Merci beaucoup pour les gentilles rewiews que j'ai reçues de Elisa83, Blackvision, Poom's, dark-banana, Atsuna, Deiya et odt sur les 2 derniers chapitres ! Je n'ai pas eu le temps de répondre ces derniers temps, mais je suis toujours aussi heureuse de les lire…

Petite info préalable au chapitre dix : « hoshi » signifie « étoile » en japonais.

En suédois ça se dit « stjärna », ce qui est très joli aussi, mais le japonais m'a paru plus adapté.

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Chapitre dix

Byakuya referma son dossier et le posa sur la pile. C'était la première fois depuis très longtemps qu'il disposait d'un peu de temps à consacrer aux tâches administratives ; depuis un an l'urgence était permanente. Cela dit le travail de bureau était toujours loin d'être une priorité, et Byakuya n'avait traité que les questions nécessaires à la mise en œuvre des nouvelles directives.

Un nouvel assaut contre le Hueco Mundo était prévu, le commandant Yamamoto l'en avait informé la veille, durant la discussion qui avait suivi le rapport de mission. Aizen devait être déconcerté par l'inutilité de ses dernières intrusions, et vraisemblablement plus vulnérable. La Soul Society pouvait à présent consacrer ses forces à la préparation d'une attaque d'envergure, d'autant que Lya semblait parfaitement en mesure de protéger la population des menos à elle seule, ou avec le concours d'un capitaine si l'ennemi était en nombre.

Byakuya sourit en pensant à elle. Il s'était réveillé tôt, et elle dormait profondément. Elle s'était un peu éloignée de lui dans son sommeil mais avait gardé son bras droit serré contre elle et son front posé contre son épaule. Il s'était dégagé tout doucement et avait quitté le lit avant de succomber au désir de la réveiller. Elle avait besoin de repos ; elle avait paru tellement épuisée, hier soir. Il avait laissé un mot à côté d'elle avait de rejoindre le QG de la 6ème division.

Il sursauta légèrement quand elle apparut devant lui. « Byakuya ! » Il eut à peine le temps de se lever avant qu'elle se jette dans ses bras. Elle enfouit son visage dans son cou. « Bonjour… », dit-elle. Il la serra contre lui, puis lui releva le menton pour l'embrasser tendrement. « Bonjour, Lya… Est-ce que tu te sens reposée ? »

« En pleine forme ! Je crois que je n'ai jamais aussi bien dormi. Je veux dormir avec toi toutes les nuits. » Elle réalisa que sa phrase pouvait paraître autoritaire et leva les yeux vers lui, soudain embarrassée. « Enfin… si tu veux… Je veux dire, c'est ce que font les couples, non ? » Il réprima un sourire. Elle rougissait, et en plus d'être très inattendu de sa part, il trouvait ça absolument adorable. Il parvint à garder son sérieux. « Que disaient tes cours sur ce sujet ? », la taquina-t-il.

« Byakuya ! Tu sais très bien que je n'ai pas écouté le quart de mes cours sur la vie en société ! » Puis elle sourit. « Mais ce n'est pas grave ! Maintenant j'ai un nouveau professeur ! » Il rit, et allait répondre quand on frappa à la porte.

Il s'écarta un peu d'elle. « Très bien. Première leçon : dans un souci de correction, les couples ne se témoignent pas leur affection de manière trop marquée en public. » Il recula d'un pas. « Passons aux travaux pratiques. Entrez ! »

Renji entra et salua son capitaine. Puis il se redressa et aperçut Lya. « Hoshi ! Vous êtes là ! » Il s'inclina profondément. « Je suis extrêmement honoré. »

« Ah ? », fit Lya. « Euh, et bien, je suis honorée également. Mais moi c'est Lya. »

Byakuya intervint. « Il s'agit d'un titre honorifique, Lya. Il te désigne comme dépositaire des pouvoirs de la Lumière. Voici Renji Abarai. Il est mon vice-capitaine. Pour quelle raison souhaitais-tu me voir, Renji ? »

« Des bruits courent concernant une nouvelle attaque contre le Hueco Mundo, capitaine. Est-ce vrai ? » Byakuya acquiesça. « En effet. L'information sera officiellement communiquée à tous les officiers ce matin. Mais j'ai encore quelques points à préciser avec Yamamoto. »

Il se tourna vers Lya. « Et toi Lya, tu avais quelque chose à me demander ? »

« Oh, et bien, en fait, je…m'ennuie. Tout le monde est occupé, mais tant qu'il n'y a pas d'intrusion j'ai l'impression de ne servir à rien. J'aimerais bien pouvoir m'entraîner, ou me rendre utile. J'ai horreur de rester sans rien faire. »

Byakuya hocha la tête. « Je vois… Je vais y penser. Renji, je dois m'absenter. Tiens compagnie à Lya. »

« Bien, capitaine. » Byakuya eut un sourire pour Lya, puis sortit. Renji le suivit des yeux, surpris. Il avait souri, là, non ? Il secoua légèrement la tête. Il avait des ordres, et il regarda Lya.

« Hoshi, y a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire pour vous ? »

Lya sourit. « Commencez par arrêter de m'appeler comme ça. C'est lourd. »

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Byakuya rejoignait la caserne ; il repensait à son entretien avec Yamamoto. Le plan d'assaut du Hueco Mundo était prêt, le briefing des officiers pouvait avoir lieu. Byakuya avait également soumis au commandant des suggestions pour exploiter, voire augmenter le potentiel de Lya au-delà de son rôle actuel, qui se résumait à intervenir en cas d'attaque. Puis il avait parlé à Yamamoto des liens qui les unissaient, Lya et lui. Il s'était brièvement demandé si leur relation devait être révélée, mais il lui semblait, d'une part, que c'était la seule chose à faire, dans la mesure où Lya était incapable de dissimuler quoi que ce soit. Elle ne maîtrisait ni la discrétion, ni le mensonge… Inutile d'essayer. D'autre part, il ne souhaitait pas se cacher. Il n'avait rien à se reprocher.

Yamamoto n'avait émis aucune objection à ce sujet, et Byakuya savait parfaitement pourquoi. Le vieil homme voyait dans cette relation un moyen d'exercer un certain contrôle sur Lya. Il avait tort, mais Byakuya ne l'avait pas détrompé.

Arrivé devant la porte de son bureau, il entendit des éclats de voix, et s'arrêta. C'était la voix de Lya, et celle de Renji.

« Ça y est ! Cette fois, j'ai gagné ! »

« Euh, non, Ho… Lya… Là c'est moi qui gagne… »

« Vous rigolez ? Il n'y a qu'un seul point sur votre carte, et moi j'en ai huit !! »

« Oui, mais la mienne c'est un as. C'est la plus forte de toutes les cartes. »

La voix de Lya se fit soupçonneuse. « Dites donc, vice-capitaine Abarai, ce n'est pas parce que je ne connais pas les règles que vous pouvez vous permettre de les inventer au fur et à mesure ! »

Renji semblait en mauvaise posture. Byakuya entra.

« Capitaine ! » Renji semblait à moitié soulagé et à moitié inquiet. « Lya m'a demandé si je connaissais un " truc marrant ", et il se trouve que j'avais un jeu de cartes, alors… » Renji s'interrompit. De toute façon il était fichu. Il attendit la question cinglante, genre « Et que faisait un jeu de cartes dans ta poche pendant le service, Renji ? », mais rien ne vint. Byakuya se contenta de l'ignorer.

« Lya, j'ai parlé au commandant. As-tu déjà utilisé tes pouvoirs à des fins de guérison ? Autrement que sur toi-même, évidemment. »

Lya acquiesça. « Oui. Ça marche. Enfin sur les lapins et les oiseaux, en tout cas. » Byakuya sourit. « Passons à plus ambitieux, dans ce cas. Présente-toi à la 4ème division ce matin, devant le capitaine Unohana. Elle a réellement besoin d'aide, ces temps-ci. Vois ce que tu peux faire. Je serais pris jusqu'en fin d'après-midi, reviens me voir à ce moment-là. D'accord ? »

« D'accord ! A tout à l'heure ! » Lya hésita. Renji était là : ils étaient donc en public. Comment se séparait-on de l'homme qu'on aime en public ? Byakuya vint à son secours. Sous les yeux effarés de Renji, il prit la main de Lya et y déposa un léger baiser. « A tout à l'heure, Lya », dit-il doucement. Elle sourit et lui effleura la joue, puis disparut.

Byakuya se dirigea vers son bureau et y déposa les papiers qu'il avait en main. Sans se retourner, il s'adressa à son vice-capitaine. « Renji, si tu penses retrouver assez rapidement l'usage de la parole, convoque les officiers de la division devant la salle du Conseil. »

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Byakuya releva la tête. Il sentait la présence de Lya, toute proche, mais elle n'apparaissait pas. Puis on frappa. « Entrez. » Lya entra. Byakuya la regarda, étonné, et Lya sourit fièrement. « C'est le capitaine Unohana qui m'a apprit ! Elle m'a dit que j'avais failli lui provoquer une crise cardiaque en apparaissant derrière elle, et que si je m'amusais à faire ça à tout le monde j'allais finir par tuer quelqu'un. Alors je fais attention. »

Elle passa derrière Byakuya, noua ses bras autour de son cou et posa sa joue contre la sienne. Elle se taisait, et il attendit. Il sentait que quelque chose lui pesait.

« J'ai vu beaucoup de gens… Certains étaient très gravement blessés. Ils souffraient beaucoup. Certains hurlaient. D'autres avaient perdu la raison. Et il y en avait quelques-uns… ils n'avaient plus de regard…Il n'y avait plus rien dans leurs yeux. »

Byakuya se leva et la serra contre lui. Puis il lui releva le menton. « Et qu'as-tu fait ? »

« Je les ai soignés. Ils avaient tellement besoin de moi. J'ai refermé leurs blessures du mieux que j'ai pu. Mes pouvoirs sont très efficaces dans ce domaine. » Peu à peu, elle retrouvait le sourire. « Pour faire tomber la fièvre aussi, ça marche bien, et contre la douleur. Et puis je leur ai parlé. Et j'ai matérialisé des choses dont ils avaient envie, des livres, de quoi écrire ou dessiner, quelques jeux… J'y retournerai demain, et chaque matin quand je ne serais pas en intervention. » Elle se sentait mieux.

Byakuya lui sourit. « Excellente idée. S'il te reste du temps libre, souhaites-tu également t'entraîner un peu ? »

Lya lui lança un coup d'œil surpris. « Oui, évidemment… Mais je ne vois pas comment… Sur toi mes pouvoirs n'ont aucun effet, et avec les autres shinigamis ça n'est pas intéressant, je suis beaucoup trop puissante pour eux. » Elle disait ça sans aucune prétention. C'était une constatation.

Il hocha la tête. « Je sais. Mais il y a de nombreux moyens de s'entraîner. Viens avec moi, nous allons au dojo du manoir. »

« OK. Pourquoi on ne va pas à la salle d'entraînement avec les autres ? »

« Parce que ça nuirait à la concentration des troupes. »

« Ah… Je vois. Ça les impressionnerait que tu sois là, c'est ça ? Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit de drôle ? »

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Le dojo du manoir Kuchiki était vaste et luxueux, à l'image du reste de la demeure. Byakuya se dirigea vers un pan de mur sur lequel étaient suspendues toutes sortes d'épées.

« As-tu appris à combattre au sabre, Lya ? » Elle secoua la tête. « Non. Toute ma formation repose sur l'utilisation de la Lumière. Je n'ai jamais tenu d'arme. »

« Je m'en doutais. Tu n'as pas besoin d'arme. Cependant, même pour quelqu'un qui n'aura jamais à s'en servir, l'entraînement au sabre constitue un excellent exercice. Cela exige énormément de concentration, beaucoup d'équilibre, le sens de l'observation et de l'anticipation. As-tu envie d'essayer ? »

Elle acquiesça. Byakuya parcourut les armes des yeux, puis choisit un katana qui lui semblait adapté à la stature de Lya et le lui tendit. Puis il déposa Senbonzakura et se saisit d'un sabre d'entraînement. Il se tourna vers Lya. Elle soupesait le sabre et le faisait légèrement tourner par de petits mouvements du poignet, puis elle le tendit devant elle. Il haussa les sourcils. « La prise en main est excellente. Quasiment parfaite, pour ainsi dire. »

Lya sourit. « Merci ! Nous allons nous entraîner ensemble ? »

« Oui. Mais sans faire appel à nos pouvoirs respectifs : pas de kidô, pas de shunpô, pas de déplacement instantané. Viens. »

Ils se placèrent au centre de la pièce. « Pour commencer je vais te porter une attaque simple et directe, pour voir comment tu réagis pour la contrer. »

Lya fit oui de la tête. « Et est-ce que je dois t'attaquer, moi aussi ? »

Il fut étonné. Elle était bien sûre d'elle. « Eh bien, oui, dès que tu t'en sentiras capable. Mais ne brûle pas les étapes. Allons-y. »

Il se mit en position puis attaqua. Jusqu'au dernier moment il crut qu'elle ne bougerait pas, et s'apprêtait à rompre quand elle réagit enfin. Elle s'écarta d'un mouvement fluide et contra l'attaque d'un léger revers. Surpris, Byakuya manqua de perdre l'équilibre. Si elle avait frappé à ce moment-là il aurait esquivé avec difficulté ; mais elle s'était replacée en position défensive.

Il la regarda, stupéfié. « Impressionnant ! » Lya eut l'air toute contente. Il poursuivit. « Tu avais l'avantage… Pourquoi n'as-tu pas attaqué ? » Elle sembla un peu gênée. « Eh bien je… j'ai eu peur de te toucher… » Byakuya sourit. Il avait brandi son premier sabre à l'âge de deux ans et demi. Et même si sa spécialité était le kidô, il restait un maître dans l'art du zanjutsu. « Ne t'inquiètes pas pour ça, Lya. Tu sembles exceptionnellement douée, mais tu ne risques pas de me toucher. Contente-toi de te concentrer sur ta défense et sur tes attaques afin de progresser, d'accord ? Je n'ai rien à craindre. »

Une heure plus tard il avait totalement changé d'avis sur ce point. Bien sûr, il savait que Lya ne le blesserait pas. Mais ce qu'il risquait actuellement, c'était de perdre un combat contre quelqu'un qui tenait un sabre pour la première fois de sa vie.

Au bout de cinq minutes, le katana de Lya semblait faire partie d'elle, comme une extension de son bras. Elle l'observait intensément, anticipait la plupart de ses gestes et repérait instantanément les failles qu'il pouvait laisser apparaître dans sa défense. Le tout sans effort visible. Elle transpirait à peine. Par contre elle s'amusait énormément, à l'évidence. Ses joues étaient roses d'excitation, et ses yeux étincelaient de plaisir. Byakuya la trouvait tout simplement sublime, et cela ne l'aidait pas à se concentrer.

« Au fait », demanda-t-elle, « qu'est-ce qui marque la fin du combat ? » Il prit sur lui pour répondre sans paraître essoufflé. « Pour gagner, il faut soit désarmer son adversaire, soit lui faire toucher terre des deux épaules. »

« Et j'ai intérêt à faire ça vite, » continua-t-il pour lui-même, « parce que visiblement elle ne fatigue pas, elle. » Il passa à la vitesse supérieure. Lya para de justesse, surprise. Elle prenait rarement l'initiative de l'assaut, mais ses contre-attaques étaient redoutables. Byakuya décida de ne plus lui laisser le loisir de contre-attaquer. Il aurait du mal à la désarmer, elle semblait avoir fusionné avec son épée ; il devait donc lui faire perdre l'équilibre.

Il enchaîna les attaques, variant sans cesse les angles, la forçant à reculer. Lya s'adaptait rapidement au nouveau rythme du combat. Il n'avait pas beaucoup de temps. Il feignit de négliger sa défense, et Lya tenta de riposter. Il s'écarta légèrement, la saisit par le poignet et la fit basculer en arrière. L'accompagnant dans sa chute, il lui emprisonna les jambes avec les siennes. Puis il bloqua la lame de Lya avec celle de sa propre épée, plaça son autre main à la base de son cou et la plaqua au sol.

Essoufflée, Lya tourna son visage vers celui de Byakuya, et ressentit un choc. Le regard qu'il posait sur elle était presque insoutenable. Ses yeux sombres la dévoraient littéralement, et Lya eut l'impression de se consumer sous leur feu. Il fit remonter sa main jusque derrière sa nuque et l'embrassa brutalement, possessivement. Lya cria et sentit son corps s'embraser de plaisir. Elle lâcha son sabre pour enfouir ses deux mains dans les cheveux de Byakuya et lui rendit passionnément son baiser. Il fit glisser sa main le long de son dos, et la caresse la fit gémir. L'intensité de ce qu'elle ressentait augmentait sans cesse, et soudain elle ressentit un début de panique. C'était trop violent, le contact était trop intime, et elle prit peur. Elle se crispa.

Il perçut sa réticence et fit immédiatement machine arrière. Deux cent cinquante ans d'une discipline mentale inflexible lui furent pour cela d'un grand secours. Ses baisers se firent plus doux, puis il s'écarta d'elle. Il s'allongea à ses côtés, et ils reprirent tous les deux leur souffle. Ils restèrent silencieux un moment. Puis Lya se redressa sur un coude. « C'était complètement génial ! », déclara-t-elle. Il eut un petit rire. « Qu'est-ce qui était génial ? »

« Et bien, l'entraînement, d'abord. Il faudra que tu me fasses essayer d'autres techniques. Le sabre en tout cas j'adore ! Et puis tu es drôlement doué. »

« Merci bien », répondit-il avec ironie. « Pour une débutante, on peut dire que tu te débrouilles, toi aussi… »

Elle se pencha un peu vers lui. « Et ce baiser passionné, il n'était pas mal non plus… C'était quoi, la récompense du vainqueur ? » Il rit à nouveau. « Absolument », répliqua-t-il avec aplomb.

Lya se blottit contre lui. « Et bien », pensa-t-elle, « on dirait que j'ai drôlement bien fait de le laisser gagner, dans ce cas… »

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Dernier chapitre calme… Il devrait y en avoir encore trois, puis un épilogue. Merci de suivre, et merci d'avance, bien sûr, aux adorables lecteurs qui me feront la joie d'un commentaire...