Chapitre 10 : The thunder before the lightning

Jack débrancha rapidement les différents appareils électriques dans le salon, puis éteignit les lumières des pièces à vivre. Dehors, l'orage faisait rage avec une violence rare et des éclairs illuminaient régulièrement le ciel. Sale temps, vraiment. L'électricité ne tarderait pas à sauter et les réseaux téléphonique à saturer. Le Général espérait simplement qu'il n'y aurait pas de problème à la base parce qu'il risquait d'être injoignable et qu'en signant le registre de sortie, il avait remarqué que Carter avait quitté la base deux heures avant lui.

Il repoussa fermement toute pensée liée à la jeune femme. Les souvenirs, trop frais, réveillaient des sensations diverses dont il n'avait pas besoin à l'instant. Ils avaient quitté le vestiaire un peu gênés mais pas réellement repentants. Cependant, elle avait semblé mettre un point d'honneur à l'éviter tout le reste de la journée… Il avait tenté de lui téléphoner en rentrant mais elle n'avait pas répondu, en conséquence, il avait décidé de lui laisser jusqu'à demain avant de la forcer à avoir une conversation sur ce qui s'était passé.

Enfin, au moins, leurs doubles ne créeraient pas de problèmes ce soir. Carter était toujours à l'infirmerie et y resterait au moins deux autres jours –que sa Carter emploierait à terminer l'appareil- et le Colonel n'avait pas eu l'air de vouloir quitter le chevet de son second.

Avec un peu de chance, le SGC serait toujours entier demain matin.

Un nouveau coup de tonnerre suivi d'un flash lui arracha un grognement dépité. Il aurait aimé profiter davantage de sa soirée. Boire une bière ou deux et regarder les épisodes des Simpsons qu'il avait enregistrés sans avoir eu le temps de voir… Néanmoins, il supposait qu'une nuit totale de sommeil ne serait pas de trop.

Il se dirigeait vers sa chambre lorsque la sonnette retentit et il fit demi-tour sur le champ. Bien sûr… Une vie calme… il ne connaissait pas.

Il n'aurait même pas dû être surpris de la trouver de l'autre côté de la porte, mais il l'était quand même.

Parce qu'évidemment, elle avait choisi le pire orage que l'état ait connu depuis des mois pour venir se planter devant chez lui. Il l'attira à l'intérieur avant que la pluie ait le temps de la tremper davantage et referma la porte derrière elle. Il n'était pas vraiment sûr de la conduite à tenir, mais elle était là après tout. Elle était venue donc… C'était sans doute à elle de parler.

Sauf qu'elle n'avait pas l'air très décidé à le faire. Les bras croisés sur sa poitrine pour se réchauffer, elle claquait presque des dents.

« Carter. » lança-t-il, légèrement inquiet.

« Je… Il fait très froid dehors. » répondit-elle en ôtant sa veste en jean mouillée et en l'accrochant au porte-manteau. Le débardeur qu'elle portait en dessous – et qui ne cachait pas grand-chose vu l'humidité du tissu- était dans le même état que le reste : trempé.

« Vous allez attraper la crève. » remarqua Jack, un peu perplexe. Il n'avait jamais pensé qu'elle débarquerait chez lui comme ça. Il l'attrapa par le bras et la guida gentiment mais fermement vers la salle de bain.

« J'ai… rompu avec Pete. » lâcha-t-elle alors qu'ils atteignaient le seuil et ça suffit pour que Jack s'arrête.

Pete.

Quelque part en route… Il avait totalement oublié l'existence du flic, de la bague de fiançailles et de la belle-mère.

« Oh. » finit-il par commenter mais ce n'était apparemment pas la bonne chose à dire parce qu'une expression presque craintive passa sur les traits du Colonel.

« Je ne pouvais pas vraiment le mettre dehors, ce soir… Avec sa mère… Je… J'espérai pouvoir dormir ici mais… »

Elle s'interrompit elle-même, visiblement peu sûre de comment il prendrait la chose. Jack se contenta d'un sourire en coin, simplement soulagé qu'elle n'ait pas décidé de faire comme si rien ne s'était passé.

« Vous pouvez rester là. » accepta-t-il et un sourire timide joua sur les lèvres de la jeune femme. « Tant que vous voudrez. »

Elle sembla hésiter une seconde puis fit un pas en avant, envahissant son espace personnel.

« Toujours ? » demanda-t-elle dans un murmure, et il ne parlait plus d'habitations. Mais du reste. De tout le reste.

Sans qu'il le réalise, la main de Jack s'égara sur sa joue.

« Toujours, Carter. » affirma-t-il avec assurance.

Il n'attendit pas sa permission pour capturer ses lèvres et elle glissa ses bras autour de son cou, se plaquant contre lui. Il s'écarta d'un bond.

« Tu es gelée ! » protesta-t-il, avant de froncer les sourcils. « Prends une douche chaude, je vais t'apporter de quoi te changer. »

Quoi qu'il n'était pas sûr de la vouloir avec des vêtements…

Elle dut suivre le cours de sa pensée parce qu'elle leva les yeux au ciel et attrapa sa main.

Il n'avait jamais autant apprécié sa cabine de douche…