Cet OS a été écrit dans le cadre de la nuit du FoF. Ici, le thème était : Bruits. Bonne lecture à toutes et à tous. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter notre merveilleux forum.
BRUITS« Je ne veux plus aller dormir chez Mamy Molly. »
Ron écarquilla les yeux devant la révélation que venait de lui faire Hugo, son jeune fils de sept ans.
« Mais tu rigoles, c'est le Terrier. Tu vas y voir tous tes cousins et tes cousines, tu vas beaucoup t'amuser. »
L'enfant fit la moue et croisa les bras sur sa poitrine. Pourtant, il n'était pas difficile à élever. Il faisait rarement des bêtises, obéissait facilement, il n'était pas turbulent. Aussi, Ron fut-il étonné qu'il lui dise une telle chose.
« Est-ce qu'il s'est passé quelque chose de particulier ? »
L'enfant se mordit la lèvre inférieure mais refusa de répondre. Ron fut inquiet. Etait-il arrivé quelque chose qui poussait son fils à ne plus vouloir passer le week-end chez sa grand-mère alors qu'il adorait ça ? Immédiatement, dans son esprit, toutes sortes de scénarios prirent forme. Il imagina son fils menacé, touché, violenté… non ce n'était pas possible tout ça.
« Tu ne veux rien me dire ? »
Hugo secoua la tête.
« Eh bien tant pis pour toi. De toute façon on n'a pas le choix, ta mère et moi nous travaillons ce week-end et tu vas dormir au Terrier un point c'est tout. »
Et c'était ainsi que le jeune garçon se retrouva le lendemain dans la chambre du dernier étage qu'il partageait avec son cousin Louis. Ce dernier était légèrement plus âgé mais tous deux s'entendaient très bien. Ils passèrent la journée à jouer dans le jardin, profitant du beau temps pour gambader tout à leur guise. Au souper, ils mangèrent d'un bon appétit et se ruèrent sur le gâteau que leur grand-mère avait préparé. Il en reprit même deux fois.
Lorsque le moment arriva d'aller se coucher cependant, son sourire fana sur son visage. Il échangea un coup d'œil angoissé avec son cousin.
« Allez ! Pas de discussion, s'exclama Molly. Au lit tous les deux. Et vous dormez tout de suite. Interdiction formelle de papoter jusqu'au matin. »
Ils traînèrent les pieds dans les escaliers puis se mirent en pyjama. Dans les minutes qui suivirent, Molly vint les embrasser dans leurs lits. Etant l'aîné des deux, Louis avait hérité de celui que Ron avait occupé durant toute son enfance. Hugo, lui, dormait dans un lit de camp plutôt confortable installé juste à côté. Il enviait cependant les filles d'avoir droit à une chambre à l'étage du dessous avec de vrais lits, galanterie oblige avait souligné leur grand-mère.
Elle les borda, les embrassa, et éteignit la lumière avant de fermer la porte.
Hugo était stressé. L'obscurité était presque palpable. Il étreignait très fort Pilou, la vieille peluche que sa sœur lui avait prêté pour l'occasion.
« Moi, je n'ai pas peur, avait-elle dit. Si tu veux, je peux te prêter Pilou pour le week-end. »
Et Hugo l'avait voulu. Le vieux niffleur avait perdu un œil et pas mal de rembourrage depuis que sa tante Ginny l'avait reçu lorsqu'elle était elle-même toute petite, mais il ne perdait rien à son charme de protecteur. Avec lui, rien de terrible ne pouvait arriver. Fatigué, Hugo s'endormit rapidement.
« Réveille-toi. Vite ! Allez ! Ça recommence ! »
Louis avait sauté de son lit et se tenait maintenant à côté de lui, les cheveux ébouriffés par son oreiller et les yeux écarquillés de surprise. Hugo ouvrit les yeux et tendit l'oreille. Immédiatement, il les entendit.
Les bruits, les fameux bruits.
C'était majoritairement des claquements et des grincements, des chuintements, le tout entrecoupé de soupirs ou de grognements. Hugo sentit les larmes lui monter aux yeux, surtout lorsqu'il se rendit compte que Pilou n'était plus dans ses bras. Paniqué, il chercha partout après pour le retrouvé entre les deux lits. Dans son sommeil, il avait dû le lâcher. Il s'empressa de le ramasser. Louis vint s'installer tout contre lui.
« Passe-moi Pilou, chuchota-t-il.
_ Non. Il est à moi. »
Hugo resserra son étreinte sur la peluche alors qu'un autre claquement ébranlait toute la tuyauterie. Louis insista.
« Allez ! Passe-le moi, je suis plus grand, j'y ai droit !
_ Non c'est à moi que Rose l'a donné, il est à moiiii… »
Mais Louis le lui arracha des bras. Se sentant soudainement vulnérable, Hugo paniqua et se mit à hurler ce qui, l'espace d'un instant, déchaîna les bruits. Alors la lumière du palier s'alluma, la porte s'ouvrit à la volée. Les deux enfants crièrent jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que c'était leur grand-mère qui venait d'arriver, un filet dans les cheveux pour ne pas se décoiffer et sa robe de chambre sur les épaules.
« Qu'est-ce que… Louis ! Dans ton lit !
_ Pilou ! sanglota Hugo. Il m'a pris Pilou !
_ Rends-lui ! »
Bien malgré lui, le plus âgé des deux cousins obéit.
« Vous avez fini votre cirque ?
_ Ce sont les bruits mamy, renifla-t-il. Il y a un monstre là-haut et on a peur.
_ Un monstre ? Mais pas du tout. C'est la vieille goule. Elle est très vieille et parfaitement inoffensive.
_ Mais elle…
_ Elle tape dans les tuyauteries quand elle s'ennuie c'est tout.
_ Elle va venir nous manger ! insista Hugo.
_ Ah oui ? Elle n'a même plus de dents. En attendant au lit et en silence.
_ Mais…
_ Silencio. »
Molly avait pointé sa baguette sur le plafond et immédiatement les bruits se turent. Les deux garçons se consultèrent du regard.
« Plus de bruit, dit Molly, plus de goule. Au lit ! »
