Retour à Roswell

Suite de : Un si douloureux secret

Disclaimer : L'univers de Roswell ne m'appartient pas. Seul Jordan m'appartient (enfin façon de parler )

Voici enfin le dernier chapitre de cette fic, qui est aussi ma dernière fic sur Roswell. Je l'avais écrite il y a un certain temps déjà et je l'avais ressorti pour J'espère qu'elle vous aura plus. Un très grand merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de laisser une review. C'est toujours très gratifiant de voir que les lecteurs prennent le temps de dire ce qu'ils ont penser de votre texte. Et c'est très stimulant pour écrire la suite… Continuez à prendre ces quelques petites minutes.

Bonne lecture !


Liz voulut parler mais une violente contraction l'en empêcha. La douleur était telle que la jeune femme avait l'impression qu'on lui arrachai les entrailles. Des flashs se mêlaient aux spasmes. Des flashs la montrant dans la même situation, dans sa vie antérieur. Liz savait à présent qu'elle était morte en couches. Elle n'arrivait plus à aligner deux pensées cohérentes. Elle avait l'impression qu'on tirait son esprit hors de son corps. L'agitation qui régnait dans la chambre lui apparaissait comme à travers un brouillard, comme si elle était irréelle. Elle avait conscience que Khivar lui parlait mais ne comprenait pas ce qu'il disait. Ses contractions étaient de plus en plus violentes et douloureuses. Bientôt, elle n'eut plus qu'une certitude : elle allait mourir.

Michael avait les yeux fixés sur la route. Il était assis à l'arrière, Isabelle ayant refusé qu'il prenne le volant. Maintenant, Michael se rendait compte qu'elle avait eu raison compte tenu de son extrême agitation. La joie de Michael s'était envolée. Il jeta un coup d'œil au compteur et s'exaspéra :

- Plus vite Isa !

La jeune femme regarda Michael et appuya sur l'accélérateur en conseillant :

- Calme-toi Michael.

- Me calmer ?! s'exclama celui-ci. Comment veux-tu que je me calme ?

Isabelle ne répondit pas mais Max, qui avait gardé le silence jusque-là, intervint :

- Je suis d'accord avec Michael. Comment veux-tu qu'il se calme ? (un temps) Que t'as dit Khivar exactement, Isa ?

Il virent la jeune femme hésiter, ce qui ne les rassura pas. Elle ne savait pas si elle devait ou non leur révéler ce que lui avait confié le frère de Liz. Finalement, elle décida qu'ils avaient le droit de savoir et se lança :

- L'accouchement de Liz se passe très mal.

- Et… ? Demanda Max qui sentait que ce n'était pas tout.

- Et il se passe exactement comme son deuxième accouchement sur Antar.

- Et comment ça s'est fini la première fois ? demanda Michael qui sentait qu'elle leur cachait quelque chose.

Isabelle se tut. Elle regarda tour à tour Max et Michael. Comment pouvait-elle leur dire qu'elle n'avait pas survécu ? Comment réagiraient-ils ? Finalement elle opta pour la manière la plus directe. Elle prit une profonde inspiration et dit dans un souffle :

- Elle est morte.

- Quoi ?! s'exclama Max.

- Sur Antar, Liz est morte en couche.

Michael ne dit rien mais sa peur avait doublé, si ce n'est triplé, formant une boule à son estomac. Il comprenait maintenant pourquoi la présence de Max était importante. Ils risquaient d'avoir besoin de son pouvoir de guérison.

Khivar tournait en rond. L'état de Liz empirait. Il avait beau lui parler, elle ne répondait pas. Plus le temps passait, plus son regard se faisait vide. Il prêtait une oreille attentive à tous les bruits venant de l'extérieur. Il se demandait quand Max et les autres allaient arrivés. Perdu dans ses pensées, se furent les premiers pleurs de l'enfant de Liz qui le ramenèrent à la réalité. Il entendit la sage-femme lui dire que le bébé allait bien. Il s'approcha de sa sœur et lui murmura en lui prenant la main :

- Tiens bon petite sœur ! Max et Michael arrivent.

Liz se sentait si faible. Ses dernières forces l'abandonnèrent quand lui parvinrent les cris de son enfant. La douleur cessa brusquement, la laissant abrutie. Elle entendit de très loin Khivar lui parler et lui prendre la main. Elle voulut dire quelque chose mais quand elle ouvrit péniblement la bouche, aucun son n'en sortit. Soudain, tout son corps se détendit, ses paupières lourdes se fermèrent et les ténèbres se refermèrent sur son esprit.

Khivar vit Liz ouvrir la bouche avant de la refermer presque immédiatement. Puis la main pâle et frêle de sa sœur se détendit et retomba mollement sur le lit au moment où ses paupières se fermaient.

- Liz ? Natalia ! hurla-t-il, le cœur ravagé par une douleur intense qu'il n'avait encore jamais ressenti.

La porte d'entrée s'ouvrit à la volée laissant entrer Isabelle, Max et Michael qui appela sa femme puis Khivar. N'obtenant aucunes réponses, il monta quatre à quatre les marches de l'escalier. Arrivé au premier, des sanglots lui parvinrent d'une des pièces. Il s'y précipita mais stoppa net sur le seuil. La scène qu'il découvrit lui glaça le sans. Liz était étendue sur le lit, pâle comme la mort et Khivar était agenouillé près d'elle et pleurait. Michael eut à peine conscience d'appeler Max. Isabelle et ce dernier arrivèrent dans la chambre.

- Sauve-la. Supplia Michael, le regard toujours rivé sur le lit.

Max s'approcha rapidement de Liz et demanda à Khivar de s'écarter. Il s'assit au bord du lit, posa une main sur le ventre de Liz et se connecta. Il n'y eut aucuns flashs, uniquement une lumière violente qui l'obligea à fermer les yeux. Quand il les rouvrit, il fut surprit de se retrouver dans un endroit d'une blancheur éclatante, une pièce qui semblait s'étendre à l'infini. Il vit Liz vêtue d'une robe vaporeuse aussi blanche que le décor.

- Liz ? demanda-t-il d'une voix chevrotante.

La jeune femme s'approcha de lui et lui sourit. Une de ces sourires qu'elle faisait si souvent et qui avait fait chavirer Max. Puis elle dit :

- Ca ne sert à rien, Max.

La jeune homme la contempla, inquiet par son calme. Il demanda, inquiet :

- Qu'est-ce qui ne sert à rien ?

Liz eut un sourire ironique et dit, avec le même calme :

- C'est ici que je m'arrête.

Max sentit son sang se glacer dans ses veines et ne put s'empêcher de crier :

- Tu ne peux pas dire ça !

- Max, tu ne peux pas sauver tout le monde. Tu n'es pas Dieu. Répondit-elle d'une voix sereine.

- Mais je peux te sauver toi !

- Non, Max. C'était peut-être écrit, qui sait ? Tu m'as sauvée il y a neuf ans. Mais aujourd'hui, tu ne le peux pas.

Max regarda la jeune femme. Elle était si belle. Il refusait de la perdre. Elle ne pouvait partir, pas comme ça, pas maintenant. Dans un dernier espoir, il s'exclama :

- Tu ne peux pas nous abandonner ! Pense à Michael et à ta fille ! Ils ont besoin de toi, nous avons besoin de toi !

Liz sourit encore une fois, mais le sérieux de son regard détonnait. Soudain émue, elle dit :

- Vous veillerez les uns sur les autres. Prends soin de ma famille. Et dit à Michael combien je l'aime.

- Si tu l'aimais, tu resterais.

- Non, Max. Ca n'a rien à voir. Ma vie a été pleine de hauts et de bas. J'ai fait des sacrifices qui m'ont menée au fond du gouffre. Mais cette fois-ci, je ne m'en sortirais pas. Dit la jeune femme dont le sourire avait disparu, laissant la place à un calme froid.

- Ne dis pas ça, Liz ! Je t'en supplies ! Je ne t'ai jamais oubliée.

Max ne pouvait pas croire à ce qui arrivait. Liz ne pouvait pas mourir ! Mais ils l'entendit dire :

- Moi aussi je ne t'ai jamais oublié. Vas voir Michael, il t'expliquera beaucoup de choses. Et s'il te plait, fais confiance à Khivar et mets fin à cette guerre. Pour moi. Dis à tout le monde à quel point je les aime. Et veilles sur ma famille. Adieu Max.

Le jeune homme hurla le prénom de Liz quand elle disparut. Il rouvrit les yeux dans la chambre et contempla le visage pâle mais paisible de celle qu'il avait tant aimé. Des larmes emplirent ses yeux et il se retourna. Il vit que Maria, Alex, Kyle et Jim étaient présents. Il se tourna vers Michael et lui dit en s'approchant :

- Je suis désolé Michael.

- Non, dit le jeune homme en secouant la tête, le regard toujours rivé sur le corps de sa femme.

- Elle dit que son chemin s'arrête ici, continua Max, elle m'a aussi dit de te faire savoir à quel point elle t'aimait.

- Elle ne peux pas me faire ça !

Michael semblait ne pas avoir entendu Max. Tout le monde regardait le corps inerte de Liz. Michael tomba à genoux dans les bras de son ami. Il hurla et pleura sa douleur, sa femme disparue. Il venait de perdre sa vie, son amour, son âme. Le temps stoppa sa course dans cette pièce où la douleur unissait les personnes présentes et où la paix avait un goût amer.

Quelques jours plus tard, l'enterrement de Liz eut lieu. Les parents de Liz, de Max, de Maria ainsi que Max, Tess, Isabelle, Alex, Kyle, Jim Valenti mais aussi Michael, Jordan et la petite Elisabeth Natalia Guérin était réunis autour de la tombe de celle qui les avaient unis neuf ans plus tôt, et qui aujourd'hui encore, les réunissait à travers leur douleur. La mort de Liz avait mit fin à une guerre de plus de cinquante ans. En effet, la paix avait été proclamée l'après-midi même sur Antar. Mais cela avait été une paix douloureuse tachée par le sang de Liz.

Le soleil couchant allongeait les ombres des personnes présentes et embrasait le ciel. Les rayons mordorés de l'astre se reflétaient sur la tombe ivoire de Liz, faisant miroiter les lettres dorées dans la pierre :

" A Elisabeth Parker Guérin,

Une amie sincère, une mère et une épouse dévouée

Une âme pure qui restera à jamais présent dans nos cœurs "

F I N