CHAPITRE 10

Quatre jours que Stiles et sa troupe étaient bardés de leurs sacs et de leurs armes, à crapahuter dans les bois sous le vent tranchant de l'Atlantique. Campement de survie en milieu hostile qu'ils disent. Si c'était ça la guerre, il ne voulait pas y aller ! Nah ! Il avait mal au pied, son ventre semblait former des torsions étranges avec des bruits effroyables, sa tête allait exploser. Le bonheur !

- J'ai mal au crâne... Marmonna t-il en tenant ses tempes.

La nuit était tombée, tous les quatre s'étaient retrouvés en groupe pour cette mission, l'instructeur de la base de Norfolk avait séparé le peloton. Le but était d'arriver au camp avant les autres, camp qui se trouvait à cinq cent bornes de leur point de départ.

- Selon mes calculs... on devrait y arriver demain matin, à condition que l'on s'y mettre dans trois heures maxi. Conclu Poulet avec sa boussole et son calepin.

Mais Stiles ne pouvait pas écouter, il n'avait pas prit son adderal depuis trois jours et dans sa tête, c'était l'enfer. Assit contre un arbre, il posa sa tête contre, essayant de se détendre pour apaiser l'élancement.

- Ça va ? Demanda doucement Gally en se mettant à sa hauteur. T'as pas tes pilules ?

- Non... le sergent les a retiré de mon sac à la vérification. Selon lui, je ne les aurait pas toujours avec moi sur le territoire ennemi. Grogna t-il contre cet abrutit fini.

- Il veut te sevrer peut-être ? Le sourire de Gally ne suffit pas à le détendre. Dites les gars ! C'est quoi comme arbre ça ? Demanda t-il aux autres.

- Heu... un saule, j'dirais ? Proposa La Torche. Pourquoi ? Gally ne répondit pas et gratta l'écorce qu'il récupéra dans sa main, il prit une tasse dans son sac et le mit dedans, il ajouta ensuite de l'eau.

- 'Torche ? Tu as ton briquet ?

- Ouai, je l'ai planqué dans mon calbut ! Il fourra sa main dans son pantalon et les autres grimacèrent.

- T'es un porc mec ! Poulet eu envie de vomir quand il le vit tendre le briquer vers Gally.

- Même pas en rêve je prend ça dans mes mains ! Yeurk ! Gally lui tendit la tasse. Chauffe ça.

Stiles aurait voulu rire de voir ses amis, mais la douleur était bien trop forte pour qu'il puisse faire quoi que ce soit.

La Torche mit plusieurs minutes à chauffer la tasse avec son briquet, mais bientôt de la vapeur s'échappa et Gally prit la tasse à bout de doigts pour la donner à Stiles.

- Bois ça ! Stiles ne chercha pas à discuter, tout était bon à prendre. Il prit la tasse entre ses doigts gantés de mitaine, doucement il bu l'eau chaude, ignorant les poussières de bois. Une fois la boisson fini, il rendit la tasse et reposa la tête contre le tronc.

- Repose toi, ça devrait aller mieux maintenant. Conseilla Gally alors que chacun s'installait pour se reposer avant de reprendre la route.

Poulet réveilla Stiles en premier afin de savoir dans quel état il allait reprendre la route. L'hyperactif s'éveilla doucement, mentalement à la recherche d'une douleur à la tête, mais par un miracle incroyable, la douleur avait disparu. Seul son corps semblait être passé sous un camion, mais vu les derniers jours passés, il n'en fit pas cas.

- Putain... ça soulage... Souffla t-il vraiment apaisé.

Gally se réveilla suivit de La Torche et chacun reprit la route. Les deux anciens ennemis firent une partie du chemin ensemble et Stiles le remercia pour son idée, qu'il lui était redevable en toute circonstance.

Leur groupe arriva premier et les quatre garçons attendirent d'être seuls pour se féliciter. Une fois leur dortoir rejoint, ils virent que le courrier était arrivé et Stiles constata avec l'excitation d'un gosse à la veille de Noël qu'il avait en plus des lettres, deux colis.

- 'Foiré ! Qu'est-ce que tu as eu ? Cria Gally aussi curieux que les autres.

Stiles secoua la tête, ne sachant pas ce qu'il y avait dedans. Il ouvrit un premier carton et ses amis s'installèrent sur son lit. Il sorti tout un tas de protection polystyrène.

Stiles râla mais ne cacha pas son sourire. Bientôt il tomba sur deux plaques de chocolat au riz soufflé.

- Putain il l'a fait ! Stiles éclata de rire et ouvrit une plaquette avant d'enfourner un gros morceau dans sa bouche. Bordel, c'que c'est bon...

- Hey ! Partage tocard ! Râla Poulet qui prit la plaque et distribua aux deux autres.

Il trouva aussi des Twinkies, des aiguilles de tricot, une pelote de laine et un manuel d'instruction. Un gros post'it sur la couverture d'une magazine caché le visage d'une vieille. "Si tu crois que je vais te payer un porno, tu rêves !" Stiles éclata de rire de nouveau et les autres prirent le magazine à leur tour pour rire ensuite.

- Et l'autre ? Demanda Poulet en prenant déjà la boîte.

Stiles l'ouvrit en prenant son souffle pour arrêter de rire. Le carton contenait un appareil photo semblable à celui de La Torche, Stiles trouva quatre cartouches de polaroïd et en jeta une à son ami.

- Pour celles qu'on t'a bouffé ! Il lui fit un clin d'œil et La Torche le remercia.

Plus tard Stiles prit les lettres qu'il se mit à lire religieusement. Quand celle de Derek arriva, il constata qu'il la lisait toujours en dernier, comme le meilleur bonbon que l'on garde jusqu'à la fin. Et dans cette friandise il trouva deux photos de Derek. Il était avec un sac à dos Transformers, une casquette Cars et un stylo quatre couleurs dans une main, il regardait vers le ciel en boudant. Il gloussa et passa à la photo suivante et resta muet plusieurs secondes. Derek était de profil, le soleil semblait se cacher derrière lui, sa main voulait cacher l'objectif mais on le voyait sourire et ça, c'était magique à voir.

"Stiles,

Comme tu le découvriras voici les photos que tu as demandé, je te le dis tout de suite, c'est Scott qui les a prises, et il est pas doué ! J'aime pas trop ça, les photos, alors m'en veux pas si ce n'est pas ce que tu attendais.

J'espère que tu as eu le colis ! J'attends que tu me fasses une écharpe fissa pour cette hiver, tu sais qu'ils sont rudes en Californie... (Je peux aussi, faire de l'humour !) Sinon, tu seras ravie que je débarque en Virginie pour que je plante mes jolies petites dents pointues sur ta gorge.

Je me suis installé hier avec Scott, il m'a bien aidé. L'appartement est assez grand, si tu veux je te ferais quelques photos... Ça me fait bizarre d'évoluer dans ce lieu où je n'ai aucun souvenir. Quand j'ai du démolir le manoir, un bout de ma famille est partie avec. Et quand j'ai quitté le loft, c'est comme si je laissais derrière moi Boyd, Cora... toi ? Vraiment étrange... Ici, à part Scott, personne de la meute ne viendra et quelque part, ça m'oppresse.

Les entraînements sont si dur que ça ? Je savais qu'ils étaient cinglés dans l'armée... Pourquoi es-tu partis déjà ? Ah oui... Pour être fort et intelligent. Quelle idée !

Est-ce que tu as eu ton appareil photo ? Moi aussi je veux des photos, mais sans contusions, la dernière fois j'ai juste eu envie de vous taper dessus... J'aimerai bien une photo avec ton uniforme, histoire de voir à quoi ressemble le gringalet Stilinski là dedans !

Aller, va dormir, t'as une sale tête.

Derek"

Stiles ferma doucement la lettre contre lui, essayant de refouler une phrase qui le faisait rougir, mais ses amis le prirent en photo sans qu'il n'est le temps de dire quoi que ce soit.

- Houuu... c'est qu'il est si mignon ! Roucoula Poulet en regardant son cliché de Stiles les joues roses et les autres se moquèrent aussi de lui.

- Ta gueule Poulet... Stiles prit bien soin de ranger la lettre pour ne pas que les autres la lise.

Il récupéra ses affaires et prit sa dose d'Adderal avant de se mettre à répondre aux lettres, chose qu'il mettait un point d'honneur à faire le jour même, les émotions de la lecture encore présentes. Plus tard il s'endormi et laissa son corps récupéré de cette semaine horrible.

OoOoOoO

Hey voilà ! J'ai hâte de voir les retrouvailles !

A Lundi soir sans faute !

Bon week-end