Bonjour à vous ! Voici le dernier chapitre de cette fanfiction, merci à vous et bonne lecture ;)
Disclaimer : Toujours aucun droit \o/
Chapitre 10
« Le destin... c'est une excuse inventée par les lâches pour ne jamais changer. »
Plus les jours passaient, plus leur relation devenait stable.
Albus et Scorpius sortaient officiellement ensembles. Ils ne s'étaient bien-sûr pas amusés faire une déclaration publique dans la Grande Salle - même si Roxane avait trouvé l'idée tentante - mais leur comportement était significatif. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas se rendre compte que les deux garçons n'entretenaient plus une relation platonique.
Rose aurait pu se sentir mise à l'écart, mais au final, leur trio était le même qu'avant. Elle n'en a avait parlé à personne, mais ça l'avait angoissée. Égoïstement, elle avait vraiment eu peur de se retrouver seule.
Albus la ramena à leur discussion en rouspétant :
- Rose, il faut bien qu'ils le rencontrent !
- Toute la famille connaît déjà Scorpius, crétin.
Albus soupira devant tant d'incompréhension :
- Rose. Je veux qu'ils le rencontre vraiment.
- Je... Ce n'est pas une bonne idée. Tu sais bien qu'entre les Weasley et les Malfoy...
- Ils ont acceptés Sirius. Un Black ! Alors le fils Malfoy, je vois pas où pourrait être le problème.
La jeune fille commença a s'énerver devant tant de mauvaise foi, avec son franc-parlé personnel.
- Putain, Albus, joue pas aux cons, ils savent qu'il s'est passé des choses entre ton père et celui de Scorpius, il y a beaucoup de rancœur entre vos deux familles !
Elle coupa net les mots que son cousin s'apprêtait à dire en levant deux mains en signe d'impuissance.
- Tu fais ce que tu veux ! Mais il va bien falloir qu'ils se fassent à l'idée, c'est pas faux. Seulement, ne t'attends pas à ce qu'ils l'accueillent à bras ouverts.
- Je sais.
A chaque fin d'année, la famille se réunissait chez Ginny après avoir récupéré les enfants à King's Cross.
Au départ, c'était pour tenir compagnie à la jeune veuve. Mais peu à peu, c'était devenue une tradition familiale. Et cette année n'échapperait pas à la règle.
Dans la salle commune, les élèves de Poudlard tâchaient de fermer leurs malles horriblement lourdes, et Albus ne pu s'empêcher de penser que certains avaient dû faire trop d'achats à pré-aux-lard. Lui était déjà prêt, son chat dans les bras.
- Locomotor motris !
La petite valise se mit à flotter dans les airs, et bouscula Scorpius. Poussant un juron, il se redressa et la fusilla du regard.
- Igota, viens ici !
Sa ratte sur l'épaule, il embrassa Albus sur la tempe et alla aider Rose à trimbaler ses affaires jusqu'au Poudlard Express.
Le voyage en train avait toujours été plus rapide au retour. Contrairement aux débuts d'années, l'excitation était absente, au profit de la nostalgie et de la fatigue accumulée au fil des mois.
Que les élèves chahutent ou somnolent, le paysage défilait à toute allure, les pleines sauvages d'Écosse et ses petits villages laissaient peu à peu place à la campagne anglaise.
Londres approchait.
Certains élèves ne souhaitaient que retrouver les saintes grasses mâtinés, d'autres étaient nostalgiques du château. Pour quelque-un·es, la dernière année était arrivée. Ces jeunes adultes étaient tous·tes au bord des larmes.
Comme pour l'aller, Lily-Luna s'était assise aux côtés de Teddy. Rose ne fit aucun commentaire.
Les adolescent·es s'occupaient comme iels pouvait, Teddy étant occupé à discuter avec sa sœur de cœur.
- Dame en C4, dit Rose, Scorpius tu joueras avec moi une fois que cet idiot aura perdu ?
- Je vais gagner ! répliqua Teddy.
- Eh, t'as vu comment s'est fringé James aujourd'hui ? Il est tellement déprimé qu'il ne fait même plus attention à son, elle prit un accent ridicule, Style !
Scorpius ria méchament. Après tout ce que cet idiot lui avait fait, une remise en question dépressive ne lui ferait pas de mal.
- Tant mieux pour nous, il ne nous emmerdera plus.
- Sev, langage, le sermonna Scorpius.
- Quoi ?! Pourquoi tu ne dit rien à Rose ? Elle jure tout le temps !
La dite-jureuse lui tira la langue et reprit sa partie d'échec.
Scorpius s'était finalement laissé convaincre à débuter une partie, et ce duel entre lui et Rose ne servait qu'à le détendre. Rencontrer - pour de vrai - la famille Weasley-Potter l'angoissait terriblement.
- Teddy ?
- Attends ! répondit l'adulte entre deux crises de rire, quoi ?
- Ta grand-mère sera là ce soir ?
Teddy n'avait pas l'air prêt à répondre, trop occupé à se faire chatouiller par Lily-Luna.
- Oui, elle reste trois jours, réussit-il a répondre en repoussant la petite sangsue.
Andromeda Black - qui avait repris son nom de jeune fille - n'avait plus qu'une seule famille : Teddy et les enfants de Harry Potter. Ce dernier étant le filleul de Sirius Black, il avait été l'ultime héritier de la Très Noble et Très ancienne famille, et les liens entre eux avaient étés renforcés quand les parents du métamorphomage l'avait choisit pour parrain. Dans un élan de bonté, et parce que ces murs lui rappelait trop Sirius, Harry avait légué le 12 Square Grimmauld à la vieille dame et son petit-fils. Après tout, cette maison était plus à elle qu'à lui.
La discussion continua jusqu'à l'arrivée du train.
Mais une fois sur le quai de la gare, Scorpius fut prit d'une petite attaque de panique. D'un geste, Albus intima aux autres de partir devant.
- Je m'en occupe, allez-y ! Scorpius ?
- Je sais pas ce qui m'arrive, je stresse !
Albus lui prit les mains, essayant de le rassurer par de légers massages.
- Tu stresses parce que tu as peur de rencontrer ma famille. C'est normal. Tout va bien se passer.
Le blond s'agita nerveusement, la voix crispée et urgente.
- Non. Ils vont me détester, je suis qu'un sale Malfoy, ils détestent les Malfoy !
Le jeune Potter tenta tant bien que mal de le convaincre que sa famille était bienveillante, et qu'elle se ferait rapidement à lui.
Une voix dans leur dos, à la porte du wagon, les interrompit :
- Ça va, arrête de faire ta mijaurée, blondinette. Si même moi je parviens à te supporter, c'est que tout le monte le peut ! Le seul pour qui tu pourrais avoir des craintes, c'est moi.
- Jim ? Qu'est-ce que tu fous là ?
- Je suis dans le train. Comme toi. Et j'aimerais rentrer à la maison. Alors magnez-vous.
C'était étrange. L'animosité qui se dégageait de ses paroles semblait presque amicale. James aurait-il abandonné sa haine contre Scorpius ?
Comme pour lui répondre, James se permit un fin sourire et leva Scorpius par le bras, un peu brusquement.
- Allez, du nerf. T'es un Malfoy, garde la tête haute.
A ces mots, Scorpius s'enhardit soudainement. Il se tourna vers le jeune homme aux cheveux roux et lui offrit un sourire moqueur.
- T'as raison. Je suis un Malfoy. Aucune crainte à avoir par rapport aux Weasley !
La plaisanterie passa et James se moqua de lui. Les trois élèves sortirent du wagon, accueillis par une ribambelle de têtes rousses.
Scorpius dégluti à la vision d'autant de personnes. Abus se pencha vers son compagnon et lui serra fortement la main.
- Courage.
Les présentations s'étaient bien passées. Seul Ron avait émit des réserves. Ginny n'avait rien dit, elle savait qu'Albus n'aurait pas laissé passer la moindre réflexion. Par contre, Scorpius fut étonnement bien accueillit par George, Charlie, Molly et Arthur.
Les autres enfants furent évidemment ravis que Scorpius se joigne à eux, habitués à sa présence à Poudlard.
- Alors comme ça on fricote avec Ali ? Lança George d'une voix amusée.
Scropius se mit à rougir :
- Je... Je suis en couple avec lui, oui. On est meilleurs amis depuis des années vous savez.
Sans que Scorpius sache pourquoi, George éclata de rire.
- Billy ! Il m'a vouvoyé ! Malfoy m'a vouvoyé !
- Oh ça va, je pensais bien faire, râla l'adolescent.
Mais l'endeuillé jumeau ne s'en remettait pas. Il était écroulé de rire sur la table de la cuisine, sans pouvoir se contenir. La matriarche lui frappa la tête avec un torchon.
- Ne t'occupe pas de cet idiot, petit. Tu as faim ? Le repas ne sera pas prêt avant une heure, tu peux prendre un fruit pour patienter si tu veux, dit-elle en lui tendant une clémentine.
Molly Weasley restait fidèle à elle-même. Elle aimait les enfants, fils de mangemorts ou non.
- Merci Madame. Il se dépêcha de décortiquer le fruit, mais la vieille femme le fit pour lui en un mouvement de baguette.
- C'est normal. Allez, sortez de la cuisine maintenant, je veux travailler tranquillement !
- Mais laisse Ginny faire, c'est chez elle après tout, argumenta George.
- Le jour où mes enfants sauront cuisiner correctement, je les laisserais faire. Maintenant, sors de là, allez ! Du balais !
Elle les chassa à coup de torchon, et ils s'enfuirent, Scorpius choqué par cette familiarité, et George hilare.
- Scorpius ! Viens voir !
Le dénommé s'empressa de rejoindre Rose, légèrement angoissé à l'idée de rester seul avec ce dingue de George.
- Ta ratte s'est sauvée de la cage ! Aide moi à la retrouver !
- T'es sérieuse ? râla t-il.
Les adolescents fouillèrent tout les recoins. La petite créature avait l'habitude d'ouvrir sa cage à la moindre occasion, elle aimait trop explorer. Scorpius se pencha sous chaque canapé, sous chaque meuble, et il chercha également dans les étages. C'est Lily-Luna qui finit par mettre la main dessus. Un grand sourire témoignait de sa fierté.
- Tu m'en dois une maintenant ! Dit-elle en tirant la langue.
- Tu l'as trouvée où ? la pressa Scorpius
- Tu pourrais me faire un massage... Ou mes devoirs... Ou alors-
- Lily, l'interrompit Rose. Tu l'as retrouvée où ?
- Z'êtes pas marrants. Dans les toilettes. Elle s'était planquée dans la baignoire.
Suite à cet épisode, Scorpius put mettre sa cage magiquement agrandie, avec celle de Rose. Pendant les vacances, c'est elle qui gardait les deux rattes, pour éviter qu'elles ne se sentent seules. Un rat sans ami n'était jamais heureux !
Albus passa une main sur l'épaule de Scorpius et l'entraina hors de la pièce.
- Scorpius, tu m'aide à défaire ma valise ?
Suivit de Rose et de Lily-Luna, les adolescents s'affalèrent sur le lit deux places du brun. Son petit-ami s'attela vite à la tache, ravit de découvrir la chambre de son bien-aimé.
- Les robes et les vêtements moldus, tu les ranges ensemble ?
- Non, les fringues moldues vont dans la commode, et les robes dans l'armoire, avec les manteaux.
- Oh, môssieur prends soin de ses robes en soie, plaisanta Rose.
- Au moins mes affaires ne sont pas froissées, contrairement aux tiennes, répondit-il en tirant la langue.
Scorpius plaça les dites-robes sur les cintres, s'amusant à inspecter la chambre de son amant. Un certain adage disait qu'on ne connaît pas totalement quelqu'un tant qu'on a pas été dans ses appartements.
C'était peut-être vrai.
Scorpius prenait donc un certain plaisir à observer la chambre dans ses moindres recoins. Elle était belle et bien agencée. Tapissée de dessins, de petits mots et d'autres souvenirs, la pièce était exposée plein sud, une large fenêtre ronde placée derrière le lit. On pouvait même voir le jardin derrière la vitre. Albus était chanceux.
- Les cours, tu les mets où ?
- Dans le bureau, tiroir du bas.
Scorpius se pencha vers le bureau et Albus rangea son baladeur trafiqué sur sa table de chevet.
- Dis, commença Rose en se tournant vers Scorpius, il m'a semblé que tu parlais à James d'une manière aimable ces derniers jours. J'espère que je me suis fait des idées ?
- Non. Il a arrêté de m'insulter et de me chercher des noises, donc j'ai arrêter de le considérer comme un résidu de bombabouse.
- Donc tu vas le pardonner ? Comme ça ? Après qu'il t'ai lacéré le visage, insulté de mangemort, gravé la marq-
Albus jeta un regard autoritaire à Rose qui se tut immédiatement. Sujet sensible. Scorpius restait imperturbable, même si sa mâchoire s'était contractée à la mention de la malédiction.
Il continua de plier les affaires de son compagnon en répondant à sa meilleure amie.
- Je ne tiens pas à faire la même erreur que nos parents. Je ne vais pas relancer le vieux conflit qui tiraille les Malfoy et les Weasley depuis... Cedrella et Septimus ! James améliore son comportement, alors j'améliore le mien.
Il se tourna vers Albus en souriant et continua :
- De toute manière, nos deux familles vont visiblement devoir se lier à nouveau et se supporter pendant un moment. Alors autant rendre les choses faciles tout de suite !
- Je suis d'accord, dit Lily-Luna, si les adultes sont incapables d'enterrer la hache de guerre, on le fera à leur place.
Suite à ses sages paroles, les jeunes gens se remirent à ranger la chambre, et à plusieurs, l'affaire fut vite pliée.
- Hum, ça sent le caramel… hésita Rose.
- Tu crois qu'elle a fait ses pommes caramélisées ?
- On va voir !
Iels dégringolèrent les escaliers, manquant de glisser sur le parquet grinçant et déambulèrent dans la cuisine.
- Ah, non ! Vous me laissez cuisiner en paix !
- Mais Mamie, on veut juste voir ce que tu prépares-
- Dehors !
Ils furent tirés en arrière par Hermione, qui s'était résignée à ne pas aider aux cuisines la vieille femme aux cheveux rosis par le temps.
- Laissez-la, sinon on ne va jamais manger. Pourquoi vous n'iriez pas jouer aux échecs ?
Le salon étant remplie d'une dizaine de personnes, les autres s'étaient dispatchés dans la maison, et un joyeux vacarme parfumait la bâtisse. Scorpius n'était pas habitué à tant de monde dans une seule maison.
Rose sortit le jeu d'échec du placard, à droite du canapé violet, et s'installa en tailleur sur le tapis avec Scorpius. Albus s'exila avec sa sœur.
Les adultes s'étaient peu à peu rapprochés des enfants et les observaient jouer. Si Rose était une adversaire redoutable, Scorpius n'en était pas moins doué, et il avait meilleure mémoire. La partie n'était pas simple.
Le père de la jeune fille avait d'abord observé le jeu du jeune Malfoy avec moquerie. Mais ses rides s'étaient vite détendues lorsqu'il s'était rendu compte que le jeune Malfoy mettait sa fille à rude épreuve. En effet, Rose était désormais bien plus douée que son père, alors si Scorpius lui donnait du fil à retorde, ça voulait dire que...
- Rose, tu me laisseras jouer contre lui, après.
Scorpius releva la tête vers l'homme roux assis sur le canapé. Quelle était la meilleure conduite à tenir s'il était meilleur que l'adulte ? Le battre ? Le laisser gagner ?
Il ne voulait pas vexer l'homme. Mais il ne voulait pas non plus perdre. Il avait une réputation à tenir.
Comme pour la plupart des parties, Rose vainquit son meilleur ami. Sans un mot, le père de famille fit craquer ses genoux et s'assit à sa place, face au garçon blond qui lui en rappelait un autre.
- On a peur, Malfoy ? Lança t-il avec un rictus méprisant que Hermione réprimanda d'un claquement de langue.
- D'un vieil homme ?
- J'ai quarante ans, morveux !
Scorpius pouffa et lança les hostilités. Il aimait débuter le jeu. Il connaissait toutes les combinaisons, tous les enchaînements utiles, tous les tours de forces méconnus.
Il allait gagner.
Peu à peu, la partie s'était transformée en duel, et les différents membres de la famille s'étaient approchés, le combat étant hautement symbolique.
- Fou en H6.
Merci Merlin ! Scorpius pouvait enfin placer son coup favori ! Il découvrit ses dents dans un sourire carnassier, et fit claquer sa pièce sur le plateau en bois.
- Échec. Il releva les yeux vers son adversaire. Et mat.
Ron fut d'abord surprit. Mais au bout de trois secondes interminables, les yeux du rouquin se plissèrent par un sourire de vaincu.
- Tu m'as eu ! Tu dois être plus malin que tu en as l'air !
Hermion claqua encore la langue et ébouriffa les cheveux de son mari. Ainsi, Rose tenait son tic de là, pensa distraitement Scorpius.
Les membres de la famille applaudirent Scorpius, et il sentait que ce n'était pas que pour sa victoire aux échecs. Avec le sourire de Ron, il était officiellement adopté. Albus, qui était revenu, l'embrassa sur la tempe.
- Bien joué petit serpent.
La voix de Molly Weasley retentit dans la salle à manger attenante. Le repas était prêt.
A partir de ce moment, la légère tension s'était totalement dissipée. Scorpius n'était plus jaugé du regard et tout le monde faisait comme s'il faisait parti de cette espèce de tribu. La légende sur les Weasley était donc vrai : c'était une vrai famille d'accueil !
- Encore un peu de riz Roxanne ?
- Ouais, deux louches !
- Blblbl, dit le jeune Fred en chatouillant le ventre gonflé de la jeune fille, qui, outrée, le frappa avec sa fourchette.
De l'autre côté de la table, les jumelles conspiraient quelque chose avec George, ce qui inquiétait grandement leur mère, Audrey. Percy quant à lui, les laissait vivre leur vie, il en avait déjà assez fait pour Fred et George quand il était plus jeune ! Une paire de jumeaux dans cette famille aurait été suffisante !
Comme toujours lorsqu'une grand tablée était organisée, Ginny arborait un sourire immense et rayonnait de bonheur. Tout ce bruit rendait la maison vivante et lui rappelait son enfance. Avant, elle était la dernière née d'une famille nombreuse, et ça ne lui plaisait pas. Maintenant, elle était une mère dans une immense famille proche d'une vingtaine de personnes ! Elle qui ne pensait qu'à s'enfuir du Terrier profitait enfin de ce brouhaha de rires et de disputes.
Chez les Weasley, on ne pouvait pas s'ennuyer. C'était l'avis de Scorpius. Si sa famille était bien plus chaleureuse qu'à l'époque de la guerre, elle était tout de même bien plus calme que celle des rouquins. Sang-purs et sang-mêlés se joignaient avec plaisir, ce qui aurait fait défaillir son grand-père.
Lui qui avait peur de se sentir seul, il était finalement ravit d'être dans la maisonnée pleine à craquer.
Le jeune Fred essaya d'attraper le sel en même temps que Scorpius, et ce dernier laissa le grand métisse se servir en premier, toujours perdu dans son petit bonheur.
La fin du repas approchait. La plupart des adultes prenaient un thé dans le salon, et Albus était affalé sur la table, Scorpius s'amusant à la piquer de sa fourchette pour le faire grogner.
- J'ai trop mangé...
- T'avais qu'à pas t'empiffrer, cochon ! dit la matriarche avec un sourire. Malgré tout, elle était fière que son repas ai eu tant de succès.
George était avachit de la même manière que son neveu, face à lui.
- Faut croire qu'on apprendra jamais ! désespéra t-il
Plus loin, la vieille Andromeda était assise sur le fauteuil rouge, le plus confortable. Ses pauvres articulations lui faisaient défaut, et elle regrettait le temps où elle pouvait prendre son petit Teddy sur les genoux. Son petit-fils avait bien grandit.
Elle posa son regard vers Scorpius et lui fit signe de s'asseoir prêt d'elle.
- Alors mon petit, tu arrives à te faire une place à cette famille de fous ?
Le blond pouffa, penché vers sa grande-tante.
- C'est impressionnant ce que tu ressembles à Narcissa quand elle était petite. Elle avait ce même mélange de timidité et de prestance. Un peu comme un chat peureux qui tente de paraître fier.
Face à ces paroles énigmatiques, le sourcil de Scorpius s'arqua d'incompréhension :
- Je dois le prendre comment ?
- Tu aimes les chats ?
- Heu, oui.
- Alors prends-le bien, conclut-elle par un clin d'œil.
A l'heure du coucher, Molly Weasley se disputa avec Ginny à propos des répartitions des chambres.
- Il en est hors de question.
- Maman, c'est mon fils. Je l'autorise à dormir avec Scorpius, point. Ils se connaissent depuis qu'ils sont à l'école primaire !
- Oui. Et ils sortent ensemble.
- Et ce sont des garçons. Donc ils ne vont pas nous pondre un môme s'ils dorment dans la même pièce.
- Ginnevra ! Ce sont des enfants !
- Ce sont des adolescents matures et responsables, qui ont déjà sauté le pas, ça ne sert plus à rien de les séparer !
- Quoi ?! Et comment tu pourrais savoir ça, toi !
- De la même manière que je l'ai su pour Charlie, Bill, et les jumeaux ! Quand on ne refuse pas de voir la réalité en face, on se rend compte de beaucoup de choses, maman.
La vieille femme se boucha les oreilles et tenta de ne rien entendre. C'est à ce moment-là qu'Hermione intervint.
- Molly. Dans le monde moldu, ils ne sont qu'à un an de la majorité sexuelle. Ils ont tout à fait le droit d'avoir une relation de couple. Et comme la dit Ginny, ils n'ont pas à se soucier de contraception, je ne vois vraiment pas où est le problème.
- Le problème ? Ce sont des enfants !
- Des ados. Et les jumeaux avaient déjà fait bien pire à leur âge, rappela Ginny.
- Je ne veux pas savoir, vous vous débrouillez ! s'écria t-elle en tournant les talons.
Les deux femmes se regardèrent en soupirant. Elles savaient bien que l'éducation était plus bénéfique que la prohibition. Mais pour une femme telle que Molly, qui avait été élevée avec des valeurs puritaines, il était difficile de l'admettre.
L'amour, c'était du cas par cas. Et les deux adolescents étaient suffisamment mature pour une relation de couple. Ginny pensa tout de même brièvement à Draco. Est-ce qu'il serait d'accord avec elle ?
Elle secoua la tête et serra les poings. Elle ne penserait pas à Malfoy. Pas maintenant.
Tout le monde alla se coucher. Et Rose prit bien soin d'attendre que Lily-Luna s'endorme avant de céder à l'appel du sommeil. Ce qui était valable avec ses meilleurs amis ne l'était pas avec sa cousine. Elle était peut-être aussi intrusive que sa grand-mère, mais on était jamais trop prudent.
- Sev ?
Pourquoi Albus faisait cette tête d'enterrement ?
Pourquoi était-il a un enterrement, au juste ? Qui était mort ?
Scorpius appela encore son petit-ami, sans succès. Aucun son ne semblait l'atteindre. Il se plaça devant lui, mais il était toujours invisible aux yeux du brun. Alors Scorpius se retourna. Et il vit son propre corps sans vie dans le cercueil.
Qu'est-ce que- quoi ? fut la première pensée de Scorpius au réveil. Il avait passé une très bonne nuit, son rêve le laissa perdu pendant de longues secondes, ne parvenant pas à se rappeler où il était. C'est un petit souffle contre sa nuque qui le sortit de sa torpeur.
Albus était étendu de tout son long dans le lit, lui volant presque toute la place. Il tira en grimaçant sur la couette et s'agrippa a son compagnon réveillé comme on s'agrippe à une peluche. Scorpius émit un petit couinement, clairement mécontent d'être ainsi envahi.
Il attendit que son amant se réveille, et bailla sans fin. Un doigt se posa sur sa langue et il cracha sa surprise sur Albus qui se moquait de lui.
- Désolé, c'était trop tentant !
Soudain, Scorpius prit un air grave, et Albus s'empressa de lui demander ce qui n'allait pas.
- J'ai fais un cauchemar.
- Raconte, dit Albus en se redressant sur le matelas.
- Tu étais à mon enterrement. Le même que celui de ton père. Sauf que c'était moi dans le cercueil.
- Pourquoi t'as rêvé de ça ?
- Je ne sais pas... L'inverse aurait eu plus de sens, j'aurais juste peur de te perdre. Mais là... Je ne comprends pas.
- Si c'est comme la divination, laisse tomber, tu capteras plus tard.
- Oui, répondit Scorpius, t'as sûrement raison.
Les jours passèrent et la maison se vida. Molly avait été ravie de passer du temps avec Andromeda et lui promit de passer la voir dans les prochains jours, les deux femmes étant devenues très proches à la mort d'Arthur Weasley. Désormais, Molly habitait au Terrier en compagnie de Percy et Audrey. Rose, Hugo et ses parents restèrent encore un peu.
James était calme, presque courtois avec son ennemi. A un moment, il prit Albus à part et lui parla d'un air gêné, sa main triturant ses cheveux roux.
- Ali, je... merde je sais pas comment dire ça...
- T'as la dragoncelle ?
- Tais-toi, j'essaie d'être sérieux !
L'aîné mit ses mains dans les poches de son survêtement et se jeta à l'eau.
- Je suis désolé. Pour tes yeux, dit-il avec un vague geste en direction de la tête de son frère.
Albus était plus que surprit et ne sût pas bien quoi répondre. Sans attendre quoi que ce soit, James tourna les talons.
Albus voulu parler plus longtemps, mais Ginny surgit dans le salon et proposa aux enfants de faire une partie.
- Carrément ! S'écria Hugo.
Même si les trois amis n'aimaient pas vraiment le Quidditch, Albus, Scorpius, et Rose, étaient ravi·es de jouer une petite partie amateur en famille. En tant qu'ancienne joueuse professionnelle, Ginny possédait toutes les balles d'entraînement nécessaires.
James reprit donc son fidèle poste d'attrapeur contre Teddy; Albus et Scorpius jouèrent chacun un poursuiveur adverse, et les deux plus jeunes furent gardiens. Ron décida d'être batteur pendant qu'Hermione tenait compagnie à Andromeda.
Par soucis d'équité, Ginny était arbitre tandis qu'Andromeda commentait le match de son rocking-chair d'extérieur.
- Allez Scorpius, fais honneur au sang des Black ! l'encouraga t-elle en riant.
- Hugo fais-gaffe !
Le pauvre enfant se prit un souaffle en plein ventre, le faisant reculer jusqu'au but.
- HUGO ! hurla sa partenaire.
- Désolé, suffoqua t-il pendant que Scorpius triomphait.
Soudain, James s'envola d'un coup et fonça sur un point invisible. Sentant le bluff à plein nez, Teddy ne le suivit pas et observa autour de lui en quête du fameux vif d'or.
- Teddy, là ! Hurla Andromeda à son petit-fils.
- Eh, c'est de la triche ! râla une voix.
- Ah les gryffondor, se moqua Albus, toujours à dénoncer l'entre-aide et la camaraderie !
- C'est de la triche ! Gin' ! Sonne la faute, réclama Ron à sa petite sœur.
La rouquine grimaça en faisant des gestes évasifs :
- Techniquement, Andromeda fait partie du public, donc... pas de faute. Ils gagnent !
Elle se moqua gentiment de son pauvre frère qui était récolté contre ''ces règles mal foutues'', ce à quoi Rose lui répondit qu'il était mauvais perdant.
La famille s'amusa à jouer la revanche le lendemain, le dernier jour du regroupement familial, car Scorpius devait partir en début d'après-midi.
- Ton père vient te chercher quand ? Lui demanda Ginny avec un sourire forcé auquel Scorpius se garda d'émettre le moindre commentaire.
- D'ici trentes minutes je pense. Par transplanage.
Teddy se leva et posa une main tendre sur l'épaule de sa mère d'adoption.
- Je peux le ramener moi si ça te gêne.
- T'en fais pas Teddy. Et puis, j'ai quelques mots à dire à Draco de toute façon.
La valise enfin prête, Scorpius était en train de faire un dernier câlin à sa ratte quand il entendit la voix de son père au rez-de-chaussée, suivit de celle de Ginny.
- SCORPIUS ! TON PÈRE EST LA !
Il déambula dans les escaliers, sa lourde valise à la main. Comme il avait hâte de pouvoir faire de la magie hors de l'école !
Draco Malfoy se tenait dans l'embrasure de la porte, et Andromeda serra son neveu contre elle avec joie. Ron remarqua que son ancien ennemi avait changé. Il avait prit des rides, mais son visage était détendu, plus serein et moins fier. Il semblait plus humain. Il pouvait presque apercevoir ce qui avait pu plaire à Harry, se dit-il avant de chasser ses pensées malheureuses.
- Ça va tante Andromeda ? demanda Draco.
- J'ai les genoux en compote. Mais tout va bien !
- Papa !
Scorpius se jeta sur son papa-poule de père et se laissa tournoyer dans ses bras. Si Draco n'aurait jamais pensé faire preuve d'autant d'affection en public, les années l'avait désormais bien changé.
- Tu n'as rien oublié ? Ton sac de cours, ta valise ?
- Papa… répondit son fils en roulant des yeux.
Scorpius se croyait quelques mois en arrière.
- Draco, vient avec moi s'il te plait, le pria Ginny avec un sourire triste.
Draco demanda Scorpius de l'attendre, et l'adolescent se chargea de dire au revoir à tout la tribu. Albus attendit patiemment son tour, le cœur serré.
Voir le blond si épanoui lui réchauffait l'âme. Les adultes réapparurent.
Le fils de mangemort se tourna alors vers son petit-ami et l'emprisonna entre ses bras.
- On se revoit vite d'accord ? Après tout, moi aussi je dois te présenter à ma famille, murmura t-il contre son oreille.
Sans voix, Albus acquiesça et regarda le frêle garçon partir au bras de son père.
C'est là qu'il comprit le sens du dernier rêve de Scorpius, et le sens des paroles étranges de son professeur de Divination : Ils ne devaient pas refaire les mêmes erreurs que leurs pères.
L'histoire se rejouait sans cesse. Les guerres s'enchaînaient et les histoires d'amours étaient toujours les mêmes. Mais cette fois-ci, et pour la première fois depuis des siècles, le monde sorcier ouvrait à nouveau ses bras au reste du monde, et Albus ouvrait ses bras au fils de mangemort.
Non, ils ne referaient pas les mêmes erreurs. La malédiction s'achevait ici.
Fin
Voici donc l'épilogue de cette histoire ! Merci de m'avoir suivie et d'avoir lu jusqu'au bout. Merci pour vos reviews et votre attention !
Le nouveau Nanowrimo commence dans quelques jours, et je compte bien en profiter pour écrire une nouvelle histoire. En un an, j'ai eu le temps d'améliorer mon écriture depuis cette histoire, donc c'est parti pour un mois intensif ! A bientôt :)
