Salut à tous! Pour ceux qui peuvent en profiter: bonnes vacances! Pour ma part ce sera dans 1 semaine, mais je vous publie quand même comme toujours ce chapitre ^^

Et comme je sais que certains sont justement en vacances, voici donc un chapitre qui est bien plus long que les autres et dans lequel il se passe plein de choses! Très sincèrement, j'ai hésité à vous en poster 2 aujourd'hui (notamment parce-que je viens d'écrire un chapitre d'Halloween, mais que en suivant la chronologie des chapitres il ne sera pas du tout posté la semaine prochaine :S), mais étant donnée la longueur du chapitre 10 je me dis que si je décide finalement de vous poster 2 chapitres cette semaine, le 2ème sera plutôt posté aux alentours de ce Week End, histoire de bien vous laisser le temps de digérer celui-là et de pas vous assommer de chapitres ^^

Sur ce, bonne lecture!- Summer


CHAPITRE 10 :

Leyna Stevens :

Finalement, on avait pas eu tort d'accepter la demande insistante des mecs à sortir : après tout, même si on avait prétendu qu'on voyait bien assez leurs têtes de geeks toute la journée pour pas en rajouter le soir (Mais non, c'est pas méchant ! C'est affectueux, d'ailleurs ils l'ont très bien pris!), on les considérait vraiment comme des amis maintenant, pas comme les deux premiers jours où on s'était retrouvées forcées de traîner avec eux.

Je me souvenais encore de la drôle de tête qu'avaient tiré nos anciennes connaissances en nous voyant traîner avec les deux « loosers » du lycée. Ned et Peter se collaient une réputation d'enfants attardés et... bah y'avait rien à faire pour changer ça, hein. D'ailleurs, après avoir passé deux heures avec eux le lendemain de notre rentrée chaotique, je m'étais pris la tête entre les mains et m'étais jurée de trouver le moyen de leur dire que c'était pas la peine d'essayer parce-que de toute manière on deviendrait jamais potes eux et moi, même si Emy semblait les trouver presque supportables.

Puis il y avait eu cette histoire. Ce mec qui m'avait sifflée dans la rue. Je savais pas si c'était moqueur, rapport à mes cheveux violets que certains avaient du mal à accepter, ou si ça avait un rapport avec la tenue que je portais ce jour là... je me souvenais même pas de la tenue que je portais ce jour là. Le fait étant que, alors que je faisais mine de n'avoir rien entendu et passais devant le type en levant les yeux au ciel, Peter, ce nigaud, s'était arrêté net et avait balancé un « Tu l'as prise pour ton caniche ou quoi ? ». J'étais restée totalement médusée. Certainement parce-que je ne m'étais pas attendue à ce que Peter réagisse comme ça, alors qu'il me connaissait à peine. Pendant un bref instant, je m'étais demandée s'il faisait ça uniquement parce-que j'étais la fille adoptive de Tony Stark, mais il avait pas l'air de vouloir frimer, et l'instant d'après Ned, qui s'était premièrement montré plus hésitant, s'avançait d'un pas pour faire face au type aux côtés de Peter. Ce que ce dernier avait dit était sorti très naturellement, et alors même que le gars, qui faisait deux têtes de plus que lui, faisait craquer ses jointures en se dressant devant Ned et lui, Peter n'avait pas eu l'air de regretter le moindre de ses mots. Bon, bien sûr qu'Emy et moi étions intervenues, sinon il s'en serait sorti avec plus qu'un simple coquard. C'était d'ailleurs ce jour là qu'Emy et moi avions fait la connaissance de May, et que nous avions appris à quel point elle pouvait être flippante, même si depuis qu'on avait « sauvé la vie » de son neveu elle nous considérait comme ses propres filles.

Et c'était également ce jour là que j'avais appris que Ned et Peter étaient des amis en or.

Pour en revenir au temps présent... cette fête foraine était tout simplement géniale !

Il y avait tellement de néons que ça finissait par faire mal aux yeux, on avait déjà testé le bras articulé, le labyrinthe, le tir à la carabine (Emy se baladait désormais avec un panda géant dans les bras), le circuit des neiges, les machines à sous...

La seule chose qui manquait à notre soirée c'était la grande roue, et jusque là on n'avait pas tenté étant donné que chaque fois qu'on était passés devant il y avait eu à bloc de monde.

Mais là, on avait fait le tour de la fête, il commençait à être tard (Happy tarderait pas à venir nous récupérer, et il nous avait prévenu de la honte qu'il nous ferait si on était pas présentes à l'heure au point de rendez-vous), et de toute manière il n'y avait plus tant de monde que ça à attendre dans la file, alors nous nous y mîmes, et après dix minutes nous finîmes par avoir notre place dans la roue.

« C'est super en plus ! s'exclama Emy en tapant dans ses mains désormais libérées du panda, qu'elle avait laissé en bas dans la loge. J'ai jamais vu la ville de nuit depuis les toits ça doit être trop beau !
-C'est le plus beau paysage qu'on puisse imaginer, répondit tout naturellement Peter. Enfin il paraît. C'est pas comme si j'avais déjà tenté l'expérience...
-Ouais, je te vois mal grimper sur le toit d'un immeuble rien que pour la vue, répliquai-je en haussant les sourcils.
-Tu serais surprise », ricana Ned.

Je remarquai à peine que Peter lui lançait un drôle de regard, et l'instant d'après Ned changea totalement de conversation en sortant son téléphone portable et en criant « selfiiie ! », leur cri de guerre à Emy et à lui chaque fois qu'ils essayaient de se prendre en photo ensemble sans prévenir l'autre au préalable. Au départ j'avais trouvé ça totalement débile comme jeu, mais c'était plutôt drôle, et j'adorais certaines des photos qu'Emy postait sur son compte Instagram, elles étaient hilarantes.

Pas plus curieuse que ça au sujet de la réaction que Peter avait eue quand Ned avait parlé de grimper aux toits, je me penchai au bord de la cabine. Notre ascension continuait, et nous serions bientôt tout en haut de la roue, je ne voulais pas en perdre une miette, d'autant plus que ça n'allait vraiment pas durer longtemps.

Je sentis une secousse brève mais violente ébranler la cabine, qui se mit à se balancer sur elle-même comme un pendule.

« Oh ! lançai-je en regardant en contrebas, avant de mettre mes mains en porte-voix. C'est un peu tard pour le coup de la panne, redémarre il fait froid ! ».

Un groupe d'adolescents, qui se trouvaient une cabine en contrebas, se mit à rire nerveusement. Mouais, ils devaient être plus à l'aise les pieds sur terre, ceux-là. Pour le moment, ça m'était égal, je me doutais que ça allait redémarrer d'une seconde à l'autre, alors pas de raison de s'affoler.

« J'ai peur », lança soudain Emy.

Je lui lançai un regard interloqué. Peur ? Mais pourquoi ? Je savais qu'Emy souffrait d'un léger vertige, mais rien de tellement grave. Elle avait juste peur de se jeter dans le vide, alors elle n'avait aucune raison d'avoir peur à cet instant précis.

C'est alors que je pensais à ça que je sentis la première secousse. Des cris résonnèrent en écho à celui de ma sœur, notamment dans la cabine des ados un peu plus bas.

Et cette fois, je commençai à me sentir bien moins à l'aise.

« Emy, il se passe quoi ?! criai-je à l'adresse de ma sœur.
-J'en sais rien, bécasse, je suis assise en face de toi et je FLIPPE, là ! répliqua ma sœur en se cramponnant au bras de Ned comme si c'était une bouée de sauvetage.
-T'en sais rien ?! Arrête de dire que t'en sais rien c'est toi qui a sorti que t'avais peur juste avant que ce bazar n'arrive, je suis certaine que t'as senti un truc ! lui fis-je remarquer, haussant la voix à cause de la panique.
-Hey, les filles, on reste zen, nous lança Peter. C'est pas le moment de paniquer, faut réfléchir à un moyen de nous sortir de là et d'aider tous ces gens. Et faire ça vite ! ajouta-t-il alors que la roue semblait basculer de plus en plus sur le côté.
-ON VA TOUS MOURIR ! se mit à beugler Ned. ON VA TOUS MOURIR ET JE POURRAI PLUS JAMAIS MANGER LES CONFITURES DE MAMIE, ON VA TOUS MOURIR ! ».

Je lançai un regard à Emy, qui me le rendit. Elle ouvrit grand ses yeux, et se mit à secouer frénétiquement la tête de droite à gauche, mais c'était déjà trop tard. Je me doutais qu'elle avait vu mes yeux changer de couleur, mais... je ne pouvais pas le contrôler. Je me sentais de plus en plus glisser dans... dans... l'animalité.

« PETER, NED, VOUS FERMEZ LES YEUX ! hurla-t-elle à l'adresse des deux autres.
-Mais on peut pas fermer les yeux, c'est PIRE ! protesta Ned, qui était cramponné aux bords de la cabine et semblait ne jamais vouloir lâcher prise.
-FERME TES YEUX OU JE T'EN COLLE UNE ! », hurla Emy, et Ned finit par lui obéir juste à temps.

C'est à cet instant que je me sentis totalement basculer dans le côté obscur. Mes membres s'allongèrent, se replièrent sur eux-mêmes, et bientôt je tombai à quatre pattes au beau milieu de la cabine. Et je m'entendais grogner, et la petite parcelle humaine de mon esprit ne cessait de répéter « Mon Dieu je vais les blesser je vais leur faire du mal pitié non je vais les tuer ! ».

A l'instant où cette pensée effleurait mon esprit, je sentis une force invisible me propulser dans les airs. Non, pas me propulser... me soulever. Littéralement. L'animal en moi se mit à rugir de toutes ses forces, et j'entendis, au dessus de ce grondement sourd, les hurlements des autres passagers de la roue. Des hurlements qui n'étaient plus seulement dus à l'accident qui était en train d'avoir lieu, désormais... ils avaient peur de moi. Et ils avaient raison. Ça me tuait d'y penser, mais je savais que c'était vrai. Ils avaient raison d'avoir peur de moi.

Je me réceptionnai doucement, mais totalement en vrac sur le sol, déjouant la théorie que les matous retombaient toujours sur leurs pattes. Je levai les yeux pour essayer de comprendre ce qui venait de m'arriver exactement. Devant moi se dressait une étrange masse brumeuse, et la parcelle humaine qui se battait contre la panthère en moi réussit à distinguer le visage d'Emy dans ce brouillard... avant qu'il ne se fonde de nouveau dans tout le reste. Je restai totalement choquée, et une idée me traversa l'esprit. Ce n'était pas de la jalousie. Pas dans un instant pareil. Mais... comment était-ce possible qu'elle arrive aussi bien à contrôler sa mutation alors que moi... moi...

Je sentis soudain une douleur fulgurante me traverser le corps, et l'instant d'après, j'eus l'impression d'avoir à peu près repris mes esprits, si bien que je pensai que la panthère était partie et que je m'étais retransformée en... en moi.

Ce fut avant de remarquer, sur le sol devant moi, éclairée par les néons, l'ombre des ailes immenses qui semblaient sortir tout droit de mon dos. Incertaine, je passai une main sur mon visage... pas de doute, il n'était plus recouvert de fourrure.

Mais de plumes.

Je lançai un regard interrogateur à Emy, et j'eus l'impression qu'elle m'adressait un bref hochement de tête, avant de disparaître à nouveau.

Certaine de ce qui allait suivre, j'ouvris sans plus hésiter mes ailes, et pris maladroitement mon envol, alors que la roue se redressait (lentement mais sûrement) grâce à l'intervention d'Emy, qui avait fait sortir d'énormes racines du sol, des racines qui s'enroulaient désormais autour du socle de la roue et qui le tiraient inexorablement en arrière, afin de la redresser à la verticale.

Fort heureusement, alors que j'essayais de faire sortir tout le monde de la roue, je ne fis premièrement face à aucune personne réfractaire, et je commençais à me dire qu'ils allaient peut-être tous comprendre que je venais uniquement dans le but de les aider, mais dans la dernière cabine se trouvaient une mère et sa petite fille, qui devait avoir environ cinq ans, et cette dernière se mit à pleurer tellement fort en me voyant que sa mère, dans un réflexe primaire, la serra dans ses bras et fit rempart entre elle et moi.

« J'essaie de vous aider ! », tentai-je de dire, mais seul sortit de ma bouche un étrange cri d'oiseau. Bon sang, il allait vraiment falloir que j'apprenne à maîtriser cette fichue mutation... histoire que ça puisse servir à quelque-chose !

« WINTER ! ».

Je baissai machinalement la tête. Non seulement j'avais reconnue la voix de ma sœur malgré tout le vacarme qui régnait en bas, mais en plus de cela elle avait fait l'usage du surnom que nos parents, les siens et les miens, me donnaient sans arrêt. Elle était Summer, et moi Winter. L'été et l'hiver.

Et elle pensait à tout, ma Summer. Comme à ne pas hurler mon vrai prénom à tout va, histoire de respecter mon souhait de rester anonyme.

Je compris presque immédiatement pourquoi elle avait hurlé : la roue fut ébranlée d'une nouvelle secousse, et la mère et la fille se mirent à hurler et à pleurer de plus belle.

Elle tombait réellement, cette fois. Et mon instinct me disait de m'écarter de là rapidement mais...

Paniquée, je laissai aller mon regard de la femme et la petite fille à la foule en contrebas, qui ne semblait pas comprendre qu'elle devait s'écarter au plus vite.

Ma mutation était peut-être exceptionnelle, mais elle ne me permettait pas de me trouver en deux endroits à la fois, et je fus confrontée au pire des choix que j'eus jamais à faire, et je ne souhaite à personne de se retrouver un jour dans une telle situation.

Je ne pouvais pas laisser cette petite fille et sa mère mourir écrasées. Mais... tous ces gens en bas... Ceux que j'avais réussi à sortir de là...

« Besoin d'aide ? ».

Mon cœur fit un looping, et je fis soudain volte-face.

Je m'attendais à tout, sauf à ça.

Spider Man me fit un signe qui ressemblait vaguement à un salut militaire (mon champ de vision était rétréci, je le partageais avec un piaf qui avait une furieuse envie de picorer des miettes).

« Tu devrais atterrir et faire en sorte d'écarter les gens de là avant que ta sœur ne lâche, me fit-il remarquer. Je m'occupe de ces deux là ».

Comprenant où il voulait en venir, je sautai dans le vide, me souvenant deux secondes plus tard que je ferais mieux d'ouvrir mes ailes si je voulais éviter de m'écraser au sol. J'atterris de manière plutôt laborieuse devant tous ces gens qui se pressaient au pied de la tour, et, cette fois, réussis à faire sortir un mot bien intelligible de ma bouche :

« PARTEZ ! ».

Fort heureusement, ils comprirent à peu près tous ce qui se passait, et les exceptions suivirent le mouvement. J'eus tout juste le temps d'entendre un grand « CRAC ! » et de m'écarter le plus rapidement possible, avant que la roue ne s'écrase lourdement sur le sol.

Je toussotai, me protégeant les yeux de la poussière qui m'entourait de toutes parts, remarquant à peine que j'avais retrouvé mon apparence normale et que je me fondais désormais dans la foule des personnes paniquées. Personne ne semblait avoir remarqué que l'adolescente apeurée qui se tenait parmi eux était la mutante qui les avait tous sortis de la roue quelques instants auparavant.

Et je n'y fis pas attention plus de quelques secondes.

Je ne pensais plus qu'à une seule chose, désormais : Emy. Je ne la voyais nulle part.

Et si... non... elle allait forcément...

« Allons nous-en ».

Je fis volte-face en entendant sa voix. Je la serrai dans mes bras comme jamais auparavant. Parce-que j'avais eu tellement peur de la perdre pour toujours, cette fois. Si peur.

Je pris sa main dans la mienne, et nous commençâmes à nous frayer un chemin dans la foule, incognito, mais je m'arrêtai de nouveau, frappée d'une soudaine illumination.

« Ta sœur ».

C'étaient les mots que Spider Man avait employés : « Ta sœur ».

« Leyna, faut qu'on bouge ! répéta ma sœur en me secouant le bras. Happy va piquer une crise s'il nous voit pas. En plus je suis certaine qu'il est déjà là et qu'il a vu la roue tomber, il doit être comme un fou...
-Attends ! Il faut qu'on retrouve Ned et Peter, lui répondis-je.
-Tu les as fait sortir de là, non ? me demanda Emy. Leyna... y'a des journalistes qui commencent à arriver de partout, j'ai pas envie qu'on se retrouve mêlées à tout ça.
-Il faut au moins que je sois sûre d'une chose », lui répondis-je, et sans même y réfléchir je la lâchai avant de me mêler à la foule.

Je l'entendis protester, crier mon nom dans mon dos, mais rien n'y faisait : j'avais une idée fixe, et il m'était impossible de me la sortir de la tête. Ces deux mots... ils résonnaient dans ma tête, encore et encore. « Ta sœur ».

Alors que je m'éloignais peu à peu de la foule, et me retrouvais dans un coin désormais désert de la fête foraine, j'entendis un léger son derrière moi qui me fit premièrement pensé qu'Emy avait réussi à me rattraper.

Je fis volte-face, et sentis mon cœur se figer dans ma poitrine en constatant que Spider Man se tenait de nouveau face à moi.

Il me regarda un instant en silence, avant de pencher la tête légèrement de côté.

« Emy va bien ? ».

Je ne pus m'empêcher de sourire. J'étais persuadée que c'était lui. J'approuvai d'un bref hochement de tête, et il sembla rassuré. Il ne retira pas son masque pour autant : Il y avait des journalistes partout, comme Emy l'avait dit, il ne voulait certainement pas tomber sur l'un d'entre eux et risquer de révéler son identité.

« J'étais pas au courant, pour... vous, me dit-il.
-On n'était pas au courant pour toi non plus, lui répondis-je en croisant les bras.
-Alors on dirait qu'un a un secret en commun, maintenant », me répondit Peter.

Je n'arrivais pas à le croire. Si quelques heures plus tôt, j'avais pu penser que mon meilleur ami était le justicier masqué amateur le plus en vue de New York ! … Non. Non, je n'aurais jamais pu imaginer un truc aussi dingue.

« Ils sont là ! Emy, ils sont... ».

Je me tournai vivement vers Ned, ainsi que Peter, et notre ami s'arrêta en un parfait dérapage contrôlé, changeant instantanément de couleur, son regard passant de Peter (qui portait toujours son costume) à Leyna.

« Euh, je veux dire Leyna est là ! Avec Spider Man ! rectifia Ned. Woaoh, monsieur Spider Man, c'est un honneur ! Merci d'avoir veillé sur mon amie, c'est vraiment chic de votre...
-Ned, c'est bon », répliqua Peter, alors que Emy, qui venait tout juste d'arriver, fronçait les sourcils en essayant d'y comprendre quelque-chose.

Je me retins d'éclater de rire en voyant l'expression outrée de Ned.

« Bon alors j'fais quoi patron, je tue la témoin, ou bien ? demanda-t-il en haussant les sourcils.
-Non mais t'es sérieusement en train de parler de buter ma sœur, toi ? demanda Emy en le dévisageant. C'est quoi c't'embrouille ?
-Roh ça va, je rigole, ricana Ned en lui envoyant un coup de poing dans l'épaule. T'aurais vu ta tête !
-Et puis d'où tu l'appelles patron, d'abord ? poursuivit Emy. Tu bosses pour Spider Man ? T'as réellement réussi à nous cacher un truc aussi énorme ?
-Il bosse pas vraiment pour moi, il m'assiste, c'est mon techno-acolyte », répondit Peter en haussant les épaules.

J'eus l'impression qu'Emy se tapait le bug du siècle. Elle se tourna vers Peter, et malgré la distance qui nous séparait je vis clairement ses pupilles se rétracter.

« Redis ça encore une fois ? demanda-t-elle d'une petite voix.
-Dire quoi, j'ai dit quelque-chose de mal ? demanda Peter, l'air concerné.
-Non mais sans dec' ! siffla Emy, fort heureusement trop choquée pour se mettre à hurler. Peter ?! Non, c'est pas possible, je divague... dites-moi que je divague ! ».

Emy me lança un regard presque suppliant, et je secouai lentement la tête de droite à gauche. Ma sœur inspira à fond, et chercha quelque-chose sur quoi s'appuyer.

« Et toi t'étais au courant ?! me demanda-t-elle d'un ton outré.
-Je suis comme toi, je viens de l'apprendre, la rassurai-je.
-Et en parlant de ça j'aimerais que vous soyez les deux seules à l'apprendre pour aujourd'hui. Deux personnes ça fait déjà beaucoup, fit remarquer Peter. Donc, les filles... Ned... à bientôt ! ».

J'eus à peine le temps de voir mon ami lancer une toile, que déjà il disparaissait dans l'obscurité.

Nous restâmes tous trois là, pendant au moins une minute. Le silence était tombé sur la fête foraine, et même les journalistes semblaient être partis. L'endroit était probablement désert, avec le mouvement de panique qu'il y avait eu...

« T'entends pas un bourdonnement ? me demanda Emy au bout d'un moment.
-Si si, sauf que dans ma tête ça ressemble plus à quelqu'un qui crie ».

Ma sœur et moi nous lançâmes un regard songeur, avant de reconnaître, en écho, la voix de notre bien aimé chauffeur.

« Oh non Happy! s'exclama Emy en se plaquant les deux mains sur la figure. Happyyy ! On est là on est vivannntes ! ».

Je lançai à peine un regard à ma sœur alors qu'elle partait en courant comme une furie. Je m'apprêtai à saluer Ned et à la suivre lorsque je remarquai le regard songeur qu'avait ce dernier.

« Vous direz rien, hein, au sujet de Peter ? Vous promettez ? me demanda-t-il.
-Ned, je vais te dire un truc. Et après ça je suis certain que tu nous fera confiance pour le restant de tes jours.
-Euh... d'accord. C'est quoi ?
-Emy et moi, on connaît aussi la véritable identité de Hulk ».

Ned me sembla virer peu à peu gris, et ses pupilles se rétractèrent.

« Alors, tu crois vraiment qu'on est le genre de filles qui allons balancer ton meilleur pote ?
-Non m'dame », bredouilla Ned d'une petite voix.

Je lui souris, et le saluai d'un signe de la main avant de lui tourner le dos, et de me diriger vers la silhouette d'Happy, qui se dessinait un peu plus loin dans l'obscurité de la nuit.

C'était peut-être idiot, mais plus le temps passait, plus je me disais... qu'Emy et moi attirions tout ce qui sortait de la norme.


Tony Stark :

Je vis Pepper faire un geste nerveux lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent pour laisser entrer les filles dans le salon, mais elle se ravisa et, inquiète, tenta de croiser mon regard.

Mais je n'avais d'yeux que pour elles.

Elles allaient bien. Bon sang, j'avais eu tellement peur... mais elles n'avaient rien. Dieu merci. Je ne m'en serais jamais remis, s'il leur était arrivé quoi que ce soit.

Et pourtant, le soulagement que je ressentis à cet instant se mêlait à un autre sentiment... un sentiment que je n'arrivai pas à identifier immédiatement, et mes filles non plus, visiblement, puisqu'elles me lancèrent un regard incertain, avant de s'asseoir dans le sofa qui nous faisait face à Pepper et à moi, comme je le leur indiquai d'un bref signe de la main.

Elles s'étaient sans doute attendu à des effusions, des larmes, une petite fête, peut-être, venant de ma part... Mais le sujet était bien trop sérieux pour ça.

Brisant le silence sourd qui s'était installé dans la pièce (Happy se tenait à côté des portes de l'ascenseur, bras croisés dans le dos, le regard rivé sur moi, comme s'il essayait de me faire passer un message subliminal, mais mon esprit était trop fermé pour que je comprenne ce qu'il essayait de me dire, pour l'instant), je lançai ces quelques mots d'une voix que j'aurais espéré moins stricte. J'avais eu un père strict, très strict, et même si je m'en voulais de n'avoir pas pu me réconcilier avec lui avant sa mort... bon sang, je ne voulais pas être comme lui. Je n'avais jamais voulu être comme lui.

« Qu'est-ce qui vous a pris ? ».

Le regard d'Emy me brisa le cœur. Je vis ses yeux de hibou s'ouvrir en grand, et sa bouche s'entrouvrir dans une expression d'incompréhension, et de douleur. Comme si je lui avais envoyé un boulet en plein ventre.

Mais ce ne fut pas elle qui brisa le silence.

« Ce qui nous a pris ? », répéta calmement Leyna en levant les yeux vers moi, soutenant mon regard.

Elle savait. Bon sang, elle savait parfaitement à quoi s'attendre. Pas Emy. Mais elle si. Et elle avait répété ce dialogue dans sa tête, encore et encore, pendant que Happy les ramenait à la maison. Emy était trop innocente pour penser que j'aurais pu leur reprocher quoi que ce soit, mais Leyna... elle avait parfaitement anticipé ma réaction. Et j'aurais préféré que ce ne soit pas le cas.

Oui.

J'aurais préféré pouvoir leur dire ce que je pensais de ce qu'elles avaient fait, leur expliquer ma façon de voir les choses... sans rencontrer la moindre résistance.

« Un état d'âme, sans doute, poursuivit Leyna en haussant les sourcils.
-Leyna... tenta désespérément Pepper en faisant un pas en avant.
-Pepper, laissez-la terminer, la coupai-je sans même tourner la tête vers elle. Vas-y, Leyna. Continue. Un état d'âme, tu disais ? ».

Je vis le visage de ma fille adoptive s'empourprer. Pas sous le coup de la gêne, ni même de la colère. Non. Sous le coup de l'indignation.

« Tu aurais voulu qu'on les laisse tous mourir, c'est ça ? me lança Leyna d'un ton si véhément que je me dis qu'une part en elle ne laisserait plus jamais partir la panthère.
-Ce n'est pas ce que j'ai dit, répliquai-je en me pinçant l'arrête du nez.
-Sans nous ils seraient tous morts, alors tu ne l'as peut-être pas dit, mais tu l'as au moins pensé ! siffla Leyna, et je vis ses iris jaunir petit à petit.
-Ce n'était pas à vous de faire ça ! ».

Leyna déglutit et sembla se mordre la langue pour ne pas dire quelque-chose qu'elle aurait pu regretter. Elle s'enfonça un peu plus dans le sofa, et me lança un regard tellement brûlant que je sentis le rouge me monter aux joues.

Je me passai une main sur le front, et me mis à marcher de long en large dans la pièce. Je sentais toutes les émotions palpables qui emplissaient la pièce... la colère de Leyna, la perplexité d'Emy, l'incertitude de Pepper, l'hésitation de Happy... elles étaient tellement palpables que j'avais l'impression que j'aurais pu en attraper une et la tenir dans le creux de ma main rien qu'en tendant le bras.

« Je voudrais que vous compreniez quelque-chose, dis-je en me tournant de nouveau vers les filles. Ce que vous avez – ce don que vous cachez – ne fait pas de vous des super-héroïnes. Il fait de vous des mutantes. Mais au delà de ça, vous restez deux adolescentes ordinaires, et je tiens à ce que vous le restiez à l'avenir ».

Je vis Emy froncer les sourcils, mais elle prit la décision de ne rien dire pour l'instant.

« Vous ne savez pas... vous n'avez aucune idée de ce que c'est que d'être des héros. La pression médiatique, les conséquences, et j'en passe. La mère et sa fille, Leyna. Si ce Spider Man n'avait pas été là pour les sortir de là, ça t'aurait hanté toute ta vie. Et les médias auraient fait en sorte de vous remettre la faute dessus à toutes les deux. Et la famille de ces personnes. Vous auriez accepté d'être tenues responsables de ça ? Vous croyez vraiment que vous pourriez supporter les cauchemars, les sueurs froides, les nuits blanches, et toutes ces fois où vous vous retrouvez face à des choix qui impliquent tous la mort de quelqu'un ou quelqu'autre ? Vous n'avez aucune idée de ce que c'est et je ne veux pas que vous en ayez la moindre idée. Je veux que vous alliez vous coucher, je ne veux plus entendre parler de ce qui s'est passé. Et je ne veux plus que ça se reproduise ».

Désormais je sentais la colère de Leyna me brûler la peau, et je dus faire un effort pour soutenir son regard, dans lequel je lisais à la fois incompréhension, colère, et déception.

Je finis par me détourner, et les entendis avec satisfaction se lever.

Pensant qu'elles allaient se rendre dans leur chambre, je fis mine de rien, et j'entendis en effet le bruit de pas s'éloignant en direction du couloir.

Je soupirai un grand coup, collai mes mains l'une contre l'autre avant de croiser mes doigts et de les serrer fort. Je savais que la nuit était loin d'être terminée, j'allais avoir droit à une longue discussion avec Pepper, un dialogue de sourds que je n'avais aucune envie d'avoir. Je savais que dans le fond elle était d'accord avec moi. Mais dans la forme... elle allait me reprocher d'avoir été aussi dur avec les filles, et j'allais devoir lui répéter pendant des heures que c'était nécessaire.

« Tant que j'aurai le choix ».

Je fis volte-face, et remarquai non sans surprise qu'en réalité, Emy n'avait pas quitté la pièce, et qu'elle se tenait debout devant le sofa, là où elle s'était tenue assise au moins... trois minutes auparavant.

Son regard n'était pas vert comme celui de sa sœur avait été jaune, mais j'y lisais une détermination dont je n'aurais jamais pensé que la fragile Emy Rald était capable de faire preuve.

« Tant que j'aurai le choix, je choisirai toujours la vie », me dit-elle d'une voix si faible qu'elle était presque un murmure.

Mais faible n'était pas le mot. Non, sa voix était ferme et assurée, la voix d'une jeune femme, pas celle d'une adolescente de dix-sept ans. Mais pas plus forte qu'un chuchotement.

« Tant que j'aurai la possibilité de sauver des vies je le ferai, poursuivit-elle en levant le menton d'un air fier. Tu nous demandes de ne pas nous mêler de ce qui se passe dans le monde, de laisser courir. Si tu avais assisté à la bataille de New York depuis une des fenêtres de la tour en sirotant un café, tu ferais encore plus de cauchemars. Tu comprends ? ».

Elle me renvoya le boulet que je lui avais premièrement envoyé dans l'estomac. Et en effet, c'était douloureux.

C'était tellement douloureux de savoir qu'elle avait raison. Et que je n'arriverais pas à leur faire changer d'avis, ni à elle, ni à Leyna.

« Emy, lui dis-je. La vie n'est pas un Disney. Le monde est cruel et tu ne peux rien y faire.
-Tout le monde peut contribuer à le rendre meilleur, même moi, répliqua Emy. Pas parfait, juste meilleur. Et si ma mutation peut servir à le rendre meilleur, alors je m'en servirai. Tu auras beau me crier dessus, me punir, faire ce que tu veux, je ne m'arrêterai pas. Parce-que c'est la seule chose à faire ».

Elle fit soudain volte-face et s'éloigna d'un pas tranquille en direction du couloir, comme si elle venait simplement de m'embrasser sur la joue et de me dire bonne nuit.

Je dus rester bien, quoi, deux minutes après son départ, immobile, debout, raide comme un piquet. Lorsque je sortis enfin de ma transe, je constatai que Happy et Pepper ne se trouvaient plus dans la pièce. J'étais seul.

Seul, avec mes hantises.

Je ne voulais pas que mes filles suivent la même voie que moi.

Et pourtant, je le savais, j'en étais persuadé... c'était exactement la voie qu'elles allaient suivre. Et j'en avais peur.

Je compris à cet instant que le sentiment qui s'était mêlé au soulagement lorsque je les avais vues entrer dans la pièce, c'était ça. J'avais peur de l'avenir. J'avais peur pour leur avenir.

Mais quoi qu'elles décident de faire, même si j'en avais ma petite idée... je serais toujours là pour les protéger.

Je les protégerais contre le monde, contre l'univers entier si nécessaire.


Emy Rald :

Je lançai un regard incertain à Tony, mais il avait l'air parfaitement détendu, pas comme la veille. On aurait dit qu'il avait fait la paix avec lui-même, et il avait cet air zen que jamais Tony Stark n'aurait dû avoir. Ça voulait dire danger.

D'ailleurs, j'aurais dû me douter qu'il y avait eu anguille sous roche dès qu'il nous avait amenées ici. Au lieu de quoi, je me trouvais debout en plein milieu de l'un des couloirs de la base du SHIELD, à attendre comme une nounouille que quelque-chose se passe, mais sans savoir quoi exactement.

« Non mais tu nous fais marcher, en fait, je suis sûre qu'on est juste là pour passer une nouvelle batterie de tests, répliquai-je en levant les yeux au ciel.
-Je ne vois pas l'intérêt que j'aurais à vous faire marcher, surtout sur ce sujet », répliqua calmement Tony.

Leyna leva à son tour les yeux vers notre père adoptif. Elle se méfiait, elle aussi. Nous échangeâmes un regard, et un bref hochement de tête : Il ne pouvait pas avoir changé d'avis aussi rapidement, il y avait forcément un piège.

Je me redressai en voyant le borgne – Fury, voilà, c'est ça – s'approcher de nous à grands pas.

Son expression à lui était comme toujours neutre, mais j'avais l'impression qu'au fond de lui il jubilait. Non... Tony ne pouvait pas avoir été sérieux, tout de même ?!

« Bonjour, monsieur Stark, lança-t-il d'un ton presque amical, qui ne fit que renforcer ma pensée.
-Fury, grommela Tony, comme s'il était déjà ennuyé par la présence du directeur du SHIELD.
-J'ai cru comprendre que vous vouliez me voir ? demanda innocemment Fury avant de nous lancer un regard curieux, à Leyna et à moi.
-Absolument, sans quoi je ne serais pas là, répliqua Tony avec un sourire forcé. Il se pourrait que je sois... revenu sur ma décision. Au sujet de la discussion que nous avons eue la dernière fois », ajouta-t-il pour se montrer plus clair.

Je vis un éclair de triomphe passer dans le regard de Fury, et de sa part ça ne me disait rien de bon.

Pire encore, il se tourna vers Leyna et moi, et joignit ses deux mains ensemble comme s'il faisait une prière.

« Mesdemoiselles, si vous voulez bien me suivre, nous dit-il.
-Non, mais on a pas le choix, donc, répliqua Leyna.
-Elle est perspicace, c'est plutôt bon signe », fit remarquer Fury à Tony avec un sourire confiant.

Fury nous mena jusqu'à une petite porte métallique, avec l'air qu'il devait avoir le matin de Noël : un air neutre, avec un petit sourire en coin.

Avant qu'il ne s'engouffre dans la salle, Tony plaça un bras au travers de son chemin, et lui lança un regard d'avertissement.

« Attention, Fury, dit-il. Je veux qu'elles soient entraînées. Pas que vous en fassiez deux de vos agents. Je refuse qu'elles travaillent pour quelque organisme que ce soit, je veux simplement qu'elles soient prêtes en cas de... nécessité.
-Nous avons des agents beaucoup plus jeunes qu'elles, mais si telle est votre volonté, elle sera respectée, je vous le garantis », répliqua Fury, même si un peu de sa joie de vivre semblait s'être envolée.

De toute manière, pensai-je avec amusement, la barrière de l'âge n'était sans doute pas la seule chose qui bloquait Tony : durant toute notre vie, il refuserait sans doute catégoriquement que nous travaillions pour le SHIELD. J'étais parfaitement consciente qu'il n'avait qu'une très mince confiance en Fury, quant à l'organisme que ce dernier dirigeait... mieux valait ne pas en discuter, pas avec Tony, en tout cas. Mais j'étais aussi consciente que seul le SHIELD possédait des équipements assez sophistiqués, et avait fait des recherches assez poussées pour entraîner les optimisés comme Leyna et moi.

Ma sœur et moi entrâmes à la suite de Fury dans une salle entièrement métallisée. Une fois que Tony fut entré à son tour, la porte que nous avions passée se referma, et les bruits qui nous parvenaient depuis les couloirs du SHIELD disparurent tout à coup. La salle dans laquelle nous nous trouvions était totalement insonorisée.

Je fis un tour sur moi-même, intriguée, et mon regard fut soudain attiré par une immense baie vitrée qui se trouvait à l'autre bout de la salle. Je m'en approchai sans demander la permission à Fury (après tout c'était lui qui avait décidé de nous amener là, à ses risques et périls), et y collai mon front afin de voir ce qui se trouvait de l'autre côté.

Plus exactement, ce qui se trouvait en contrebas.

La salle dans laquelle nous nous trouvions semblait suspendue dans le vide, et, alors que je baissai les yeux, je remarquai que le sol de la salle qui se trouvait de l'autre côté se trouvait bien quinze mètres plus bas. Mis à part ça, elle était totalement vide, et je me demandais bien à quoi elle allait pouvoir nous servir pour nous entraîner.

« Alors, Emy, ça te donne envie de tester ? ».

Je fis volte-face, et constatai avec étonnement que Natasha Romanoff se trouvait désormais avec nous dans la pièce. Elle me regardait avec un sourire en coin, et comme je commençais à la connaître, je me dis que j'avais plutôt du souci à me faire. Mais, comme je ne comptais pas me démonter, je répondis :

« Je suis là pour ça, alors envoie la sauce. Mais elle sert à quoi, cette salle, en bas ?
-Tu le découvriras bien assez tôt », me répondit Natasha, son sourire s'élargissant.

D'un vague geste de la main, elle m'indiqua une sorte de capsule à taille humaine que je n'avais pas remarquée jusque-là, et la porte de la capsule s'ouvrit pour me laisser découvrir un espace creux.

C'était un ascenseur. Un tout petit ascenseur.

Et comme vous le savez, les espaces confinés, c'est pas ma tasse de thé.

Néanmoins, après avoir lancé un regard méfiant à Fury, qui paraissait toujours aussi impassible, je me dirigeai vers l'ascenseur et y entrai, non sans quelque réticence.

« Vous me faites le coup de la panne, intervins-je en regardant tantôt Natasha, tantôt Fury, je vous arrache les yeux ».

Cette fois, l'ombre d'un sourire naquit sur le visage de Nick Fury. Juste avant que les portes de l'ascenseur ne se referment sur moi, et que je ne commence à descendre, lentement... trop lentement...


Leyna Stevens :

Je n'eus aucune réaction en voyant Natasha surgir de nulle part, et je décidai de faire comme si je ne la voyais pas. Je savais bien que je n'allais pas pouvoir lui en vouloir éternellement, mais... ce qui s'était passé était encore trop frais dans mon esprit, je ne me sentais pas la force d'en discuter avec elle, ni de le lui pardonner pour l'instant. Une fois que les portes de l'ascenseur se furent refermées sur Emy, je sentis le regard de l'espionne rousse peser sur moi un court instant, avant de se reporter sur la vitre qui nous séparait de la salle d'entraînement. Je m'approchai de cette vitre, et je guettai Emy. Lorsque je vis ma sœur entrer dans cette salle, de l'autre côté, je ressentis une pointe de soulagement.

J'osai même un signe de la main, mais Emy semblait me regarder sans me voir.

« Une vitre sans teint, me précisa Nick Fury en venant se positionner à mes côtés.
-Okay, marmonnai-je, sentant mon stress remonter en flèche. Vous lui réservez quoi, au fait ?
-Elle a dix-sept ans, c'est ça ? me demanda le directeur du SHIELD.
-...Oui ? répondis-je en lui lançant un regard suspicieux.
-Bon, dans ce cas, pas de torture au programme ».

Cette fois, je me détournai complètement de la vitre pour regarder Fury, qui osa un sourire en découvrant ses dents blanches.

« Je plaisantais, me fit-il remarquer.
-Oh, pardon, je savais pas que vous en étiez capable, répliquai-je en haussant les épaules.
-Eh bien je t'en en donne la confirmation : je suis bel et bien humain ».

Je secouai la tête, avant de me tourner de nouveau vers la vitre, et de sentir mon cœur frémir.

Emy n'avait pas bougé, et regardait autour d'elle d'un air méfiant. Et elle avait raison, puisque la salle dans laquelle elle se trouvait venait de se remplir de lasers rouges.

« Euh... vous lui donnez aucune indication ? demandai-je à Fury, qui faisait face à la vitre en croisant les bras, comme s'il attendait un signe providentiel.
-L'objectif me semble assez simple, elle sera tout à fait capable de comprendre toute seule », répliqua le directeur du SHIELD sans se tourner vers moi.

Je fronçai les sourcils, et observai la salle dans laquelle se trouvait ma sœur avec un peu plus d'attention. Elle était traversée de part en part par des lasers rouges, dont il était évident qu'Emy devait essayer de les éviter. La salle était construite toute en longueur, donc je me dis qu'elle allait certainement devoir la traverser. Et, en effet, à l'autre extrémité de la salle d'entraînement, il me sembla distinguer un socle sur lequel se trouvait une sorte de... bouton rouge.

Emy dut faire le même constat que moi, car au même moment elle se mit à avancer.

Elle avançait lentement, mais jusque-là j'étais loin de me douter qu'elle pouvait être aussi souple. Elle avait traversé le premier quart de la salle sans même toucher un laser !

Soudain, une sonnerie assourdissante me perça les tympans, et je vis Emy se recroqueviller sur elle-même en plaquant ses mains sur ses oreilles, alors que sur un écran se trouvant à l'autre bout de la salle d'entraînement s'affichait le mot « ECHEC ».

« Temps écoulé, fit remarquer Fury, et Emy sembla l'entendre car elle leva les yeux vers la vitre sans teint. Recommence ».

Même si elle se trouvait quinze mètres en contrebas, j'eus l'impression qu'Emy faisait craquer ses jointures, et elle retourna à son point de départ.

Son deuxième passage fut beaucoup plus rapide. Mais, dans sa précipitation, elle effleura du doigt l'un des lasers, et la sonnerie assourdissante retentit de nouveau.

« Ton objectif : ne toucher aucun des lasers. Recommence ».

J'eus cette fois la certitude qu'Emy serrait les poings, et j'eus l'impression de voir ses lèvres remuer sans pouvoir deviner ce qu'elle disait (ou criait).

Elle retourna néanmoins à son point de départ. Et réussit encore trois passages infructueux.

Alors que les lasers s'allumaient pour la sixième fois, j'eus la bêtise de cligner des yeux un quart de secondes. Et lorsque je les rouvris Emy n'était plus là.

Je sentis mon angoisse remonter en flèche, et je cherchai ma sœur dans tous les coins de la pièce. Mais à part cette légère brume je...

Je me souvins soudain de la veille au soir. Je me souvins soudain de la forme qu'avait prise Emy.

Et je compris immédiatement ce qu'elle était en train de faire.

Fury, lui, avait froncé les sourcils, et il les haussa de nouveau lorsqu'il entendit de nouveau une sonnerie retentissante, et vit le mot « SUCCES » s'afficher en grandes lettres vertes sur l'écran de la salle d'entraînement.

L'instant d'après, Emy apparaissait de nouveau à côté du socle, et levait vers la vitre sans teint un regard fier.

« Impressionnant », conclut Fury.

Une fois que ma sœur fut de retour dans la même salle que nous, je lui fis un check très enthousiaste, et m'apprêtai à passer le test à mon tour, mais Fury semblait ne pas encore en avoir fini avec elle.

« Comment est-ce que tu as appris à contrôler ta mutation ? demanda-t-il à ma sœur.
-J'ai pas appris, répondit Emy en haussant les épaules. C'est instinctif ».

Intriguée, je lui lançai un regard.

Je connaissais Emy depuis bien plus longtemps que quiconque d'autre se trouvant dans cette pièce. Et même si elle avait paru très convaincante, j'étais persuadé que ce qu'elle venait de dire était un mensonge. Et pourtant, Emy n'avait jamais su mentir. En tout cas pas jusque-là. Et je me demandais pourquoi cela devenait soudain si nécessaire. … Peut-être qu'elle ne faisait pas non plus confiance à Fury, en tout cas pas au point de lui dire la vérité... mais quelle vérité ? Une vérité que je ne connaissais pas moi non plus.

« Leyna ? ».

Je secouai la tête, avant de me tourner vers Natasha, qui me regardait d'un air intrigué. Maintenant que j'y faisais plus attention, Tony, Fury, et Emy aussi me regardaient fixement. … Quoi, qu'est-ce que j'avais loupé ?

« C'est ton tour », me chuchota Emy comme si elle espérait que les autres ne l'entendraient pas.

Décidant de me vider l'esprit et de ne plus penser à ce qui me préoccupait, je me dirigeai à mon tour vers l'ascenseur, et, alors que les portes se refermaient sur moi, je lançai un dernier regard à ma sœur, qui m'adressa un sourire confiant.

« Le genre de sourire confiant qui cache un océan de mensonges », pensai-je amèrement, avant de me ressaisir et de me concentrer sur mon but.


Emy Rald :

Évidemment, je m'attendais à ce que ma sœur subisse le même entraînement que moi, aussi je remarquai à peine que Natasha quittait la pièce alors qu'elle avait assisté à mon entraînement dans les moindres détails.

Je me disais que ç'avait peut-être à voir avec la petite altercation qu'elle avait apparemment eue avec ma sœur la veille au soir. Comme, en attendant que Leyna se réveille, je m'étais profondément endormie au milieu du couloir, Happy, qui m'avait trouvée là, avait eu la présence d'esprit de me ramener dans ma chambre et de me poser dans mon lit, histoire que je n'aie pas le dos cassé en deux le lendemain au réveil. Et d'ailleurs, le matin même, comprenant où je me trouvais mais pas comment j'y étais arrivée, je m'étais levée en sursaut en hurlant sur tout le monde que si Leyna s'était réveillée et que j'avais pas été mise au courant j'allais les tuer. Bon, au final, j'avais tué personne, j'avais pu voir Leyna, et elle m'avait certifié qu'elle allait bien. Bruce avait vraiment fait du bon travail, ses cicatrices ne se voyaient quasiment pas à l'œil nu.

J'avais appris par la même occasion que Leyna avait découvert la vérité pour nos parents, et, en effet, lorsqu'elle me le raconta, je me souvins de ce jour de notre enfance où nous avions pour la toute première fois rencontrée Natasha. D'ailleurs, j'avais inexplicablement deviné qu'elle était une espionne. … Ou alors il s'agissait d'une simple coïncidence. Enfin bref, en apprenant cela, Leyna s'en était prise assez violemment à Natasha, et malgré toutes les explications que j'avais pu donner pour la défense de l'espionne rousse, Leyna avait secoué la tête et refusé d'en entendre parler. J'avais donc supposé que les choses allaient s'arranger avec le temps, ou du moins je l'espérais.

L'absence soudaine de Natasha dans la salle ne me frappa en pleine face que lorsque je vis l'agent russe surgir dans la salle en contrebas, et faire face à ma sœur, qui commençait visiblement elle aussi à se demander ce qui l'attendait.

Je tournai la tête vers Fury pour le questionner, mais comme il était en train de pianoter sur un clavier électronique qui était fixé au mur juste à côté de la baie vitrée, je me tus et décidai plutôt de regarder attentivement ce qui allait suivre. Après tout, Tony était là, Fury n'oserait pas faire de mal à Leyna. … Et puis d'ailleurs, pourquoi voudrait-il lui faire du mal ? Elle ne lui avait jamais rien fait.

« …te défendre.
-Quoi ? demandai-je en secouant la tête, avant de comprendre que j'avais tout simplement entendu la fin de ce que Natasha avait dit à ma sœur, dans l'autre pièce, car visiblement Fury avait désinsonorisé la salle.
-Contre toi ? Tu comptes vraiment me donner une occasion de te rappeler à quel point je te déteste ?
-Si c'est ce qu'il te faut pour vraiment montrer de quoi t'es capable, alors vas-y, défoule toi », répliqua Natasha en croisant les bras.

Je commençais à peine à comprendre ce qui allait se passer, lorsque je vis Natasha se mettre en position de combat, et Leyna, après un soupir peu confiant, reculer de quelques pas et se mettre en position de défense.

« Non mais attendez », lançai-je à haute voix, mais visiblement ni Natasha ni Leyna ne pouvaient entendre ce qui se passait dans l'observatoire.

C'est donc à cet instant précis que Natasha s'élança en avant, et de mon point de vue, elle n'essayait pas du tout de ménager Leyna. On aurait plutôt dit que ma sœur lui avait fait une sale crasse et que la rousse était prête à en découdre coûte que coûte. Mais après tout, elle ne faisait sans doute que suivre les ordres. … Elle n'en voulait tout de même pas à Leyna pour la dispute de la veille ?!

Quoi qu'il en soit, ça restait impressionnant, et je plaquai les paumes de mes mains contre la baie vitrée tout en sachant que Leyna ne pouvait ni me voir ni m'entendre. Elle était seule face à la furie de Natasha.

Ma sœur se protégea comme elle le put des premiers coup, mais finit à genoux en se tenant l'estomac, après un coup de poing bien senti de la part de Natasha.

« Arrête de réfléchir, lui dit cette dernière en la forçant à se relever. Laisse ton instinct prendre le dessus.
-Vaut mieux pas pour toi, siffla Leyna en lui lançant néanmoins un regard meurtrier, à travers les mèches violettes qui lui tombaient en vrac sur le visage.
-Ah ouais ? répliqua Natasha en haussant les sourcils, avant d'envoyer un nouveau crochet à ma sœur, qui cria tant de douleur que de colère. Pour l'instant je m'en fais pas. Allez, Leyna. Fais sortir la bête.
-NON ! hurla ma sœur, en reculant instinctivement contre un mur, regardant autour d'elle, cherchant désespérément une issue.
-Pourquoi, t'as peur ? répliqua Natasha avec un ricanement qui ne lui allait pas du tout. C'est pour ça que tu t'es transformée hier soir, avoue. T'étais morte de peur. T'as pas pris la forme de n'importe quel oiseau. C'était pas un aigle, c'était une poule mouillée ! ».

Je vis soudain ma sœur bondir en avant. Et lorsqu'elle retomba sur Natasha, il ne s'agissait plus vraiment de Leyna.

La bête était sortie, et elle était en colère.

« Parfait, répliqua Natasha en levant les bras en signe de rémission. Excuse-moi d'avoir été aussi dure, mais c'étaient mes ordres. Faire ressortir ta part animale à n'importe quel prix ».

J'entendis la panthère rugir, et je sentis un frisson me parcourir l'échine. Parce-que pour la première fois, que ce soit grâce à la distance ou à autre chose, je réussis à distinguer des mots dans ce grondement animal.

« JE ne suis les ordres de PERSONNE !
-Je sais, répliqua Natasha, en réussissant, à ma grande surprise, à rester parfaitement calme. Mais si Leyna était réellement partie tu m'aurais déjà ouvert la gorge, même si elle me déteste elle serait incapable de faire une chose pareille, mais la panthère ne se poserait pas de questions. Alors aussi dur que ce soit à admettre... Leyna, cet animal ne se cache pas à l'intérieur de toi. Il est toi. Ou du moins une part de toi. Et tu dois apprendre à le contrôler ».

Je vis la panthère hésiter, puis, lentement, rétracter ses griffes, et libérer Natasha de son poids afin qu'elle puisse se relever.

J'eus soudain l'impression que la panthère se ratatinait sur elle-même, et l'instant d'après elle redevint, à ma grande surprise, la mutante mi-humaine mi-panthère que j'avais découverte effondrée devant son miroir moins d'un mois auparavant.

« Je préfère ça », répliqua Natasha, et je sentis la pointe de soulagement qui perça dans sa voix.

Leyna leva ses yeux jaunes vers elle, et pencha la tête de côté, comme si elle attendait la suite.

« Hier, poursuivit Natasha en s'asseyant en face d'elle. Quand tu t'es transformée en oiseau. Tu pensais à quoi ?
-Je sais pas, grommela la Leyna panthère.
-Eh ben réfléchis, parce-que c'est la clé du puzzle, ma grande », lui fit remarquer Natasha en croisant les bras, prête à attendre le temps qu'il faudrait.

J'eus l'impression que le silence qui suivit dura une éternité, au bout de laquelle Leyna répondit finalement, comme honteuse :

« J'avais peur. J'avais peur que tous ces gens meurent et que je ne puisse rien faire pour changer ça ».

Malgré la hauteur à laquelle je me trouvais, je pris parfaitement conscience qu'un sourire naissait sur le visage de Natasha.

« Quoi, tu trouves ça drôle ? répliqua Leyna en montrant les crocs.
-Non, je trouve ça touchant, répliqua Natasha. Tu as eu tellement peur pour les autres que tu as inconsciemment laissé ta mutation prendre le dessus et te dicter ce que tu devais faire, alors que tu as peur de cette mutation. T'en as peut-être pas conscience, mais t'as laissé libre court à ta mutation parce-que tu savais que c'était la seule solution pour sauver tous ces gens. Et ça a marché ».

Leyna pencha de nouveau la tête de côté, et l'instant d'après je constatai que la fourrure disparaissait de ses bras, et qu'elle reprenait peu à peu forme humaine.

« Je m'étais juste transformée en panthère, jusque-là, fit-elle remarquer à voix basse, se confiant comme si elle avait oublié toute la rancœur qu'elle ressentait à l'égard de l'espionne. Jamais en autre chose. Je croyais que la panthère c'était ma mutation.
-Et tu as repoussé tes limites parce-que tu savais que la panthère ne servirait à personne, répondit Natasha. Maintenant j'ai besoin de savoir jusqu'où t'es capable d'aller. Tu n'es pas simplement une mutante qui sait se transformer en panthère. Tu es une mutante zoomorphe. Les analyses que nous avons effectuées nous prouvent que tu es capable de te transformer en n'importe quel animal. Ça ne se limite pas simplement aux fauves ou aux oiseaux, tu peux faire beaucoup plus que ça. Tu as des capacités presque illimitées.
-Et la mutation d'Emy ? ».

Je sentis mon cœur cogner contre ma poitrine. Pourquoi diable est-ce que Leyna se mettait à parler de moi ? … Parce-qu'elle s'inquiétait pour moi.

Et elle savait que j'étais inquiète, moi aussi.

D'ailleurs, en voyant l'expression de Natasha changer petit à petit... je compris qu'elle s'inquiétait au moins autant que nous.

« Non identifiée », répondit-elle en baissant les yeux.

Nouveau silence. Assourdissant. J'entendais mon cœur battre dans mes tempes, je le sentais battre dans mes tempes, et je me mis à prier intérieurement pour que qui que ce soit reprenne la parole, vite... vite...

« C'est pour ça qu'elle a pas eu droit au même test que moi, fit remarquer Leyna. Vous essayez juste de m'entraîner à contrôler ma mutation, mais elle... vous la testez. Parce-que vous ne connaissez pas ses limites, et que vous ne savez pas du tout ce qu'elle est.
-Ça a un rapport avec ça, oui », répondit Natasha.

Je fronçai les sourcils. J'avais comme l'impression que la rousse n'en avait pas encore terminé, et vu que Leyna ne reprenait pas la parole, je me doutai qu'elle avait compris la même chose que moi.

« Je crois... poursuivit Natasha après un certain temps. Je crois que ta sœur nous cache beaucoup plus de choses que toi ».

Cette fois-ci, je sentis mon cœur se figer dans ma poitrine. Comment... non. Elle ne pouvait pas. Elle disait certainement ça par hasard. Elle parlait de ma mutation. Rien de plus. Ça n'avait rien à voir avec...

« Tu parles toujours de sa mutation, Nat' ? », demanda Leyna en fronçant les sourcils, comme si elle avait deviné exactement ce à quoi je pensais une seconde auparavant.

Heureusement, alors même que Natasha s'apprêtait à donner sa réponse (sans doute négative) à Leyna, Fury intervint, et déclara que la session d'entraînement était terminée.

Alors que j'observais ma sœur retourner dans l'ascenseur qu'elle avait emprunté pour descendre dans la salle d'entraînement, je croisai le regard implacable de Natasha, qui me regardait au travers de la vitre sans teint comme si elle pouvait me voir.

J'eus un frisson désagréable.

Comme si elle pouvait lire en moi.

Mais je lus dans son regard la même incertitude que j'avais lue dans le regard de ma sœur avant qu'elle ne descende en salle d'entraînement. Non. Elle n'en savait pas plus que ça. Et heureusement, d'ailleurs.

Il allait falloir que je me montre beaucoup plus prudente, à l'avenir.