Chapitre 10 : Rencontre avec la Bête.
Warning : Présence de sexe suggéré + Lime (threesome)
Amélia n'avait jamais vu cela, ce qui se trouvait devant ses yeux dépassait l'entendement. Elle n'était pas une personne naïve, de ce fait, elle savait que, hé bien… ce qui se passait dans ces fêtes étaient plus qu'adultes.
Mais là, ça partait loin !
Ce que l'auteur décrivait dans son ouvrage lui avait permis de se faire une image mentale : l'orgie, l'alcool, la nourriture, le sexe, bref… Il y avait beaucoup de choses décrites dans ce texte.
C'était la seule raison pour laquelle elle ne venait pas de sortir en hurlant, parce qu'elle savait à quoi s'attendre.
Mais là… ça partait vraiment loin. Presque trop loin pour elle. Et de toute façon, elle savait qu'il y avait une différence fondamentale entre lire et voir. Et puis il ne fallait pas oublier qu'elle n'avait pas beaucoup d'expérience sexuelle, donc, bon… tout ça c'était nouveau pour elle.
(Et ça aurait sûrement pu traumatisé n'importe qui.)
La débauche de nourriture et de vin (elle espérait que c'était du vin) ne lui faisait rien, c'était quelque chose de presque normal.
Mais le reste, le reste…
Sa température corporelle augmenta singulièrement alors qu'elle se trouvait confrontée à une débauche véritable de corps nus ou à moitié dénudés, des femmes et des hommes qui s'aimaient librement, à même le sol.
Écoutant leurs pulsions sans même penser à faire autre chose, possédés qu'ils étaient par la magie de la princesse.
Amélia avait maintenant la bouche sèche, et elle déglutit avec difficulté. D'accord… très bien… Tout cela ne la choquait pas : deux femmes, deux hommes, ou une femme et un homme, ou deux femmes et un homme ou…
Bref, vous avez compris, toute cette chose sous ses yeux ressemblait vraiment à une putain d'orgie.
Tentant plus ou moins d'échapper à cela, elle se rappela de la réaction du prince dans l'histoire, à la vue de cela.
Le choc, et l'excitation.
Elle comprit rapidement qu'elle n'avait ressenti aucun choc.
Elle ne le disait pas par orgueil, ou par condescendance, mais parce qu'elle s'y était préparée.
Contrairement à ce prince de pacotille, qui avait été incapable de résister face à cela. Elle ne pouvait que le comprendre, elle sentait une grande excitation grandir en elle face à cela, mais elle devait y résister.
La magie de la Bête était puissante, elle se devait d'y résister, et elle avait un avantage.
Belle ne l'avait pas embrassée. C'était comme ça que la magie marchait, elle aurait été ensorcelée dans le cas contraire, sous son emprise.
Perdue.
Enfin cela, elle l'était déjà.
Puis elle fronça les sourcils.
Où se trouvait donc la maîtresse de maison ?
§§§§
La Bête ronronnait. Enfin, c'est une façon de parler, elle émettait de légers soupirs de satisfaction en voyant le chaos qu'elle avait déclenché. Tout ces hommes et toutes ces femmes qui se livraient à la pire des licences, les uns dans les autres, lui plaisaient infiniment.
Ce qu'elle voyait lui plaisait réellement. C'était elle qui avait initié cela, elle et sa magie, elle était la reine de la soirée. Étrangement, elle n'avait encore rien fait avec personne.
Oui, la terrible Bête buveuse de sang n'avait pas encore fait l'amour. C'était surprenant, surtout en voyant les soirées dans lesquelles elle se trouvait souvent.
Elle n'avait pas encore trouvé de personne qui puisse lui plaire. Enfin, cela ne saurait pas tarder, la petite Amélia Jones lui plaisait bien, et puis elle était nouvelle ici, ce serait plaisant de réussir à la faire sombrer de son côté.
Un frisson d'excitation et de désir la traversa alors qu'elle imaginait ce qu'elle pourrait faire. Ce serait presque une éventuelle alternative au sang, en fait. Elle l'intéressait, la princesse ne pouvait pas le nier, qu'il s'agisse de Belle ou de la Bête.
Elle était étrange, mystérieuse, et paradoxalement, très banale. Cela n'empêchait pas le jeune femme de se sentir intéressée par elle et attirée par ce qu'elle voyait en elle.
Le fait qu'elle ne disait pas tout, qu'elle se cachait un peu, et cela ne gênait pas la Bête. Elle sentait que l'autre, tout comme elle, dissimulait des choses. Cela ne lui déplaisait pas, c'était même cela qui, par un aspect, l'attirait.
Et elle sentait qu'elle ne la laissait pas indifférente, ce qui ne rendait les choses que plus excitantes encore, et, pour ne pas céder à cela, elle se balada parmi ses invités, passa lentement ses longs ongles effilés sur les superbes corps nus des jeunes gens.
Ces derniers, sous l'influence de la magie de la princesse, n'en gémissaient que plus fort, tous perdus dans leur plaisir. Elle se rapprocha lentement d'un groupe, un verre à la main, et sourit en voyant deux femmes ensembles, richement vêtues, ce qui contrastait avec le fait qu'elles étaient à moitié nues.
L'une de deux femmes était penchée sur l'autre, la pointe du sein de l'autre dans sa bouche, qu'elle léchait, tandis que l'autre gémissait de plus en plus fort, sans se soucier qu'on puisse l'entendre.
Belle sourit, puis, contrairement à son habitude, décida de se joindre un peu à elles. Se penchant vers celle qui était caressée, elle joua un peu avec son autre sein, avant de prendre la main de l'autre femme, et de la placer entre ses cuisses.
Puis, tentant de se calmer, elle but un peu du sang contenu dans son verre, et, se sentant d'humeur joueuse et magnanime, elle tendit son verre vers l'autre femme qui se perdait peu à peu dans le plaisir, et qui, sans même attendre, but goulûment ce qui s'y trouvait.
Sans même se rendre compte de ce qu'elle faisait, elle but tout le contenu du verre avec extase, et la Bête se dit que dans son état, elle aurait été prête à avaler n'importe quoi. Elle semblait prête à sombrer de plus en plus, et cela, Belle le savait.
Alors elle ne résista plus et cueilli enfin la bouche de la jeune femme qui s'offrait, avide, leurs langues valsant ensembles, tandis que leur baiser avait un goût de sang. La jeune femme se sentit attirée en direction de la noble, et caressée sur tout le corps, à travers sa robe qui ne cachait rien et dévoilait tout.
L'autre se mit alors à la déshabiller, déchirant presque sa robe, tandis que ravie, Belle lui mordait la lèvre jusqu'au sang, savourant le goût de celui-ci, exquis. Avec extase, l'autre lui caressait tendrement les seins, les fesses, les cuisses, avant de commencer à entrer deux doigts en elle.
Se laissant faire, Belle eut un sourire d'extase.
Elle pouvait bien se laisser aller, pour une fois…
§§§§
Amélia allait craquer. Elle n'avait pas encore vu la Bête, mais elle sentait déjà qu'elle était perdue, et elle avait beau tenter de résister de toutes ses forces à la tentation, elle n'avait envie que d'une chose.
Se joindre à cette orgie.
Ce qu'elle avait cru être un avantage se révélait presque être un inconvénient : le fait qu'elle ne soit pas choquée ou dégoûtée un moment pour cela faisait qu'elle risquait de vouloir sombrer, contrairement au prince.
Oh, et même si elle n'aimait toujours pas celui-ci, elle devait lui concéder une chose : oui, sombrer ne pouvait être que très simple.
Le désir qu'elle et Nell avaient pu partager n'était rien comparé à cela, et elle comprit pourquoi il était possible de perdre la tête face à la Bête. Elle se mordit la lèvre, perdue, un peu désemparée, soulagée que personne ne l'ait vue.
Pas encore, du moins. Les groupes avec des hommes ne lui faisaient rien, bon, en tant que yaoiste, elle ne pouvait qu'être ravie, mais cela ne lui faisait rien du tout.
Mais les femmes… Cela avait peut-être aussi à voir avec la magie ambiante, mais elle ne pouvait les voir sans éprouver une certaine excitation non contrôlée, violent, presque animal.
Et cela lui faisait peur.
Elle était quelqu'un qui savait se contrôler, elle n'était pas habitué à cela. Avec Nell, elle avait pu se lâcher, ne plus essayer d'être sage, parce qu'il n'y avait pas eu toute cette tension sexuelle, toute cette magie.
Et ces ténèbres…
Ce n'était pas elles qui lui faisaient peur, oh non.
Sa peur, c'était bien au contraire qu'elle puisse y prendre goût…
§§§§
S'étant relevée, la princesse recommença à errer parmi ses invités, laissant les deux femmes au sol, gémissantes, et pas encore rassasiée de leur plaisir. Elle sourit. Tant mieux. C'était ce qu'elle voulait, qu'elles s'amusent, loin de leur vie ennuyeuse.
Elles étaient toutes deux mariées, chacune à un homme âgé, et venaient de royaumes différents toutes deux. Elles ne pouvaient donc se retrouver qu'ici, quand la princesse les invitait.
Et elle les invitait souvent…
Belle se rhabilla, regarda dans quel état elle était, et sourit. Sa robe n'était pas en lambeaux, mais presque cette dernière ne cachait plus rien désormais.
Cette robe était rouge sang, et une des robes préférées de la Bête. Elle fit la moue, puis haussa les épaules. Bah ! Qu'était donc cette robe par rapport à ces instants de plaisir qu'elle venait de prendre ? Elle en aurait d'autres !
D'un seul coup, son visage se ferma, et elle prit une grande inspiration, puis fronça les sourcils. Quelque chose n'allait pas. Il y avait une personne, ici, qui ne prenait pas de plaisir, qui n'était pas mal à l'aise, mais qui ne profitait pas. Qui, elle ne le savait pas, mais elle allait le découvrir…
Enfin, elle la vit, et un immense sourire parut sur le visage de la Bête. Oh ! Ça, c'était inattendu… Naviguant entre les invités, elle se dirigea vers l'invitée non désirée, qui s'était décidée à venir, sans doute intriguée par ce qu'il se passait là. La chaleur de son ventre se ralluma alors qu'elle fixait son regard sur Amélia Jones.
Amélia regardait l'ange démoniaque qui se trouvait face à elle. Elle n'avait pas d'autre terme pour la qualifier, la beauté angélique de Belle était sublimée par l'air libertin de la Bête, avec son regard envoûtant, et sa blondeur presque transparente.
Comme sa robe par ailleurs.
Ça aussi elle s'y attendait, mais bon, le voir était beaucoup plus fort que ce qu'elle aurait imaginé.
Elle avait chaud, à nouveau, surtout que la robe était assez mal en point, et donc elle ne se priva pas de tout observer.
Et puis merde hein, la princesse ne se gênait pas, elle.
Son regard brûlant la détaillait sans aucune mesure, de la tête aux pieds, d'un œil gourmand. Amélia suffoquait presque, face à cela, n'y étant pas habituée. Elle n'arrivait plus à bouger, subjuguée face à la beauté toxique de la Bête.
Celle-ci, sans même lui poser de question quant à sa présence, prise par son désir pas encore complètement satisfait, lui prit alors la main.
« Une danse ? » Susurra-t-elle.
Amélia ne put qu'acquiescer.
§§§§
Ce n'était pas une danse.
Ce n'était définitivement pas une danse.
Leurs deux corps étaient beaucoup trop proches pour que ce soit une simple danse.
Bordel…
Ouais, elle comprenait parfaitement les doutes du prince face à ce genre de chose.
Même elle, elle en avait.
Ce n'était pas déplaisant, mais elle avait peur.
C'était la Bête, non de Dieu !
Évidemment qu'elle ressentait un mélange de frisson, de peur et d'excitation.
Qui ne l'aurait fait ?
Les mains de la princesse se baladaient tranquillement sur son corps, de façon presque naturelle, sans aucune hésitation. Elle ne fit rien pour empêcher cela, et elle mit un temps avant d'en comprendre la raison, et de se l'avouer.
Elle le voulait.
Elle voulait que cela arrive, c'était pour cela qu'elle était dans ce monde, pour cela qu'elle aimait ce personnage, pour son côté sombre et dérangé. Amélia prit du temps pour le comprendre, le savoir.
Ce ne fut pas simple, il lui fallait s'avouer qu'elle était autant attirée par Belle que par la Bête.
Elle n'était pas venue ici pour sauver Belle.
Elle était là pour tomber dans les bras de la Bête.
Elle voulait la Bête.
C'était aussi simple que cela.
Cela n'avait rien à voir avec la magie de la Bête, parce que celle-ci n'avait pas d'effet ou presque sur Amélia. La fascination et le désir étaient présent à cause de cela, du moins en partie, certes.
Mais malgré cela, avant, elle avait toujours vu la Bête en Belle.
Et cela ne l'avait pas gêné.
Une danse ne suffisait pas pour aimer quelqu'un, surtout quand la magie s'en mêlait, elle était bien placée pour le savoir.
Mais cela faisait plus longtemps que cela qu'elle était là, et désormais, maintenant qu'elle était là, dans les bras de la princesse, elle ne pouvait que se dire une chose.
Et cette révélation lui fit pousser un soupir de désespoir.
Elle était amoureuse de Belle et de la Bête.
Elle était foutue…
