Discraimer : Le manga et les personnages appartiennent à Masami Kurumada

Rating : K

Remerciements : A vous toutes pour vos reviews, fav' et follows et à ma béta pour corriger toutes les fautes que je laisse trainer dans mes textes.

Coucou tout le monde ! Voilà le gros cadeau dont je vous avais parlé : la suite (chronologiquement parlant) de Graines de chevaliers ! =D Et oui, je m'étais promis de vous gâter un jour d'un nouvel OS sur Camus et Milo, et quoi de mieux que de refaire un texte sur eux pour fêter le dixième de cette série, hein ? Donc voilà, j'espère que ce nouveau petit texte vous plaira, au moins un peu X).

Au fait, l'idée me vient d'un petit mot glissé dans une autre de mes fanfictions, Soirée Télé. J'ai trouvé amusant de donner une explication à ce petit bout de rien du tout.

Bonne lecture !


Le Surnom :


Couché contre les pierres chaudes en contrebas de la maison du Scorpion, Milo observait depuis plusieurs dizaines de minutes déjà un lézard profitant de la chaleur de ce mois d'aout. Imitant avec délice l'animal qui ne faisait strictement rien, le futur chevalier d'or de maintenant huit ans s'autorisait un pur moment de farniente sous le soleil grec, son maître étant trop occupé au treizième temple par il ne savait quelle histoire pour se préoccuper de lui.

Voyant le petit être devant lui bouger légèrement la tête puis s'immobiliser de nouveau, il en soupira de jalousie. Bon sang qu'est ce qu'il aurait aimé avoir la même vie que ce petit lézard. Rester là, toute la journée à ne rien faire, à ne se préoccuper que de sa pitance et des prédateurs. Il aimait bien sa vie d'apprenti chevalier, certes, quand son maître ne le punissait pas pour les raisons les plus farfelues qui soient, mais il aimait bien ces moments de quiétude si rares.

Au bout d'un certain temps, l'apprenti avança sa main vers le lézard, doucement, et l'arrêta à mi-chemin entre lui et la petite créature. Celle-ci observa le phénomène qui se passait près d'elle, mais ne bougea pas. Ce ne fut qu'après de nouvelles longues minutes d'attente immobile qu'elle consentit d'elle-même à monter sur le promontoire offert. La vue n'étant cependant pas réellement plus haute ni plus intéressante, elle partit rapidement, non sans faire glousser l'étrange créature qui l'avait rejoint dans sa sieste. S'éloignant vers un autre endroit plus tranquille, elle laissa un jeune garçon au sourire rayonnant, heureux de ce qui venait de se passer.

Son sourire se fana cependant bien vite, et il ne put s'empêcher de regarder en contrebas du Sanctuaire, se sentant soudainement terriblement seul. Retournant quelques minutes après au temple du Scorpion, boire de l'eau pour son gosier sec, il s'attabla. Cette matinée n'était pas si mal au final. Elle lui avait permis d'être libre de tout ordre, d'observer et de pouvoir toucher un beau lézard. Mais son cœur bouillait d'impatience qu'elle se termine, ayant ressentit depuis trois bonnes heures déjà l'avancée à travers le Sanctuaire de son meilleur-ami Camus et de son maître. Extrêmement heureux au départ, il avait traversé son temple comme une flèche avant de s'arrêter net, réfléchissant pour une fois à ses actes. Et il devait se faire violence pour ne pas dévaler les marches zodiacales pour se jeter dans les bras du jeune Français. Mais celui-ci l'aurait mal pris, et son satané maître sans cœur l'aurait réprimandé et surement puni pour tant de familiarité.

Frustré par tant d'injustice, de la part du chevalier et des dieux, qui semblaient s'amuser à ralentir le temps au maximum pour le faire souffrir de cette attente, il avait décidé, plein de bonne volonté, d'occuper sa journée par un petit entrainement devant son temple, avant de remarquer la queue émeraude du lézard. Tout bon sentiment envolé, il s'était retrouvé à observer l'animal. Après tout, il était encore un enfant, il avait bien droit de profiter un peu de la vie, non ?

S'imaginant déjà tenter de corrompre le sage apprenti du Verseau pour une simple balade aux abords du Sanctuaire, rien que tous les deux, il souriait à pleine dent. Camus était revenu ! Il en aurait presque explosé de joie. Bien sûr, il adorait faire les pires bêtises du monde en compagnie de son ami Aiolia, et il adorait embêter cet imbécile d'Angelo quand il revenait lui aussi au Sanctuaire, mais c'était avec le futur Verseau qu'il aimait passer le plus de temps, tout simplement parce qu'il ne pouvait oublier ce premier jour au domaine d'Athéna, où il avait rencontré l'autre enfant, ce qu'ils avaient alors partagés et qui les avait liés. Et puis il admirait plus que tout le français qui du haut de ses huit ans avait déjà plus de prestance que bien des chevaliers.

Il était simplement heureux de pouvoir se dire son ami, il ne voulait pas plus, juste pouvoir continuer ainsi.

Milo entortilla ses doigts autours de ses cheveux, alors qu'il tournait en rond dans son temple. L'attente était longue, très longue, trop longue, mais il devait tenir, rien que pour voir l'air à moitié surpris des deux Verseaux quand ils arriveraient devant la maison du Scorpion et qu'il serait là à les accueillir, gaiement. Ils devaient le penser gravement malade voir mort pour qu'il reste si calme, ils seraient alors impressionnés (et peut-être que Camus serait ravi ?) de voir qu'en réalité le jeune apprenti s'était assagi et était un peu moins impulsif. D'ailleurs il eut une moue boudeuse en se disant que son ami lui n'avançait vraiment pas vite pour le rejoindre, alors que le français devait penser le grec mort. Ainsi il pouvait agoniser seul, Camus ne se dépêcherait pas plus de le rejoindre ! A cette pensée, des larmes commencèrent à poindre dans ses yeux d'enfant blessé, et il s'affala contre une colonne du temple. Le cœur rempli de tristesse quant à l'indifférence présumée de son ami pour son sort, il sentit au bout d'un certain temps un poids s'écraser sur sa tête et malaxer sa crinière sans ménagement.

-Alors comme ça on déprime seul dans son coin p'tite tête. Ca m'étonne que tu ne sois pas déjà collé à Camus tient !

Relevant son visage vers celui de son maître, qui l'avait rejoint et avait l'outrecuidance de désordonner sa chevelure en frottant sa main dessus, ses yeux se rallumèrent légèrement, avant de s'éteindre de nouveau.

-Camus il n'aime pas quand je le colle, fit l'enfant d'une voix éraillée, et son maître il ne m'aime pas tout court, alors j'attends là, sagement, pour leur prouver que je suis devenu plus adulte … Mais je me sens si seul.

Cette dernière phrase, presque murmuré par l'enfant, atterra l'adulte. Le prenant dans ses bras comme un sac à patate, mais en plus lourd, il le souleva et le mit sur ses épaules, recoltant un grand cri d'indignation de la part du petit.

-Mais c'est quoi ces conneries que tu me sors-là gamin ! Cria-t-il. Non mais tu m'as bien regardé, j'ai réussi à quitter ce stupide entretient avec Shion dés que j'ai ressenti qu'Aaron était là. Et j'm'en tape qu'il m'engueule ou qu'il me prenne pour un gosse, c'est mon ami et je l'ai pas vu depuis près d'un an. J'préfère encore aller l'accueillir et attendre ma sanction plutôt qu'moisir à écouter l'autre vieux au treizième ! Sur ce, on y va.

Et c'est sous le rire joyeux de son apprenti, qui adorait réellement le caractère emporté et pas toujours très judicieux de son maître, qu'il descendit d'un temple, avant de lâcher l'enfant sans ménagement. Il lui intima alors de le suivre à pied, voulant bien jouer à la nounou mais pas au poney, non mais !

Ils descendirent encore un autre temple avant de voir se profiler en contrebas les silhouettes de leurs deux amis. Et Milo se sentit alors transporté de joie devant le petit sourire que Camus lui adressa en arrivant à sa hauteur, au point d'oublier toute la retenue qu'il s'était exigé de lui-même et de sauter dans les bras du français, pas étonné pour un sous.

-Tu m'as manqué Camus. Ce fut tout ce que trouva à dire le futur Scorpion, n'attendant aucune réponse de son ami, si peu prolixe sur ses sentiments. Les bras frais qui se refermèrent dans son dos furent d'ailleurs une marque d'affection bien suffisante pour le petit, tout simplement au paradis, heureux de l'initiative de son maître.

Le Scorpion en titre, quand à lui, avait passé d'office un bras dans le dos de son collègue du onzième, qui ne relevait même pas, trop habitué au caractère infernal de son ami. Le petit groupe repartit ainsi rapidement vers le huitième temple, où le chevalier en titre comptait bien séquestrer son collègue le temps d'un bon apéritif grec voir plus, le temps de lui relater tout ce qui s'était passé d'amusant dans le domaine d'Athéna en une année.

Les Scorpions babillaient donc joyeusement sous l'oreille en partie attentive des Verseaux, heureux de ces retrouvailles, même s'ils n'en montraient rien. Ils arrivèrent ainsi en fin de matinée au huitième temple, ce qui combla de joie ses propriétaires, y voyant l'occasion rêvé d'y déjeuner avec les deux autres.

Les adultes restèrent plus longtemps à table que les enfants, Milo ayant proposé à son ami qu'il voyait fatigué une bonne douche pour se rafraichir et une sieste dans sa chambre d'apprenti. Après tout, quand son maître commençait à parler au Verseau, il lui fallait au moins une demi-heure avant de s'arrêter dans son récit pour respirer. Et Milo avait calculé sommairement qu'avec le paquet d'anecdotes que son maître avait en réserve, Camus pouvait rester avec lui jusqu'au soir, si son maître réussissait à tenir jusque là en semi-apnée. Les petits avaient donc le temps de faire ce qu'ils voulaient.

Milo s'assit alors sur le rebord de son lit, les pieds se balançant dans le vide, attendant que son ami ait fini de se laver pour le rejoindre et dormir. Il avait hâte de pouvoir enfin passer du temps avec lui, même s'il laisserait Camus récupérer de son voyage avant de l'accaparer de la même manière que le faisait le Scorpion adulte avec Aaron.

L'autre apprenti se présenta alors dans la petite chambre, dans des habits prêtés et les cheveux encore dégoulinants retenus par une serviette blanche.

-Merci pour la tunique, Milo.

Celui-ci ne put dire qu'un simple « De rien », émerveillé par l'aura quasi-impériale que dégageait son compagnon, en toute circonstance. Il se demandait toujours ce que voyait en lui son camarade pour l'apprécier de la même manière, il n'en avait franchement aucune idée. Peut-être devrait-il lui demander un jour ? Mais pas maintenant, pour l'instant tout ce qu'il voulait c'était s'allonger au côté de son ami et profiter de son sommeil pour rester contre lui, se gorger de sa présence si particulière et rassurante. Mais alors que le futur Verseau se couchait tranquillement à ses côtés, il ne put retenir une simple phrase, qu'il regretta autant qu'il apprécia des années après.

-Fait de beaux rêves Mumu.

Le surnom qui lui fut donné fit alors immédiatement relever la tête de Camus, qui planta ses prunelles interrogatrices dans celles déjà terrorisées de Milo, conscient de sa bourde. Prenant les mains du futur Scorpion dans les siennes pour éviter toute tentative de fuite, l'apprenti Verseau lui demanda, de but en blanc.

-Tu m'as appelé comment ?

Milo déglutit difficilement devant le regard perçant de son vis-à-vis. Camus savait parfaitement quand il mentait, pourtant ce surnom qu'il lui avait donné intérieurement, il était persuadé que le français le prendrait mal, très mal. C'est d'ailleurs pour cela qu'il ne l'avait jamais appelé ainsi, même s'il l'aimait bien, ce surnom. Aussi il pria pour ne pas à avoir à donner d'explications à l'autre apprenti.

-Euh je, je … je t'ai appelé Mumu, bredouilla-t-il, le cœur battant.

-Et pourquoi ce surnom ? demanda, suspicieux, le Verseau, sous l'œil catastrophé de Milo.

-Parce que c'est mignon ? Tenta l'arachnide, à tout hasard.

-Milloooo !

Le couinement que Camus reçut en réponse lui fit comprendre que oui, l'explication que lui fournirait son ami devait valoir son pesant d'or (et raison de tout son self-control aussi). Pourtant il attendit patiemment sa réponse, tenant le Scorpion par ses mains. Scorpion qui se décida enfin à répondre, au bout d'un long moment où Camus avait pu parfaitement ressentir la crainte de l'autre enfant. Allons bon, il était si terrible que ça ?

-C'est parce que t'es français en fait. Et qu'on m'a dit qu'il y avait beaucoup de vaches dans ton pays.

L'enfant releva un sourcil, c'était bien la première fois qu'il l'entendait celle-là … et la suite semblait du même acabit. Il ne fut pas déçu.

-Et puis les vaches, elles font meuh. J'ai trouvé ça rigolo, et comme meuh ça ressemble à mu, comme CaMUs, ben j'ai décidé de t'appeler comme ça.

L'arachnide tenta alors de sourire à son camarade pour l'attendrir. En vain. Celui-ci semblait aussi raide qu'une statue de pierre. Milo déglutit une dernière fois, très difficilement.

.ooOoo.

Aaron écoutait avec plus ou moins d'attention les derniers potins du Sanctuaire, quand soudainement son moulin à parole d'ami se tut, en pleine phrase. Intrigué par se soudain silence si peu commun au huitième temple, il ressentit alors la fureur de son disciple, puis arriva jusqu'aux adultes une vague de froid sans précédent, en plein mois de juillet surtout.

Se précipitant vers la source de ce phénomène, ils virent Camus partir en courant vers le haut du Sanctuaire, jurant avec rage qu'il ne mettrait plus jamais les pieds dans cette maison de demeurés. Revenant de sa surprise de voir son apprenti ainsi, le Verseau se tourna vers son condisciple amusé, qui ne semblait pas se soucier outre mesure de l'état dans lequel se trouvait Milo, qu'ils pouvaient apercevoir de la porte ouverte de la chambre.

-A croire que c'est une manie chez vous les Verseaux de congeler tout le monde à la moindre contrariété. Lança le Scorpion d'or, ironique.

-Et à vous les Scorpions de nous pousser à bout tout le temps. Répondit platement Aaron.

Il n'en fallut pas plus au Scorpion en titre pour éclater d'un rire franc, au souvenir des multiples disputes qu'ils avaient eux aussi connus. Proposant alors un nouveau verre au onzième gardien, il alla tout de même placer l'ébauche de cercueil de glace dans lequel son disciple avait les jambes et le buste pris au soleil, ébouriffant au passage la tête de Milo, encore choqué d'être toujours vivant.

A ses pieds, la glace commençait déjà à fondre sous le soleil grec, et un petit lézard vint boire l'eau s'y formant en flaques.

.ooOoo.

Quelques années plus tard :

Aux côtés de son maître, Camus restait en apparence stoïque devant la cérémonie qui se déroulait devant lui, mais intérieurement il était fier pour l'imbécile qui recevait ce jour-là son armure. Le regard grave, c'est avec honneur que Milo reçut des mains de son maître celle du Scorpion.

Un peu jaloux du calendrier qui favorisait son ami, alors que lui devait attendre encore quelques mois pour obtenir son armure, il ne put cependant s'empêcher, comme à chaque fois qu'il le voyait, de répondre au sourire étincelant que lui envoya Milo, quand il croisa ses yeux bleus. Il hocha légèrement la tête cette fois-ci, il ne pouvait se permettre plus en public.

Ce ne fut que le lendemain qu'il put revoir le nouveau chevalier, en descendant les temples pour pouvoir s'entrainer. Tout d'or vêtu, le Scorpion semblait l'attendre à la sortie de son temple, le sourire aux lèvres.

-Bonjour l'apprenti, bien dormi ?

-Mieux que toi il semblerait, chevalier.

Accentuant légèrement le dernier mot, Camus offrit un de ses rares sourires à son compagnon, le seul avec qui il se permettait encore un brin d'humour.

-A ça, c'est pas bien difficile ! On est resté debout à discuter jusqu'à je ne sais pas trop quelle heure avec mon maître. Ca me fait tellement étrange de me dire que je serais seul au temple à partir de maintenant.

-Je crois que je comprends.

-Ouais, répondit sommairement l'arachnide. Rha non mais franchement, en plus c'est super lourd cette armure ! Fit semblant de se plaindre le nouveau chevalier, voulant éviter de s'épandre plus sur ce sujet.

-Milo, arrête de faire l'enfant veux-tu!

-On me donne un ordre, apprenti ? Tu sais ce que ça peut te coûter ? Fanfaronna le chevalier.

-C'est toi qui deviens lourd, là.

-Rhoo t'es trop méchant Mumu !

L'apprenti ne répondit rien, ne relevant même pas le stupide surnom que l'autre s'évertuait à utiliser pour l'énerver. Si ça l'amusait. Il ne laisserait pas ce petit bout de rien avoir trop de prise sur lui, l'autre s'en servirait alors constamment pour le titiller. Et puis, même s'il se devait de rester aussi distant qu'un chevalier des glaces se le devait envers tout le monde, il se rappelait que son maître avait toujours laissé celui de Milo lui faire l'accolade, privilège unique du Scorpion. Cela avait marqué leur relation. Et maintenant, lui autorisait son ami à l'appeler ainsi.

Finalement, ce petit rien n'en était pas vraiment un…


Voilou, un petit Camilo mignon tout plein, comme je sais que vous les aimez ! J'en ferai peut-être un autre, un jour, mais du point de vue de Camus cette fois. Me manque plus que l'idée ^^'.

Sur ce, à Septembre pour un prochain OS, bisous !