Coucou, désolée de ne pas avoir publié plus tôt, je bloque un petit peu sur le chapitre suivant (et là je suis en vacances...! Très peu d'internet et tout). Je vous offre tout de même un interlude (il y en aura 5 en tout sur Ben, et 5 sur Nova). ATTENTION LE PASSAGE QUI SUIT ABORDE DES SUJETS SERIEUX/CHOQUANTS ET DES SPOILERS DU TOME 3 DE MERCY THOMPSON (enfin pas plus que les chapitres précédents).
Merci encore à tous ceux qui ont commenté mes derniers chapitres; c'est ça qui me donne le courage de continuer cette histoire ! (je l'aime bien, hein, mais quand je bloque le petit coup de pouce aide bien). Merci donc à Ondatra zibethicus et Johana-sama !
Ondatra - Merci, oui le mystère va bien finir par se révéler à un moment. Promis.
Johana- Tu te trompes totalement pour Caro, ce qui m'étonne parce que tes autres théories sont très très proches de la vérité et tu as fait un vrai combo dans ton commentaire. Pour le loup-garou de Ben, tu verras que son hébergement n'est pas si...naïf. Tu te trompes en revanche pour la série Alpha et Oméga, c'est une histoire qui se déroule dans l'univers de Mercy, mais qui parle de Charles (le frère de Samuel) et sa compagne Anna. Merci encore pour tous tes compliments, j'aimerais te répondre plus en avant, mais là je manque de temps (et si je te réponds je vais spoiler les autres aussi). Mais sache que tes commentaires me font plaisir et je les attends toujours avec le sourire.
Sur ce, bonne lecture !
Merciless Shaw Time (1/5)
Ben avait quatre ans quand il rencontra son Papa pour la première fois.
Jusqu'à ce jour d'août 1984, cela avait toujours été juste lui et Maman. Bien entendu, il n'ignorait pas que les autres enfants avaient une Maman et un Papa, mais il n'avait tout simplement pas ressenti le besoin de demander où se trouvait le sien. Il ne lui manquait pas du tout. Il n'avait jamais ressenti le besoin d'en avoir un, puisqu'il avait sa maman.
Maman était jolie, elle sentait bon et acceptait toujours de jouer avec lui. Maman avait de beaux cheveux comme lui, tout blonds, mais plus doux et soyeux, et longs. Ben aimait passer ses doigts dans sa tresse et elle l'aidait à y accrocher des fleurs quand ils sortaient au parc. Une odeur qui l'accompagnait longtemps après, elle semblait toujours sentir le jardin. Ben adorait se cacher dans la buanderie lorsqu'elle faisait la lessive, enroulé dans le linge frais où sa Maman déposait un tissu magique qui sentait comme elle. Généralement, quand elle le dénichait dans sa cachette il s'en suivait toujours une course poursuite qu'elle faisait mine de le laisser gagner. Puis elle le surprenait dans un guet-apens et l'enfermait dans son drap tout propre qui sentait comme elle avant de le faire capituler à coup de chatouilles.
Les autres parents de ses amis devaient aller au travail, pas sa Maman. Elle était toujours là pour jouer avec lui, toute la journée, elle regardait des dessins animés avec lui. D'ailleurs elle s'habillait de toutes les couleurs et parfois Ben rêvait qu'elle sortait d'une télé et savait faire de la magie comme les héros des histoires.
Et puis, ce n'était pas comme s'il n'avait jamais vu de Papa avec sa Maman, mais il n'y en avait jamais eu un en particulier, qui était resté. Ben les aimait bien, ils arrivaient le soir et ils lui apportaient un petit jouet ou des bonbons avant qu'il aille dormir et quand il se réveillait le lendemain, il ne restait plus que sa Maman à la maison. Généralement après ça, elle l'emmenait toujours manger une glace au parc et ils passaient tout l'après-midi à jouer sur les portiques ou à faire des roulades dans l'herbe. Maman était très forte pour dévaler la colline en roulant, Ben ne gagnait jamais et ça l'énervait.
Non Ben, malgré quelques railleries de ses camarades de jeux, n'avait jamais ressenti le besoin d'avoir un Papa, parce qu'il avait une super Maman. Aussi, le jour de ses quatre ans, quand elle le lui présenta, il se demanda ce qu'ils pourraient bien faire de ce type-là. Où allaient-ils donc le ranger ? Il n'y avait que trois pièces à la maison. Il ne pouvait quand même pas dormir dans la douche !
Mais sa Maman semblait tellement heureuse de le voir là, elle souriait plus, elle dansait en faisant la lessive et chantait quand elle cuisinait. Elle se mit à faire des gâteaux tout le temps, pour Ben qui ne connaissait que les plats qui sortaient du micro-ondes, c'était presque magique. Et comme Papa avait toujours faim, il y avait toujours des gâteaux. Cela l'aida beaucoup à accepter cet étranger dans sa vie. Ça et les cadeaux. Il lui apportait toujours une bricole quand il venait à la maison, à lui et à Maman, même quand ce n'était pas leur anniversaire. Il se mit rapidement à sortir avec eux au parc, à l'aider à grimper sur le toboggan, et même à le percher sur ses épaules. Alors le père et le fils poussaient un hurlement sauvage et couraient après la mère, qui imitait à la perfection une femme poursuivie par un monstre.
Il ne fallut pas longtemps pour que Ben décide que son Papa était aussi bien que sa Maman. Un jour qu'il l'emmenait à l'école maternelle, il lui demanda alors naïvement pourquoi lui, il n'était pas là depuis le début, comme les autres papas de ses copains de récré. Papa le regarda alors avec un air très sérieux, comme il en arborait rarement- que le soir, après le dîner, quand il demandait à Maman de venir parler dehors.
« Tu vois Benjamin, Maman elle t'aimait très fort, et du coup, elle voulait te garder tout pour elle.
-Mais, et toi, tu m'aimes pas assez ? »
Papa s'était alors agenouillé à son niveau et l'avait serré dans ses bras.
« Je t'aime très fort, toi et ta Maman. Vous êtes les deux amours de ma vie. »
Cela avait bien rassuré Ben, et Papa lui avait alors acheté un paquet de bonbons, ceux qui coloraient la langue quand on les suçait trop longtemps. Maman les détestait et elle l'obligeait à se laver les dents. Papa l'avait alors hissé sur ses épaules et lui avait souri gentiment en annonçant d'un air conspirateur :
« Ce sera notre secret à tous les deux ! Il ne faut pas le dire à Maman que je t'ai acheté ça ! Tu peux le faire bonhomme ? »
Ben avait juré, et même craché par terre avec Papa pour donner du poids à sa promesse et il ne put s'empêcher de se dire qu'il avait hâte du prochain secret qu'il cacherait à Maman. Alors, pour la première fois, ce jour-là quand il le déposa aux portes de l'école, Ben regarda ce que faisaient les autres enfants avec leurs parents, et il tendit les bras vers Papa.
« Je t'aime très fort, tu sais ? »
Et Papa avait souri avant de répondre au câlin.
« Moi aussi je t'aime très fort Benjamin. »
Les autres camarades de Ben l'aimaient bien plus depuis qu'il avait lui aussi un Papa. Lui, il adorait faire rire les autres et donc s'amusait souvent à faire le pitre, et même si la maîtresse lui disait souvent de se calmer, elle rigolait aussi des fois, à ses blagues. Le petit garçon se disait que tout allait mieux, maintenant.
Mais Papa ne dormait toujours pas à la maison. Ben le savait, quand Papa restait, Maman faisait toujours des crêpes ou des œufs pour le petit déjeuner. Ces derniers temps elle lui resservait de la boîte de céréales.
Papa avait du travail, lui disait-elle, lorsqu'il demandait quand il allait revenir.
Un soir, alors que ça faisait un moment que Papa n'était plus revenu dormir, il surprit Maman à pleurer en repassant les chemises. Quand il lui demanda ce qui la rendait triste, elle l'avait juste pris dans ses bras pour le cajoler sur le canapé, devant Mary Poppins. Ben aimait bien Mary Poppins, il voulait une nounou comme elle, même s'il ne comprenait pas bien tout ce qui se passait dans le film, il saisissait que les enfants aussi, ils récupéraient un Papa à la fin et que c'était la raison pour laquelle Mary s'en allait. Alors il se disait que comme lui, il avait un Papa et une Maman super, il n'aurait jamais de nounou magique.
« Dis, mon doudou, commença alors sa mère ce soir-là, pendant qu'ils commençaient à chanter la chanson des petits oiseaux. Ça te plairait d'avoir un petit frère ou une petite sœur ? »
Ben s'était retourné, les yeux écarquillés, puis avait réfléchi à la question. Il n'aimait pas beaucoup le petit frère dans Mary Poppins, alors la décision fut vite prise et il envoya, rieur :
« Oui, oui je veux une petite sœur ! »
Puis comme il trouva que son souhait manquait de précision –après tout, à Noël, il fallait bien préciser ce qu'on voulait au père Noël- il ajouta, enthousiaste :
« Je veux une petite sœur, toute petite petite petite petite… »
Comme ça il pourrait l'emmener partout avec lui et la montrer à ses copains.
« Jolie comme elle ! » Précisa-t-il en pointant du doigt la fille dans le film.
« Et je veux que ma sœur elle sente le beurre !
-Le beurre ?
-Oui ça sent bon le beurre ! »
Sa mère ricana en le serrant dans ses bras.
« Je vais voir ce que je peux faire pour t'apporter ça. » Promit-elle.
Mais comme elle avait encore des traces de larmes, Ben lui caressa la joue et lui redemanda :
« Pourquoi tu pleures ? »
Elle lui ficha deux bécots sur chaque joue et posa une main sur son ventre.
« Parce que je suis heureuse, c'est tout mon chéri. »
Ben marqua une pause, et repensant à l'explication, il demanda :
« Et si j'ai une petite sœur, elle, elle aura Papa tout de suite ou tu vas la garder pour toi toute seule ?
-Cela…Cela dépendra de Papa, Benjamin, juste de Papa. »
Cette fois, Maman le serra un peu plus fort dans ses bras et Ben sentit son parfum de fleur mêlé à celui du sel et des larmes, il glissa ses doigts dans les cheveux de Maman pour la réconforter. Pour Ben, cela ne faisait aucun doute que Papa allait être très heureux, même s'il trouvait cela un peu injuste que sa petite sœur puisse connaitre Papa tout de suite alors que lui avait attendu quatre ans.
Mais à l'école, les autres recommencèrent à se moquer. Un matin, alors qu'il jouait au ballon avec les autres, l'un d'entre eux lui lança une remarque d'un air méchant. Ben ne reconnut pas le mot qu'il employait, mais il comprit rapidement que c'était un vilain mot. Maman lui avait déjà expliqué qu'il ne fallait pas taper les autres, et que quand on l'embêtait, il fallait ignorer. L'autre allait se lasser. Mais le petit garçon le poursuivit tout le long de la cour en lui répétant le vilain mot. Ben essaya de le semer, il alla même se réfugier dans une classe vide et il ferma la porte derrière lui pour ne plus l'entendre.
Mais après la sonnerie quand il voulut retourner à son pupitre, la maîtresse l'attendait, l'air furieux, avec le garçon méchant accroché à ses jupes. Elle le gronda sévèrement, et le soir, elle l'empêcha de partir rejoindre sa Maman. A la place, elle lui demanda d'attendre sur sa chaise. Elle revint bien plus tard avec Maman, qui semblait embêtée et triste. Celle-ci s'accroupit face à lui et lui demanda gentiment :
« Benjamin, mon chéri, est-ce que tu as traité Denis de fils de pute ? »
Ben reconnut le vilain mot du méchant garçon, mais il secoua la tête avec véhémence avant de murmurer, honteux de ne pas connaître le mot dont elle lui parlait. Après tout, peut-être qu'il l'avait dit autrement et qu'on avait raison de le disputer :
« Qu'est-ce que ça veut dire pute, Maman ? »
Maman se leva alors avec colère et regarda maîtresse comme si elle avait fait une très très grosse bêtise. Le genre de regard qui donnait toujours envie à Ben d'aller se cacher sous son lit. La maîtresse et elle s'isolèrent dans une pièce et il les entendit se crier dessus un moment, avant que Maman ne sorte pour le prendre dans ses bras. Ce soir-là, sur le chemin du retour, il demanda à nouveau ce que le mot signifiait, mais elle ne lui répondit pas. Elle recommença à pleurer cette nuit, et Ben se recroquevilla sous les couvertures pour ne pas entendre ses sanglots.
Le lendemain, Denis recommença à l'embêter dans la cour, et comme Ben en avait assez, il lui donna un coup de poing et le fit pleurer, exactement comme il avait fait pleurer Maman. Cette fois-là, ce fut son Papa qui vint le chercher et se fâcha avec la Maîtresse. Ben était trop heureux de le voir après si longtemps pour s'insurger qu'on punisse la maîtresse de sa bêtise.
« Dis, Ben, ça te ferait plaisir que je devienne vraiment ton Papa ? » lui demanda alors Papa pendant qu'ils rentraient.
Comme le petit garçon ne savait pas comment l'appeler autrement, il ne comprit pas bien la question. Papa précisa :
« Cela voudrait dire que toi et Maman, venez vivre avec moi, dans ma maison. Je vous présente mes frères et ma mère. Ta Mamie. »
Ben n'avait jamais eu de Mamie, et il trouva l'idée super. Mais il ne connaissait pas la maison de Papa et il aimait beaucoup sa chambre à lui.
« Pourquoi tu viens pas vivre à la maison avec eux ? » Demanda-t-il alors.
Papa éclata de rire et le prit dans ses bras.
« Parce que c'est bien trop petit chez vous ! Il n'y aurait pas assez de place pour tout le monde !
-C'est plus grand chez toi ?
-Bien, bien plus grand !
-Grand comment ? »
Papa s'arrêta pour réfléchir et leva les yeux au ciel, fronçant les sourcils. Puis finalement, il annonça avec sérieux :
« C'est grand comme ton école ! »
Ben écarquilla des yeux, et il tâcha d'imaginer une maison qui avait une cour de récréation à l'intérieur, mais il eut beaucoup de mal à la figurer. Cependant, l'idée d'aller vivre dans un endroit aussi gigantesque lui donnait des frissons. Comme ils pourraient en faire, de grosses parties de cache-cache là-bas !
« Je veux y aller ! Je veux ! » Scanda-t-il avec enthousiasme, et Papa rigola, il s'amusa à le faire tournoyer dans les airs, comme un avion sur le chemin du retour en scandant avec lui : « A la maison, à la maison ! »
Une fois arrivé là-bas, Papa posa Ben à terre, puis il alla s'agenouiller devant Maman pour lui demander quelque chose. Quand Maman se mit à pleurer, Ben eut peur d'avoir dit une bêtise, mais comme elle souriait et lui demanda ensuite de venir les rejoindre pour faire un câlin à trois, il fut rassuré. Alors que Papa les soulevait tous ensemble et les fit tournoyer dans le salon, il leur certifia :
« Vous êtes les amours de ma vie ! »
Et Ben le crut sur parole.
Dans les jours qui suivirent, Ben rata l'école et on l'emmena à droite et à gauche. Maman acheta une bague et elle lui demanda de ranger sa chambre et de tout mettre dans des cartons. Le petit garçon se fit la réflexion que si c'était pour ça qu'il loupait l'école, il préférait encore y aller. Il changea d'avis lorsqu'il partit de l'appartement pour aller dans une grande maison. Papa n'avait pas menti, elle était vraiment grande, aussi grande que l'école. Il n'était même pas sûr de pouvoir courir tout autour du bâtiment ! La maison était loin de la ville en revanche, et il fallait prendre le bus ou la voiture.
D'autres gens que Papa vivaient là. Il y avait une vieille dame qu'on lui demanda d'appeler Mamie, et tous plein d'autres gens qu'il devait appeler Tonton. Ben se demandait bien comment ils allaient se reconnaître s'ils s'appelaient TOUS Tonton, cela ne devait pas être très pratique. Cependant cela devint vite un jeu très amusant, dès qu'il en appelait un, tous les autres lui répondaient.
Enfin tous sauf un. Un des Tontons ne parlait jamais. Il était très gentil, mais il n'aimait pas qu'on le touche et détestait la foule. Papa disait qu'il était né comme ça. Ils avaient tous un travail et une maison ailleurs, mais ils revenaient chaque week-end pour le passer en famille, alors ça ne dérangeait pas beaucoup Ben.
Pour leur souhaiter la bienvenue, Mamie leur coupa les cheveux, à lui et à Maman, et elle leur montra sa collection de trésor. Un journal où elle conservait des mèches de cheveux de tous ses enfants, même celles de Papa. Maman fut tellement touchée par ce geste qu'elle serra fort la vieille dame dans ses bras.
La nouvelle chambre de Ben était énorme, elle faisait la taille de son ancienne maison, et il avait même une salle de bain rien qu'à lui, avec une vraie baignoire. Il n'avait jamais pris de bain avant, juste des douches et cela lui donnait l'impression d'avoir une piscine chez lui !
Le mariage de Papa et Maman lui passa bien au-dessus de la tête. Il se souvint surtout avoir eu à porter des chaussures qui faisaient mal et être resté debout si longtemps qu'il s'était demandé s'il arriverait un jour à se rasseoir. Maman était très jolie dans sa robe, mais Ben n'avait pas le droit de lui demander des câlins ou des bisous parce qu'elle risquait de l'abîmer alors il ne l'aimait pas beaucoup. Au final, il passa plus de temps à jouer avec Tontons et il s'endormit dans les bras d'un invité durant la soirée.
Quelques jours plus tard, après la fête, cependant, Papa dû emmener Maman à l'hôpital. Elle avait été malade la nuit, et quand il essaya de comprendre ce qu'elle avait, Mamie le prit sur ses genoux et lui expliqua :
« Ta Maman est malade, mais ce n'est pas grave.
-Elle a un rhume ?
-Non. Tu sais, tu avais demandé une petite sœur à Maman, tu te souviens ? »
Ben se demanda comment elle le savait, parce que c'était un secret entre Maman et lui, mais il hocha de la tête. Peut-être qu'elle avait des pouvoirs, comme Mary Poppins.
« Et bien, Maman aussi veut très fort te donner une petite sœur. Mais parfois, une maman a du mal à avoir un bébé. Ta Maman et ton Papa ont eu de la chance de t'avoir, tu as été une grosse surprise, mais c'est plus dur d'avoir une petite sœur. Ils ont beaucoup raté.
-Je peux avoir un petit frère aussi, si c'est moins dur et que ça fait aller mieux Maman ! » S'empressa de demander Ben.
Mamie ricana et lui tapota le crâne bizarrement. Alors que Papa et Maman le faisaient avec tendresse, il avait du mal à la trouver dans le geste de Mamie.
« Oh, non, ne t'en fais pas, tu vas avoir une petite sœur cet été, comme tu le voulais. Mais Maman va devoir rester à l'hôpital pour être sûre qu'elle soit bien comme il faut. »
Cette annonce rassura le petit garçon, mais celui-ci s'arrêta bien vite, pris d'un doute, et lança :
« Mais alors, qui va s'occuper de moi quand Maman sera à l'hôpital ?
-Et bien, ton Papa sera là.
-Tu vas pas rester toi aussi ?
-Non, moi j'ai une maison à moi, je reviendrai de temps en temps pour voir si tout se passe bien. »
Ben n'avait jamais vécu qu'avec Papa et cela l'inquiétait un peu. Mais d'un autre côté, Papa ne l'obligeait jamais à se laver les dents ou à rester à table, il aimait lui donner des bonbons et regarder des films, et jouer. Puis, Maman lui expliquerait sûrement plein de choses, qu'il fallait laisser la lumière du couloir allumée, lui laisser son doudou, ou tout simplement, la recette de sa soupe favorite si jamais il avait mal au ventre avant de dormir. Puis, Maman allait vite revenir.
« Benjamin, il va falloir que tu sois un gentil garçon avec Papa. Tu le sais ?
-Oui je sais, et je suis sage Mamie.
-Oui, parce que ta Maman est malade, et il ne faudrait pas l'inquiéter un peu plus, tu comprends ? Tu me promets de faire tout ce que dit Papa ? »
Et Ben promit.
Papa revint de son travail le jour même et lui donna des nouvelles de Maman, lui assurant une nouvelle fois qu'elle était juste fatiguée, mais qu'elle et sa sœur allaient bien. Il lui prépara à manger lui-même – et brûla un peu la pizza- et ils regardèrent un film tous les deux sur le canapé. Alors que Ben somnolait, de plus en plus fatigué, Papa se pencha vers lui et lui murmura avec tendresse, en lui caressant les cheveux :
« Benjamin, tu sais que je t'aime, très très fort ? »
Ben hocha du chef et il leva les bras pour réclamer un câlin, mais son père évita son étreinte et plaqua ses lèvres sur celle du petit garçon. Celui-ci ne comprit pas immédiatement ce que ça voulait dire, et crut même que son père avait simplement loupé sa joue. Aussi, ne prononça-t-il pas un mot quand Papa se redressa et sourit.
« Dis, Benjamin, tu te souviens des bonbons que je t'avais donné ? Ceux dont tu ne devais pas parler à Maman parce que c'était notre secret à tous les deux ? »
Ben opina de la tête. Il s'en souvenait, le sourire de son père s'agrandit encore, mais plus de la même façon dont il faisait d'habitude.
« On va partager un nouveau secret tous les deux, et il ne faudra pas que tu en parles à Maman, d'accord ? »
Ben allait bientôt avoir cinq ans quand son Papa le viola pour la première fois.
