Je l'aime et lui me hait

Auteur: Isaae

Rating: M

Pairing: SS/HP

Résumé: Harry Potter est fou amoureux de Severus Snape, qui lui le hait. Du moins c'est ce dont il est persuadé, peut-être et peut-être pas...

Message auteur: Je suis désolée de vous avoir fait attendre autant pour la suite /, mais je manquai de temps et d'idées. J'espère qu'elle vous plaira et je vais essayer de la faire plus rapidement.

Chapitre 9

Il me fait complètement perdre mes repères... Je ne sais pas si c'est une bonne chose ou pas... Je suis perdu avec lui... En même temps mes repères, c'est quoi ? Une semi folie ? Des masses informes et indéfinissables conservées dans du formol ? Un endroit sombre ? Un isolement ? On peut faire mieux je pense... Mais ma vie est comme ça et je n'y peux rien... Je me suis trompé dans mes choix mais je ne pouvais pas en faire d'autres... Paradoxal, non ?

J'ai une envie de meurtre intense... Mais contre qui...?

- Oublier... Je peux difficilement t'aider pour ça si je ne sais pas de qui il s'agit...

- Ne recommencez pas avec ça... Je ne peux pas vous le dire...

- Je ne sais pas si ça te ferai oublier, mais te venger te soulagerai peut-être...

- Peut-être... Mais je ne peux pas, je dois respecter le règlement... Si je me fais prendre...

- Depuis quand respectez-vous le règlement Mr Potter ?

Le "tu" n'auras pas duré longtemps.

- Je le respecte tant que ce n'est pas indispensable que je l'enfreigne... Quand il y a un danger j'estime normal de passer outre...

- Vous seriez presque convaincant...

- Pourquoi presque ?

- Parce que c'est vous... dit-il dans un souffle.

Ca c'était pour moi...

- Ce serait Malfoy je n'aurais rien dit.

Mon coeur a fait un bond dans ma poitrine, j'ai presque eu peur qu'il ne se décroche. J'espère ne pas avoir montré de réactions visibles... Mais je sens que j'ai pâli...

- Je sais que vous le haïssez mais tout de même...

- Professeur...

- Oui ?

- J'ai envie de jouer...

- Montrez-moi donc cela...

Je réponds avec un sourire tout ce qu'il y a de plus Snapien. Il change vite d'état d'esprit apparemment... Mais faire semblant est facile...

OoOoO

Je suis fou d'avoir dit tout ça... J'aurais dû me taire plus tôt mais il m'agaçait à toujours me poser les mêmes questions, il fallait bien qu'il me lâche... D'une manière ou d'une autre... Ce n'est peut-être pas la bonne que j'ai utilisée... Je ne sais pas quoi faire, comment va t-il réagir face à cela ? Pour l'instant ça à l'air d'aller mais pour peu qu'il réfléchisse... Et c'est terminé... Ca me donne mal à la tête de penser autant ! Autant reprendre le jeu...

Je me mets à califourchon sur mon professeur et regarde fièrement ce regard empli de sarcasmes. Je mets mes bras autour de son cou puis laisse glisser mes doigts le long de cette surface de peau découverte. Il frissonne, je poursui doucement, tout doucement avec mes lèvres. Il penche la tête pour m'inciter silencieusement à continuer. Ma langue entre en jeu et se fait aventureuse sur cette délicieuse peau blafarde. Mes mains se dirigent doucement vers le pull de mon vis à vis et passe dessous sans beaucoup de difficultés pour explorer cette terre encore inconnue pour elles. Je le pousse lentement jusqu'à ce qu'il soit au sol. Je redessine les traits fins de son torse sans le voir et m'empare de ses lèvres que j'entreprends de dévorer consciensieusemment, en élève appliqué... Je fais preuve de beaucoup de zèle ces derniers temps... Je remonte le pull en laissant mes doigts suivre le chemin de ses côtes. J'ai envie d'embrasser chaque parcelle de cette peau si tentante, si pâle dont j'ai tant rêvé. Je vais pour le faire mais une main m'arrête. Pris de panique je recule précipitemment, ne sachant pas comment réagir. Suis-je allé trop loin ? A t-il réfléchi ? - s'il l'a fait pendant que je le touchai ce n'est pas très flatteur... Cela veut dire que je ne le fais pas suffisamment planer – Je lui lance un regard perdu. Il se relève doucement et reste assis face à moi. Il tend une main vers ma joue et la caresse.. Il n'y a aucune "close" de réciprocité dans le jeu. J'ai l'impression que mon coeur va exploser. En sortirait-on enfin ? J'ai presque envie de pleurer mais je me reprends peut-être n'est-ce qu'une vague attention de sa part pour me guérir. Il me ramène sur ses genoux doucement, comme on ferait avec quelqu'un de précieux, qu'on ne veut pas effrayer. Je sens ses doigts vagabonder dans mes cheveux me procurant un délicieux frisson le long de la colonne vertébrale. Je me laisse basculer contre son torse et me détend. Son odeur m'enveloppe délicatement pour une fois. Ses bras m'entourent et il me berce doucemement. Cette douceur inattendue me plonge dans une béatitude presque ridicule. Mais je suis tellement bien. Il pose un doigt délicatement sous mon menton et me fait tourner la tête vers lui. Il joint nos lèvres par un simple contact presque tendre. Je perds pied à cet instant à cause de tant de douceur à laquelle je ne m'attendais absolument pas de sa part. Il recule bien vite à mon grand regret, je le regarde sans dire un mot. Il me dépose un léger baiser sur le front, la paupière, la joue, le côté de la machoire. Autant de douceur décuplée qui à nouveau me donne une envie irresistible de pleurer mais je me retiens comme je peux. J'avoue que j'ai du mal. Il continue de me caresser agréablement les cheveux. Il retrouve mes lèvres sans difficultés à mon grand plaisir. Je n'ouvre pas la bouche, lui non plus. C'est un instant à part, un cocon pour se réfugier plus tard. Ses mèches me chatouillent le visage, j'ai envie de sourire, de rire, je suis heureux. Mais je ne le dirais pas ni ne le montrerai. J'ai envie qu'il me dise quelque chose pour cicatriser mon coeur. Je n'ai pas besoin qu'il me dise qu'il m'aime, ce serait bien trop beau et faux. Non, je voudrais juste quelque chose de gentil... Mais je divague, je suis stupide. C'est Snape. Le terme "gentil" ne fait pas partie de son vocabulaire.

- Vous devriez vous reposer.

Non, Je suis bien là.

- Je ne suis pas fatigué.

- Pas de caprice, petit garnement.

Dit-il en plaisantant – je sais c'est assez choquant de sa part -, il me prit dans ses bras et me souleva pour me déposer dans son lit.

Les vacances se sont terminées sans autre épisode de ce genre. Nous restions à une relation professeur-élève normale. Je n'ai ni dit ni fait quoi que ce soit pour y changer quelque chose. J'étais en proie à un stress conséquent de savoir si Snape avait saisi le sens de mes paroles. Je réfléchissai, également, à ce qu'il m'avait dit sur lui. J'espérais être le premier à qui il le confiait mais en me rappelant la discussion que j'avais interceptée et qui avait eu tant de conséquences sur moi j'en déduisait que non. Malheureusement.

L'approche de la fin des vacances apporta un poids nouveau à mon estomac déjà bien serré : Malfoy. Qu'allait-il se passer ? J'avais parlé en partie à Snape mais lui ne pouvait pas le savoir... Du moins je l'espérais. J'avais résolu de l'éviter le plus possible et de ne jamais me retrouver seul avec lui. Seulement... Ce n'est pas ce qu'il se passa.

Les cours reprirent normalement les premières semaines, mais vint le moment où ne pas jouer me manqua. A la fin d'un cours de potion, j'allais voir Snape pour savoir ce qu'il en était. Il ne m'avait ps évité depuis la rentrée, moi non plus mais notre jeu avait stagné et je voulais savoir pourquoi et si il continuait.

OoOoO

Les paroles de Harry m'avait troublé et cet élan de tendresse que j'avais eu pour lui sans vraiment réfléchir sur le coup, m'avait légèrement perturbé. Je ne voulais pas pensé à ce qu'il avait dit sous le coup de la colère, cela compliquerait trop de choses. Pendant les derniers jours où nous sommes restés ensemble pour les vacances, je le voyai de plus en plus tendu et je me demandais pourquoi. Mais je n'ai jamais posé la question. J'avais parfois envie de le prendre dans mes bras où d'avoir un geste affectif envers lui sans vraiment y penser mais je me suis retenu. Cela n'avait pas de sens, je ne comprenais pas. Mais je ne ressentais pas de sentiments. J'en était sûr. Presque.

OoOoO

- Professeur ?

- Oui.

- Je peux vous voir dans votre bureau ?

Il me regarda surpris, puis acquiesa vaguement. Une fois dans le bureau :

- Vous désirez ?

- Hum... Je... Je voulais... savoir pour... le jeu...

-Oui ?

- Ca continue...?

- ...

Il s'assit derrière son bureau, posa ses coudes et croisa les doigts en me regardant. Il n'y avait aucune lueur de mépris dans son regard ni quoi que ce soit d'ailleurs.

- Je pense... qu'il serait mieux d'arrêter.

Les mots sont tombés. Comme ça. Mon coeur n'a pas réagi sur le coup, j'étais trop sonné. Il l'a dit calmement sans une once d'émotion, et moi je suis là, en face de lui et je ne réagis plus. Je finis par retrouver usage de mes capacités intellectuels.

- Pourquoi ? Je ne vous conviens pas ?

- Ce n'est pas ça.

- Ah. Alors... Quoi ?

- ...

- Votre conscience professionnelle peut-être...

- Ne devenez pas insolent.

- Je... excusez-moi.

Je sors totalement du jeu en lui demandant ça mais ce n'est pas important de toute façon il est terminé. J'ai besoin d'assimiler ce qu'il se passe...

- Passons.

- Je... peux... une dernière fois ?

J'aurais pu dire beaucuoup de choses. J'aurais pu lui dire que je voulais que le jeu continue, que je ne voulais pas qu'il s'arrête, que je l'aimais, que je ne supporterais pas de le perdre, qu'à peine la porte passée il me manquait, que c'était à cause de Malfoy que je n'avais rien dit car il m'avait menacé de lui révéler mon amour. J'aurais pu dire beaucoup de choses. Mais je n'ai rien dit. Rien.

- ... D'accord.

Je m'approchai doucement. Il se reculai dans son siège pour me laisser un peu d'espace. Je me placai entre lui et le bureau en m'appuyant sur ce dernier. Je me penchai et posai mes lèvres sur les siennes. Je ne sais pas comment mais je finî par basculer sur lui et m'asseoir sur ses genoux. Cette fois je mêlai ma langue à la sienne. Je le voulais le plus possible pour le peu de temps qu'il m'accordait encore. Je ne pensai plus et l'embrassai avec tout ce que je ressentai pour lui : mélange de bestialité, d'amour et de détresse. Tout en l'embrassant je me disais que c'était la dernière fois, que je le perdai, qu'il n'y avait pas de retour possible. J'ai mal. J'ai mal. J'ai mal. Je ne pensai plus que ça, mon cerveau ne fonctionnai plus autrement. Alors, sans crier gare, une larme s'échappa et finit sur sa joue. Je ne m'en rendit pas compte tout de suite mais lui si. Il eut un mouvement de recul et se détacha de moi. Mon esprit hurla son refus mais mes lèvres ne dirent rien.

- Qu'est-ce que...?

- Rien.

Dis-je en souriant mais le coeur en lambeaux et je partî en courant, ne pouvant plus retenir mes larmes. C'était fini, terminé. Je ne goûterais plus ses lèvres, il ne me prendrais plus dans ses bras, il ne me parlerais plus de lui, je ne sentirai plus son odeur. Je redevenais un simple élève. Je courais encore et encore. Je n'entendis pas le moindre son de pas derrière moi qui voudrais me rattraper. Même mes dernières illusions furent brisées. Je pris un tournant et heurtai quelqu'un, nous finirent tout deux à terre. Moi en larmes, lamentable et lui ses documents éparpillés partout. J'allais l'aider quand je vis qui s'était. Je ravalais mes excuses avant qu'elles me fassent l'affront de sortir. Ses cheveux blonds presque blancs venaient de me renseigner.

- Tiens... Comme on se retrouve...

Oh non.

- T'as l'air en sale état.

- On t'a pas demandé ton avis.

- Je ne voudrais pas faire intrusion dans ta vie privée.

- Ferme-la.

- Si je veux.

- Laisse-moi passer, connard.

Je passai mon chemin en marchant, cette fois. Essouflé, je marchai lentement jusqu'à ce que je me rende compte que je ne retrouvai pas mon souffle. Ma poitrine m'oppressait, mes côtes étaient douloureuses, j'avais l'impression que j'allais m'étouffer avec mes larmes. Je m'appuyai sur le mur et tentai de continuer à avancer mais mes jambes plièrent et je heurtai douloureusement le sol de pierre en tombant.

- Ben qu'est-ce qui t'arrive, Potter ?

- ...

Ma voix avait disparu de ma gorge avec mon souffle. Mon estomac se contractai, j'avai l'impression que mes poumons allait exploser. J'étais sur le sol, agonisant. Pourtant, je trouvai encore la force pleurer ce que j'avais cru obtenir et qui était si loin à présent.

- Non... Arrêtez ça devient trop facile... Je voulais poursuivre notre petite aventure de l'infirmerie mais je ne savais pas trop comment... Alors je suis allé faire un tour à la bibliothèque... Mais que tu soit ainsi à ma disposition sans que je fasse le moindre effort...

Il s'assit à côté de moi.

- J'y ai trouvé un sort très intéressant. Il permet de faire perdre tous moyens de résistance face à l'envoyeur quand il le désire à celui qui l'a reçu. Fort utile, je trouve puisque utiliser un impardonnable est risqué ici, à Poudlard avec Dumbledore qui veille. Mais dis-moi t'a vraiment l'air mal en point, toi. Pourquoi tu es dans cet état ?

Je ne veux pas de ses railleries. J'ai peur. Non, je ne veux pas que ça recommence. Je veux qu'il me laisse tranquille même si je crève ici ce sera toujours mieux que de devoir encore subir ça. Je ne veux pas l'entendre ni le voir. Je veux que Snape me dise que ce n'est pas terminé, me dise que je peux encore rester avec lui. Ou alors je veux mourir mais pas ça, s'il vous plaît épargnez-moi ça, je ne le supporterai pas une nouvelle fois. Je n'arrive déjà plus à respirer alors non...

- Apparemment, tu risque de ne pas me répondre vu ton état. Je ne vais pas prendre de risque et te jeter ce sort quand même.

Il me lança son sort, je perdai conscience, je n'entendis pas son incantation. J'aurais du mal à en trouver le contre-sort. De toute façon je n'ai jamais eu de chance. J'aurai préféré mourir il y a longtemps...