Pour une fois j'ai pas exceptionnellement envie de blablater ce soir... Alors je remercie chaleureusement (ça c'est l'influence de l'écriture de fanfictions, jamais j'utilise le mot "chaleureusement". Surtout que ça caille sa mère en ce moment, mais je fais du Hors Sujet) : Caramelise, Hulrik, CFLM angel, Stef, Fraize, Eve et Zod'a, LaSilvana et EwilanGil'Sayan. Les réponses aux anonymes sont à la fin du chapitre.
Disclaimer : Le monde d'Harry Potter est à JKR. La chanson du chapitre est "Wicked Game" de Chris Isaak. Les autres chansons présentes sont "Hatesong" de Porcupine Tree (si possible écoutez la version du concert Arriving Somewhere de 2005 sur Youtube) et "Space Oddity" de David Bowie (1969 alors aucun anachronisme, ouais !).
Et si jamais vous savez pas quoi aller voir au cinoche, allez voir Café de Flore de Jean-Marc Vallée (le réalisateur de C.R.A.Z.Y.) c'est une tuerie. Sherlock Holmes c'est bien aussi, mais Café de Flore c'est encore mieux.
EDIT du 17/02/12 : Je suis désolée de vous apprendre qu'il n'y aura pas de 11e chapitre avant quelques temps. Pour le mois qui vient, je me mets en pause. Mes examens arrivent bientôt et je dois me concentrer dessus. Mais dès début avril, voire fin mars, je reviens avec un chapitre 11 qui devrait vous plaire. Ne m'oubliez pas en attendant ^^ !
Sur ce, Bonne lecture !
The Gentlest Feeling
10. What a wicked thing to do, To make dream of you
Il semblait que les professeurs de Poudlard étaient plus laxistes pendant les vacances qu'en période de cours. James, Lyra et Sirius n'avaient même pas eu à demander la permission d'accompagner leurs amis jusqu'à la gare de Pré-Au-Lard. Ils s'étaient contentés de grimper dans la diligence et d'attendre le départ du train avec eux.
Lyra enlaça ses deux meilleures amies. Sirius et Remus partagèrent une accolade maladroite, mais leurs yeux rayonnaient de gratitude en regardant l'autre. Peter leur fit mille recommandations et James faisait mine de les noter sur un parchemin imaginaire. Liana et Sirius se souhaitèrent de bonnes vacances comme s'ils n'avaient pas été en froid pendant ces derniers mois. Black fit un majestueux doigt d'honneur à Evans quand elle monta dans le train, elle répondit en lui tirant puérilement la langue - au moins une chose qui ne changerait jamais.
Les portes se fermèrent et le train s'en alla, dégageant des panaches de fumée blanche sur son passage. Muets et immobiles, les trois Gryffondors de sixième année restèrent plantés sur le quai jusqu'à ce que le Poudlard Express ne disparaisse de leur vue. Puis encore quelques secondes de plus.
Jusqu'à ce que Lyra se tourne vers les garçons tout en enfouissant ses mains dans les poches de sa cape. « Bon, on fait quoi ? » Elle avait parlé avec le plus d'entrain possible, espérant cacher les trémolos de sa voix. Ça lui donnait toujours un coup au moral d'être séparée de ses meilleures amies, surtout en cette période de l'année.
James et Sirius sortirent de leur torpeur. Ils se regardèrent, puis Sirius se racla la gorge « Nous, on va à Londres. Tu veux venir ? » Elle haussa un sourcil, cherchant où était la blague, avant de comprendre qu'il n'y en avait pas.
- Vous voulez rire ? Mais enfin, pourquoi vous n'avez pas pris le Poudlard Express si vous vous vouliez aller à Londres ? demanda-t-elle en leur parlant comme s'ils étaient des imbéciles.
- Peut-être parce qu'on voulait pas se taper quatorze heures de trajet dans la même journée pour rester seulement dix minutes sur place, répondit James sur le même ton.
Les yeux de Lyra passèrent de l'un à l'autre, puis elle haussa les épaules « D'accord, je viens » James lui sourit et Sirius sortit quelque chose de sa poche. C'était une vieille paire de chaussettes, trouées et élimées, roulées en boule.
James y posa son index, Lyra l'imita sans réfléchir ; Sirius y donna un coup de baguette et ils disparurent tous les trois, une curieuse sensation d'être crocheté par le nombril les tiraillant. Curieuse, mais caractéristique des Portoloins.
Le trajet ne dura que quelques secondes, puis Lyra retrouva avec soulagement la terre ferme. Elle lâcha le Portoloin et cligna des yeux en regardant autour d'elle. Surprise, elle reconnut immédiatement Sainte Mangouste.
- Merlin, qu'est-ce qu'on fait ici ?
Elle tourna sur elle-même en se demandant pourquoi personne ne lui répondait. Lyra finit par voir Sirius essayer de se faufiler parmi la foule de sorciers présents dans le hall d'entrée bondé, et James qui le suivait en lui faisant de grands signes pour qu'elle les rejoigne. Elle marcha vers eux d'un pas rapide.
Elle n'eut pas le temps de poser de questions qu'ils traversèrent un mur. Lyra eut l'impression de passer à travers un rideau d'eau fraîche, mais lorsqu'elle se retrouva du côté moldu, elle était tout ce qu'il y avait de plus sec. Elle regarda derrière elle et découvrit à la place de Sainte Mangouste un écriteau à l'air vieillot : Purge & Pionce Ltd. Il devait s'agir d'un grand magasin en son temps, aujourd'hui fermé pour « Rénovation » - comme le désignaient d'autres écriteaux plus récents - et à l'aspect misérable.
- J'étais jamais rentrée par le chemin moldu, finit par dire Lyra.
- Vraiment ? » s'étonna James en se rapprochant du mur de briques rouges. Il pointa un doigt vers les vitrines qui présentaient quelques mannequins écaillés, la perruque de travers, affublés de vêtements absolument démodés « Tu vois le mannequin le plus moche de tous ? Il te suffit de lui dire pourquoi tu es là et il te laisse entrer.
- Sauf qu'on est pas là pour visiter et on a des trucs à faire, rappela fermement Sirius. On y va ? les pressa-t-il.
Lyra resserra son écharpe autour de son cou. Le vent était plus froid et mordant à Londres qu'à Pré-Au-Lard, ce qu'elle trouvait étrange. Sirius prit la tête du groupe, James et elle le suivant docilement.
- Comme tu as pu le constater, Sirius n'est pas d'une nature très patiente, commenta James.
- Cornedrue, tais-toi.
- Pourquoi vous avez un Portoloin qui vous amène à Sainte Mangouste ?
Lyra regardait les passants, les rues animées et les décorations de Noël sans les voir. Elle s'étonnait de ne pas être plus enthousiasmée par cette sortie officieuse et probablement interdite.
Elle surprit un échange de regards entendus entre les deux garçons. « Pas de question, Carlson. Secrets de Maraudeurs.
- Tu ferais mieux de t'y habituer si tu veux vraiment passer ces deux semaines avec nous, s'amusa James.
Comme beaucoup de secrets de Maraudeurs, ce Portoloin avait un lien direct avec la lycanthropie de Remus. En plus du Saule Cogneur, de la Cabane Hurlante, il avait été installé dès sa première année pour faciliter sa vie au collège. Sa place habituelle était dans le dortoir des garçons et il permettait de se rendre à Sainte Mangouste n'importe quand ; normalement, seul Remus pouvait l'actionner, mais James et Sirius avaient bien évidemment trouvé un moyen de contrer cet obstacle.
- En parlant de secret, ce qu'Evans doit faire de si important chez elle, c'en est un ? demanda James.
Lyra entendit Sirius râler dans sa barbe, ce qui lui arracha un sourire « Oui, c'est un secret » Son sourire s'agrandit et devint malicieux devant le regard suppliant, puis boudeur, de James.
Elle essaya de s'imaginer les réactions des garçons si elle leur révélait toute l'histoire ; que Pétunia Evans n'était que la demi-sœur de Lily. Elles avaient la même mère mais pas le même père. Ni Pétunia, ni Mr Evans n'étaient au courant. Feu Mrs Evans l'avait découvert et révélé à Lily quelques semaines à peine avant sa mort, laissant à sa cadette la lourde tâche de tout avouer aux deux intéressés une fois assassinée. Après avoir reculé ce moment fatidique pendant deux ans, Lily avait décidé de dire la vérité à son père et à sa sœur lors des vacances.
« Joyeux Noël » pensa tristement Lyra. Bien évidemment, elle n'allait rien dire à James, et encore moins à l'ennemi juré de Lily.
- Franchement, tu me caches une histoire de Portoloin et je devrais te révéler quelque chose d'aussi personnel sur ma meilleure amie ? Tu pousses, James.
- Personnel, hein ?
- Je me demande bien ce que tu peux tirer comme renseignement avec ce simple adjectif, s'amusa Lyra.
- Et à part ça, tu te demandes pas où on va ? lui demanda Sirius en lui jetant un coup d'oeil.
Un bref sourire passa sur les lèvres de la brune « Je préfère avoir la surprise » Le Maraudeur haussa un sourcil, mais ne chercha pas à comprendre davantage.
Ce fut cependant sans grande surprise que les Maraudeurs menèrent Lyra jusqu'au Chaudron Baveur pour atterrir ensuite sur le Chemin de Traverse. Ils remontèrent l'allée marchande, envahie par les sorciers en plein shopping de Noël. Lorsque Lyra aperçut de loin l'imposante façade de Gringotts, les Maraudeurs bifurquèrent et la guidèrent dans une ruelle moins empruntée.
Ils marchèrent quelques mètres jusqu'à ce que Sirius entre dans l'unique magasin de la rue, immédiatement suivi de James. Lyra se figea, les yeux écarquillés, en contemplant la devanture.
- Alors ça » souffla-t-elle, scotchée. Elle poussa à son tour la porte et rentra. Elle marcha droit vers James qui lui tournait le dos « Qu'est-ce que vous foutez dans un magasin d'instrument de musique ? » l'apostropha-t-elle.
James fit un geste vague de la main, les yeux rieurs « Oh, rien de spécial. On va monter un groupe » Lyra haussa les sourcils, dubitative.
- Vous quatre ? » Il acquiesça « Toi, Black, Lupin et Pettigrew ? » Elle ne retint pas son rire moqueur.
- Qu'est-ce qui te fait marrer ?
Son rire redoubla devant son air vexé « Tu sais jouer au moins ? » Il n'eut pas l'occasion de répondre que Sirius les héla.
- Hey vous deux !
Avec un sourire hilare, il leva sa main droite et fit tourner autour de son index un bâton de bois. Cela ressemblait à une baguette magique en plus rectiligne, plus lisse et plus fin. Des baguettes pour jouer des percussions, reconnut Lyra. « Je suis trop fort ! » s'exclama-t-il.
Lyra rit avec James « Et t'as jamais pensé à faire ça avec ta baguette avant ?
- T'es pas folle ! Y'a de la magie là-dedans ! Il serait capable de blesser quelqu'un, ou pire, se lancer un sort à lui-même, se moqua James.
Riant toujours, la brune jeta un coup d'oeil circulaire sur le magasin. Il n'avait pas grand chose de différent avec un magasin moldu. Quelques instruments au prix exorbitant - mais Lyra devinait qu'ils valaient largement leur coût - étaient accrochés au mur. Il y en avait également des dizaines dispersés dans tout le magasin. Il y avait des instruments classiques et des modernes, des vents, des cordes et des percussions - de tout, en réalité.
Le propriétaire du magasin, un homme vêtu d'une robe bleu marine parsemée de petites étoiles - qui rappela à Lyra le genre de parure que portait Albus Dumbledore -, passa à pas rapides devant elle. Il se força à plaquer un sourire accueillant, mais figé, sur son visage et sauva de justesse sa collection de saxophones des pitreries de James et Sirius.
Lyra chercha du regard ce qui l'intéressait vraiment dans ce magasin. Avec un petit sourire excité, elle marcha droit vers le coin des violoncelles. Elle en examina quelques uns avec attention, puis avisa un petit tabouret dans un coin. Elle l'amena près d'un violoncelle qu'elle trouvait particulièrement à son goût.
Elle s'assit et plaça l'instrument entre ses jambes. Les deux Maraudeurs apparurent comme par magie à ses côtés. « Tu sais jouer au moins ? » railla James en reprenant les mots de Lyra.
- Depuis que j'ai cinq ans, répondit-elle avec un air neutre.
- Ça fait un long moment, commenta-t-il, en se demandant pourquoi elle ne le lui avait jamais dit.
Lyra pinça les quatre cordes avec son index l'une après l'autre - do, sol, ré, la - puis le refit une deuxième fois « Il est déjà accordé » s'étonna-t-elle.
- C'est comme ça pour les instruments magiques, expliqua Black. Ils sont toujours justes, on a jamais besoin de les accorder.
- Et les chevilles alors, elles servent à quoi ?
- Les chevilles ?
Lyra montra les quatre petites pièces de bois fixées sur la tête du violoncelle. Chaque cheville était reliée à une corde et servait normalement à accorder l'instrument.
- C'est une autre particularité des instruments sorciers, reprit James. On les appelle des moduleurs. Ils servent à changer le son comme le musicien le souhaite.
- Sérieusement ?
- Je sais pas trop pour les violoncelles, mais il y en a sur tous les instruments. On peut jouer moins fort ou plus fort, plus rapide ou plus lent. On a un son avec ou sans sourdine, avec ou sans pédale...
- C'est comme ça qu'on obtient un multi-instrument, continua Sirius, et c'est très populaire chez nous. Pour les guitares, on peut passer de l'acoustique à l'électrique sur la même guitare.
- Et on peut faire de la basse et de la guitare sur la même aussi, renchérit James.
Lyra poussa un sifflement admiratif « C'est génial ! » Elle hésita cependant à toucher aux chevilles - non, aux moduleurs - « Mais j'ai pas confiance sur un violoncelle, ça me ferait bizarre »
L'instrument solidement coincé entre ses jambes, elle se contorsionna, son dos faisant presque un tour à 180 degrés sur lui-même, et attrapa un archet dans un panier en osier qui en était rempli.
Elle passa l'archet sur les quatre cordes, puis plaça son deuxième doigt sur la corde du sol et joua un très long si bémol, avec un vibrato qui dura tout le long de la note. Elle joua ensuite des gammes, des arpèges, essaya brièvement les quatre premières positions. Elle joua ensuite son morceau fétiche, la Suite n°1 pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach. Sirius et James, les yeux fixés sur ses doigts qui parcouraient la touche de l'instrument, l'écoutèrent religieusement.
- Je confirme, tu sais jouer, murmura James lorsqu'elle eut fini.
- Et tu joues même très bien, surenchérit Sirius, qui ne réussit pas à cacher son émerveillement.
Reconnaissante, Lyra lui sourit largement et, sans un mot, emportée dans son élan, elle joua un autre morceau. Toujours de Bach, son compositeur préféré et également celui de Lily et Liana, qui jouaient respectivement du violon et du piano depuis presque aussi longtemps qu'elle.
Elle joua ensuite une pièce de Schubert, l'andante du trio n°2. Il fallait normalement être accompagnée d'un violon et d'un piano - Lily, Liana et elle jouaient souvent ce morceau pendant les vacances - mais cela ne gêna pas Lyra. Les yeux clos, elle joua seulement sa partie et dans sa tête résonnaient les notes des deux autres instruments.
Malgré la quantité impressionnante d'instruments présents dans la boutique, l'établissement n'était pas si grand que ça, et Lyra jouait avec force et assurance en emplissant les lieux du son du violoncelle. Même dans l'arrière-boutique, on entendait son jeu emporté et passionné, sa musique douce et aérienne, agressive et pleine d'émotion.
Sans que Lyra n'y fît attention, ses deux camarades la laissèrent pour s'occuper de ce qui les avait amené ici. Aidés par le vendeur, ils discutaient à voix basse pour ne pas gêner la violoncelliste.
Un quart d'heure plus tard, alors que Lyra terminait un autre morceau sur une note aiguë, qu'elle prolongea jusqu'à atteindre la pointe de son archet, vibrant de toutes ses forces, James posa une main sur son épaule. Elle rouvrit les yeux et rencontra ses prunelles chocolatées où dansait une lueur particulière. La musique avait réussi avec brio à atteindre son cœur.
- On va y aller, murmura-t-il.
Lyra hocha la tête et ils restèrent quelques instants immobiles, les yeux dans les yeux, pour retenir l'instant où cette bulle éclaterait, où la réalité les frapperait de nouveau. À regret, elle rangea archet et violoncelle, salua le vendeur d'un hochement de tête et sortit à la suite des garçons. Toujours dans ses songes bercés par le plus doux des airs de violoncelle, elle était avec eux sans vraiment l'être, les regardait sans vraiment les voir.
Elle ferma les yeux et respira profondément. Cela faisait un moment qu'elle n'avait plus touché de violoncelle - trop longtemps se rendit-elle compte - et elle se sentait toute chose.
- Vous ne m'avez toujours pas dit pourquoi vous êtes venus ici, finit-elle par dire.
Les Maraudeurs, qui entendaient également la superbe musique de Lyra dans leurs pensées, plongèrent les mains dans leurs poches. Ils en ressortirent des instruments miniatures : deux guitares et une batterie.
- Pratique, hein ? Les instruments magiques, on peut les réduire à volonté pour les transporter plus facilement, dit Sirius.
- Vous montez vraiment un groupe, alors ?
- James a encore exagéré, je parie, s'amusa le Black. On a juste eu envie de jouer un peu de musique tous ensemble. On va faire que des reprises, on a pas l'intention d'écrire nous même des chansons.
- Vous allez reprendre qui ?
- Les Pumpkin Trigger.
- Connais pas.
- Une as de la musique comme toi, tu connais pas ce groupe ? » James jeta un coup d'oeil amusé à son ami « C'est le groupe préféré de Remus. Sinon, je peux t'assurer qu'on connaîtrait pas non plus.
- Tu le verrais jouer de la batterie, Lyra, tu n'en croirais pas tes yeux !
- Qui ça, Lupin ? demanda-t-elle, les yeux écarquillés de surprise.
- Tu hallucinerais autant que nous, on a halluciné » Lyra ne comprit pas « Il joue aussi bien de la batterie que toi du violon.
- Violoncelle, corrigea-t-elle. Et vous lui en avez achetée une ?
- C'est son cadeau de Noël.
Lyra était impressionnée « Vous faites pas les choses à moitié, vous quatre. Ça coûte pas rien un instrument de musique, surtout quand on veut de la qualité »
James haussa les épaules. Il était un Potter, son compte en banque était plus que bien garni. Jusqu'à ce que Sirius ne soit renié par sa famille, il avait été tout aussi riche que lui. Tous les quatre étaient tellement enthousiasmés par cette idée de groupe que James n'y avait pas pensé à deux fois avant de choisir de payer lui-même son instrument, celui de Sirius et celui de Remus, et il ne lui avait pas non plus fallu longtemps pour convaincre ses deux amis.
C'était Sirius qui en avait eu l'idée. Cela faisait une semaine ou deux qu'il y pensait. Il leur avait préparé tout un discours et avait enfin osé le leur proposer l'avant-veille. Le lundi juste avant le départ des vacances avait eu lieu la pleine lune, et pour la première fois depuis juin, Remus avait accepté que Sirius les accompagne ; c'était ça qui avait décidé le Black
- On est maître dans pratiquement tous les domaines. On est les meilleurs élèves de l'école - Peter, tu es un des seuls à savoir faire un Patronus » argumenta-t-il devant l'air dubitatif de Pettigrew « Le domaine de la magie, avec les Animagi. L'ingéniosité, avec la Carte » La dernière version, définitive, avait seulement deux semaines « Les Serpentards, on arrête pas de leur foutre la raclée. La popularité, la beauté, les filles-
- Dis moi si j'ai tort, mais je te trouve bien prétentieux.
- Avec une tête enflée comme la tienne à mes côtés, Cornedrue, c'est on ne peut plus normal. Il nous reste cependant un milieu dans lequel nous ne brillons pas encore. Celui de l'art. Comme la musique.
Peter avait tout de suite deviné la raison première qui motivait Sirius. Les deux autres avaient été surpris mais partageaient son avis. Sirius avait eu cette idée pour donner un nouveau souffle à leur amitié, resserrer les liens. Il savait ô combien Remus aimait jouer de la musique. Et il avait immédiatement proposé de reprendre les chansons des Pumpkin Trigger.
- Vous savez, les musiciens, dit Lyra, ça fait définitivement craquer les filles. Et pour celles qui sont passionnées par la musique, ça les impressionne d'autant plus, rajouta-t-elle en souriant tout particulièrement à James.
Ce dernier rougit légèrement mais garda un air innocent. C'était un des arguments de Sirius pour convaincre James. Ils savaient qu'Evans adorait la musique.
Les trois étudiants se rendirent jusqu'au Chaudron Baveur où ils utilisèrent la Poudre de Cheminette pour rejoindre Pré-Au-Lard grâce à Zonko. Le magasin de Farces et Attrapes mettait sa cheminée au service de ceux qui ne pouvaient transplaner pour venir ou partir du village sorcier. Il y avait cependant certaines modalités à respecter pour ce faire.
Ainsi, Sirius et James avaient dû d'abord écrire au magasin pour leur demander la permission d'utiliser leur cheminée en ce samedi de décembre. Zonko leur avait ensuite envoyé deux amulettes magiques, des sortes de clés, à porter au cou lors du voyage pour les y autoriser. Sans ce système, trop de sorciers utiliseraient ce passage sans arrêt et le magasin serait rapidement surchargé. Pour permettre à Lyra de rentrer avec eux, James avait agrandi le cordon qui retenait son amulette et l'avait passé autour de leurs deux cous. Le voyage se passa sans encombres mais l'atterrissage fut particulièrement douloureux, ce qui ne manqua pas d'amuser Sirius.
Sur le chemin qui les mena aux Trois Balais, ils discutèrent encore du projet de groupe de musique des garçons. Bien que Lyra savait qu'il était courant chez les sorciers de pratiquer un ou plusieurs instruments de musique, elle ne soupçonnait pas que Sirius et James avaient appris la guitare durant leur enfance. Cela avait été un des premiers gestes de rébellion de Sirius contre sa famille. La plupart des sorciers au rang aristocratique - soit les sorciers au sang très pur qui avait toute sortes de traditions familiales contraignantes - jouaient d'instruments « nobles » comme le piano, la harpe ou la flûte traversière, mais Sirius avait fait des pieds et des mains pour pouvoir faire de la guitare.
Remus jouerait de la batterie. Peter avait quelque notions de piano et était un pro de l'harmonica. Sirius et James, grâce au caractère multi-instrumental des instruments sorciers, allaient pouvoir jouer de la basse et de la guitare sans avoir à apprendre à jouer du premier, qui était pourtant essentiel en musique moderne.
Ce qui leur manquait à présent, c'était surtout de l'entraînement et de la pratique. Les deux Maraudeurs doutaient qu'ils soient encore capable de lire des notes de musique. Lyra avait immédiatement proposé son aide. Ils avaient l'air peu enclin à accepter, mais elle se promit d'insister pendant ces vacances. Elle ne voulait surtout pas manquer ça !
Lorsqu'ils entrèrent dans l'auberge des Trois Balais, James empêcha Lyra de choisir une table libre en la prenant par le bras et la guida vers le comptoir.
- Il faut qu'on parle avec Mrs Rosmerta, lui expliqua-t-il à voix basse.
- Pourquoi ? s'étonna-t-elle.
Il plaça un doigt sur ses lèvres et fit un geste signifiant qu'il lui expliquerait. La séduisante propriétaire de l'auberge essuyait de grands verres derrière le bar. Son visage s'éclaira en les voyant arriver.
- James, Sirius ! C'est gentil de venir me voir ! » Elle posa ses mains à plat sur le comptoir en les regardant affectueusement.
- Bonjour, Rosmerta, dit Sirius avec un sourire charmeur, s'installant sur un tabouret.
Lyra ne rata pas non plus le clin d'oeil qu'il lui fit et vit avec hébétude la sorcière rosir. Il les faisait vraiment toutes craquer, celui-là. Mrs Rosmerta s'aperçut finalement de sa présence « Bonjour, ma jolie »
Lyra hocha la tête « Lyra Carlson.
- Je mets enfin un nom sur ton visage, fit Rosmerta en lui souriant gentiment. Je te vois souvent avec toutes tes copines quand vous venez ici. Comment va la petite Liana ?
Lyra haussa les sourcils, surprise qu'elle connaisse sa meilleure amie. Quoique, il arrivait à Liana de traîner avec Black et Potter, et Rosmerta semblait bien familière avec ces deux zigotos. « Bien » répondit-elle simplement.
- En tout cas tu ne dois pas t'ennuyer avec ces deux-là » Elle montra James et Sirius d'un signe du pouce « Depuis leur première visite ici, il y a trois ans, ils n'arrêtent pas de me faire rire !
- À votre service, singea James en inclinant la nuque.
Elle posa devant eux trois Bierreaubeurres. Cinq clients entrèrent dans l'auberge. « Excusez-moi, je dois y aller. Je reviens dans cinq minutes » Elle fit le tour de son comptoir et se dirigea vers les nouveaux venus.
- Quand vous partirez de Poudlard, elle dressera un autel à votre gloire pour ne pas vous oublier, remarqua Lyra avec mépris en regardant la sorcière s'éloigner.
- T'as quelque chose contre Rosmerta ? demanda un Sirius surpris.
Lyra renifla de dédain. Elle n'avait jamais porté en haute estime Mrs Rosmerta, sans savoir vraiment pourquoi. Bien qu'elle ignorait son âge réel, la voir s'extasier devant deux gamins de seize ans signifiait, selon Lyra, qu'elle manquait cruellement de maturité. « Non, rien » finit-elle par répondre « Pourquoi vous vouliez la voir ? »
Sirius chercha à entrer en contact visuel avec son meilleur ami, mais celui-ci s'était déjà penché vers la Gryffondor pour lui répondre.
- On fait une enquête sur Moroz, révéla-t-il.
Black et Carlson écarquillèrent les yeux, pas pour la même raison cependant. Il n'aurait jamais deviné que Carlson et James puissent être amis au point qu'il lui parle d'une affaire sérieuse, censée rester un secret entre les Maraudeurs.
- Pourquoi ?
Cette fois, James accrocha le regard de son frère de cœur, mais celui-ci secoua la tête. Il refusait de dire quoi que ce soit à cette fille qu'il connaissait si peu - et qui était également la meilleure amie d'Evans. James leva trois doigts devant lui.
- C'est une explication en trois temps. On se méfie d'elle » Il baissa un doigt « Elle a l'air louche » Puis un deuxième « C'est une Serpentarde » Et le dernier doigt fut baissé. Lyra leva les yeux au ciel à l'écoute de la dernière raison.
Sirius pinça les lèvres, jeta un vague coup d'oeil à Rosmerta qui s'occupait toujours de ses clients, puis craqua « On pense qu'elle cache quelque chose. On veut découvrir quoi »
En vérité, les Maraudeurs étaient persuadés qu'Isée Moroz cachait quelque chose. De plus, elle savait qu'ils étaient des Animagi. Ils étaient décidés à connaître son secret - qu'ils espéraient croustillant - pour avoir, si besoin, un moyen de pression sur elle. C'était pas joli-joli, mais avoir leurs prouesses magiques révélées au reste du monde sorcier n'était pas dans leurs plans.
Sirius s'attendait à entendre tout un discours moralisateur sur l'importance d'une vie privée. Il se rappela ensuite qu'il avait à faire à Lyra Carlson, l'élève qui avait été obsédée par Lyndon Lovitz, leur professeur de Défenses de l'année précédente, et par ce qu'il cachait. Elle était également la seule à avoir découvert son secret.
Il se pencha vers elle et baissa la voix « Comment tu t'y es pris pour apprendre que Lovitz cherchait son frère perdu à Poudlard ? » Le visage de Lyra se décomposa sous le coup de la surprise, puis elle fusilla James du regard et lui donna un violent coup sur l'épaule.
- Hey !
- Je t'avais dit de le dire à personne !
- Sirius n'est pas personne, répliqua James, fâché, se frottant son épaule douloureuse.
Sirius nargua sa camarade en jouant des sourcils, elle plissa méchamment les yeux. « Je ne te croirais pas si tu me disais que tu n'es pas curieuse de connaître le secret de Moroz » Il avait touché un point sensible. Au fur et à mesure de l'année, grâce au cours d'Approfondissement Magique, Lyra appréciait de plus en plus Isée Moroz. Elle la respectait. Mais elle était aussi tellement curieuse...
Elle ouvrit la bouche pour répondre et fut malheureusement interrompue par le retour de Rosmerta. Sirius et James se mirent aussitôt à bavarder joyeusement avec elle.
Lyra n'intervint que très peu dans la conversation, fascinée par la manière dont les deux Maraudeurs parvenaient à dissimuler leurs arrières pensées et véritables intentions. Ils réussirent d'ailleurs à orienter sans difficulté la discussion vers ce qui les intéressait.
- En parlant de ça, fit James, vous voyez qui est Isée Moroz ?
- Votre nouveau professeur de Défenses Contre les Forces du Mal ? Bien sûr.
- Vous la connaissez bien ?
Elle haussa les épaules. Lyra remarqua que son visage et sa voix perdaient progressivement - et curieusement - la chaleur qui les animait « On peut dire ça comme ça » James fit mine de s'étonner poliment.
- Ah bon ? » Rosmerta mit un peu plus de temps à répondre. Selon Lyra, elle devenait presque méfiante.
Si James et Sirius avaient voulu débuter leur enquête avec l'interrogatoire de Mrs Rosmerta, c'était parce qu'elle était une vraie commère, toujours au courant de tout. Il n'était pas rare que les professeurs viennent prendre un verre aux Trois Balais. Peut-être avait-elle eu la chance de discuter avec Isée Moroz elle-même, ou bien peut-être avait-elle discuté avec les autres professeurs sur l'objet de leurs questions ?
- J'ai été à Poudlard avec elle.
Cette fois, elle surprit beaucoup les trois adolescents. Ils savaient que Moroz devait avoir dans les quarante ans, peut-être un peu plus. Mrs Rosmerta faisait partie de celles dont on a du mal à déterminer l'âge. Son visage était agréable à regarder et ses formes étaient appétissantes. Il était étrange de se dire qu'une femme aussi séduisante - qui avait son petit succès auprès des étudiants mâles de Poudlard - puisse avoir bien plus qu'une petite trentaine d'année.
- J'étais plus jeune, mais j'étais dans la même maison qu'Isée Moroz.
Décidément, elle ne cessait de les étonner. Les yeux de James faillirent rouler de leurs orbites, la mâchoire de Sirius manqua de se décrocher.
- Vous étiez à Serpentard ? dit James d'une voix enrouée.
Une fois remise du choc, Lyra sourit intérieurement. Pour ces deux-là qui semblaient beaucoup apprécié Rosmerta, mais abhorraient les Serpentards, ça devait être une sacrée claque.
- Oui, et alors ? » Elle tentait de garder une expression neutre, mais son ton était à la fois menaçant et fier.
Aussi habilement que possible, les deux garçons essayèrent de tirer les vers du nez de la tenancière. Ils la supplièrent gentiment d'en dire plus sur leur professeur pendant plusieurs minutes avant que Rosmerta ne cède.
- Je ne sais pas grand chose d'elle. Elle est du genre à disparaître souvent. Ça ne m'étonnerait même pas si elle ne finissait pas l'année à Poudlard.
- Où est-ce qu'elle va ? » demanda Sirius au moment où James fit « Et c'était quand ?
- Elle a raté les trois derniers mois de sa sixième année. Dumbledore l'a obligé à la redoubler, d'ailleurs, alors qu'elle était une bonne élève et qu'elle aurait pu passer sans problèmes.
- Je ne savais pas qu'on pouvait redoubler à Poudlard, commenta Lyra.
Sirius balaya ce détail d'un claquement de langue impatient « Pourquoi ? » Rosmerta haussa les épaules.
- Je ne sais pas. Il y a eu des tonnes de rumeurs, mais je crois qu'aucune n'est vraie. Elle a aussi quitté l'école pendant plusieurs semaines pendant sa dernière année. Parce que...
- Oui ? l'encouragea James devant son hésitation.
- Il y a eu un scandale » Elle reposa violemment sur le comptoir un verre qu'elle essuyait. « J'aurais pas dû dire ça » Il se brisa sous le choc. Elle tapota les débris de sa baguette magique et il se reforma, aussi intact et brillant que s'il avait été neuf.
- On ne dira rien à personne, vous savez, dit Lyra d'une voix douce.
- Non, refusa-t-elle net. J'en dirais pas plus. C'est quelque chose de peu reluisant, et vous connaissez les Serpentards. La dernière chose que l'on veut, c'est que notre réputation soit ternie par les erreurs d'un de nos membres - même après toutes ces années. C'est notre manière d'être solidaire.
Quelle étrange solidarité, pensèrent les trois Gryffondors. « Je sais aussi qu'elle aime bien les pays de l'est, elle y va souvent » Lyra eut un sourire en coin.
- Vraiment ? Quels pays en particulier ? J'ai vécu pendant des années en Russie, expliqua-t-elle devant son incompréhension.
- En Russie ? s'exclama Sirius en lâchant pour la première fois Rosmerta du regard pour Lyra.
Elle haussa un sourcil, se demandant pourquoi il s'intéressait à ses allées et venues « Ma famille et moi, on est partis près de Leningrad (1) quand j'avais deux ans. On est revenus en Angleterre à mon entrée à Poudlard »
- Durmstrang n'était pas plus près ? s'intéressa Rosmerta.
Lyra hocha la tête « Si, mais mon père a fait ses études à Poudlard et nous sommes anglais à la base. Et puis, vous connaissez la réputation abominable de cette école...
- Ne m'en parlez pas. L'ancienne préceptrice de mon neveu m'a dit un jour-
James fit semblant de tousser, et Lyra comprit qu'il ne voulait pas s'éloigner du sujet initial. Regrettant un peu de ne pas pouvoir parler d'autre chose, elle prit tout de même sur elle et montra une mine triste à la tenancière.
- Excusez-moi, Madame, mais je n'aime pas tellement parler de la Russie - de près ou de loin. C'est comme mon pays d'origine, vous comprenez, ça me rend un peu nostalgique.
Surprise, mais pas soupçonneuse pour une Noise devant la tristesse apparente - mais fausse - de Lyra, elle consentit à répondre aux autres questions des garçons.
- Le professeur Moroz a de la famille en Europe de l'Est ?
- Je l'ignore. Je l'ai su par l'ex petite-amie du sorcier qui s'occupe de mon perroquet, qui est ami avec la sorcière qui a le même Gobelin consultant à Gringotts que Moroz » Lyra cacha son rire derrière un éternuement « Elle m'a également dit qu'elle avait quitté le pays pendant au moins sept ans et qu'elle n'était revenue qu'il n'y a peu de temps »
Mrs Rosmerta les regarda ensuite dans les yeux un par un, et dit avec le plus grand sérieux du monde « Je ne sais rien d'autre sur Isée Moroz »
Tout en descendant l'escalier, Lyra bailla à s'en décrocher la mâchoire et étira ses muscles ensommeillés. Une fois son pied nu posé sur le tapis de la salle commune, elle s'aperçut qu'elle n'était pas seule. Sirius, assis sur le sol au milieu des cadeaux, les yeux rivés sur elle, attendait patiemment qu'elle le remarque.
- Salut Sirius » Terminé les noms de famille, elle ne l'appelait plus que par son prénom dorénavant.
- Salut, répondit-il en souriant.
Lui aussi avait cessé de l'appeler « Carlson ». Quoiqu'en y réfléchissant, il ne l'appelait pas souvent « Lyra » non plus. En fait, il l'appelait rarement tout court, se contentant de la héler ou de s'adresser directement à elle. « On dirait que t'as encore plus la tête dans le cul que d'habitude » s'amusa-t-il.
Elle restait plantée debout sur le tapis, le regardait de ses yeux bouffis par le sommeil. « On s'est couchés trop tard » Elle passa ses bras autour de son corps, regrettant déjà la chaleur de ses draps « Quatre heures, c'est pas raisonnable »
Sirius porta une cigarette à moitié entamée à ses lèvres et en tira une bouffée « Ouais, mais c'était cool » Lyra ne l'écoutait plus et le regardait fumer, surprise et désormais bien réveillée « Comment se fait-il qu'en quatre jours, je ne t'ai jamais vu allumer une seule clope ?
- C'est juste de temps en temps, précisa-t-il.
Elle finit par le rejoindre et s'assit en face de lui. « Tu dois pas être au courant, mais Lily fume depuis qu'elle est sortie avec Hilton » La main de Sirius se figea dans les airs, la cigarette fumante entre ses doigts. Avec un regard dégoûté, mais un peu de regret, il jeta la cigarette dans la cheminée.
Amusée, Lyra suivit l'objet des yeux et vit tout de suite que la cigarette n'atteindrait pas le foyer. Refusant que la pièce soit abîmée parce que Mr Black n'avait pas voulu bouger ses fesses, elle déglutit et se concentra. La cigarette modifia légèrement sa trajectoire et atterrit heureusement dans le feu crépitant. Merci au dernier cours d'Approfondissement Magique, ils avaient commencé à étudier la lévitation et la télékinésie.
- James a intérêt à se lever bientôt, marmonna Sirius en regardant impatiemment ses cadeaux.
Lyra étouffa un bâillement, se pencha en arrière et s'appuya sur ses bras posés derrière elle. Elle laissa son regard vagabonder et fredonna quelque chose. « Thiiiis is a hatesong, just meant for you » Elle balança sa tête en rythme « I thought that I'd write it down, whi- » Elle cessa en voyant le visage content de Sirius, s'apercevant qu'elle chantonnait à voix haute
- Hein qu'elle est géniale, cette chanson ? » Il murmura quelque chose en agitant sa baguette magique, puis les premières notes de basse de Hatesong résonnèrent dans la salle commune.
- De toutes celles des Pumpkin Trigger que vous m'avez fait écouter, c'est ma préférée, dit Lyra.
- La mienne aussi.
- Vous en avez pas marre de cette chanson ? grogna une voix enrouée par le sommeil.
James apparut au bas des marches, se frottant les yeux du revers de la main. Lyra bondit aussitôt sur ses pieds et l'embrassa sur les deux joues.
- Joyeux Noël ! Moi, je trouve que cette chanson décrit exactement ce qu'il se passe entre Lily et Sirius.
- À cause des paroles ? fit Sirius.
Lyra pencha la tête sur le côté, peinant à expliquer ce qu'elle voulait dire « Ouais, mais pas que. C'est aussi l'air en lui-même, le truc entêtant qui vous lâche pas, la tonalité mineure... Et quand tu l'entends, Lily te manque moins. C'est pour ça que tu l'écoutes tout le temps »
Sirius eut un rire jaune pour montrer qu'il ne goûtait pas à la plaisanterie, puis détourna son attention sur les cadeaux. Lyra sourit fièrement. Si avant, elle taquinait volontiers James sur les sentiments ambigus qu'il avait pour Lily, elle aimait bien maintenant faire la même chose avec Sirius.
Les trois Gryffondors s'attaquèrent au déballage des cadeaux. Lorsque Sirius eut fini de feuilleter le présent des Maraudeurs - un manuel pour monter et démonter au mieux sa propre moto -, il prit dans ses mains le dernier paquet qui lui était adressé. C'était une petite moto miniature, le modèle Harley Davidson le plus commun. Le métal finement travaillé étincelait à la lumière du jour.
- Tu pourras commencer une collection, comme ça, lui dit Lyra.
Il leva les yeux vers elle « C'est toi ?
- Oui, regarde la carte, lui indiqua-t-elle.
Il n'en eut pas besoin et lui offrit un sourire rayonnant « Merci énormément. C'est une super idée, la collection » Elle hocha la tête, puis se mit à rougir lorsque James lui planta un énorme bisou sur la joue pour la remercier de son cadeau. Des gants Quidditch Spécial Confort, adaptés aux poursuiveurs. Ça tombait bien, il avait percé les siens lors du dernier match.
Puis Lyra décacheta une enveloppe bleu turquoise qui lui était adressée et poussa un cri bref mais strident en regardant à l'intérieur. Elle laissa glisser sur le sol les trois billets pour le concert de Molotrovitch, célèbre violoncelliste ukrainienne, se jeta en avant et se rattrapa au cou des deux Maraudeurs. Elle les serra contre elle en répétant « Merci, merci, merci »
James éclata de rire tandis que Sirius souriait gauchement, un peu effrayé. Lorsqu'elle les relâcha, James ne manqua pas la surprise de son meilleur ami « Ah mais tu la connais pas, elle est super affectueuse ! Elle a l'air distante, comme ça, mais elle te fait des câlins sans prévenir, alors que t'as rien demandé »
Lyra serra les tickets contre sa poitrine « Mais d'habitude, je suis discrète » précisa-t-elle « Vous êtes trop géniaux !
- C'est la seule joueuse de violoncelle sorcière qu'on a trouvé et qui fait un concert cette année, dit James. Il nous aura pas fallu plus de trois jours avec toi pour avoir l'idée du cadeau idéal.
- C'est pas très dur à deviner non plus pour vous. Et merci le service Express des hiboux, répliqua joyeusement Lyra et aux Maraudeurs d'acquiescer. Je vais pouvoir emmener Liana et Lily ? demanda-t-elle.
- T'emmènes qui tu veux, mais c'était prévu pour vous trois.
Lyra lança un regard malicieux à Sirius « Alors indirectement, t'as offert un cadeau à Lily, ahah ! » Il rit en secouant la tête.
- Je lui en ai aussi fait un direct. Un tas de fientes de hibou toutes fraîches, récupérées et envoyées hier soir.
- Ah oui » « J'avais oublié » dirent James et Lyra en même temps. « Et elle t'a offert quoi ? » demanda le Maraudeur.
- Un réveil à pattes, dit sombrement le brun aux yeux gris. J'étais le premier levé, tu te souviens ? Elle l'a réglé pour cinq heures, six et huit heures du matin, cette Harpie. Il a fait passé ses pattes à travers le paquet cadeau, est allé jusque dans le dortoir et a sonné super fort. Quand j'ai essayé de l'éteindre, cette bestiole immonde a pas arrêté de courir partout et ça m'a pris dix minutes avant de l'attraper. J'ai toujours pas réussi à enlever le sort, alors il a sonné les trois fois.
James et Lyra riaient à gorge déployée. « J'ai » essaya de dire James « Rien en... entendu » Sirius haussa les épaules.
- Elle l'a ensorcelé pour que je sois la seule personne au monde à l'entendre.
Lyra renifla « Cette fille est vraiment géniale » dit-elle sur un ton affectueux.
- Il te reste un cadeau, lui fit remarquer Sirius un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
Elle prit le dernier paquet à forme carré et le déballa. Il venait de son père. Il lui avait offert une superbe mygale, de la taille d'un poing d'enfant, emprisonnée dans un cube de verre très sobre. Lyra manipula le verre avec précaution, subjuguée et ravie.
- C'est super bien imité, s'exclama Sirius, tout aussi hypnotisé, en tendant la main vers le cadeau.
Lorsque ses doigts touchèrent le verre, l'araignée bougea légèrement. Sirius poussa un cri et se projeta en arrière, loin du monstre. James eut un énorme fou-rire et Lyra se moqua gentiment « Bah alors, on a peur des méchantes n'araignées ?
- C'est une vraie ! » couina-t-il, effaré. Il se mit à palper son corps frénétiquement, sans quitter le monstre des yeux « Elle est sur moi, je la sens, elle est là ! » James se roula par terre, pleurant de rire.
- Mais non, tu vois bien qu'elle est dans sa cage !
Lyra tourna le cube dans tous les sens, lut la lettre de son père, puis passa son doigt le long d'une des arrêtes. Dans un petit poc, le cube s'ouvrit et Lyra put prendre son nouvel animal de compagnie dans sa main « Elle est vraiment adorable »
James, une fois calmé, lui demanda s'il pouvait la tenir. « Mei m'a raconté pour le rat que tu avais en quatrième année. Tu vas lui faire avoir une crise cardiaque cette fois »
Elle lui passa la mygale avec délicatesse, puis chercha Sirius. Il était assis sur un canapé - le plus éloigné du coin cadeau - et tentait de paraître détendu « Tu as vraiment la phobie des araignées ?
- Non » dit-il d'un ton méfiant et un peu embarrassé « C'est juste que je les aime pas... Vraiment pas » Il la vit hausser les sourcils « Si c'était vraiment une phobie, ça aurait été mon Epouvantard, tu crois pas ? »
- Je ne me souviens pas de ton Epouvantard, répondit Lyra, le front plissé par la réflexion.
Ils avaient étudié ces créatures en cours de Défenses de leur cinquième année. Lyra se souvint soudainement du visage crispé par la haine, et aussi la peur, d'un Sirius Black quelques mois plus jeune. Une jeune femme brune, grande et magnifique lui revint en mémoire. Si elle ne se trompait pas, l'Epouvantard de Sirius était Bellatrix Lestrange. Elle savait, comme tout le monde au château, que Sirius ne s'entendait pas avec sa famille, mais elle lui jeta un regard perplexe, se demandant comment on pouvait avoir peur à ce point de sa propre cousine.
Quand il était petit, les cousines de Sirius venaient souvent dormir chez lui, au Square Grimmaurd. Bellatrix était toujours celle qui se portait volontaire pour lui raconter une histoire avant qu'il ne s'endorme. Toujours des histoires d'horreurs. Bella adorait faire peur déjà si jeune, et Sirius était trop effrayé et honteux pour en parler à quiconque.
L'histoire qu'elle racontait le plus souvent, avec les plus sanglants détails, était celle d'un jeune élève de Poudlard qui avait adopté un monstre-araignée. Une Acromentula. Le monstre avait fini par s'échapper, pétrifiait les gens de son terrifiant regard et avait même tué une jeune fille. Mais la fille avait le sang souillé, c'était une sang-de-bourbe, alors Bellatrix disait qu'elle le méritait.
Evidemment, des années plus tard, Andromeda lui avait assuré que ce n'était qu'une légende. Il n'empêche que Sirius n'avait jamais été fan des araignées. (2)
Elle était entrée furtivement, comme si elle n'en avait pas le droit. Au milieu du dortoir, James se figea lorsqu'il la vit près de la porte, elle qui n'avait rien à faire là. Son visage était inexpressif, mais ses yeux brillaient et elle ne le lâchait pas du regard. Il fronça les sourcils en la voyant esquisser une ombre de sourire. Sans détourner les yeux des siens, elle appuya sa main sur la poignée et ferma la porte.
Comme si une force invisible s'exerçait sur ses épaules, ses genoux plièrent et il se retrouva assis sur une chaise qui venait de nulle part. Sa question sur la raison de sa présence mourut dans sa gorge lorsqu'elle desserra sa propre cravate, la fit glisser le long de son cou et tomber lascivement sur le sol. Elle déboutonna lentement son chemisier tout en penchant la tête sur le côté dans une mimique innocente. Elle retira l'élastique qui retenait ses cheveux, secoua la tête en enlevant sa chemise, laissant ses mèches auburn caresser sa peau.
Les yeux de James ne savaient plus où se poser, sur sa poitrine emprisonnée dans son soutien-gorge, sa peau blanche qui contrastait avec la dentelle noire, sur ses côtes qui saillaient légèrement à chaque inspiration... Ou bien sur ses lèvres si séduisantes qui souriaient tranquillement, ses yeux verts étincelant d'une lueur... de désir ?
Elle fit glisser sa jupe le long de ses jambes dans un déhanchement lent et voluptueux. Le cœur de James battait à tout rompre, il avait chaud, et son cerveau était trop anesthésié pour se poser des questions. Très vite chaussures et collants rejoignirent jupe et chemise sur le sol et James put admirer ses longues jambes pâles, parfaites. Elle était magnifique.
Elle marcha enfin vers lui. James suivit des yeux le balancement sensuel de ses hanches, ses mains qui frôlaient de temps à autre sa peau, et il lui sembla que le temps qu'elle mit pour s'approcher de lui dura une éternité. Avec un sourire coquin, elle replaça une de ses longues mèches auburn derrière son oreille. Ce fut à ce moment qu'il se rendit compte qu'il souriait idiotement. Elle était si sexy, tellement désirable... Et il était tellement excité qu'il se sentit à l'étroit dans son pantalon.
Quelque chose dans l'air changea soudainement. À cet instant, il s'aperçut que son regard émeraude n'était plus fixé sur lui - ou bien ne l'avait jamais été. Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, elle ne s'arrêta pas, n'hésita même pas, et le dépassa. James se retourna aussitôt sur sa chaise pour ne pas la quitter des yeux et quelque chose le cloua sur place. Etait-ce la honte, la colère, la surprise ? Parce qu'à peine quelques mètres derrière lui, Sirius était assis sur une chaise tout à fait semblable à la sienne.
Il la regardait avec la même envie que James. Les yeux de son meilleur ami épousaient chacune de ses formes, dévoraient ses courbes, caressaient virtuellement sa peau. Pas un signe de cette lueur haineuse qui habitait habituellement ses prunelles anthracites quand il la regardait elle. Et c'était vers lui qu'elle se dirigeait.
Elle posa une main sur l'épaule de Sirius, se plaça derrière lui et se pencha au dessus de lui. James pouvait sentir le chatouillement de sa chevelure dans sa nuque à la place de Sirius. Ses mains glissèrent sur le torse de Black, se perdant dans l'échancrure de sa chemise aux trois premiers boutons ouverts. Ses lèvres se posèrent délicatement sur la peau de son cou et Sirius soupira en fermant les yeux.
Il posa sa main sur sa nuque et exerça une pression pour qu'elle lui fît face. Elle le contourna sans s'écarter et ses lèvres fondirent immédiatement sur les siennes. Elle l'enjamba pour s'assoir à califourchon sur lui et James réalisa qu'il tremblait de rage. Il la vit passer ses bras autour de son cou, ceux de Sirius entourèrent sa taille et ils s'embrassèrent avec appétit, leurs langues valsant ensemble.
Ils s'embrassaient comme deux amants qui ne s'étaient pas vus depuis des lustres. Leurs corps se pressaient l'un contre l'autre comme si l'un d'entre eux allait mourir. Bientôt, James ne put supporter leurs gémissements et il se réveilla.
Il tourna si vite la tête sur le côté qu'il entendit son cou craquer. Pas le moindre signe de Sirius et Evans s'embrassant avidement, heureusement, et James respira normalement. Sirius n'était même plus dans son lit. James s'habilla à la manière d'un automate et courut presque jusqu'à la Grande Salle. Il repéra rapidement son meilleur ami et le rejoignit. En voyant ses traits fatigués et sa tasse de café bue à moitié, James supposa que Sirius s'était réveillé peu avant lui.
- Bien dormi ? le salua-t-il.
James se servit du thé sans rien répondre. Son rêve était encore bien présent dans son esprit et il se mit à observer Sirius à la volée, étudia ses mouvements pour voir s'il n'y avait rien d'inhabituel. Puis il se traita d'imbécile. Que Sirius Black et Lily Evans aient une liaison relevait du domaine de l'irréalisable, du fantasque... non ? C'était juste un rêve... Mais avait-il une signification ?
- Tu m'as l'air bien soucieux pour quelqu'un qui vient de sortir du lit.
James était tellement occupé à examiner Sirius qu'il n'avait pas remarqué que celui-ci faisait de même. Il soupira, exaspéré par lui-même, et se décida à lui raconter sa nuit.
- J'ai fait un rêve.
- Je t'écoute, répondit son meilleur-ami avant d'enfourner un toast dans sa bouche. C'était un rêve intéressant ?
James tressaillit. C'était rien de le dire. Un sourire lubrique s'installa sur le visage du Black« Un rêve cochon ? » James ne put s'empêcher de sourire à son tour.
- J'ai rêvé d'Evans.
Sirius se figea, puis grimaça. « Tu veux me dégoûter dès le petit-déj ? ». Il soupira et prit un air résigné. Il avait fini par s'habituer aux sentiments pas que platoniques de son meilleur ami pour son ennemie jurée.
- Allez, dis-moi tout.
James raconta la première partie de son rêve et hésita avant de poursuivre « Et puis, je me rends compte que tu es aussi dans le dortoir. Au lieu d'aller vers moi, Evans va vers toi, toujours en sous-vêtements. Vous commencez à vous embrasser, et c'est très chaud, si tu vois ce que je veux dire... »
À la surprise de James, Sirius eut un violent haut-le-cœur. Il déglutit difficilement, posa une main au milieu de sa poitrine, et son visage prit une teinte verdâtre. « Je crois que je vais vomir » balbutia-t-il.
- J'ai bien vu, dit James, mi-amusé mi-étonné. C'est à ce point ?
Sirius se racla la gorge et considéra son malaise passé « J'ai juste trop d'imagination. Corn', je t'adore, mais t'es complètement tordu de rêver de ce genre de trucs. Tu crois vraiment que quelque chose de ce genre puisse se passer entre elle et moi ? »
James fut coupé par l'arrivée de Lyra « Bonjour ! » Elle comprit que quelque chose d'inhabituel se passait en un seul regard.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle en se servant un verre de jus d'orange.
- Rien.
Mais le Maraudeur à lunettes avait répondu beaucoup trop précipitamment, et le regard d'avertissement qu'il lança à Sirius fut bien trop éloquent. Lyra lui fit un clin d'oeil complice.
- Allez mon chou, après tout ce qu'on a vécu ensemble, tu peux bien me le dire !
Le regard de Sirius passa de l'un à l'autre et il sembla que quelque chose lui échappait. James se plongea un instant dans les yeux bleu-gris de son amie. Il consentit ensuite à tout lui raconter. La fin du rêve fit beaucoup rire Lyra « Tu vois que c'était n'importe quoi ! » dit Sirius en désignant sa réaction. Puis elle prit un air malicieux.
- La question n'est pas si quelque chose entre Sirius et Lily pourrait se passer un jour, mais pourquoi James a rêvé d'un truc pareil.
Sirius fixa son meilleur ami dans l'attente d'une réponse. James remua sa fourchette dans son assiette, gêné « C'était la première fois que je rêvais d'Evans comme... ça » Les deux autres échangèrent un regard surpris.
- Sérieusement ?
- T'avais jamais fantasmé sur elle avant ?
- Pas en rêve, répondit honnêtement James.
- Ahah ! Donc tu fantasmes sur elle, nota Lyra avec satisfaction.
- Arrête avec ça, Lyra » James avait parlé sèchement. Il était fatigué de ses taquineries à propos de sa soit-disante attirance pour Evans.
- Ouais, j'ai déjà failli gerbé tout à l'heure, une fois me suffit.
Lyra et James ne l'écoutèrent pas et s'affrontèrent du regard. Elle était sûre que le Maraudeur avait un sacré béguin pour sa meilleure amie et ce depuis pas mal de temps. Sûrement déjà depuis leur cinquième année, où il la draguait en prétendant juste vouloir la faire enrager. James, quant à lui, reconnaissait qu'Evans n'était pas désagréable à regarder, mais il se refusait catégoriquement à éprouver quelque chose de non platonique pour elle.
Ils étaient bien trop différents, trop incompatibles. Oui, ils s'étaient entendus à une époque, mais de l'eau avait bouillonné dans le chaudron depuis, des coups-bas et des vacheries avaient été faites. L'entente cordiale qu'ils avaient instaurés avant les vacances ne tenait qu'à un fil. S'il y avait une fille avec laquelle James ne voulait pas sortir, c'était bien Lily Evans. Rien qu'à voir la manière dont elle se comportait avec les garçons, cette fille ne lui attirerait que des problèmes.
Et pourtant, il rêvait d'elle... « Vois la réalité en face, James » Sirius les tira de leur affrontement visuel « J'ai beau ne pas supporter cette fille, il faudra bien que je me fasse à l'idée qu'elle te plaît. Et toi aussi.
- Fantasmer sur une fille ne veut rien dire, contra Potter. Ce n'était qu'un rêve.
- C'est vrai, concéda Lyra. Mais quand tu rajoutes ça au temps que tu passes à la regarder, à toutes les questions que tu me poses sur elle, sur sa vie et ses goûts, et - laisse-moi finir - toutes les fois où tu disais sans le faire exprès « Evans aurait sûrement fait ça », ou « Tu crois qu'Evans aurait apprécié ? ». Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y pas juste ce rêve.
- Et quel rêve ! renchérit Sirius. Tu as rêvé que vous étiez sur le point de coucher ensemble, et que finalement un autre type te l'a volée. Et pas n'importe quel type, moi, ton meilleur ami. Ça montre juste à quel point tu as peur qu'elle soit avec un autre.
- Je sais pas si ça veut vraiment dire ça » dit songeusement la brune. « L'année dernière, on se demandait parfois si Lily et James ne se détestaient pas autant que toi et elle tellement ça chauffait entre eux - enfin, pas chaud sexuellement parlant, mais tu m'as compris » Sirius acquiesça « Et dans le rêve de James, la haine entre Lily et toi se transformait en amour, ou au moins en désir. Comme si l'inconscient de James voulait lui dire que c'était possible que les sentiments changent comme ça, et que-
- Si je vous dérange, vous me le dites, grinça James, agacé par leurs élucubrations et qu'on fasse comme s'il n'était pas là.
Sirius et Lyra se tournèrent vers lui avec surprise, comme s'ils avaient effectivement oublié sa présence. Son irritation se changea en colère et il préféra quitter la Grande Salle. Lyra le suivit du regard en se mordillant la lèvre inférieure, elle sentait le trouble de son ami. Elle devinait avec quelle véhémence James rejetait ses sentiments pour Lily, et pour quelqu'un d'aussi entier et honnête avec lui-même, il avait du mal à faire avec.
- Qu'est-ce que tu voulais dire toute à l'heure par « Avec tout ce qu'on a vécu ensemble ? », lui demanda finalement Sirius.
Elle le jaugea du regard un instant, puis lui conta avec amusement la fois où James et elle, ivres morts, avaient risqué de donner un nouvel angle à leur relation. Elle lui dit ensuite que, bien qu'ils en aient eu envie, ils avaient décidé de ne pas avoir de relation sexuelle pour préserver leur amitié, et que les choses étaient parfaitement normales entre eux depuis.
- Et ben, j'ai presque eu peur ! dit Sirius à la fin de son explication. Je pensais que c'était plus sérieux. Déjà qu'il a du mal à se débrouiller avec Evans, j'imagine pas ce que ce serait s'il était pris entre deux meilleures amies.
Lyra éclata de rire « Tu m'étonnes ! C'est le genre de situation où on ne récolte que des problèmes »
Lyra s'évada parmi les étoiles qui illuminaient cette magnifique nuit. Elle était perdue dans ses pensées et ces dernières se tournèrent vers ses meilleures amies. Que faisaient-elles ? Avec qui étaient-elles ? Passaient-elles un bon moment ? Elle l'espérait. Lyra aurait souhaité connaître un procédé magique qui lui aurait permis d'entrer en contact avec Liana et Lily, autre que les hiboux - trop long - et les cheminées - impossible à Poudlard -, pour leur faire savoir qu'elle pensait à elles.
Elle avait à peine eu le temps de se poser, ce soir. On était le 31 décembre, l'année 1973 était sur le point de commencer et ils avaient eu un emploi du temps très chargé. Les Maraudeurs et elle avaient improvisé une petite fête pour l'occasion. Furent invités les trois autres élèves de Gryffondors présents au château pendant les vacances, les deux de Poufsouffles et les cinq de Serdaigle. James et Sirius s'étaient montrés catégoriques, les deux élèves de Serpentards n'étaient pas les bienvenus. Quant aux professeurs, ils faisaient la fête entre eux quelque part dans le château.
La fête avait commencé vers 19h. Une heure plus tard, James et Sirius s'étaient éclipsés à l'insu de tous - sauf de Lyra qui était dans le coup. La brune avait passé le temps où ils étaient absents à occuper Alice Gordon, septième année à Gryffondor, pour qu'elle ne se doute pas de la surprise qui l'attendait.
Les deux Maraudeurs étaient partis à Pré-Au-Lard récupérer un certain Frank Londubat. Le jeune homme avait quitté Poudlard l'année dernière, étudiait à présent pour devenir Auror, et était également un ami d'enfance de James. Tous trois avaient emprunté le passage secret de la Cabane Hurlante pour revenir au château. Dire qu'Alice avait été étonnée et ravie de voir son amoureux en cette veille de jour de l'an était un euphémisme.
Lyra détourna le regard de la fenêtre pour s'intéresser à son verre vide. Elle s'approcha de la table où étaient disposés victuailles, friandises et alcool et se servit un verre de punch. « Hey » entendit-elle et elle se tourna pour voir Majdoline Peakes, meilleure amie d'Alice. La septième année lui tendit son verre et Lyra la servit en punch.
- Ils sont mignons, dit Majdoline en désignant Alice et Frank.
Lyra sourit en voyant le petit couple tendrement enlacé sur la piste de danse « Oui. C'était une super idée de le faire venir » Majdoline acquiesça.
- Il est content de revenir à Poudlard en plus. Je crois que je comprends, ça va me faire tellement bizarre de quitter l'école l'année prochaine...
Elle écouta David Bowie lui conseillait de prendre ses pilules riches en protéines et d'enfiler son casque, avant de reprendre « Tu sais, James » Elle laissa sa phrase en suspens et Lyra haussa un sourcil.
- Le Maraudeur incapable de se coiffer correctement ? J'en ai entendu parler » Majdoline sourit.
- Il est complètement à fond sur Lily, t'es d'accord avec moi ?
Lyra éclata de rire « C'est le moins qu'on puisse dire » Le sourire de Majdoline s'agrandit.
- Il a passé un peu de temps avec nous pendant ces quelques jours » expliqua-t-elle « Au début, c'était surtout pour apprendre à connaître Alice, vu qu'elle sort avec Frank... Mais les conversations tournent beaucoup autour de Lily dernièrement. Il me pose des questions sur elle, et il veut absolument savoir pour, tu sais » Elle se pencha vers elle et continua à voix basse « L'histoire de Pétunia et son père »
Lyra acquiesça. Elle n'était pas vraiment étonnée que Majdoline soit au courant de toute l'histoire. Majdoline et Lily étaient devenues des amies très proches l'année dernière. « Mais pas que sur ça » continua-t-elle « Il m'a demandé si elle avait un copain, en faisant comme s'il n'en avait rien à faire, tu vois » Lyra voyait tout à fait.
- Malgré tout ça, il refuse d'accepter qu'il craque pour elle. C'est vraiment navrant.
Elles échangèrent un regard complice, toutes deux impatientes de savoir comment les choses allaient évoluer une fois que Lily reviendrait à Poudlard. Majdoline rejoignit Alice et Frank et Lyra se dirigea vers un canapé. Ce n'est que quand elle fut assise qu'elle s'aperçut que Sirius était juste à côté d'elle.
Planet Earth is blue and there is nothing I can do
Complétement avachi sur le sofa, ses yeux étaient fermés mais il ne dormait pas. Sa jambe battait de temps en temps en rythme avec la musique - This is Ground Control to Major Tom - et il tenait fermement son verre à moitié plein de sa main gauche. Ses paupières s'ouvrirent à moitié quand il sentit le poids de Lyra à ses côtés. Il lui lança un regard somnolent.
- Ça va ? demanda-t-elle en prenant une gorgée de punch.
Il soupira et mit un temps avant de lui répondre « Un peu trop bu » Elle haussa les sourcils « Déjà ? Mais il est que » Elle vérifia sa montre « Onze heures moins vingt ! Allez, un peu de nerf » Elle posa sa main sur son genou et le secoua en riant. Il répondit par un faible grognement.
- Qu'est-ce que t'as bu ?
- Quatre ou cinq gigantesques verres de punch » Il l'examina pour essayer de déterminer son taux d'ébriété « Et toi ?
- Deux. Et on s'est fait une bouteille et demie de Whisky Pur Feu avec James.
Sirius pouffa « Z'êtes dingues »
Ils ne parlèrent pas pendant quelques temps. Lyra finit par ouvrir la bouche pour dire quelque chose quand Albert Towler accapara l'attention de Sirius. Quand elle comprit qu'ils parlaient filles, elle décrocha de la conversation.
Lyra et Sirius ne bougèrent pas du canapé de toute la soirée, trop confortablement installés. Ils discutèrent peu ensemble, cependant. Sirius, en populaire Maraudeur qu'il était, était sans cesse accosté. Lyra participait parfois, mais écoutait surtout, s'amusant de leurs plaisanteries douteuses et de leurs réflexions de poivrot alors qu'elle s'estimait presque sobre. Elle observait Sirius lentement revenir à la vie - déssaouler, bien sûr - au fil des conversations.
James venait souvent la voir et lui rapportait à boire. Il venait simplement discuter avec elle, insistait pour qu'elle vienne danser avec lui - elle refusait à chaque fois, trop à l'aise dans son canapé - et ils avaient même fait un concours de boisson, encouragés et acclamés par le reste des élèves. À part James, elle avait aussi longuement parlé projet d'avenir avec Miriam Strout qui voulait devenir Guérisseuse.
Peu avant minuit, ils se retrouvèrent seuls sur leur canapé. Soudain, Lyra éclata de rire, surprenant le Maraudeur. Il lui demanda ce qu'il y avait de si drôle.
- Tu te souviens, cet été, le truc avec la chaise roulante ?
Elle le regarda avec un large sourire, attendant que la mémoire lui revienne. Un fou-rire le prit à son tour, Lyra le rejoignit vite. Il riait tellement qu'il était obligé de se tenir à la jeune fille pour ne pas tomber sur elle.
Puis il parvint à se lever et mima le visage abasourdi de cette moldue qui, dans cet hôpital londonien où James, Liana, Sirius s'étaient rendus pour soigner la cheville tordue de Lyra, avait assisté à un « miracle ». Sirius, qui était alors assis sur un fauteuil roulant laissé à l'abandon, en était sorti debout sur ses deux jambes et elle avait cru à un handicapé à qui le Dieu des moldus avaient bien voulu rendre ses jambes.
Ils se tordaient encore de rire quand James hurla « BONNE ANNEE ! » Ils entendirent ensuite des exclamations de joies, des meilleurs vœux criés en veux-tu en voilà, et des bruits d'embrassades.
Une fois calmée, le premier regard que Lyra rencontra fut bien sûr celui de Sirius. Il était penché vers elle, sa main toujours accrochée à son épaule. L'alcool et l'hilarité faisait briller ses yeux. Le magnifique sourire qu'il lui adressait la rendit toute chose - cela faisait un moment qu'elle ne s'était pas dit que Sirius était vraiment beau. Elle lui sourit maladroitement et ils se rapprochèrent l'un de l'autre en même temps.
La tradition du passage à la nouvelle année voulait que chaque personne devait échanger un baiser avec quelqu'un. Leurs bouches s'effleurèrent à peine, Lyra atterrit plus à la commissure des lèvres de Sirius qu'autre chose. Ils se reculèrent et Lyra sourit de nouveau, plus confiante.
- Bonne année, lui dit-elle tranquillement.
Il raffermit sa prise sur son épaule et l'amena contre lui. Elle se laissa faire, trop surprise pour réagir. Lyra sentit sa bouche tout contre son oreille « BONNE ANNEEEEE ! » Elle fit un bond et le rejeta tellement violemment qu'il atterrit à l'autre bout du canapé, mort de rire.
Elle posa une main sur son oreille douloureuse « Enfoiré, tu m'as défoncé les tympans ! »
Cela ne fit qu'accentuer le rire de Sirius, jusqu'à ce que James ne lui saute dessus pour lui souhaiter, à lui aussi, une bonne année. Il lui plaqua une bise sonore sur la joue tout en le serrant contre lui, puis en fit de même avec Lyra. Elle le garda dans ses bras un peu plus longtemps et il répondit à son étreinte avec plaisir. Comme James l'avait fait remarqué le jour de Noël, elle était une personne très câline, surtout avec ses amis proches - dont James faisait absolument parti.
Une fois que tout le monde eût embrassé et enlacé tout le monde, la fête recommença et le niveau de la musique fut même augmenté. Lorsque les deux heures du matin sonnèrent, une réunion entre James, Sirius et Frank se mit en place.
Une demi-heure plus tard, six Gryffondors, trois filles et trois garçons, se baladaient impunément dans les couloirs de Poudlard. La seule lumière provenaient de leurs six baguettes. Lyra se sentait particulièrement nerveuse, et préféra rompre le silence « Ok, qu'est-ce qu'on fait là ? » Ils répondirent l'un après l'autre aux questions successives de Lyra, à commencer par James.
- On va mettre le bordel dans la Grande Salle.
- Pourquoi ?
- Parce que James et Sirius veulent faire un grand coup pour la nouvelle année.
- Pourquoi Frank est là ?
- Parce que James a toujours voulu faire une action de Maraudeur avec lui.
- Pourquoi Alice est là ?
- Parce qu'elle voulait rester avec Frank.
- Pourquoi Majdo' est là ?
- Parce qu'elle voulait pas rester toute seule.
- Pourquoi moi je suis là ?
- Parce que t'as surpris notre conversation.
Lyra, toujours nerveuse, regardait distraitement autour d'elle « D'accord, tout s'explique » Mais elle n'était toujours pas rassurée.
Sirius, qui était demeuré silencieux et marchait juste à côté d'elle, la prit par le cou et la tira vers lui. Il lui murmura quelque chose qu'elle fut seule à entendre. Elle rit nerveusement mais de bon cœur, avant de lui filer un coup de coude dans les côtes.
Comment mettre à sac la Grande Salle façon Maraudeurs ? Très simple. Notre joyeuse bande de Gryffondors allèrent jusqu'aux cuisines et papotèrent gentiment avec les elfes de maisons. Sans avoir eu besoin d'une grande force de persuasion, les elfes de maison acceptèrent la mission suivante : faire apparaître sur les quatre tables de la Grande Salle toutes sortes de plats comme des purées, des gelées, des bouillies, des coulis, des crèmes - bref, tout un tas de trucs gluants. Le plus dur fut de les convaincre d'envoyer la nourriture sans aucune vaisselle, seulement les aliments.
Une fois la première étape réglée, ils marchèrent jusqu'à la Grande Salle. Les Maraudeurs furent les premiers à monter sur une des quatre tables, celle des Serpentards. James se posta à l'extrémité de la table. Une dizaine de mètre devant lui, Sirius disposa dans un rayon d'environ un mètre de la mousse au chocolat, de la purée de pomme de terre, de la gelée de citrouille et encore d'autres aliments que Lyra ne sut identifier. Une fois fait, Sirius descendit de la table.
- Prêt ? cria-t-il à son meilleur ami.
Celui-ci hocha la tête d'un air concentré. Sirius leva le poing vers le plafond et le baissa à la seconde où il cria « Go ! » James partit alors en courant. Lorsqu'il arrive à proximité des plats, il sauta en avant se jeter à plat ventre dessus. Emporté par son élan, il glissa sur presque toute la longueur de la table en poussant des cris surexcités, semant une large traînée de nourriture sur son passage.
Les cinq autres Gryffondors applaudirent sa prestation et éclatèrent de rire devant l'état pitoyable de ses vêtements. Même le verre de ses lunettes était parsemé de gouttes de ragoûts, ou bien de chocolat, on ne savait pas trop...
Maintenant que l'exemple leur avait été montré, les autres s'empressèrent d'imiter James. Majdoline et Alice préférèrent néanmoins rester en dehors et se contentaient de rire et de les encourager. Ils glissaient, patinaient, sautaient à pied joints, éclaboussaient même le sol... Ce fut un véritable carnage. James et Sirius se firent même le plaisir de traîner Lyra contre son grès dans une purée de harengs frits, chacun lui tenant une main de chaque côté de la table des Gryffondors.
Lorsqu'ils décrétèrent en avoir fait assez, la Grande Salle était dans un état méconnaissable et particulièrement dégoûtant. Sans parler de l'aspect de Lyra, Frank, James et Sirius. Ils fêtèrent leur œuvre avec une bouteille de champagne amenée par Londubat, la dernière avant d'aller se coucher.
Sans se soucier des conséquences de cette plaisanterie vraiment stupide - la dégradation du patrimoine Poudlardien, que diable ! -, Lyra prit une bonne douche, pria Merlin que l'odeur de hareng finisse par disparaître, et s'endormit comme une bienheureuse.
Strange what desire will make foolish people do
I'd never dreamed that I'd meet somebody like you
No I don't want to fall in love (this girl is only gonna break your heart)
What a wicked game to play to make me feel this way
What a wicked thing to do to let me dream of you
What a wicked thing to say you never felt this way
What a wicked thing to do to make me dream of you
(1) Lorsque l'URSS existait, Saint Pétersbourgh a été rebaptisée Petrograd en 1914 puis Leningrad en 1924 jusqu'en 1991, la chute de l'URSS. Au début je m'étais emmêlée dans les dates, Lyra disait donc dans ce chapitre qu'elle habitait à Petrograd au lieu de Leningrad. J'ai corrigé ça en ce jours d'avril 2013.
(2) Je sais, ça fait un peu recopier sur Ron et sa phobie, mais ça me plaisait de revenir sur quelque chose ayant un rapport avec la Chambre des Secrets. A noter que personne ne sait pourquoi Hagrid a été renvoyé, donc personne fait le rapprochement. J'ai beaucoup hésité entre offrir à Lyra une tarentule ou une mygale, j'ai regardé plein d'images de ces deux espèces sur google image avant de choisir... C'est vraiment immonde, jsuis comme Sirius, j'aime pas ces p'tites bêbetes.
Fraize : SHAKA POOOONK ! T'aimes bien alors ? Je suis FAN depuis que je les ai découvert l'année dernière, c'est juste trop de la boulette ce groupe, j'écoute ça la moitié du temps. Leur dernier album est très bien, mais j'ai une net préférence pour le 2e, Bad Porn Movie Trax. T'as trop de la chance de les avoir vu en concert, je suis jalouse ! Je vais peut-être allée les voir en avril. Et j'ai de plus en plus envie de les mettre dans ma fic, certaines de leurs paroles correspondent vachement à ce qu'il se passe ou va se passer… Moi non plus j'aime moins Dylan depuis que je « sais » qu'elle va se marier. Il était temps qu'elle dégage et laisse Remus tranquille. Je suis désolée :( pas vraiment de Lily/James pour ce chapitre là, ni pour celui d'après je crois… Merci pour ta review !
Stef : Héhé ouais Dylan est désormais une méchante. J'espère que les Lyra, James et Sirius de ce chapitre te plairont, moi je les adore. Alors pour l'histoire de Peter et du Patronus… Tu as totalement raison, et tu as soulevé un point auquel j'avais pas du tout pensé. C'est vrai que c'est assez exceptionnel quand même de savoir faire un Patronus, et je m'étais pas rendue compte à quel point j'avais rendu Peter meilleur qu'il ne l'est en réalité dans cette fic. J'aime bien le Peter adolescent, et je voulais tellement faire le contraire des autres auteurs qui le rabaissent que je me suis laissée emportée. Après j'ai une petite théorie : on a toujours dit que Peter était très moyen en cours, (je pense à McGonagall dans HP3), mais pour moi il n'était pas forcément dépourvu de capacité ou de pouvoir magique, c'était plus un flemmard qui avait des difficultés d'attention et préférait se marrer avec ses potes que bosser. Et puis, qui ne serait pas un sorcier médiocre quand on est proches de James Potter et Sirius Black ? Regarde Harry par exemple : c'est un crack en Défenses, mais à part ça il est moyen un peu partout en cours non ? C'est peut-être pas un bon exemple... Deuxièmement, jai peut-être pas assez insisté sur ça, mais Peter est vraiment heureux d'avoir eu des nouvelles de sa mère, complètement sur un petit nuage, et c'est vraiment pour ça qu'il a réussi son Patronus. Peut-être que tu t'en rappelles pas, et je ne t'en veux pas hein ), mais sa mère a un petit problème mental, elle est enfermée dans un monde imaginaire depuis des années et ne porte plus aucune attention à son fils depuis, sauf cette lettre… Voilà. Au fait j'aime beaucoup tes remarques, tu me fais réfléchir sur pas mal de points, donc si t'as encore des trucs à dire sur tout ça ou sur quoi que ce soit ne te gêne pas ! Merci pour ta review.
Oui, Jim Morrison est sexy, et si vous me croyez pas tapez son nom sur Google Image et bavez devant ces superbes photos en noir et blanc, avec ses bouclettes, son torse nu qu'on voit pas toujours, son air si sérieux, et osez me dire le contraire. Et BAM.
Petite question à laquelle j'aimerais bien que vous répondiez : Est-ce que vous trouvez mes chapitres trop longs ? Je tourne toujours autour des 20 pages, des fois je fais plus, et j'ai toujours l'impression que c'est trop long, j'ai peur que ça vous ennuie à force. J'ai un plan à respecter, mais il peut être bouleversé si vous aussi la longueur vous embête.
A part ça j'espère que vous avez aimé hein :) Je crois que j'ai jamais écrit un chapitre aussi facilement, ça venait vraiment tout seul. Pour le prochain chapitre, bien on aura Lily qui révèle qui est le vrai père de Pétunia à sa famille, et la suite des vacances de James, Sirius et Lyra. Parce que non, c'est pas finiiiiiiiiiiiiiiiii ! A bientôt tous !
