Voilà le chapitre 9, après une longue semaine de Bac Blanc pour ma part, c'est un vrai repos de pouvoir écrire la fanfic, et j'espère que cela vous fera autant plaisir de lire que pour moi de l'écrire ! Breffons, je vous laisse avec votre lecture et espère recevoir des retours pour ce chapitre :D


Chapitre 9

-Professeur Dumbledore, professeur Dumbledore. S'il vous plaît attendez, j'ai besoin de vous parler. Le grand mage se retourna enfin et jeta un regard intrigué à Drago. Cela faisait très longtemps que le jeune homme n'avait pas parlé au sorcier, et Dumbledore savait parfaitement pourquoi. Voilà surement la raison pour laquelle, en entendant la voix du blond, il ne s'était pas attendu à être réellement concerné. -Oui Monsieur Malefoy ? Le garçon, ayant couru pendant quelques minutes, était essoufflé et il préféra montrer la direction du bureau du principal plutôt que de parler. Sa robe de sorcier voletait toujours autour de lui à cause de l'agitation qu'elle avait subie et cela l'empêchait de marcher correctement, risquant à chaque seconde de se prendre les pieds dedans. Le directeur, comprenant que le garçon avait besoin de se reposer, accepta de le faire entrer et le fit assoir à son bureau. Lui même le contourna pour s'installer derrière et croisa les bras dessus. Pendant plusieurs minutes, un silence de plomb régna dans la pièce, seulement brisé par les petits piaillements de Fumseck. Le professeur Dumbledore fixait son élève à travers ses lunettes en croissant de lune, attendant patiemment que ce dernier reprenne son souffle pour pouvoir lui exposer ses problèmes. Au bout de ce qui lui sembla une éternité, le jeune homme ouvrit la bouche. -J'aurais besoin de vous demander un service. Pas pour moi, bien sûr. Pour Hermione Granger. Je sais que vous l'estimer et que vous n'hésiterez pas à l'aider, surtout pour la cause que je viens défendre devant vous aujourd'hui. Drago fit une pause, autant pour prendre de l'assurance que pour laisser traîner le suspens. « Comme si le principal de l'école avait besoin de suspens dans sa vie, franchement Drago, c'est minable comme idée. » Souriant à sa blague intérieure, le jeune blond releva ses yeux pleins de fierté et répondit aux questionnements silencieux du professeur Dumbledore. -Vous ne devez pas ignorer l'existence de la bagarre qui a éclaté la semaine dernière entre Saint Potter et moi. -Ne l'appelez pas ainsi. Sa voix n'était pas sèche, elle était d'ailleurs aussi impassible qu'à son habitude. Pourtant, Drago sentit qu'il ne devait pas poursuivre sur cette pente glissante s'il voulait avoir gain de cause. -Excusez moi, j'avais oublié à quel point vous l'estimiez. Bon, pour l'impertinence on repassera mais sinon c'était presque un sans faute pour le blondinet orgueilleux et particulièrement jaloux d'un certain sauveur.
-En tout cas, à cause de cette dispute ayant dégénérée, nous sommes interdits de bibliothèque. Vous savez comme moi que Monsieur Potter n'est pas spécialement anéanti par cette interdiction. Moi peut être un peu plus. Mais ce n'est pas pour ma propre personne que je viens vous voir aujourd'hui. Hermione était avec nous ce jour là et Mme Pince a décidé de la punir aussi. Voilà pourquoi je me tiens la, devant vous. Pour elle. Pour que justice soit faite. En prononçant cette phrase, Drago eût l'impression de prier. Mais n'était-ce pas ce qu'il faisait finalement ? Il n'implorait pas Dieu mais Dumbledore. Cela restait une prière. Pourtant, et malgré son aversion pour une quelconque religion, il continua à prononcer sa demande.


La jeune femme marchait tranquillement dans les couloirs, en compagnie de Harry. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas passé de temps rien que tout les deux. Il y avait toujours Ron, Ginny ou même Neuville. Cela ne leur laissait plus la possibilité de parler convenablement, comme ils le faisaient depuis cinq ans maintenant. -Ca va mieux toi ? La brunette releva la tête pour fixer son meilleur ami, intriguée par ses paroles. De quoi parlait il ? Quand est ce qu'elle n'avait pas été bien ? Puis une lumière s'alluma dans son esprit. Elle avait tellement refoulé cette pensée, elle avait tellement enfouie l'interdiction, qu'elle l'avait oubliée. -Je l'accepte petit à petit. Ce n'est pas facile, je n'ai pas l'habitude d'être punie et encore moins d'être privée du lieu tant sacré que représente la bibliothèque. Mais, je m'y habitue. Ne t'en fais pas pour moi. Elle lui servit un sourire rayonnant mais le coeur n'y était pas. Harry, probablement sans le vouloir, venait de la replonger dans une longue tourmente. Elle était perdue dans ses souvenirs, tous liés à la bibliothèque, et cela la rendait particulièrement nostalgique.
-Mione ? -Hein ? Elle secoua la tête et reporta son attention sur son ami, essayant de se focaliser sur les mots qui sortaient de sa bouche plutôt que sur ses souvenirs. Mais c'était mission impossible. Elle en était incapable. -Désolée Harry, je dois y aller. Sans aucune autre explication, la jeune Gryffondor s'enfuit loin de son meilleur ami et des questions qu'il pouvait lui poser. Elle avait peur de ce qu'il pouvait lui demander. Elle avait peur des réponses qu'elle devrait donner. Alors, elle préférait fuir, même si ce n'était pas digne d'une lionne. Ce n'était pas digne mais c'était plus rusé, plus avisé. C'est en cherchant à fuir Harry que Hermione se retrouva dans les couloirs du quatrième étage. C'est fou ce que ces lieux lui manquaient. Elle essayait d'y passer le moins souvent depuis une semaine, de peur de mal réagir en voyant les grandes portes de l'endroit sacré. Elle se savait capable de fondre en larmes, ou de chercher à entrer sans la permission. Mais faire cela aggraverait encore plus les choses. Alors elle avait décidé de ne plus venir. Pourtant, aujourd'hui, elle avait besoin de réconfort et c'était toujours au près des livres qu'elle le trouvait. C'était surement pour cela qu'instinctivement, elle était venue ici. Des bruits de pas dans son dos lui firent tourner la tête et elle eut la désagréable surprise de voir une tête blonde platine apparaitre dans son champ de vision. Sa robe de sorcier voletait autour de lui, surement à cause des courants d'air, mais cela lui donnait une allure majestueuse que Hermione détesta encore plus. Elle détesta cette apparence imposante car, au creux de son ventre, elle se sentait réagir. Et elle ne voulait pas. Surtout pas. Se détournant du nouvel arrivant, autant pour faire croire qu'elle ne l'avait pas vu que pour se cacher, elle commença à avancer, se rapprochant de la pièce à laquelle elle ne pouvait plus accéder. -Hermione, attends ! Elle fit mine de ne pas entendre et continua de marcher, la tête haute, les épaules droites et le regard fier. Du coin de l'oeil, elle cherchait une échappatoire à la torture de se retrouver avec Drago Malefoy. Mais avant qu'elle puisse trouver un couloir dans lequel s'enfoncer ou un escalier à grimper, une main attrapa son biceps et la fit pivoter. -Hermione, s'il te plait, j'ai besoin de te dire quelque chose. -Malefoy, laisses moi. Je te l'ai déjà demandé, ne me fais pas me répéter. Le blond accusa le coup, le regard légèrement assombri par les paroles de la Gryffondor. Elle lui avait dit une première fois qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec lui mais il ne la pensait pas sincère. Le fait qu'elle cherche à lui redire une seconde fois n'était pas bon signe. -Juste cinq minutes. Tu m'as dit que tu ne comprenais pas mes sentiments. Je te les prouve. Mais pour cela, il faut que tu me laisses faire. Si après tu ne comprends toujours pas, je te laisserais tranquille. Je promets. Hermione le regarda attentivement, cherchant à voir si Drago disait vrai. Puis, voyant dans le regard du blond de l'espoir et une pointe d'appréhension, elle ne put résister. -Ok, mais seulement cinq minutes. Je ne veux pas passer plus de temps avec toi pour l'instant. Encore une fois, Drago accusa le coup sans sourciller mais pas sans éprouver de la tristesse. Du moins c'est ce que se dit Hermione en voyant son regard se voiler encore un peu plus, passant d'un bleu givré à un bleu cobalt. La jeune fille se sentit mal d'être responsable de cela, elle ne voulait pas être coupable du malheur de ce garçon. -Allez viens. Il lui attrapa la main, pour l'entrainer encore un peu plus loin, mais Hermione se dégagea bien vite, de peur que quelqu'un les voit ainsi. Au bout de deux minutes, la jeune Gryffondor vit les portes de la bibliothèque apparaitre et elle se tourna vers Drago pour l'interroger du regard. -J'ai parlé avec Dumbi ce matin, à propos de la bagarre entre moi et ton meilleur ami. Je lui ai tout expliqué et il est allé voir Mme Pince. Tu as la permission de retourner à la bibliothèque. -Quoi ? La voix tremblante, Hermione ne cessait de faire la navette entre le visage de Drago et la porte de la bibliothèque. Ses yeux s'imbibèrent et des larmes commencèrent à couler. C'était un si beau geste de la part du blond. C'était un si beau cadeau qu'il lui faisait. Emue, elle ne put s'empêcher de fondre en larmes.

Drago regardait sa bien aimée, attendant sa réaction. Lorsqu'il vit les larmes couler sur les joues d'Hermione, il sentit son coeur faire un rater. Pourquoi était-elle triste ? Le fait de pouvoir retourner à la bibliothèque ne lui plaisait-il pas ? Lui qui pensait la réjouir, c'était apparemment loupé. -Herm' ? Je suis désolé, je pensais que tu serais contente, si ça t'embête je vais dire à Mme Pince que ce n'est plus la peine… Vraiment je suis désolé, je ne pensais que… -Par Merlin, Drago c'est magnifique !
Elle se précipita vers lui, serrant ses bras autour de son cou et pressant son corps contre le torse du garçon. Drago avait attendu cette étreinte depuis une semaine, soit une éternité pour le blond. Il referma ses bras autour des hanches de Hermione et la serra encore un peu plus contre lui. Il inhala profondément le parfum de la Gryffondor, une récompense pour ce qu'il venait de faire. Pour l'instant, il se contenterait de son parfum. Il ne réclamerait rien d'autre, malgré l'envie qui lui tiraillait le ventre maintenant qu'il la sentait contre lui. Au bout d'une minute, Hermione se sépara du blond, les larmes toujours ruisselantes sur ses joues mais un sourire éclatant aux lèvres. -Tu crois que je peux entrer ? -Bien sur, Hermione, c'est le but. Un rire joyeux s'échappa des lèvres des deux adolescents, l'un parce qu'il était soulagé de voir la femme de sa vie heureuse et l'autre parce qu'elle pouvait retourner dans l'endroit qu'elle aimait le plus au monde. Drago regarda la Gryffondor pousser les portes de la bibliothèque, sourire aux lèvres mais avec un pincement au coeur. S'il avait réussi à faire accepter Hermione dans la grande salle des livres, il n'avait pas réussi à négocier pour lui. Comme si les pensées du Serpentard avaient traversées l'esprit de la Gryffondor, elle se tourna vers lui et murmura d'une voix douce: -Tu viens ? -Je n'ai pas le droit moi… Il n'y a que toi qui peut entrer.
Drago regarda Hermione baisser la tête vers sol, comme si elle regrettait quelque chose. Sans prendre le temps de réfléchir, il s'avança vers elle, posa délicatement sa main droite sur la joue gauche de Hermione et redressa son menton de pouce. -Fais toi plaisir, pour toi mais aussi pour moi. Il lui sourit puis, sans attendre de voir comment elle allait réagir, posa ses lèvres sur sa joue avec délicatesse. Il ne sut jamais le résultat de ce baiser car il se détourna sans l'observer et quitta le quatrième étage sans jamais se retourner.


Le cours de potion avait à peine commencé que déjà Hermione était énervée. Le professeur Slughorn leur avait demandé de faire une potion assez compliquée, décrite à la page 439 du manuel, et, bien sur, Harry ne suivait pas du tout les instructions. Il faisait aveuglement confiance en ce foutu prince et il avait en quelque sorte raison car ses potions étaient toujours parfaitement réussies, ou du moins beaucoup plus que celles de leurs camarades. Hermione n'en pouvait plus, elle se demandait comment elle allait tenir tout un an comme ça, à se faire surpasser par son meilleur ami. Elle adorait Harry mais c'était elle la meilleure. Ca avait toujours été le cas et ça devait rester comme cela, point final. -Tu devrais plutôt le découpé en fines lamelles, en tout cas c'est ce que le prince dit de faire. -Le prince n'a pas toujours raison et, dans le livre, il y a écrit qu'il faut les presser et non pas les couper. Moi je préfère suivre les instructions. -Tu as tort, ça pourrait t'aider tu sais… -Laisses moi tranquille Harry, ça vaudra mieux pour tout le monde. Puis elle se détourna de lui, se re-concentrant sur sa potion violette et visqueuse. Du coin de l'oeil, elle vit les autres élèves tout aussi en galère pour réussir leurs concoctions. Un certain blond semblait particulièrement énervé par son échec, vu la tête qu'il faisait, et Hermione sentit son ventre se serrer en voyant son regard masqué. Il était fâché mais aussi triste et dérangé par quelque chose. Le fait qu'il lui ai rendu l'accès à la bibliothèque avait allégé Hermione et elle était beaucoup moins en colère contre lui, ce qui lui permettait de comprendre les sentiments de Drago. Et elle ne savait pas si elle aimait être aussi attentive aux humeurs du blond ou si, au contraire, elle détestait le fait d'être dépendante du bonheur du Serpentard. Car, ne nous le cachons pas, elle était bien plus heureuse quand elle savait que lui aussi. Après tout, il avait fait quelque chose de magique pour elle. Quelque chose que même ses meilleurs amis n'avaient pas fait. -Miss Granger, vous devriez faire attention, votre manche trempe dans votre chaudron. Cette phrase, assez anodine, la fit paniquer et la jeune fille sentit le rouge lui monter aux joues. Tout le monde avait entendu la remarque du professeur Slughorn et bien sur, tout le monde en fut choqué. Hermione Granger, faire une bêtise et être inattentive ? Impossible. Pourtant, c'était bien le cas. Ayant reculée précipitamment, personne n'avait eu le temps de voir sa faute mais, vu la teinte de son visage et le regard de panique qu'elle avait, tout le monde savait qu'elle avait vraiment laissé tomber sa manche dans sa potion. Heureusement pour Hermione, le tissu n'avait pas touché le liquide et donc aucun des deux n'étaient souillé. -Je suis désolée, professeur… Je ne sais pas… Vraiment pas ce qu'il a pu se passer… C'est… Impardonnable… La voix chevrotante de la Gryffondor sembla attendrir le professeur de potion, qui était déjà fan de son élève, et il lui sourit avec gentillesse. -Nous n'avons rien vu. Un clin d'oeil et deux chaudrons plus tard, la malencontreuse aventure était oubliée par tous. Tous sauf une personne. Le jeune homme blond regardait Hermione, il était inquiet pour elle. Il voulait faire quelque chose pour elle. Autre chose que la bibliothèque. Quelque chose qui pourrait la faire craquer pour lui, petit à petit. Il était en train de se questionner lorsque la voix du gros lard qui leur servait des professeur s'éleva dans la salle. -Très bien, la fin du cours approche, arrêtez vos potions qu'on voit ce que vous nous avez fait. Slughorn commença à faire le tour de la classe, notant les potions et donnant quelques conseils aux élèves. Lorsqu'il passa devant la potion de Théo, il fut assez impressionné du résultat. En même temps, le Serpentard voulait devenir potioniste, métier que Drago envisageait aussi. Après tout, il avait toujours été doué et cela pouvait être intéressant. Mais ce n'était pas son but premier. Il voulait d'abord essayer d'être Médicomage. Slughorn félicita d'ailleurs le blond, bien que la potion soit à améliorer selon lui. Le professeur passa ensuite aux Gryffondor et aux Pouffy et les compliments fusèrent un peu moins. Hermione n'avait pas spécialement bien réussi mais sa potion restait convenable. Celle de Weaslaid était une véritable catastrophe et celle de Macmillan était apparemment pire. Puis ce fut au tour de Potter. Et à ce moment, Drago sentit son sang bouillir dans ses veines. Un déluge de compliments s'abattit sur le Gryffondor, agaçant prodigieusement le blond. Normalement, Saint Potter était une catastrophe en potion. Il l'avait toujours été. Alors pourquoi cette année était-elle différente ? Drago n'en pouvait plus. Tournant la tête vers ses camarades de maison, il vit qu'il était le seul à être énervé. Théo, toujours égal à lui même, ne semblait même pas s'apercevoir que leur ennemi recevait des éloges et les autres Serpentard n'écoutaient déjà plus le professeur. Soupirant et encore plus énervé, le blond reporta son attention sur le balafré et vit du coin de l'oeil une furie. En effet, quelqu'un d'autre que lui était exaspéré par les compliments du professeur. Hermione était encore plus décoiffée que d'habitude, ses yeux semblaient lancer des éclairs et le bout de ses oreilles s'étaient colorées d'un rouge vif. En voyant cela, un sourire s'étendit sur les lèvres minces de Drago mais il se détourna rapidement de la jeune Gryffondor, de peur que quelqu'un remarque la joie qu'il ressentait lorsqu'il la voyait. Il était peut-être amoureux d'elle, mais il n'était pas prêt à ce que tout le monde le sache. Ce serait trop difficile. Pour lui, pour elle et même pour la famille de Drago. La sonnerie retentit, permettant aux élèves de quitter le cours de la vieille limace. Drago, cerné de ses amis, ne se permit pas de regarder Hermione lorsqu'il passa près d'elle mais, en revanche, il prit le temps d'humer son parfum qui lui parvenait au nez. Une sensation d'apaisement l'engloba tout de suite et il se détendit imperceptiblement, ce qui lui permit de passer une merveille journée.


La première chose qu'il vit fut une mèche de cheveux blonde sur le sol. C'était étrange de voir quelque chose sur le tapis Persan, surtout lorsqu'on savait que la maison était toujours tirée par quatre épingles. Drago fit un pas de plus, cherchant à comprendre ce qu'il se passait réellement. Une main pâle suivit la mèche blonde, puis ce fut tout un corps qui se retrouva sous les yeux du jeune Serpentard. Un frisson lui caressa l'échine lorsqu'il reconnut le doux visage de sa mère. Pourquoi était-elle par terre ? Drago savait que rien n'était normal. Il savait aussi que sa mère était inanimée, voire pire. Mais il ne bougeait pas. Il ne faisait que fixer son corps immobile. -Bien joué Drago… La voix nasillarde que le blond entendait semblait venir de partout. Des murs, du sol, du plafond, de sa propre tête. Cette voix, il l'aurait reconnu entre mille. Celle du Mage Noir. -Continue… Encore une fois, Drago sentit la voix vibrer tout autour de lui, en lui, et il en fut traumatisé. Pourtant, il l'écouta et se remit à marcher, dépassant le corps de sa mère sans pour autant vérifier comment elle allait. Il ne faisait que la regarder et marcher pour s'en éloigner. Il quitta le salon principal pour se retrouver dans un long couloir du manoir Malefoy, qu'il connaissait peu étant donné que c'était l'étage de son père. A part quand ce dernier le sommait de venir, il n'avait pas le droit de pénétrer dans cette aile du manoir, au risque de se faire violemment réprimandé. Il avait appris cela à ses dépens lorsque, âgé de six ans, il avait voulu jouer dans le bureau de son père. Il en gardait encore les cicatrices et les mauvais souvenirs. Pourtant, aujourd'hui, il n'avait pas peur de pénétrer dans ce couloir, ni d'y marcher la tête bien haute et les épaules droites. Dans le couloir, Drago se retrouva nez à nez avec un autre corps sans vie. Celui de son père justement. Drago était moins choqué, moins désemparé de voir cela que lorsqu'il avait trouvé sa mère. Mais il sentit tout de même son coeur accélérer et ses yeux se posèrent instinctivement sur la porte close au bout du corridor. La pièce interdite. Sans savoir comment ni pourquoi, il se retrouva devant et ouvrit le bureau de Lucius sans même toquer. Là, majestueux et menaçant, le Seigneur des Ténèbres l'attendait. Il avait ce sourire carnassier aux lèvres, et cet air de maitre qu'il arborait toujours lorsqu'il se tenait face à ses esclaves de Mangemorts. Drago n'en était pas un mais le Mage Noir comptait bien le rallier à sa cause. -Je t'attendais Drago. Et elle aussi d'ailleurs… D'un geste de la main, il donna la permission au blond d'observer la pièce sombre. C'est à ce moment là qu'il remarqua la jeune femme attachée et torturée. Elle avait les cheveux en batailles, le corps meurtri, les yeux vitreux et apeurés. Du sang recouvrait sa peau d'albâtre, des plaies béantes semblaient régner en maitre sur le corps de la femme. -Drago… -Tues la Drago. Tues cette Sang-De-Bourbe et purifies ton sang par la même occasion. Le blond, tournant son regard effrayé vers le Seigneur des Ténèbres, vit que celui ci ne rigolait pas. Il était très sérieux et attendait visiblement que le jeune Malefoy obéisse. Mais il ne voulait pas obéir. Il ne voulait pas tuer la brunette. Mais il n'avait pas son mot à dire. C'est surement pour cela qu'il leva sa baguette et murmura le sort impardonnable. Une lumière verte jaillit et un cri se fit entendre.

-Drago ! Drago ! Mais Drago réveilles toi bon sang ! Deux mains étaient en train de secouer le blond avec vivacité, afin de le faire reprendre connaissance. Le jeune homme était plongé dans un sommeil profond, remplis de rêves abominables, et contrairement à ses camarades de dortoir, il n'avait pas été réveillé par ses propres cris. Il ne le fut que grâce aux mains énergiques de Blaise, qui le secouait comme un pommier. -Arrêtes ça, Zabini, je vais te gerber dessus. -Oui bah ça sera mieux que de t'entendre gémir et hurler comme un damné. Drago le regarda avec étonnement. De quoi parlait-il ? Il n'avait pas crié. C'était Hermione qui hurlait. Elle appelait à l'aide, elle suppliait, elle souffrait, elle murmurait le prénom du blond. Un long frisson saisit Drago et il sentit de la sueur couler le long de sa colonne vertébrale. Il entendait de nouveau la voix de la Gryffondor l'appeler, il entendait toujours son cri de douleur lorsqu'il avait prononcé le premier sort impardonnable. Il se sentait mal, très mal. Cette fois, Blaise n'était pas responsable de la nausée. Les souvenirs et les rêves l'étaient. Drago se leva précipitamment, bousculant son meilleur ami d'un coup d'épaule, et se dirigea vers la salle de bain. Accroupi devant les toilettes, le beau blond essayait de contrôler les hauts-le-coeur qui le faisait frémir et qui le faisait rendre les restes de son diner de la veille. -Mec, ça va ? Un grognement fut la seule réponse qu'il fut capable de donner à Blaise avant de se remettre à vomir. La respiration erratique, il se laissa bientôt choir sur le carrelage froid de la salle de bain tout en tentant de contrôler les battements de son coeur et les frissonnements réguliers qui le prenaient. Il avait torturé l'amour de sa vie. Il avait écouté le Seigneur des Ténèbres et avait blessé la femme qu'il aimait. Si Blaise ne l'avait pas réveillé, il l'aurait probablement tué d'un Avada. Un autre haut-le-coeur le prit et il se redressa le plus vite possible afin de ne pas vomir autre part que dans les toilettes. Mais c'était déjà trop tard. Lorsqu'il en fut capable, il se rendit compte qu'il avait raté et que le sol avait été touché. Un soupir contrit franchit ses lèvres entrouvertes et Blaise dû l'entendre car il s'approcha de son meilleur ami, malgré l'odeur fétide et le dégout qu'il éprouvait dans ce genre de cas, et le saisit par l'épaule. -Viens te recoucher, je vais m'occuper de nettoyer et j'irais chercher Mme Pomfresh après. Le blond ne trouva pas la force de résister et se laissa emmener en direction de son lit. Théo était debout lui aussi et, étrangement, il arborait une expression inquiète au visage. Drago en fut étonné et il se demanda s'il avait l'air si mal en point que ça pour que le garçon le plus indifférent de la planète le regarde ainsi. Même si Théodore était un ami, il ne se souciait que très rarement des autres, ou du moins il ne laissait pas transparaitre ce qu'il pensait. Voilà pourquoi le petit groupe ne savait jamais vraiment si Théo était avec eux ou pas. Mais ce matin, Drago savait qu'il n'était pas tout seul face à ses peurs, face à ses cauchemars. Enfin étendu dans son lit, le blond ferma les yeux et laissa échapper un nouveau soupir. Le voyage, pourtant très court, l'avait épuisé et il sentait que la nausée était toujours présente, prête à lui faire rendre ce qu'il n'avait déjà plus dans le ventre. -Tiens, Drag'. Le Serpentard s'était attendu à entendre Blaise mais lorsqu'il ouvrit les paupières, il vit Théo, assis à ses côtés avec un sourire doux aux lèvres. Il tenait une serviette verte dans une main et un saladier dans l'autre. Il trempa la serviette dans le récipient et la posa ensuite sur le front du malade. -C'est froid… -C'est normal, c'est de l'eau. Moi aussi, je fais souvent des cauchemars. La seule chose qui m'apaise quand je suis dans le même état que toi, ce sont les serviettes mouillées sur le front. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me fait toujours du bien. Sinon, je t'ai apporté un verre d'eau, ça te fera peut-être plaisir aussi… Il sourit de nouveau à son ami et tamponna délicatement son front à l'aide de la petite serviette. Pendant quelques instants, le silence régna dans le dortoir. Tout le monde dormait encore, à part les trois amis, et Blaise étant parti chercher l'infirmière, il ne restait plus que Théo et Drago. Ce dernier sombrait peu à peu dans une sorte de comma bénéfique pour calmer sa nausée et son petit coeur bien trop pressé. Mais, alors qu'il allait s'endormir de nouveau, les souvenirs de son cauchemar refirent surface, le replongeant dans un état de stress et de malaise profond. Il rouvrit précipitamment les paupières et tenta de se redresser pour fuir la douceur de ses draps. Heureusement, Théo était toujours là et il l'empêcha de faire cela. -Calmes toi Drago. Tout va bien, c'est fini, d'accord ? Incapable de parler, le blond approuva avec des hochements de tête vigoureux. Il avait peur, c'est d'ailleurs cela qui nouait ses entrailles. -Tu veux me dire de quoi tu as rêvé ? De nouveau, Drago répondit à l'aide de sa tête. Mais cette fois, sa réponse était négative. Il ne voudrait jamais en parler à haute voix. Cela rendrait l'affaire beaucoup plus réel. Et cela l'obligerait aussi à avouer les relations qu'il entretenait avec le Seigneur des Ténèbres. Car ces cauchemars n'étaient pas anodins. Ils n'avaient pas été créés par son inconscient, loin de là. Encore une fois, Drago se fustigea. Tout cela était de sa faute. Si seulement il prenait le temps de fermer son esprit, il ne serait plus embêté par ses cauchemars. Il ne voyait que cela comme solution car, rejoindre les rangs du Mage Noir était totalement inconcevable pour le blond. Pourtant, c'était surement ce qui allait arriver, Drago s'en doutait depuis longtemps maintenant…


Alors qu'en avez vous pensez ? J'attends vos critiques, donc ne vous gênez pas pour vous servir de vos petits claviers ;)

Bisous, et à bientôt je l'espère !