Et voilà la 2ème partie de ce chapitre final.

Enjoy it !

9. Mort d'amour (partie 2)

« J'ai une meilleure idée... »

Merlin exposa donc son plan. Gwen semblait un peu dubitative, mais Morgana et Arthur semblaient persuadés que ce plan fonctionnerait.

La luminosité de la grotte déclinait, signe que la nuit tombait dehors.

« Il n'y a sûrement plus de gardes dehors à cette-heure ci. Mais par sécurité, dormons tout de même ici.

Tu as raison, Morgana. C'est plus sage. D'autant plus que nous sommes tous exténués. »

C'est ainsi que les quatre compagnons se préparèrent à passer la nuit dans la grotte.

Tandis que la pupille du roi aidait le sorcier à préparer le camp de fortune, Gwen et Arthur sortirent chercher du bois pour faire un feu.

Un silence pesant s'installa entre la jeune servante et le futur roi.

Finalement, l'héritier décida de briser le premier ce silence.

« Gwen...

- Sire ?

- Tu n'es guère bavarde. Aurai-je fait quelque chose de mal ? »

La servante détourna les yeux et répondit rapidement.

« Non, Sire. »

Arthur s'arrêta devant elle.

« Ne me mens pas, Guenièvre. Je sais que tu es fâchée. J'ignore juste pourquoi.

- Oh, Sire, je ne suis pas fâchée... »

Gwen avait à présent les larmes aux yeux. Arthur se radoucit.

« Alors que se passe-t-il ?

- C'est que... Vous aimez Merlin, Sire. Et moi... »

Arthur hocha la tête.

« Je suis désolée, Gwen. Mais je ne puis empêcher mon cœur d'éprouver ces tendres sentiments envers lui.

- Je comprend, Sire.

- Mais tu demeures mon amie et ma confidente, Gwen. Ce n'est pas ce que tu attends de moi, je le sais, et j'en suis confus, mais c'est le mieux que tu puisses obtenir.

- J'en suis consciente, et je me réjouis de faire au moins partie des personnes que vous estimez.

- Ne négliges pas le pouvoir de l'amitié Gwen. Un souverain n'a que très peu de personnes de confiance dans son entourage. Tu fais partie de celles-ci. Sois-en fière. »

Gwen releva la tête avec fierté et sourit.

« J'en suis fière, Sire.

- Je n'en doute pas. Au fait, as-tu des nouvelles de Lancelot ? »

La conversation continua ainsi jusqu'au retour des deux amis dans la grotte. Le campement de fortune était déjà installé.

En un clin d'œil, Merlin fit sécher Gwen, Arthur et les bûches de bois.

Une autre formule plus tard et un bon feu brûlait désormais au centre de leur abri.

Après un repas sommaire essentiellement composé de fruits, de champignons et d'herbes comestibles qu'ils avaient glané ça et la, Morgana décréta en étouffant un bâillement qu'il était temps pour eux d'aller dormir.

Un sommeil agité gagna Merlin.

Après un horrible cauchemar ou il se voyait brûler vivant sous les quolibets et les regards haineux d'une foule de badauds, il se réveilla en sursaut.

Il tenta de se rendormir, en vain.

Il se leva donc le plus silencieusement qu'il put, et sortit de la grotte. Il se sécha rapidement et se mit à marcher sans but précis.

Après quelques minutes d'errance, il finit par s'étendre au beau milieu d'une plaine herbeuse.

Les yeux fermés, Merlin respira à pleins poumons l'air pur et sourit. Cette action l'avait un peu calmé.

En vérité, il était mort de peur à l'idée que son plan échoue.

Il n'avait pas seulement peur pour lui. Il avait aussi peur pour Arthur. Il savait que sa mort le ferait souffrir plus qu'il ne pourrait le supporter.

Merlin ne pouvait pas se permettre de faire subir cela au jeune prince héritier.

Un bruit se fit entendre derrière lui. Inquiet, le sorcier se redressa et se retourna vivement avant de constater qu'il s'agissait d'Arthur.

Ce dernier s'assit à côté de Merlin. Après un long silence, il prit la parole.

« Je jouais souvent ici avec Morgana quand nous étions enfants.

- C'est très beau comme endroit.

- Nous y retournerons bientôt. »

Merlin ne répondit rien.

Soudain, Arthur l'enlaça.

« Je ne te laisserai pas mourir. Je te le promets. Un jour proche, nous reviendrons ici. Libres.

- Je...

- Ce plan va marcher, Merlin. Tu verras »

Arthur disait cela autant pour Merlin que pour lui-même. Lui aussi avait très peur.

Merlin embrassa affectueusement l'héritier.

« Je te crois, Arthur. »

Ils restèrent ainsi un long moment.

Les premières lueurs de l'aube pointaient déjà au loin.

Arthur lâcha brusquement Merlin. Alors que celui-ci s'apprêtait a protester, le blond le poussa vivement , lui faisant dévaler la colline, avant de s'élancer lui aussi.

Les deux arrivèrent en bas de la prairie hilares.

Finalement, après quelques espiègleries, le couple retourna dans la grotte et se recoucha. Vu la journée qui les attendait, la moindre minute de sommeil comptait.

Lorsque Gwen les réveilla, la lumière du soleil faisait briller de milles feux l'eau qui cachait leur repère.

Merlin s'étira longuement et se frotta les yeux. Une douche odeur lui chatouilla les narines. Il leva la tête et vit que Gwen lui tendait un bol rempli de potage en lui souriant.

« Merci, Gwen.

- De rien, Merlin »

Le repas fini, les quatre compagnons peaufinèrent leur plan avant de replier leurs affaires.

Il était temps de retourner à Camelot.

Merlin se fit capturer de nouveau sitôt qu'il mit les pieds dans la ville.

Arthur, lui, sollicita un entretien avec son père dès son retour au château, que celui-ci lui accorda.

« Arthur, que me vaut l'honneur ?

- Père, je ne saurais regarder l'homme que j'aime mourir sans rien faire.

- C'est insensé. Tu es envoûté, Arthur. Tu ne sais pas ce que tu dis.

- Oh si, père. Je sais ce que je dis, et ce que je fais.

- Arthur, que...

- J'ai pris du poison.

- Comment ? C'est une plaisanterie ?

- Pas du tout. Un poison très puissant. Et seul un sorcier aguerri pourrait l'extraire de mon sang. Si vous tuez Merlin dans un peu moins de 3 heures, vous enterrerez votre fils également.

- Arthur ! Cela ne peut être vrai. Tu n'oserais pas sacrifier ton rôle de prince héritier à ce valet !

- C'est pourtant la pure vérité père. A quoi croyez-vous que mon malaise d'hier était du ? »

Uther se mit à faire les cents pas. Il semblait douter de la véracité des propos de son fils

Arthur cacha un sourire discret. Il était temps de sortir le grand jeu.

Il s'évanouit de nouveau.

« Arthur ! »

Le roi fit conduire son fils chez Gaius. Ce dernier, qui avait été informé du plan par Gwen, confirma que le prince avait ingurgité un poison qu'il était dans l'incapacité d'extraire.

« Mes dons en magie sont trop faibles. Je ne peux rien faire. Il a ingéré ce poison depuis trop longtemps. Seul Merlin peut agir.

- Très bien. Allez le chercher. »

Quelques minutes plus tard, deux gardes entrèrent en compagnie de Merlin.

« A cause de ton envoûtement, sorcier, mon fils a ingéré un poison que toi seul peut extraire de son sang... Je t'ai donc appelé pour que tu le sauves. Mais saches que tu devras malgré tout périr. C'est le seul moyen pour que mon fils soit libéré de ce sort que tu lui as lancé. »

Merlin hôcha la tête. Il fouilla les poches du prince héritier et en retira un flacon.

« Que fais-tu, sorcier ?

- Avant de guérir votre fils, je dois voir quel poison il a pris.

- Certes. Mais agis vite. »

Merlin retourna le flacon dans ses mains et fit mine de lire l'étiquette avec attention.

« Sire, si votre fils est envoûté, alors vous n'avez rien à craindre. Le poison consommé par Arthur ne tue que les personnes dont l'esprit ne possède aucune trace de magie. En effet, la magie est le seul antidote à ce poison. S'il est envoûté, il ne va pas mourir, puisque son esprit est porteur de magie. »

Uther dévisagea Merlin, puis s'adressa à Gaius.

« Comment va Arthur.

- Son pouls s'affaiblit. Sa respiration devient de plus en plus difficile. Il est en train de mourir, sire.

- Mais c'est impossible !

- Je crains que votre fils n'aie pas été envoûté par Merlin. »

Arthur sortit soudain un couteau de sa poche, et prit -difficilement- la parole.

« Vous avez deux solutions, père. Soit vous annulez l'ordre d'exécution et vous laissez Merlin me sauver et vivre ici avec nous, soit vous refusez, et ce couteau empruntera le chemin qui mène à mon cœur.

- Arthur...

- Je n'hésiterai pas, père. »

Uther bouillonnait littéralement de rage.

« Ce garçon est un sorcier ! Qui sait ce qu'il pourrait nous faire !

- Si il avait eu l'intention de nous attaquer, il l'aurait fait depuis longtemps, père ! Cela fait plus de deux ans maintenant qu'il est ici, et il n'a jamais rien fait contre nous. »

Les deux se turent et se dévisagèrent longuement

Le roi plongea son regard dans les yeux azur de son fils.

Il fut frappé par leur ressemblance avec ceux d'Ygerne. Soudain, une parole de son défunt amour lui revint en mémoire

« Peu importe ce qui rendra Arthur heureux, donnes-le lui. C'est mon dernier vœu.

- Peu importe ?

- Peu importe ! Promets-le moi, Uther. Je t'en pries, promets-le moi !

- Bien sur, ma douce amie. Je t'en fais le serment.

- Ces paroles me réjouissent, Uther. Prends soin de lui. Et de toi... »

A la mémoire de ces mots -les derniers qu'il avait eu pour Ygerne- , Uther ne put que céder. Ses épaules s'affaissèrent.

« Très bien, Arthur. Je vois que tu aimes sincèrement ce jeune homme. Il semblerait même que celui-ci te rendes... Heureux. De plus, il apparaît qu'il ne t'as fait aucun mal jusqu'à la. J'accède donc à ta requête...

Arthur jubilait intérieurement, tout comme Merlin.

« Mais toi, Merlin le sorcier, je t'aurais à l'œil. Et à la moindre petite chose suspecte, ça sera le bûcher. »

Merlin remercia le roi pour sa clémence, puis se précipita au chevet d'Arthur qu'il s'empressa de « soigner » avant de lui prendre amoureusement la main.

Uther tourna les talons et quitta la pièce.

Et tout rentra dans l'ordre.


Voilà ! Je préfère cette version.

Elle est plus lente, mais plus détaillée, plus travaillée aussi.

Dites-moi ce que vous en pensez.

L'épilogue arrive tout de suite.

Bisous, Chu.