Peu après l'épisode 7.

Yûri et Viktor ne partage pas encore de chambre d'hôtel à ce moment là de l'histoire si je ne me trompe pas.

Bien, il est enfin temps de passer aux choses un poil plus sérieuses dans cette fic !


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Yûri n'était plus un adolescent. Il n'allait pas faire tout un plat de ce baiser. Mais quand même, il avait décemment le droit de lever un sourcil d'interrogation. On est rarement embrassé par son Coach devant cameras et public juste parce que ce dernier veut nous surprendre.

Il soupira.

Il se sentait un peu honteux que son premier baiser ai été si tard dans sa vie, et pourtant ridiculement heureux. Jusqu'à présent, Viktor Nikoforov n'avait jamais embrassé personne en public. Sauf lui, Yuri Katsuki. Il pouvait quand même dire que le grand Nikiforov l'avait embrassé, ce n'était pas rien !

Viktor avait dit vouloir le surprendre comme il avait été surpris, et au vu de la personnalité de ce dernier, il n'y avait sans doute pas à chercher plus loin. Point.

Yûri avait pu surprendre celui qu'il avait admiré depuis son enfance et cette satisfaction lui réchauffait le cœur au delà des mots.

Certes, il n'allait pas faire tout un plat de ce baiser, mais s'il devait être honnête avec lui-même, il voulait y voir plus qu'un simple bisou perdu, tellement plus...

Ce bref baiser l'avait évidement surpris mais il ne s'était pas sentis mal à l'aise. Au contraire. Ce contact rapide entre leur lèvres avait semblé naturel, presque normal.

Tombé à la renverse sur la glace, son coach dans les bras allongé sur lui, Yûri s'était complètement moqué des gens alentours. Les deux hommes avaient été dans leur bulle, yeux dans les yeux, partageant un instant qui n'appartenait qu'à eux malgré public et caméras.

Yûri réalisait que Viktor n'avait cessé de lui monter qu'il le voulait, depuis le premier jour au Japon. Il avait juste été bien trop impressionné pour s'autoriser à penser une telle chose. Comment peut-on décemment imaginer que l'homme que l'on admire depuis toujours, le quintuple champion du monde de patinage, puisse nourrir des sentiments à son égard ? C'était être tellement présomptueux de sa part !

Pourtant, Yûri avait conscience que Viktor eu été n'importe qui d'autre, il aurait présumé que l'homme avait possiblement des sentiments pour lui.

...

On frappa à la porte de la chambre d'hôtel du Japonais. La Coupe de Chine étant terminée, c'était bientôt l'heure du banquet.

-"Yûri, tu es prêt ?" C'était évidement Viktor.

-"Oui, oui, c'est bon."

Le Russe trouva Yûri assit sur le lit, portable en main dont le câble était branché à la prise à côté de la table de nuit.

Le dénommé Katsudon débrancha son smartphone pour le fourrer dans la poche de sa veste de smoking.

-"Voilà, on peut y aller"

Mais Viktor ne bougea pas, bras croisés.

-"Hm... Yûri, regarde moi" le ton n'était pas autoritaire mais indiquait que la demande ne pouvait être ignorée.

Yûri leva lentement les yeux pour croiser ceux du Russe avant de les détourner presque immédiatement.

Viktor soupira.

Il s'avança vers le brun et s'arrêta à seulement quelques centimètres de lui.

-"Ce que j'ai fait sur la glace, je suis désolé, je n'ai pas réfléchi. Tu auras sans doute quelques questions au banquet."

-"Um, ce n'est rien, je comprends" répondit presque mécaniquement Yûri. Il ne voulait pas que son coach se sente mal à l'aise en sa présence juste pour ça. Les adultes ne se font pas des montagnes d'une chose aussi bête qu'un petit bisou dans le feu de l'adrénaline des compétitions.

-"Je ne suis pas sûr que tu comprennes, non" commença Viktor "Je suis sincèrement désolé pour ça mais je t'embrasserai de nouveau, cette fois en privé promis, sauf si tu me dit tout de suite et clairement que tu refuses."

Viktor jouait le tout pour le tout. Il estimait avoir été extrêmement patient avec Yûri. A présent qu'il avait enfin goûté aux lèvres de celui qu'il désirait depuis presque un an maintenant, il ne pouvait plus revenir en arrière. Non, il ne voulait pas revenir en arrière.

Le Japonais ouvrit de grands yeux ronds et entrouvrit la bouche pour dire quelque chose mais aucun son ne sortit de sa gorge. Viktor en profita pour continuer:

-"Yûri, tu te souviens de notre virée sur la plage à Hasetsu, où je t'ai demandé ce que tu voulais que je sois ?"

Yuri hocha la tête.

-"Tu te souviens de ce que tu m'as répondu ?"

-"Que tu sois toi-même... ?" répondit-il presque timidement.

-"Exactement! C'était la première fois qu'on me disait ça. Avec toi Yûri, je peux être moi, sans avoir de rôle à jouer en permanence. Tu n'imagine pas la liberté que ça me donne. Tu es le premier qui ne voulait pas le play-boy, pas le patineur, pas la star. Juste...moi."

-"Je sais à quel point devoir répondre à des attentes sans arrêt est fatigant. Je ne voulais pas te faire subir ça. Je voulais que tu te sente bien avec moi... pour que tu restes."

La réponse honnête du Japonais amusa Le Russe.

-"Je suis bien à tes côtés."

Viktor approcha son visage à quelques millimètres de celui de Yûri et s'arrêta là, attendant le cœur battant l'autorisation tacite de continuer. Yûri sembla hésiter un instant avant de réduire de lui-même le peu d'espace restant, scellant leurs lèvres ensemble. Le baiser était très léger comme une brise, fragile comme une aile de papillon.

Viktor ouvrit les yeux qu'il ne se souvenait pas d'avoir fermés et rattrapa la bouche de Yûri s'éloignant déjà de la sienne.

Cette fois le baiser se fit plus pressant. Paupières entrouvertes, le Russe ne vit que les yeux clos de Yûri. Il se sentit pousser des ailes et décida d'y aller franco : sa langue alla caresser la lèvre supérieure du Japonais qui émit un son de surprise.

Yûri recula légèrement, haletant presque. Il s'empressa d'enfouir son visage rouge dans ses mains dans une tentative assez vaine de le cacher, ce qui donna à Viktor envie de rire.

-"Si on ne se dépêche pas, on va finir par être en retard au banquet" fit calmement le Russe en allant ouvrir la porte, incapable d'empêcher son propre visage d'être plus coloré qu'à l'accoutumé.

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Merci encore à tous ceux qui suivent cette fic.