Prêt pour le grand final?

OoOoO Bonne lecture OoOoO


Chapitre 10

Ouvrir les yeux

Harry regagna Poudlard avant le douzième coup minuit. Il entra dans l'enceinte du château sans peine, remerciant sa bonne étoile de lui avoir permis de vaincre Voldemort. A peine un an plus tôt il n'aurait pas pu ne serait ce qu'imaginer pouvoir quitter l'école sans être repéré et aujourd'hui il avait réussi le tour de force de se rendre en Roumanie et de revenir sans que personne ne s'en aperçoive.

Alors qu'il se rendait à sa salle commune, le jeune homme remarqua qu'une agitation particulière régnait dans les couloirs de l'école. Il avait visiblement présumé de ses capacités. Le nombre de professeurs et de préfets qui arpentaient les lieux, laissait clairement entendre que sa disparition n'était absolument pas passée inaperçue.

Il essaya de se faufiler jusqu'à la salle commune sans croiser personne mais la chance ne semblait décidément ne pas lui sourire. Au détour d'un couloir alors qu'il était presque arrivé à destination il tomba sur Hermione qui questionnait des tableaux.

Comme cela lui arrivait à chaque fois qu'il croisait l'une de ses connaissances, il du attendre que le choc de sa nouvelle apparence passe avant que la jeune femme ne réagisse.

Harry n'était pas d'humeur à recevoir un sermon de sa meilleure amie ou pire un résumé des différentes règles de Poudlard mais il savait qu'il n'avait pas le choix. En fin de compte il était plutôt chanceux de ne pas être tombé sur Rogue ou le professeur McGonagall.

- Ou étais-tu?, demanda la Gryffondor. Tout le monde te cherche.

- J'étais en Roumanie.

La jeune femme fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine.

- Je devais voir Charly, expliqua le sauveur.

- Tu ne semble pas te rendre compte a quel point ce que tu viens de faire et dangereux. Tu n'as pas le droit de quitter l'école et il aurait pu t'arriver n'importe quoi...

- J'ai vaincu Voldemort, coupa Harry. Je ne vois pas ce que je pourrais craindre.

- Depuis quand es-tu devenu aussi imbu de toi-même. Il reste encore des tas de Mangemort dehors qui rêve de te tuer.

Harry balaya son argument d'un mouvement de main.

- Comme si un troupeau de partisans en mal de maître à aduler pouvait me faire peur.

Hermione secoua la tête et l'attrapa par le bras.

- Viens avec moi, ordonna-t-elle, nous devons aller voir Dumbledore pour lui dire que tu es sain et sauf.

- On s'en fout du vieux, répondit Harry avec insolence. Si tu veux lui dire que je vais bien, tu n'as qu'à y aller toute seule, de toute façon tu te doutes bien qu'il est déjà au courant que je suis revenu. Il sait toujours tout avant tout le monde.

Le jeune homme ferma les yeux et se pinça l'arrête du nez entre le pouce et l'index. Pourquoi ne pouvait-il pas être un élève comme les autres ? Le poids de sa victoire contre Voldemort était parfois tellement pesant qu'il se demandait s'il n'aurait pas mieux valu qu'il meurt à la place du Mage Noir. La vie de héro ne lui convenait pas, il ne voulait plus être reconnu, il ne voulait plus être aduler et surtout il ne voulait plus ressentir se vide intérieur, cette sensation atroce d'être un assassin, de ne pas avoir le droit au bonheur. Voldemort l'avait détruit de la plus cruelle des manières.

- Je voudrais pouvoir m'endormir, dit-il avec lassitude à son amie, et me réveiller demain matin pour voir que tout est redevenu comme avant.

Hermione le regarda sans répondre. Harry lui paraissait si fragile à cet instant que toute colère avait disparu de son ton. Pendant une minute, elle se demanda comment il avait pu vaincre le Mage Noir.

- A quoi ça t'avancerais que tout redevienne comme avant?, demanda-t-elle.

Harry redressa la tête.

- C'est toi qui m'as jeté ce sort, affirma-t-il.

Hermione n'osa pas nier.

- Je voulais juste que tu comprennes que quelqu'un t'es destiné quelque part et j'étais certaine que c'était Draco. Je voulais t'aider...

- J'espère sincèrement qu'un jour tu apprendras à arrêter de penser pour les autres, coupa-t-il froidement. Pour moi tu ne vaux pas mieux qu'Owen et sa tentative de drogue ou Malefoy et son sort de yebo. Je ne veux plus que l'on décide à ma place ou que l'on me dise ce qui est bien ou pas pour moi. Je sais ce que j'ai à faire... J'ai sauvé le monde sorcier en tuant Voldemort alors je voudrais maintenant qu'on me laisse vivre la vie que je veux.

Hermione baissa la tête. C'était la première fois qu'Harry lui parlait aussi durement et ce qui lui faisait le plus de mal c'est qu'elle avait conscience qu'il avait raison. Elle essayait souvent d'aider ses amis mais finalement elle aggravait pratiquement toujours les choses. Pourtant cette fois elle n'arrivait pas à penser qu'elle avait échoué. Harry et Draco étaient faits l'un pour l'autre et grâce à elle, ils le savaient enfin.

- Qu'est ce que tu vas faire alors?, demanda-t-elle.

Harry n'en savait absolument rien. Il devait voir Draco c'était une certitude mais il ne savait pas ce qu'il allait lui dire ni même si le préfet accepterait de lui parler.

Tout était encore tellement confus dans sa tête. Il aurait aimé que les choses soient plus simples. Ses amis avaient l'air certain que Draco était fait pour lui et ils n'avaient peut-être pas tord mais Harry avait passé tellement de temps à se dire qu'il ne pouvait pas être amoureux, qu'il n'en avait pas le droit, qu'il avait du mal à imaginer qu'il puisse vivre quelque chose de vrai avec le Serpentard.

Ignorant Hermione qui attendait toujours une réponse il s'éloigna et reprit la direction de la salle commune.

OoOoO

Draco était inquiet, ce n'était pas dans son habitude mais il n'arrivait pas à se rassurer. Harry avait disparu et même si le Gryffondor était un habitué des sorties interdites le préfet avait le sentiment que cette fois les choses étaient différentes.

Lorsque Dumbledore avait été averti de la disparition de son protéger, il n'avait pas agi comme à son habitude. Bien sur il avait demandé à quelques professeurs et aux préfets de le chercher mais Draco avait eut l'impression que le directeur était certain qu'Harry n'était plus dans le château.

Depuis le temps qu'il le cherchait Draco en était venu à la même conclusion. Il avait regardé dans tous les endroits où Harry avait l'habitude de se rendre, craignant à chaque fois de le trouver dans une situation compromettante avec un autre étudiant mais le Gryffondor était resté introuvable.

Draco craignait que Ginny ait été trop brusque avec lui, Harry avait probablement décidé de fuir une fois de plus et quitter Poudlard était malheureusement la seule solution qu'il avait trouvée.

Le jeune homme devait passer par la grande salle avant de retourner à sa salle commune car le professeur McGonagall attendait un rapport de toutes les personnes qui recherchaient le survivant. Il ne voyait pas l'utilité de ce rapport mais le professeur de métamorphose avait gardé les vieux réflexes de la guerre.

- M. Malefoy ! Vous voilà enfin, s'exclama Minerva en voyant le Serpentard entrer. Mlle Granger a retrouvé M. Potter, vous pouvez aller vous coucher.

- C'est tout ?, s'étonna le préfet. Je n'ai pas le droit à plus d'information ? Il était où ?

- Mlle Granger ne m'a rien dit, mais l'important c'est qu'il aille bien, non ?, demanda le professeur avec philosophie.

Draco fronça les sourcils.

- Non !, s'emporta-t-il. Il disparait et inquiète tout le monde. On passe des heures à le chercher et lorsqu'il rentre, il ne prend même pas la peine de nous donner une explication. Et bien je trouve ça inacceptable.

Minerva McGonagall n'avait pas l'habitude que l'on hausse le ton en sa présence et elle fut tellement surprise par l'attitude du Serpentard qu'elle ne trouva rien à répliquer.

Toujours aussi mécontent Draco la regarda encore quelques secondes avant de tourner les talons et de s'éloigner. Pour lui Harry avait dépassé les bornes, quelque soit l'endroit où il était allait, le Gryffondor allait devoir lui donner quelques explications.

Sans hésiter une seconde il se dirigea vers la salle commune du septième étage et lorsqu'il se trouva devant le portrait de la grosse dame il prononça le mot de passe sans se soucier de la réveiller.

Une fois à l'intérieur de la salle commune il ne fit pas attention au décor ni même à Hermione et son petit ami qui étaient allongés l'un sur l'autre sur le canapé devant la cheminée. Il regarda simplement autour de lui essayant de deviner où pouvait être le dortoir d'Harry. Théodore lui avait souvent parlé de la salle commune des Gryffondor, c'est lui qui lui avait donné le mot de passe quelques jours plus tôt lorsqu'il avait appris qu'Hermione avait donné le leur à Harry.

- Draco, qu'est ce que tu fais là ?, demanda Théo en l'apercevant.

- Où est le dortoir des septièmes années ?

L'héritier Nott jeta un coup d'œil à sa petite amie comme s'il attendait sa permission. Lorsqu'il la vit hausser les épaules il reporta son attention sur Draco.

- En haut de l'escalier à gauche, répondit-il. Mais ils dorment à cette heure…

Le Serpentard n'écouta pas la fin de la phrase de son ami. Il s'élança dans l'escalier dont il escalada les marches deux par deux. Il poussa brusquement la porte du dortoir qui alla claquer contre le mur.

- Debout Potter…

Alors qu'il avait cru réveiller le jeune homme, il fut déçu de voir qu'Harry ne dormait pas. Le sauveur du monde sorcier était installé sur le rebord de la fenêtre fixant l'obscurité. Par contre les autres pensionnaires de la chambre ne furent pas heureux de son entrée

- Putain de merde, grogna Dean en fixant Malefoy d'un œil mauvais, j'en ai ras le bol d'être réveillé en sursaut.

- Dean surveille ton langage, tu te répètes, répondit Seamus en baillant.

Draco entra dans la chambre et fixa chacun des occupants.

- Je dois parler à Potter. Dégagez.

- Non mais pour qui tu te prends ?, questionna Ron. T'es pas à Serpentard ici.

Harry passa une main dans ses cheveux, il savait qu'il devait avoir une discussion avec Malefoy mais il avait espéré avoir plus de temps pour se préparer.

- S'il vous plait laissez nous, demanda-t-il en quittant son poste d'observation.

- Mais Harry…

- S'il te plait Ron, coupa le Sauveur, fais ce que je te demande.

Les Gryffondors quittèrent la pièce en grognant et un silence pesant s'installa entre Harry et Draco.

- Je suis content que tu sois venu, il faut vraiment…

- Ou étais-tu ?, hurla le Serpentard.

- En Roumanie, répondit Harry sans sourciller.

Draco frappa violemment le mur qui se trouvait près de lui et le Gryffondor fut une fois de plus surpris par la colère dont le jeune homme pouvait faire preuve.

- Tu es allé voir Charly ?

- Oui

Le Préfet grimaça de dégoût.

- Tu apprends que je suis ton âme sœur et tu pars directement voir ton ex pour t'envoyer en l'air, cracha-t-il.

- Non, non pas tout…

Harry s'approcha du jeune homme et l'attrapa par les épaules pour l'obliger à s'assoir sur son lit.

- J'avais besoin de réponse, continua-t-il en fixant gravement Draco. Et Charly me connait bien, très bien même. J'ai pensé qu'il pourrait peut-être m'aider.

- Quel genre de réponse ?

Le Gryffondor s'agenouilla devant lui.

- Tout ce qui se passe en ce moment c'est trop pour moi, expliqua-t-il. Tu m'annonces de but en blanc que tu m'aimes, j'apprends ensuite que tu es mon âme sœur…

Harry posa les mains sur les genoux du jeune homme

- Ca fait des mois que je me persuade que je ne suis pas fait pour aimer, que je suis victime d'un sortilège… Parce que c'était plus facile pour moi que d'admettre que j'avais simplement peur de perdre encore une personne que j'aime.

Draco resta silencieux, son cœur battait plus vite qu'il ne l'aurait du et les mains d'Harry n'étaient pas étrangères au phénomène.

- Toutes les personnes que j'ai aimées ont finis par mourir… Et je ne veux plus jamais ressentir ça… Ce sentiment de perte… comme si ont m'arraché un morceau de moi-même…

Le Serpentard savait qu'Harry se livrait à lui comme il ne l'avait jamais fait avec personne, il savait également ce qu'il lui coutait de prononcer ces mots. Il se laissa glisser du lit et tomba à genoux devant l'homme qu'il aimait.

Les yeux de Gryffondor étaient brillants de larmes et Draco passa les bras autour du coup du jeune homme pour l'attirer contre lui.

- Voldemort t'a fait plus de mal qu'à quiconque, chuchota-t-il en le serrant fermement contre lui. Et même si je ne peux pas comprendre ce que tu ressens, je comprends que tu aies voulu te protéger.

Harry ferma les yeux et laissa la sensation de bien être, qu'il ressentait chaque fois qu'il était dans les bras de Draco, l'envahir. Il se trouvait bête soudain d'avoir ignoré si longtemps son besoin d'être avec le Serpentard.

- Je t'aime, affirma Draco. Je ne m'attends pas à ce que tu me dises « moi aussi ». Je ne te le demande pas. Pour la première fois de ma vie, je suis près à donner sans attendre en retour. Tout ce que je veux c'est que tu acceptes mes sentiments.

Un sourire se dessina sur les lèvres du Sauveur. Les sentiments de Draco il était tout à fait près à les accepter et il était déjà certain qu'il les partageait.

Lentement Harry se releva et attrapa les mains de Draco pour qu'il l'imite. Il s'installa sur son lit et Draco hésita une seconde avant de s'asseoir près de lui.

- Je devrais y aller, murmura Draco. La salle commune ne ressemble à rien quand je ne suis pas là.

Harry posa une main sur celle son ancien amant.

- Ils se passeront de toi pendant une soirée.

Le Gryffondor s'adossa contre les oreillers invitant Draco à en faire autant. Ils restèrent allonger l'un près de l'autre sans bouger pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que Harry s'approche et pose la tête sur le torse de son ami. Il ne se lasserait jamais de la sensation de chaleur et de bien être qui l'envahissait chaque fois qu'il était dans les bras de Draco.

OoOoO

Harry ouvrit les yeux et fixa la chemise contre laquelle il était collé. Les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire et il leva instantanément son regard vers le visage de Draco. Il fut surpris de découvrir un visage identique au sien, il avait espéré que la discussion qu'il avait eu la veille aurait mis fin au sortilège du trans'ame mais ce n'était visiblement pas le cas.

Sachant que cela risquait de le réveiller, Harry leva tout de même la main en direction du visage si semblable au sien dans le but de caresser les lèvres qui s'offraient à lui. Ce n'était pas les siennes, elles étaient trop fines et trop pales pour lui appartenir, mais ce devait être la dernière chose dans le visage de Draco qui était toujours à lui.

Comme Harry l'avait prévu, à peine eut-il effleuré Draco que ce dernier ouvrit les yeux.

- Bonjour, murmura-t-il en souriant.

- Bonjour, répondit Harry. On dirait que je me suis endormi dans tes bras.

- On dirait, répéta le Serpentard sans se départir de son sourire.

Harry se frotta les yeux et tourna la tête en direction du lit de Ron inquiet de la tête que son ami ferait s'il se réveillait et le voyait dans les bras de Draco.

- Où est Ron ?, demanda-t-il surpris de ne pas le voir pelotonné sous sa couette.

Draco regarda les autres lits avant de se mordre la lèvre inférieure.

- Oups, murmura-il.

- Comment ça "Oups"

Le Serpentard eut un sourire gêné

- Apparemment on a oublié de leur dire qu'ils pouvaient revenir.

Harry s'étira et roula hors du lit.

- Je n'en reviens pas qu'on ait tenu toute la nuit sur ce lit sans tomber, dit-il.

Le Sauveur examina ensuite sa tenue.

- Et tout habillé en plus.

Draco le regarda sortir une nouvelle tenue de son armoire, il n'arrivait pas à savoir s'il était heureux ou pas. Hier Harry avait fait un grand pas en avant en se livrant à lui comme il l'avait fait mais certaines choses restaient encore floues. A commencer par leur relation, Draco n'avait pas la moindre idée de la manière dont Harry voulait qu'il réagisse avec lui en face des autres. Etaient-ils un couple officiel ?

- Je peux te prêter une chemise, proposa Harry qui avait toujours la tête dans son armoire. Je ne pense pas que tu auras le temps de repasser à ta chambre avant le début des cours et celle que tu portes ne ressemble plus à rien.

Lorsque le Sauveur se retourna Draco avait déjà commençait à déboutonner son vêtement, il savait qu'il n'aurait pas du être aussi troublé à la vue de son propre torse mais il commençait à ressentir ce que Draco aurait ressenti s'il avait été à sa place.

Il tendit la chemise au Serpentard et il le regarda l'enfiler. Alors que le Préfet nouait sa cravate Harry s'approcha de lui et l'aida à la serrer correctement.

Comme il l'avait fait lorsqu'il s'était réveillé, le sauveur fixa les lèvres de Draco. Dans peu de temps, elles se transformeraient comme tout le reste du corps du Serpentard et Harry avait envie d'en profiter avant qu'il ne soit trop tard.

Draco semblait avoir déchiffré ses pensées car son regard se posa sur ses lèvres. Ce n'était pas la première fois qu'Harry s'apprêtait à embrasser Draco mais c'était la première fois qu'il le faisait tout en sachant qu'il était amoureux de lui.

Cela allait-il faire une différence ? Harry en était persuadé. Il posa une main sur la joue du jeune homme et passa la langue sur ses lèvres. Il n'en revenait pas de tremblait comme s'il embrassait pour la première fois mais s'était peut-être l'effet que faisait l'amour. Il ferma les yeux, reformant dans son esprit le visage de Draco et posa délicatement les lèvres sur celle de son ancien amant.

Le Serpentard, agréablement surpris par l'initiative d'Harry, glissa sa main sur la nuque du jeune homme et approfondit le baiser. Lorsqu'ils se séparèrent, Draco fut heureux de pouvoir fixer les yeux verts qu'il avait de l'homme qu'il aimait. Le couple ne prononça pas un mot, ce n'était pas nécessaire.

Draco avait la réponse à sa question. Ils étaient un couple.

OoOoO

La grande salle était en effervescence, une petite troupe composée essentiellement de jeune femme s'était agglutinée autour de Colin Crivey et les gloussements qui en émanaient semblaient exaspérer la plupart des autres élèves.

Harry main dans la main avec Draco s'approcha de la table des Gryffondors surpris que personne ne face attention à leur couple. Il s'installa en face de Ron dont les cernes disaient clairement qu'il avait mal dormi. Il se serait bien excusé de ce qu'il lui avait fait vivre la nuit dernière mais il n'en voyait pas vraiment l'utilité. Bien qu'il ait enfin retrouvé son apparence il semblait que certains traits de caractères de Draco soient plus tenaces. Draco semblait d'ailleurs gêné d'avoir privé de jeune Weasley ainsi que les autres membres de son dortoir de leurs lits.

- Bonjour Ron, dit-il avec sympathie.

Le jeune homme répondit par un grognement.

- Désolé pour hier, tenta-t-il en espérant sincèrement qu'il ne lui en voulait pas.

- Ouais c'est ça, marmonna le Gryffondor, comme si tu le pensais vraiment…

Il ne termina pas sa phrase et fixa Draco d'un air surpris.

- Vous avez retrouvé vos apparences respectives, constata-t-il. Comment avez-vous fait ?

Harry servit une tasse de thé à Draco et commença à se beurrer une tartine.

- Et bien... Euh... Tu as quand même réussi à dormir ?, éluda le Serpentard.

- Il n'y a qu'un canapé et deux fauteuils notre salle commune, répondit Ron. Et j'ai toujours détesté la courte paille si tu vois ce que je veux dire.

Draco ne répondit pas conscient qu'il n'y avait rien à répondre.

- Qu'est ce que vous avez foutu toute la nuit?, demanda ensuite le jeune homme. Vous êtes redevenu vous même, je ne vois pas ce que tu fais à notre table…

- Il est avec moi, répondit Harry sortant enfin de son silence.

Ron recracha sa cuillère de céréales sur Draco.

- Quoi?, s'étonna-t-il. Avec toi dans le sens "avec toi !"

Le sauveur sourit avec mépris.

- Tu connais un autre sens.

Ron repoussa son bol.

- Alors cette fois c'est confirmé tu perds la boule.

Draco baissa les yeux. Il s'était douté qu'il ne serait pas accepté par les amis du Survivant mais il n'avait pas pensé que cela lui ferait autant de peine. Il avait hâte de perdre ce trait de caractère si typique d'Harry.

- Je ne dis pas ça pour toi Malefoy, répliqua Ron, mais faut avouer que c'est assez surprenant de voir Harry avec quelqu'un… Et je ne dis pas ça non plus à cause de l'album de Colin.

- L'album de Colin, répéta Harry.

Ron sortit un carnet de son sac et le posa devant son ami.

- Je ne l'ai pas acheté, se défendit-il. Colin me l'a donné pour que tu le dédicaces et qu'il puisse le vendre le triple du prix ordinaire.

Draco ouvrit le livret et le feuilleta rapidement. A chaque page ses yeux s'agrandissaient de stupeur. Au niveau de la dernière photo il referma brusquement l'ouvrage et le jeta à Harry.

- Tu m'expliques?, demanda-t-il avec colère.

Harry regarda à son tour les photos sentant son sang se glacer à chaque image.

- Comment a-t-il osé faire ça, gronda-t-il.

Le Sauveur se leva d'un bon et bouscula les élèves qui entouraient Colin arrachant à chacune d'elle les albums qu'elles tenaient.

- Tu te fous de moi, hurla-t-il lorsqu'il fut en face de Colin.

- Eh, salut Harry, répondit le jeune homme, alors ça y est ? Tu es redevenu toi même... Tu aurais pu attendre que je prenne une ou deux photo.

Le héros du monde sorcier attrapa la pile d'album que Colin s'apprêtait à vendre.

- Comment as-tu eu ces photos?, demanda-t-il en récupérant un album supplémentaire dans les mains de Vicky Frobisher.

- Quand je t'ai délivré du sort du Yebo, répondit le photographe sans honte. Tu m'avais dit oui, tu ne te souviens pas.

Harry secoua la tête.

- C'est le sort qui m'a fait te dire oui, s'emporta-t-il, ne fait pas comme si tu ne le savais pas.

Colin fouilla dans son sac et en sortit son appareil, il le braqua sur Harry en souriant.

- Il faut que je te prenne de toi avec cette tête, tu es trop sexy quand tu es en colère.

- Si tu prends cette photo je te tue…

Le jeune Gryffondor se tourna en direction de Draco qui arrivait les bras presque aussi chargés qu'Harry.

- C'est quoi cette histoire au sujet du sort du Yebo.

- C'est Colin qui m'a désensorcelé, expliqua Harry. Et il a visiblement pris des photos lors du rituel de contre sort.

Le Préfet des Serpentard échappa les carnets qu'il tenait.

- Tu veux dire que toi torse nu au milieu d'un cercle de bougie c'était pour le contre-sort du Yebo.

Colin sentait qu'il allait avoir des ennuis, il s'éloigna discrètement de Draco espérant que quelqu'un viendrait à son secours.

- Un simple finite incantatem peut venir à bout de ce sort, expliqua le Serpentard avant d'attraper Colin par le col de sa chemise pour l'empêcher de fuir d'avantage. Tu as intérêt de récupérer tous les exemplaires de cet album, si tu ne veux pas finir au soin intensif de St Mangouste, acheva-t-il avec colère.

Le jeune photographe hocha deux fois de la tête pour signifier qu'il avait compris. Voyant que cela ne suffisait pas à calmer Draco, il jeta un regard suppliant autour de lui mais le groupe qu'il avait formé commençait déjà à se dissiper.

Draco le repoussa brusquement et le jeune homme s'écroula. Il regroupa ensuite les albums qu'il avait échappé et récupéra ceux d'Harry. D'un mouvement de baguette il leur jeta un destructum les réduisant en poussière.

- Tu m'apportes tous les autres avant ce soir, ordonna-t-il à Colin qui hocha de nouveau la tête.

L'Elu apprécia la manière dont Draco avait pris les choses en main, il s'approcha de lui et devant toutes les personnes encore présentes dans la grande salle il l'embrassa.

- Merci, chuchota-t-il.

- A partir d'aujourd'hui, je suis le seul à avoir le droit de profiter de corps, répondit-il.

Harry acquiesça en souriant.

OoOoO

Harry avait toujours pensait que vivre parmi les Serpentards serait un vrai cauchemar, pourtant depuis une semaine, il avait passé plus de temps dans leur salle commune que dans la sienne et il commençait enfin a s'acclimater à l'atmosphère si particulière des lieux.

Il devait avouer qu'être le petit ami officiel de Draco l'avait aidé à s'intégrer. Les Serpentards d'abord méfiant avaient fini par le traitaient avec le même respect qu'ils accordaient à Draco et ce n'était pas désagréable. Bien sur Harry savait que certains manquaient de sincérité, que d'autre espérait une rupture mais il s'était fait de nouveaux amis ce qu'il n'aurait jamais cru possible.

Les Gryffondors n'appréciaient pas l'absence d'Harry, certains parlaient même de trahison mais le sauveur du monde sorcier savait que lorsque Draco accepterait de passer un peu de temps dans leur salle commune les esprits se calmeraient.

Ce matin là, lorsqu'il ouvrit les yeux, Harry s'étonna d'être seul dans le lit de son amant. C'était le deuxième jour d'affilé que Draco lui faisait le coup et il n'appréciait vraiment pas. Il le chercha du regard dans la chambre et le vit installé devant son bureau penché sur une feuille de parchemin.

- Qu'est ce que tu fais ?, demanda-t-il.

Draco se retourna et lui sourit amoureusement. Il se leva pour le rejoindre et s'installa à califourchon sur lui.

- Tu sais que je déteste me réveiller et ne pas pouvoir me blottir dans tes bras.

Draco leva les yeux au ciel, il adorait Harry et ses manies de midinette mais il avait une affaire sur le feu et il ne pouvait pas la mettre de coté pour le moment.

- Je viens d'inventer le sort qui nous vengera, expliqua-t-il

Harry posa une main sur le joue de son amant, il ne se lassait pas de le regarder surtout lorsqu'il avait cet air vainqueur et sur de lui.

- De quoi tu parles ?

Draco se pencha sur lui et l'embrassa.

- Ne me dit pas que tu as oublié, s'étonna-t-il

- Oublié quoi ?, répondit Harry qui ne voyait pas où le Serpentard voulait en venir.

Draco fit courir ses doigts sur le torse du Gryffondor.

- Hermione et Théo nous ont jeté un sort... Et ça je ne peux pas le laisser passer.

- Je croyais qu'on en avait déjà parlé et qu'on s'était mis d'accord pour leur pardonner, soupira Harry. Je rêve de passer enfin un week-end tranquille avec toi, sans amnésie, sans transformation, et sans dispute….

Draco se laissa tomber sur le coté et croisa les bras derrière sa tête.

- Je leur ai pardonné, dit-il, la preuve je leur parle comme si de rien été depuis trois jours.

Le Gryffondor plissa les yeux.

- Ne me dit pas que tu as juste voulu qu'ils baissent leur garde.

Le visage du préfet se fit angélique.

- Tu ne crois quand même pas que je pourrais faire une chose pareille.

Harry se pencha sur lui et le fixa intensément.

- Justement si.

- Si nous ne leur apprenons pas qu'il y a des choses à faire et des choses à ne pas faire ils recommenceront. Et la prochaine fois ils essaieront peut-être de te faire tomber en enceint dans notre dos.

Harry explosa de rire.

- Comme si c'était possible, dit-il.

Devant le regard de son amant il arrêta immédiatement de rire.

- C'est possible ?

- Bien sur que c'est possible, répondit Draco. On est des sorciers oui ou non.

Le Gryffondor se redressa.

- Je vais parler avec Hermione et je te promets qu'elle ne fera rien.

- Et moi je t'affirme qu'elle te promettra qu'elle ne fera rien mais que ça ne l'empêchera pas de le faire le moment venu.

Harry soupira

- Ecoute c'est un sort sans conséquence, promis Draco. Juste histoire de rire un peu et c'est très en rapport avec le trans'ame.

- Je ne suis pas sur, se lamenta Harry. Je sens que cette histoire va mal finir.

- Pas du tout…, répondit le Serpentard avec énergie. Au fait, dit moi, tu sais comment on appelle une personne qui est l'inverse de ton âme sœur ? Parce que c'est pas tout ça mais il faut que je lui trouve un nom à ce sort…

Harry enfonça sa tête dans l'oreiller, il ne passerait pas le week-end tranquille dont il rêvait

Dans la chambre de préfet d'Hermione un couple dormait enlacé. D'ordinaire lorsqu'il se réveillait, il commençait la journée par un petit baiser et un petit mot d'amour. Mais lorsque Théo ouvrit les yeux le sourire qu'il accordait habituellement à sa petite amie s'effaça.

- Mais… Merde… CRABBE ! ! ! Qu'est ce que tu fous là.

Théo sortit immédiatement du lit totalement écœuré par la vision de son camarade de maison. Il tenta de cacher sa nudité avec le drap cherchant par la même occasion ce qui avait bien pu se passer et c'est alors qu'il constata qu'il avait de la poitrine.

Crabbe ouvrit à son tour les yeux et les posa sur Théo. Une demie seconde après le jeune homme sauta hors du lit.

- Professeur McGonagall ?

Hermione tira violemment sur le drap pour masquer sa nudité, dévoilant celle que Théo essayait de cacher ?

- Oh non, s'exclama le jeune homme avec la voix du professeur de métamorphose. Hermione ? C'est toi ?

La jeune fille hocha deux fois la tête.

- Qu'est ce qui s'est passé ?, demanda-t-elle.

Théo leva les yeux au ciel, comment n'avait-il pas vu drame arriver.

- Je t'avais bien dit que Draco préparait quelque chose….

- Non, nia Hermione, Harry m'a dit qu'ils en avaient discuté et qu'ils nous pardonnaient.

L'héritier Nott attrapa à pleine main la poitrine du professeur McGonagall

- Tu crois peut-être qu'ils ont poussé pendant la nuit ?

Hermione regarda le corps flasque de Crabbe qui était maintenant le sien.

- Qu'est ce qu'on va faire ?, demanda-t-elle

Théodore secoua la tête de gauche à droite en soupirant.

- Draco est certainement le seul qui puisse nous rendre notre apparence.

Le couple du se rendre à l'évidence. Le week-end commençait vraiment mal et il serait visiblement très long et très pénible.

FIN