Je sais que vous ne vous y attendez surement pas mais voilà le dernier chapitre de cette fiction. Je ne savais pas, en écrivant le premier chapitre que ça nous mènerais ici mais j'espère que, même si la fin vous aura probablement déçu, vous aurez pris de plaisir à lire cette histoire autant que j'en ai eu pour l'écrire.
C'est possible que j'écrive un épilogue après ça, peut être des années après, concentré sur le Brittana, c'est quelque chose que j'envisage mais pas pour le moment.
Ce chapitre est court, trop court mais j'espère quand même que vous aimerez. Je vous remercie, pour les commentaires que vous avez laissé, pour avoir suivi cette histoire et pour m'avoir encouragée à continuer. On se revoit vite j'espère, si vous en avez envie.
MERCI
A bientôt, -C.
Chapitre 10 :
Rachel se regardais dans le miroir de sa loge, seule, les mains posées doucement sur le rebord de la petite table devant elle, pleine de bouquets de fleurs et de cartes de veux. Elle y était. Enfin. Elle entendait les gens applaudir dans la salle, ils l'attendaient, ils la demandaient. Elle n'avait plus qu'à traverser ce couloir sombre, à contourner ces projecteurs éteints, et ces caisses pleines d'instruments et de costumes. Elle n'avait plus qu'à monter sur les planches et faire ce qu'elle faisait de mieux.
C'était son tour. Son tour de briller. Elle avait décroché le rôle de sa vie, celui de ces rêves. Fanny Brice. C'était elle, elle était née pour ça.
La brunette ferma les yeux quelques instants. Elle inspira doucement et relâcha l'air tremblant de ses poumons. Elle avait besoin de se souvenir une dernière fois.
Elle se souvenait de cette soirée, elle s'en souviendrait toujours. Elle se souvenait avoir beaucoup trop bu. Elle se souvenait être assise sur le perron de la petite maison au bord de la plage. Seulement accompagnée d'une bouteille d'un alcool fort. Elle ne se rappelait plus lequel. Elle se souvenait juste de la brulure au fond de son cœur à chaque gorgée alors qu'elle guettait le petit chemin entre les arbres, espérant le voir revenir.
Mais elle soupira et se leva. Il ne viendrait pas. Elle entra dans le salon, décoré avec des fausses toiles d'araignées, des faux squelettes et autres artifices qui la firent sourire. Sam et Puck s'amusaient à faire s'emblant de s'étrangler, laissant Mercedes, Tina et Artie rire à gorge déployée. Kurt et Blaine avaient disparus et elle espéra qu'ils n'avaient pas élu domicile dans son lit. Elle tourna la tête et vit Santana embrasser Brittany passionnément contre un des murs de la pièce. Elle était pourtant assez pudique quand il était question de sa petite amie mais là, l'alcool aidant, elles se prouvaient à quel point elles s'aimaient.
Rachel sourit. Parce que c'était beau, l'amour qui les unissait et elle était fière que sa, maintenant colocataire, ait fait tout ce chemin pour s'accepter et qu'elle ait enfin ouvert les yeux sur son amour pour Brittany. Amour qu'elle ne doutait pas qu'il puisse être éternel.
Rachel monta jusque sa chambre, la bouteille toujours pendue à ses doigts, rejoignant parfois ses lèvres, lui laissant un gout amer au fond de la gorge dont elle ne pouvait se passer actuellement. Elle ouvrit la petite porte fenêtre et sortit sur le petit balcon du premier étage. L'air était doux et elle frissonna quand elle sentit le contraste avec la chaleur étouffante de la maison.
Elle se trouvait maintenant dehors, et elle entendait toujours la musique qui s'échappait de l'étage du dessous par toutes les fenêtres ouvertes.
Mais un bruit bien plus fort se rependit dans l'air. Un bruit, dont elle comprit après qui s'était échappé de sa propre gorge. Un cri qui avais puisé son air dans ses propres poumons, qui avait vu sa genèse au creux de son estomac et qui avais été amplifié par les battements erratiques de son cœur.
Elle avait observé la mer, noire, agitée et loin du rivage il y avait cette tache claire qui se ballotait entre les vagues. Comme une fumée opaque et translucide qui se promenais sur les molécules d'eau, effleurant la vie d'un pas délicat.
A l'étage du dessous, la musique se coupa, tous ne sachant pas si ce cri était le fruit de leur imagination ou pas. Les garçons montèrent dans les chambres, espérant croiser un de ces monstres qui avaient habités les histoires qu'ils avaient racontés aux filles plus tôt dans la soirée. Tout le monde sortit sur la terrasse et quand Puck et Sam arrivèrent en haut, aucun mot ne fut prononcé.
A peine Puck avait posé son regard sur la mer qu'il comprit. Elle était la seule à être en robe blanche ce soir-là. Elle était la seule qui aurait pu aller s'aventurer dans la mer, aussi loin, aussi seule.
Il avait couru, les autres l'avaient vu se débarrasser rageusement de son t-shirt alors qui courait sur le sable humide et qu'il pénétrait dans l'eau glacée. Quand il arriva jusqu'à elle, quand il put la toucher, il comprit que c'était réel. Que c'était bien elle.
Il était sorti de l'eau, il l'avait portée doucement, tentant de la maintenir contre son torse. Mais son corps ne réagissait plus, alors que les larmes dévalaient ses joues et qu'il regardait Quinn, le bras tombant sur le côté, la tête en arrière.
Puck s'était assis sur le sable et il l'avait déposée là, tremblante, alors qu'elle lui chuchotait 'je suis désolée. Je suis tellement désolée' et qu'elle répétait ces mots sans pouvoir s'arrêter. Il comprit. Il comprit que ce n'était pas parce qu'elle avait un peu trop bu. C'était bien plus que ça.
Il avait tenté de la mettre debout, embrassant son visage, ses tempes, le long de sa mâchoire, prenant cette peine qui la rongeais. Mais elle était là. Elle le serait toujours.
Rachel souffla une nouvelle fois, plongeant son regard dans le reflet des yeux en face d'elle alors qu'elle ouvrit l'enveloppe pour la centième fois probablement, s'apprêtant à lire la seule chose qui lui permettrais de monter sur ces planches et d'offrir sa passion à tous ces gens qui applaudissaient toujours, l'appelant, l'incitant à venir.
La jeune femme se souviendrait toute sa vie du retour de ces vacances qui avaient fini en fiasco. Elle avait fait le retour dans le van de Kurt, en direction de New York. Il y avait Kurt, au volant, Santana, à côté d'elle et à l'arrière, elle et Quinn. Quinn assoupie, la tête posée sur son épaule.
Elle se souvenait de ces mois, passés en colocation maintenant à quatre dans leur petit appartement. Santana évitais le plus possible la maison, elle avait pris l'habitude de téléphoner à Brittany tous les soirs, des appels téléphoniques souvent contestés par Kurt puisqu'il pouvait parfois entendre des gémissements à travers la cloison qui séparait leur chambres. Elle s'était visiblement beaucoup rapprochées ces derniers temps, et Rachel se disais que le temps avais fini par refermer leurs blessures.
Quand à Kurt, et bien il n'était pas souvent à la maison, toujours au travail, soit chez Vogue, soit à la NYADA.
Et Rachel, elle était restée auprès de Quinn. Le plus souvent qu'elle le pouvait. Elle avait appris beaucoup de choses. Elle avait appris qu'elle ne pouvait pas vivre sans ses œufs brouillés et du bacon grillé le matin. Elle avait appris qu'à chaque fois que la jeune fille achetait un nouveau paquet de cigarette, elle aimait toutes les sortir, prendre un stylo noir et écrire sur les longs papiers blancs qui entouraient le tabac des phrases, des choses qui lui paraissaient importantes.
Elle avait appris que la jeune fille peignait, beaucoup. Elle l'avait souvent retrouvée, assise en tailleur dans sa chambre, des taches de peinture sur le visage, sur le sol sur les mains et dans les cheveux.
Aujourd'hui, elle se surprenait encore à mettre parfois de côté dans le frigo les yaourts à la fraise, parce que c'était les préférés de la blonde. Elle se surprenait parfois à encore frapper avant d'entrer dans la chambre maintenant vide, s'attendant à la voire assise là, assise en tailleur, un rayon de soleil éclairant son visage.
Elle se souvenait avoir reçu cet appel, ce pompier lui disant que Quinn, sa Quinn avais un peu trop aimé le vide que lui offrait les toits de New York pour y avoir plongé, pour avoir voulu sentir le vent une dernière fois danser dans ses cheveux. Et elle se souvenait de cette lettre posée sur son oreiller, à côté d'un portait, de son visage, peint à la peinture à l'huile. Elle se souvenait de l'écriture bancale sur l'enveloppe. « Rach' »
Je sais qu'un jour tu le ferras. Je sais que tu pourras me pardonner de t'avoir fait subir tout ça. Je sais que tu le peux parce que je t'ai vu te relever de tout. Je t'ai vu te battre et sortir de tous tes combats encore plus forts.
Promets-moi, promets-moi qu'un jour tu seras sur ses foutues planches pour lesquelles tu te bas depuis que tu as cinq ans. Promet moi que tu feras tout pour qu'un jour toutes ces personnes découvrent à quel point tu es talentueuse, car crois-moi, quand ils t'auront vu chanter, au sommet de Broadway, ils n'en douteront pas.
Parce que moi je t'ai vu, dans cette salle de chant avec ce groupe d'amis, et à la minute où je t'ai entendue chanter, je savais que tu réussirais.
Tu as réussi à vivre avec moi, tu as réussi à me supporter, tu pourras bien supporter toutes les critiques du monde avec ça. Mais tu m'as pardonné, chose que je n'ai pas su faire.
Je te regarderais, quand tu seras sur ces planches et que le rideau rouge se tirera devant toi, t'offrant le monde, je serais là, et je te regarderais. Quand tu les entendras applaudir, écoutes bien parce que celle qui applaudiras le plus fort, ça sera moi.
Je suis désolée, pour absolument tout, pour t'avoir détestée, pout t'avoir critiquée, pour avoir été moi. Pardonnes moi.
Rachel glissa la feuille de papier tachée de peinture dans l'enveloppe et en sortit un petit bâtonnet de nicotine à moitié consumé. Voilà cinq mois qu'elle essayait de comprendre, voilà cinq mois qu'elle aidait Kurt à supporter une Santana totalement inconsolable. Voilà cinq mois qu'ils avaient posés des roses au sol pour elle.
Elle baissa les yeux et regarda la cigarette entre ses doigts la faisant rouler, lisant et relisant les quelques mots griffonnés dessus. Elle passait ses doigts doucement sur le filtre, sur l'encre, sur le papier jauni et sur le bout consumé, brulé par la vie.
Elle le reposa sur la table, se regarda une dernière fois dans le miroir et alors que ces mots tourbillonnaient dans sa tête elle traversa enfin ce couloir pour aller sur scène.
« Je t'aime Rachel. »
