Chapitre 7:

POV MACGONAGALL

Elle était entrain de discuter avec la jeune Hermione Granger, quand le Patronus d'Irma, un éléphant d'Asie , débarqua dans la salle de classe, arrachant un petit cri à la jeune fille et faisant se redresser le professeur. Quelque chose était arrivé. L'éléphant s'arrêta et ouvrant la bouche dit avec la voix d'Irma:

-"Minerva. Il faut que tu viennes dans mon bureau. Il y a eu un accident avec une de tes Gryffondors, Adal Malfoy. Elle est avec moi. Rassures toi, elle n'est pas blessée mais elle est cependant fortement secouée. J'ai dû la menacer de lui jeter un sort pour qu'elle n'essaye pas d'aller en cours.

Elle a mentionné une certaine "Hermione". Pourrais-tu prévenir cette dernière en passant s'il te plaît? Il s'agit sûrement d'Hermione Granger, elle est également en première année à Gryffondor. Je t'attends au plus vite, en restant avec Mlle Malfoy."

Le Patronus se dissipa aussitôt son message délivré. Pâle et tremblante Hermione lâcha:

-"Adal..."

Le Professeur MacGonagall gardant son sang-froid nota que le rapprochement qu'elle avait déjà observé ce matin dans son cours entre Adal Malfoy et Hermione Granger, était plus fort qu'elle ne l'aurait cru. Comme si... Elle secoua la tête. Non. Cela ne pouvait être cela. Elle finit par dire à la dite demoiselle:

-"Allez en cours Mlle Granger. Je vais aller m'occuper de Mlle Malfoy."

La jeune fille voulut protester:

-"Professeur, s'il-vous plaît..."

Elle ne se laissa pas fléchir et dit avec plus de douceur:

-"Tout ira bien pour elle Mlle Granger. Nous allons nous occuper d'elle. Pourriez-vous juste donner ceci aux Professeurs Quirell et Chourave? (Elle griffonna un mot sur un papier où elle expliquait l'absence d'Adal Malfoy) Je vous assure qu'elle ira bien..."

Mlle Granger sembla vouloir lutter encore mais le Professeur McGonagall resta inflexible et elle s'en alla bien qu'avec les plus grands regrets et remords sous le regard songeur de la vieille dame. Il y avait quelque chose entre ces deux-là... Quelque chose d'incroyablement fort qui s'était installé en peu de temps. En une matinée. Les bases d'une amitié pour le moins inattendue. Une Malfoy et une Née-Moldue, toute deux à Gryffondor...

Elle secoua la tête et se reconcentrant sur la situation, sortit à grands pas de la salle de classe, se dirigeant vers la bibliothèque. Heureusement elle avait une heure de libre et n'avait pas à se préoccuper de trouver quelqu'un pour surveiller ses élèves durant son absence. Elle atteignit enfin la bibliothèque et y pénétrant, alla au bureau d'Irma. Elle prit connaissance de la situation.

Irma assise dans un fauteuil. Prés d'un canapé. Où était allongée endormie une élève de Première année. Adal Malfoy. Décidément se dit le Professeur MacGonagall, avec une pointe d'amusement pour surmonter son inquiétude, cette jeune folle commençait fort l'année. Si cela continuait elle allait battre des records.

Chassant cette pensée elle salua et demanda en chuchotant pour ne pas réveiller l'enfant:

-"Bonjour Irma. Que s'est-il passé?"

Celle-ci se leva et répondit sur le même ton:

-"Bonjour Minerva. Selon elle, elle aurait fait une crise d'angoisse due au stress et au manque de sommeil."

A son regard, Minerva vit qu'elle était loin d'être convaincue et dit:

-"Et selon toi?"

Irma finit par lâcher:

-"Elle était dans la neuvième allée. Son frère et ses amis discutaient dans celle d'à côté. Ca a commencé quand le jeune Malfoy s'est vanté d'avoir envoyé une lettre à son père à propos de la Répartition de Mlle Malfoy."

Ah. Là elle comprenait mieux. Le Professeur McGonagall se frotta en soupirant le visage:

-"C'était prévisible. D'après ce que j'ai pu voir, c'est un enfant arrogant et pourri gâté. Et les deux jumeaux ne s'entendent de toute évidence pas. A ajouter qu'elle l'a ignoré toute la matinée, il était prévisible qu'il chercherait à se venger d'elle..."

Elle redressa la tête vers Irma et lui demanda:

-"Quelque chose d'autre à dire?"

Irma hocha la tête, grave et sinistre:

-"C'était plus qu'une simple crise d'angoisse. Quand je l'ai trouvé, elle se convulsait littéralement les yeux révulsés en hyperventilant et en se tordant dans tous les sens. Il m'a fallu 10 minutes pour la calmer et a aucun moment, je n'ai pu la toucher."

Le sang de MacGonagall se glaca. Effectivement aucune crise d'angoisse ne se déroulait ainsi. Du moins concernant une enfant de 11 ans. Il y avait quelque chose d'anormal là-dessous. Elle regarda l'enfant qui dormait. Même dans le sommeil, elle semblait sur ses gardes, comme si à tout instant, elle allait se réveiller et bondir, en brandissant sa baguette. Eclair de mémoire. Les rares fois où Il était endormi à l'infirmerie en première année, il lui arrivait de dormir ainsi, crispé et tendu. Elle secoua la tête et reportant son attention sur Irma, dit:

-"Je vais en parler avec Pompom."

Sortant sa baguette, elle fit deux coups de poignet, faisant léviter l'enfant et ses affaires qui avaient été posées non loin. Elle salua Irma et partit, Adal Malfoy flottant devant elle. Elle alla jusqu'à l'infirmerie en passant par les passages les moins fréquentés, remerciant mentalement le fait, qu'à cette heure de la journée les élèves étaient en majorité en cours ou dehors à profiter des derniers éclats du soleil de l'été mourant. Pas besoin d'attirer plus encore l'attention sur cette enfant. Elle avait déjà bien à affronter et c'était loin d'être terminé.

FIN POV MACGONAGALL

Tout était chaud et cotonneux autour de moi. J'étais à nouveau dans les Ténèbres rassurantes et chaleureuses. Je repris peu à peu conscience de mon environnement. J'étais allongée dans un lit sous des draps doux qui sentaient bon le savon et les herbes.

J'ouvrais les yeux et papillonnais rapidement des paupières pour m'adapter à la luminosité. Même en ne l'ayant vu qu'une fois, je reconnus l'infirmerie de l'école. La question était: Comment est-ce que j'étais passée de la bibliothèque à l'infirmerie?

Je me redressais en grimaçant dans le lit et m'examinais aussitôt. Mes Charmes étaient toujours en place et je fermais les yeux un instant avant de reprendre mon inspection. J'étais vêtue de ma chemise déboutonnée aux manches et remontée jusqu'aux coudes, dégageant mes avants-bras dont les bandages avaient été changés. J'avais encore ma jupe, mais plus mes collans qui comme le reste de mes affaires vestimentaires étaient pliées et posées sur la table de nuit, à côté de moi, ma besace appuyée contre.

Je cherchais presque avec frénésie, dans un accès de panique, ma baguette. Je la trouvais avec soulagement sur la table de nuit et la saisissais aussitôt, m'apaisais dans le même temps. Tâchant d'ignorer mon mal de crâne monumental, je passais une main dans mes cheveux défaits et qui cascadaient en une masse de boucles et de noeuds (c'était bien ma veine) et regardais autour de moi.

Je me trouvais tout au fond de l'infirmerie, dans le coin le plus éloigné de la porte, sur le côté droit de la grande pièce, tout prés des fenêtres qui donnaient sur une vue sur le Forêt Interdite et les montagnes, de toute beauté. Je n'étais cette fois pas la seule patiente, même si le Poufsouffle de 4éme année, assis sur un des lits du milieu, ne devrait pas rester longtemps. Des échardes ne tuaient personne.

Je calculais la probabilité de pouvoir prendre mes affaires et me carapater de l'infirmerie, sans me faire attraper quand Mme Pomfresh remonta l'allée à grands pas et me tomba dessus:

-"Mlle Malfoy, ne pensez même pas à sortir de ce lit!"

Aïe, manqué. Devant ma tête qui devait être penaude et surprise (j'étais trop épuisée pour garder mon masque), elle commença à me faire la leçon, debout devant moi, en brandissant un doigt en l'air:

-"Sortir de l'infirmerie au milieu de la nuit, sans prévenir, alors que vous êtes blessée... Mais où aviez-vous la tête?"

Je tentais de me défendre:

-"J'allais mieux et vous m'aviez apporté vos soins ce dont je vous remercie infiniment. Je ne voulais pas encombrer l'infirmerie alors que je pouvais partir. Et je vous ais laissé un mot."

J'aurais mieux fait de me taire. Elle me coupa véhémente:

-" Et vous avais-je dit que vous pouviez partir ou que vous étiez guérie? (Mine piteuse de ma part) Non! Vous n'êtes pas médicomage comme pourriez-vous savoir si vous alliez assez bien pour sortir? Pas étonnant que vous vous soyez effondrée.

Vous êtes en manque de sommeil, vous êtes beaucoup trop légère, vous ne mangez quasiment rien depuis votre arrivée et même avant si j'en crois votre poids, vous avez des marques d'un stress profond qui ne date pas d'hier et vous êtes encore blessée!

Et vous me dites que vous pouviez partir? Mais il en est absolument hors de question! Vous allez rester jusqu'à ce que vos brûlures soient guéries, que vous ayez repris un poids correct et un état de santé acceptable! Vous m'avez bien compris ma petite?"

Je ne pus que hocher la tête, profondément honteuse et lâcher d'une toute petite voix:

-"Je suis désolée de vous avoir causé du dérangement Madame..."

Elle se radoucit et dit avec un sourire, tout en me frottant gentiment la tête:

-"Petite inconsciente. C'est mon rôle de prendre soin des élèves. Surtout de ceux qui sont aussi récalcitrants que vous à rester ici..."

Elle me fit me réadosser contre les oreillers et ajouta avant de s'en aller:

-"Et maintenant reposez-vous. Vous êtes à bout de force mon petit."

Je me laissais aller contre les oreillers, sonnée. Et par le savon que je me venais de me prendre. Et parce que je venais de réaliser quelque chose. Mme Pomfresh aussi m'avait touché. Ce qui portait à quatre le nombre de personnes m'ayant touché moi, sans la protection de mes vêtements sans que cela ne me dérange. Quand Mme Pince m'avait soutenu, même sans me toucher directement, son contact à travers le tissus, m'avait donné envie de hurler. Mais là rien.

Je marmonnais à voix haute en fermant les yeux:

-"Hermione. Neville Londubat. Le Professeur Rogue. Mme Pomfresh. Eh bien la liste se rallonge, dit donc..."

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Je somnolais les yeux mi-clos, luttant contre le sommeil quand un bruit de pas se fit entendre dans l'allée, trop léger pour être celui de Mme Pomfresh. Détournant mon regard de la fenêtre, je vis Hermione déterminée remonter l'allée. Mon coeur bondit avec joie de la voir et je lui décochais un petit sourire:

-"Salut."

Elle s'asseya sur la chaise juste à côté de mon lit, en posant sans y faire attention avec violence sa sacoche à côté d'elle. Je n'eus même pas le temps de faire un commentaire dessus. Après Mme Pince, j'affrontais Hermione. Elle me bombarda de questions sur comment j'allais, sur ce qui s'était passé, est-ce que j'allais mieux etc... avec quelques expressions de son inquiétude entre toutes ces questions.

Ca n'aurait sans doute pas du être. Je n'aurais sans doute jamais du réagir ainsi. Ce n'était pas dans mon éducation. C'était en total désaccord avec ma "politique" de "ne rien montrer, ne pas ressentir compassion/pitié/joie/attachement etc...". Mais en la voyant aussi inquiète pour moi, aussi sincère dans son inquiétude, une grande chaleur nacquit dans mon coeur, enflant et vibrant, agréable et réconfortante. Quelqu'un s'inquiétait pour moi.

C'était sans le moindre doute égoïste et cruel. Mais je me réjouis de l'inquiétude d'Hermione. Car elle s'était inquiétée pour moi. Ca faisait tout bizarre. Et alors qu'elle s'agitait ainsi, continuant de parler, véhémente, je fis quelque chose qui devait marquer un tournant dans notre relation à Hermione et moi.

Tendant les mains, je pris les siennes entre les miennes. Initiant ainsi pour la première fois, un contact entre elle et moi. Une initiative venant de moi. Et non d'Hermione. Cela la fit se taire et me regarder surprise les yeux écarquillés. J'eus envie de rire en voyant sa tête. A la place, je lui souris timidement et dit tout simplement:

-"Merci."

Les mots "de t'inquiéter pour moi" ne furent pas dit. Mais Hermione les comprit. Et son regard chocolat s'adoucissant, elle serra mes mains à son tour dans les miennes et me répondit en me souriant:

-"Toujours."

Et si j'avais pu pleurer, je l'aurais fait. Ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. A la place, nous restâmes là, nos mains se tenant, alors qu'Hermione me parlait avec animation et que je l'écoutais. Une grande chaleur dans tout mon être, chassant le froid et la douleur, l'espace de quelques instants.

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Hermione était venue durant la récréation de 16 heures et elle dût repartir aprés une dizaines de minutes pour aller en cours. Elle m'avait cependant assuré qu'elle reviendrait après le repas avec quelques affaires que je lui avais demandé en prévision du fait que Mme Pomfresh n'allait pas me laisser partir aussi facilement ni aussi rapidement et qu'il y avait des chances que je passe la nuit ici.

Adossée contre les oreillers, je fermais les yeux. L'infirmerie était à nouveau vide, me laissant comme seule patiente, avec Mme Pomfresh dans son bureau. J'allais me laisser gagner par le sommeil quand le bruit d'une fenêtre s'ouvrant sans discrétion et un battement d'ailes, me firent rouvrir les yeux aussitôt.

Juste à temps pour voir une lettre tomber sur mes jambes, lâchée par un Hibou Grand Duc, qui repartit aussi vite qu'il était venu. Me laissant tétanisée. Fixant la lettre. Plus particulièrement le sceau en cire qui la fermait. Un sceau que je connaissais très bien avec la grande lettre majuscule M où s'entremêlaient des roses blanches et argent et avec au-dessus deux anneaux en argent entrecroisés et entourés d'un serpent blanc.

Le Sceau du Lord et Chef de Famille, de la Maison Malfoy. Autrement dit. Lucius Malfoy. Mon Père. A qui Draco avait écrit pour l'informer de ma Répartition. A qui j'avais soigneusement évité de l'informer de cela, espérant un peu plus de temps pour me préparer à l'affronter. Ce temps, je ne l'aurais de toute évidence, pas.

Tremblant de tout mes membres, je me forçais à prendre la lettre dans mes mains et à la décacheter. Je ne pouvais plus reculer. Au moins ce n'était pas une Beuglante. Emplie d'un brouillard froid de crainte et d'anxiété, je me mis à lire les mots écrits de l'écriture élégante et ferme de mon Père.

"Adal.

Draco, nous a informé du résultat de ta Répartition à ta Mère et moi.

Comment as-tu pu osé? Comment as-tu pu croire que nous l'accepterions?

En faisant cela tu as amené la honte sur la Noble Maison des Malfoys et donc sur nous.

Ne serait-ce les conséquences et ta Mère, que je te renierai et te chasserai de notre Maison.

Mais je ne le ferai pas et tu peux en être reconnaissante.

Des affaires m'occuperont quelques semaines à l'étranger.

A mon retour, je m'assurerai de réparer les conséquences désastreuses de ton acte puéril et rebelle, et je m'assurerai que tu retrouves ta place.

Ne nous fais pas plus honte en attendant.

Si Draco me redit encore que tu te mêle à des Sangs de Bourbe et à des Traitres à leur Sang, je peux t'assurer que tu regretteras davantage encore ta bêtise et ta folie.

Lord Lucius Abraxas Malfoy, Chef de la Très Noble et Très Pure Maison Malfoy."

La lettre me tomba des mains. Je m'en rendis à peine compte. Pour la deuxième fois de la journée et la quatrième fois en deux jours, une Crise se déclencha. Tout tourbillonnait en moi, incontrôlable et déchainé. J'avais presque totalement basculé.

Puis. Deux mains. Grandes. Douces. Chaudes. Viennent se poser de part et autre de ma tête. Et une Voix cherche à percer le Tourbillon de Brouillard, de Froid et de Ténèbres:

-"Concentrez-vous sur ma voix. Respirez profondément. Imaginez que votre panique est un torrent? Construisez un canal pour canaliser ce torrent. Vous pouvez le faire. Canalisez cette panique, laissez-là s'épuiser..."

Tout comme à la Bibliothèque, la Voix perça à travers le Froid. Mais elle le fit avec une force et une justesse bien supérieure. Cette Voix était Familière. Connue. Elle déclenchait d'autres sentiments en moi. Reconnaissance. Respect. Admiration. Curiosité. Je m'accrochais à cette Voix en faisant mon point d'ancrage, y accrochant mentalement une corde que je nouais autour de ma taille, afin de visualiser mon canal comme il me l'avait demandé.

Petit à petit, malgré le fait que mon canal ne cessait de s'effondrer, je parvins à sortir de la Crise. Je battais des paupières et mon regard tomba dans celui de deux yeux d'un encre profond. Je parvins à murmurer en un souffle éraillé:

-"Professeur Rogue?"

Je le vis soupirer profondément:

-"Par Merlin... Vous êtes enfin de retour parmi nous."

Je dis avec une étrange lucidité:

-"J'ai fais une crise d'angoisse. Encore."

Le Professeur Rogue rétorqua sarcastique:

-"Quelle remarque perspicace, Mlle Malfoy..."

Le nom me fit mal. Me rappelant la lettre. Je m'ancrais à la chaleur des mains du Professeur et à son regard, et la pointe de panique passa. Puis le Professeur Rogue se recula et retira ses mains, se levant du lit, sur le bord duquel il avait apparemment été assis. Mme Pomfresh qui se tenait tout prés, en profité pour me sauter dessus et m'examinant, me demander tout en regardant avec attention mes pupilles:

-"Comment vous sentez-vous? Des vertiges? Des nausées?"

Je répondis du mieux que je pus:

-"J'ai très mal à la tête. Et je suis un peu fatiguée. Ah et je crois que le monde oscille un peu. J'imagine que c'est anormal, non?"

J'entendis la voix très sarcastique du Professeur Rogue retentir:

-"Vous battez des records de réflexion, pour une Gryffondor..."

Mme Pomfresh le gronda:

-"Arrêtez de l'embêter Séverus. Ce n'est vraiment pas le moment."

Je murmurais ne pouvant m'en empêcher:

-"Y en a-t-il un?"

Malheureusement pour moi, les deux autres personnes de la salle, entendirent mes paroles. Je vis une étincelle amusée passer dans les yeux de l'infirmière alors qu'un petit reniflement dédaigneux se faisait entendre. Je fermais les yeux. J'avais vraiment mal à la tête. J'entendis quelqu'un venir dans l'allée et la voix sèche du Professeur MacGonagall retentir:

-"Que s'est-il passé?"

Ah non, pas encore. Ils ne pouvaient pas tout bonnement me laisser souffrir en paix? Déjà que le secret de mes Crises avait été éventé, et avec Draco et la lettre, j'avais de quoi me contrarier et m'occuper. J'entendis Mme Pomfresh répondre:

-"Une autre crise d'angoisse. Je me demande ce qui l'a provoqué..."

Aucune chance que je le dise. La voix du Professeur Rogue, me fit me figer et arrêter mon souffle:

-"Sans trop m'avancer, je penche pour la lecture de cette lettre..."

J'ouvrais brutalement les yeux. Mme Pomfresh était à mes côtés à droite. Le Professeur MacGonagall prés de la table de nuit à gauche. Et le Professeur Rogue à environ 2 mètres du coin bas gauche du lit. Tenant la lettre décachetée. Qu'il avait de toute évidence lue. Je sentis une fureur folle rugir en moi et se ruer dans mes veines. Je grondais:

-"Vous n'aviez pas le droit..."

En cet instant, j'avais oublié toute retenue, tout respect qui normalement était dû à un professeur qui plus est à un Lord et à un Maitre, tout contrôle et masque auxquels je m'astreignais depuis des années...

Etait-ce les Crises? L'attitude de Draco? Mon trouble vis à vis d'Hermione? Mon ignorance face aux raisons qui faisaient qu'Hermione, Neville Londubat, Mme Pomfresh et le Professeur Rogue pouvaient me toucher? L'épuisement? La douleur? La lecture de la lettre? Mes doutes? La peur? Sans le moindre doute, un mélange de tout cela, en plus ou moins grandes proportions.

Il n'en resta pas moins que j'étais absolument furieuse alors que redressée dans mon lit, je venais de gronder sur le Professeur Rogue. Je sentis Mme Pomfresh sursauter violemment et le Professeur MacGonagall se raidir, surement d'indignation. Le Professeur Rogue ne cilla même pas et me regardant, debout dans ses grandes robes noires sans frémir, il me rétorqua d'une voix implacable, ses yeux noirs dans les miens m'épinglant:

-"J'en ais parfaitement le droit. Vous êtes une élève. Vous êtes sous la responsabilité de l'école et donc la mienne."

J'aurais dû me taire. Au lieu de cela, je sifflais comme un chat blessé:

-"Vous êtes le parrain de mon frère, pas le mien!"

J'entendis les deux femmes hoqueter de stupeur. Le Professeur Rogue lui se contenta de dire après quelques secondes:

-"Vous savez qui je suis."

Je répondis du tac au tac:

-"Severus Tobias Rogue. Lord de la Maison Prince. Plus jeune Maitre des Potions au monde depuis environ 3 siècles. Directeur de la Maison Serpentard. Inventeur notamment de la Potion Tue-Loup et de l'Elixir d'Erias. Elève de Magnus Malkias lui-même. Ancien Serpentard. Et parrain de Draco Lucius Malfoy."

Il dit après quelques secondes:

-"Vous avez bien fait vos devoirs."

Je rétorquais:

-"Vos travaux en potions sont exceptionnels. Bien sûr que je me suis renseignée sur vous. Et j'ai été obligé d'apprendre par coeur toutes les généalogies des Sorciers d'Angleterre. Ca aide."

Il demanda simplement:

-"Depuis quand?"

Je répondis, comprenant:

-"Je me suis souvenue de vous quand vous m'avez emmené à l'Infirmerie."

Il leva un sourcil, exprimant ainsi une certaine surprise:

-"Vous n'aviez pas quatre ans."

Je rétorquais amère alors que les Souvenirs dansaient en bordure de mon Esprit:

-"Je n'oublie rien."

Nous nous affrontâmes du regard en silence. Je finis par détourner le regard rageuse, ne pouvant en supporter plus et dis d'une voix à peine contenue, en fixant les draps:

-"Vous n'aviez pas le droit de lire cette lettre."

Il répliqua:

-"Si c'est une information, et c'est le cas, nécessaire à votre sécurité et à votre santé, si. C'est dans le règlement de Poudlard et dans les textes de lois de notre nation."

Je serrais les dents, retenant les mots qui ne demandaient qu'à sortir. La peur avait laissé la place à la fureur. La fureur l'avait laissé à la colère. La colère céda à une profonde lassitude et fatigue. Le monde tangua autour de moi et je vacillais en fermant les yeux.

Mme Pomfresh fut aussitôt là pour me soutenir et m'aida à me réadosser aux oreillers. Je sentis sa main sur mon front. Ce simple geste fit naitre une boule dans ma gorge. Ma Mère n'avait jamais eu de gestes aussi tendres envers moi.

J'entendis le Professeur Rogue bouger et un froissement de lettres. Je rouvris les yeux. J'aurais dû les laisser fermés. Il avait donné la lettre au Professeur MacGonagall qui était entrain de la lire à son tour. Je refermais les yeux, en serrant les poings sous le sentiment rageant et frustrant d'impuissance.

J'essayais de me rassurer. Concrètement à part le fait que j'avais fait deux Crises d'angoisse, ils n'avaient rien. Même s'ils avaient perçus les Charmes, ce qui ne m'étonnerait pas le moins du monde, en tant qu'Héritière de sang Veela, ils ne pouvaient pas me forcer à les enlever.

Je m'en étais assurée, passant des heures à essayer de déchiffrer et comprendre des textes de lois dans les livres "empruntés" dans la Bibliothèque du Manoir. Personne. Pas même mes parents ou le Ministère de la Magie, lui-même.

Tout ce que j'espérais, c'est qu'ils avaleraient que c'était juste des crises d'angoisse dues à la fatigue, le stress, l'émotion et les blessures d'hier. Sinon je sentais que ça allait devenir très compliqué. Genre encore plus que maintenant. La voix du Professeur MacGonagall rompit le silence de l'infirmerie:

-"Je vois. C'est donc pour ça."

Je serrais encore plus les paupières et les poings. La voix du Professeur MacGonagall m'appela:

-"Mademoiselle Malfoy?"

Je tressaillais mais finis par ouvrir les yeux. Je ne regardais cependant personne, me plongeant dans une contemplation détaillée des draps. Le Professeur MacGonagall me demanda avec une douceur surprenante:

-" Faites vous souvent des crises d'angoisse?"

Je répondis brièvement, sachant que de ma réponse découlerait leur méfiance et son degré:

-"Ca m'arrive. Pas souvent."

Elle relança, ne semblant pas se satisfaire de ma réponse, oh combien courte et lâchée du bout des lèvres:

-"Vos... Quelqu'un d'autre est-il au courant?"

Je rétorquais, tout en ignorant fermement la pointe de douleur en moi ayant compris que le "Vos" avait failli être un "Vos parents":

-"Jusqu'à aujourd'hui? Non. Cela aurait été considéré comme une marque de faiblesse. Quoique... Je n'ai pas besoin de ça pour faire honte apparemment."

Je soupirais profondément et posant mes yeux sur le Professeur MacGonagall dit:

-"Ne vous en faites pas, Professeur. Je connaissais parfaitement les conséquences de mes actes. J'ai juste été surprise par leur ira mieux maintenant."

Elle commença choquée:

-"Mlle Malfoy, ce n'est..."

Je la coupais poliment:

-"Je suis une Malfoy, Madame. Disons que par rapport à ce que j'aurais pu avoir, je m'en sors plutôt bien pour le moment."

Elle demanda redevenue sèche et sévère:

-"Vous n'avez rien d'autre à dire?"

Je rétorquais sans me laisser démonter:

-"Y-a-t-il quelque chose d'autre?"

Elle assena, ne semblant pas vouloir une seconde se laisser faire non plus:

-"Vos crises d'angoisse?"

Je répondis polie et calme en apparence:

-"Je vous l'ais dit. Ce n'est rien."

Le Professeur Rogue intervint de sa voix doucereuse en cet instant:

-"Un "rien" plutôt impressionnant..."

Je rétorquais, mentant à moitié éhontément:

-"Mais assez bénin. A part un mal de tête, de la fatigue et quelques courbatures, je n'ai rien."

Il lâcha indéchiffrable en apparence:

-"Votre dernier mot?"

Je répliquais assez sèchement:

-"Sera "Bonne journée Professeur, merci de m'avoir aidé, je suis sûre que vous avez des choses plus importantes à faire"..."

Les yeux lancèrent des éclairs. Il fit volte-face en une grande envolée de capes et sortit à grands pas de l'infirmerie en claquant la porte. Dans le silence qui suivit je lâchais:

-"Là c'est sûr, je vais devenir sa bête noire..."

Je refermais les yeux en soupirant épuisée. Je ne voulais que dormir. Le Professeur MacGonagall partit après un "Quand vous vous déciderez, mon bureau vous sera ouvert.". Mme Pomfresh me fit boire un verre d'eau, puis me laissa. Serrant ma baguette contre moi, je me roulais en boule, sous les draps et m'abandonnais au sommeil.