Bonjour à tous et à toutes… Avant toute chose, je suis désolée pour le temps d'attente. Je suis bien consciente que ce n'est pas l'idéal mais… J'avais plein de choses à faire et à vivre en dehors de FF (même si je vous adore tous, que vous êtes supers et que j'adore aussi écrire et partager ça avec vous).

Je tiens quand même à préciser que je n'abandonnerai pas ma fiction.

Sur ce, vous êtes géniaux, merci pour tous ces commentaires que vous prenez le temps de mettre. Bonne lecture !


Petitelulu27 : Merci beaucoup. Bonne lecture pour la suite ;).

Draydray : Bonjour ! Aucun problème et c'est toujours un plaisir de te lire :). C'est vrai qu'il n'est pas gentil Drago… Mais si ça te va, c'est le principal :p.

Victoria Boubouille : Bonjour ! Merci beaucoup pour tous ces compliments :D, j'espère que la suite te plaira autant ! Bonne lecture !

Nordimel : Bonjour ! Tu es en bonne voie pour Narcissa, je te le confirme :). Dis donc toi, tu as une prédisposition pour la souffrance de pauvres innocents qui se transforment en animaux :p ?

Ptite marie : Merci ! Je suis super contente que ça te plaise :D !

JustanotherTime : Bonjour ! J'adore ta façon de dire « pauvre petite Narcissa » ). Ah ça, je ne peux pas te dire si ça va aider Hermione :p. J'avoue que le monstre fait peur… Mais je ne suis pas psychopathe, j'ai juste beaucoup joué aux pokémons pendant mon enfance XD ceci est une reproduction de Léviator :p.

StephAliC : Bonjour, merci beaucoup pour tes compliments ! J'avoue que Ron est dans une mauvaise posture avec cette morsure…

Luna Cave : Bonjour ! Merci, ça fait très plaisir et bienvenue :). Bonne lecture, j'espère que la suite te plaira tout autant !

Oohfemmeluxieuse : Bonjour ! Je suis super contente que tout ça te plaise autant et que tu te poses autant de questions :). Je suis désolée pour l'attente :$. Bonne lecture !

Miss Lilith Samael : Bonjour ! C'est pas bête ton idée… Mais je pense que si elle continue vraiment à n'en faire qu'à sa tête il risque de lui en faire voir de toutes les couleurs juste pour lui montrer qu'il a raison.

Swetty-girl-35 : Bonjour :). Je comprends que tu veuilles voir Hermione et Drago, mais crois moi, les autres sont importants aussi ;).

Loufoca-Granger : Bonjour ! Je pense qu'ils étaient pris dans l'effervescence de la guerre et qu'ils n'ont tout simplement pas fait le rapprochement. Ah j'espère aussi qu'il va se démener pour rendre sa mémoire à Hermione ;). Bonne lecture !

FaithStrange : Bonjour. Merci beaucoup, je suis contente d'avoir réussi à te surprendre avec la transformation de Ron ). Je pense qu'il y aura plus de dramione d'ici cinq chapitres environ.

MaaNaa : Bonjour ! Merci pour ta review :). Il te faudra attendre encore un peu pour avoir plus d'informations sur la relation entre Rogue et Narcissa, mais ça devrait se préciser. Harry n'était pas sensé être bizarre mais j'avoue que j'ai eu du mal à écrire cette scène… Je pense qu'il est vraiment blasé par tout ce qui se passe. Et oui, l'état de Ron jouera dans le futur. Ron et Pansy… Disons qu'ils pourraient finir par s'entendre :p.


Résumé des chapitres précédents : Hermione a rendu Drago aveugle. Elle est donc séquestrée au manoir Malefoy, dans l'espoir qu'elle guérisse le Serpentard… Ce qu'elle ne peut pas faire, puisqu'Harry a effacé sa mémoire. Tandis que Ron apprend qu'il est un loup garou, Harry, Ginny, Luna et Neville essaient de faire bouger les choses de leur coté en déchiffrant les parchemins laissés par Hermione. Cette dernière, pour sa part, se retrouve face à un gigantesque monstre marin qui la plonge dans la terreur. Pendant ce temps, Rogue essaye d'embrasser Narcissa qui se dérobe au dernier moment…


Chapitre 9 : Oppressantes ténèbres


Le terrier, quelque part dans les méandres de la terre

Il était serré au cou par un collier de métal glacial qui semblait ôter toute couleur à son visage. Son envie de liberté était telle qu'il avait envie de se jeter au visage de celui qui l'avait attaché pour le déchiqueter à pleines dents. Il tourna la tête vers l'individu qui cadenassait solidement les barreaux de sa cage et lui jeta un regard furieux.

« Je sais ce que tu ressens, Ron. Lui dit la voix tranquille de Remus Lupin. Mais ça va passer, crois moi.

-Vous n'en savez rien du tout ! Grogna Ron en retroussant ses lèvres comme s'il allait attaquer. Rien, rien rien !

-Si, je sais. Tu as envie de tout détruire autour de toi. Tu as peut-être même envie de me trancher la jugulaire et tu as aussi l'impression d'être pris au piège. Mais ce n'est pas le cas, tu n'es pas prisonnier. C'est tout l'inverse en fait.

-Ah oui… Fit Ron en émettant une sorte de petit rire étranglé. Je ne suis pas attaché alors ? Je ne suis pas ligoté comme n'importe quel animal sauvage ? Je ne suis pas enfermé dans une toute petite pièce, seul ?

-Ron… Le prisonnier, c'est ton esprit. Lui répondit gentiment Remus en réajustant ses lunettes. Le loup l'a pris en otage et tu ne voudrais pas que ce soit lui qui décide de tes faits et gestes, crois moi. »

Il leva les yeux comme s'il pouvait regarder à travers le plafond et murmura en fronçant les sourcils :

« La pleine lune est demain soir. Tu vas donc te transformer dans quelques heures. Je ne me sens moi-même pas très bien et je ne vais pas tarder à prendre ma potion tue-loup.

-Pourquoi je ne peux pas prendre cette potion ? Demanda Ron en se recroquevillant contre le mur. Pourquoi c'est toujours les mêmes qui ont des traitements de faveurs ?

-Ron, tu n'es pas dans ton état normal. Je te l'ai déjà expliqué. Les premières transformations sont les plus douloureuses et les plus importantes. Si tu ne te transformes pas complètement lors des premières fois, tu pourrais mourir. »

Ron répondit à cela par un grognement sonore. Il tourna le dos à Remus Lupin et entreprit de se balancer d'avant en arrière à un rythme saccadé.

« Je suis désolé, Ron. Dit Remus avec douceur, mais nous sommes obligés de d'attacher, sinon il sera trop simple pour toi de tordre les barreaux et de sortir. Mets tes vêtements de coté quand tu seras prêt. Tu te sentiras beaucoup mieux dans trois jours quand tu seras certain que tu n'auras tué personne. Tu seras de nouveau dans ton état normal. C'est un mauvais moment à passer mais tu verras, avec le temps, on finit par vivre avec. »

Ron tourna brusquement la tête vers Remus et le regarda d'un air mauvais. Il plissa les yeux. Remus remarqua que ses iris commençaient à prendre une couleur jaune soleil. La transformation n'allait pas tarder. Il sentit ses poils se hérisser et eut soudainement envie de bondir sur Ron pour se battre avec lui jusqu'à la mort. Il fallait qu'il aille prendre sa potion et qu'il sorte de cette pièce, maintenant.

« Bon courage. » Souffla-t-il.

Il tourna les talons et entreprit de se diriger vers l'escalier.

La pièce dans laquelle se trouvait Ron était un sous sol qu'ils venaient d'aménager en urgence sous la cabane de jardin du terrier. Il ne fallait pas que Ron soit à découvert et vulnérable. De plus, le mettre sous terre éviterait aux différentes personnes présentes au terrier d'être réveillées par ses longs hurlements et ses cris de rage. Le jeune homme se trouvait donc dans une grotte creusée à même la terre, légèrement suintante et empestant l'humidité. L'endroit où il était enfermé était simplement clôturé par une grille métallique assez imposante fortifiée par de nombreux sortilèges. Ses bras, ses jambes et son cou étaient retenus par des menottes de métal, également consolidées par des sorts.

Remus poussa la porte qui permettait de sortir et inspira un grand coup. Il se retourna pour fermer la geôle de Ron à l'aide d'un sortilège supplémentaire qui achevait la protection de la pièce.

« Tu auras besoin de courage. »Soupira-t-il avant de retourner vers le terrier. Cela faisait longtemps que ses mains n'avaient pas tremblé comme ça. Sous ses paupières, il voyait distinctement briller le sourire de Fenrir Greyback.

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Il s'était écoulé deux heures depuis que Remus était parti maintenant. Ron tournait en rond dans sa cage et grattait frénétiquement le sol, essayant d'oublier la douleur qui irradiait entre ses épaules. Il voulait enterrer des ossements dans la terre pour pouvoir les retrouver et les ronger la prochaine fois qu'il reviendrait dans cet endroit… s'ils arrivaient à l'enfermer à nouveau. Il n'avait pas envie qu'on lui passe encore les chaînes. Elles appuyaient sur ses veines, empêchant le sang de bien circuler. Il l'entendait pulser dans ses oreilles et cela l'agaçait.

Il sentit que ses vêtements commençaient à devenir bien trop petits. Il se redressa d'un bond et ôta son tee-shirt qui souleva un nuage de poussière lorsqu'il atterrit mollement sur le sol. Ses muscles saillants tressaillirent tous seuls lorsqu'il s'étira.

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Il s'apprêtait à enlever la ceinture de son jean quand il sentit son odeur de peur et de trahison. Elle osait venir ici, sur son territoire. Insolente. Impertinente. Effrontée. Imprudente.

Instinctivement, il se rapprocha des barreaux et s'y colla le plus possible, essayant de l'apercevoir. Ses narines gigotèrent, cherchant à estimer la distance à laquelle elle se trouvait. Il sentait que plus elle s'approchait, plus la peur qu'elle ressentait s'intensifiait. Elle n'était pas là de son plein grès.

Elle descendit les marches presque en silence, posant à peine ses pieds par terre comme si elle espérait qu'il ne l'entendrait pas arriver et qu'il ne ferait pas attention à elle. Lorsqu'elle entra dans son champ de vision, il sentit une colère monstrueuse gronder en lui. Si seulement il pouvait se libérer et la punir pour les trahisons qu'elle s'apprêtait à commettre… Il se sentirait tellement soulagé.

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Elle avait perdu sa superbe. Son visage était complètement décomposé. Son regard, quant-à lui, reflétait une panique croissante qu'il avait envie de faire durer. Elle méritait ce sentiment qui grandissait dans sa poitrine. Si, à un seul instant, le calme l'emportait sur la peur en elle, alors ils étaient foutus.

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« Qu'est ce que tu fous là, hein ? Gronda Ron en tirant sur ses poignets pour faire céder les menottes. Qu'est ce que t'es venue faire ici ?

-Je… Je… Bredouilla Pansy, la gorge asséchée. Harry m'a dit de te dire que si tu avais besoin de quelque chose… Il… Il a dit que si tu avais le moindre souci ou que si tu sortais une alarme se déclencherait. Tu… N'as rien à craindre.

-Pourquoi il n'est pas venu me le dire lui-même ? Demanda Ron dont la voix commençait à devenir de plus en plus rauque. Hein ? Pourquoi c'est toi qu'es là ?

-Je… Je ne sais… Pas. Il… Il m'a demandé. »

Ron sentit l'odeur de sa peur lui envahir le nez de manière plus prononcée. Elle avait peur de lui, elle était terrorisée. Cette pensée agaça encore plus le rouquin qui fit le dos rond et montra ses dents à Pansy en grognant férocement. Le visage de la jeune femme devint blême lorsqu'elle vit que les canines du garçon s'étaient allongées de manière considérable. Elles étaient également beaucoup plus épaisses et plus tranchantes.

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Ron émit une sorte d'aboiement plaintif et Pansy sursauta. Ce qu'elle ignorait, c'est que la douleur qui parcourait le corps de Ron devenait de plus en plus insupportable. Il avait l'impression que tous ses membres s'allongeaient et se rétrécissaient puis changeaient de forme. Son torse nu semblait se couvrir de poils à une vitesse ahurissante. Il avait chaud, beaucoup trop chaud.

Il se mit à quatre pattes et, dans un cri de douleur, observa ses ongles être remplacés par de longues griffes, puissantes et massives. Il se leva et donna un violent coup de patte dans le mur. Un pan de ce dernier s'effondra dans un nuage de terre marron.

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Pansy voulait sortir mais elle n'y parvenait tout simplement pas. Ses pieds étaient vissés au sol. Ses sentiments bouillonnaient en elle sans qu'elle puisse les identifier. Elle ignorait même si elle avait encore peur. Tout ce qu'elle savait, c'est que ce qui était en train de se passer sous ses yeux était incomparable. Jamais elle n'avait vu une telle chose.

Mais alors que son nez s'allongeait et qu'il se terminait pas un museau, Ron, dans ses derniers aspects humains, réussit à percevoir ce que Pansy ressentait devant lui, face à ses grandes pattes et son corps épais. Ce sentiment, personne n'aurait pu le prévoir, pas même lui.

Elle était totalement fascinée. Captivée.

Puis la jeune femme regarda le loup hurler à la mort devant elle. La gueule de Ron s'ouvrit et un filet de bave s'en écoula. Il avait faim et elle sentait bon. Pansy recula de deux pas, sans prononcer un mot, et s'enfuit en courant.

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Pansy arriva à bout de souffle dans la cuisine du Terrier. Elle passa ses mains sur son visage pour effacer les traces de sueurs froides qui coulaient encore sur son front. La jeune femme jeta un regard dégouté à Harry et contourna la table pour s'asseoir lourdement en face de lui. Le survivant lui accorda une œillade neutre avant de reporter ses yeux sur ses notes.

Il avait fait exprès de demander à Pansy d'aller voir Ron. Il aurait voulu aller le voir lui-même et lui parler avant sa transformation. Cependant, il s'était fié à l'instinct de Ron. A ces mots s'étaient ajoutés ceux de Remus qui lui avait avoué qu'il avait lui aussi senti une certaine anxiété et une difficulté évidente à se positionner chez la jeune femme. Afin de lui faire comprendre qu'elle devait choisir son camp maintenant, Harry avait pensé qu'il serait opportun de présenter Pansy à un loup-garou. Bien sûr, Harry en avait parlé à Ron et avait tenté de lui demander son avis. Cela dit, le rouquin était dans un tel état qu'il n'avait sans doute rien écouté.

Remus avait insisté pour qu'Harry n'assiste pas aux derniers moments avant la transformation de Ron. Il lui avait expliqué qu'il serait sans doute trop douloureux pour le jeune homme de savoir que son meilleur ami l'avait vu se transformer en monstre. A contrecœur, Harry avait donc accepté de laisser Remus s'occuper de Ron.

A la place, il s'était plongé dans l'analyse des quelques sorts qu'il comptait faire apprendre à ses futurs élèves. Il n'arrivait pas à avancer sur les documents que leur avait laissés Hermione et le fait de devoir travailler dessus sans Ron le rendait malade. Il préférait donc se focaliser sur quelque chose d'autre. Une activité qui présenterait plus de rendement à court terme et qui serait, à coup sûr, efficace.

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Harry gratta le parchemin avec sa plume puis releva la tête. Pansy avait les yeux dans le vague et l'air absent. Son regard était fixé sur la cabane de jardin du terrier.

« Parkinson ? L'interpella sèchement Harry.

-Quoi ? Fit-elle aussitôt en retrouvant un visage de marbre.

-Pour Ron, c'est bon ? Demanda Harry.

-Ouais.

-Tu as bien refermé la porte avec le sortilège ? S'enquit le jeune homme bien qu'il connaissait la réponse.

-Lupin était là. Il l'a fait.

-Parfait. Conclu Harry en s'appuyant contre le dossier de sa chaise. On va passer à autre chose dans ce cas. Il va falloir que tu me parles de quelques sortilèges d'attaque qu'on t'a appris dans les rangs des mangemorts pour que je puisse avancer dans mon travail.

-On ne peut pas parler de ça plus tard ? » Gémit Pansy en se frottant les yeux d'un air fatigué.

En faisant cela, elle dévoila ses deux poignets. Vierges. Au même moment, un sanglot étouffé parvint aux oreilles d'Harry et lui écorcha douloureusement les tympans. Il n'eut pas besoin de se retourner pour deviner que Molly était en train de pleurer devant l'évier de la cuisine.

Pourquoi avait-il fallut que ce soit Ron ? Pourquoi avait-il fallut que ce monstre de Fenrir morde quelqu'un ? Pourquoi personne ne l'avait tué ? Pourquoi lui, Harry, n'avait-il pas pu mettre fin aux jours de ce répugnant animal ? Pourquoi ? La colère gonfla brusquement en lui comme un ballon de baudruche. Il frappa des deux mains sur la table et regarda Pansy droit dans les yeux.

« Non, on ne peut pas attendre. Fit Harry avec mauvaise humeur. Trop de gens souffrent et meurent pour qu'on puisse se permettre de perdre du temps. Cela dit, si tu veux retourner voir ton maître et apprendre un peu plus de sortilèges pendant qu'il les utilisera sur toi, tu peux partir. La porte est juste derrière toi.

-Ouais, c'est bon. D'accord. Grommela Pansy en rejetant en arrière une mèche de cheveux pour garder bonne contenance. Mais je ne sais pas quoi dire. Je vois pas ce qui pourrait t'aider.

-Aucun problème, j'ai des questions.

-Je t'écoute, Potter. Souffla Pansy de mauvaise grâce.

-A Poudlard, lors de la bataille, j'ai remarqué que certains éclairs de lumières étaient violets. D'après ce que j'ai cru comprendre, les personnes qui ont été touchées par ce sortilège sont dans le coma depuis et les médicomages n'arrivent pas à les réveiller. »

Pansy fronça les sourcils un instant puis soupira.

« Ce doit être « somnum ». Je ne l'avais pas encore appris quand je suis partie, mais j'avais vu la pratique. Apparemment, c'est Walden MacNair qu'il l'a inventé. Il trouvait ça marrant de pouvoir découper les membres de ses victimes alors qu'elles étaient endormies mais qu'elles sentaient tout.

-Les personnes sont donc encore conscientes ? Demanda Harry en ravalant la bile qui montait le long de sa gorge.

-D'après ce que j'ai pu comprendre, oui. Mais ce n'est pas certain. C'est la théorie de Walden, mais jusque là personne ne s'est réveillé pour dire si c'était le cas ou non. »

Harry se pencha en avant et griffonna quelques mots sur son parchemin. Il se prit la tête entre les mains puis posa la question qui lui brûlait les lèvres.

« Personne ne s'est réveillé parce qu'il n'existe pas de contre-sort ou parce qu'ils sont tous mort ?

-Deuxième solution. Soupira Pansy en baissant les yeux. Mais je ne sais rien à propos d'un contre sort. A priori, il s'agirait tout de même plus d'un sortilège de sommeil profond, pas de mort ou de quelque chose de ce genre. Donc peut-être qu'un sortilège du genre « enervatum » mais en plus puissant pourrait agir positivement.

-Il faudrait que je demande à…. Harry suspendit sa phrase et regarda fixement sa plume.

-Granger ? Demanda Pansy en essayant de dissimuler le ton moqueur de sa voix.

-Harry ! Harry ! »

Harry tourna brusquement la tête, complètement sorti de ses pensées. Il regarda Ginny dévaler l'escalier et s'affaler sur une chaise à ses cotés, essoufflée et les joues rouges. Entre ses mains tremblantes flottait l'un des parchemins laissés par Hermione.

« Je crois que j'ai… Pfff, pfff… Trouvé pour le dessin ! Pff…

-Quoi ? Fit Harry en bondissant sur sa chaise. Qu'est ce que c'est ? Comment tu as fait ?

-Tu te souviens de la carte que tu m'as montrée il y a quelques jours ? Interrogea Ginny, surexcitée. Celle qui s'est effacée quand Poudlard s'est effondrée ?

-Ah… Oui. La carte du maraudeur. Dit doucement Harry.

-Oui, c'est ça ! C'est bien l'œuvre de ton père, du professeur Lupin et de Sirius ?

-Oui… Répondit Harry, qui ne voyait pas trop où elle venait en venir.

-Et bien j'ai pensé que le dessin qu'Hermione a fait… Celui qui représentait les deux animagus et le loup-garou… C'est un message codé !

-Oui, c'est ce qu'on avait envisagé, approuva prudemment Harry.

-Mais on n'avait aucune idée de ce que cela pouvait-être, n'est ce pas ? On a même posé la question au professeur Lupin pour savoir si c'était lui qui avait fait ce dessin ou si Hermione lui avait dit quelque chose, mais rien n'en est ressorti.

-Oui…

-Et bien moi, je pense que c'était peut-être un peu trop compliqué tout ça. Je me demande si finalement le code, ce n'est pas… »

Ginny inspira profondément et pointa sa baguette magique sur le parchemin. Les trois animaux, placés dans un coin, semblaient les observer d'un œil bienveillant.

« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. »

Aussitôt, les trois personnes se mirent à courir dans tous les coins du parchemin. Le chien se mit à gratter frénétiquement le papier et déterra un « H », un « L » et un « P ». Le loup hurla des « O » et des « A ». Le cerf, quant, à lui, disparu dans un gribouillis pour réapparaitre avec des lettres en tout genre coincées dans ses bois. Il secoua la tête et fit tomber les lettres devant lui. Harry, Ginny et Pansy -qui les avait rejoints sans qu'ils s'en aperçoivent-, médusés, regardèrent les trois animaux pousser les lettres de manière à ce qu'elles soient alignées.

Pansy se pencha légèrement en avant et lu ce qui était écrit :

« EONLVERG PIEDHRNEDAOA. Ça ne veut rien dire !

-Qu'est ce que tu fais là, toi ? Grogna Harry en se levant d'un bond.

-Harry, attends ! L'interpella Ginny en lui saisissant le bras. On verra ça plus tard. Regarde ! »

Sur le coté du parchemin, Harry, Ginny et Pansy virent se former les mots « empreintes d'Harry. Et vivant et détendu. » Ils étaient écrits de la main d'Hermione.

« Appuie ton pouce sur la feuille ! Je suis sûre qu'on va en tirer quelque chose ! En plus, Hermione a bloqué le parchemin de manière à ce que tu ne puisses l'activer que vivant et pas sous la contrainte !»

Avec l'impression d'être complètement idiot, Harry appuya fermement son doigt sur le parchemin. A cet instant, les animaux disparurent et les lettres se mélangèrent pour former deux mots en lettres majuscules :

« HELENA POIVREDEDRAGON ».

Un long silence se fit dans la pièce, puis Pansy retourna s'asseoir sur sa chaise. Ginny fronça les sourcils et Harry se redressa. Tout espoir semblait l'avoir abandonné quand il soupira :

« Je n'ai jamais entendu parler de cette personne. Jamais. »


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La noirceur. C'est quelque chose qui n'est pas inné. C'est ce qu'on s'efforce de croire. Ce qu'on s'oblige à penser. Et pourtant… Pourtant certains semble être fait pour naître, vivre et mourir dans la noirceur.

Manoir Malefoy, salon

Hermione caressa machinalement le tapis puis esquissa une grimace de dégout. Elle venait de s'emberlificoter les doigts dans un tas poussiéreux. La jeune femme fronça le nez et déplaça discrètement l'épaisse touffe sous le fauteuil le plus proche.

Elle n'allait pas faire le plaisir à quiconque dans cette maison de se baisser pour ramasser le mouton de poussière, ah ça non, même si elle aimait beaucoup cette pièce.

Le regard dans le vague, Hermione se demanda si la fille qui répondait au nom de « Chang » y était venue. Elle s'interrogea également sur le sort que lui avaient réservé ses ravisseurs. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et elle se leva d'un coup, comme si elle venait de recevoir une décharge électrique entre les omoplates. De toute façon, se demander inlassablement ce que la jeune femme aux longs cheveux noirs avait subi était aussi inutile qu'inefficace. Cela ne la ferait pas revenir.

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Hermione leva la tête pour admirer les moulures qui s'entrelaçaient au plafond. Les énormes serpents en volume, argentés, semblaient pouvoir se mouvoir de leur propre chef. Leurs yeux, incrustés de pierres précieuses, brillaient délicatement à la lumière du soleil.

Hermione frissonna. Cette vision lui rappelait trop l'immonde reptile qui avait croisé sa route la semaine précédente.

Son regard se tourna vers la fenêtre aux larges carreaux qui laissait entrer une infime lueur. Les lourds rideaux pourpres qui entouraient les vitres filtraient une partie des chauds rayons du soleil pour ne laisser entrer que quelques brides. Hermione fit quelques pas et s'accroupit devant la table basse. Ses doigts tracèrent machinalement le contour des traits qui s'étaient incrustés dans le bois au fil des années. Qu'était-il donc arrivé à cette table ? Depuis combien de temps était-elle ici ? Combien de personnes avait-elle vu passer ? Certains y avaient-ils posé leurs longs bouts de bois torsadés ?

Hermione secoua doucement la tête et ses cheveux lui chatouillèrent les joues. Les yeux de la jeune femme s'attardèrent sur ses poignets nus. Bien qu'elle ait du mal à accepter la réalité, elle était forcée d'admettre qu'il existait une forme de pouvoir qui dépassait les simples capacités physiques. Quelque chose de magique. De différent.

Elle ne voulait tout simplement pas y croire, mais pourtant… Hermione soupira et écarta doucement ses poignets. Elle parvint à faire un écart de trente centimètres environ. Puis, ses bras, comme attirés irrésistiblement l'un vers l'autre, se rapprochèrent d'un coup. Elle avait l'impression qu'on lui avait passé des menottes élastiques. Hermione ne pouvait pas voir ni toucher le lien qui emprisonnait ses poignets, mais elle pouvait parfaitement le sentir et elle était persuadée que seul le garçon blond pouvait lui ôter.

« Alors, la sang-de-bourbe, on rêvasse ? Je ne t'entends pas travailler. »

Hermione sursauta vivement en entendant la voix du garçon blond. Il était rentré dans la pièce aussi silencieusement qu'un serpent. Elle ignorait depuis combien de temps il était là. Toutefois, elle savait qu'au moins, il ne pouvait l'avoir vue faire son ridicule petit manège avec ses poignets et, sans qu'elle sache pourquoi, cela la rassura étrangement.

« Je ne rêvasse pas du tout, je… Cherche un balai. Le contra Hermione.

-Un balai ? Pour quoi faire ? Demanda le garçon blond en haussant un sourcil.

-Et bien, pour enlever la poussière. Répondit Hermione, légèrement étonnée.

-La poussière… Un balai sert à voler, espèce d'idiote ! Pour la poussière il faut…. Euh… tu dois utiliser… »

Son hésitation parue plutôt étrange à Hermione. Elle le regarda plus attentivement et remarqua que son visage était légèrement moins lisse, signe qu'il était perturbé par quelque chose.

« Vous n'avez jamais rien nettoyé dans cette maison, n'est ce pas ? Fit Hermione avec un petit sourire en coin.

-Là n'est pas la question. Et puis de toute façon, une personne de mon rang ne pourrait pas s'abaisser à faire de telles tâches ! » Grogna Drago en agitant nerveusement sa canne blanche.

Ne laissant pas le temps à la jeune femme de répondre, il franchit rapidement les quelques mètres qui les séparaient. Hermione admira avec de grands yeux la facilité déconcertante avec laquelle il évita les canapés et la table basse. Il devait connaître cet endroit pas cœur, mais cela restait tout de même impressionnant.

« Il faut toujours que tu te poses des questions existentielles de toute façon. C'est une maladie chez toi.

-Je suis désolée, rétorqua vertement Hermione. On me demande de faire le ménage… Je veux bien le faire, mais j'ai besoin de certains instruments pour ça ! Si vous me donnez des ordres, il faut me donner les moyens de réaliser mon travail et…

-Tu veux pas la fermer deux minutes ? Grinça Drago en lui donnant un coup de canne blanche sur le tibia.

-C'est incroyable ça, quand même ! Toujours en train d'avoir le dernier mot, même quand il a tort. Souffla Hermione tout bas. »

Il y eut un instant de flottement durant lequel Hermione regretta amèrement d'avoir ouvert la bouche et de ne pas avoir gardé ses pensées pour elle.

« Je t'avais prévenue. » Chuchota Drago.

Aussitôt, elle s'éleva dans les airs et sentit que quelque chose lui étirait les pieds et les bras.

« Hé… Qu'est ce que…. Aie ! »

Au départ, la jeune femme ressentait une délicate sensation de chatouillis dans tout son corps. Puis, au fur et à mesure que le temps passait, ses membres devenaient de plus en plus douloureux, comme si quelqu'un essayait de l'écarteler.

« Je t'ai entendue. Lui signifia Drago d'un air nonchalant en faisant tourner sa baguette entre ses doigts. J'en ai vraiment assez que tu commentes tout. Je t'ai demandé de te taire. Et comme tu n'as pas l'air de comprendre les mots… »

Hermione ferma les yeux et se mordit la lèvre jusqu'au sang. Se faire traiter ainsi était insupportable. Elle se sentait complètement enfermée, prisonnière. Elle savait bien qu'elle l'agaçait à poser des questions mais c'était quelque chose qu'elle sentait presque inné chez elle, comme si elle avait toujours été comme ça.

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En attendant, elle se trouvait dans un sacré pétrin. Elle avait un peu l'impression que quelqu'un déchirait ses muscles avec lenteur et avait entreprit de scier ses os. Elle commençait à avoir très mal mais refusait de le supplier. Son corps était malheureusement beaucoup trop souvent torturé ces derniers temps, ce qui réduisait considérablement sa résistance à la douleur. Lorsque son tibia émit un craquement sonore, elle hurla. Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues sans qu'elle s'en rende compte. Sa respiration devint de plus en plus entrecoupée. Elle le détestait. Elle le détestait. Elle le détestait. Elle n'avait pas le choix.

« Je… Je suis… Désolée… Par… Pardon ! »

Dès qu'elle eut prononcé ces mots, son corps sembla s'affaisser sur lui-même.

Hermione atterrit sur les genoux. Elle posa ses paumes trempées de sueur sur le sol, y laissant des marques humides. Ses jambes et ses bras étaient intacts et ne lui faisaient plus mal mais elle avait toujours l'impression de sentir la morsure du sortilège à l'intérieur même de ses organes. Elle fronça le nez et essuya d'une main tremblante une goutte de sueur qui coulait sur son front.

Depuis l'événement de la semaine précédente avec le grand serpent qui était sortit de la mare, elle avait l'impression que le garçon blond avait de plus en plus de mal à la supporter. Elle se doutait qu'elle n'aurait pas du se serrer dans ses bras de la manière dont elle l'avait fait. C'était de l'insubordination mais elle avait eu peur, simplement, et ça avait été plus fort qu'elle.

Les jambes en coton, la jeune femme s'appuya sur la table basse pour se relever. A cet instant, elle entendit un son délicat. Quelqu'un était en train de toquer tout doucement à la porte, de manière quasiment imperceptible.

« Entrez. » Dit Drago d'une voix tranquille.

La porte s'entrouvrit. En se déplaçant discrètement sur le coté, Hermione se rendit compte que la drôle de créature aux longues oreilles et aux yeux globuleux venait d'entrer dans la pièce. L'étrange bête se courba en deux comme pour saluer le garçon blond, allant jusqu'à épousseter le sol avec ses oreilles. Un pli soucieux se forma sur le front d'Hermione. L'étrange animal était en train de trembler et son dos semblait couvert de sueur.

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« Qu'est ce qu'il se passe, Salazy ? » Demanda le garçon blond qui semblait percevoir le trouble de l'être oreilles démesurées.

Ce dernier regarda rapidement derrière lui, comme s'il craignait que l'on l'observe puis se mit à trembler de plus belle.

« Maî… Maître…. Bredouilla la bête en dardant ses gros yeux larmoyant sur le garçon. IlIl vient de prévenir par hibou. Il… Il arrive.

-QUOI ? Hurla brusquement le garçon, faisant sursauter Hermione. Mais ce n'est pas possible ! Il n'était pas censé venir avant des semaines ! On m'a dit qu'il voulait investir Poudlard !

-Il a dit qu'il venait voir… L'amie de Monsieur P….

-Salazy ! Gronda Drago en esquissant un geste rageur de la main.

- Excusez-moi, maître, Salazy avait oublié qu'il ne fallait rien dire à propos de Miss Hermione.

-Quoi ? Fit immédiatement cette dernière en tournant brusquement la tête vers l'animal. Qu'est ce qu'il ne faut pas me dire ?

-Tais-toi ! Lui intima aussitôt le garçon. Il faut que je trouve où te mettre.

-Je… Fit Hermione avec colère.

-Il est venu pour toi. Coupa le garçon. S'il te voit, il va te torturer jusqu'à la mort pour obtenir des informations sur un de tes amis. Il se fichera bien de savoir que tu as perdu la mémoire. Tout ce qui l'intéresse, c'est ce garçon.

-Mais enfin, de qui parlez-vous ? Demanda Hermione tandis que sa voix montait dans les aigus. Et c'est qui ce garçon ? Mon ami ? Qui ? Ou est ce qu'il est ?

-Là, je te parle d'une personne qui a envie de t'enlever toute ta peau et de s'en faire un tapis. Grommela le garçon en lui saisissant le poignet. Je te prêterai un livre pour que tu saches qui c'est… Mais pour l'instant, il faut que je te garde en vie sinon je peux dire adieu à ma vue. »

Hermione sentit sa lèvre inférieure trembler. Elle ne comprenait absolument rien à ce qui était en train de se produire mais elle sentait que le garçon ne mentait pas.

« Va chercher Severus et demande lui de venir me rejoindre dans ma chambre, Salazy. » Ordonna le garçon en tirant sur le bras d'Hermione. L'étrange créature battit de la tête, faisant voler ses grandes oreilles, puis il disparut dans un craquement sec sous le regard médusé d'Hermione.

« Toi, suis-moi. » Lui aboya le garçon.

Il ne lança aucun sortilège sur la jeune femme. Cette dernière le suivi docilement, encore hébétée par ce qu'elle venait d'entendre. Un frisson la parcourut tandis qu'un mal être de plus en plus profond l'étreignait. Quelque chose était en train de se produire. Quelque chose arrivait…. Et quelqu'un voulait la voir morte.

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La jeune femme quitta précipitamment le salon et suivi le garçon dans le hall. Ils traversèrent silencieusement ce dernier et gravirent les marches qui menaient au premier étage. Le jeune homme accéléra. Il alla tout droit, s'enfonçant dans un long couloir sombre. Hermione trottina sur ses pas sans une once d'hésitation. Le garçon tourna brusquement à droite et s'introduisit dans un renfoncement du couloir. Ce dernier était assez petit. Trois portes identiques s'y trouvaient. Le garçon pointa son bout de bois sur celle qui se trouvait juste en face de lui. La serrure cliqueta. Il appuya sur la poignée de la porte et poussa Hermione à l'intérieur de la pièce.

La jeune femme observa l'endroit d'un œil absent. Assez spacieuse, la chambre était aussi très impersonnelle. Elle comportait un lit et une table de nuit sur laquelle se trouvait une sorte de petite pierre transparente. Hermione nota également une grande écharpe qui pendait au mur. Verte et argentée, elle était couverte de serpents entrelacés. Il y avait également une porte, située à la droite de la jeune femme et deux fenêtres dont les volets se fermèrent en claquant lorsqu'ils entrèrent.

« C'est votre chambre ? Demanda Hermione.

-Oui. C'est pas le moment de poser des questions de ce genre. Viens ici. »

Hermione fronça les sourcils et se dirigea vers le lit qu'il lui indiquait.

« Allonge-toi. »

Hermione esquissa un rictus d'angoisse. Elle recula d'un pas. Et si tout cela n'était qu'une mise en scène ? S'il voulait juste…

Elle n'aurait jamais dû le suivre.

Il avait sans doute tout inventé et maintenant il allait lui faire subir les pires horreurs… Comment avait-elle pu être aussi bête ?

« Pourquoi ? Lui demanda-t-elle d'une voix mal assurée.

-C'est pas vrai, Couche-toi je te dis ! Cracha le garçon en tapant par terre avec sa canne. Je ne vais rien te faire. Par contre, je te jure que si tu ne te couches pas toute de suite, je te stupéfixie. »

L'angoisse qui perça dans la voix du blond indiqua à Hermione qu'il ne mentait pas. Elle renonça à comprendre pour l'instant la signification du mot que le garçon venait de prononcer et monta sur le lit.

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Elle venait à peine de s'allonger quand elle sentit quelque chose d'affreux lui tomber dessus et l'envahir. Elle était sûre que jamais elle ne s'était sentie aussi mal. C'était comme si quelqu'un était en train d'enfoncer ses doigts dans son thorax et d'appuyer de toutes ses forces pour l'étouffer. Elle se redressa d'un bond dans le lit, les bras serrés autour de la poitrine et se mit à gémir. La douleur était telle qu'elle n'arrivait presque plus à respirer. Elle entendit une sorte de bourdonnement sourd battre au niveau de ses tempes et se mit à trembler.

« Je sais, dit le garçon d'une voix étrangement douce et lointaine. Ca fait toujours ça la première fois. Il est devenu beaucoup plus puissant depuis qu'il a plus de pouvoirs. »

Il posa son bras sur l'épaule d'Hermione et la força à se coucher à nouveau. Elle tremblait et de la sueur perlait au dessus de sa lèvre supérieure. Mal… Tellement mal… Comme si l'enfer était en train de prendre possession de son corps…

« Je sais que c'est horrible, mais ça va passer. »

La main de Drago resta maladroitement posée sur l'épaule d'Hermione tandis que la respiration de cette dernière se calmait légèrement. Il savait que c'était stupide mais à chaque fois qu'il la voyait aussi vulnérable, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il s'agissait d'une personne totalement différente d'Hermione Granger. Une fille qui ne connaissait rien à la magie mais qui en subissait quand même les conséquences.

Drago sentait le corps brulant d'Hermione trembler sous sa main et il entendait distinctement ses gémissements. Il avait l'impression que ces derniers lui écorchaient les tympans. Est-ce qu'elle méritait vraiment de souffrir comme ça ? Cette fille qui avait oublié jusqu'à son nom… N'était-elle pas déjà bien punie en ne se souvenant plus de rien ?

Il retira brusquement sa main lorsque quelqu'un frappa à la porte.

« Entrez » Fit le garçon en se redressant.

Severus Rogue entra dans la pièce d'un pas alerte, faisant voleter derrière lui sa longue cape noire.

« Elle vient de subir la Pression. Lui annonça Drago.

-Rien d'anormal à ça. » Grommela l'ancien professeur de potion en s'approchant du lit, les sourcils froncés.

Il regarda fixement Hermione. Cette dernière soutint difficilement son regard, essayant de remettre en route son cerveau embrumé.

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Quand le garçon avait posé sa main sur son épaule, elle s'était sentie beaucoup mieux. Une impression de soulagement l'avait envahie et elle s'était sentie terriblement coupable d'éprouver ce sentiment grâce à lui. Malgré tout, elle s'était accrochée à sa voix rassurante, essayant de s'en servir pour garder le contact avec la réalité. Jamais elle n'aurait imaginé que sa voix puisse avoir cet effet sur elle.

Cependant, dès qu'il s'était redressé, la chaleur et la douceur que lui prodiguait sa main avaient subitement disparues, remplacées par une impression glaciale d'abandon. A présent, elle regardait l'homme qui se trouvait devant elle.

Lorsqu'il pointa son long morceau de bois sur elle, Hermione ressentit une pointe d'anxiété mais fut bien incapable de faire le moindre geste pour s'échapper. L'homme prononça quelques mots à voix basse que la jeune femme ne comprit pas puis fouilla dans ses poches et en sortit un flacon au contenu bleu turquoise.

« Buvez ça. Ordonna-t-il à Hermione.

-Mais…

-Je t'expliquerai plus tard. Bois ! » Lui intima fermement le garçon blond.

Hermione décida qu'elle n'était plus en état de lutter. Elle saisit la fiole que lui tendait l'homme aux cheveux gras et la but d'un trait. Le liquide lui fit l'effet d'une boisson glacée lorsqu'il coula dans sa gorge.

Immédiatement, elle eut l'impression qu'on venait de lui donner un coup de massue sur la tête. Le lit avait l'air d'être devenu une embarcation flottant sur l'eau au grès de flots déchainés tandis que les images des deux hommes penchés sur elle devenaient de plus en plus floues. Ses paupières devinrent extrêmement lourdes. Elle tendit la main vers le garçon blond, essayant de saisir son bras.

« Partez… Pas…

-Je dois y aller. Fit-il en se reculant vivement. Dors. »

Qu'est ce qu'il lui prenait d'implorer comme ça ce garçon qu'elle détestait ? C'était sans doute une réaction en rapport avec ce qu'elle venait de boire. Et si…

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Hermione laissa tomber lourdement son bras et ferma les yeux, incapable de réfléchir plus longtemps. Elle avait l'impression que son cœur ralentissait de plus en plus. Les sons autour d'elle se déformèrent. Elle entendit quelqu'un frapper lourdement à la porte d'entrée du manoir, mais elle était tellement fatiguée qu'elle ne réussit pas à avoir peur.

« Ca devrait faire l'affaire. Tu es sûr de vouloir faire ça ?

-Je n'ai pas vraiment le choix si je veux revoir un jour.

-Il y aurait d'autres solutions… On pourrait la cacher autre part et…

-Non ! Il n'y a pas de moyen plus sûr et j'ai besoin d'elle. Qu'elle reste en vie.

-Comme tu voudras, Drago. »

Hermione lutta encore quelques secondes puis sombra dans les ténèbres, un mot flottant dans son esprit. « Drago. »

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Narcissa Malefoy arriva presque en courant dans le hall. Elle avait l'air d'être devenue un fantôme. Son visage était blême et ses traits tirés. Son regard exprimait plutôt l'horreur que la terreur, bien que la différence entre les deux soit plutôt mince.

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Lorsqu'elle arriva dans la pièce, les portes étaient déjà grandes ouvertes. Salazy avait disparu de son champ de vision et une troupe d'individu était en train de se glisser silencieusement dans son manoir.

Narcissa chercha Drago des yeux mais ne le vit pas. A la place, elle repéra immédiatement son maître qui déambulait calmement dans le hall. Elle essaya de regarder Lord Voldemort dans les yeux, mais cela parut être au-delà de ses forces. Elle se contenta donc de baisser respectueusement la tête et de s'incliner.

Le Seigneur des Ténèbres ne lui prêta absolument aucune attention. Il la contourna d'un pas flottant, comme si elle n'était qu'un vulgaire insecte indigne d'intérêt. Il se dirigea tout droit vers le salon. Il était suivi d'une horde d'individus tous vêtus d'une robe de sorcier noire et d'un capuchon rabattu sur leur visage. Certains se découvrirent en entrant, révélant leur identité. Deux d'entre eux chuchotèrent en passant devant Narcissa, lui jetant des coups d'œil amusés. Elle leur répondit pas un regard glacial pour détourna la tête.

D'autres individus entrèrent à leur tour. Narcissa croisa sa sœur qui était complètement surexcitée. Elle ferma douloureusement les yeux lorsque Bellatrix détruisit un vase d'un coup de baguette magique en éclatant d'un rire strident. Pas à son goût, sans doute.

Elle souleva ses paupières quelques secondes plus tard et frissonna lorsque son mari passa à ses cotés sans prononcer un mot, lui témoignant son indifférence.

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Tous ces gens… Elle et eux servaient la même personne et pourtant, parfois, elle avait l'impression qu'ils se trouvaient tous à des millénaires les uns des autres.

Ses pensées s'embuèrent légèrement. Pourquoi venaient-ils tous chez elle, déjà ? Sa maison abritait les pires déchets de l'humanité… Quand était-elle devenue le monstre qui acceptait ce genre de choses ?

Elle sursauta et cessa de réfléchir lorsqu'elle remarqua que Severus et Drago descendaient l'escalier à leur tour.

« Drago, où est… Demanda-t-elle d'une voix inquiète.

-Non, mère. Je m'en occupe.

-Quoi ? Fit-elle, la panique se lisant sur son visage. Non, Drago tu ne peux pas…

-C'est moi qui vais m'en charger, coupa Severus.

-Mais…

-Je suis le seul dont il ne puisse pas contrôler l'esprit pour l'instant. Quand à ce que je sais… Il n'en verra rien. »

Drago ne protesta pas, soulagé. Il avait beau espérer retrouver la vue un jour, il ne tenait pas à mourir de la main du Seigneur des Ténèbres. Le courage n'était malheureusement pas sa qualité dominante et parfois, il en avait honte. Hermione, elle n'aurait pas hésité à se mesurer au maître, regardant la mort dans les yeux. Mais Hermione ne se souvenait plus de rien. Elle n'était plus rien, elle n'existait plus. Elle avait été remplacée par une fille qui était couchée dans sa chambre, salissant ses draps de son sang impur et détenant la formule qui lui permettrait de retrouver la vue au fond de son cerveau désormais vide.

Narcissa, quant-à elle, regarda fixement Severus Rogue. Ses yeux se voilèrent. Si Voldemort voyait une seule once de ce dont ils avaient parlé, ils étaient morts.