmenée récupérer Henry à la crèche et tous les trois s'étaient réfugiés dans l'appartement de la brune. JJ avait essayé de calmer ses larmes pour ne pas perturber son fils plus que nécessaire, et Emily avait déployé des trésors d'imagination pour distraire les deux blonds assis sur le canapé de son salon. Elle avait réussi à occuper Henry la majorité de l'après-midi et même à faire sourire JJ lorsqu'elle prit le garçonnet sur son dos et feignit d'être un cheval, pour le plus grand bonheur de la mère et du fils.

Mais les attentions de la brune ne s'étaient pas arrêtées là, et elle avait réussi à rendre complètement son sourire à JJ lorsque le concierge de l'immeuble leur avait monté un superbe berceau dans la chambre d'ami, celle qu'occupaient momentanément les Jareau. Tout d'abord, JJ avait protesté qu'Emily ne pouvait pas continuer à dépenser autant d'argent pour eux, mais après que son amie ait expliqué et juré que le berceau appartenait à ses voisins du sixième étage, un charmant couple de sexagénaires riches comme Crésus et dont la fille unique paraissait pondre des bébés annuellement, et qu'ils avaient généreusement accepté de le leur prêter. JJ, égale à elle-même, s'était bien sûr empressée de s'inquiéter qu'il puisse manquer à leurs si gentils voisins, et Emily avait expliqué avec un petit sourire en coin qu'ils n'en auraient pas besoin tant que leur héritière parvenait à garder sa marmaille sous contrôle dans le New-Jersey et ne ressentait pas le besoin d'envoyer deux ou trois de ses rejetons en vacances chez papi et mamie. Emily estimait que cet événement se produisait approximativement tous les quatre à six mois, et elle avait croisé la mère dépassée à peine un mois plus tôt. Elles devraient donc être tranquilles pour les trois à cinq mois à venir.

JJ, après avoir ri à couvert et morigéné son amie pour la description légèrement moqueuse mais apparemment réaliste de la vie de famille des Carlson et lui avoir fait promettre sur sa collection de livres de Vonnegut qu'elle n'avait pas dépensé un centime dans l'opération, avait fini par accepter de conserver le berceau. Et avait été intérieurement infiniment soulagée et heureuse. Emily paraissait sincère lorsqu'elle disait qu'elle tenait à ce que Henry et JJ restent chez elle autant de temps qu'ils le souhaiteraient, et que cela ne la dérangeait pas. Et Emily avait gagné son pari, puisque ce soir-là et malgré un début de journée catastrophique, JJ avait partagé un verre de vin et une véritable conversation avec elle avant d'aller se coucher avec le sourire.


Lorsque le réveil sonna le lendemain matin, Emily s'étira de tout son long dans son lit, le corps incroyablement fatigué. Non qu'elle ait lutté avec acharnement contre le crime ces derniers jours, mais la pression psychologique et émotionnelle à laquelle elle était soumise entre JJ, Henry, Will et tous les souvenirs de son enfance chaotique que le tout faisait remonter suffisait à l'épuiser autant qu'un corps à corps contre Morgan et dix de ses condisciples de la catégorie des colosses.

Elle jeta un coup d'œil énervé au réveil et constata qu'il était tôt, très tôt, et elle insulta la machine en cinq langues différentes avant de finir par se traîner hors des draps. Généralement, elle filait directement sous la douche, mais vu son état général, elle jugea qu'elle avait besoin de café pour être capable de rester debout suffisamment longtemps pour que l'eau chaude ait effectivement eu le temps de la laver. En shorts et débardeur, elle descendit jusqu'à la cuisine, et manqua de faire une crise cardiaque lorsqu'elle vit JJ, déjà toute habillée et maquillée, attablée là devant ce qui paraissait être un bol à soupe de café noir. Elle ne put s'empêcher de rire :

« Si tu veux, je peux directement te filer un chaudron ! »

JJ leva la tête brutalement, surprise, avant de détendre ses traits fatigués en identifiant son amie devant elle. Elle se contenta d'hausser les épaules pour éluder la question :

« J'en ai besoin. »

Emily hocha la tête avec entendement, parfaitement en accord avec l'explication de la blonde :

« Je ne te blâme pas, tant qu'il en reste un peu pour moi. »

JJ fit un signe de tête vers la cafetière encore à moitié pleine, et Emily s'y rendit aussitôt pour se préparer son propre breuvage, mais dans un contenant de taille un peu plus raisonnable.

« Le petit homme dort toujours ?

-Pour encore une bonne demi-heure, j'espère. Quand je me suis levée, il dormait du sommeil du juste.

-Et je suppose que tu n'as pas passé une aussi bonne nuit. »

Nouvel haussement d'épaules.

« Beaucoup de choses en tête.

-J'imagine. »

Emily aurait bien continué la conversation, mais il paraissait assez évident que la blonde n'était pas vraiment disposée à la discussion, et elle avala son mug de café avant de s'excuser pour remonter à l'étage et prendre sa douche.

Après avoir englouti le petit-déjeuner préparé par JJ, qui avait justifié que c'était bien la moindre des choses après tous les efforts d'Emily, et déposé Henry à la crèche encore engourdi de sommeil, les deux amies étaient en voiture en direction du bureau. JJ avait été silencieuse de toute la matinée, visiblement en pleine réflexion, et la brune jugea qu'il était préférable de ne pas insister pour l'instant. Elle lui donnait la journée pour ruminer avant de l'interroger plus avant.

Cela ne fut pas nécessaire, car trois pâtés de maisons avant d'arriver à l'entrée du bâtiment officiel du FBI, JJ finit par soupirer :

« Em, je pense demander à Hotch une ou deux semaines de congés. »

Emily manqua de percuter la voiture devant elle sous l'effet de la surprise. Depuis plus de trois ans qu'elle connaissait la blonde, elle n'avait jamais, au grand jamais, vu celle-ci prendre le moindre jour de vacances en dehors de son congé maternité – et encore, elle était encore au bureau lorsque les contractions avaient commencé et était revenue plus tôt que prévu.

« Tu es sérieuse ? » demanda-t-elle, ébahie.

« Je... Je crois. Je n'aime pas faire ça, vraiment, mais... Avec tout ce qu'il se passe avec Will, j'ai besoin de temps pour me mettre au point et me reconcentrer sur les choses importantes. Et particulièrement Henry et mon travail. En ce moment, je ne fais rien correctement. Hier, je suis arrivée en retard au travail et j'ai dû partir en urgence au bout de quoi, une heure ? Et Henry, je le dépose à la garderie alors qu'il est à peine réveillée et je le récupère alors qu'il dort déjà à moitié. Et quand ce n'est pas le cas, je suis tellement inquiète que c'est toi qui dois t'en occuper parce que je suis complètement à côté de la plaque. Tu es géniale avec lui, vraiment, et je ne sais pas comment on aurait fait sans toi, mais c'est mon fils, et il a besoin de moi maintenant plus que jamais. Et le bureau a besoin de quelqu'un à cent pour cent. Les familles ont besoin de quelqu'un à cent pour cent. En ce moment, ce n'est pas mon cas. Tu as bien vu, à Olathe. Je suis sur les nerfs, je suis épuisée, je dors mal, et je n'aide personne dans cet état. »

Emily hocha la tête avec entendement. Le raisonnement était parfaitement logique, mais elle savait que « l'état » décrit par JJ devait être bien pire que ça pour qu'une accro au travail comme elle envisage de prendre des jours de congés.

« Ce n'est pas une mauvaise idée. Je veux dire, ça a été un vrai cauchemar de ne pas t'avoir au bureau quand tu étais en congé maternité, et ça sera tout aussi bordélique si tu prends deux semaines, mais là tout de suite, c'est à ta famille qu'il faut que tu penses. Et surtout, à toi. Et tu as besoin de temps pour toi.

-Ce n'est qu'une idée, » signala aussitôt JJ. « Je ne sais pas si Hotch sera d'accord et...

-Hotch sera d'accord, » interrompit Emily, la voix dure, alors qu'elle entrait enfin dans le parking sous-terrain du bureau. « Tu n'as jamais pris de congés et je suis sûre que tu peux toujours utiliser les jours de congé maternité que tu as séché. Et tu le mérites. S'il te dit le contraire, je te promets d'utiliser un des tours de magie de Reid comme arme contre lui. »

La blague fonctionna puisque JJ rit doucement avant de descendre de la voiture maintenant garée.

Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur le bureau du BAU, JJ serra la main d'Emily dans la sienne et s'éloigna aussitôt vers le bureau de Hotch, où elle frappa doucement. Aussitôt et comme à son habitude, la voix impérieuse du chef d'unité lui permit d'entrer.

« Hotch ? Désolée de vous déranger si tôt. Et désolée pour hier après-midi. »

Hotch leva son visage éternellement fermé vers la chargée de liaison de l'équipe et adopta une moue encore plus inquiète qu'à l'ordinaire :

« JJ ? Tout va bien ?

-Et bien, justement... » La blonde soupira et passa une main nerveuse dans ses cheveux. « Je voulais vous parler, si vous avez quelques minutes. »

Hotch hocha la tête en signe d'approbation et désigna les chaises faisant front à son bureau pour inviter JJ à s'asseoir. Celle-ci s'exécuta maladroitement, mal à l'aise, ce qui n'échappa clairement pas au profiler qui l'observait avec suspicion. Elle se dandina inconfortablement sur la chaise, trahissant un peu plus sa nervosité, et Hotch fut le premier à prendre la parole :

« JJ, qu'est-ce qu'il se passe ? Habituellement, tu es la première arrivée et la dernière à partir, et dernièrement... Non pas que je critique cela, chacun a besoin de temps libre, bien sûr, mais ce n'est pas dans tes habitudes.

-Je sais, je suis désolée à propos de ça et...

-Ce n'est pas ce que je veux dire, » l'interrompit aussitôt Hotch. « Je m'inquiète pour toi, JJ, c'est tout. Est-ce que tout va bien ? »

JJ poussa un soupir profond et s'accouda à ses genoux pour essayer de calmer la boule qui grossissait minute après minute au creux de son estomac.

« Pas vraiment... Les choses sont un peu compliquées pour moi en ce moment et je voulais savoir si vous seriez d'accord pour m'accorder une ou deux semaines de congé. Si c'est possible, bien sûr. Parce que sinon, je trouverais une solution, il n'y a pas de problèmes, vraiment, je peux toujours essayer de me débrouiller autrement et de toute façon, ce n'est pas...

-Jayje ! » s'exclama Hotch en haussant le ton pour interrompre la litanie de la blonde. Celle-ci releva brutalement la tête, surprise, et regarda son patron avec de grands yeux. Celui-ci esquissa un sourire plus calme : « JJ, il n'y a aucun problème. Avec tous les jours de congés que tu as cumulés, tu pourrais probablement rester en vacances jusqu'à Noël que ça ne poserait pas de problèmes. Prends le temps que tu veux et dont tu as besoin. Mais JJ, sache que si tu as besoin d'aide, ou de conseil, tu peux en trouver ici. Je ne suis peut-être pas la personne la plus indiquée, mais j'ai aussi une vie personnelle, et si tu veux parler à quelqu'un d'autre, je suis sûre que Garcia, Morgan, Prentiss ou Rossi seront disposés à t'aider. Reid... A moins que ton problème ne concerne la littérature russe ou la physique nucléaire, il ne sera peut-être pas d'une grande aide, mais il essaiera quand même. Nous sommes une famille, JJ. Quoi qu'il se passe, ne laisse pas ce qui est arrivé à Elle et Gideon t'arriver. Parle à quelqu'un. »

JJ hocha la tête avec empressement :

« Ce n'est rien d'aussi grave, mais merci. Je sais que je peux compter sur vous, et si le besoin s'en fait un jour sentir, je vous le ferai savoir. Mais vraiment, il n'y a pas de raison de s'inquiéter. J'ai juste besoin de passer du temps avec Henry. Et de toute façon, Emily m'aide déjà.

-Très bien, » acquiesça le chef d'équipe. « Dans ce cas, j'ai simplement besoin que tu me transmettes tes dates. »

JJ se trémoussa une nouvelle fois d'inconfort, et joua nerveusement avec ses doigts :

« Je... Je pensais prendre deux semaines... A partir de demain, si c'est possible. »

Hotch s'empara de son calendrier et compta les jours que cela représentait.

« Deux semaines voudraient dire que tu reviendrais un vendredi. Pourquoi ne pas prolonger ça jusqu'au lundi ? Hormis si on a une affaire au cours du week-end, bien sûr.

-Je... Merci, Hotch.

-De rien, JJ. Vraiment, tu le mérites. Par contre, si tu ne pars que deux semaines, l'équipe devrait pouvoir se débrouiller à gérer les impératifs d'elle-même. Pas besoin de faire revenir Todd, qui a été suffisamment dégoûtée, ou de former quelqu'un d'autre pour un délai aussi court. Ce qui veut bien sûr dire que tu devras affronter un véritable capharnaüm quand tu reviendras, » termina-t-il avec un sourire en coin.

JJ sourit à son tour, trop épuisée pour rire sincèrement :

« Je crois que je pourrais gérer. Merci encore.

-Pas de quoi. Profite d'aujourd'hui pour mettre tes dossiers en ordre pour que Reid, Garcia ou Prentiss puisse prendre ta suite durant ton absence.

-C'est comme si c'était fait. »

Et sans autre forme de procès, JJ quitta le bureau de Hotch pour rejoindre son propre antre. À peine eut-elle mit un pied dans l'open-space, pourtant, qu'elle sentit le regard interrogateur d'Emily peser sur elle. Elle se contenta de lui adresser un sourire et un hochement de tête avant de disparaître dans son bureau.

La journée défila à toute allure, et il était presque neuf heures du soir lorsque JJ finit par être satisfaite du tri effectué dans les dossiers en attente. Lorsqu'elle émergea de son bureau, elle fut surprise de trouver Emily assise à son propre bureau, le nez plongé dans un dossier, et se rappela seulement alors qu'elle partageait une voiture avec la brune. Elle s'approcha de son amie, se sentant légèrement coupable de l'avoir forcée à rester aussi tard :

« Emily. Tu n'avais pas à m'attendre, j'aurais pu prendre un taxi. »

Emily leva les yeux vers elle et lui sourit, balayant la suggestion d'un geste de main :

« Pas de problèmes, JJ. J'ai eu le temps d'avancer dans ma paperasse, comme ça. Avec un peu de chance, je pourrais même devancer Reid, » plaisanta-t-elle.

« Alors là, ma belle, aucune chance, » rétorqua JJ sans pouvoir s'empêcher de se sentir instantanément plus légère. « A moins qu'il ne te pousse trois bras et deux cerveaux supplémentaires.

-Jennifer Jareau, je te demanderai de ne pas insulter mon intelligence.

-Pour un être humain normal, tu es intelligente. Mais le cerveau de Reid tient plus de la base de données et de l'ordinateur que de neurones. »

Emily hocha la tête avec entendement :

« Je t'accorde ça. » Elle jeta un coup d'œil à sa montre. « Prête à y aller ?

-Définitivement.

-Parfait. »

La brune ferma son dossier, mit rapidement de l'ordre sur son bureau et s'empara de son manteau et de son sac de voyage avant de rejoindre l'ascenseur en compagnie de son amie.

Alors qu'elles atteignaient la voiture, Emily se risqua à demander :

« Comment ça s'est passé avec Hotch ? Ai-je besoin de piéger son bureau avec une fusée artisanale ?

-Non, » sourit JJ. « Il m'a donné deux semaines à partir de demain, et même trois jours de plus si aucune affaire ne se présente durant le week-end.

-Parfait. Je suis sûre que j'aurais été capable de me faire exploser en essayant la chimie du génie. »

JJ rit de bon cœur.

« Tu vois, Agent Prentiss, que tu ne peux pas rivaliser avec Big-Brain-Man.

-Cause toujours, Jareau, cause toujours. »


Sept jours plus tard, la situation n'avait pas vraiment changé, et étrangement, aucun des trois résidents, permanents ou temporaires, de l'appartement n'avait l'air de s'en plaindre. Will n'avait toujours pas donné la moindre nouvelle à sa compagne. Ou peut-être bien son ex-compagne. Et étrangement, JJ le vivait plutôt bien. Henry et elle partageaient toujours de bons moments avec Emily dans un appartement dans lequel ils se sentaient de plus en plus chez eux. Une certaine routine s'était même installée au sein de leur petit foyer provisoire, chacun trouvant sa place avec une confortable mais déconcertante facilité dans leur nouvel arrangement.

Emily, assise sur son canapé, souriait dans son verre de Cabernet en observant JJ et Henry, installés à même le tapis à ses pieds, en train de jouer à l'un des jeux d'éveils du garçonnet, qui paraissait d'ailleurs s'émerveiller de voir sa mère parvenir à faire entrer du premier coup les pièces de bois rondes, carrées et triangulaires dans les encoches de la forme correspondante. Tellement, en fait, qu'il récupérait chaque pièce tombée pour la tendre de nouveau à sa mère, cherchant à voir si elle pourrait réitérer l'exploit. Ce que, bien sûr, elle faisait sans jamais se lasser, heureuse comme un pape de l'expression ébahie sur le visage de son fils.

Alors qu'Emily était partagée entre amusement et attendrissement devant la scène, elle songea qu'elle pourrait aisément s'habituer à ce genre de quotidien. Avoir de la vie au sein de son appartement habituellement si morose, les rires d'un garçonnet plein de vie et la conversation de celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie. Rentrer dans un foyer plein de vie et de désordre au lieu d'un appartement de luxe sublimement décoré et sans la moindre âme. Partager des repas animés, et mieux que ça, manger sainement maintenant que JJ avait officiellement interdit à Emily de préparer quoi que ce soit de peur qu'elle n'intoxique tout le monde.

« Ouch ! » s'exclama JJ, tirant Emily de ses pensées, quand Henry, épaté par la prouesse de sa mère qui avait réussi à enfiler non pas une, mais deux formes du premier coup et d'un même mouvement, secoua ses petits bras potelés avec enthousiasme et projeta sans le vouloir la pièce de bois qu'il tenait en plein visage de la blonde. « Eh, doucement petit homme ! »

Emily éclata de rire alors que Henry observait sa mère avec suspicion, tentant de comprendre pourquoi elle avait arrêté de jouer avec lui pour se frotter le front. JJ leva lentement les yeux vers son amie, faussement menaçante, et demanda :

« On peut savoir ce qui te fait rire, Prentiss ? »

Emily s'étrangla aussitôt dans son vin, un peu décontenancée, et esquissa un petit sourire innocent :

« Euh... Que ton fils ait hérité de ton don pour le tir ? Visiblement, il vise aussi bien que toi. »

JJ fixa une seconde la brune, surprise par la réponse, puis éclata de rire à son tour :

« Je n'avais pas vu ça comme ça, » pouffa-t-elle en s'emparant à son tour de l'un des cubes en bois. « Mais ce petit scarabée ici présent n'a pas encore dépassé son maître ! »

Elle le lança en direction d'Emily, qui tenta d'esquiver le projectile sans renverser son vin seulement pour le recevoir en pleine poitrine.

« Goal ! » s'écria JJ, triomphante, en levant les bras au ciel en signe de victoire.

La blonde entama une petite danse de la victoire, toujours assise sur le tapis, et Henry s'amusa suffisamment de la voir ainsi pour se mettre à rebondir dans sa couche en tapant dans ses petites mains potelées. Emily adressa un regard noir à JJ, qui sut aussitôt lire dans les yeux de la brune que celle-ci plaisantait.

« Alors là, crois-moi Jareau, tu vas me payer ça, » menaça-t-elle en posant son verre sur la table basse.

JJ poussa un cri aigu et se leva aussitôt pour fuir Emily qui la poursuivit aussitôt à travers le salon. En deux secondes, la blonde riait aux éclats, Emily souriait de toutes ses dents, et Henry s'extasiait de la subite animation.

« Si je t'attrape !

-Henry, à l'aide ! »

JJ fit le tour du canapé pour échapper à Emily, qui attendait en changeant d'appui de voir de quel côté elle irait pour se jeter à sa suite, quand la sonnette interrompit leur moment de complicité. Aussitôt, les deux femmes retrouvèrent une attitude plus adulte, au grand dam d'Henry qui commença immédiatement à faire la moue.

« Tu attends quelqu'un ? » demanda Emily à JJ, sourcils froncés en constatant sur l'horloge qu'il était déjà neuf heures passées.

« Non. »

Les deux femmes échangèrent un regard suspicieux, et Emily se dirigea vers la porte alors que JJ prenait Henry dans ses bras, un réflexe à la fois de mère et d'agent fédéral devant une situation inattendue. Elle pouffa lorsque le garçonnet lui tendit la pièce de bois qu'il tenait toujours dans sa main pour l'encourager à reprendre leur activité précédente, jusqu'à ce qu'elle entende la voix d'Emily, étrangement froide et sèche :

« Will. »


Voili voilou mes agneaux en sucre ! Un gros énorme BIG UP à ma bêta-lectrice GraeLeigh3 et comme toujours, laissez un petit mot d'amouuuur (ou de haine). Commentaires, critiques, idées, remarques, toussa toussa sont les bienvenus, surtout maintenant que ma muse a cessé d'hiberner - et ouais, ici c'est l'été !

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Love,

Pegaze