Chapitre 10 – Poudlard

Pré au Lard,

Tous les élèves acclamèrent vigoureusement lorsque le train fit son entrée dans la petite gare de Pré au Lard. Le soulagement était particulièrement fort parmi les adultes, qui avaient une bien meilleure idée du désastre qui n'avait été évité de justesse. S'il était nécessaire de confirmer le sérieux avec lequel la situation était prise en compte, il n'y avait qu'à jeter un oeil aux mesures de sécurité mises en place. Hagrid, armé de son énorme arbalète, dominait le groupe de sorciers qui les attentaient sur le quai, et plusieurs Aurors montés sur des balais patrouillaient au dessus de la gare et du chemin vers l'école Les enfants qui descendirent furent immédiatement entourés et pris en charge.

Après une discussion avec les habitants du lac, Il avait été décidé de maintenir la tradition multi-centenaire du trajet en barques pour les premières années. Le soleil se couchait mais le spectacle n'en était que plus magnifique avec les Aurors qui lançaient des sorts d'éclairages d'un bout à l'autre du lac, et les sirènes phosphorescentes qui nageaient au milieu des tentacules de la pieuvre géante.

Les autres élèves se dirigèrent vers le parking des diligences, et pour la première fois, Neville et Ginny pouvait voir les montures. Neville se tourna avec un air excité vers Harry, et il ne comprit pas immédiatement pourquoi celui-ci le regardait comme s'il venait de recevoir un coup à l'estomac. Ginny réalisa immédiatement ce à quoi Harry pensait. Elle murmura rapidement un mot à l'oreille de Neville.

– Oh, Harry, je suis désolée, dit elle.

Hermione et Ron les regardaient avec des expressions interrogatives lorsque Hermione comprit à son tour ce qui se passait. Neville et Ginny ne pouvaient voir les Sombrals, normalement invisibles, que parce qu'ils avaient été présents lors de la mort de Sirius.

Harry fit un effort pour avaler la boule qui venait d'apparaître dans sa gorge. Il avait déjà accusé le coup dans le train, lorsque l'euphorie de la victoire avait laissée la place à la réalisation que les vacances étaient effectivement terminées. Une fois encore, il se trouvait brutalement confronté à la terrible réalité de sa situation. Sirius était mort et Voldemort n'en avait pas fini avec lui. Les paroles de la prophétie lui revinrent en mémoire.

... L'un devra mourir de la main de l'autre...

Même la présence d'Hermione à son bras ne pouvait dissiper sa tristesse qui l'enveloppait.

Et je n'ai pas beaucoup pensé à Sirius ces dernier temps, non plus.

Il venait de vivre des semaines extraordinaires, et Sirius aurait, plus qu'un autre, mérité d'être avec eux et de partager ces moments. Harry secoua la tête rageusement pour éviter de s'enfoncer dans la dépression.

– Ouille ! cria Hermione qui s'était s'approchée de lui et n'avait pas pu éviter son mouvement violent.

– Hermione ! s'écria-t il en oubliant immédiatement son chagrin. Excuse moi, je t'ai fait mal. Je suis vraiment désolé.

C'était au tour d'Hermione d'avoir les larmes aux yeux mais pas pour la même raison. Elle avait pris le coup en pleine tempe et elle était un peu sonnée.

– Ca va, ça va dit elle en se tenant la tête. C'est ma faute j'aurais du faire plus attention. Aie !

Harry se pencha pour examiner l'endroit où il l'avait touché et l'embrassa doucement.

– Bonne technique, Hermione, dit Ron avec malice. Tu as tout de suite compris qu'on en avait pour des heures à lui remonter le moral avec les méthodes habituelles, tandis que là tu as trouvé le moyen idéal pour lui changer les idées... d'un coup.

Hermione étouffa un rire nerveux, et Harry jeta un regard incendiaire à Ron. Mais Ron était ravi de son bon mot, et il refusait de se laisser impressionner. Luna souriait d'un air amusé et même Ginny se retenait de pouffer. Finalement Harry se mit à rire lui aussi en prenant Hermione doucement dans ces bras.

– Ron a raison, Mione, et c'est vrai que c'est efficace, mais la prochaine fois, je vais faire ça avec lui. (Il regarda son ami avec une expression menaçante.) Il est beaucoup plus costaud et je n'aurais pas peur de lui faire mal.

– Euh, Harry, dit Ron soudain un peu inquiet. C'était une blague, tu sais.

– Ne t'inquiète pas, j'essayerais de ne pas être trop brutal.

– Harry, excuse moi, dit Neville. Je n'ai pas réalisé. Je suis vraiment un idiot...

Tout en gardant un bras autour d'Hermione, Harry toucha amicalement l'épaule de Neville pour le rassurer. Il ne pouvait pas lui en vouloir, et avec ses deux parents depuis quinze ans à St Mangouste, il avait lui aussi son lot de démons intérieurs.

– Ce n'est pas grave. On est tous là ensemble, et c'est le plus important. 'Il les entraîna vers les diligences.) Pensons à des choses plus gaies, la fête de ce soir, par exemple.

– Bonne idée, ajouta Ron. D'ailleurs, j'ai déjà faim.

– Rien de neuf de ce coté là, rétorqua Hermione.

– C'est à cause de toutes ces émotions. Ça creuse.

Le trajet vers l'école se passa sans histoire. Comme chaque année, ils admirèrent le spectacle du château qui se dévoilait graduellement au fur et à mesure du chemin. Avec la nuit qui tombait, la vision des murs et des tours qui se dessinaient sur le ciel était toujours aussi impressionnante. L'édifice massif avait un effet réconfortant. De le voir, et de savoir qu'il existait depuis des siècles, était spécialement rassurant. Cette année là, plus qu'une autre, ils avaient conscience que le monde était un endroit dangereux, mais qu'à Poudlard, ils étaient davantage en sécurité que nulle part ailleurs. En débarquant devant les grandes portes Harry avait retrouvé sa bonne humeur et il passa les bras derrière les épaules de Ron et de Hermione.

– J'adore cet endroit, dit il avec passion. C'est formidable de revenir ici avec vous deux. Je crois que c'est vraiment le moment de l'année que je préfère.

Ils échangèrent un regard et se serrèrent instinctivement les uns contre les autres. Luna, Ginny et Neville les regardaient silencieusement. Ils se sentaient un peu à l'écart, mais il y avait quelque chose de légendaire dans ce trio inséparable qui avait affronté tant d'épreuves.

– Vous vous souvenez du Troll ? murmura Ron.

– Comment pourrais-je l'oublier ? répondit Hermione d'une voix basse.

Cet épisode avait été de point de départ de leur amitié, il y avait presque cinq années de cela.

– Je me demande ce qu'il est devenu, ajouta Harry. Je crois qu'on devrait essayer de le retrouver, un jour. Pour le remercier en quelque sorte.

– On ne va peut être pas... commença Ron, avant de repérer Drago qui ouvrait la marche du groupe des Serpentards. Regardez là bas. En voilà un qui n'a pas perdu de temps. (Il leur indiqua la direction vers laquelle il regardait.) Il est vraiment malin quand même. A peine arrivé, et les Serpentards le suivent déjà comme des moutons. Je n'aime vraiment pas ça.

Ginny lui jeta un regard exaspéré.

– C'est quoi ton problème ? Tu ne le crois pas quand il dit qu'il veut travailler avec nous ?

– Je ne sais pas, grommela Ron, mais je me souviens des autres années, et je n'arrive pas à croire qu'il ait autant changé, et je n'ai toujours pas confiance dans les Serpentards.

Luna lui tapa sur l'épaule et il se tourna vers elle.

– J'ai confiance en toi, et si tu me dis qu'il est sincère, alors je ne vais pas faire une scène, mais souvenez vous quand même que c'est un malin.

Harry réfléchit un instant.

– D'accord, Ron. Je lui fais confiance moi même, mais ce n'est peut être pas une mauvaise idée d'avoir un Saint Thomas avec nous. Tu peux garder tes yeux et tes oreilles ouvertes mais, (sa voix était très sérieuse), j'insiste pour que nous lui donnions, et aux Serpentards, une vrai chance.

Il attendit, mais Ron garda son regard buté.

– Tu es d'accord avec moi ? insista Harry.

Ron était mal à l'aise. Il n'aimait pas avoir un argument avec Harry, mais celui ci lui offrait une porte de sortie honorable. C'était même plus que cela, il lui proposait pratiquement une mission.

– D'accord, murmura Ron.

– Vraiment d'accord ? répéta Harry doucement sans le lâcher des yeux.

Ron soupira bruyamment.

– Oui. Vraiment d'accord. Je garde les yeux ouverts et je lui... leur donne une chance. Ça va comme ça ?

Harry sourit et lui frictionna affectueusement les cheveux. Ron lança un coup de poing joueur contre l'épaule de Harry qui bloqua son poignet de sa main gauche.

– Dites, les deux machos, quand vous aurez fini de faire les clowns, nous pourrons peut être aller manger, interrompit Hermione d'une voix sarcastique.

– Et si tu veux bien lâcher la main de Luna, alors elle pourra peut être rejoindre les autres Serdaigles, ajouta Ginny sur le même ton.

Ron jeta un regard noir à sa soeur et embrassa Luna une dernière fois, avant de la laisser partir, puis ils se dirigèrent vers le groupe des Gryffondors.

Dumbledore était assis à sa place habituelle, au centre de la table des professeurs. Remus était placé entre Tonks et Rogue, tandis que Firenze se trouvait de l'autre coté, à coté de Trelawney qui avait tournée sa chaise autant que possible pour ne pas avoir à le voir. Les autres professeurs étaient là eux aussi, sauf Hagrid et McGonagall qui s'occupaient toujours des premières années.

Lorsque tous les élèves furent en place, la cérémonie de Répartition put commencer. Les nouveaux firent leur entrée dans la grande salle. On pouvait lire sur leurs visages les expressions usuelles d'appréhension, d'émerveillement et de détermination. McGonagall plaça le Choixpeau Magique sur son tabouret, et Harry se remis à penser à ce que Drago leur avait raconté au sujet de la relique.

Qu'est ce que Godric Gryffondor aurait à me dire, si je pouvais le rencontrer ?

Il jeta un oeil à la table des Serpentards, et comme il l'aurait parié, Drago regardait le Choixpeau avec une expression rêveuse, complètement inhabituelle chez lui.

Ginny regardait également Drago, mais en se disant qu'elle donnerait vraiment beaucoup pour que ce même regard soit un jour dirigé vers elle. Une soudaine réalisation la fit se détourner brusquement. Si elle se faisait remarquer par Ron, ou par quelqu'un qui pourrait éveiller ses soupçons, alors elle pouvait probablement dire adieu à son rendez-vous. Elle tourna les yeux vers le Choixpeau qui commençait son chant traditionnel. Comme chaque année, celui-ci était assez classique. Une exhortation des vertus traditionnelles des Maisons de Poudlard, et de l'importance de rester unis face aux menaces. Tout cela ne l'intéressait pas vraiment. Bien sûr, cet idéal faisait rêver Harry et Dumbledore, et elle était certainement prête à y jouer son rôle, mais elle préférait se donner des objectifs plus précis et plus pratiques. De toute façon, c'était les gens qui comptaient, pas les idées. Ginny admirait les qualités morales de Harry, et elle comprenait qu'il les exprime au travers d'un projet ambitieux, mais au bout du compte, il faisait ce qu'il croyait juste, et il défendait les autres. C'était ça l'important, et elle se sentait capable de le faire, sans avoir besoin de philosophie.

La répartition commença. Harry repéra la petite fille aux cheveux noirs avec laquelle il avait parlé dans le train. McGonagall annonça son nom, Alice Parker. Elle marcha sans hésitation vers l'estrade, s'assit et se coiffa du Choixpeau.

– Gryffondor ! s'écria immédiatement celui-ci.

Alice poussa un cri de joie et se précipita vers leur table. Harry et Hermione l'applaudirent vigoureusement, et elle n'hésita pas une seconde à s'asseoir entre eux deux.

– Je vous avais dit que je voulais être dans votre Maison ! exclama-t elle dans un souffle.

– Et tu y es la bienvenue, répondit Harry en lui tendant la main avec un sourire. Je suis sûr que tu le mérites tout à fait. N'est ce pas, Mione ?

– Absolument. Le Choixpeau n'avait pas l'air d'avoir le moindre doute.

Alice regarda Harry puis Hermione avec des yeux adorateurs. Ils lui présentèrent les autres Gryffondors qui répondirent avec un air de bienveillance amusée.

Le candidat suivant était un garçon dont le nom était Richard Parker et qui avait les mêmes cheveux très noirs que Alice. Hermione supposa qu'il s'agissait de son frère, mais à sa grande surprise, il fut envoyé vers Serpentard. Elle échangea un regard étonné avec Ron. C'était très rare d'avoir les membres d'une même famille dans ces deux Maisons.

Alice se mit à applaudir vigoureusement, il devait vraiment s'agir de son frère, et elle ne réalisa qu'un moment après que ses nouveaux camarades ne la suivaient pas. Elle jeta un regard embarrassé à Harry et Hermione. Sans vraiment réfléchir, Harry tapa des mains lui aussi, et Hermione lui emboîta le pas. Les autres Gryffondors les regardèrent interloqués, et pour certains, avec réprobation. De mémoire d'élève, personne ne souvenait que Gryffondor et Serpentard aient jamais manifesté leur satisfaction à la répartition d'un élève dans l'autre Maison.

Il faut un début à tout. C'est un peu tôt, mais il est trop tard pour faire marche arrière.

Harry agita le menton pour encourager les autres, et en particulier ceux du groupe de Défense. Derrière lui il entendit des clappements du coté des Serdaigles, et il devina que Luna avait pris le relais. Lentement, les unes après les autres, toutes les tables se mirent à applaudir et le niveau sonore grimpa considérablement. Le jeune garçon tourna la tête, ravi d'être le centre d'autant d'attention. Il rejoignit la table des Serpentards qui se regardaient entre eux, et le regardait lui, en essayant de comprendre la cause d'une telle unanimité. Drago lui fit signe de venir s'asseoir à coté de lui et lui posa quelques questions à voix basse. Richard répondit en désignant sa soeur à la table des Gryffondors.

Pendant ce temps, la cérémonie continuait. L'élève suivant fut affecté à Serdaigle. Drago et Harry se regardèrent un instant et entraînèrent leur tables à se joindre aux applaudissements des deux autres maisons.

Dumbledore avait dressé la tête avec surprise lorsque le jeune Parker avait été acclamé par les quatre tables, et depuis, il ne quittait plus la salle des yeux, son regard allant d'un groupe à l'autre pendant qu'un large sourire illuminait son visage.

– Gryffondor ! cria le Choixpeau.

Cette fois encore Drago applaudit, et ses yeux croisèrent ceux de Millicent et de Lyn. Celles ci hésitèrent un moment puis frappèrent des mains à leur tour, sans trop d'entrain, mais suivi de la majorité des Serpentards, qui ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait, mais pour lesquels suivre l'exemple des chefs était la meilleures des stratégies en cas de doute.

– Pouffesoufle ! ... Serdaigle !

A chaque fois les applaudissements étaient de plus en plus enthousiastes. Harry et Hermione murmurèrent une consigne rapide à leurs voisins, qui fut répétée de proche en proche.

– Serpentard !

Presque toute la table Gryffondor tapa des mains en cadence, accompagné par les autres. Le bruit était assourdissant, et il fut répété pour chaque élève suivant. Même les professeurs, qui manifestaient normalement une retenue de circonstance, accompagnaient avec énergie.

Lorsque le dernier élève fut réparti, à Pouffesoufle en l'occurrence, et après que les derniers clappements se furent tus, Dumbledore se leva.

– Mes chers enfants, voilà certainement la Cérémonie de Répartition la plus émouvante qu'il m'a été donné de voir depuis de nombreuses années. Je suis encore plus fier de vous pour cette manifestation de fraternité, que pour votre comportement admirable lors de l'attaque scandaleuse qui a eu lieu aujourd'hui. Ce soir, l'esprit de notre chère école est véritablement avec vous, et rien ne pouvait nous rendre, moi même et vos professeurs, plus heureux et plus fiers. Du fond du coeur, je vous en remercie.

Il s'inclina et il y eut de nouvelles acclamations. Dumbledore ferma un instant les yeux et leva la main avant de continuer.

– Et maintenant, si les émotions creusent l'appétit, je crois que nous sommes tous proches de mourir de faim. Je ne dirais donc que deux mots de plus : bon appétit !

Les tables furent immédiatement garnies de plats dorés, de flacons de jus de citrouille, de sauces fumantes et de gâteaux multicolores. Avec des cris de joie, les élèves se précipitèrent pour se servir, et pendant plusieurs minutes, il ne fut question que de goûter et d'apprécier la nourriture.

A la fin du repas, Dumbledore se leva une nouvelle fois pour faire ses annonces traditionnelles de début d'année.

– Bien. Je pense que les estomacs sont apaisés, et j'ai idée que vos cerveaux n'attendent plus désormais que le moment de vous endormir. Avant cela, accordez moi le peu d'attention qu'il vous reste pour que je vous rappelle quelques consignes. Comme chaque année, je tiens à préciser que la Forêt Interdite l'est toujours, même si certains d'entre vous l'oublient parfois. (Il jeta un regard sourcilleux en direction de Harry.) Monsieur Rusard me charge également de vous faire savoir que la liste des objets et produits interdits a été récemment mise à jour pour inclure l'ensemble du catalogue d'un petit magasin récemment ouvert par d'anciens élèves. Vous trouverez le détail au tableau d'affichage dans le hall d'entrée.

Quelqu'un cria les noms de Fred et George. Rusard se redressa avec colère, et Dumbledore sembla ne pas entendre.

– Nous avons le plaisir d'accueillir à nouveau le professeur Lupin, qui prendra en charge le cours d'Histoire de la Magie, et qui assistera le professeur Rogue pour celui de la Défense Contre les Forces du Mal. Mademoiselle Tonks sera en charge de la sécurité de l'école. Vous lui obéirez comme à un de vos professeurs.

Il prit un air grave.

– Ceci nous amène à ce qui s'est passé aujourd'hui, et qui s'est heureusement terminé sans dommages. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été mises en oeuvre, et j'ai également pris l'initiative d'envoyer des messages à vos familles pour les rassurer. Vous avez compris que nous vivons une période dangereuse depuis que le Seigneur des Ténèbres est revenu. Sans minimiser cette menace, vous devez savoir que les murs de cette école, et les enchantements qui y sont attachées, en font l'endroit le mieux protégé de toute l'Angleterre. Poudlard a survécu à bien des menaces, et ce sera également le cas avec celle ci, j'en suis persuadé. Vous pouvez compter sur nous, vos professeurs et ceux qui nous assistent, pour utiliser notre force et notre expérience pour vous protéger, comme nous savons que nous pouvons compter sur votre énergie et votre enthousiasme pour nous y aider. Voila ce que je voulais vous dire ce soir. Vos chefs de Maison et vos professeurs vous transmettront d'autres consignes.

La salle applaudit une dernière fois, puis les préfets se levèrent pour rassembler les premières années. Harry vit Ron se dépêcher de rejoindre Luna avant qu'elle ne monte se coucher.

Ca va être dur pour lui de ne pas être dans la même Maison qu'elle.

Pour sa part, il était plutôt content que Hermione et lui soit dans la même tour. Les uns après les autres, les élèves quittèrent le hall par petits groupes. Harry resta un moment à discuter avec Neville avant de partir vers la salle commune des Gryffondors. A peine rentré, il fut intercepté par Ginny.

– Harry, je peux te parler un instant ? murmura-t elle.

– Bien sûr.

Elle l'entraîna à l'écart.

– Est ce que tu peux me prêter ta cape d'invisibilité ce soir ? Et la carte des Maraudeurs ?

– Tu as déjà un rendez vous ? dit en souriant. Il y en a vraiment qui ne perdent pas de temps.

– La vie est courte, répondit elle avec un sourire enjôleur.

Il afficha une expression sérieuse.

– Je ne sais pas si c'est très raisonnable. C'est quelqu'un que je connais ? Je devrais peut être en parler avec Ron.

Elle soupira.

– Très drôle, Harry. Je suis morte de rire. Tu vas m'aider, ou bien est ce que je me débrouille toute seule, et avec quelques méthodes que Fred et George m'ont apprises ?

Il battit en retraite en levant les mains.

– Non ! Nous sommes déjà suffisamment en danger avec ce qu'il se passe dehors. (Il rit.) Je te taquine, Ginny. Je te ramène ça tout de suite.

Elle lui lança un regard exaspéré, et il monta rapidement dans son dortoir. Lorsqu'il redescendit, il lui passa discrètement un paquet argenté qu'elle glissa dans sa robe.

– Tu sais, dit il, je pensais vraiment que c'est Ron qui me demanderait ça en premier. Il va peut être falloir que j'achète une autre cape, d'ailleurs. Tu sais comment te servir de la carte ?

– Oui. Merci, Harry. Je savais que je pouvais compter sur toi, et je n'ai pas besoin de te demander d'être discret vis à vis de Ron.

– Dois-je comprendre que c'est Drago qui est le petit veinard ?

– Oui. (Elle le regarda sérieusement.) Tu vas me dire de faire attention. Ne t'inquiète pas. Je ne vais pas gâcher les choses cette fois ci.

– Même si ça veux dire de prendre ton temps ? demanda-t il, en insistant sur son point faible.

Il savait qu'elle n'avait pas beaucoup de patience. Elle se tortilla un peu sur le coté. Il continua.

– Ginny, je ne vais pas t'embêter avec des conseils que tu ne vas pas suivre de toute façon. Je laisse ça à Hermione. Tu sais que je suis à fond derrière toi, mais ne décide rien sans bien réfléchir. D'accord ?

Elle acquiesça sans le regarder en face.

– Je te le promets. (Elle l'embrassa sur la joue.) Merci encore, et souhaite moi bonne chance.

– Non. Ça porte malheur de le dire, répondit il en souriant.

Elle lui lança un dernier petit signe amical avant de disparaître dans le dortoir des filles. Harry continua de sourire et se dirigea vers la cheminée. Il salua le groupe des élèves les plus âgés qui s'étaient installés devant. Tout le monde parlait de l'attaque du train et les septièmes années n'étaient pas très à l'aise, et en particulier les deux préfets, Andrew Kirke et Roseline Crawn, qui ne savaient pas vraiment quelle attitude prendre. En face d'eux, Dean et ses amis se tournèrent vers Harry et semblaient clairement attendre qu'il s'impose. A vrai dire, Harry se souvenait du peu de soutien qu'il avait reçu de ses aînés les années précédentes, et il ne sentait pas particulièrement bien disposé à leur égard. De son point de vue, les seniors n'avaient pas joué leur rôle.

A coté de Dean, Hermione affichait une expression déterminée. Quelques uns lui jetaient des regard inquiet. En fait, c'est d'elle qu'ils avaient le plus peur. Personne n'avait oublié ce qui était arrivée à Marietta.

– Bonsoir, dit poliment Harry.

Ils répondirent et Dean ouvrit le groupe pour lui laisser une place.

– On était justement en train d'expliquer tout ce que nous avions appris avec le groupe de Défense. (Il se tourna vers Kirke et enfonça encore le clou.) Si Harry n'avait pas été là, je n'ose pas imaginer comment les choses se seraient passées aujourd'hui.

– Sans parler des notes à l'examen de BUSE, ajouta Hermione.

– Absolument. Nous avons tous eu des notes Excellente ou Superbe, et ce n'était pas grâce aux leçons d'Ombrage.

Kirke grimaça et essaya de faire bonne figure.

– J'ai effectivement pu le constater. Félicitation, Harry.

– Tu peux aussi remercier, Hermione, compléta Harry. C'est elle qui a eu l'idée de départ, et Ron a fait un superbe travail pour mettre au point nos tactiques.

Ron protesta modestement, mais manifestement il buvait du petit lait.

– D'ailleurs, continua Harry, comme nous allons devoir décider qui dirigera l'équipe de Quiddich cette année, je propose sa candidature comme capitaine.

– Pourquoi pas toi, Harry ? demanda Kirke.

Il aurait bien aimé avoir le poste pour lui même, mais ce n'était pas très facile de combiner cette responsabilité avec la préparation des examens de fin d'étude, et surtout, il se disait que si Harry était capitaine, il serait peut être moins enclin à vouloir prendre la tête des Gryffondors. Harry secoua la tête.

– Non, je pense que Ron est mieux qualifié que moi, et même plus passionné. Je resterais dans l'équipe comme Attrapeur.

Plusieurs élèves approuvèrent. Kirke n'insista pas.

– Bon, et bien je suis d'accord, et ça me parait une très bonne idée.

– CAPITAINE RON ! cria Colin Creevey.

Le reste de l'équipe acclama sa nomination. Ron les regardaient tous en essayant de se convaincre qu'il avait bien entendu.

– Félicitation, mon vieux, dit doucement Harry. Tu l'as bien mérité.

Ron ne pouvait pas parler, mais son regard était plus éloquent que tout ce qu'il aurait pu dire. Il venait de réaliser un rêve, et ce n'était pas quelque chose qui n'arrivait tous les jours. Roseline sourit timidement à Harry.

– J'aurais vraiment cru que tu prendrais le poste. Après tout, c'est toi qui a le plus d'expérience dans l'équipe.

– Sincèrement, je préfère que ce soit Ron, et puis j'aurais d'autres choses à faire.

Elle eut l'air surprise.

– Comme quoi ? Excuse moi, mais tu n'es même pas préfet, bredouilla-t elle.

Hermione répondit à sa place.

– Harry n'est effectivement pas préfet, mais sa position est encore plus importante. Nous avons l'intention de continuer de jouer un rôle significatif dans la vie de l'école, et nous avons un projet très ambitieux qui concerne toutes les Maisons.

– Et nous sommes tous derrière lui, ajouta Dean sans quitter Kirke des yeux.

Les deux préfets se sentaient clairement mis à l'écart, et ça ne leur plaisait pas, mais le camp de Harry était largement majoritaire. S'ils avaient eu plus de personnalité, ils auraient sans doute cherché à défendre leur position. En fait, Kirke et Roselyne étaient dépassés par les événements. Harry vit une occasion de jouer son rôle de rassembleur. Il fit un signe de tête à Dean et reprit la parole.

– Et je voudrais que vous soyez avec nous. Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons faire de choses, et je vous assure que c'est important.

Kirke regarda autour de lui et vit qu'il n'y avait pas vraiment d'alternative. Avec ou sans son approbation, le mouvement était lancé. Il pouvait monter dans le train, ou le regarder passer. A contre coeur, mais aussi avec un certain soulagement, les seniors se rallièrent à la majorité, et la Maison Gryffondor retrouva son unité.

Ils étaient encore en train de parler lorsque McGonagall entra dans la pièce. Elle annonça à Harry que le Directeur voulait le voir un moment. Il prit congé de ses amis et la suivit dans les couloirs, jusqu'au bureau de Dumbledore. Il ne fut pas surpris de voir que Remus et Rogue étaient également présent. Harry salua le professeur de potions, et reçut en retour un discret hochement de tête.

Un Fumseck aux plumes flamboyantes lui lança un cri de bienvenue. Harry caressa doucement le cou du phénix. Il repéra également le Choixpeau sur une étagère, et une expression d'envie s'afficha sur son visage. La relique s'anima et se tourna vers lui.

– Bonsoir, Harry.

– Bonsoir.

Percevant ses pensées, le Choixpeau émit une sorte de gloussement. Il murmura.

– Un jour peut être, Harry. Pour le moment tu n'en as pas vraiment besoin.

Harry afficha une grimace de déception et se tourna vers les adultes qui le regardaient avec amusement. Même Rogue avait l'air satisfait de quelqu'un qui vient de jouer un bon tour à un ami. Dumbledore fit un geste, et cinq chaises se matérialisèrent devant son bureau. Ils prirent tous place en face de lui.

– Je vous remercie d'être venus malgré l'heure tardive, mais je voulais avoir un compte rendu détaillé des événements dans le train.

Harry parla en premier. Il raconta ce qui s'était passé depuis la première sensation de douleur de sa cicatrice. Au début, il ne voulait pas rentrer dans les détails de leur organisation de défense, mais Remus insista, et il se retrouva à répondre à des questions de plus en plus précises.

– Ainsi mademoiselle Lovegood est capable de lire dans ton esprit, Harry ? demanda Dumbledore qui semblait soudain plus intéressé par cette information que par les intentions de Voldemort.

– C'est un peu comme la Legimencie, monsieur, mais elle ne lance pas de sort, et ça ne marche que si c'est quelque chose qui la concerne. Elle sait aussi se rendre compte si quelqu'un dit ou pas la vérité.

Il hésita puis il leur décrivit également le contact apaisant qu'elle avait établi avec lui. Dumbledore resta silencieux un moment puis il se tourna vers McGonagall.

– Qu'en pensez vous, Minerva ? Serait-ce une Empath ?

– C'est très possible, Albus. Il faudra entendre Mademoiselle Lovegood, et effectuer des tests pour évaluer son talent avec précision, mais si elle capable de faire autant de choses sans entraînement, il doit être considérable.

Dumbledore se tourna vers Remus et Rogue qui secouèrent la tête.

– Je ne connais presque rien sur ce sujet, monsieur, dit Rogue. Les points communs avec la Legimencie sont superficiels, et les principes de base me semblent assez différents.

– Qu'est qu'une Empath ? demanda brusquement Harry.

– C'est un talent assez rare qui lui permet à une personne de ressentir les émotions, et parfois les pensées, de ceux qui sont proches d'elle. (Il réfléchit un moment en se frottant le menton.) Nous avons là un développement très intéressant, mais je crois que nous en reparlerons plus tard. Revenons à notre sujet, Harry. Si j'ai bien compris, tu as repris le contact avec Voldemort de ta propre initiative ?

McGonagall semblait horrifiée, et Rogue afficha une moue désapprobatrice. Il était presque possible de l'entendre critiquer le courage imbécile propre aux Gryffondor.

Ce gamin est capable de prendre les décisions les plus insensées. C'est décidément un miracle qu'il soit encore en vie.

Il soupira. Sans le courage de Harry, il serait toujours un Mangemort.

– Vous vouliez dire quelque chose, Severus ? demanda Dumbledore d'un ton innocent.

Rogue grimaça.

– Non, monsieur. J'ai déjà suffisamment à faire pour suivre les initiatives de monsieur Potter pendant l'année scolaire, sans vouloir également me mêler de ce qui se passe en dehors de ma présence. (Il lança un regard acéré à Remus.) Certaines tâches sont au delà de la force d'un seul homme.

Dumbledore hocha la tête d'un air entendu. Harry ne put s'empêcher de sourire radieusement à Severus.

– Harry ?

Il sursauta et retourna son regard vers Dumbledore.

– Excusez moi, monsieur. Comme je vous le disais, j'étais arrivé à avoir une vision lors du premier échange, et j'avais l'impression de mieux contrôler la situation. (Il grimaça en se souvenant de la douleur intense.) Enfin, ce n'est peut être pas le bon terme, mais en tout cas je me sentais moins impuissant. La deuxième fois, j'ai essayé de le prendre par surprise. J'avais demandé à Hermione de me signaler le moment où les Aurors arrivaient sur eux, et là, j'ai essayé de le déconcentrer. Je crois que ça a marché pendant une seconde ou deux, mais ensuite j'ai dû décrocher.

Il grimaça encore et il n'était pas le seul. Ils avaient tous une assez bonne idée de ce qui avait dû se passer. Harry jeta un regard vers Remus puis vers Rogue.

– Je pense que tous ces exercices d'Occlumencie ont quand même aidés. Peut être qu'avec plus d'entraînement ?

Dumbledore regarda Remus.

– Nous avons beaucoup travaillé cet été, mais je crains de ne pas pouvoir aller plus loin avec Harry, expliqua Remus. Il résiste déjà à tout ce que je peux lui envoyer. Ceci dit...

Il ne continua pas. Dumbledore hocha la tête et se tourna vers Rogue. Ils savaient tous les deux que, bien que Remus soit un excellent professeur, il était incapable d'utiliser envers Harry la force brutale qui était sans doute nécessaire pour le faire progresser au delà de son niveau actuel.

Rogue secoua la tête.

– J'ai fait le point avec Remus sur le niveau atteint par Harry, et je ne pense pas pouvoir lui en apprendre beaucoup plus moi même, monsieur.

Dumbledore fronça les lèvres et regarda Harry pensivement.

– Harry, dit il enfin. Si tu n'es pas trop fatigué, je voudrais essayer quelque chose. Bien sûr, nous pouvons faire cela demain, ajouta-t il doucement.

– Ça va bien, monsieur.

– Bien. Je vais tenter de pénétrer dans ton esprit, et tu vas te défendre, et en même temps utiliser le lien que j'aurais créé pour me faire faire quelque chose de particulier. De lever ma main droite, par exemple. Je vais résister, de manière limitée au début, puis de plus en plus fortement. Est ce que tu comprends ?

– Euh. Je crois, monsieur, répondit Harry avec une pointe d'appréhension.

– Rassure toi, Harry. Ça ne te fera pas mal comme avec Voldemort. Ce sera sans doute fatiguant, mais nous arrêterons dès que tu le souhaiteras.

Harry se redressa sur sa chaise et prit une profonde inspiration. Il sentait que les autres, même le Choixpeau, le regardaient attentivement.

– Je suis prêt, monsieur.

Dumbledore posa ses mains sur la table et son visage prit une expression de concentration extrême. Ses yeux se mirent pratiquement à briller d'une lumière dorée. Harry sentit une pression énorme dans son crâne, et il entendait les battements sourds de son coeur résonner dans ses tempes. A son grand soulagement, il n'y avait pas de douleur. Il s'engagea immédiatement dans une résistance mentale pour lutter contre l'invasion psychique, et dès qu'il eut stabilisé ses défenses, il tenta de faire ce que Dumbledore lui avait demandé.

C'était une expérience extraordinaire. Il recevait des bribes de vision, du point de vue du Directeur, superposées à sa vue normale. Il se voyait lui même crispé dans sa chaise. Il fit un effort de concentration pour lever sa main droite. Leurs deux mains se levèrent un instant, mais le Directeur augmenta son effort, et Harry perdit le contact. En serrant les dents, il essaya encore une fois. Il y parvint de justesse, mais il sentait qu'il était à bout de forces, et il lui était de plus en plus difficile de se concentrer.

La pression s'arrêta d'un coup et Harry s'effondra dans son siège. La pièce était totalement silencieuse jusqu'au moment où le Choixpeau prit la parole.

– Très intéressant, dit il. Mais, faites quelque chose, le garçon va perdre connaissance.

McGonagall se secoua brusquement et conjura un grand verre remplit d'un liquide rose et moussant. Harry n'était même pas capable de le tenir et elle dut le porter à ses lèvres. La boisson était délicieuse. A chaque gorgée, il sentait ses forces revenir. Il se redressa dans son siège et afficha un sourire timide en essuyant la sueur qui coulait sur son visage.

– Effectivement, Harry, dit Dumbledore. C'était très impressionnant, et tout à fait instructif. Nous allons travailler cet exercice ainsi que d'autres qui te serviront lors de ta prochaine rencontre avec Voldemort.

Ces paroles redoutables eurent un effet dégrisant sur l'assistance. Les adultes réalisèrent une fois de plus le poids terrible qui reposait sur les épaules du jeune homme.

Harry finit de boire le breuvage et regarda calmement Dumbledore.

– Merci, monsieur, dit il simplement.

Il savait qu'il n'avait pas le choix, et après tout ce qui venait de se passer, il n'avait pas peur. Au contraire, il pouvait désormais espérer disposer d'encore plus de moyens pour se battre. Dumbledore se leva.

– Je crois que cela suffira pour ce soir. La journée a certainement été bien remplie. Maintenant, nous devrions tous aller nous coucher.

Ils quittèrent le bureau du Directeur et prirent congé les uns des autres. Harry retourna directement à la tour des Gryffondors, et il ne prit que le temps d'embrasser Hermione avant d'aller se coucher, en lui promettant de tout lui raconter demain à la première heure.

- - -

Rogue rejoignit la salle commune des Serpentards et discuta un moment avec les préfets. Il ne fit pas de remarques sur le nouveau rapport de force que Drago avait imposé, mais il l'entérina implicitement en s'adressant à lui pour toutes les questions pratiques. La tradition chez Serpentard était pour le chef de Maison de déléguer un maximum de responsabilités, et en conséquence de pouvoirs, à un élève principal. Clairement, cette année, il s'agissait de Drago, et la question de son autorité fut définitivement réglée. Quelques potions de sommeil furent mises à disposition des préfets, et lorsque les derniers détails furent précisés, Rogue s'arrangea pour s'isoler un moment avec lui.

– Je vois que tu as la situation en main, à la fois ici et avec nos amis, dit il, en faisant un signe de tête en direction des quartiers des Gryffondors.

– Oui, monsieur. Drago le regarda calmement en attendant son jugement.

Rogue hocha brièvement la tête.

– C'est du bon travail, je te félicite - mais je n'en attendais pas moins.

Drago se permit un mince sourire.

– Merci, monsieur. Pour l'instant seul Montague est en en opposition déclarée, mais il n'a qu'une minorité avec lui.

– Pour l'instant, mais il faudra faire quelque chose au sujet des élèves dont les parents sont des Mangemorts déclarés.

– Bien, monsieur, je vais y réfléchir. (Il hésita.) Que pensez vous que mon père va faire ?

Le visage de Rogue était impénétrable.

– Il va devoir se faire discret pendant un moment. Au moins jusqu'à ce que le Seigneur des Ténèbres puisse retrouver un véritable soutien chez suffisamment de familles influentes.

– Vous croyez qu'il y arrivera monsieur ?

– Je ne sais pas. Nous en aurons une première indication demain avec les réactions officielles aux événements d'aujourd'hui, mais à mon avis c'était une erreur sur le plan des relations publiques. (Rogue relâcha un instant son expression sévère.) Je vais demander que le manoir des Malefoy soit mis sous surveillance, de toute façon, ajouta-t il doucement.

– Je vous remercie, monsieur.

Je serais vraiment plus tranquille si Silena était assez grande pour venir ici.

Rogue lui souhaita bonne nuit. Drago fit un dernier tour des dortoirs, et se retira dans la chambre privée que lui offrait son nouveau statut. Il s'allongea sur son lit sans se dévêtir et vérifia l'heure encore une fois.

- - -

Dans la tour Gryffondor, le calme régnait dans le dortoir des filles. La plupart étaient dans leurs lits et se préparaient à s'endormir. Hermione aperçut Ginny dans la salle de bain.

– C'est un pyjama plutôt original, remarqua-t elle avec ironie.

Ginny était effectivement vêtue d'une tenue assez provocante, composée d'une tunique et d'un pantalon en cuir, et qui semblait plus adaptée à une partie de chasse qu'à une nuit de sommeil. Elle avait rassemblé ses cheveux sur le dessus de sa tête, en laissant pendre quelques mèches sur le coté du visage. La salle de bain embaumait de son parfum, et elle finissait de se maquiller.

– Hermione, je t'en prie, supplia-t elle.

Elle avait attendue que les autres filles soient toutes couchées pour pouvoir se préparer sans attirer l'attention.

– Je sais, répondit Hermione en levant la main et en souriant avec indulgence. Harry m'a prévenue. En tant que préfet, je ne peux pas approuver, mais en souvenir de certains services rendus, je veux bien fermer les yeux, pour ce soir. (Elle fronça les sourcils.) Par contre, je te promets rien si tu abuses du privilège, ou si ça pose des problèmes avec les autres filles.

– Tu es un amour. Comment tu me trouves ?

– Totalement scandaleuse. J'ai presque pitié de ta victime désignée.

Ginny gloussa.

– Je n'ai pas l'intention de lui laisser la moindre chance.

– A moins que tu ne craques la première. Il n'est pas mal non plus.

Les deux filles échangèrent un regard de complicité, puis Ginny ajusta une dernière fois son rouge à lèvres et se glissa sous la cape d'invisibilité.

– Attends ! souffla Hermione en sortant sa baguette.

– Quoi ?

Odorous Furtivium, murmura-t Hermione. La cape te cache peut être aux yeux des autres, mais la chatte de Rusard t'aurait reniflée à un kilomètre.

– Oh !

Ginny n'avait pas du tout pensé à ça.

– Le sort ne dure qu'une dizaine de minutes. N'oublie pas de le renouveler.

– Merci. Je te revaudrais ça. A demain.

– Bye bye. Amuse toi bien.

Ginny activa la carte des Maraudeurs et vérifia que la voie était libre. Drago était toujours dans les donjons des Serpentards. Elle se déplaça rapidement vers l'escalier principal de la tour astronomique. La terrasse d'observation supérieure était un lieu très apprécié des amoureux. Non seulement, il était assez discret, et très romantique au crépuscule, mais en plus, il y avait au moins deux issues pour y accéder ou en sortir.

Une fois sur place avec une avance confortable, Ginny repéra les lieux et décida de s'installer sur un petit muret. Elle serait visible sur un fond de nuages éclairés par la lune. L'effet devrait être assez flatteur. Elle jeta un oeil à la carte, et son coeur se mit à battre lorsqu'elle repéra le symbole de Drago qui progressait maintenant le long des couloirs. Elle était déjà assez nerveuse comme ça, et elle décida d'inactiver et de refermer le parchemin pour prendre le temps de se détendre. Ginny se força à respirer calmement et à se préparer du mieux possible pour leur rencontre.

- - -

Drago disposait de ses propres ressources pour se déplacer furtivement dans l'école. Il n'avait rien d'aussi précis que la carte, mais il avait lui aussi une cape d'invisibilité et un détecteur de créatures, qui avait l'avantage de fonctionner n'importe où. Il évita facilement Rusard, qui commençait sa première ronde, et arriva sans encombre au pied de la tour. Le détecteur lui indiqua une présence au sommet. Tout semblait parfaitement normal. Il monta lentement les escaliers en poursuivant ses propres réflexions concernant Ginny et ce qui pourrait se passer ce soir.

Elle ne lui proposait certainement pas seulement d'être sa petite amie. Elle voulait un partenariat et ça, c'était une décision que Drago n'avait pas l'intention de prendre à la légère. La plupart des filles Serpentards étaient destinées à devenir des épouses modèles, décoratives si possible, mais au service des ambitions de leurs maris, comme sa mère. Celles qui participaient aux intrigues de pouvoir épousaient des sans grades ou restaient seules. Les partenariats étaient fréquents mais n'avaient la plupart du temps rien à voir avec l'affection ou les liens du mariage. Par contre, lorsque c'était le cas, les couples concernés étaient généralement puissants, etdonc craints et surveillés en conséquence.

Pour compliquer encore les choses, Ginny était une Gryffondor. Les unions entre Maisons concernaient typiquement des Serdaigles, et dans une moindre mesure, des Pouffesoufles. La dernière union de partenaires entre un Serpentard et une Gryffondor devait dater d'au moins un siècle.

Qu'est ce que ça a donné d'ailleurs ? Je ne me souviens pas.

En montant les marches, il revenait à la question centrale. Que voulait il exactement ? Certainement, il voulait jouer un rôle important dans les événements qui se préparaient, et plus tard sans doute, en politique. Est ce qu'elle l'y aiderait, ou bien serait elle un handicap ? Il y aurait inévitablement des préjugés contre leur alliance, mais Drago profiterait également du support de la famille Weasley et des amis de Harry.

S'ils gagnent.

Il se corrigea immédiatement. Il avait clairement choisi son camp.

Si nous gagnons.

Les avantages et les inconvénients s'équilibraient, et le facteur décisif serait donc Ginny elle même. Il ne la connaissait pas vraiment, et c'est ce qu'il allait devoir commencer à faire ce soir. Ce qu'il découvrirait, et ses propres sentiments, détermineraient sa décision. Après tout c'était finalement la meilleure manière de procéder.

Il posa le pied sur la plateforme d'observation et il s'arrêta net lorsqu'il l'aperçut, assise sur le mur.

Elle était incroyablement belle. Il en avait le souffle coupé, et il lui fallut un moment pour que son cerveau se remette à fonctionner, et qu'il réalise qu'elle s'était préparée de manière à obtenir cet effet, ce qui était déjà un message en soit.

Il s'avança, attentif à garder autant d'assurance que possible, et en réfléchissant furieusement.

Ginny avait l'avantage de ne pas avoir à se déplacer, et même si son coeur s'était soudain déchaîné dans sa poitrine, elle eut au moins quelques instants pour reprendre le contrôle d'elle même. Elle nota avec satisfaction qu'il avait clairement accusé le coup en la voyant. Pendant un instant, son visage avait perdu cette attitude un peu trop confiante qu'il arborait habituellement.

Mais elle était impressionnée elle aussi. Ses cheveux blonds brillaient avec des reflets d'argent sous la lumière de la nuit, et son maintien était celui d'un conquérant conscient de sa puissance et déterminé à prendre la place qu'il méritait.

Il est comme un animal sauvage. Séduisant et dangereux.

Ginny comprit immédiatement que cette rencontre allait être déterminante pour leurs futures relations. L'un comme l'autre, ils recherchaient un absolu, et ils ne se livreraient jamais totalement avant de l'avoir trouvé. Dès le départ, les enjeux étaient au maximum, et la moindre erreur de part ou d'autre aurait des conséquences irréparables.

Ginny Weasley n'hésita pas une seconde. Elle allait jouer le jeu jusqu'au bout, en étant elle même, et en suivant son instinct.

– Bonsoir, Drago.

Elle fut soulagée de constater que sa voix était chaleureuse et assurée.

– Bonsoir, Ginny.

Il s'arrêta à quelque pas d'elle. Elle se leva et sourit calmement.

– Une belle soirée n'est ce pas ? Parfaite pour un rendez vous sous les étoiles.

Il inclina la tête.

– Toi aussi tu es très belle. (Il regarda autour de lui.) Je trouve qu'il devrait y avoir de la musique, et nous pourrions danser tous les deux.

– Merci. J'aimerai bien valser avec toi. (Son expression devint plus sérieuse.) Mais je pensais plutôt à d'autres sortes de danses.

– Oh. Quelles autres sortes par exemple ?

Si tu veux jouer à ce jeu, petite Ginny, je suis prêt, et je connais très bien les règles.

Le sourire de Ginny devint charmeur.

– Et bien, il y a celles que tu as faites avec Millicent et Lyn cet après midi. Tu était vraiment très bon quand tu les as enlevées des pieds maladroits de ce butor de Montague.

Il explosa de rire.

– Tu nous as écoutés ! Par Merlin, tu es une vraie menace ! (Il attrapa sa main et l'attira brutalement contre lui.) Et que dirait ton cher ami Harry, s'il le savait ?

– Il serait content de savoir que la Maison Serpentard est entre de bonnes mains, répondit elle sans se démonter.

Il accepta sa réponse.

Donc Harry est d'accord.

– Et pourquoi devrait-je prendre une partenaire qui joue les espionnes ?

Elle avait aussi une réponse à ça.

– Ne confonds pas la curiosité et l'initiative avec l'absence de loyauté. Je suis fidèle, totalement, mais je n'accepterais jamais d'être tenue à l'écart, ajouta-t elle fièrement.

Elle se tenait proche de lui, et il était intensément conscient de sa présence. Elle était très désirable, et son absence d'humilité la rendait encore plus attirante. Il repoussa immédiatement l'idée. Cela ne devait pas être un argument pour sa décision. Elle était d'abord une sorcière qui ne se laisserait pas cantonner dans un rôle mineur, et dont les talents pouvaient lui être utiles. Elle disait qu'elle était fidèle, mais que se passerait il en cas de crise ?

– Très bien, Ginny, mais il faut que je sache quelque chose. Si nous sommes ensemble, et que pour une raison ou une autre mon intérêt diverge de celui de Harry. Que feras tu ?

Elle fronça les sourcils et resta un moment silencieuse.

– Je ne sais pas, dit elle enfin. Je ne crois pas que tu puisses jamais me faire agir contre Harry, ou ses amis. (Elle leva les yeux dans un geste de défi.) Tu dois les considérer comme ma famille proche. Un lien sacré me joindra toujours à eux, et je les aiderais sans hésiter s'ils en ont besoin.

Elle posa sa main sur sa poitrine. Il sentit un frisson le parcourir.

– Ce sera pareil avec toi si tu m'accepte comme ton égal, continua-t elle, et je ne tolérerais rien de moins. (Son regard était brûlant et Drago retint sa respiration. Elle continua.) Seule une terrible trahison pourrait changer cela, et je ne sais pas comment je réagirais, mais je serais sans pitié.

Drago regarda la jeune fille devant lui avec une fascination qu'il ne pouvait pas dénier. En deux jours à peine, il l'avait vue comme une écolière réservée, une combattante courageuse, une espionne efficace et finalement, comme une jeune femme passionnée. Elle était honnête au sujet de ses allégeances, et lui même était assez intelligent pour comprendre qu'une personne qui promettrait une obéissance sans limite, serait en fait de moindre valeur.

Elle méritait certainement d'être son égal, et il pouvait donc après cela prendre en considération ce que lui disait son coeur.

Et son coeur lui disait qu'il la voulait elle et personne d'autre. Elle retenait sa respiration. Il hocha la tête et prononça les paroles qu'elle attendait, avec douceur, puisque le temps des jeux de pouvoir était dépassé.

– D'accord, Ginny. Nous pouvons être partenaires. Je m'engage envers toi par mon amour et ma loyauté, et je t'accepte comme mon égale.

Elle le regarda droit dans les yeux et répondit.

– Je m'engage envers toi par mon amour et ma loyauté, et je t'aiderais dans nos projets, comme ton égale.

Ils se regardèrent longuement, conscients que les mots qu'ils venaient de prononcer étaient désormais un pacte magique, comme tous ceux qui liaient les sorciers entre eux. Ce fut elle qui brisa le silence en levant la main pour caresser sa joue.

– Et maintenant tu peux me donner le baiser que j'ai attendu toute la journée.

Il baissa la tête vers ses lèvres, et ils se perdirent dans les bras l'un de l'autre. Lorsqu'ils s'interrompirent, les derniers doutes et les dernières réticences avaient disparues. Ils savaient l'un comme l'autre, du plus profond de leur coeur, qu'ils venaient de trouver leur complément, et que rien d'autre n'avait d'importance. Drago l'entraîna dans un recoin de la terrasse et conjurera une couche rudimentaire.

Ils firent l'amour passionnément, et Ginny ne prêta pas la moindre attention aux ravages que Drago faisait à son maquillage et à ses habits flambants neufs. Ce n'était pas la première fois, ni pour l'un ni pour l'autre, mais rien de ce qu'ils avaient vécu ne pouvait se comparer à ce qu'ils découvraient ce soir. Ils se séparèrent au milieu de la nuit et repartirent chacun de leur coté après un dernier baiser, pour un sommeil symbolique.

En traversant la salle commune, Ginny aperçut Hermione affalée sur le sofa. Elle avait apparemment attendu jusqu'à s'y assoupir, un livre encore entre ses mains. Ginny s'approcha et secoua doucement son amie qui tourna vers elle un visage endormi.

– ...inny... Comment... passé ?

– Pas mal, commença Ginny, avant de lui sauter impulsivement au cou en poussant un petit cri de joie.

Hermione se frottant les yeux et la regarda attentivement. Ginny était radieuse mais ses cheveux étaient en bataille, ses habits mal rajustés et son maquillage délavé de sueur.

– Est ce que... commença Hermione.

Elle s'arrêta en lisant la réponse dans ses yeux. Les deux jeunes filles se serrèrent l'une contre l'autre et Ginny raconta rapidement à voix basse, ce qui s'était passé. Hermione acheva de mettre en pièce le chignon de Ginny en lui frottant affectueusement les cheveux.

– Alors maintenant, nous sommes trois couples. Voilà qui devrait rendre les choses intéressantes. Est ce que ce sera officiel demain ?

– Tu peux t'attendre à me voir prendre le petit déjeuner à la table des Serpentards, répondit Ginny. (Elle gloussa.) J'ai hâte de voir la tête de Ron.

– Alors espérons que Luna descendra avant toi, soupira Hermione.

- - -

Le petit déjeuner fut effectivement mémorable. Luna avait retrouvée Ron très tôt, et puis Harry et Hermione les avaient rejoint un peu plus tard. Ils commentèrent le contenu de l'édition du jour de la Gazette. La première page était consacrée à l'attaque de l'Express de Poudlard, et à celle de la prison d'Azkaban. Fudge promettait une enquête 'dûment diligentée' et la mise en place d'une nouvelle commission. Le courrier des lecteurs était particulièrement virulent envers le laxisme des autorités, plusieurs personnes demandaient la démission du ministre, mais il y avait également des critiques sur la position de Dumbledore qui refusait de fermer l'école.

Ron referma le journal en se plaignant longuement des restrictions stupides qui l'avaient tenu à l'écart de Luna après l'heure du couvre feu. Il se consolait en se servant une deuxième portion de porridge lorsque sa bouche explosa brutalement, couvrant Harry et Hermione d'éclaboussures gluantes.

– Beurk ! Ron, espèce de dégoûtant ! Non mais, ça ne va pas bien ? s'écria Hermione.

– C'est vrai ça, vieux. Si tu ne peux plus avaler, arrête d'enfourner, ajouta Harry.

Il essaya sans succès d'essuyer ses lunettes maculées de porridge avec une serviette trempée. Ron n'en avait cure. Ses yeux étaient exorbités et il pointait vers la table des Serpentards où Ginny venait d'arriver et d'embrasser Drago devant tout le monde.

Les autres étaient tout aussi surpris. Crabbe et Goyle restaient la bouche ouverte en offrant la vision parfaitement écoeurante des détails de leur mastication. Les Serpentards n'en croyaient pas leurs yeux. Seules Millicent et Lyn ne semblaient pas surprises. Drago les avaient prises à l'écart pour leur expliquer la situation. Il voulait prévenir un conflit éventuel, mais cela avait également été une marque de respect qu'elles avaient appréciée.

Sans se démonter le moins du monde, Ginny se versa un verre de jus de citrouille et salua amicalement le reste de la table. Après une pause, et un regard vers Drago qui resserrait légèrement les sourcils, les élèves répondirent machinalement, à l'exception de Montague, ses sbires et Pansy.

Drago continua tranquillement de déjeuner et passa une corbeille de tartines à Ginny. Crabbe et Goyle reprirent leur mastication sans changer leur expression médusée.

Probablement par pur réflexe somatique, pensa Ginny.

A la table des Gryffondors, Ron bredouillait des phrases incohérentes et se débattait sur son siège pendant que Luna le forçait à rester assis. Hermione utilisa un sort pour se nettoyer, elle et Harry, et profita d'une pause dans ses vitupérations pour tenter de le ramener à la raison.

– Ron. Arrête, s'il te plait, de faire ce cirque. Il n'y a pas de règles contre le fait de prendre son petit déjeuner à une autre table. L'étiquette de l'école n'impose d'être avec sa Maison que pour le déjeuner et le dîner.

Il la regarda avec stupéfaction.

– Hermione, qu'est ce que tu délires au sujet de l'étiquette ? Elle prend bien plus que le petit déjeuner là bas. Ils se sont embrassés, et pas sur la joue !

– Et alors ? répliqua Harry. Elle a déjà eu des petits amis avant, et je trouve plutôt intéressant que Drago soit le nouveau.

Ron lui jeta un regard brûlant de colère.

– Tu m'as dit de garder un oeil sur ce qu'il faisait, et je vois ça ! Il l'a séduite. Il va l'utiliser contre nous. Il va... mmh !

Luna lui essuya la figure et lui plaqua la serviette contre la bouche.

– Shhh, Ronny. Laisse moi être juge de la situation. Si Drago n'est pas sincère, je le saurais, mais s'ils sont vraiment amoureux, alors c'est leur affaire.

Ron la regarda avec indécision, puis il se tourna vers son meilleur ami.

– Harry... commença-t il.

– Ron. Je te promets que je ne laisserais rien de grave arriver à Ginny, et je ne la laisserais pas non plus faire quelque chose de stupide. Je pense, comme Luna, que s'ils savent tous les deux ce qu'ils font, nous ne devrions pas les en empêcher. Est ce que tu veux bien nous faire confiance là dessus ?

Ron hésita un moment, et plusieurs sentiments contraires pouvaient se lire sur son visage, mais il fini par soupirer et hocher la tête.

– Bon. Mais je vous assure que je devient maboul avec tout ce qui se passe par ici. On ne pourrait pas s'arrêter de changer les règles tous le temps ?

Ginny avait suivi le manège à distance, en se retenant de ne pas éclater de rire devant les mimiques de son frère.

– Je crois que le pire est passé, et que je devrais aller leur dire bonjour.

Drago acquiesça, et elle se leva pour rejoindre la table des Gryffondor. Il se reversa une tasse de café.

Les choses se passent bien. Maintenant, il n'y a plus qu'à ce qu'elle et Millicent trouvent un terrain d'entente, et que je fasse la paix avec Pansy.

Le visage de Ginny rayonnait de joie. Elle se précipita d'abord dans les bras de Harry et se serra contre lui à lui faire perdre le souffle. Il était sincèrement heureux pour elle, et également soulagé que l'ambiguïté de leurs relations soit enfin résolue. Hermione et Luna l'embrassèrent à leur tour, tandis que Ron grommela un bonjour indistinct en la regardant d'un air soupçonneux.

Il fut finalement adouci par l'enthousiasme évident de sa soeur et les assurances de Luna, et encore plus lorsque Drago et Ginny expliquèrent le pacte qu'ils avaient conclu. Un tel engagement entre sorcier était considéré très sérieusement, et avec beaucoup de respect. A partir de ce moment, Ron accepta enfin Drago comme un membre à part entière de leur groupe.