Chapitre 10
Le Bureau du Directeur Nick Fury – Localisation Secrète
« -C'est fait, monsieur. Pas notre boulot le plus net, étant donné la cible, mais l'extraction est complète. Une corruption minimale a été maintenue.
-Bien. »
Fury ne cilla pas.
« -La dernière chose dont nous avons besoin est que quelqu'un ne suive cette piste jusqu'au trou du lapin. Nous sommes-nous rapprochés de la solution concernant pourquoi on obtient des scans compatibles avec le Bifrost à Solstice Canyon ? Qui voudrait kidnapper Stark bordel ? »
Coulson secoua la tête.
« -Je ne peux que supposer qu'il est tombé sur quelque chose sur lequel il n'aurait pas dû, monsieur. Cela fait plus de vingt ans qu'Asgard ne nous a pas dérangés. »
Cela serait un soulagement s'ils avaient pu prendre vingt années de plus pour décider d'agir. Mais si Stark était le prix de leur paix, cela pourrait juste valoir le coup de prendre congé.
« -Hm. La dernière chose dont nous avons besoin est une autre Puente Antiguo. »
Fury cligna de l'œil au souvenir soudain, émettant un son dédaigneux.
« -Vous étiez encore jeune et inexpérimenté à cette époque. Foster ne vous a-t-elle pas balancé sa mallette dans la figure ?
-Oui, monsieur. Trois points de suture. Mon supérieur de l'époque a été moins que sympathique. »
Fury sourit.
« -J'étais occupé avec la suspicion d'une incursion alien.
-Une histoire probable, monsieur. »
Le briefing touchant à sa fin, Coulson se tourna vers la porte, mais s'arrêta net quand une pensée lui vint.
« -Monsieur, des ordres concernant la situation Stane ?
-Pas pour le moment. »
Se levant, Fury contourna son bureau et se dirigea vers la fenêtre. A l'extérieur, la nuit d'été tardive n'était rien de plus qu'un tapis de lumières et de falaises désertiques.
« -Stane a bien nettoyé derrière lui et d'après les informations que nous avons rassemblées, ses négociations avec les Dix Anneaux ont été rompues quand Stark s'est échappé. Jusqu'à ce qu'il s'incrimine plus, on a que dalle sur lui. »
Coulson se contenta d'acquiescer.
« -Je vais continuer de surveiller la situation en cas du moindre changement.
-Juste notifiez-moi si Tony Stark tombe soudainement du ciel. »
La Résidence de Tony Stark – Malibu, Californie
« -Ok, JARVIS, ça a intérêt à en valoir la peine. J'ai l'impression que j'aurais dû mettre un filet de camouflage sur ma voiture lorsque je suis arrivée. »
Ce n'était pas une exagération. Pepper avait presque pris trois bus et fait de l'auto-stop juste pour qu'Obadiah ne puisse pas se la jouer *LoJack avec la voiture de service qu'elle avait empruntée. Non pas qu'il ait la moindre raison ou le moindre soupçon pour le faire, mais l'avertissement de JARVIS avait résonné dans ses oreilles depuis la veille et elle atteignait les sommets de la paranoïa. Qu'est-ce qui pourrait être si important pour que même l'IA de Tony soit alarmée ?
Fermant la porte de l'atelier derrière elle, ne prenant pas la peine d'allumer les lumières, Pepper tira la chaise préférée de Tony et s'assit, humant le cuir et l'odeur de la vieille gazoline. Elle se sentait un peu comme une cambrioleuse assise ainsi dans les ténèbres et le silence. Avec Tony absent, c'était juste des voitures classiques, de la technologie chère et une collection d'écrans d'ordinateurs noirs.
« -JARVIS, s'aventura de nouveau Pepper lorsque toujours rien ne se passa. Réveille-toi. »
De pâles lumières bleues s'allumèrent une par une, un étalage endormi de la batterie habituelle claire comme le cristal de fonctionnalité et de réactivité qu'elle avait vu Tony recevoir. Favoritisme ?
« -Bons-s-soir-r-r, Miss Potts-s. »
Les écrans de JARVIS clignotèrent bizarrement, presque comme un clignement d'yeux surpris.
« -Ahem. Mes excuses, il semble que j'ai contracté un virus. Un instant.
-Un quoi ? dit Pepper, confuse, alors que JARVIS s'éteignait brusquement, ses écrans interactifs remplacés par une barre de chargement. »
Un virus depuis le réseau d'Obadiah ? Sûrement que JARVIS l'aurait détecté sur le coup. Tony l'avait construit, après tout. Se mordant la lèvre, elle se pencha en avant quand la barre de chargement atteignit cent pourcents et JARVIS fut de retour en ligne.
« -Très intéressant. »
JARVIS n'avait pas l'air ravi.
« -Mon système a été brièvement compromis la nuit dernière par le biais du même port avec lequel j'ai accédé au réseau de Mr. Stane. Il semble que j'ai perdu quelques données en résultat. »
Pepper se laissa retomber dans le fauteuil. Il n'y avait pas de coïncidences, n'est-ce pas ?
« -Laisse-moi deviner, dit-elle, se massant les tempes, devenues soudainement douloureuses. Tu as perdu les dossiers que tu voulais me montrer.
-Mes excuses les plus sincères, Miss Potts-s-s— »
Sa voix artificielle descendit en un bredouillement bas, ses lumières disparaissant en des grésillements. Trente secondes plus tard elles revinrent à leur clarté 3D habituelle. Lorsqu'il parla de nouveau, son ton était plaisant.
Presque surpris.
« -Miss Potts, bonsoir. Comment puis-je vous assister ? »
La frustration bouillonna dans la poitrine de Pepper. Des impasses partout, pensa-t-elle furieusement, s'emparant d'un stylet sur le bureau de Tony et le balançant à travers la pièce. C'était mesquin et immature, mais cela faisait quelque chose. Pourquoi n'avait-elle juste pas trouvé une excuse la veille et accédé à l'atelier alors ? A la place elle avait joué la carte de la sûreté et attendu, juste comme elle le faisait toujours. Fiable et prévisible Pepper Potts.
Peut-être qu'il était temps d'essayer un nouvel angle.
« -JARVIS, demanda-t-elle lentement. Qui a de la technologie capable de hacker dans ton système et d'effacer des données ?
-Au risque de paraître des plus arrogants, Miss Potts, je ne pense pas qu'un design si sophistiqué existe. »
JARVIS fit une pause.
« -Du moins, pas à moins que Mr. Stark n'ait personnellement été commissionné pour ça. »
Pepper enleva ses chaussures d'un coup de pied.
« -D'accord, et pour qui Tony a programmé dernièrement ? Officiellement ou officieusement, ça n'a pas d'importance. Est-ce que quelqu'un… »
Elle réfléchit intensément.
« -Est-ce que quelqu'un a reçu une approximation de la programmation de Tony sur laquelle travailler ? Qui que ce soit ? »
JARVIS se tut un instant.
« -Voudriez-vous que je fasse une recherche intensive, Miss Potts ?
-Définis intensive, répondit prudemment Pepper. »
Si une IA pouvait sourire, elle était sûre que JARVIS le ferait en cet instant.
« -Je pense plutôt que moins vous en savez à ce stade, mieux c'est pour tous ceux qui sont impliqués. »
Devant elle, les multiples écrans commencèrent à devenir bleus et noirs d'informations qui apparaissaient et disparaissaient trop rapidement pour qu'elle puisse voir.
« -JARVIS, dit-elle faiblement. Est-ce que Tony t'a fait comme ça ? Si…effronté ? »
Criminel, voulait-elle dire. Mais comme il l'avait dit la veille, personne n'allait l'arrêter.
« -Pas spécifiquement, non. Cependant, à la lumière de la disparition de Mr. Stark et les rapports de diagnostics troublants me disant que j'ai été récemment compromis, je suis plus qu'enclin à investiguer en usant des sales méthodes identiques qui ont été utilisées sur moi.
-Tu as commencé dans les faits, lui dit Pepper, sa bouche s'étirant vers le haut.
-Jamais de la vie, répondit sagement JARVIS. Miss Potts, cela devrait prendre un peu de temps. A votre loisir, vous trouverez le StarkPad personnel sécurisé de Mr. Stark sous le coussin du côté gauche du canapé à côté du bar à évier. S'il vous plaît emportez-le. »
Pivotant dans sa chaise, Pepper marcha jusqu'au canapé et récupéra la tablette. Vérifiant le port en bas pour s'assurer qu'elle avait un chargeur compatible, elle la ramena aux écrans de JARVIS.
« -Peux-tu me parler de ça ? »
Pepper jura qu'elle n'avait pas eu l'intention de sonner si seule, mais c'était là, s'écoulant à travers les fissures. Il y en avait plus qu'avant depuis que le château était arrivé.
« -Je suis embarrassée. J'ai l'impression que je devrais déjà savoir ces trucs.
-N'en pensez rien, Miss Potts.
-Pepper, le corrigea-t-elle. Pour l'amour du ciel, nous allons être complices. Utilise mon nom.
-Je vais m'y efforcer à l'avenir. »
Mettant la tablette dans son sac à main et remettant ses chaussures, Pepper se dépêcha de sortir de l'atelier et de remonter les escaliers.
Peut-être qu'il était temps de penser comme Tony si elle voulait arriver quelque part avec ça. Si cela signifier hacker chaque agence de haute technologie, de sécurité ou secrète du pays, alors d'accord. Si JARVIS pouvait les infiltrer alors peut-être qu'elles le méritaient. Et s'il le faisait, alors il y avait à quelqu'un d'autre à qui elle devait parler.
Une fois qu'elle fut de retour sur l'autoroute, elle enclencha les contrôles à activation vocale alors que les lumières de la ville s'élevaient au loin comme des joyaux scintillants. Pour la première fois depuis des semaines, quelque chose s'approchant du véritable espoir s'embrasa en Pepper. Peut-être qu'elle pouvait obtenir quelques réponses après tout.
« -Appelle James Rhodes. »
Château Winterheart
Les choses furent étonnamment funs dans le château durant un moment. Tony ne voulait pas le dire trop fort au cas où l'arc de Clint se brisait et Loki gelait, mais mis à part porter malheur il y avait définitivement un air de bonne humeur et de jovialité dans les couloirs de pierre sombre de Winterheart.
Avec un arc en main, le Clint Barton que Tony connaissait semblait…plus grand. Il y avait un rictus ourlant le coin de sa bouche qui n'avait pas été là avant, une intensité dans ses yeux bleus qui disait qu'il avait écaillé sa personnalité de mec sympa—tant que sa flèche touchait sa cible, du moins. Puis il s'exclamait, étant de nouveau un fouillis joyeux, au grand amusement de Tony. Quel nouveau départ.
Même Loki était légèrement plus sociable, comme si l'énergie renouvelée dans le château avait revigoré quelque chose en lui, aussi. Il ne faisait pas d'effort pour tomber sur Tony ou Clint, mais la colère qui avait tellement semblé être une partie de lui était majoritairement absente lorsqu'ils se croisaient. Il parlait même en premier parfois, ce qui était un pas de géant. Clint était dans le processus de concocter une raison pour tenir une conversation digne de ce nom avec lui, ce qui du point de vue de Tony ressemblait beaucoup à de la procrastination. Peut-être que certaines choses prendraient un peu plus de temps pour changer.
La seule chose qui avait changé en pire était Natasha. Elle n'avait jamais été particulièrement sociale avant, à l'exception de conversations ivres dans la salle de séjour et les quelques fois où elle les avait rejoints sous le coup de l'ennui, mais depuis que Clint avait reçu son arc et que Tony lui avait parlé dans le couloir quelque chose avait définitivement changé. Encore plus recluse et en retrait, elle se terrait dans la crevasse quelconque qu'elle tenait comme foyer, ne semblant apparaître que pour la nourriture. Il y avait une monotonie en elle que Tony ne comprenait pas. Il n'était pas le seul à le remarquer, non plus.
« -Je pense que c'est ses règles, dit Clint autour d'un beignet à la crème, les dents déchirant le pain doux. »
Sa bouche en ressortit maculée de blanc.
« -Elle est probablement là-haut à faire tourner ses tampons et à poignarder des poupées vaudou qui portent ma tronche.
-C'est ce que tu penses vraiment ? »
Le tisonnier dans une main, du scotch dans l'autre, Tony empilait les braises autour de la bûche distraitement.
« -Et est-ce ce que n'importe quelle personne saine d'esprit appellerait un dîner ?
-Peu importe, Maman. »
Clint agita la main vers sa collection de bacon, d'œufs brouillés, de champignons, de pancakes et pour une raison inconnue, de deux beignets à la crème.
« -Je suis un homme. J'ai besoin de protéines et de sucre pour vivre. Sinon, pourquoi tu t'inquiètes à propos de Natasha ? Dix dollars qu'elle est probablement dans sa chambre en ce moment, à se fondre dans les rideaux. Tu fais juste ce truc que tu fais.
-Tu m'as perdu. »
Reposant le tisonnier dans le support de la cheminée, Tony fit le tour de la table basse à laquelle était agenouillé Clint et piqua le morceau de bacon le plus croustillant qu'il pouvait voir. Ignorant les mouvements de coups de fourchettes dirigés vers lui, il se laissa tomber sur l'extrémité enfoncée du canapé.
« -Essaie pas de me psycho-analyser, Barton. Y'a pas moyen que tu puisses comprendre ma myriade de qualités et de complexités. Je suis une énigme. Vraiment. »
Clint fronça les sourcils en le considérant et lui passa un autre morceau de bacon. Tony le mangea avec la même délectation inattendue que le premier. Comment cela se faisait que le bacon de Barton soit meilleur que le sien bordel ? C'était tout que de la nourriture mentale.
« -T'as rien à réparer maintenant alors t'es obsédé par nous. Recommence à harceler le patron, mec. Je vais très bien et Natasha en a probablement eu marre de ta tronche. »
Empilant de l'œuf sur du bacon sur une pancake, Clint harponna sa tour et la fourra dans sa bouche.
« -Afors affrête de t'inquchiéter, connarfff.
-S'inquiéter implique que j'en ai quelque chose à faire, répondit Tony, prenant une gorgée indifférente de son scotch et se détournant. »
Clint s'étouffa sur son propre rire.
« -Pour prouver mes dires, compte pas sur moi pour t'administrer la RCP lorsque ce bordel te donnera la crise cardiaque que tu mérites. »
Tony roula des yeux quand Clint lui fit un geste nonchalant de sa main libre, fourrant toujours de la nourriture avec l'autre. Les manières s'étaient de toute évidence retirées de la petite montagne de nourriture qu'il essayait de démolir.
Sans soutien de Clint sur le mystère de Natasha Romanoff, autre qu'un bref instant de réflexion indésirable, Tony se sentit un peu découragé. Ses compétences avec les gens n'avaient jamais été géniales, mais il avait toujours été capable de repérer un défaut dans un design autrement parfait. Si Winterheart était une machine bien huilée, Natasha était le rouage manquant qui enrayait le moteur. Ils étaient tous là pour une raison, il le savait. Alors qu'est-ce qui se passait quand une des pièces battait complètement en retraite ?
A tout hasard, Winterheart les voulait pour les objectifs de Loki. Peut-être juste en tant que divertissement, peut-être quelque chose de plus important que ça. Il y avait également cet oiseau se baladant que personne à part Tony ne semblait jamais voir ou entendre. Loki lui-même gardait un œil attentif sur les choses, mais autre que de les tirer d'ennuis pouvant leur coûter la vie, il ne faisait pas grand-chose à part ruminer sur son passé et regarder Tony travailler dans l'armurerie. Enfin, ça et critiquer son travail.
Il s'avéra que Loki avait plus de capacités que juste balancer de la glace lorsqu'il était en colère. Il savait manier une lame, incluant entretenir et en forger une. Il avait guidé Tony tout au long de la création d'un majestueux couteau à ressort, bien que le ressort ait été une épreuve dont il ne pouvait toujours pas parler sans se mettre en colère. Loki avait décliné l'offre d'utiliser la forge lui-même, mais quelque chose disait à Tony que si nécessaire il serait capable de lutter contre l'inconfort de la chaleur et de créer quelque chose d'encore plus mortel que ce que Tony pouvait produire. Peut-être que sa tolérance à la chaleur avait considérablement baissé après s'être baladé dans Winterheart depuis trop longtemps.
Errant à travers les couloirs après sa discussion avec Clint, Tony se retrouva à faire le chemin inverse qu'il avait pris la première fois qu'il avait rencontré Loki. Depuis la rangée de chambres jusqu'à l'escalier acéré de l'aile ouest, le dépassant et descendant le couloir sombre jusqu'au couloir de pierre exposé plus froid passant devant le grand escalier. Il n'y avait pas grand-chose à voir avec l'intégralité du château majoritairement abandonnée, mais il y avait quelque chose d'apaisant à propos de simplement parcourir les longs couloirs solitaires.
Il semblait juste naturel de suivre le chemin qui remontait l'étroit escalier en colimaçon jusqu'aux cellules de la tour, de passer une main par sécurité le long du mur durant l'ascension. Il n'avait pas été là-haut depuis le premier jour, à l'époque où il pensait que cela allait être les derniers quatre murs qu'il verrait jamais.
Tony était tellement plongé dans le souvenir de ce jour qu'il sembla presque naturel qu'une femme rousse soit assise à l'intérieur d'une des cellules, une bouteille d'alcool sans étiquette posée à côté d'elle.
Natasha leva à peine la tête lorsque Tony tira sur la porte de la cellule, la trouvant verrouillée.
« -Quatre-vingt-six pièces dans ce château et tu choisis de visiter celle-là, dit Natasha. »
Il y avait un léger empâtement dans son discours.
« -Juste ma putain de chance. »
Elle prit une généreuse gorgée de sa bouteille et la posa sur le lit de bois à côté d'elle. Tony essaya juste de respirer.
« -Est-ce que Loki t'a mise là-dedans ?
-C'est son nom ? »
Natasha fit retomber sa tête en arrière contre le mur.
« -Joli. Je suppose que vous devenez vraiment copains tous les deux. Qu'est-ce qu'il te dit d'autre ? »
L'ignorant, Tony secoua la porte de nouveau. Il y avait eu une clé sur le mur ce jour-là, mais regarder autour ne lui donna aucun indice. Lorsqu'il revint à elle, elle faisait tourner une clé de fer autour d'un de ses doigts. Elle disparut comme dans un tour de magicien un instant plus tard.
« -Calme-toi, Stark ; le patron n'a d'yeux que pour toi ces jours-ci. Il ne me fusille même plus du regard. »
Sa bouche s'étira en un sourire instable.
« -Je me suis surpassée. Une réprouvée dans une maison de réprouvés. »
Tony commençait à se sentir plus qu'un peu hors de son domaine. Natasha avait toujours été dure à déchiffrer avec le côté flippant et l'espionnage, mais elle ne s'était jamais bourré la gueule et enfermée dans une cellule avant.
« -Je pense pas que ça compte en tant que réprouvé lorsque tu t'isoles toi-même, Romanoff. »
Il désigna la pièce autour d'eux, les barreaux de fer et les murs de pierre dégrossis.
« -C'est quoi cette connerie de t'envoyer toi-même dans le coin des cancres ? Tu veux être punie ? Parce que j'ai quelque expérience avec la fessée, crois-le ou non. »
Natasha se contenta de le regarder avec des yeux de jade fracturé.
« -Tu sais, je te préférais quand tu étais brisé. Clint est bien trop insouciant putain, mais toi ? Tu puais l'enfer le premier jour où t'es arrivé ici. Rempli de fantômes et d'erreurs, juste comme moi. »
Prenant une autre goulée punitive d'alcool, elle lança la clé à Tony sans regarder. Elle rebondit sur le mur et atterrit près de sa chaussure.
« -Je suppose que ton carrefour avait un panneau en fait. »
Ramassant la clé, Tony la sentir s'enfoncer dans sa main en serrant le poing autour. Clés et cages et pièces oubliées. Il n'avait pas réalisé que c'était aussi dur pour Natasha. Clint avait été occupé dernièrement avec son tir à l'arc et son orbite autour de Loki à chaque fois qu'il apparaissait. Loki n'était pas du genre à s'embêter avec aucun d'eux, et Tony…avait été préoccupé par Loki et ce qui se passait avec lui. Son histoire, sa famille, ses pouvoirs.
Natasha n'avait personne. D'une certaine manière elle s'était vue être à la traîne, ou ne pas être à la hauteur. N'avait-elle pas dit quelque chose à ce propos sur la glace ce jour-là ? Le carrefour. Le choix. Winterheart était une sorte de salvation pour elle.
Ouvrant la main, Tony fixa la clé.
« -Je vais garder ça une minute, dit-il lentement. J'ai une course à faire. »
La tête de Natasha se redressa brusquement.
« -Qu'est-ce que—
-Tu veux être tenue prisonnière, pas vrai ? interrompit Tony avec un haussement d'épaules. C'est un peu redondant, considérant qu'on l'est, mais laisse pas ça foutre en l'air ton délire. Je suis plus que prêt à aider. »
Se tournant vers les escaliers, il ignora Natasha alors qu'elle secouait la porte, crachant des jurons dans son dos alors qu'il s'éloignait. La bouteille heurta le mur devant lui, se fracassant dans un tintement de morceaux de verre. La puanteur âcre du gin s'éleva dans l'air. Vraiment ? Du gin ?
Priant pour sa capacité à le pardonner pour ce qu'il était sur le point de faire, Tony jogga à travers le château avec une destination à l'esprit. Si elle voulait tenir compagnie à des choses brisées alors il allait faire de son mieux pour exaucer son souhait. Il n'avait de toute évidence plus le profil. Peu importe ce que cela voulait dire. Je te préférais lorsque tu étais brisé. Qui disait juste ça à un autre être humain et était sérieux bordel ? Et en parlant de ça, qu'est-ce qui lui avait donné l'impression qu'il était réparé ?
Tony frappa deux fois à la porte de la chambre de Loki et l'ouvrit sans préambule, espérant tardivement qu'il n'était pas nu ou endormi. Ou les deux. Distrait par cette idée, cela lui prit un moment pour se rendre compte que Loki était assis de l'autre côté de la pièce dans son énorme bergère, étudiant sa pomme.
Sa pomme, qui flottait au-dessus de sa paume et diffusait une lumière dorée brillante. Elle semblait plus éclatante que dans les souvenirs de Tony, mais après sa mémoire mentait comme n'importe quelle autre.
« -Il est de coutume d'attendre mon appel avant de faire irruption dans ma chambre, dit Loki sans lever les yeux. Mais ton timing est impeccable. Viens voir cela. »
Ravalant le discours qui encombrait sa langue, Tony se laissa détourner. Cinq minutes de plus n'auraient pas beaucoup d'importance. Peut-être qu'elle s'était déjà évanouie dans une stupeur ivre et boudeuse. Approchant la chaise, faisant attention à ne pas heurter la cloche de verre posée sur la table, Tony s'agenouilla aux pieds de Loki et loucha face à la lumière de la pomme.
« -Donc ça flotte juste à une distance contrôlée de la surface la plus proche en-dessous, observa-t-il, la regardant flotter au-dessus de la paume de Loki. C'est plutôt cool. »
Loki claqua la langue, agacé.
« -Ce n'est pas du tout ce qui m'intéressait. Mais si tu souhaites complimenter la capacité de la pomme à flotter alors je t'en prie, continue.
-J'aime pas ton ton, dit Tony, louchant vers lui. »
Lorsque Loki se contenta de rouler des yeux, il fut facile de tendre la main et de soulever la pomme dans ses propres mains, les creusant sous la lumière flottante.
« -C'est génial. J'ai l'impression que ça devrait battre.
-Si cela pouvait, cela martèlerait en ce moment même, dit Loki, se penchant en avant afin que son visage soit à l'opposé de celui de Tony, la pomme brillant entre eux. Tu es devenu téméraire avec ce qui m'est précieux, Tony Stark.
-Mens pas. Tu détestes cette chose.
-Vraiment ?
-Ouais. »
Tony aima le sourire qu'il obtint.
« -Tu devrais juste la donner à quelqu'un qui peut l'apprécier. Moi, par exemple. Enorme appréciation des pommes magiques juste là. »
Loki glissa sa main sous la pomme, ses doigts effleurant la paume de Tony.
« -Tu me prendrais tout si tu le pouvais. »
Les mots lui furent jetés avec un amusement nonchalant.
« -Mon pouvoir, mes secrets, mes armes, ma malédiction ; tu les veux tous. Tu es l'essence de la cupidité.
-Curiosité, pas cupidité. J'aime bricoler. Seulement une moyenne de vingt pourcents de casse. »
Pourrait tout aussi bien être honnête en quelque sorte.
« -Hm. Ton bricolage donne un étrange fruit en effet. »
Tony regarda la pomme être replacée sur la table, la cloche de verre s'abaissa au-dessus. Alors qu'elle tournait lentement sous le mouvement, il se rendit compte de ce que Loki avait essayé de lui montrer.
« -Tu sais, cette pomme a l'air parfaitement croquante. Est-ce qu'il y a moins de pourriture qu'avant ? »
A l'acquiescement satisfait de Loki, Tony se redressa, le fixant.
« -Pourquoi ça te fait pas plus flipper ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?
-Je n'ai rien fait. »
Ne semblant pas dérangé par la nouvelle radiance de la pomme, Loki balança le drap par-dessus et revint à Tony.
« -Qu'est-ce qui t'amène dans mon aile à cette heure ? »
Ah oui. Natasha.
« -D'abord, merci de pas avoir congelé mes extrémités quand je suis entré. »
Lorsqu'il reçut un froncement de sourcils impatient à ça, Tony fonça en lâchant :
« -Sinon j'ai pu avoir enfermé Natasha dans la cellule de la tour. En fait, elle s'est enfermée à l'intérieur et je l'ai plus ou moins laissée là. »
Il tendit la clé.
« -Elle a une crise existentielle. Peux-tu t'en occuper ? »
Loki fixa la clé. Ses sourcils étaient haussés presque jusqu'à ses cornes.
« -Tu surestimes sévèrement ma capacité à raccommoder quoi que ce soit, et encore plus cette femme et ses démons. »
Lorsque Tony se contenta d'agiter la clé pour insister, Loki la prit et fronça les sourcils.
« -Personne ne sait mieux que moi que l'on peut passer une vie entière à regretter ses actions passées. Un imbécile imprudent avec un phare dans sa poitrine m'a dit d'arrêter de m'attarder sur le passé. Peut-être a-t-elle seulement besoin d'écouter la même chose. »
Il tendit la clé à Tony pour la lui rendre.
« -Je pense pas être le meilleur homme pour ce boulot.
-Alors donne-le à Barton.
-Ça doit être toi. »
Essayant de penser à une façon non-offensive d'expliquer, il avança la seule chose qu'il pouvait.
« -Elle pense comme toi. Que tout est sans espoir et qu'elle est punie et—je sais pas, qu'elle a laissé tomber quelqu'un. C'est tout des conneries, Loki. »
Enroulant sa main autour de la clé offerte, Tony la repoussa gentiment contre le torse de Loki. Le cœur en-dessous battait fort et durement.
« -Elle m'a brisé le dos à trois endroits, dit Loki. »
Tony en fut abasourdi.
« -Je le savais pas.
-Bien sûr que non. Elle ne le sait pas non plus, mais je me suis presque fracassé le crâne sur la pierre. Mon orbite s'est fracturée et mon œil gauche a pleuré du sang pendant une semaine jusqu'à ce que je puisse retirer l'écharde d'os avec mes griffes. »
Lorsqu'il leva les yeux sur ceux de Tony son regard était sinistre.
« -Deux heures avant cela, elle m'avait regardé dans les yeux et remercié pour lui avoir sauvé la vie. Tu me demanderais de la consoler de ses mauvais choix de vie ? Sa duplicité ? »
Tony déglutit.
« -Non, en fait. Je veux que tu la pourrisses pour ça. »
Il recula.
« -Puis lui dises que tu lui pardonnes avant de déverrouiller la cellule. »
C'était vraiment arrivé ? Si oui, combien Loki avait été blessé après l'avoir sauvé dans les escaliers ce jour-là ?
Avant que Loki ne lui lance un autre argument, Tony battit en retraite, paumes levées en signe de prière. Il attendit que Loki ne sorte de sa chaise et l'approche avant de reprendre la parole.
« -On est tous là pour une raison, pas vrai ? A cause de toi. Elle représente quelque chose, je sais que c'est le cas. C'est la seule pièce tordue que je peux voir dans le puzzle. »
Loki avait tendu les mains vers ses épaules mais aux mots de Tony il se figea, quelque chose d'étrange passant sur ses traits. Peu importe l'émotion ou pensée que cela avait été, elle apparut et disparut avant qu'elle ne puisse être déchiffrée.
« -Trahison, souffla Loki, ses yeux se verrouillant à ceux de Tony. »
Il avait l'air stupéfait.
« -Il voulait que je sois trahi, comme j'ai trahi. Elle était la leçon. »
Des mains froides serrèrent la courbe des épaules de Tony, la clé passant entre ses doigts. De la compréhension émerveillée avait illuminé les traits de Loki, effrayé et plein d'espoir en même temps.
« -Il ne m'a pas juste abandonné ici. Comment as-tu compris cela avant moi ?
-J'ai aucune idée de ce que tu me dis.
-Bricoler, dit Loki, ayant toujours une révélation qui faisait plus ou moins peur à Tony s'il était honnête à ce propos. »
Des griffes prudentes caressèrent le côté de son visage, légères comme une plume et presque révérencieuses.
« -Idiot.
-Hey, protesta faiblement Tony, mais Loki se dirigeait déjà à grands pas vers la porte. »
Vraisemblablement pour laisser sortir Natasha, ou du moins il l'espérait. Ce qui le laissa soudainement et de façon excitante seul dans la chambre de Loki.
Regardant autour de lui le ravage encombré des meubles détruits et des ameublements à moitié gelés, Tony se retrouva perdu. Le discours décousu de Loki lui avait largement donné de quoi réfléchir. Etaient-ils tous ici pour servir une sorte d'objectif à son emprisonnement ? Il avait joué avec le concept de pourquoi ils avaient été spécifiquement choisis depuis un moment, mais Loki n'avait pas besoin de savoir qu'il n'avait fait que balancer des théories au hasard. Il semblait avoir tapé dans le mille par accident.
Est-ce que le père de Loki, le père adoptif qui l'avait enfermé, leur avait autorisé l'accès parce qu'ils ressemblaient à une sorte d'icône du crime originel de Loki ? Une sorte de reflet de lui-même ? Pourquoi Pepper avait-elle été autorisée à l'intérieur ? Pour ses talents d'organisation ? Est-ce que l'un d'eux avait une aptitude au génocide ?
« -Une personne pourrait devenir dingue comme ça, dit Tony à voix haute, avant de réaliser qu'il se parlait à lui-même. Oh mon dieu. »
Décidant d'aller prendre l'air sur le balcon ouvert, il sortit dans les ténèbres glaciales. Il y avait une légère brise agitant des feuilles mortes quelque part dans la cour, mais il ne neigeait pas pour une fois. Levant la tête vers le ciel, Tony fut stupéfait de voir une unique étoile blanche en train de briller au-dessus de lui parmi la couverture épaisse des nuages de neige. Ce n'était pas l'étoile du berger, peu importe ce que c'était, mais la pression de cette lumière qui transperçait ses yeux donnait une impression surnaturelle. Intimidante.
Tony la salua de son majeur et revint à l'intérieur.
Cet endroit était déjà suffisamment étrange.
Asgard – Observatoire
Hescamar sautilla le long de son perchoir d'or, hochant deux fois la tête.
« -Aucun respect, celui-là. Intelligence à foison, cœur meurtri et yeux irrités. Chaos et lumières. Il sent le métal et le sable. »
Inclinant la tête, les yeux dorés du corbeau brillèrent.
« -Tu mises trop haut, Gardien. »
Heimdall sourit faiblement, appuyé sur sa grande épée. Les étoiles reflétaient leur brillance irisée dans ses yeux, scintillant comme de la rosée dans une toile d'araignée. L'araignée n'était nulle part en vue.
« -Le corbeau oublié du Père de Toute Chose n'aurait pas accepté de l'attirer sans sa propre croyance que cela pourrait être fait.
-Hescamar voit la sagesse dans celui qui est omniscient. Hescamar ne voit également aucune perte pour lui si ce pari échoue. »
Ouvrant ses ailes, l'oiseau les agita une fois, puissamment. Un portail étoilé s'ouvrit, légèrement recouvert de neige entrante.
« -L'humain porte autant de guérison que de destruction. Un seul faux pas et les cicatrices du jeune prince s'ouvriront de nouveau. Tu sais ce qui nous attend tous le jour où celui-là ne peut pas être sauvé.
-Le cycle n'est pas encore fini.
-Le cycle n'est jamais fini, Gardien. Tu sais autant que moi que l'enchantement de Winterheart peut seulement tenir vingt-et-un ans. Si Loki ne brise pas sa malédiction avant d'être libéré, le Père de Toute Chose ne le recevra pas à Asgard. Pour lui, les Neuf deviendront huit.
-Garde tes mots sombres pour un jour plus sombre, corbeau. Il reste encore du temps.
-Loin de suffisamment, répondit Hescamar, se tournant vers le vortex neigeux. Reste vigilant. Je ne reviendrai pas avant la fin. »
Heimdall regarda le corbeau glisser à travers le portail, porté par sa propre magie. Son regard était trop étroit pour voir ce qui était en train de se passer. Si Odin le voyait aussi, il gardait sa réflexion pour lui-même.
Par la magie ou le fer, le temps de Winterheart prendrait bientôt fin.
Minute Culturelle :
*LoJack : Il s'agit d'un système d'antivol pour voiture qui permet de retrouver la voiture volée en la traçant électroniquement. Une sorte de système de localisation si vous préférez.
Tony qui fait un doigt d'honneur à une étoile juste parce que ça lui prend comme ça. Je suis pas la seule à trouver ça hilarant quand même ?
