Hello tout le monde !
Tout d'abord, merci à tous ceux qui ont laissé des reviews pour le chapitre précédent =) Ca fait vraiment chaud au coeur de lire tous ces commentaires en rentrant le week-end x) Merci Beaucoup =) Je suis vraiment contente qu'Arya vous plaise, car elle est importante pour la suite de l'histoire et que la fin de la fiction sera plus centrée sur elle ;)
Mais je me tais pour l'instant afin de ne pas dévoiler la suite, et je vous laisse découvrir le chapitre 9, qui rassemble finalement deux chapitres lui aussi et qui sera donc encore assez long x)
Bonne lecture à tous ;) On se retrouve la semaine prochaine pour le chapitre 10 =)
La fenêtre s'ouvrit sans bruit. L'intrus se glissa habilement par l'ouverture, puis referma derrière lui. Il n'alluma pas la lumière, de peur qu'on ne remarque sa présence. La lueur de la pleine lune lui était d'ailleurs amplement suffisante pour se repérer dans la pièce. Silencieusement, il se glissa dans la salle de bain, jeta ses habits dans un coin de la pièce, et se glissa sous la douche, qu'il fit couler l'eau lentement, appliquant presque la pomme de douche sur sa peau afin de minimiser au maximum le clapotis de l'eau. Doucement, il se savonna puis se lava les cheveux.
Il se sécha rapidement, remonta ses cheveux dégoulinant sur sa nuque, puis enfila un T-shirt blanc en faisant attention de ne pas raboter la blessure qu'il avait à l'épaule, avant de passer un short de la même couleur que le haut, puis repassa dans l'autre pièce.
La lumière s'alluma soudainement. L'intrus se figea.
- C'est à cette heure-ci qu'on rentre ?
Nonchalamment allongé sur son lit, les bras croisés derrière la tête, Logan attendait, le visage fermé.
La surprise passée, Arya esquissa un sourire en coin.
- Logan. Ca faisait longtemps.
- Pas assez à mon goût, rétorqua-t-il.
Le sourire de la jeune fille s'agrandit alors que, loin d'être vexée, elle s'asseyait sur son bureau et entreprenait de démêler les nœuds des écouteurs de son MP3.
- Comment es-tu entré ? interrogea-t-elle alors en jetant un bref coup d'œil au verrou sur sa porte.
- Ne serait-ce pas plutôt à moi de poser les questions ? répliqua-t-il encore en fronçant les sourcils, contrarié.
- Tu n'as pas répondu à ma question.
Avec un claquement de langue agacé, le jeune homme passa un doigt sur sa baguette. Arya grimaça.
- Qu'est-ce qui t'as pris de fuguer comme ça ? demanda alors Logan. Ron ne t'a même pas touchée !
- Je fais ce que je veux, marmonna la rouquine entre ses dents, mécontente du ton qu'il prenait.
- Non, justement ! Tu n'es pas majeure Arya !
- Je ne suis pas non plus un pantin qui se plie aux souhaits de son marionnettiste ! siffla-t-elle.
Logan se radoucit aussitôt et c'est d'une voix plus contenue qu'il poursuivit.
- Tu aurais au moins pu donner signe de vie ! reprit-t-il, accusateur.
- Et à quoi ça aurait servi ? A briser les espérances de cette charmante Apolline ? ironisa-t-elle. Quoique, c'est pas bête ça… Tu as raison, reprit-elle alors, j'aurais du vous donner des nouvelles. Bha, c'est pas grave, je pourrais toujours aller faire un tour dans sa chambre demain matin, histoire de lui faire une surprise au réveil. Elle sera ravie !
Un sourire mauvais s'étira sur ses lèvres et Logan retint un soupir découragé. Par moment, il s'estimait heureux d'être l'une des rares personnes que la rouquine appréciait. Ca lui évitait pas mal de désagréments.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, lâcha-t-il tout de même.
- Je me doute bien, répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel.
- Qu'est-ce que tu aurais fait si Hermione était revenue avant la fin de la semaine alors que tu n'étais pas là ? demanda-t-il alors.
La jeune fille haussa les épaules, nullement inquiète.
- Je n'ai de compte à rendre à personne, et certainement pas à elle, répondit-elle simplement. Et puis, de tout façon, tu vas tout lui balancer dès qu'elle sera rentrée alors, ça ne change pas grand chose que je sois revenue avant.
- Inutile de me dire ça comme un reproche ! Tu t'en doutais quand même, non ?
- Évidemment, de ta part ça n'a rien du surprenant. Bon, et maintenant, si tu en as fini avec ton interrogatoire aussi ennuyeux qu'inutile, j'apprécierais que tu me laisses mon lit. Je suppose que tu prendrais mal le fait que j'aille dormir à l'écurie.
Logan soupira à nouveau et secoua la tête, résigné. Sans compter que la rouquine avait vraiment l'air épuisé, à en voir les cernes violacés sous ses yeux.
- On en reparlera, lâcha-t-il en se levant.
- C'est ça, une autre fois peut-être. Comme à chaque fois que je pars en balade.
Il retint un énième soupir et lui fit bien comprendre qu'il n'appréciait que peu la façon dont elle qualifiait ses fugues. La main sur l'interrupteur, il hésitait cependant à éteindre la lumière, alors qu'elle se glissait sous sa couette en soupirant de bien être, ses écouteurs plantés dans les oreilles.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Il garda le silence, se contentant de la regardait de ses prunelles océans.
Elle fronça les sourcils, contrariée.
- Logan, tu peux aller dormir, je ne vais pas partir pendant la nuit ! soupira-t-elle enfin.
Le jeune homme hocha silencieusement la tête, pas tout à fait convaincu, mais finit par éteindre.
- Bonne nuit, lança-t-il en se retournant.
- Nuit'
Il esquissa un sourire, puis ferma la porte derrière lui.
Le lendemain, lorsque Drago descendit pour aller déjeuner, il eut la surprise de voir une tignasse rousse dans la salle à manger. Entourée de Yumi, John, Alec et Marvin, Arya semblait de mauvaise humeur. Son regard croisa le sien, et elle lui adressa un mince sourire.
A sa grande surprise, il n'eut aucun mal à le lui retourner. C'est donc plongé dans ses pensées qu'il emplit un plateau d'un solide petit déjeuner et alla s'asseoir à la table la plus isolée qu'il trouva. Quelques secondes plus tard, on tira la chaise en face de lui, et il se retrouva nez à nez avec la jeune fille.
- Salut.
- Lut', répondit-il entre deux bouchée de pain. Enfin revenue.
- Moué, et je me demande si je n'aurais pas du attendre plus longtemps avant de remettre les pieds ici, lâcha-t-elle en lançant un regard peu amène à son ancienne table.
Visiblement, elle avait eu du mal à échapper aux questions de certains de ses camarades.
- Je croyais que tu n'avais pas d'amis, remarqua-t-il.
- Ce ne sont pas mes amis, à part Yumi, et encore.
- Alors, où étais-tu passée ?
- J'avais besoin de prendre l'air, et puis, je n'avais pas sorti ma jument depuis un moment.
- Oh, et tu avais besoin de plus de trois jours et autant de nuit pour prendre l'air et la sortir ? Et le parc n'y aurait pas suffi, je présume ? Pas plus que les trois nuits où tu es partie en douce, malgré mes instructions !
- Non, ça ne suffisait pas. Et je n'aime pas être enfermée, donc le parc ne convenait pas.
- Il n'est pas des plus petits pourtant ! s'exclama Drago, pour qui le parc s'avérait être un havre de liberté.
Elle haussa les épaules.
- Il y aura toujours des murs, qu'on soit autorisé à sortir ou non.
Cette dernière réplique lui donna à méditer quelque secondes, et ils mangèrent un instant en silence.
- Tu ne m'en veux pas trop ? hasarda-t-il alors, changeant subitement de sujet.
- Je devrais ?
- J'en sais rien.
- Moi non plus… Mais je ne t'en veux pas, s'il y a du moins raison de t'en vouloir.
- Hmm-mh…En tout cas, tu es… tu as beaucoup de force, pour une gamine, commenta-t-il.
Sa remarque eut l'air de lui déplaire, car son visage se ferma.
- Je ne suis pas une gamine ! protesta-t-elle.
- T'as quel âge ? 16 ans ?
- 15.
- Alors tu es une gamine, conclut Drago en haussant les épaules.
- Je-ne-suis-pas-une-gamine ! répéta-t-elle à voix basse en détachant chaque syllabe.
- Et moi je te dis que si ! rétorqua le Serpentard.
Ils se défièrent un instant du regard, et le jeune homme fut surpris par l'intensité de celui de la jeune fille, qui ne cilla pas une seconde. Il se rappela alors les deux premières fois où il avait intercepté ce regard gris insondable, de ce qu'il avait ressenti à ses moments là. Malgré lui, ses cheveux se hérissèrent sur sa nuque. Il comprenait mieux les paroles de Grégoire qui lui avait dit que la jeune fille en effrayait plus d'un.
Il se mit soudain à ricaner.
- Quoi ?
- J'en connais un qui n'a pas l'air ravi que tu lui ais faussé compagnie, ami ou pas ami ! Tu devrais peut-être le rejoindre avant qu'il ne s'amène et ne pique une crise de jalousie !
Elle sourcilla une seconde, puis se retourna afin de voir de qui il parlait. Une moue dégoûtée déformait ses traits lorsqu'elle refit face à Drago.
- John n'est pas mon ami !
- Il en pince pour toi, alors.
- Certains garçons sont difficiles à faire changer d'avis.
Elle se tut pendant plusieurs secondes, observant quelque chose derrière l'épaule de Drago, du côté de l'entrée de la pièce.
- Qu'est-ce que tu regardes comme ça ? questionna-t-il en se retournant
- Ronald ne vient plus ? demanda-t-elle en reportant son attention sur lui.
- Non, et ce n'est pas un mal !.
- J'espère au moins être remontée dans ton estime après lui avoir tordu le poignet !
Le Serpentard la dévisagea une seconde, mais elle avait les yeux fixés sur son jus d'orange, dont elle avala une petite gorgée, l'air tranquille, n'éprouvant visiblement aucun regret à parler de Weasley
- Et bien, oui. Tu es remontée dans mon estime. J'espère seulement que tu ne le regretteras pas.
Elle haussa de nouveau les épaules.
- De toute façon, ce qui est fait et fait, et puis, il allait me frapper, je n'allais pas le laisser faire.
Elle se leva soudainement.
- Où vas-tu ? s'étonna Drago.
- Donner à manger aux chevaux, lança-t-elle en sortant.
- Ah.
Et elle sortit de la pièce sans rien ajouter.
L'ambiance remonta rapidement après le retour d'Arya, et le soir même, Drago eut tout le mal du monde à s'endormir. Andrew, Grégoire, et leur bande avaient réintégré le salon du dortoir John et ses deux compères avaient remis la musique, et les filles semblaient s'être réunis dans leur salon pour une soirée pyjama bien agitée.
Mais ni lui, ni Logan ne les en empêchèrent. Après tout, ils pouvaient bien s'amuser un peu après les trois jours de tension qu'ils venaient de vivre.
De ce fait, dans l'impossibilité de dormir, le Serpentard profita de son temps pour faire un récapitulatif des quelques jours qui s'étaient écoulés depuis le départ de Granger. Pas très brillant, à vrai dire.
Le pire était de loin la matinée que Weasley avait passé au manoir. Ca lui écorchait l'esprit de l'avouer, mais il préférait vivre avec Granger tous les jours, matin, midi et soir, qu'avec Weasmoche quelques heures. Même si le mieux était sans aucun doute quand aucun des deux Gryffondor ne se trouvait au manoir _ comme durant ces deux derniers jours.
Weasley, dès qu'il l'avait vu, avait cherché à l'embrouiller, contrairement à Granger, qui ne se permettait quelques répliques cinglantes que lorsqu'il dépassait trop les bornes à son goût.
Elle, elle ne l'avait pas provoqué en s'en prenant à ses parents comme l'avait fait cet idiot de rouquin ! Et puis elle l'avait « rassuré » lors de la sortie au Chemin de Traverse. Y aurait-il été avec Weasley que son après-midi aurait relevé de l'Enfer ! Sans compter qu'il serait toujours à Azkaban. Et même s'il était rentré, la belette ne l'aurait certainement pas soigné comme Granger l'avait fait.
« En tout cas, j'espère que tu profiteras de cette semaine pour… réfléchir. Ouais, çà serait bien que tu te repasses en mémoire tout depuis ton arrivée ici, ça t'aideras peut-être à comprendre… certaines choses. » avait-elle dit avant de partir.
C'est en y repensant que Drago réalisa. Les soins, la confiance, la compréhension, l'engueulade avec Uitiosus après qu'elle soit venue à Azkaban. Comment avait-il fait pour ne pas s'en rendre compte plus tôt ?
Elle avait tout fait pour que son retour dans la société se passe au mieux, lui offrant le confort de sa maison en toute totalité, sans restriction aucune si ce n'était celle de ne pas sortir sans sa permission. Elle s'était efforcée de rester objective avec lui afin de ne pas entraver ses possibilités de réussite. Elle lui avait… donné sa chance.
Drago déglutit difficilement lorsqu'il assimila tout cela. La gorge serrée, il se mordit la lèvre inférieure lorsque la culpabilité le gagna. Buté, il était resté campé sur des idées et sur des préjugés datant de Poudlard qui n'avaient plus lieu d'être, s'ils avaient du moins eu raison d'être un jour, ce dont il doutait fortement. Aveugle et sourd, il l'avait accusé à tord d'être responsable de plusieurs choses qui n'avaient pas du être agréables à entendre pour elle, qui au contraire avait fait son possible pour lui. Il l'avait même soupçonnée de vouloir entraver sa réinsertion en gaspillant la seule chance qui lui était donnée.
D'un autre côté, c'était bien elle qui avait insinué qu'elle ne laisserait jamais quelqu'un comme lui s'occuper de ses protégés. Même s'il était probable qu'elle ait dit ça sous l'effet de la colère… Cette pensée allégea la conscience de Drago.
D'ailleurs, il était tant plongé dans ses pensées qu'il ne remarqua pas tout de suite que le silence était revenu dans le manoir. Les jeux vidéos avaient été éteints, et la musique s'était tue. Seul persistait un bruit qui lui était inconnu. Comme si quelqu'un essayé d'entrer dans la propriété.
Il tendit l'oreille. Entendit à nouveau le bruit. Une sorte de grincement métallique.
Il se rappela alors la grille en fer forgé qui permettait d'accéder à l'avant-cour.
Tremblant comme une feuille – il avait été à Serpentard, et non à Gryffondor – il sortit de sa chambre et descendit au premier étage, passant devant le couloir des filles avant de s'immobiliser sur la mezzanine en entendant la porte d'entrée s'ouvrir.
Maudissant Granger qui avait sa baguette, il se dissimula le plus possible dans la pénombre, et jeta un rapide coup d'œil dans le hall.
La porte s'ouvrit soudainement et une masse sombre s'écroula sur le carrelage. Le battant de la porte, en plein courant d'air puisque les fenêtres donnant sur le parc étaient ouvertes, se referma violemment, heurtant de plein fouet la chose allongée sur le sol, qui poussa un gémissement tandis que le panneau de la porte se rouvrait dans un grincement strident, poussé par les vents extérieurs.
Drago retint un cri de terreur et ferma les yeux quelques secondes.
« L'effet de surprise, il peut être décisif lors d'un duel » lui avait-on appris lors de sa « formation » de mangemort qui n'avait jamais aboutie.
- Reste où tu es ! s'écria-t-il alors en appuyant sur l'interrupteur de la lumière. Merlin ! murmura-t-il alors.
- Mal…foy… hoqueta Granger.
Ce fut les seuls mots qu'elle prononça avant de tomber dans l'inconscience.
- Granger ! appela Drago.
Il savait très bien qu'elle ne lui répondrait pas, mais tant pis, il n'avait pas vraiment la tête à réfléchir à ce qu'il allait dire ! Il dévala les escaliers et s'agenouilla à ses côtés.
- Bon sang Granger, où est-ce que t'a été traîner ! pesta-t-il en la mettant sur le côté pour éviter tout étouffement.
La jeune femme se mit alors à cracher du sang. Drago commença sérieusement à paniquer. Il l'écarta prestement de la porte, qui se referma dans un bruit sourd dont l'écho se répercuta dans toute la pièce, avant de faire une analyse rapide de ses blessures.
Son visage était légèrement brûlé à de nombreux endroits, preuve qu'elle avait reçu un maléfice de Lashlabask en pleine tête. Son T-shirt, autrefois couleur miel, était maintenant gris de poussière et rouge de sang, calciné au niveau du ventre, laissant voir une belle brûlure. Son poignet gauche formait un angle étrange et Drago grimaça en constatant qu'elle avait le genou fracturé, ou quelques chose approchant. Une fine pellicule de sueur recouvrait son front brûlant de fièvre.
- Tu vas m'en vouloir jusqu'à ma mort, mais tant pis, ce n'est pas comme si j'avais le choix ! la prévint-il
Il passa alors délicatement ses bras sous elle, la souleva doucement et la cala comme il put contre lui, avant de la porter jusqu'à l'infirmerie, où il la déposa sur le lit blanc.
Il ouvrit alors tous les tiroirs et placard de la pièce pour en sortir bandages, compresses, et divers flacons de potion. N'ayant pas de baguette, il allait devoir utiliser les bonnes vieilles potions que lui avait enseignait le bon vieux Severus. Durant quelques secondes, le jeune Malfoy se demanda ce qu'était devenu son ancien professeur, mais un gémissement de la jeune femme qui reprenait douloureusement conscience lui fit se rappeler que ce n'était pas vraiment le moment de penser à ça.
Une fois qu'il eut trouvé à peu près tout ce dont il avait besoin, il s'activa à soigner les nombreuses blessures de la Gryffondor après lui avoir donné une potion anesthésiante _ du moins ce qu'il pensait être une potion anesthésiante. La brûlure qu'elle avait au ventre l'inquiétait tout particulièrement, et il ne savait pas comment s'y prendre avec son poignet cassé. Et il doutait sérieusement qu'un elfe de maison pourrait arranger la chose.
De fait, ne connaissant rien à la médecine moldue, il se contenta de lui faire avaler une potion qu'il supposait agir de telle sorte que les os brisés se ressouderaient, en plus d'une seconde pour amoindrir la douleur et enfin une troisième pour atténuer les brûlures.
Pendant que les potions agissaient, il essaya tant bien que mal de lui faire cracher le sang qu'elle avait dans la bouche pour ensuite rincer avec de l'eau claire, avant de lui couper son pantalon jusqu'au dessus du genou afin d'analyser la nature de sa blessure.
Drago retint une onomatopée de dégoût. Le genou de la Gryffondor n'était pas beau à voir. Enflé, violacé, il avait une forme bizarre due à la fracture toute récente.
A l'aide d'un linge humide, il retira précautionneusement les saletés, pour ensuite étaler un baume fait à base de plantes magiques sur le bleu afin qu'il disparaisse. Il enroula ensuite une bande autour de l'articulation, faute de mieux, et déboucha un énième flacon de potion qu'il fit avaler non sans mal à la jeune femme en lui relevant la tête.
Dix bonnes minutes plus tard, exténué, il sortit une couverture d'un placard, la déplia et la posa sur le corps de la Gryffondor. Puis, harassé, il regagna sa chambre où il s'écoula littéralement de fatigue sur son lit. Il dormait avant que sa tête eut touché l'oreiller.
- Drago !… Dray…. DRAGO ! hurla une voix, réveillant le jeune homme profondément endormi.
- Putain… grogna le Serpentard en se redressant. Mais qu'est-ce que tu fous là ? Et comment tu as fais pour entrer ? Il n'est pas censé garder la porte, l'autre gugusse armé ? s'écria-t-il.
Grégoire resta interdit quelques secondes et le dévisagea, s'inquiétant visiblement sur son état mental. Puis sa bonne humeur revint au galop.
- Hermione est rentrée ! Elle est à l'infirmerie ! crut-t-il lui apprendre joyeusement en bondissant sur son lit.
- Je sais ! répliqua Drago en se laissant retomber sur le matelas avant de recouvrir sa tête à l'aide de son oreiller.
- Comment ça tu sais ? s'étonna l'adolescent.
- Elle est rentrée cette nuit, répondit brièvement Drago en tirant la couverture sur sa tête en plus de l'oreiller. Maintenant tu me laisses dormir, je suis crevé !
- Mais tu ne peux pas dormir ! Hermione veut te voir ! s'indigna Grégoire en découvrant le jeune homme.
- Et ben elle attendra que je finisse ma nuit ! marmonna l'ancien vert et argent en lui tournant le dos.
Sans un mot, Grégoire descend du lit. Drago soupira : il avait Enfin compris ! Ce n'était pas trop tôt !
SPLASH !
- NON MAIS TU ES MALADE ! s'époumona l'héritier des Malfoy en se redressant vivement, le visage dégoulinant d'eau glacée.
- Hermione t'appelle, répéta Grégoire, impassible, un verre à présent vide à la main.
Drago le foudroya du regard, attrapa la serviette qu'il lui lança, enfila un T-shirt et daigna enfin descendre voir Granger tout en se séchant les cheveux et le visage en chemin. Le mioche le suivit.
Quand il entra dans la pièce, il fronça les sourcils en voyant Granger lui adresser un pâle sourire. La jeune femme avait une mine épouvantable. Blanche comme un linge, elle avait les yeux cernés et emplis de fatigue, et sa lèvre inférieure était légèrement bleuie. Son poignet était maintenue par une attelle, le temps que la potion finisse de faire effet. La Gryffondor s'était changée et même si son pantalon recouvrait ses jambes, le Serpentard devina les contours d'une seconde attelle autour de son genou.
- Mione ! s'écria Grégoire en se précipitant sur le lit à côté d'elle.
- Grég', je t'ai vu il y a à peine 10 minutes, soupira-t-elle gentiment en lui ébouriffant les cheveux.
- Je sais, mais je suis content que tu sois revenue ! sourit le môme en se blottissant contre elle, ronronnant presque.
- Tu nous laisses cinq minutes s'il te plait ? lui demanda-t-elle.
Il fit la moue, mais devant le regard insistant de la jeune femme, il céda et sortit de la pièce, non sans la prévenir qu'il reviendrait la voir bientôt. Une fois le gamin sorti, un silence s'installa. Drago resta, comme à son habitude, impassible. La jeune femme semblait gênée.
- Je voulais… commença-t-elle enfin après plusieurs secondes de silence. Je voulais, te remercier… pour hier soir.
- Je n'allais pas non plus te laisser agoniser au beau milieu du couloir ! répondit Drago, avec un tact emprunté pour l'occasion à Weasley.
La Gryffondor tiqua légèrement mais ne se démonta pas pour autant.
- Tu aurais pu le faire, et tu l'aurais fait, il y a quelques années, répliqua-t-elle doucement. Merci.
Drago ne dit rien, mais n'en pensa pas moins : elle disait vrai, certes, mais quelques années auparavant, il n'était pas obligé de se coltiner Weasmoche si elle n'était pas là, pas plus qu'il n'était sous sa totale dépendance pour une durée indéterminée !
- Et sinon, ça c'est bien passé avec Ron ? lui demanda-t-elle alors pour rompre le silence qui s'était de nouveau installé.
Le jeune Malfoy leva vivement les yeux vers elle et déglutit.
Difficilement.
Que répondre ? S'il se risquait à acquiescer, Weasley contredirait automatiquement et ça lui retomberait dessus tôt ou tard. Il n'allait pas non plus dire non, parce que ça lui tomberait dessus immédiatement !
- Mione ! s'écria alors une fillette en déboulant dans la pièce comme une furie.
- Hey Amy ! Comment ça va ma belle ?
- Très bien ! Je suis contente que tu sois revenue ! C'est nul depuis que tu es partie ! bouda la gamine. Ron et Drago se sont disputés dès le premier matin et…
Drago jura silencieusement. Quelle idiote cette gamine ! Elle aurait pu tenir sa langue ! Il allait en prendre plein la figure maintenant !
Il vit Granger froncer les sourcils.
- Comment ça ? Ron et Drago se sont disputés ? demanda-t-elle innocemment à la môme.
- Oui ! Ron s'apprêtait même à ramener Drago à Azkaban quand Arya s'est interposée ! Il a voulu la gifler, mais…
- Il a quoi ?
- Euh… il a voulu la gifler… répondit alors la fillette d'une petite voix, réalisant qu'elle aurait mieux fait de se taire. Mais il ne l'a pas fait ! s'empressa-t-elle d'ajouter. Arya lui a tordu le poignet avant qu'il ne la touche. Après, il n'est plus revenu et c'est Kazumi et Logan qui se sont occupés de nous !
Interdite, Granger resta coite un instant.
- Amy, tu peux aller jouer le temps que je parle à Malfoy ? Oh et, tu ne dis pas à Ron que je sais pour la presque-gifle, ok ?
- …Ok, approuva-t-elle en sortant, rougissant lorsque Drago lui lança un regard noir.
- J'attends ! déclara alors la Gryffondor d'un ton ferme en vrillant son regard à celui de l'homme qui se tenait face à elle.
Drago déglutit difficilement.
- Et bien… euh… en faite… c'est… euh… je… bégaya-t-il piteusement.
- J'attends ! répéta-t-elle en haussant la voix.
Re Glups.
- Tu ne devrais pas t'énerver autant, c'est mauvais quand… essaya-t-il, dans une vaine tentative pour changer de sujet.
- Je m'y connais un minimum en médicomagie, Malfoy, je sais parfaitement ce qui est… s'écria-t-elle.
Elle fut alors prise d'un vertige est se vit obligée de se laisser aller un peu plus sur le lit pour ne pas tomber. Drago secoua désespérément la tête :
« Je m'y connais un minimum en médicomagie, Malfoy ! » la singea-t-il ironiquement à voix basse.
- On en reparlera plus tard, lui dit-t-elle alors. J'ai besoin de calme.
Il ne se fit pas prier et s'empressa de sortir de la pièce sans demander son reste.
- Hermione ! s'exclama Ron alors que Drago s'apprêtait à descendre dans le hall.
Le blond se figea sur le palier et risqua un coup d'œil en bas, à la fois stupéfait et horrifié. Mais qu'est-ce que Weasley foutait là ? Il avait déserté ces cinq derniers jours, les laissant, lui et Logan, responsables de 32 adolescents, dont une en fuite, et il fallait qu'il se pointe le jour où Granger rentrait ! Si ce n'était pas du fait exprès !
Le Serpentard remonta jusqu'à la mezzanine pour ne pas être aperçu, et attendit, espérant que Weasley allait enfin recevoir la monnaie de sa pièce.
- Apolline m'a appelé pour me dire que tu étais revenue, apprit le rouquin à Granger qui lui rendit son étreinte, un sourire aux lèvres. Merlin, tu as une tête à faire peur ! remarqua-t-il alors. Que t'est-il arrivée ? La mission ne devait pas durer une semaine ?
- Si, mais ça a légèrement dérapé. Mais je vais bien, ne t'inquiète pas.
- Tant mieux ! soupira le rouquin, visiblement soulagé.
Drago eut un regard méprisant pour le jeune Weasley. Quel naïf il faisait ! Quand on voyait la pâleur de Granger et les cernes sous ses yeux, on devinait tout de suite qu'elle n'était pas en forme !
- Sinon, comment ça c'est passé avec les enfants ? lui demanda alors Hermione.
Un nouveau sourire en coin fleurit sur les lèvres du Serpentard : il avait bien cru qu'il ne s'amuserait jamais !
Mal à l'aise, le rouquin commença à se balancer d'un pied sur l'autre tout en rougissant.
- Oh euh… très bien, ils ont été adorables !
Drago retint un hoquet d'indignation. Quel culot ! Mais quel culot il avait, ce Weasmoche de pacotille ! Même lui n'avait pas menti quand elle lui avait posé la question ! Il n'avait rien répondu, certes, mais au moins, on ne pouvait pas l'accuser de mentir !
- Tant mieux, tant mieux, répondit la jeune femme en souriant. Malfoy n'a pas été trop insupportable ? s'enquit-elle.
- Oh si, tu le connais. Il n'a pas arrêté une minute ! Je ne comprends même pas pourquoi Uitiosus a autorisé sa réinsertion ! Certainement pour s'en débarrasser ! mentit encore le Gryffondor en y mettant tant de conviction que, si Hermione n'avait pas été au courant pour son absence et la presque-gifle, elle l'aurait certainement cru, ce qui ne fit qu'augmenter son énervement.
Mais ce n'était pas le bon moment. Pas encore du moins.
- Oui, bien-sûr, approuva-t-elle, ignorant qu'à cet instant, le visage d'un certain blond se décomposait. Heureusement pour lui qu'il dépend de moi et non de toi, sinon je suppose qu'il serait déjà retourné à Azkaban ! remarqua-t-elle en souriant, l'air de rien.
- Hein… quoi mais… qu'est-ce tu insinues par là ? paniqua Ron, devenant aussi rouge que le blason de son ancienne maison à Poudlard.
Drago eut un sourire narquois : Weasley était-il devenu plus intelligent avec le temps, pour réussir à comprendre un sous-entendu ? C'était bien possible !
- Moi ? Mais rien, pourquoi ? fit mine de s'étonner Hermione en souriant, puis changeant d'expression, elle continua. Tu ne me cacherais pas quelque chose par hasard ?
- Je n'oserais jamais ! répondit le rouquin un peu trop vite. Enfin, je veux dire… tu me connais, jamais je ne te mentirai.
- Ah ! Donc ce n'est pas toi qui t'apprêtais à ramener Malfoy à Azkaban dès mon premier jour d'absence ? attaqua-t-elle alors sur un tout autre ton.
- Mais… que… je… comment tu sais ? lui demanda-t-il d'une voix horrifiée.
- Et ce n'est pas toi non plus qui a voulu gifler Arya car elle ne voulait pas que tu te conduises comme un monstre ? continua le jeune femme, ignorant sa question, sa voix s'intensifiant à chaque mot.
Ron écarquilla les yeux, alors qu'un sourire sadique apparaissait sur les lèvres de Drago, dont les yeux s'animèrent soudain d'une lueur de folie.
- Hermione, je suis désolé, je ne voulais pas ! couina alors le rouquin, avouant ainsi la faute.
Un soupir dégouté échappa au Serpentard. Il n'allait tout de même pas pleurer, si ? Il était tant qu'il comprenne que ce n'était plus de son âge.
- Tu ne voulais peut-être pas, mais tu l'as fait quand même ! s'énerva Hermione. Alors tes excuses, tu les feras à Arya et à Malfoy, pas à moi ! trancha-t-elle en s'éloignant pour se rendre à son bureau.
- Quoi ? Mais enfin Hermione, tu n'y penses pas ! Arya m'a presque brisé le poignet ! C'est plutôt à elle de m'en faire, des excuses ! Quant à faire des excuses à Malfoy ! C'est lui le fautif dans l'histoire, pas moi ! Et puis, je ne vais pas me rabaisser à faire des excuses à un prisonn…
- RON ! rugit alors la Gryffondor, faisant sursauter Drago en même temps. Même s'il est en réinsertion, Malfoy reste un humain comme toi et moi et a droit au respect !
Drago en resta indécis. Moins d'une semaine auparavant, Granger ne s'était pas gênée pour lui faire clairement comprendre que pour elle, il n'était qu'un dangereux individu cinglé à qui elle ne confierait jamais ses gamins, et maintenant, elle le défendait ! Il aurait décidément tout entendu !
Quoique, ça faisait quand même deux fois qu'elle disait haut et fort qu'il était un humain comme tout le monde… Et bizarrement, une partie de lui espérait ardemment qu'elle soit sincère lorsqu'elle disait cela.
- Parce qu'il en avait lui peut-être, du respect pour nous, lorsque nous étions à Poudlard ? rétorqua alors Weasley, qui commençait à s'énerver lui aussi.
- Ce temps est révolu Ron, c'est du passé ! Comment peux-tu insinuer qu'un homme, quel qu'il soit, ne mérite pas le respect car il vient d'Azkaban ! COMMENT AS-TU PUS OUBLIER SIRIUS ! s'époumona-t-elle alors.
Le Serpentard afficha un air clairement surpris. Durant les deux années suivant l'évasion de Black, ses parents et sa chère tante Bellatrix avaient mentionné son nom et tous les surnoms dérivés de sa forme d'animagus. Drago avait parfois entendu « parrain » et « Potter » dans la même phrase, c'est pourquoi il avait nargué Harry avec ça en début de 5ème année. Mais jamais il n'aurait imaginé que le grand évadé était réellement lié avec Potter, et encore moins que Weasley et Granger l'aimaient bien ! D'ailleurs, cette dernière y semblait très attachée, étant donné l'ampleur de son irritation !
Dans le hall, les deux Gryffondor avaient encore monté d'un ton et hurlaient presque à présent.
- Sirius n'était pas comme Malfoy ! vociférait le rouquin, vexé qu'elle l'accuse d'une chose pareille.
- On ne l'a su que lorsqu'il t'a emmené dans la cabane hurlante !
Drago manqua de défaillir en entendant cela. Ces trois imbéciles avaient été dans la cabane hurlante avec Black ! Ce n'était même plus du courage à ce point là, c'était du suicide à l'état pur ! Un éclair de raison lui fit remarquer que Black n'aurait jamais fait de mal à son filleul, mais la partie de l'esprit du jeune homme touchée par sa folie répliqua que Black était fou, et que Drago était bien placé pour certifier que lorsqu'on était fou, on pouvait dire n'importe quoi. De fait, l'héritier des Malfoy était en ce moment même entrain de se dire que Granger n'était pas aussi exécrable que cela, puisqu'elle le défendait Et gueulait sur son meilleur ami adoré à cause de lui !
Soudain, la jeune femme vacilla dangereusement et se rattrapa de justesse au mur.
- Hermione ? s'inquiéta Ron, que la colère semblait avoir quitté dès qu'il avait vu que sa meilleure amie chancelait. Ca ne va pas ?
Drago soupira une énième fois. Merlin qu'il pouvait être perspicace ! Ca crevait les yeux qu'elle n'allait pas bien ! Et bien évidemment, dégourdi comme il l'était, ça ne lui venait pas à l'idée de l'aider à s'asseoir sur l'un des fauteuils du hall.
Non, ça ne vint pas à l'esprit de Ron. Tremblante comme une feuille, Hermione traversa le hall et se dirigea à pas lents vers le salon.
- J'ai besoin de calme Ron, dit-elle doucement.
- Ouais… je comprends, lui répondit celui-ci au plus grand étonnement du blondinet.
« Une once d'intelligence commencerait-elle à percer dans le débarras qu'est l'esprit de Weasley ? … » pensa-t-il narquoisement.
- Je repasserai demain.
"… ah ben non. »
- Non, ça ira. Maintenant que je suis revenue, je m'occuperai des gamins.
- Tu es sûre ? Tu ne préfères pas que je vienne ? insista Weasmoche.
- Ils ont réussi à se passer de toi pendant cinq jours, lui rappela-t-elle, acide. Et puis, je pense que ta petite amie apprécierait que tu t'occupes un peu d'elle aussi.
- Ah, oui…
Le « plop » propre au transplanage lui indiqua que Weslay était parti. Il jeta un bref coup d'œil en direction du salon et descendit jusque dans le hall pour se diriger vers la véranda. Il irait voir Granger plus tard. Il n'avait pas envie qu'elle comprenne qu'il avait suivi toute la conversation.
Alors qu'il s'installait tranquillement à une table pour dîner après une journée passée à flemmarder dans le parc, les portes de la salle à manger s'ouvrirent sur Granger, qui semblait encore plus faible que le matin même.
Elle emplit une assiette de paella et se laissa tomber sur une chaise, à côté de Logan, qu'elle entreprit. Le Serpentard, remarquant qu'elle fronçait les sourcils, eut une pensée pour Arya qui allait certainement se prendre un sacré savon elle aussi. Même si ça ne la préoccuperait certainement pas plus que ça.
- Salut Drago ! s'exclama joyeusement la voix de Grégoire, faisant grimacer l'interpellé.
- Mais tu ne peux pas me laisser tranquille ne serait-ce qu'un jour ! pesta-t-il.
- Non ! Et puis, je voulais te demander quelque chose.
- Je te préviens, je n'irais pas voler avec toi et je ne jouerais à Marie Aux Cartes, c'est clair ? Ce n'est pas parce que tu as dormi avec moi l'autre nuit que je vous pardonne les nuits de jeu à mon insu, à toi et ton frère, vu ?
L'adolescent hocha lentement la tête tout en s'installant.
- Salut p'tit gars ! lancèrent joyeusement John, Alec et Marvin en posant leurs plateaux sur la table. Salut Drago ! le saluèrent les deux derniers.
Le Serpentard posa ses couverts et se prit la tête entre les mains. Pourquoi, par la barbe de Merlin, tout le monde venait manger avec lui ? Son statut d'ancien mangemort, actuel prisonnier d'Azkaban en réinsertion aurait du les faire fuir à des kilomètres, pas les attirer comme des mouches !
- Dis Dray, commença alors Grégoire, est-ce que tu sais pourquoi Hermione semble si… si…
- Pourquoi elle n'a pas l'air dans son assiette, finit Alec, venant au secours de son cadet qui avait visiblement des lacunes en vocabulaire.
- Oui, c'est vrai ça ! renchérit Marvin. Depuis ce matin, elle est pâle comme un linge !
- D'ailleurs, comment se fait-il qu'elle soit revenue si tôt ? Non pas que ça me dérange, mais elle nous avait dit une semaine, et jamais, ô grand Jamais, Hermione ne rentrerait de mission plus tôt ! continua John. Elle veut absolument prouver à Josh qu'elle peut concilier son travail avec nous.
- Alors ? lui demandèrent-ils tous les quatre en même temps.
Drago soupira d'exaspération. Il n'allait tout de même pas leur dire qu'elle était rentrée cette nuit en tenant à peine debout, avec une belle brûlure, un poignet cassé et un genou fracturé tout de même !
- Je n'en sais pas plus que vous, répondit-il vaguement.
Ce qui était une demi-vérité, puisqu'il ne savait pas les raisons exactes de son soudain retour.
- Ah, dommage, soupira Grégoire en lançant un regard inquiet en direction de Granger.
- Ne t'inquiète pas va, demain elle sera certainement sur pieds ! Tu n'as pas idée de combien elle peut être tenace, ta Granger adorée, le rassura Drago sans vraiment prendre conscience de ce qu'il faisait.
Le jeune garçon lui fit un sourire et retourna à son assiette, qu'il se dépêcha de vider.
- Tu es sûr que tu ne veux pas faire une partie de Mariokart ? lui demanda-t-il alors avec des yeux de chiots.
- Certain ! lui assura Drago alors que les trois autres adolescents commençaient à rire devant l'air dépité qu'affichait Grégoire.
- Hey Marvin ! Regarde qui voilà ! souffla alors John en se tournant d'un même mouvement vers la porte de la pièce.
Arya et Yumi venaient d'entrer. Cette dernière parlait joyeusement, ne semblant pas s'apercevoir que son amie ne l'écoutait pas, se contentant de la suivre, l'air morose. Elles allèrent s'asseoir à une table après s'être préparée une assiette chacune.
- Dray, Grég', désolé mais on va devoir vous laisser, s'excusa Marvin en se levant.
- Oui, nous avons… des choses à faire, expliqua brièvement John, ne pouvant dissimuler un sourire en coin.
- Oh non, vous n'allez pas recommencer ! se lamenta Alec
Ses deux amis lui lancèrent un regard faussement désolé et sans plus attendre, allèrent s'inviter à la table des filles. Ils adoraient charrier la rouquine ! D'ailleurs, à en voir l'air furieux de cette dernière, elle ne les portait pas dans son cœur. Yumi sourit en les voyant arriver et ne protesta pas lorsque Marvin s'assit à ses côtés.
Poussant un soupir à fendre l'âme, Alec se leva, salua l'attablée et alla les rejoindre.
- Grég', tu fais un tournoi de Susper Smash Brosh Melee ce soir ? s'écrièrent alors deux gamins d'une dizaine d'année en accourant vers la table où ils étaient assis.
- Oh ouais ! Bon ben à plus Drago !
Il n'eut pas le temps de répondre qu'il était déjà sorti. Décidément, jamais il ne comprendrait le plaisir que lui et les jeunes de son âge éprouvaient à jouer à ces jeux débiles !
Il laissa sa fourchette en suspend quand il aperçut Granger sortir de la salle, une main sur le front. Intrigué, Drago finit par mettre son coup de barre apparent sur le contre coup. Après tout, elle s'était quand même faite bien amochée.
Deux jours plus tard, dans le manoir construit par l'héroïne de guerre, Hermione Granger, quatre ans plus tôt, dans le couloir du deuxième étage où étaient situés les dortoirs des garçons, il régnait un grand et joyeux brouhaha. Les plus jeunes s'activaient en tous sens en parlant gaiement, les plus vieux les regardaient courir dans les couloirs avec un air désespéré, et les autres passaient d'une chambre à l'autre afin de se mettre d'accord sur Le projet du jour.
La porte située au fond du premier couloir s'ouvrit alors violemment.
- Ce n'est pas bientôt fini ce raffut ! tonna une voix furieuse.
Le silence tomba et tous les visages se tournèrent vers l'homme à qui appartenait la voix. Grand et très mince, il se tenait sur le pas de la porte de sa chambre, les traits déformés par l'agacement. Ses cheveux blond platine étaient en bataille et retombaient en mèches désordonnées sur ses yeux orageux étincelants. Vêtu d'un unique pantalon de pyjama, il venait vraisemblablement de se lever.
- Merci ! souffla-t-il avec humeur.
Alors qu'il s'apprêtait à fermer la porte, une petite voix s'éleva, dominant celle des autres enfants, qui avaient déjà recommencé à parler en prenant cependant soin de chuchoter. Ils n'étaient pas suicidaires au point de s'attirer les foudres du Serpentard.
- Mais Drago, aujourd'hui on va au cinéma ! intervint Grégoire.
- Au quoi ?
- Au cinéma. Tu sais, c'est là qu'on va voir les films qui viennent de sortir !
- Oui ben ça va, traite moi d'inculte pendant que tu y es ! marmonna le jeune homme avant de fermer sa porte pour aller prendre une douche, sachant qu'il n'arriverait pas à se rendormir.
Il était furieux ! Premièrement, il avait été réveillé alors qu'il était plongé dans un doux rêve dont il ne se rappelait malheureusement déjà plus, et deuxièmement, on lui expliquait tout comme s'il était un gamin !
D'ailleurs, qu'est-ce que c'était, au juste, un film ? Il l'ignorait. Evidemment, il n'allait pas dire à ce gamin qu'il ne savait pas ce que c'était. Il avait déjà compris que le Serpentard ignorait ce qu'était un cinéma, ce n'était pas pour en rajouter !
Une fois prêt, Drago descendit prendre son petit déjeuner et s'installa Seul à une table pour manger tranquillement.
- Coucou ! le salua Yumi, accompagnée d'une autre fille plus âgée inconnue de Drago. Comment ça va ?
- Aussi bien que quelqu'un qui vient de se faire réveiller par des puces surexcitées ! grommela-t-il, exaspéré qu'on vienne toujours le déranger.
- Ah, je vois. Oui, les garçons sont toujours débordant d'énergie quand on va au cinéma, sourit la jeune japonaise. A ce propos, tu viens avec nous ?
- Et puis quoi encore ? rétorqua-t-il.
- Tu ne viens pas, mais pourquoi ? l'interrogea Marvin.
Drago se retourna vivement pour voir Alec et Marvin le regarder avec des yeux interrogateurs. A côté d'eux, John, assis sur sa chaise comme dans un fauteuil, braqua sur l'héritier Malfoy un regard inquisiteur et froid.
Si Drago ignorait pourquoi l'adolescent le détestait autant, il n'avait cependant jamais cherché à le savoir non plus. Au contraire, ça l'arrangeait bien.
- Parce que ça ne m'intéresse pas ! répondit-il.
- Dis plutôt que tu ne sais pas en quoi consiste le cinoch' ! répliqua John d'une voix narquoise.
- Bien-sûr que si je sais ! répondit le Serpentard en faisant un geste méprisant de la main. C'est là que passent les films qui viennent de sortir.
Heureusement que Grégoire le lui avait dit quelques minutes plus tôt. Drago se promit de faire une partie de « Marie Aux Cartes » avec lui pour le remercier… avant de se dire que ce n'était que la monnaie de la pièce qui lui était rendue, après tout, il avait accepté de dormir avec lui ! Il était logique qu'il l'aide en retour !
- Et tu sais ce qu'est un film, n'est-ce pas ?
Drago toisa John quelques secondes, mais l'adolescent soutint son regard, un sourire insolent sur les lèvres. Si le jeune Malfoy ne lui vouait pas encore une haine égale à celle qu'il avait pour Potter et Weasley, ça n'allait pas tarder ! Surtout qu'il avait visiblement tout pour lui, cet ado ! Raison de plus pour le détester ! Il lui renvoyait à la figure tout ce qu'il avait été à Poudlard, et qu'il n'était plus désormais.
Drago n'avait cependant pas tord. Dans le classement des meilleurs coups de Poudlard qui était remis à jour tous les ans par les « groupies de l'école » comme appelait Arya les filles superficielles du château, John était dans les dix premiers, tout comme Marvin et Alec, d'ailleurs. Et son regard charmeur sur lequel retombaient quelques mèches blondes n'y était pas pour rien.
- Laisse-le tranquille, John ! vint à son secours Yumi.
- Vos désirs sont pour moi des ordres, lui répondit le concerné d'un ton solennel en inclinant légèrement la tête _ quelques mèches blondes lui tombant devant les yeux par la même occasion _ comme le ferait un chevalier devant une reine. Les amies de mes amies sont mes amies. Arya ne t'accompagne pas aujourd'hui ?
A côté de lui, Marvin et Alec pouffèrent, bientôt rejoins par leur meilleur ami. En face de Drago, Yumi secoua la tête en tentant de retenir un sourire. Ayant fini son petit déjeuner, la brune se leva et sortit de la pièce, suivie par son amie.
Alors qu'il croquait à pleine dents dans son croissant, le Serpentard leva les yeux pour voir Granger entrer. Elle semblait chercher quelqu'un. Du moment que ce n'était pas lui, tout allait bien !
Tout n'allait pas bien. Drago était effectivement la personne qu'elle cherchait, aussi se dirigea-t-elle vers sa table. Elle tira une chaise et se laissa carrément tomber dessus. Ses yeux, encore plus cernés que la veille, n'échappèrent pas à Drago, contrairement à la réplique qu'il lui lança.
- Dis Granger, la nuit c'est fait pour dormir, tu sais ?
- Bonjour à toi aussi, rétorqua-t-elle. Merci pour cette remarque au combien enrichissante dont je me serais merveilleusement bien passée, cingla-t-elle avant de changer de sujet. Aujourd'hui les enfants vont au cinéma, je sais que tu ignores ce que…
- Je sais ce que sais ! la coupa-t-il, fier de pouvoir lui monter qu'il s'y connaissait en moldus _ même s'il n'y avait pas vraiment de quoi l'être, songea-t-il. C'est là que passent les films qui viennent de sortir !
La Gryffondor arqua un sourcil et le regarda d'un air étonné. Devant l'insistance de son regard, le jeune homme se vit obliger d'avouer de mauvaise foi :
- Grégoire me l'a dit ce matin.
La jeune femme sourit avant de reprendre.
- Ca te dirait d'y aller aussi ?
- Sans façon !
- Ca te changerait les idées, lui fit-elle remarquer.
- …
- Bon, comme tu voudras, je ne peux pas te forcer. Après tout, tu ne fais pas une réinsertion dans le monde moldu, alors…. Logan comptait venir de toute façon, il m'aidera à surveiller les enfants. Bon, et bien, à plus tard.
- Attends une seconde, la rappela-t-il alors qu'elle se levait. Vous allez être deux pour surveiller 30 gamins ?
- Oui, pourquoi ? demanda-t-elle avec un ton légèrement agressif.
- Mais tu n'arriveras jamais à tenir 15 gamins toute seule !
- Et pourquoi ça ? s'enflamma-t-elle aussitôt.
- Tu n'es pas en forme Granger, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué ! lui rappela-t-il.
- Je vais très bien Malfoy ! Alors arrête de faire semblant de t'inquiéter de mon état de santé, parce que ça devient lourd à la fin ! s'énerva-t-elle. Sans compter que tu peux t'estimer heureux que je ne revienne pas sur ce qui s'est passé avec Ron dimanche !
Et sur ce, elle s'en alla rejoindre Logan, qui l'appelait depuis le pas de la porte.
- Okay ! Très bien ! s'exclama Drago pour lui-même, exaspéré. Et bha débrouille-toi avec tes gamins et vient pas te plaindre après s'il t'arrive quelque chose !
Il finit son petit déjeuné en vitesse et se leva.
- Dis Dray, tu vas vraiment la laisser partir et s'occuper de la moitié d'entre nous toute une après-midi ? demanda alors Andrew, que l'héritier Malfoy n'avait pas vu arriver, en s'arrêtant sur son côté droit.
- Même si elle nous dit le contraire, on voit très bien qu'elle n'est pas au meilleur de sa forme, murmura Grégoire, que Drago n'avait pas non plus entendu arriver, en appuyant sa tête sur son bras gauche
Ils levèrent les yeux vers lui et il les regarda tout à tour, avant de soupirer profondément. Ces deux là allaient finir par le tuer !
Ils le lui paieraient ! Foi de Malfoy !
Oswestry était une petite ville relativement calme puisque ne comptant qu'un peu plus de 15 000 habitants. Le cinéma se situait non loin du centre-ville, sur les rives d'un large canal. En cette période où les températures étaient presque insoutenables, de nombreux habitants venaient se réfugier dans les vastes salles climatisées du bâtiment, en profitant pour regarder les dernières œuvres cinématographies sorties. Ou l'inverse, selon les priorités.
Du poteau contre lequel Drago était nonchalamment adossé, il vit Granger pousser la porte d'entrée du cinéma moldu avant d'y faire entrer sa horde de gamins, qui, même s'ils en avaient parlé toute la matinée, continuaient encore et encore à jacasser à propos de leurs stupides films à la noix !
Un couple passa devant lui et le Serpentard les suivit afin de passer incognito devant la Gryffondor. Quoique avec l'accoutrement qu'il portait, il aurait pu parader devant elle sans qu'elle ne le reconnaisse.
Il se vengerait ! Foi de Malfoy !
Les deux jeunes gens qui le précédaient s'arrêtèrent un instant pour s'embrasser passionnément et Drago se figea une seconde en déglutissant. Ses entrailles se nouèrent douloureusement pour une raison obscure et il préféra se détourner, mal à l'aise. S'efforçant d'oublier les sept années d'abstinence qu'il venait de traverser, il dépassa le couple et gagna le hall du bâtiment.
- Bon alors, les groupes sont fait ? Vous êtes tous tombés d'accord ? demandait la Gryffondor à ses mômes après avoir donné une liasse de tickets à la femme qui siégeait aux guichets.
- Oui… s'écrièrent les plus jeunes sous les regards exaspérés de leurs aînés _ et sous celui de Drago, par la même occasion.
- Bon alors vous connaissez les « règles », vous allez dans la salle de votre film et nul part ailleurs, et si vous sortez avant les autres, vous attendez dans le hall. Je ne veux voir personne dehors, c'est bien compris !
- Oui, on peut y aller maintenant ? s'impatienta un mioche à l'air farouche.
- Oui, allez-y, leur sourit Hermione en secouant légèrement la tête d'un air désespéré.
Drago, moqueur, nota qu'elle avait apparemment l'habitude de parler dans le vent.
- Génial, le déguisement ! souffla une voix derrière le Serpentard.
Il sursauta et se retourna vivement, paniqué à l'idée d'avoir été découvert. Il soupira de soulagement en découvrant Arya. Il ne l'avait même pas entendue arriver.
- Tu ne dis rien à Granger, hein ? s'enquit-il.
- Ce n'était pas dans mes intentions. Même si je ne comprends pas pourquoi tu ne lui as pas dit officiellement que tu venais. Je vais finir par croire que tu adores te mettre dans des situations délicates !
- Alors, tu vas voir quel... film ? demanda Drago, préférant changer de sujet.
Il sut qu'elle avait compris son intention au sourire narquois qui vint naître sur ses lèvres, même si elle s'abstint de tout commentaire.
- Je ne sais pas, j'ai pas encore décidé.
- Pas aussi enthousiaste que les autres à venir ici, on dirait, remarqua-t-il.
Le visage de la jeune fille s'assombrit.
- Tu n'imagines même pas à quel point !
- C'est si nul que ça ?
- Non. Mais je préfère venir seule, et pas avec tout la maison ! Ce n'est pas ce qu'il y a de plus discret ! marmonna-t-elle.
Drago lui jeta un coup d'œil moqueur.
- Logan, tu viens avec nous, on va voir Terminator ? demanda Alec à quelques pas d'eux.
- J'espère pour toi qu'il est bien, je n'ai pas envie de passer deux heures à regarder les mouches voler !
- Mais oui t'inquiètes ! On a regardé sur Internet, il est génial d'après les critiques ! lui assura Marvin.
- Mione, tu viens aussi ?
- Si Logan y va, ma foi, pourquoi pas ? accepta-t-elle avec un sourire.
Le petit groupe s'enfonça dans un des couloirs en papotant joyeusement. Arya les suivit du regard puis quitta l'appui que lui fournissait le pilier contre lequel elle s'était adossée.
- Bon, et ben, à plus tard. Je suppose qu'Andrew et Grégoire sont de mèche avec toi ?
- Evidemment, soupira le jeune homme.
- Evidemment. Le contraire m'aurait étonnée. Tu me diras si le film était bien, lança-t-elle en s'engageant à son tour dans le couloir.
- Mais… je ne vais pas voir de film moi, murmura Drago en la regardant s'éloigner.
Alors que deux autres filles disparaissaient à l'angle du couloir gauche, le Serpentard vit ses deux petits cons détestés revenir sur leurs pas par le couloir droit. La femme des guichets s'apprêtait à dire quelque chose, mais ils plaquèrent leur index sur leur bouche d'un même geste pour lui faire comprendre qu'elle devait se taire. Elle fronça les sourcils avant de sourire.
- Tu assures grave James ! s'exclama alors joyeusement Grégoire.
- James ? C'est quoi ce nom débile, je m'appelle…
- Chuuuuut ! le coupa Andrew en prenant un air réprobateur. C'est ton nom d'espion, il ne faut pas que quelqu'un sache qui tu es, sinon c'est foutu ! Enfin, Maxence est au courant. Il nous attend dans la salle, il garde nos places.
- Mais par les glandes de Merlin, où avez-vous été chercher une idée pareille ! Sans parler du nom ! Merde alors, vous êtes fans de Potter ou quoi ? tempêta Drago.
- On l'a trouvé dans James Bond bien sûr ! lui répondit Grégoire comme s'il s'agissait d'une évidence.
- Tu sais, l'agent double 007 ! renchérit Andrew. Tada tada… tadadadadam…
- Oui c'est bon j'ai compris ! le coupa Drago avec humeur. Et il est sapé comme ça, votre James Bond ? railla-t-il alors.
- Euh… non, pas vraiment. Il est plus souvent en costume, admit Grégoire.
- Pourquoi ? s'étonna Andrew.
- Parce que je me sens Ridicule dans ces habits de clown ! s'écria le Serpentard d'une voix hystérique, ayant presque envie de pleurer de désespoir.
- Mais tu es très bien là-dedans ! le contredit Grégoire en fronçant les sourcils.
- Ben oui, je ne vois pas en quoi tu trouves un baggy délavé en jean et un Sweet à capuche blanc et rose dérangeant. Les converses sont assortis en plus !
- Et puis on s'est donné un mal fou pour les prendre dans l'armoire de Kévin !
- Mais je me fiche totalement de ça ! Un Malfoy ne peut pas porter des fringues moldues ! C 'est contraire à ses principes ! s'énerva le jeune homme. On dirait que j'ai chier dans ce putain de pantalon ! C'est horrible ! Et ce truc à la con avec une visière, ça sert à quoi exactement ? Et puis ces lunettes à travers lesquelles on y voit que dal !
- Ta casquette ? Ben à ne pas qu'on te reconnaisse ! lui répondit Andrew. Et les lunettes de soleil aussi !
- Ben oui, on ne peut pas dire que tu te fondes dans le décor avec tes cheveux blancs ! lui fit remarquer Grégoire.
Drago le fusilla du regard et il se tut aussitôt.
- Bon, maintenant que t'a fini de râler, faudrait peut-être y aller non ? proposa Andrew.
- Parce que je vais devoir assister à votre film à la con ?
- A moins que tu ne veuilles rester trois heures assis ici à ne rien faire,
- Ce qui paraîtrait fort suspect,
- Et qui entacherait ton si bon début de mission,
- Alors non, tu n'es pas obligé, terminèrent-ils d'une même voix.
- Sans compter que James Bond fait toujours tout pour paraître le moins suspect possible ! rajouta Andrew.
Drago eut un rire amer.
- C'est sûr qu'un Malfoy dans un cinéma moldu en train de regarder un film moldu, portant des habits moldus et avec deux demi-portions dans votre genre, ce n'est pas suspect !
Aucun des deux garçons ne lui répondit. Ils étaient déjà partis
Le Serpentard soupira de désespoir, se promit une fois de plus de se venger, et rattrapa les deux gamins qui le menèrent dans une grande pièce sombre emplie de fauteuils rouges _ qui le firent désagréablement penser aux couleurs de Gryffondor _ alignés face à un grand panneau blanc qui recouvrait tout un pan du mur.
Le jeune Malfoy esquissa un rictus méprisant. Alors c'était ça, une salle de cinéma ? Il comprenait encore moins pourquoi ils étaient si excités à l'idée d'y venir, ces andouilles !
Les deux gamins le traînèrent presque jusqu'au fond de la salle où ils se laissèrent tomber sur des sièges et sortirent un paquet de bonbons moldus chacun, qu'ils commencèrent à vider de leur contenu. Maxence, à côté d'Andrew, faisait de même.
Et pendant dix minutes, ils ne firent rien , mais alors, absolument rien ! Si bien que Drago commençait sérieusement à s'ennuyer.
- Ca consiste en ça, votre cinéma ? A ne rien faire pendant trois heures ? demanda-t-il.
- Mais non, rhooo ! Le film commence à 13h45, et il est 40, c'est dans cinq minutes ! lui apprit Grégoire. Un pimousse ?
Drago lorgna le bonbon difforme bleu vif et plein de sucre avant de le prendre entre deux doigts. Sous les rires des trois garçons, il examina attentivement la chose sous toutes les coutures pour finalement le mettre dans sa bouche.
…
Il se mit alors à tousser en se donnant de petits coups au niveau de l'œsophage, s'attirant les regards noirs d'autres personnes assises un peu plus loin. L'écran était pourtant toujours blanc.
- Drago, ça va ? s'inquiéta Andrew en riant.
Pas si inquiet que ça, en fin de compte.
- Putain, c'est quoi ce truc ! Ca arrache ! hoqueta le jeune Malfoy
- C'est ça qui est bien dans les pimousses ! C'est trop bon, et ça pique un max ! s'exclama gaiement Grégoire en enfournant deux bonbons dans sa bouche.
- Ca y est, ça commence ! s'écria alors une gamine dans la salle.
Le panneau blanc accolé au mur en face d'eux s'alluma soudain, illuminant subitement la pièce qui était jusque là plongée dans le noir. Drago grimaça : Merlin que ça faisait mal aux yeux !
- C'est la bande annonce de Taxi 3 ! s'exclama Maxence à côté de lui.
- Faut trop qu'on aille le voir ! renchérit Andrew avant d'éclater de rire en voyant un homme tomber du haut d'un toit dans une poubelle.
« Moué, ce n'est pas si marrant que ça, c'est ennuyant même. » pensa tristement Drago.
En désespoir d'occupation, il piocha un bonbon dans le paquet d'Andrew et constata avec bonheur qu'il n'était pas recouvert de sucre comme les pimousses de son frère. Il le mâchonna lentement en prenant son temps. Ce n'était pas si mauvais que ça, en fin de compte, c'était bon même.
- C'est quoi ça, comme bonbons ? demanda-t-il à voix basse.
- Des Dragibus, lui répondit Andrew avant de se concentrer sur ce qui est apparemment la bande annonce d'un film nommé Frère des Ours.
Après quelques minutes supplémentaires à attendre, le film que les deux frères étaient venus voir, ainsi que Drago, par la même occasion, commença enfin.
Le début était un peu plat, d'après le Serpentard. Deux mecs qui péchaient dans une barque, un qui tombait à l'eau, le grand classique ! Un soupir lui échappa. Les deux protagonistes étaient entrain de se battre pour un stupide anneau doré avec des hiéroglyphes !
Le jeune homme écarquilla les yeux de surprise en voyant celui qui avait trouvé l'anneau se faire tuer par son compagnon. C'était barbare comme film ! Ca aurait du être interdit aux gosses ! S'il avait été responsable des trois gringalets qui étaient à ses côtés, il leur aurait défendu de regarder ça !
Le décor changea soudain, laissant voir un petit homme bien gras dormir sur une pierre et un autre…
« Ben mince, comment l'anneau est arrivé autour de son cou ? » se demanda curieusement Drago en piochant un énième bonbon dans le sac d'Andrew.
- James, tu viens ? appela Grégoire en se levant.
- …
- James ! … JAMES !
Drago sursauta. Il avait complètement oublié qu'il avait le même prénom que le père de Potter pour une après-midi !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est fini, lui dit l'adolescent en le tirant par le bras.
Le jeune Malfoy comprit alors pourquoi les lumières s'étaient rallumées.
Le film ne lui avait pas plu ! Il n'avait rien compris ! Mais alors, rien de rien ! Il ne savait toujours pas pourquoi l'anneau s'était subitement retrouvé autour du cou de ce Freudon, ni comment l'immonde créature nommée Golum était passée de l'état d'humain à celui d'être difforme, et encore moins tout le reste du film.
La seule chose qu'il avait retenu, c'est que Gandalf, à qui les gamins avaient déjà fait allusion, était une copie parfaite de Leur Merlin sorcier ! D'après Drago, celui qui avait crée le film n'avait rien fait d'autre que de copier leur Merlin, et il était prêt à parier qu'il était cracmol, ce qui expliquait pourquoi ce Gandalf se déplaçait à cheval et non sur un balai !
Ils remontèrent à la lumière _ ce qui ne fut pas pour déplaire à Drago _ et Andrew, après un regard furieux vers lui, jeta son paquet de bonbons à présent vide dans une poubelle.
- Tu étais obligé de tout manger ? demanda-t-il d'un ton bourru au jeune Malfoy.
- Je m'ennuyais, fallait bien que je trouve quelque chose à faire ! répondit celui-ci en haussant les épaules.
Grégoire donna un coup de coude à Drago afin de lui montrer Hermione qui était à quelques mètres d'eux. Maxence, lui et son frère le laissèrent et allèrent la retrouver comme si de rien était, tandis que le jeune Malfoy se laissait tomber sur une chaise.
Il balaya la salle du regard, et ne put que constater que Granger était toute pâle, tremblait légèrement, et avait les yeux rougis.
Un regard vert croisa le sien, et bientôt, il fut cerné par trois adolescents qui braquaient sur lui des yeux emplis de malice et de ruse pour les deux premiers, et un regard froid pour le troisième. Ca allait Encore être sa fête !
- Salut Drago ! s'exclama joyeusement Marvin, à voix basse cependant.
- On pensait que tu ne viendrais pas, lui dit alors Alec.
- Qu'est-ce qui tu as été voir comme film ? l'interrogea le premier.
- Le seigneur des anneaux.
- Je suis certain que tu n'as rien compris ! intervint John, un sourire mauvais vissé sur les lèvres. Sinon, tu as du nouveau pour Hermione ? continua-t-il en devenant soudain sérieux. Son état ne s'arrange pas.
- Elle est venue voir Terminator avec nous, et elle a dormi pendant tout le film ! lui apprit Marvin.
- Or, ça ne lui ressemble pas du tout ! finit Alec avec un air grave. Ce n'est pas son genre de film mais jamais elle ne se serait endormie pen…
Un bruit de chaise se fit soudain entendre et, le regard de Drago se portant automatiquement sur la provenance du bruit, il écarquilla les yeux en voyant Granger à terre. La plupart des gamins s'agglutinaient déjà à ses côtés, comme toutes les autres personnes présentes dans le cinéma.
Il se leva d'un bond, faisant tomber sa chaise par la même occasion, et se précipita vers Andrew et Grégoire qui s'écartèrent en le voyant arriver.
- Bordel Granger, mais qu'est-ce qui t'arrive ? s'écria-t-il en passant son bras sous ses épaules pour la relever légèrement.
- Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-elle d'une voix faible.
- On s'en fou ! Qu'est-ce que tu as bon sang ? insista Drago en la secouant légèrement, insensible aux cris d'indignation des moldus qui avaient accouru en la voyant tomber.
- Je ne sais pas… souffla-t-elle.
De fines gouttes d'eau salée commencèrent à couler le long de ses joues et, appuyant sa tête contre le torse jeune homme, elle se mit à sangloter doucement, tremblante comme une feuille.
Drago posa sa main sur son front pour la retirer presque aussitôt.
- Tu t'y connais soi-disant en médecine, et ça ne t'es pas venu à l'esprit de prendre quelque-chose pour faire passer ta fièvre ! Tu es brûlante ! grogna-t-il alors, prenant bien soin de ne pas utiliser de termes sorciers.
- J'ai essayé tout ce que j'avais en réserve, murmura-t-elle.
Le problème se corsait. Mais pour le moment, mieux valait ramener Granger au manoir, Drago n'avait pas envie que les stupides médecins moldues débarquent. Et ils n'allaient sûrement pas tarder à le faire, car plusieurs personnes s'agitaient autour des guichets.
Il passa un bras sous les genoux de la jeune femme, et d'un mouvement, la souleva pour la prendre dans ses bras alors qu'elle enfouissait son visage dans son T-shirt pour étouffer ses larmes.
Les entrailles du jeune homme se nouèrent douloureusement à ce contact féminin, mais il se reprit et sortit du cinéma, suivi par une ribambelle d'élèves que Logan comptait un à un pour être sûr de ne pas en oublier un… Ce qui n'aurait pas déplu au Serpentard.
Drago poussa la porte de l'infirmerie et allongea Hermione sur le lit blanc avant de s'affairait à sortir une nouvelle fois toute une multitude de potions des placard.
- On peut savoir ce que tu as ? lui demanda-t-elle faiblement en remarquant qu'il ne disait pas un mot et que ses gestes étaient « légèrement » brusques.
- …
- Malfoy ! Je te parle ! s'écria-t-elle après avoir avaler une potion de force, que Drago regretta de lui avoir donné en premier.
- J'avais remarqué ! répondit-il vivement en débouchant une potion pour faire baisser la fièvre.
- Alors répond, plutôt que de te murer dans ton silence !
- Tu veux savoir ce que j'ai ? Je vais te le dire ! s'énerva-t-il alors. Ca fait cinq jours que tu sais que tu perds ton énergie à vitesse grand V et que tu n'arrives plus à dormir la nuit depuis que tu es rentrée de mission, et tu ne me préviens qu'après avoir fait un malaise ! Or, j'estime qu'ayant la responsabilité des gosses toute la journée, tu aurais pu me mettre au courant avant !
- Oh, tu m'excuseras mais je ne pensais pas crucial le fait de devoir te mettre au courant ! Répliqua-t-elle, sarcastique.
- Evidemment, pour toi je ne suis que le stupide prisonnier cinglé qui fait sa réinsertion ici et que tu sais que tu renverras de toute façon à Azkaban à la fin de son séjour ! cingla-t-il avec humeur.
- Je ne te permets pas ! s'enflamma-t-elle alors. Tu ne sais absolument pas ce que je pense et je t'interdis d'émettre une quelconque hypothèse sur mes opinions ! Et arrête de jouer la victime en te lamentant sur le fait que tout le monde te considère comme un stupide individu fou en réinsertion, parce que ces absurdités n'ont pas lieu d'être ! Et je t'ai déjà dit que je ne te renverrai là-bas que si tu as un comportement déplacé ! Ces derniers temps, je pensais que tu t'étais calmé, mais ce n'est visiblement pas le cas ! Je te ferais également remarquer que tu es sorti de la propriété à mon insu, alors que ça t'ait strictement interdit !
- Donc tu vas aussi me reprocher d'avoir passé mon après-midi là-bas pour m'assurer que tu allais bien ! rétorqua-t-il, sardonique. Sans compter qu'en plus de te surveiller, j'ai du passer trois heure à regarder un film sinistre auquel je n'ai absolument rien compris pour faire plaisir à Andrew et Grégoire ! Pour résumer, je devrais rester dans ma chambre nuit et jour et me plier à ta volonté et à celle des gamins, c'est ça ? Et ben non, ça ne marchera pas avec moi Granger ! vociféra-t-il. Cette réinsertion est la seule chance qu'il me reste, et je ne te laisserai pas la gâcher !
- Je…
- Tu m'excuseras de m'être inquiété pour toi et pour les gamins, qui au cas où tu ne l'aurais pas remarquer sont eux aussi soucieux de ton état de santé ! Et c'est bien beau de me faire croire que tu ne me considères pas comme un dangereux détenu alors qu'il y a une semaine tu me faisais clairement comprendre que jamais tu ne me confierais les gamins, parce que j'étais ce que je suis, un dangereux prisonnier complètement fou ! rugit-il, déballant tout ce qu'il avait sur le cœur d'une traite, ne lui laissant pas le temps d'en placer une.
Il voulait bien être gentil, mais il y avait des limites ! Furieux, il sortit de la pièce en claquant la porte derrière lui.
Ding Dong
- Bonjour Monsieur Stevens !
- Oh, bonjour Logan, comment tu vas ? lui parvint une voix d'homme depuis le hall.
Des pas se firent bientôt entendre dans la pièce et la porte du salon dans lequel Drago était entrain de jouer aux échecs avec Marvin s'entrebâilla discrètement.
Accompagné de Logan avec qui il conversait gaiement, un homme grand et mince, aux cheveux ras et aux yeux gris, pas loin de la cinquantaine, se dirigeait vers le bureau de Granger.
- C'est qui lui ? demanda le Serpentard à Marvin, qui s'était précipité pour voir de qui il s'agissait.
- Josh Stevens. C'est le supérieur d'Hermione.
- Ah.
La porte se referma et la partie d'échecs continua comme si de rien n'était.
Trois jours étaient passés depuis que Drago s'était disputé avec Hermione, et ça faisait trois jours qu'il ne lui adressait plus le moindre mot, replongé dans son mutisme borné avec elle.
Il s'était, par opposition, rapproché de certains gamins, comme Marvin et Alec, qui étaient tous deux fans de Quidditch, ce qui resserrait beaucoup les liens.
A côté d'eux, quatre des 10 mioches qui n'allaient pas encore à Poudlard, Leanne, Harry, Mathieu et Jimmy, regardaient ce qu'ils appelaient un DVD. Drago avait appris par la même occasion qu'il s'agissait d'un film sur un disque appelé CD. Dans un coin de la pièce, trois gamines jouaient joyeusement à la poupée, les faisant profiter des dialogues complètement gagas qu'entretenaient leurs personnages, puisqu'elles parlaient à voix haute.
Harry augmenta le son de la télévision sans raison apparente alors que le cavalier de Drago réduisait le fou de Marvin en pièces.
Des éclats de voix leurs parvinrent soudain et la porte s'ouvrit violemment.
- HARRY BAISSE MOI LE SON TOUT DE SUITE ! rugit Granger, visiblement hors d'elle.
- Hermione… commença alors la voix de Stevens. Essaie de comprendre…
- Ce que je comprends, c'est que je fais de mon mieux depuis cinq ans pour te satisfaire, pour te prouver que je peux parfaitement gérer les dossiers et les enfants, et qu'au moindre pépin, tu me mets sur la touche ! vociféra la jeune femme.
Toutes les personnes présentes dans la pièce, Drago y compris, cessèrent toute activité pour se tourner vers les deux protagonistes.
- De toute façon, c'est signé et envoyé, tu ne peux plus rien y faire ! répliqua Josh.
Hermione bouillonnait intérieurement, et ce n'est qu'au prix de nombreux efforts qu'elle se retint de ne pas lui sortir ses quatre vérités.
- Ne compte plus sur moi pour t'aider dans quoique soit ! lui fit-elle savoir d'une voix tremblante de colère. Et maintenant, sors d'ici tout de suite !
- C'est pour ton bien Hermione, tu ne peux pas travailler dans cet état ! essaya encore l'homme.
- Josh je t'ai demandé de sortir !
L'homme soupira mais n'essaya plus de la contredire. Il se dirigea vers la porte d'entrée.
Croyant que la tempête était passée, Harry appuya sur la télécommande.
- HARRY ! LE SON ! rugit Granger.
Le pauvre gamin, effrayé, sursauta et se dépêcha de s'exécuter.
La Gryffondor se cramponna soudain au montant de la porte en fermant les yeux à s'en faire mal. Elle respira profondément et, tremblante, lâcha lentement prise.
- Mione, ça va ? s'enquit Mathieu.
- Oui, ça va, répondit-t-elle d'une voix étrangement faible quand on savait qu'elle hurlait à en faire trembler les murs quelques secondes plus tôt.
Elle ponctua sa phrase d'un sourire qu'elle voulait rassurant et partit s'enfermer dans son bureau afin de préparer la rentrée des enfants, qui avait lieu dans quatre jours.
- Ben Drago… où vas-tu ? s'étonna Marvin alors que le blondinet se levait.
- Voir votre chère Granger !
- Mais… et le jeu alors ?
Drago intima à son cavalier d'avancer de quelques cases et adressa un sourire hypocrite au jeune homme alors que le roi de ce dernier jetait sa couronne au sol.
- Echec et Mat.
Et, se délectant de sa tête médusée, le Serpentard sortit de la pièce pour se diriger vers le bureau de la Gryffondor, dont il ouvrit violemment la porte. Assise derrière son bureau, une grande tasse de café serré à la main, elle sursauta violemment tandis qu'il refermait tout aussi brutalement la porte.
- Mal… commença-t-elle.
- Bon, on va faire simple parce que toi comme moi avons autre chose à faire, décréta-t-il en tirant une chaise devant la porte. J'en ai marre Granger. Marre que tu refuses de t'expliquer sur ton état de santé ! Etant donné que tes chers pupilles ignorent nos relations chaotiques, ils me harcèlent sans cesse pour savoir ce que tu as ! Alors étant donné que tu ne me considères soi-disant pas comme un dangereux prisonnier cinglé, je pense avoir le droit de savoir exactement ce que tu as !
Et sur ses belles paroles très explicites, il croisa les bras sur le dossier de la chaise sur laquelle il s'était assis. Hermione le regarda d'un air ahuri un moment, ses lèvres rosées entrouvertes dans un « o » parfait.
Drago se mordit la lèvre inférieure en se rappelant que trois jours plutôt, elle était appuyée tout contre lui. Il se reprit bien vite, se morigénant pour avoir eu de telles pensées.
Finalement, la jeune femme soupira à s'en fendre l'âme et rangea les papiers sur lesquels elle travaillait.
- Qu'est-ce que tu veux savoir, au juste ? lança-t-elle alors avant de porter sa tasse de café à sa bouche.
La lèvre du jeune Malfoy trembla légèrement. Pourquoi fallait-il qu'il trouve ce simple geste si provoquant ? Il n'en savait rien. Sans compter que c'était bien la première fois qu'il ressentait quelque chose de pareil depuis qu'il séjournait au manoir. A vrai dire, depuis qu'il avait vu le couple qui le précédait à son entrée au cinéma, il ne cessait de penser à ses années à Poudlard, aux multiples conquêtes qu'il avait alors collectionnées, avec un sentiment d'envie teinté de regret. A l'époque, il se fichait pas mal de ces filles, mais à présent… une présence féminine et les marques d'affection qui allaient avec ne lui auraient pas déplu, bien au contraire.
- Tu dis n'avoir aucune idée de ce que tu as, or, étant donné ton ex-réputation de Miss-Je-Sais-Tout, tu dois bien avoir une idée, même minime, de ce qui te met dans cet état, non ?
Elle posa sa tasse dans le creux de ses mains et expira profondément.
- Je ne vois pas de quoi tu parles. J'ai du travail Malfoy, alors va embêter quelqu'un d'autre, déclara-t-elle très posément.
- Tu ne vois pas de quoi je parle, vraiment ? demanda-t-il d'un ton étrangement calme.
- Parfaitement.
- Et tu n'as pas l'impression de te foutre légèrement de ma gueule là non ! s'écria-t-il alors en haussant le ton, la faisant une fois de plus sursauter. Ca commence à bien faire Granger, tu dépasses les limites de l'entendement ! Alors je te préviens, soit tu m'expliques ce que tu as exactement, soit j'appelle les médicomages de St Mangouste afin qu'il procède à des examens sur ta personne ! Et Je m'occuperai des mômes pendant ce temps, vu ? menaça-t-il alors.
- Si tu oses faire ça, je te renvoie à Azkaban ! menaça-t-elle, outré.
Drago prit sur lui pour afficher un air indifférent.
- Si ça peut te faire plaisir.
- Je suis sérieuse, Malfoy ! se vexa-t-elle.
- Moi aussi, figure-toi, s'insurgea-t-il. Je suis on ne peut plus sérieux. Je te laisse… disons dix minutes. Si dans dix minutes je ne sais pas exactement ce que tu as, tu iras faire un petit séjour à St Mangouste. Et tu sais quoi ? C'est même moi qui t'y emmènerai ! J'irai dire bonjour à mon père par la même occasion.
Elle le regarda d'un air éberlué quelques secondes et poussa un second soupir.
- Ok, c'est bon, tu as gagné, céda-t-elle. Pendant ma mission, j'ai… été touchée par un sortilège inconnu pendant que je couvrais un de mes coéquipiers. Sur le moment, je n'ai rien sentie, mais bien vite, je… mon énergie m'a quittée peu à peu, et j'ai reçu pas mal d'autres maléfices, dont un Lashlabask et un Incendio. On a du se replier. Mon deuxième collègue a emmené le blessé à St Mangouste, pendant que je transplanais ici, finit-elle. Satisfait ?
- Pas tout à …
- De toute façon, je ne peux rien te dire de plus. Je n'ai absolument aucune idée de ce que j'ai, et aucune potion ne semble avoir d'effet. De plus, je n'ai pas entendu le nom du sortilège, et sa couleur ne me disait rien, le coupa-t-elle, son côté professionnel prenant le dessus.
- De quelle couleur s'agissait-il ?
- Noir … et on aurait dit qu'il était nuancé de vert. Pourquoi ? lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Pour rien, lui assura-t-il en se levant. A plus tard Granger !
Et sur ce, il sortit de la pièce. Lorsque la porte fut refermée, il s'adossa contre le mur le temps d'inspirer profondément. Il avait bien cru craquer et sortir de la pièce pour s'enfermer dans sa chambre lorsqu'elle avait mentionné Azkaban. Il soupira, passa une main dans ses cheveux et descendit dans le parc, où se trouvait la volière. Quelques minutes plus tard, une chouette effraie prenait son envol et disparaissait dans le lointain.
