Auteur : jharad17
Titre original : Whelp qui signifie le petit d'un animal, généralement du chien donc en français Chiot.
Traducteur : Dyneen
Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K.Rowlings. Les autres intervenants de l'histoire sont à jharad17.
Genre : Relation père/enfant SR/HP
Rating : M pour violence sur enfant.
Remarques : C'est ma première traduction. Elle fait 27 chapitres et j'ai bien évidemment l'autorisation de l'auteur pour la traduire en français.
Traduction effectuée jusqu'au chapitre 14.
Chiot
Chapitre 10
Severus arpentait la salle à manger, au rez-de-chaussée, luttant pour garder ses nerfs sous contrôle. Il n'était pas fâché contre le garçon, mais avec lui-même. A quoi pensait-il en le dominant, alors que le garçon était évidemment effrayé par les personnes plus grandes et plus puissantes que lui ? Et la lueur de terreur dans les yeux de Harry quand Severus s'était avancé vers lui... L'avait coupé dans son élan.
Ses doutes augmentaient encore sur la ligne de conduite à suivre. Il avait passé une nuit agitée, réfléchissant à toutes les choses qui rendaient cette adoption insensée. Il s'était une nouvelle fois rappelé qu'il n'avait aucune idée de la façon d'élever un enfant, particulièrement un avec une histoire comme celle du Garçon-Qui-A-Survécu. Il angoissait de savoir s'il serait vraiment capable de mettre de côté son aversion pour le père biologique de l'enfant, et traiter Harry comme son propre fils. Devait-il ne pas aimer le garçon, comme ses propres tante et oncle avaient fait ? Et Harry alors? Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait se passer. Comment le pourrait-il, à un si jeune âge ? Il était si calme, craintif, et en même temps, presque stoïque et résigné. Ca le hantait, vraiment.
Mais plus ses doutes tourbillonnaient, plus il réalisait qu'Albus avait raison. Il ne pourrait pas laisser le garçon partir de nouveau avec ses relatifs, même s'il détestait les manigances du vieux directeur pour le forcer à cet autre choix. Il se demandait, cependant, à quoi Albus pensait, vraiment ? N'avait-il pas aimé Lily suffisamment pour prendre son fils unique dans sa famille? Est-ce que tout ça incombait vraiment à un ancien mangemort et espion ?
Aucune de ces questions n'améliorant ses pensées, Severus utilisa le peu de minutes restantes pour vider son esprit. Quand il fut prêt, il appela Dappin et lui dit de leur apporter le petit déjeuner à l'étage dans la chambre d'Harry.
«Ensuite, j'aurai besoin que tu ailles chez Madame Guipure au Chemin de Traverse.» Lui dit-il «Harry a besoin de vêtements appropriés pour une cérémonie aujourd'hui. Une robe longue et bleue. Fais lui mettre un charme d'ajustement de taille et fait retirer l'argent sur mon compte de Gringott's.»
«Oui, Maître Rogue, monsieur.» L'elfe minuscule s'inclina et disparut probablement dans la cuisine, dans un POP.
Après une autre minute à arpenter la pièce, Severus ne pouvait plus se justifier de rester loin du garçon – ou du petit-déjeuner – plus longtemps, et il se dirigea à contrecœur vers le premier étage.
Harry était revenu sur le lit, regardant ses mains, qui étaient croisées sagement sur sa couverture. Il avait l'air de quelqu'un de résigné à un destin particulièrement désagréable, et ne leva pas la tête quand Severus entra dans la chambre.
«Harry?»
Le garçon regardait toujours fixement ses mains, mais ses épaules se voûtèrent encore un peu. Lentement, Severus se rapprocha du lit, mais il faisait attention de rester à plus d'un mètre de lui. «Ne veux-tu pas me regarder?»
«Pas 'toriser» chuchota le garçon.
«Tues autorisé à le faire, ici. Je préférerais vraiment que tu me regardes, particulièrement quand je te parle.»
Les mains du garçon tremblaient, puis il les serra en des poings minuscules, comme pour essayer de s'empêcher de montrer sa peur.Et pourquoi devrait-il ne pas être effrayé par toi? Se réprimanda une nouvelle fois Severus. Après la façon dont tu lui as grogné dessus. «S'il te plaît, Harry. Regarde-moi.»
Harry leva les yeux avec hésitation, bien que sa tête soit encore légèrement abaissée, le dévisageant à travers la frange indisciplinée de cheveux qui recouvrait son front et ses yeux vert clair. Les yeux de Lily, réalisa-t-il avec douleur. Les yeux de Lily, semblant déjà si matures que même lui se sentait comme dans ses plus mauvais jours contre certaines personnes. Par quoi le garçon était-il passé, au-delà de la terreur de son dernier traitement, pour qu'un tel regard hanté s'imprime sur le sien ?
«Merci» dit-il au garçon «Je suis désolé, Harry, de t'avoir effrayé tout à l'heure.»
«Je n'étais pas...» Le garçon arrêta ses propres protestations et regarda au loin, et Severus sentit une subite montée de colère dans sa poitrine, contre les relatifs du garçon qui avaient réduit le Sauveur du Monde Magique à un tel état.
«Tout va bien, Harry.» Il essaya de garder sa voix – et son attitude – aussi peu menaçantes que possible, et le garçon hocha lentement de la tête, mais ne la tourna pas de nouveau vers lui, tandis que ses mains se tordaient ensemble sur sa couverture.
Il n'eut rien besoin de dire d'autre car Dappin apparut avec un plateau de petit-déjeuner. L'elfe de maison l'arrangea sur la table près du lit, et de là, distribua la nourriture à Severus et au garçon. Harry et lui eurent chacun un bol de porridge, bien que le garçon n'avait qu'une demi-portion. Severus eut du café à la place du jus de Harry, et il y avait une assiette de pains grillés légèrement beurrés à partager entre eux deux. Des fraises et des mûres fraîches complétaient le repas.
Harry porta le gobelet de jus à ses lèvres, le tenant avec ses deux mains sous l'oeil attentif de Severus. Le goût dut l'étonner parce qu'il regarda soudainement Severus, avant de baisser de nouveau la tête.
«Qu'y a-t-il?» demanda-t-il au garçon, après avoir mangé un peu de porridge.
«Je n'ai jamais bu de ce jus avant, monsieur.»
«C'est du jus de citrouille» dit Severus «Je ne pense pas que beaucoup de Moldus en boivent.»
«Moldus, monsieur?» La voix du garçon était très hésitante comme il posait la question, et Severus savait que c'était une autre de ces règles infernales de son ancienne maison.
«Tu as aussi le droit de poser des questions, Harry» dit-il calmement. «Je préfèrerais que tu le fasses, en réalité, plutôt que d'agir dans l'ignorance. Quant à ta question, les Moldus sont les gens qui ne connaissent pas la magie. Des gens comme tes relatifs, mais également beaucoup de gens qui ne savent même pas que le Monde Magique existe. Est-ce que tu comprends?»
«Oui, monsieur, hum, Père» dit le garçon, et il prit une autre gorgée de son jus de citrouille, mais son visage était complètement blanc, et Severus sut qu'il y avait quelque chose d'autre, se cachant sous la surface.
«As-tu une autre question?»
«Oui, monsieur.» Le garçon lui jeta brièvement un coup d'oeil. «Est-ce que tous les Moldus...» Les articulations des doigts du garçon étaient blanches comme il serrait son gobelet, et son visage gardait un masque d'indifférence, mais Severus pouvait presque sentir la tension qui traversait le corps minuscule.
«Est-ce qu'ils sont quoi, Harry?» insista-t-il, bien qu'il était pratiquement sûr de ce que le garçon dirait... Ou avait voulu dire. Il avait dans l'esprit que ça aiderait le garçon de pouvoir exprimer ses sentiments envers ses relatifs, mais quand le garçon resta silencieux, et visiblement troublé, Severus ne poussa pas plus loin.
«Les Moldus sont comme les Sorciers par certains côtés» lui dit Severus «L'un d'eux est qu'ils ne sont pas tous identiques. Certains font de bonnes choses, et d'autres en font des mauvaises. Il s'avère que tu es justement tombé sur celles mauvaises.» Il ne dit rien au sujet de ses propres choix ignobles dans le passé, ou sur les opinions extrêmes qui existaient dans le monde magique en ce qui concernait les Moldus, ou ces sorciers nés de parents Moldus. Il n'avait pas besoin de savoir ça, pas maintenant.
«Tu as une autre question?»
«Oui, monsieur.» Le garçon hésita une nouvelle fois, et il devait faire un effort, Severus pouvait le voir, pour continuer à parler. Severus attendit, avec plus de patience que ce que la plupart le pensait capable, et il en fut enfin récompensé. «Qu'est-ce qu'un sorcier?»
Harry pencha la tête, sachant qu'il avait eu tort de le demander. Est-ce que son père l'avait déjà regardé avec un tel air choqué! Et aucune réponse. Il n'aurait pas du demander pour les sorciers. Ne savait-il pas que la 'magie' était le pire mot qu'il pouvait utiliser? Est-ce que Oncle Vernon ne le lui avait pas rappelé, encore et encore, que la magie était interdite, et monstrueuse, et mauvaise, mauvaise, MAUVAISE!
Mais un instant plus tard, son père se raclait la gorge. «Un sorcier, Harry, est quelqu'un qui utilise la magie. Comme moi, et toi.»
«Non!» Harry sursauta, laissant tomber son gobelet et vaciller son bol de porridge. Il recula à quatre pattes sur son lit, hors de portée. «Je n'en suis pas un! Je ne peux pas l'être. Ce sont les monstres qui utilisent la magie.»
«QUOI??» Le père de Harry se leva, et arpenta la pièce en direction de la porte, tandis que Harry se recroquevillait contre la tête du lit. Quand son père fit demi-tour et revint vers lui, son visage était rouge, juste comme son Oncle Vernon avant qu'il ne commence à le frapper. Il pointa son doigt en direction de Harry. «Tu n'es pas un... Un monstre. Je ne suis pas un monstre. Tu peux utiliser la magie et je le peux aussi, et ce comme bon nombre de personnes: sorciers, sorcières, Dappin également et les autres elfes de maison. Je ne sais pas qui t'a dit cela dans... Ta famille, mais je ne veux pas encore entendre ce mot passer tes lèvres!»
Harry hocha vivement la tête. Au moins une règle était identique. La 'magie' était un mauvais mot.
Cela ne prit que quelques minutes pour le père d'Harry avant de se rasseoir encore, et de faire des gestes brusques vers le plateau, le porridge et le jus reversés. En un clin d'œil, tout disparu! Nettoyé. Harry resta bouche bée en regardant la où le désordre avait été, puis il ferma les yeux et courba la tête. Il n'était pas supposé voir ça, n'était pas supposé le savoir. Ohhh, il allait avoir des problèmes maintenant.
Mais personne ne le frappa.
Personne ne lui hurla dessus non plus. Après un moment, Harry cessa de trembler et ouvrit les yeux. Il se rassit, en tailleur, contre la tête de lit. Regardant soigneusement ses mains, il les serra fortement pour ne pas qu'elles tremblent.
«Mange, maintenant» dit sont père après un long silence, et sa voix était de nouveau tranquille, apaisante comme de la soie par-dessus du sable. «Autrement tu auras faim pendant la cérémonie, et personne ne veut entendre ton ventre grogner pendant une si grande occasion.»
Jetant un rapide coup d'oeil vers lui, Harry saisit un morceau de pain grillé et le grignota. Il allait attendre jusqu'à ce que son père se serve avant de prendre quelque chose d'autre comme il était supposé le faire, mais son père poussa l'assiette vers lui et lui dit de manger, même s'il était déjà entrain de manger! Son ventre était confortablement plein, et il sut qu'il devait s'arrêter maintenant, après le porridge et le jus, mais il ne voulait pas que la nourriture soit gaspillée. Rien n'était pire que ça!
Son père regardait si souvent dans sa direction que Harry se sentait étrange, alors que l'homme réfléchissait à quelque chose. Il n'avait pas demandé à Harry d'en dire davantage sur la magie ou sur sa tante et son oncle, donc tout allait bien, mais il le regardait encore tristement. Harry n'était pas sûr de savoir pourquoi son père était triste, mais il était sûr que c'était en rapport avec la magie.
Après un ou deux grignotements supplémentaires, Harry se rapprocha vivement et mit une de ses petites mains sur le vêtement noir qui recouvrait le bras de son père. Son père le regarda, ses yeux noirs visiblement surpris. L'estomac de Harry était contracté par la peur, mais il réussit à dire «Je suis désolé, Père.»
«A quel propos?»
«De vous avoir rendu triste. Avec... Ce que je vous ai dit. Je suis désolé, je... Je ne suis pas un bon fils.»
«Oh, enfant» dit son père avec douceur en mettant sa propre main sur celle de Harry. Par un effort de volonté, Harry ne s'écarta pas. La main serra la sienne, doucement, comme s'il savait ce que ça coûtait à Harry de se laisser toucher par quelqu'un de cette façon. Puis les longs doigts minces tapotèrent le dos de sa main, et c'était gentil, presque. Harry pensa qu'il aimait peut-être ça.
«Tu seras un bon fils. Tu es un bon fils.»
La lueur dans les yeux noirs était si sincère, si expansif, qu'Harry dut e nouveau s'éloigner. Il sentit le picotement des larmes, et cligna violemment des paupières pour les empêcher de couler. «Merci, monsieur.» chuchota-t-il la gorge serrée.
«Essaye de manger encore un peu» dit son père, en brisant de nouveau le silence. Sa voix semblait étrange, comme s'il avait des chatouillements dans la gorge, devant le comportement d'Harry. «Et puis nous regarderons ta cheville.»
«Oui, monsieur» dit Harry, et il reprit son pain grillé. «Merci, monsieur.»
Severus endormit une nouvelle fois le garçon avant de travailler sur sa cheville. Après la réaction de l'enfant sur la possibilité qu'il puisse utiliser la magie, Severus n'était pas disposé à l'effrayer encore. Il avait déjà brisé le fragile lien de confiance entre eux en perdant son sang-froid une fois de plus sur un sujet lié à ces damnés Moldus chez qui Harry avait vécu. Il savait que les mots utilisés par Harry vis-à-vis de la magie n'étaient pas de lui mais venaient de sa prétendue famille. C'était encore un autre sujet qu'ils devraient éclaircir, en temps voulu.
En attendant, il décida de se concentrer sur son travail sur les délicates fibres de tendon et de muscle de la jambe et du pied du garçon pour apaiser ses propres nerfs. Il y avait beaucoup de dommages autour de l'articulation des os, mais après avoir lancé un sort pour réduire les gonflements et détendre les muscles, immobiliser la cheville ne fut pas aussi difficile qu'il l'avait craint. Elle serait toujours un peu plus faible que sur l'autre pied, et durant une semaine ou deux, il devrait s'assurer que le garçon y aille doucement sur sa cheville malmenée, mais il était satisfait de la réussite de ses soins.
Il laissa le garçon dormir – ayant noté les cercles foncés sous les yeux de Harry significatifs de nuits agitées – pendant qu'il allait prendre une douche et mettre des vêtements plus légers de ceux qu'il portait sous sa robe longue et formelle. Sous le jet d'eau chaude dans la salle de bain principale, il repensait encore et encore au fiasco de ce matin. Il devait garder son sang-froid quand il parlait à l'enfant. Il n'y avait aucune autre possibilité.
Peut-être une potion calmante était envisageable.
Dappin revint alors qu'il s'habillait et il l'envoya à la chambre du garçon, avec pour instruction de le préparer pour la cérémonie. Le garçon avait besoin d'un bain et d'un bon shampooing, et peut-être d'une coupe pour ses cheveux désordonnés. Il supposa que l'elfe de maison était capable de s'en occuper.
Moins de cinq minutes plus tard, cependant, pendant qu'il s'asseyait à son bureau pour relire les papiers nécessaires à l'adoption qu'Albus lui avait envoyé via hibou la nuit dernière, le POP de Dappin lui fit relever la tête vers elle.
«Maître Rogue, monsieur, Maître Harry ne veut pas prendre de bain.»
Severus fronça les sourcils. «A-t-il dit pourquoi?»
«Il dit qu'il est trop grand pour prendre un bain, que c'est seulement pour les bébés.»
Avec un soupir, Severus indiqua «Laisse le employer la douche alors. Fais-moi savoir si l'un ou l'autre de vous a besoin d'aide.»
«Oui, Maître Rogue, monsieur.» Elle Poppa une nouvelle fois.
Severus appuya brièvement du bout des doigts sur ses tempes avant de retourner au parchemin. Il n'était vraiment pas fait pour ça.
Ils étaient enfin lavés et habillés, et Harry, venant de descendre les escaliers avec Dappin, entra dans le salon. Le garçon était tout à fait bien habillé dans sa petite robe de couleur bleue avec une bordure argentée. Les boutons argentés portant le 'R' de Rogue brillaient vivement sur la robe foncée. Des chaussures noires étaient à ses pieds. Ses cheveux étaient encore humides de la douche, et son visage était rosé au lieu d'être comme avant, rougi par soleil.
Les mains serrées sur le devant de sa robe, Harry offrit à Severus le plus bref des sourires, que Severus lui rendit tandis qu'il s'adossait contre la porte de la salle à manger. Sa propre robe était également bleue, avec cependant plusieurs nuances plus foncées, et des ornements dorés à la place d'argentés, dénotant son rôle de chef de famille. A la fin de la journée, Harry serait son héritier.
«Tu sembles plutôt en forme, jeune homme» dit Albus d'une chaise près du feu.
Harry sursauta et recula d'un pas. Puis il lança un regard à Severus, comme s'il lui demandait si la nouvelle personne était sûre. Le coeur de Severus se souleva devant cette marque de confiance, et il donna au garçon un petit signe d'assentiment. Harry sembla se détendre un peu, puis fit face à Albus et dit, en regardant ses chaussures. «Merci, monsieur.»
Albus sourit à Severus, puis dit, «Laisse-moi voir tes yeux, mon enfant. J'ai entendu qu'ils sont comparables à ceux de ta mère.»
La tête du garçon se releva, et sa bouche forma un O. Il jeta un autre regard à Severus, qui lui donna un autre signe d'assentiment. Ils devraient travailler sur le fait qu'il demande encore la permission avant de parler, et rapidement. «Vraiment ? Comme ma maman?»
«Comme elle en effet» indiqua tranquillement Albus. Sa robe était de couleur verte comme les prés d'été, avec des fleurs jaunes lumineuses brodées sur les manches.
Un coup retentit à la porte, faisant de nouveau sursauter Harry. Albus observa le garçon par-dessus ses lunettes en demi-lune, mais parla à Severus. «Ce doit être Enid Collin, mon contact au service de Ministère pour le Bien-être des Enfants. Elle aura quelques questions à poser au jeune Harry, et à vous.»
«Très bien» indiqua Severus, et il partit répondre à la porte. Enid Collin était une sorcière d'une soixantaine d'année d'après Severus, portant une robe marron foncée de travail avec une sorte de froufrou beige qui attirait l'oeil. Ses cheveux étaient retenus dans un chignon qui reposait dans sa nuque, et elle souriait visiblement à l'aise. Il lui demanda d'entrer, et l'a présenta au garçon.
Harry s'était vivement rapproché de Severus quand il était revenu, et était maintenant presque caché derrière la longue robe de Severus. Il toucha doucement le bras du garçon pour tenter de le ramener devant. « Viens, Harry, Madame Collin ne te mordra pas.»
Le visage mince le regarda avec une telle angoisse qu'il en eut mal au cœur.
«Tout ira bien» promit-il «personne ne te fera de mal.»
Le garçon se mordit la lèvre un long moment encore, puis il hocha la tête et s'avança devant les jambes de Severus, bien qu'il resta encore suffisamment proche de lui, pour que Severus sente son corps trembler, même à travers sa propre robe. Avec précaution, il mit une main sur l'épaule d'Harry, et fut surpris quand le garçon se redressa sous ce contact, tandis que ses tremblements diminuaient. Le garçon lui lança un autre regard, avec un sourire minuscule, et Severus serra doucement son épaule.
«Habituellement, j'aime interroger les participants pour un tel rituel séparément» dit Collin. «Ainsi chaque personne sent qu'elle peut dire ce qu'elle veut, sans craindre de répercussions. Et ceci afin de prendre la meilleure décision sur le placement de l'enfant.»
Severus ouvrit la bouche pour protester, mais Albus le devança. «Nous avons déjà discuté de ceci, Enid» dit le directeur tranquillement.
La sorcière jeta un coup d'oeil sur lui. «Oui, bien sûr. J'ai cru comprendre que c'est le seul placement possible, mais j'aimerai tout de même savoir» et elle se rapprocha de l'endroit où Severus se tenait debout, avec Harry appuyé contre ses jambes, et s'accroupit devant le garçon «si c'est où il veut être.»
Harry hocha la tête.«Oui, m'dame.»
«Tu réalises que Severus Rogue sera ton père, une fois la cérémonie complétée. Que tu seras son héritier, et qu'il aura ton droit de garde jusqu'à ce que tu sois majeur.»
«Oui, m'dame.»
«Pourquoi veux-tu faire la cérémonie, Harry ?»
«Je...» Il regarda encore une fois Severus, et se mordit la lèvre, puis se retourna vers la femme. «J'aime être ici. Et il me traite gentiment. Je veux qu'il soit mon père.»
«Très bien. Et vous, Monsieur Rogue ?»
«Professeur Rogue» corrigea légèrement Albus.
«Professeur, alors. Pourquoi voulez-vous effectuer la cérémonie?»
Ses doigts se serrèrent sur l'épaule d'Harry. «Je suis heureux d'avoir cet enfant ici. Il sera mon héritier. Je veux l'élever comme mon propre fils.»
Madame Collin hocha la tête. «Très bien, alors. Si vous voulez bien venir ensemble vous placer devant la cheminée...» Elle prépara durant les quelques minutes suivantes ce qu'elle avait besoin pour la cérémonie, puis elle demanda à Severus de se mettre face au garçon. Il le fit et elle se mit sur un côté, le plus proche du feu, et ouvrit un petit livre devant elle. Albus se leva de son siège, et fit face à la femme en tant que témoin.
«Severus Tobias Rogue. Acceptez-vous l'honneur et le devoir de parent pour cet enfant, lié par votre amour et votre sang ? Jurez-vous de l'instruire, de le guider et de le protéger chaque jour, pour que l'enfant de votre coeur devienne maintenant l'enfant de votre sang?»
Severus dévisagea le petit garçon, qui parvenait à peine à sa taille, et vit l'espoir briller dans les yeux verts de Lily. Une boule se forma soudain dans sa gorge, et il l'avala. «Oui. Je le jure.»
«Harry James Potter. Acceptez-vous l'honneur et le devoir d'être l'enfant de cet homme, lié par votre amour et par votre sang ? Jurez-vous d'accepter d'être guidé par lui, de l'honorer et de le respecter chaque jour, pour que père de votre coeur devienne maintenant père de votre sang?»
La petite tête bougea de haut en bas, et après un regard de Severus, sa petite voix se fit entendre. «Oui, m'dame. Je le jure.»
Madame Collin sourit. De sur la table basse près d'elle, elle prit une longue aiguille pointue, et tint sa main entre eux. Severus mit sa main dans la sienne, la paume vers le haut, et Harry fit la même chose un moment plus tard. Albus prit un gobelet à moitié plein d'un vin rouge foncé et le tint juste sous leurs mains jointes. Madame Collin piqua le doigt de l'index de Harry avec l'aiguille, puis celui de Severus. Ils versèrent chacun une goutte de sang dans le gobelet. Albus le remit à la sorcière, qui mélangea le vin et le sang ensemble.
«Buvez» dit-elle, et elle tendit le verre à Severus «Que le sang de votre fils courre dans vos veines.»
Severus prit une longue gorgée. Son estomac chauffa, et la chaleur se répandit de celui-ci jusqu'à son dos, ses jambes, et chacun de ses orteils, ses bras, et ses mains, et chacun de ses doigts. Son visage s'inonda de chaleur, comme s'il avait de la fièvre. Une chaleur comme un feu digne des enfers. Ce sentiment lui donna le vertige, et il se força à inspirer lentement, immédiatement essoufflé et étouffé par le trop plein d'air. Une fois que sa respiration redevint régulière, il tendit le verre à Harry, qui le saisit avec ses deux mains.
«Buvez» dit encore Madame Collin «Que le sang de votre père courre dans vos veines.»
Après un rapide regard à Severus, le garçon obéit, bien que sa gorgée fut beaucoup plus petite. Immédiatement, le visage d'Harry rougit, et la coupe trembla. Si c'était quelque chose comme ce que Severus avait expérimenté, ce devrait être tranquille comme une course pour le petit garçon. Il se baissa pour prendre le verre et empêcher qu'il se renverse. Comme il l'enlevait des mains de Harry – de son fils! – le garçon le regarda avec un étonnant et soudan sourire, comme le soleil traversant les nuages.
«Je suis votre fils» haleta Harry, et Severus se dépêcha de poser le verre par terre tandis que le garçon se jetait dans les bras de son père.
«Tu es mon fils» approuva Severus, et il sentit de l'humidité sur ses joues.
A SUIVRE
Petit mot de la traductrice :
Voilà, voilà... Père et fils pour le meilleur et le pire : D
J'espère que ce chapitre vous a plu,
A vendredi prochain
Bye
