Titre : Bienvenue chez moi, Riddle

Auteur : SamaraXX (Pas de plagiat ! Même pour une simple phrase !)

Rating : M

Pairing : HP/TR

Warnings : AU, slash, lemons, langage. Pour les besoins de la fic, Tom a le même âge qu'Harry et l'action se passe de nos jours.

Spoilers : C'est un AU, mais ayant lu le tome VI quelques détails comme des personnages ou lieux, évènements de HBP pourraient y êtres insérés.

Genre : Romance, Humor.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K Rowling, mais l'histoire et le contexte sont à moi.

Summary : AU. Dans un monde sans magie, le lycée d'Harry décide de se jumeler à un orphelinat de Londres, pour un échange entre correspondants. Jumeler Harry et Tom n'était sûrement pas une bonne idée… Slash HP/TR.


Note : HAAAA ! Vraiment… Je suis damnée ! lol. Sans dec, je vous demande votre avis pour savoir si je coupe ou pas la fic et résultat, je retrouve 15 voix pour et 15 voix contre ! Egalité, donc… Donc, c'est moi qui décide. Je vous avoue que j'aurais préféré couper la fic en 2 parties pour des raisons que beaucoup ont très bien décrits dans leurs reviews ! ;) Mais, je ne veux pas perdre de lecteurs, et ne pas embrouiller ceux qui ne sont pas enregistré sur FFN ou ceux qui ne m'ont pas mis dans leur alerts. Je vais prendre la solution intermédiaire suggérée par deux ou trois d'entre vous et à laquelle j'avais pensé… Les deux parties seront dans la même fic : je m'explique… La fic s'appellera dorénavant : Bienvenue chez moi. Mais je ne changerai pas le titre en haut de la page "Bienvenue chez moi, Riddle", puis je mettrai un grand I devant le premier chapitre (Une vie parfaite) de cette première partie. Puis il y aura un interlude entre les deux parties, et je mettrai un grand II devant le premier chapitre de la deuxième partie. Et dans cette deuxième partie, je mettrai en haut de la page : "Bienvenue chez moi, Potter" (même s'ils seront intimes dans la deuxième partie, c'est juste pour l'effet miroir avec la première partie, et pis parce que c'est plus classe que Bienvenue chez moi, Harry : D)

Cette fic restera donc regroupée, bien qu'elle sera divisée en deux parties distinctes comme dans certains romans… J'espère que tout le monde a compris… s:

VOUS AVEZ VU ? J'update en moins d'une semaine ! Malgré les révisions mais bon j'étais trop inspirée, et le jour où je me tiendrais à mes résolutions n'est pas prêt de se lever ! lol

Bonne lecture !


RaR anonymes : www . samaraxx . canalblog . com (sans les espaces)


10ème Chapitre : La clé des coeurs

'Du calme…' fut la seule pensée rationnelle que put avoir Tom ce soir-là. Etendu droit comme un i sur son lit, il méditait depuis des heures. Il était blanc comme un linge, et on pouvait deviner que ses doigts tremblaient mais très subrepticement. C'était dans ce genre de situation que Tom valorisait toujours la maîtrise de soi. Ne pas s'énerver. Rester calme. Il devait y avoir une explication à tout ceci. Bon… Que son correspondant soit gay, en toute honnêteté, il s'en doutait depuis à peu près le premier jour. Le fait qu'il soit attiré par lui était vraisemblable, Tom n'était pas aveugle au point de ne pas remarquer qu'il était un très bel homme. Mais, Harry était amoureux de lui ? C'était quelque chose qu'on ne lui avait jamais dit, qu'il n'aurait jamais imaginé. Peu de temps auparavant, Tom avouait haut et fort sans honte aucune que l'amour était un passe-temps pour les faibles, une illusion pour les plus romantiques, un rêve pour les tristes mais surtout la plus grosse connerie que l'homme avait inventé. Et ce discours, il le servait à tous les orphelins de Stockwell qui acquiesçaient tous, complètement d'accord avec lui.

Cependant, il devait avouer que voir quelqu'un – la seule personne qu'il eût apprécié – lui avouer les yeux brillants de sincérité et de larmes contenues et avec la plus grande simplicité qu'il l'aimait, lui semblait plus que renversant. C'était un séisme dans sa vie, un cataclysme. Comment pouvait-on l'aimer ? Là était la question. Il avait rien fait pour qu'Harry n'éprouve ne serait-ce qu'un soupçon d'amitié envers lui. Rien du tout. Si au début, il pensait qu'Harry aurait eu pitié de lui s'il s'était comporté en un orphelin mal aimé, il se rendait compte qu'il s'était trompé sur toute la ligne. Jamais de toute sa vie il n'avait rencontré une personne comme lui. Harry ne l'avait pas jugé sur son apparence ou sur ce qu'il voulait montrer – et même si ce qu'il montrait était une grande partie de sa personnalité. La preuve, Harry lui avait dit "je t'aime".

Il aurait été de la pure mauvaise foi que d'affirmer qu'il n'avait pas ressenti un frisson le long de sa colonne vertébrale et une espèce de joie intense mêlée à la plus déchirante des plaintes lorsque ces trois mots étaient sortis de sa bouche. A cet instant, Tom se sentit très niais mais il devait avouer que son petit brun de correspondant l'avait surpris et en rien dégoûté. Le souvenir de leur baiser passionné dont il avait apprécié chaque infime instant prouvait que ça ne l'avait on ne peut moins dérangé. Si, accepter le fait qu'Harry puisse l'aimer était déjà une grande épreuve pour lui, le fait qu'il ait été si heureux et s'était senti si complet pour la première fois de sa vie en embrassant son correspondant était la plus dure constatation que dut faire Tom dans toute sa vie. De toute évidence, ce baiser avait chamboulé sa vie sans dessus dessous.

Tom ferma les yeux un instant et les rouvrit doucement dans le noir obscur de sa chambre. Il soupira et se leva brusquement, il ouvrit les volets battants de l'unique fenêtre de la chambre et observa pendant quelques instants la fontaine de pierres blanches qui était entourée de petits buissons sans feuilles. Il ne l'avait jamais vu, mais Tom contemplait rarement le parc des Potter, il ressemblait trop au jardin anglais typique des familles parfaites. Après un petit instant, il se saisit d'une cigarette et l'alluma. Cette cigarette lui fit du bien, mais la fumée n'emporta pas avec elle le souvenir de cette étreinte et de ce baiser si foutrement partagé.

XXXXXX

Tom contemplait la porte de sa chambre depuis huit heures du matin. Une peur irrépressible lui tordait les tripes. Oui, tout à fait, Tom avait peur. Comment devrait-il se comporter une fois sorti de la chambre ? Comment allait-il réussir à passer un week-end entier si proche de son correspondant ?

'Oh, ce serait tellement plus simple que d'oublier cette foutue dernière soirée…' pensa Tom.

Il resta songeur à ses propres pensées, en fait, il doutait qu'il eût vraiment l'envie d'oublier cette si étrange soirée. Il ne pouvait pas vraiment nier l'évidence. Après une nuit de méditation, la sensation des mains d'Harry sur son visage l'électrisait toujours autant, ce n'était donc pas un écart de conduite passager. Il craignait tellement de voir son correspondant. Que pourrait-il lui dire ? Il n'y avait rien à dire mais en même temps, tout à dire. En quelque sorte, sortir de la chambre c'était admettre qu'il allait à l'encontre des problèmes et de la réalité.

Vers dix heures et demi, une timide main frappa à la porte. Tom se gela. Finalement, il n'aurait pas à se décider à sortir, quelqu'un avait décidé pour lui.

"Tom ?" fit la voix de Lily Potter derrière la porte.

Tom se sentit tellement déçu que ce ne soit pas celle d'Harry – malgré son appréhension – qu'il oublia de répondre tout de suite.

"Tom !"

"Oui ?" répondit enfin Tom.

"Je ne t'ai pas réveillé, dis ?" demanda Lily d'une voix aimable.

"Non" fit Tom en ouvrant la porte.

Lily lui lança un regard amusé.

"Pourquoi tu ne descends pas ? Tu dois t'ennuyer ici, tout seul…"

"Oh… Euh, je lisais, en fait" répondit Tom quelque peu gêné.

"Tu devrais prendre ton petit-déjeuner, maintenant… Fais attention à l'ours dans la cuisine" prévint malicieusement la mère d'Harry avec un sourire étrange.

Tom leva un sourcil mais Lily s'en allait déjà vers le deuxième étage. Tom haussa les épaules et descendit calmement les escaliers. Lorsqu'il entra dans la cuisine, Tom comprit à qui faisait allusion Lily. Son correspondant était plongé dans son bol avec une chevelure décoiffée à l'extrême. Il avait un air renfrogné et très mal réveillé.

"Salut" fit Tom l'air de rien.

Harry leva brusquement la tête vers lui. Et, Tom remarqua que deux petites rougeurs commençaient à naître sur ses joues. Tom était ravi de n'être pas du tout disposé aux rougissements, parce qu'il se sentait aussi gêné qu'Harry et aurait ressemblé à une tomate trop mûre sinon.

"Salut" répondit Harry d'une voix faible.

Tom ne put s'empêcher d'avoir un sourire. Il ferma la porte de la cuisine derrière lui et s'installa calmement à côté d'Harry. Il réussit à se servir un bol de lait froid avec des céréales sans le regarder mais il sentait le regard perçant d'Harry qui semblait inquiet, incertain. Tom ne savait pas quoi faire, il ne savait plus où il en était et il pouvait à peine penser à ce que devait ressentir Harry. Il imagina qu'il devait être perdu, peu sûr sur les intentions de Tom, mais l'ennui était qu'il était lui-même incapable de lui donner une réponse quant à ses intentions.

Finalement, Tom se tourna vers Harry et le regarda longuement, plongé dans ses yeux verts si magnifiques qu'ils paraissaient être des émeraudes scintillantes. Il sourit à nouveau en voyant l'allure débraillée d'Harry.

"Bien dormi ?" demanda-t-il d'un ton badin.

Harry leva ses sourcils.

"Pas du tout" répondit-il avec un léger sourire.

"Pourquoi ?"

"Je me suis réveillé et je n'arrivais plus à dormir après, mais ça m'arrive souvent… Et toi ?"

"Pas trop bien non plus" répondit Tom avec légèreté.

Ils se regardèrent gênés et détournèrent les yeux au même instant. Soudain, Harry sembla prendre une grande respiration.

"Est-ce que tu…" commença-t-il à dire.

Mais il fut coupé par l'arrivée inopportune de James qui téléphonait bruyamment. Le père d'Harry lavé et rasé de près, regarda un papier accroché sur le réfrigérateur et donna une réponse positive à son interlocuteur. Cinq rires et blagues vaseuses plus tard, James se tourna vers son fils et son correspondant.

"Salut les gars ! Bien dormi ?" lança-t-il avec une extrême bonne humeur.

"Non" répondirent-ils.

"Super !" fit James qui de tout évidence avait pris leur non pour un oui "Cet après-midi, on a de la visite, fiston ! Sirius revient des Etats-Unis ! Figure-toi qu'il ramène dans ses bagages une bomba latina qui parle six langues et sait faire de la vraie paella…"

"Elle est espagnole ?" fit Harry interloqué.

"Non, mexicaine…" répondit James en ne comprenant pas où voulait en venir son fils.

"Alors, on s'en fout qu'elle sache faire de la paella…"

James quitta la cuisine, peu envieux de comprendre la logique de son fils. Il laissa une fois de plus Tom et Harry seuls.

"C'est qui Sirius ?" demanda Tom timidement.

"C'est mon parrain" répondit Harry avec un grand sourire "Il est trois fois pire que mon père, je l'adore… Il est génial. Il est parti aux Etats-Unis pendant un an et il vient de revenir ! Ca m'étonne qu'il ait ramené une fille, il est du genre à ne jamais se caser et à préserver son statut de mâle en chasse !"

Tom eut un léger sourire.

"C'est cool qu'il vienne" ajouta Harry "Mais si tu veux faire autre chose cette après-midi…"

"Non, non, ça ira…"

"De toute façon, je ne pense pas qu'il restera longtemps s'il vient de rentrer, on pourra rejoindre les autres ce soir… Ils vont au restaurant et après au cinéma, ça te tente ?"

"Il y aura tout le monde ?"

"Oui tout ceux qui ont un correspondant et Draco bien-sûr"

"Pourquoi bien-sûr ?" fit Tom soupçonneux.

Harry lui lança un regard étonné.

"Et bien, parce que même s'il n'a pas de correspondants, il sort avec Hermione… Donc…"

"Oui, je vois" dit simplement Tom.

Harry finit son petit-déjeuner en silence puis se leva pour poser le bol dans l'évier.

"Bon, je vais prendre une douche… Je me dépêche pour que tu puisses la prendre après moi, ok ?" fit Harry qui disparaissait déjà de la cuisine.

"Ok" répondit Tom dans le silence de la pièce.

XXXXXX

Tom ne put s'empêcher de lâcher un soupir suite au départ d'Harry. Dieu comment allait-il faire pour passer cette dernière semaine chez les Potter sans qu'il n'y ait de dégâts ? Non pas qu'il avait envie de le frapper ou quelque chose dans ce goût-là, mais la situation était si gênante qu'il aurait aimé fuir jusqu'à Londres même si cela lui aurait déchiré le coeur.

Il soupira de nouveau et entreprit de ranger les aliments qui traînaient sur la table et de faire la vaisselle. Si, bien-sûr, laver quatre bols était considéré comme faire la vaisselle. C'était une toute première fois pour Tom qui n'avait jamais approché une cuisine de toute sa vie, puisque les repas à l'orphelinat étaient servis dans une cantine bruyante et la nourriture préparée par des chefs qui avaient dû se tromper de vocation. En effet, Tom avait plusieurs fois retrouver des poils, des cheveux et même un clou une fois dans son assiette.

Un geste aussi banal que faire la vaisselle le remplissait d'une joie que n'importe qui aurait trouvé un peu bizarre – car en aucun cas faire la vaisselle était un réel bonheur. Mais pour Tom, cela voulait dire qu'il participait aux tâches familiales, et donc qu'il avait une toute petite place dans une famille. Il pensait souvent qu'Harry avait énormément de chance ! Sa famille était vraiment géniale et chaleureuse. Content de lui-même et satisfait de la propreté de la cuisine qu'il jugea parfaite selon son jugement de très grand maniaque, il quitta la cuisine et décida de prendre sa douche à la suite de son correspondant.

Dans leur salle de bain commune, Harry finissait de se brosser les dents, seulement vêtu d'un jean noir lui seyant parfaitement. Tom avait pourtant déjà vu Harry si modestement habillé mais le fait d'avoir pu étreindre cette taille fine et évaluer la longueur de ses jambes fuselées lui avait fait prendre conscience de la beauté de son corps.

Harry leva un regard empli d'innocence vers Tom et lui fit un maigre sourire malgré le dentifrice qui dégoulinait de sa bouche. Tom ne put s'empêcher de sourire face à lui, avant qu'Harry ne se rince la bouche.

"Je me dépêche !" dit celui-ci qui vérifia dans le miroir si ses dents étaient bien blanches, elles l'étaient selon Tom.

"C'est bon, je ne suis pas pressé…" murmura Tom.

Harry s'essuya les coins de la bouche tout en lui jetant un regard amusé. Puis il s'approcha de lui lentement et de façon incertaine. Harry se mordit la lèvre inférieure et semblait hésiter sur un point encore inconnu de Tom.

"Après ta douche, j'aimerais qu'on parle, Tom… Viens dans ma chambre après, s'il te plaît…"

"Ok" répondit Tom d'une voix un plus étranglée que d'habitude.

Harry s'en alla précipitamment et Tom commença à se déshabiller, la tête dans les nuages. Il avait plus que jamais l'impression de s'enliser dans un gouffre embourbant, collant et très noir. Cependant, c'était très agréable de s'y glisser…

XXXXXX

Sans vraiment le remarquer, Tom se prit à deux fois pour arranger sa chevelure dégoulinante de gouttes d'eau. Il regarda avec dégoût ses vêtements qui étaient certes assez beaux mais d'une qualité à friser le ridicule. Il avait le rêve de pouvoir, un jour, s'acheter tous les vêtements qu'il voudrait… Comme Harry. Mais il ne doutait pas qu'avec ses notes il arriverait à trouver un travail plus que bien payé.

Il eut la soudaine impression de monter sur un échafaud. Prostré devant la porte de la chambre d'Harry, Tom semblait hésiter mais ses pensées ridicules valsèrent au loin très vite lorsqu'il imagina la situation dans laquelle il serait empêtré s'il ne frappait pas à cette fichue porte.

Toc, Toc, Toc…

La porte s'ouvrit presque immédiatement devant un Harry qui semblait plutôt stressé. Tom rentra sans qu'Harry ne l'y invite. Il alla s'asseoir sur le petit canapé qui faisait face à la télévision d'Harry et regarda son correspondant poliment bien que dans sa poitrine, son coeur avait trouvé l'idée amusante de danser la polka.

Harry alla s'asseoir à côté de lui précautionneusement. Etonné de ne pas être chassé à grands coups de pieds dans le derrière, Harry laissa échapper un soupir de soulagement. Tom se tourna vers Harry qui semblait extasié par son écran de télévision.

"Tu voulais me parler, je crois ?" fit Tom d'une voix claire et douce.

Harry lui lança un bref regard avant de regarder ailleurs.

"Oui… C'est à propos d'hier soir…"

Tom se tendit bien qu'il savait depuis le début qu'Harry lui en parlerait.

"Je t'écoute" répondit Tom avec son calme légendaire qui avait l'horrible effet de le faire paraître froid et insensible.

"Tu vois… Je… C'est moi qui t'avais demandé de m'embrasser une dernière fois" Harry s'empourpra à ces mots "Mais, enfin, dis-moi si je me trompe mais ça a dérapé… non ?"

Harry lança un regard hésitant à Tom mais celui-ci acquiesça.

"Je ne m'en plains pas, ça non !" ajouta Harry qui ne lâchait plus les yeux obscurs de son correspondant, obnubilé par ces perles de sang qui venaient s'y baigner.

"Alors quel est le problème, Harry ?"

"Tom… Je t'ai dit mes sentiments, hier… Tu m'as embrassé trois fois…"

Tom eut un geste brusque après cette dernière phrase. Il l'avait, en effet, embrassé trois fois ! Un essai, une requête et un au revoir. Ca faisait trois fois, trois moment magiques.

"… Et, enfin, tout aurait été plus simple si tu ne m'avais pas embrassé cette dernière fois, si on n'avait pas complètement dérapé… Je veux dire, tu vois ce que je veux dire ?"

Tom savait parfaitement à quoi faisait allusion Harry. Il aurait été de la mauvaise foi pour lui de dire qu'il avait oublié la honteuse et flagrante érection qui l'avait prise de court.

"Je vois parfaitement de quoi tu veux parler…" répondit Tom d'un ton cassant.

Harry regarda longuement le profil baissé de son correspondant.

"Alors, dis-moi ce que tu veux." annonça Harry d'une voix bien plus assurée que précédemment.

Le ton de froide réserve et l'ordre ambigu firent relever la tête de Tom qui plongea dans le lac émeraude des yeux de son correspondant.

"Je ne sais pas, Harry…"

"Tu as aimé m'embrasser ?" demanda Harry.

"Oui…"

"Tu n'étais pas dégoûté du tout ?" questionna-t-il avec de la franche surprise dans la voix.

"Non ! J'étais surpris moi aussi, mais non… J'ai… J'ai aimé ça"

Harry garda le silence pendant quelques minutes. Tom se décida à parler et faire entendre ses doutes.

"Comment as-tu compris que tu étais vraiment gay, Harry ?"

Harry rougit et détourna le regard.

"Draco m'a dit que beaucoup pensaient que j'étais gay, que j'avais un physique androgyne… Je ne le croyais pas vraiment jusqu'à ce que je me suis rendu compte que j'étais attiré par toi…" avoua Harry en baissant les yeux.

"Et est-ce que tu crois que je suis gay aussi ?" demanda Tom en regardant Harry d'un air perdu.

Harry eut un petit sourire.

"Ce n'est pas à moi de te le dire, tu es attiré par les filles, non ?"

Tom garda le silence un instant et essaya de se souvenir de toutes ses petites amies. Les demandes avaient été nombreuses mais il pouvait aisément compter celles avec qui il était vraiment sorti sur les doigts d'une main. Mais même s'il regroupait toutes les périodes où il avait été avec quelqu'un, cela ne dépassait guère six mois. Il était toujours rapidement lassé, il ne les aimait pas et n'en gardait que le souvenir de leurs prouesses au lit. Rien d'autre.

"Je suis sorti avec quatre filles… Mais je ne les aimais pas…"

"Tu sais, en ce qui me concerne, je crois que j'ai aimé quelques copines comme une sorte de béguin, tu vois ? Mais c'était agréable de sortir avec elles, je veux dire je prenais du plaisir… à… enfin, tu vois…"

Harry était devenu tout rouge et Tom ne put s'empêcher de sourire.

"Tu l'as déjà fait avec une fille ?" demanda Harry précautionneusement.

Tom acquiesça.

"Et…"

"C'était bien sans plus" répondit Tom laconiquement.

Ils se regardèrent un moment.

"Pour vraiment savoir, il faudrait comparer…"

La phrase de Tom vola pendant un bon moment dans le silence de la pièce, Tom et Harry se regardaient le souffle coupé. Harry ne savait pas vraiment quoi faire ni quoi dire. Il aurait tellement aimé pouvoir se jeter sur Tom sans qu'il n'y ait aucune peur ou de crainte derrière. Comme si Tom était réellement son petit ami.

"Je sais plus du tout où j'en suis, Harry… Je sais que de ton côté tu ne dois pas te sentir plus éclairé que moi, mais si tu cherches des réponses je suis incapable de te les donner. Je t'aime bien, tu es beau (Tom eut un léger sourire au coin des lèvres) et j'ai vraiment apprécié de t'avoir embrassé… Mais je ne suis pas prêt… à vivre une histoire avec toi. Hier, tout était encore clair à mes yeux et maintenant je ne comprends plus rien…"

"Ce n'est pas grave, Tom… Tant que tu ne me rejettes pas, ça ne me fait rien. Juste promet moi de réfléchir à tout ça, on a plus qu'une semaine" murmura Harry.

"C'est bizarre que tu sois tombé amoureux de moi… On se connaît à peine, tu ne sais même pas qui je suis. Je ne suis pas quelqu'un de bien, Harry."

"Je suis sûr que si !" s'exclama Harry en s'approchant un peu plus de Tom "Je sais que tu as une vie difficile, mais je veux être ton ami, sincèrement et je t'aiderai…"

Harry lui prit la main et la caressa doucement avec son pouce. Tom le regarda pendant un petit moment.

"Tu verras qu'à l'orphelinat tout le monde me craint ou me déteste…" siffla Tom avec de l'amertume dans la voix.

"Tu n'as jamais eu d'amis ?" fit Harry d'un air choqué.

"Hé bien, j'ai cru un moment que j'avais un ami mais il était plus intéressé par mon cul que par moi"

"Un homosexuel ?"

"Oui… Heureusement que je n'ai pas réagi de la même façon avec toi qu'avec lui, je l'ai frappé et craché dessus"

Harry se figea pendant quelques secondes puis reprit son attitude habituelle.

"J'ai cru comprendre que tu étais homophobe, ce n'est pas vraiment surprenant… Il t'a reparlé après ça ?"

"Il n'a pas eu le temps, je suis parti quelques jours après pour venir jusqu'ici"

"Alors tu iras lui présenter tes excuses !" lança Harry avec détermination.

Tom eut un léger rire et se posa plus confortablement dans le canapé, d'une façon qui donna l'envie à Harry de plonger dans ses bras pour s'assoupir, la tête sur son torse.

"Tu sauras à l'avenir que je ne m'excuse jamais…"

"Pourtant tu t'es excusé pour m'avoir insulté… Et hier aussi, tu t'es excusé"

"Tu sembles être l'exception dans ma vie, mais ce type pourra ramper et pleurer comme il veut je n'irai jamais lui présenter mes excuses !"

Harry eut un sourire en coin. Il n'était pas trop d'accord avec son principe mais le fait qu'il soit son exception lui avait fait très plaisir. Il lui sourit gentiment et Tom lui renvoya un sourire à la limite de la moquerie. Tom fronça des sourcils alors qu'Harry détournait les yeux.

Il fallait qu'il réfléchisse, oui, mais ce n'était pas vraiment normal qu'il ressente l'envie à ce moment même de l'enlacer étroitement et de faire tomber sur son visage – et même sur son corps – une avalanche de bisous. Harry gardait le silence, perdu dans ses pensées et commença à s'étirer comme un chat sur le canapé. Tom frissonna et détourna le regard, incapable de supporter physiquement la vue d'une petite bombe atomique se prélassant et s'étirant sur un canapé.

"On fait quoi ?" demanda Harry.

Il lança un regard à Tom et celui-ci haussa des épaules.

"Demain j'ai entraînement de basket, j'ai un match mardi après-midi et mon équipe est vraiment mal partie, je ne me suis pas entraîné depuis une semaine !"

"Tu es capitaine de ton équipe ?"

"Pas vraiment mais le vrai capitaine est un loser alors c'est moi qui donne les directives… Tu viendras demain ?"

Tom acquiesça et Harry lui fit un éclatant sourire.

XXXXXX

Ding Dong, Ding Dong, DING DONNNNNNNNNNNNNNNNNNNG !

"OUI, j'arrive, j'arrive !" s'écria James avant d'ouvrir la porte d'entrée.

Derrière elle se tenait un couple. Un homme grand et ténébreux prenait par la taille une magnifique bomba latina au regard encore plus noir que l'homme. Elle était petite mais proportionnée à la perfection, elle était sexy et chaude. L'homme aurait pu paraître menaçant si un sourire malin ne vint pas étirer ses lèvres.

"SIRIUS !" s'écria James avant de le prendre dans ses bras.

Harry qui attendait dans l'entrée avec Tom lança un petit regard gêné à son correspondant à la vue de son père enlaçant comme un gamin un homme du même âge que lui.

"C'est un peu comme son frère…" murmura Harry pour éclairer la lanterne de Tom qui semblait un peu interloqué.

L'homme eut un rire semblable à celui d'un aboiement de chien et entra dans la maison suivi de sa copine qui gardait le silence, toute aussi étonnée que Tom.

"James, mon cher prongs…" commença-t-il avec des étoiles dans les yeux "Je te présente mon amie Rosa, et Rosa je te présente James, mon meilleur ami, mon frère, mon amoureux, enfin tout ce que tu veux…"

James fronça des sourcils même s'il ne put s'empêcher d'éclater de rire, mais Rosa sembla encore plus étonnée. Avait-elle vraiment épousé cet homme complètement fou ? Quand elle l'avait rencontré, il était fier, blagueur, charmeur, séduisant et un peu mesquin… Mais là il devenait taré ! Elle s'autorisa pourtant de sourire. Il était encore plus sexy ainsi ! En plus, son ami était particulièrement séduisant aussi. Elle vit dans le fond de la pièce deux magnifiques jeunes hommes qui regardaient la scène avec amusement. Quand elle vit Lily arriver… Rosa en eut la confirmation ! 'Les anglais sont des bombes !' pensa-t-elle.

"Bonjour Sirius…" fit la petite voix d'Harry.

"Mon Dieu ! Harry ! Putain… Mais tu as grandi !"

Sirius semblait clairement étonné.

"Si il y a un an, tu passais pour un gamin avec une magnifique frimousse, là je peux t'avouer que tu es devenu un homme extrêmement séduisant… J'imagine qu'avec les filles, ça doit marcher ?" demanda-t-il avec un sourire coquin.

"SIRIUS !" lança une voix autoritaire mais amusée.

"Lily !" fit Sirius en se retournant, il coura vers la mère d'Harry et l'enlaça sous l'œil jaloux de Rosa.

Sirius dut le sentir car il se tourna immédiatement vers sa copine.

"Rosa… Je te présente Lily, elle est comme ma petite sœur…"

'Sexy, la petite sœur…' pensa Rosa avant de sourire poliment à la femme.

Puis Sirius se tourna vers Tom et eut un léger sourire coquin.

"Vous auriez pu me dire que vous aviez un fils caché…"

"C'est le correspondant d'Harry !" lança James en s'empêchant de rire.

"Ooh !" fit seulement Sirius en lançant des regards pétillants de malice à Harry et Tom.

"Il s'appelle Tom" ajouta Harry en s'approchant de son correspondant et de Sirius.

"Hé bien, enchanté, Tom, moi c'est Sirius, le parrain d'Harry… Tu verras qu'il tient beaucoup de moi, c'est pratiquement moi qui l'ai élevé !"

"Dieu merci, c'est faux… Sinon, j'imagine qu'Harry se mettrait à déflorer les filles dans les vestiaires de son lycée !" s'exclama Lily.

Tom lança un regard amusé à Harry et celui-ci rougit étrangement. Sirius regarda Harry et eut un petit rire moqueur.

"Tu as raison, Lily, ton fils n'a rien retenu de mes leçons !"

Sirius fit un clin d'œil à Harry et entra à la suite de Lily, Rosa et James dans le salon. Harry regarda Tom qui éclata de rire.

XXXXXX

Harry avait l'impression qu'à force de rougir, il allait se transformer en gyrophare. Il adorait son parrain, c'était une personne formidable, très généreuse et humble mais il était aussi extrêmement agaçant ! Depuis son arrivée, il ne cessait d'énoncer les terribles facéties d'Harry devant son correspondant ! C'était incroyablement gênant. Il avait, notamment, avoué qu'Harry avait volé dans un magasin de Newport une journée pendant laquelle Sirius avait voulu lui acheter une combinaison de ski pour ces vacances d'hiver en France. Pendant ces mêmes vacances d'hiver, Harry s'était pris un sapin de plein fouet sur une piste bleue et Sirius ne manqua pas de le dire. Tout le monde riait et même Rosa avait les larmes aux yeux. Il fallait dire que Sirius avait un don inné de conteur.

"Il a eu un énorme coquard à l'œil pendant deux semaines ! Tu te souviens, Harry ?"

Harry lui jeta un regard noir qui ne fit qu'augmenter le rire de Sirius. Tom souriait, peinant à ne pas rire, ses yeux se baladaient de Sirius à Harry et il apprécia particulièrement le petit air gêné de son correspondant.

"Je te rappelle, Sirius, que tu as eu cent fois plus de mésaventures que mon fils ! Alors tu ferais mieux d'arrêter d'embêter Harry ou je raconte à tout le monde comment tu t'es fait largué pour la toute première fois de ta vie !"

Et, là, pour la première fois de sa vie, Harry vit Sirius perdre ses moyens, il eut un sourire fair-play et capitula.

"Ok, James… Sur ce coup-là tu m'as eu, mais je ne manquerais pas d'avertir ton fils des premières questions que tu m'as posé concernant le sexe si tu avoues ça à tout le monde !"

Harry leva les yeux au ciel sous les rires gênés et rougissements de James et Lily.

"C'était Lily qui avait des doutes à propos de comment on devait…"

"PAPA !" s'écria Harry.

Il était incroyable de voir à quel point son père redevenait enfant lorsque Sirius était dans les parages.

XXXXXX

"C'est une pizzeria ?"

Harry se tourna vers Tom, celui-ci remontait la fermeture éclair de sa veste alors que la pluie commençait à tomber sur les rues dallées du centre de Newport.

"Oui, tu aimes les pizzas j'espère ? C'est Hermione qui a trouvé l'idée super…" expliqua Harry.

"Je ne suis pas difficile en général" répondit Tom simplement.

Harry regarda son correspondant quelques instants à la lumière des néons de l'écriteau rouge de la pizzeria. La lumière flamboyante ne faisait que raviver l'éclat grenat des magnifiques yeux en amande de Tom.

"Tu as déjà remarqué que tes yeux étaient parfois un peu… rouge ?" demanda Harry avec hésitation, même s'il ne lâcha pas des yeux les prunelles almandines de son correspondant.

L'expression de Tom s'obscurcit d'un seul coup. Il baissa la tête et Harry craignit d'avoir dit une bêtise.

"Ça ne va pas ?" demanda Harry avec inquiétude.

"Si, si, ça va très bien" répondit Tom qui releva soudainement la tête fièrement "On y va ?"

Harry acquiesça et longea le trottoir jusqu'à l'entrée minuscule sous les néons fluorescents. Il n'était pas dupé par la réaction faussement enjouée de son correspondant, mais ne souhaitait pas lui parler de quelque chose qui, de toute évidence, le faisait souffrir. Au moins, à présent Harry était absolument certain que les yeux rouges carmin de Tom n'étaient pas une hallucination de sa part.

Dans la pizzeria bruyante, une grande table drapée d'une nappe blanche était dressée dans le fond de la salle près du bar derrière lequel les serveurs s'affairaient à prendre assiettes et verres pour les déposer sur les tables de la pizzeria. Il était relativement tard et l'endroit était bondé, la pizzeria Toscana était particulièrement réputée pour sa pâte molle et sa garniture riche. Harry et Tom se frayèrent un chemin entre les tables du restaurant et rejoignirent la plus longue table au fond de la pizzeria.

Harry remarqua que sur la terrasse – fermée en ce temps d'hiver – quelques clients fumaient leur cigarette tranquillement. La cigarette était interdite dans les lieux publics, ce qui arrangeait Harry qui ne supportait pas la fumée. Mais, comme il aimait bien fumer de temps en temps, il était ravi que le restaurant ait pensé à laisser un espace libre pour fumer. A la réflexion, il se demanda si Draco n'avait pas influencé le choix d'Hermione, puisqu'il était un assez gros fumeur. Les camarades de lycée d'Harry et leurs correspondants les saluèrent avec enthousiasme. Tom et lui étaient les derniers à être arrivés, Sirius était parti assez tard finalement et James n'avait pas daigné laissé son meilleur ami vingt minutes pour emmener Harry et Tom en ville.

"Harry, Tom !" s'écria Seamus Finnigan avec un air allumée, l'œil trop brillant pour que ce soit simplement la joie – l'alcool faisait son chemin illicitement autour de la table. L'ambiance semblait vraiment amicale.

"Salut !" fit Harry avec un signe de la main envers la dizaine de personnes entassée et riante.

Harry et Tom s'assirent côte à côte sur le côté droit de la table, là où Draco avait pris le soin de garder une place pour eux à côté de lui. Les yeux gris anthracite de Draco posèrent un regard malicieux sur Tom et Harry. Un sourire se dessina sur ses lèvres fines et Harry lui lança un regard placide, inconscient du contentement éprouvé par le jeune aristocrate.

"Alors, Harry… Comment était ce début de week-end ?" demanda Hermione d'un ton enjoué.

"Mon parrain est revenu cet après-midi des Etats-Unis !" s'exclama Harry avec une joie clairement apparente sur son visage et sous ses cils démesurément longs.

"Sirius Black ?" demanda Draco, amusé.

"Lui-même…"

"Celui-là qui te donnait des leçons d'éducation sexuelle ?"

Harry le regarda avec lassitude.

"Pourquoi est-ce que c'est toujours son côté pervers que vous retenez ? Oui, c'est lui qui m'a enseigné tout ce que je devais savoir sur le sexe mais c'est aussi lui qui m'a appris l'Histoire de notre pays et à quel point il est important de donner aux pays pauvres pour qu'ils puissent se développer et… -"

"Oui, oui, Harry" coupa Draco "Je crois qu'on a compris l'idée essentielle !"

"Alors arrêtez de me gêner avec ça ! Ok ?" fit Harry avec une fausse colère dans la voix.

Hermione et Draco se lancèrent un regard complice et rirent sous cape.

"Qu'est-ce qui vous fait rire ?" soupira Harry en levant les yeux au ciel.

"Rien, Harry, rien…" souffla Dean Thomas avec un énorme sourire.

"Quoi ?"

"Juste que tu es toujours très vite vexé dès qu'on mentionne Sirius, et que… cela dure depuis l'école primaire !"

Tom esquissa un sourire amusé, secouant la tête en riant silencieusement. Harry se tourna vers lui et fronça des sourcils.

"Ne t'y mets pas non plus, toi !" menaça Harry bien que l'ébauche d'un sourire se dessinait sur ses lèvres.

Tom mordit sa lèvre inférieure d'une façon qui fit tressaillir Harry et lui lança un regard amusé mais quémandant l'excuse. Harry lui sourit franchement et retourna à son assiette où il découvrit qu'une serveuse venait d'y déposer une énorme pizza remplie de garnitures variées. Draco continuait de sourire en les regardant, puis il posa son regard sur Hermione qui regardait dans une toute autre direction.

Il suivit sa trajectoire et rencontra la tête de Ron Weasley à droite de Tom. Il mordit l'intérieur de sa joue avec colère et une veine pulsa sur sa mâchoire, signe d'une intense colère. Il se demanda ce qu'il arrivait à Hermione, depuis quand elle s'intéressait aux personnes invisibles, idiotes et profondément ennuyantes ? Ron Weasley était et resterait à ses yeux, la personne la plus détestable qu'il soit sur Terre. Il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi Harry était ami avec ce rouquin laid et stupide. Mais en regardant Harry, il réalisa ce qu'il savait déjà… Harry aimait tout le monde. Et si quelqu'un était capable d'aimer, d'aider et de panser les blessures d'un orphelin sombre et insociable, c'était bien lui.

Un dernier regard vers Hermione lui confirma ce qu'il pressentait mais qu'il refusait à entendre. La belle brunette lui échappait. Une tristesse incommensurable le submergea. Il avait l'impression qu'il ne pourrait jamais ressentir ne serait-ce que le dixième du bonheur qu'était en train de naître entre Tom et Harry. Qui l'aimerait un jour ? Elle aussi voyait en lui qu'un gosse plein de fric et fils à papa. Il n'y avait qu'Harry pour voir au-delà de ça. Mais Draco n'aimait pas Harry, il aimait Hermione de tout son coeur et cela faisait abominablement mal.

Harry avait mangé le quart de sa pizza mais était déjà rassasié, il se tourna vers Draco pour lui demander s'il voulait manger le reste de sa pizza, sachant que Draco était un véritable goinfre mais il s'aperçut qu'il n'avait même pas touché à la sienne. Il leva les yeux vers son visage triste et déconfit, ses yeux étaient posés sur Hermione prise dans une conversation muette et visuelle avec Ron Weasley. Harry se mordit la lèvre avec anxiété. Draco avait déjà assez souffert à ses yeux pour qu'elle en remette une couche.

"Draco ?"

Draco se tourna vers Harry et lui lança un regard interrogatif.

"Tu me payes une clope, s'il te plaît ?"

"Bien-sûr" dit-il en se levant de sa chaise.

Harry le suivit et eut juste le temps d'apercevoir le regard sombre de son correspondant avant de disparaître sur la terrasse. Ils s'assirent sur une pile de chaises vertes de jardin en plastique et fumèrent leur cigarette silencieusement.

"Ça va, Draco ?" fit Harry d'un air concerné.

"Je ne sais pas trop… J'ai l'impression de m'être trompé vis-à-vis d'Hermione…" murmura-t-il amèrement.

"Que veux-tu dire ?"

"Je ne crois pas qu'elle m'aime, malgré qu'elle me l'ait dit… Elle ne sort avec moi que pour attirer l'attention de ce rouquin débile !" cracha Draco avec dégoût.

"Ron n'est pas un débile" répondit raisonnablement Harry "C'est elle qui est idiote parce que Ron est attiré par elle depuis belle lurette !"

Draco renifla dédaigneusement.

"Il a suffi qu'il se fasse ce moulin à paroles, là… Heu… Tracy, c'est comme ça qu'elle s'appelle ?"

Harry acquiesça.

"Et voilà, Hermione s'est rendue compte qu'elle n'était finalement pas attirée par moi mais par lui, je ne suis rien pour elle… Elle m'utilise !"

"Tu sais, Ron en pince pour elle depuis l'année dernière, et Hermione ne l'avait jamais vu, c'est à peine si elle connaissait son nom ! Au début de l'année, je n'arrêtais pas de lui parler de Ron… Et j'ai même essayé de te critiquer devant elle…"

Draco se tourna violemment vers Harry avec une mine douloureuse. Il avait l'impression d'être trahi.

"Quoi ?" fit-il d'une voix blanche.

"C'est Ron qui me demandait de parler de lui à Hermione, je ne voulais pas te critiquer mais elle ne voyait que toi. Elle avait des sentiments pour toi, Draco. J'en suis sûr. Tu sais bien que je t'adore, je ne te critiquais pas vraiment comme j'aurais dû… Tu sais comme j'ai du mal à dire du mal des gens, n'est-ce pas ?"

La colère de Draco ne sembla pas vouloir descendre.

"Je sais ce que tu penses de moi. C'est pour ça que tu es mon meilleur ami, Harry…" fit Draco alors qu'Harry arborait un visage reconnaissant et rayonnant "Mais, ton meilleur ami à toi c'est cette belette imbécile, n'est-ce pas ?"

"Je ne sais pas, je suis plus avec toi qu'avec lui dernièrement…" répondit Harry.

"Quoi qu'il en soit, tu as préféré qu'il soit avec Hermione plutôt que moi, tu n'as jamais pensé que je pouvais être complètement fou amoureux d'elle ? Que la perdre me ferait bien plus mal qu'à ce gros con, là ? Que moi aussi je voulais attirer son attention, pourquoi crois-tu que je suis délégué chaque année ? Que je me tape tout ce qui bouge ? Que je fais des fêtes incroyables ? Parce que je suis seul, Harry ! Personne n'est vraiment mon ami, il n'y a que toi et toi tu aimes tout le monde… La seule personne qui aurait pu me sortir de cette solitude, la seule que j'aime, ce rouquin est en train de me la voler !"

Harry avait les larmes aux yeux.

"Oh ! Draco, je suis désolé… Je ne savais pas que tu ressentais tout ça, je ne savais pas que tu aimais Hermione. Pour être honnête, je t'avoue qu'au début je voulais qu'elle soit avec Ron parce que tu as une réputation de briseur de coeur et que j'adore Hermione, mais…"

Draco baissa la tête.

"Alors toi non plus tu ne me voyais pas vraiment tel que j'étais ? Tu me prends pour un petit con arrogant, n'est-ce pas ?"

Harry jeta sa cigarette et enlaça étroitement son ami dans ses bras.

"Pardonne-moi ! Pardonne-moi !" murmura-t-il dans son cou "Je ne savais pas combien tu souffrais… Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je peux parler à Hermione, ou…"

Draco enlaça Harry à son tour et enleva les larmes qui coulaient sur ses joues.

"C'est toi qui devrait me consoler, Harry, pas le contraire…" fit Draco avec un léger sourire.

"Je suis une vraie fille, je pleure tout le temps !" se lamenta Harry en se reculant.

Draco eut un petit rire.

"Tu as réfléchi depuis notre conversation, Harry ?" demanda Draco.

"Oui, j'ai quelque chose à t'avouer !" répondit Harry.

Draco leva ses sourcils en signe de curiosité. Harry prit une grande respiration.

"Je suis gay !" fit-il.

Draco sourit.

"Je suis fier de toi, Harry. Maintenant tu vas pouvoir rendre fou notre orphelin préféré !"

Harry rougit délicieusement. Draco laissa échapper un rire.

"Je ne t'en veux pas Harry, tu sais. J'espère que tu as changé d'avis sur moi depuis… Tu restes mon meilleur ami !"

"Je crois que tu es le mien aussi. Après tout, tu as toujours été là pour moi, et tu es le seul à s'être aperçu que j'aimais Tom et les garçons en général… Sans toi, je ne l'aurais jamais avoué !" admit Harry "Et je ne t'ai jamais considéré comme un petit con arrogant, tu m'as toujours impressionné avec tes manières et ta classe. Quand j'étais plus petit, je t'imitais devant ma glace…"

Draco éclata de rire et enlaça avec amitié son meilleur ami.

"Hermione, fais la plus grosse connerie de sa vie…" murmura Harry "Si je n'étais pas déjà très accroché à Tom, je crois que j'aurais pu sans problèmes tomber amoureux de toi !"

"Dieu, bénissez Tom Riddle !" répondit Draco avec un rire.


TO BE CONTINUED...

Vous venez de lire le plus long chapitre de la fic pour l'instant. J'espère que l'avez aimé ! Et j'attends vos reviews qui ont été très nombreuses la dernière fois et qui m'ont trop fait plaisir... C'est vraiment agréable de retrouver ses lecteurs au fil des chapitres... JE VOUS ADORE !

Je vous laisse, je ne peux pas résister à l'appel de ma nièce – Samara ma chtite chérie – qui me regarde de ses grands yeux :D (j'ai quatre neveux et c'est du boulot, croyez moi ! lol)

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Binouxx

SamaraXX