Coucou ! Je suis très heureuse de vous retrouver pour le chapitre 9, enfin sorti de l'Academy Arc ! D'ailleurs, merci beaucoup pour vos interactions. Pour faire le point : vous avez dépassé le compte des 1500 lectures, 20 reviews, 15 follows et 10 favoris. C'est très chouette ! Merci de votre implication. J'espère que ce chapitre de transition vous plaira !


Il faisait beau ce matin-là quand je me levais, mais ce ne fut pas la première chose que je remarquai. Il y avait après tout bien plus remarquable dans mes bras. Hinata était adorable quand elle dormait et, finalement, nous tenions parfaitement à deux dans mon lit. Si j'avais eu l'impression de rêver la veille et nos quelques chastes baisers, je savais désormais que chacun était délicieusement réel. Je lui caressai tendrement les cheveux, navrée de devoir la réveiller et décidée à le faire en douceur.

— Hm… Hitomi ?

— Désolée, j'aurais bien aimé continuer de dormir aussi, mais on doit aller à l'armurerie, remplir nos papiers et puis assister à la composition des équipes. J'imagine que tu ne voudrais pas qu'on aie à se dépêcher…

Sur ces mots, nous commençâmes à nous préparer. Nous avions beau avoir commencé une relation, nous restions à l'orée de nos adolescence, aussi tout restait-il innocent entre nous. Quelques baisers volés au temps ici et là et le droit de nous tenir la main nous suffisait amplement pour l'instant. Et plus tard… Plus tard, si notre relation en arrivait là, nous serions toujours libres d'aviser.

Quand nous arrivâmes dans la cuisine, Maman et Sasuke s'y trouvaient déjà, elle aux fourneaux et lui appuyé contre un mur, occupé à affûter ses shurikens. Je le vis sourire d'un air entendu quand il posa le regard sur nos mains unies. Peut-être n'était-il pas si distrait en ce qui concernait les relations sociales, après tout. Je les saluai tous deux, suivie par la voix timide d'Hinata, puis je guidai celle-ci à table pour qu'elle s'assoie. Peu importait le nombre de jours qu'elle passait ici, elle restait une invitée et serait toujours traitée avec l'attention qui allait de pair avec ce titre.

Dès que Maman se retourna et s'approcha pour nous embrasser chacune sur la joue, je compris qu'elle savait. Par je ne sais quelle magie maternelle, elle avait compris qu'il s'était passé quelque chose entre Hinata et moi. Aurais-je dû m'en étonner dans un monde où les gens pouvaient cracher du feu ou se rendre invisibles ? Sans doute pas. Mais sur le principe…

— Maman ?

— Je suis très heureuse pour vous, mes chéries. Du sirop d'érable sur vos pancakes ? C'est un cadeau de Shibi Aburame, je crois que toutes les familles de ton groupe d'amis en ont reçu une.

Nous continuâmes de discuter nonchalamment tout au long du repas. J'appris entre autres que Maman avait rendu une petite visite au maître Hokage et que Naruto vivrait désormais avec nous. Ainsi se remplissait la dernière chambre libre de la maison. La nouvelle fut accueillie par des hochements de tête et sourires de la part de Sasuke comme de moi. Naruto était devenu un ami à ses yeux, après tout, pas un rival. J'étais heureuse de ce développement, et fière de moi, d'une certaine façon. Ainsi donc, je n'étais pas totalement impuissante. Cela me rassurait un peu quant à l'avenir.

Le premier arrêt se fit à l'administration, dans le même bâtiment que l'école. Nous devions nous faire prendre en photo, puis faire remplir les papiers qui nous permettraient d'obtenir immédiatement notre carte ninja. Le sésame en main, nous nous rendîmes tous les quatre à l'armurerie. Il était encore tôt, si bien que la boutique était encore assez peu remplie. Nous y croisâmes Naruto, occupé à essayer des chemises en résille d'acier. Il en porterait sans doute une sous la veste orange vif qu'il affectionnait tant. Je me demandais quelle était l'histoire là-dessous, mais je ne lui avais jamais demandé. Il avait bien le droit de garder ses petits secrets, après tout.

— Eh, Hitomi, Sasuke, je vais vivre avec vous à partir d'aujourd'hui ! Vous êtes contents ?

Je sentais, malgré son grand sourire et son ton enthousiaste, l'hésitation qu'il tentait de cacher. Naruto avait toujours eu envie d'être accepté, et n'était jamais totalement sûr que ce soit le cas. Voilà les dégâts que pouvaient causer douze années dans un orphelinat avec des adultes qui vous méprisent et des enfants qui, par mimétisme, s'y mettent aussi.

— Bien sûr qu'on est contents ! Si tu veux, après qu'on ait rencontrés nos sensei, on pourra aller faire du shopping pour acheter de quoi décorer ta chambre, ça te plairait ?

Et ainsi, ce fut décidé. Heureux, nous nous séparâmes pour fureter dans les rayons de l'armurerie. Nous avions un budget illimité : Sasuke, Naruto et moi parce que la famille Yûhi était riche et pouvait se le permette, et Hinata, parce que les Hyûga l'avaient été avant même la formation de leur clan. Nous nous séparâmes : nos besoins n'étaient pas les mêmes.

Je me retrouvai en compagnie de Sasuke dans la section des armes de jet. Avant d'avoir notre carte, nous avions droit à un nombre limité de lames, et certaines nous étaient même interdites à l'achat, comme l'épée à chakra que mon grand-père avait dû aller se procurer lui-même pour me l'offrir. Je choisis plusieurs sets de kunais et de shurikens, ainsi que des aiguilles en plus petit nombre. Je n'étais pas encore aussi douée avec celles-ci qu'avec les projectiles plus classiques, mais elles avaient leur utilité.

Il nous fallait plus de ces armes que nous n'en avions jamais possédé à l'Académie, car sur le terrain il pourrait nous être totalement impossible de récupérer celles qui auraient été utilisées. Cela dit, j'en achetais plus que je ne pourrais en porter, parce que Shikaku avait promis de m'apprendre l'art des sceaux, en récompense de mes excellents résultats. J'avais hâte : les sceaux avaient toujours exercé sur moi une intense fascination. Et d'un point de vue pratique, ils étaient tout simplement inégalés, Tenten pouvait en témoigner.

J'avais d'ailleurs besoin pour cela d'un grand nombre de rouleaux de parchemins, plus que je ne pouvais en porter, ainsi que d'encre qui réagissait au chakra, et de plusieurs pinceaux. Il en existait un nombre de variétés interminable, mais je me cantonnai aux classiques pour le moment. J'aurais tout le temps de revenir en acheter quand je maîtriserais un peu mieux cet art.

Ensuite, ce fut le tour des vêtements. L'armurerie avait son propre tailleur et je me retrouvai seule avec lui pendant qu'il prenait mes mesures, avant de choisir dans un catalogue les vêtements qui me plaisaient. Ensuite, il les invoquait avec un parchemin – je devrais vraiment apprendre à faire ça – déjà ajustés à ma taille, et je n'avais plus qu'à les essayer.

Quand je ressortis de la petite pièce chaude et enfumée à force d'invocations, j'étais l'heureuse détentrice d'une chemise de mailles d'acier, par-dessus laquelle je portais une tunique légèrement ample aux manches serrées et au col bien dégagé, dont la couleur rouge sombre, presque brune, m'avait plu. Par-dessus, je pouvais ajouter un manteau noir qui me tombait à mi-cuisse et comportait tout un tas de poches au cas où celles de mes autres vêtements n'étaient pas suffisantes. Le manteau était léger – nous étions quand même à Konoha et comme j'étais Genin, je ne sortirais pas de sitôt du pays du Feu – mais j'avais également commandé son grand frère prévu pour résister aux températures les plus glaciales. J'avais choisi un pantalon noir également, très près du corps mais assez souple pour me permettre de bouger sans difficulté, et des bottes hautes de la même couleur, dont le très léger talon me permettrait de coincer volontairement mes pieds dans des encoches quand j'en aurais besoin, mais ne le ferait pas involontairement. Bien sûr, j'avais ajouté le classique étui à kunais et shurikens à la cuisse gauche, ainsi que la poche beige standard, ainsi qu'un ruban rouge pour attacher mes cheveux dont les mèches folles étaient déjà retenues par mon bandeau – j'avais remplacé le tissu d'un bleu vif affreux pour qu'il s'harmonise à ma tunique.

J'ajoutai des accessoires divers, comme du fil d'acier, des outils de crochetage et de la cire pour cacheter les messages avec le sceau des Yûhi dont je possédais désormais un exemplaire. Infusée avec du chakra, cette cire résistait à tous les assauts physiques et aux gens dont le chakra n'était pas celui d'un membre du clan. La plupart de ceux de Konoha avaient leur propre sceau. C'était très utile pour garder nos propres secrets, après tout.

Enfin, nous étions dehors ! Maman rangea tous nos achats dans un parchemin et en fit un séparé pour Hinata, qui partirait de son côté une fois les équipes constituées, puis nous laissa repartir vers l'école. Je songeai que c'était fin de la part de ma mère de réussir à ne pas dire à Hinata qu'elle serait son sensei. Je savais qu'elle l'adorait et devait trépigner de hâte de lui enseigner ce qu'elle savait. Si mes souvenirs étaient bons, elle était même allée demander en personne à Hiashi Hyûga la permission de la prendre comme élève.

Arrivés à l'Académie, nous nous installâmes dans notre ancienne salle de classe en compagnie de nos amis, qui arrivèrent peu à peu. Eux aussi portaient leur nouvel équipement et félicitaient Naruto d'avoir finalement décroché son diplôme. Aucun de nous n'avait trouvé ça juste qu'il soit recalé à cause du dédoublement alors qu'il maîtrisait mieux le kenjutsu, le taijutsu et le lancer de projectiles que certains des élèves qui avaient quand même réussi l'examen. S'ils avaient su que Naruto connaissait désormais une technique de rang B et une de rang A !

Je le laissai à sa gloire – comme elle devait être douce pour lui ! – occupée que j'étais à dire adieu à Hinata. Nous ne pourrions plus nous fréquenter tous les jours désormais, peu importait que ma mère soit son sensei : elle serait parfois partie au loin pendant des semaines, parfois simplement trop fatiguée pour venir passer la soirée à la maison. Je le savais, elle le savait, et nous nous consolions de doux baisers en nous promettant de savourer chacune de nos retrouvailles. Quant à moi je m'imprégnai de toutes les émotions, de toutes les sensations que j'éprouvais quand je touchais son visage, ses cheveux, quand ses mains étaient nouées dans ma nuque et mes lèvres sur les siennes.

Nous dûmes nous séparer quand arriva le professeur Iruka, qui était certes gentil mais ne tolérait pas ce genre d'effusions dans sa classe. Il avait déjà fichu dehors la fille qui avait voulu embrasser Shino pendant un cours d'histoire ninja, alors un couple était assuré d'être mis dehors à grands coups de pieds aux fesses.

Les équipes se constituèrent lentement. Contrairement aux évènements du canon, quand Iruka-sensei annonça que Sasuke et Naruto feraient équipe avec moi, je ne pus lire que du bonheur sur leurs traits. J'étais petit à petit arrivée à faire en sorte qu'ils s'entendent comme des frères, même s'il restait un peu de rivalité, juste ce qu'il fallait pour qu'ils s'émulent l'un et l'autre, dans leur relation.

Bien vite, nous fûmes seules dans la classe. Maman avait fait sa surprise à mes deux amis, Asuma-sensei était venu chercher Ino, Chôji et Shikamaru peu après, et les autres équipes étaient parties elles aussi. Il ne restait plus que nous et le temps s'étirait tant et si bien que même Iruka-sensei finit par partir. J'avais prévu le coup et apporté de la lecture pour nous trois. Naruto adorait les contes du Pays du Feu, Sasuke les traités scientifiques liés aux arts shinobi, et pour moi, j'avais choisi un livre-documentaire qui concernait la dernière Grande Guerre. Nous étions tous les trois adossés à un mur de temps en temps l'un de nous se levait et faisait quelques pas pour se dégourdir les jambes. Je sentais que Naruto s'impatientait légèrement mais il resta sage. Encore une divergence mineure du canon…

Pratiquement cinq heures plus tard, notre sensei nous fit l'honneur de sa présence. Plus grand que ne le présageait le manga, une impression trompeuse de silhouette dégingandée – on ne me la faisait pas à moi, je savais que ce type avait des muscles en acier trempé pour être devenu un Jônin – les cheveux dans un état de désordre incroyable et la paupière lourde pour dissimuler un regard vif, il entra dans la salle pour nous trouver tous trois plongés dans notre lecture.

— Eh bien… Mon impression de vous n'est pas si mauvaise qu'on aurait pu s'y attendre ! Allons sur le toit faire connaissance.

Ce fut tout il disparut ensuite dans un nuage de fumée, nous laissant échanger des regards légèrement perplexes. Quand nous arrivâmes en haut, il était négligemment accoudé à la balustrade. Nous nous avançâmes jusqu'à prendre place sur un banc, Sasuke s'accaparant le dossier tandis que nous prenions place de manière plus classique, Naruto et moi.

— Alors ! On va commencer par tous se présenter. Après tout, je ne vous connais pas, et vous ne me connaissez pas. Il faut bien commencer quelque part, non ?

Naruto répondit immédiatement. Je sentais dans sa voix une légère pointe d'agacement : il n'aimait pas vraiment attendre.

— Eh, et si vous commenciez par vous ? Comme ça on saura ce qu'on doit dire !

— Quoi, moi ? Eh bien, je m'appelle Kakashi Hatake. Ce que j'aime et ce que je déteste, ça ne vous regarde pas. Des rêves pour l'avenir… Bof, je n'en ai pas beaucoup. Quant à mes loisirs, ils sont divers et variés. Voilà. Allez, c'est toi qui commence, à droite.

Je me redressai légèrement, refusant de me laisser démonter par son petit discours que je connaissais déjà par cœur. On ne me la faisait pas à moi.

— Je m'appelle Hitomi Yûhi. J'aime ma famille, les chats, m'entraîner jusqu'à tomber de fatigue. Je n'aime pas l'affreuse combinaison qu'une certaine personne m'a offerte pour mon anniversaire, mais je la porte parfois pour ne pas le froisser. Je n'aime pas non plus m'ennuyer, donc je lis beaucoup. Mon rêve pour l'avenir est de visiter tous les pays du monde connu, et peut-être encore plus loin, pour apprendre ce qu'ils auront à m'enseigner là-bas. Mes loisirs sont la lecture, l'entraînement et la cuisine avec ma mère, même si j'ai encore beaucoup à apprendre dans ce domaine également. Voilà !

— Ainsi donc, tu es la fameuse fille de Kurenai… Son père et elle m'ont beaucoup parlé de toi. On verra bientôt si tu es à la hauteur du portrait qu'elle peint de toi. Suivant !

Je hochai la tête, et laissai Sasuke prendre la parole.

— Je suis Sasuke Uchiha. Il y a beaucoup de choses que je déteste, et assez peu que j'aime. Mon rêve pour l'avenir, ou plutôt l'objectif qui commence dès aujourd'hui, est de protéger les membres de ma nouvelle famille et de les rendre fiers. Mes loisirs sont l'entraînement, la lecture et l'exploration des secrets du village.

Je haussai les sourcils, étonnées que le discours de Sasuke ait changé. J'avais donc bel et bien eu une influence sur lui… Tandis que je posais une main réconfortante sur son bras, Naruto s'exprima à son tour.

— Mon nom, c'est Naruto Uzumaki ! J'adore les ramens, surtout ceux d'Ichiraku, le professeur Iruka et Kurenai-san ! J'aime aussi mes amis. Je déteste quand il faut attendre que quelque chose cuise pour manger, et ne pas progresser quand je m'entraîne. Mon rêve pour l'avenir, c'est de devenir Hokage ! Mes loisirs c'est de m'entraîner et d'en apprendre plus sur les différentes épées qui existent partout dans le monde !

Je souris à nouveau, touchée par le petit laïus de Naruto. C'était vrai qu'il avait développé une vraie passion pour les épées depuis que nous nous entraînions. Si j'étais restée attachée à mon tantô à double tranchant, Naruto, lui, était vite passé à une épée à deux mains qu'il portait en permanence à la taille. Celle qu'il avait utilisée jusqu'à aujourd'hui n'avait pas été exceptionnellement bonne, du fait de son manque de moyens à l'orphelinat, mais Maman lui en avait offert une nouvelle, à la garde ouvragé, ainsi qu'une ceinture à laquelle la porter.

— Ok ! Ca suffit les présentations. Dès demain, nous commencerons les missions.

Avant que quiconque ait pu parler, je hochai la tête et me levai.

— Très bien. Vous avez déjà une idée de ce dont il s'agira ?

— Pour commencer, nous allons faire un petit exercice, juste tous les quatre. Une épreuve de survie. Durant cette épreuve, vous devrez m'affronter. Sachez-le, sur vingt-sept élèves diplômés cette année, seuls neuf pourront devenir de vrais Genins. Les autres devront soit se reconvertir, soit reprendre l'école. Autrement dit, il s'agit d'une épreuve hyper-sélective dont le taux d'échec est supérieur à 66% !

Je posai une main sur l'épaule de Naruto, qui commençait à s'agiter. Pour toute réaction de ma part, le professeur eut droit à un simple haussement de sourcil. Sasuke m'avait beaucoup aidée à travailler mon masque impassible.

— Enfin ! C'est moi qui jugerai demain si, oui ou non, vous êtes sélections ! Apportez vos équipements de ninjas. Et surtout, venez à jeun… Sinon vous risquez de vomir votre petit-déjeuner !

Je ne laissai rien paraître, mais mon cerveau tout entier criait « ouais, c'est ça ! » avec la voix sarcastique de Severus Snape. Comme si se priver de manger pouvait faire le moindre bien… Je ne laisserais pas cela arriver.

— Vous trouverez tous les renseignements complémentaires sur cette photocopie. Surtout, soyez à l'heure !

Sur ces mots, le sensei disparut dans un nuage de fumée. Sans commenter, d'un même élan, nous nous dirigeâmes vers les escaliers et la sortie. Après tout, nous avions des meubles à acheter, et il se faisait tard.


Nous nous retrouverons donc avec l'épreuve des clochettes mardi prochain ! N'hésitez pas à laisser des reviews, j'y réponds toujours, et si vous ne voulez pas risquer de manquer un update, activez le follow. À la semaine prochaine !