Titre original : Draco Malfoy, a Story
Auteure : BlancheMalfoy
Traductrice : Falyla
Paring : Draco/Harry POV Draco
Rating : M
Disclaimer : Les personnages et les situations appartiennent à JK Rowling, l'intrigue de cette fic est de BlancheMalfoy. Je ne m'approprie que la traduction avec son accord bienveillant.
Sommaire : Après les événements du tome 7, Draco Malfoy n'est plus le même. Voici son histoire.
État de la fic originale : en cours, chapitre 11 en ligne
Note de la traductrice : il ne reste plus qu'un seul chapitre et j'aurais terminé de traduire les chapitres en ligne que Blanche Malfoy a posté jusqu'à présent. Mais pas d'inquiétude, elle m'a confirmé qu'elle ne laissait rien tomber et que la suite arriverait quand elle serait prête.
Voilà, merci pour tous vos messages.
Bonne lecture.
L'histoire de Draco Malfoy
Chapitre 10
Lorsque je me réveille, le monde tournoie autour de moi. Je souris à la pensée que, métaphoriquement, le monde tourne toujours autour de moi, d'une manière ou d'une autre. Mon vertige n'en est que la confirmation.
- Qu'est-ce qui est si drôle ? me demande une voix rauque, à côté de moi.
J'ouvre les yeux cette fois. Ma vision, cependant, reste un peu floue. Je fais lentement pivoter ma tête. Je me sens effroyablement nauséeux. Je repère la silhouette de Harry à contre-jour. Il est assis sur une très inconfortable chaise d'hôpital. Super. On est à Ste-Mangouste.
- Tu sais où tu es ? me questionne Harry en se penchant vers moi.
Intéressant. Harry est inquiet, j'en suis sûr. Je maintiens mon sourire, ce qui le plonge dans la confusion et l'irrite.
- Malfoy, tout va bien ? Les médicaments sont trop forts ?
J'ai envie de rire mais avant que je me lâche ou dise quoi que ce soit, j'entends la voix d'Astoria provenant de derrière lui.
- Il est réveillé ? Comment va-t-il ?
Je grimace. Je ne veux pas qu'Astoria et Harry soient dans la même pièce. Elle me connaît trop bien. J'ai peur qu'elle ne laisse échapper quelque chose. Bien qu'Astoria soit une femme tout à fait discrète, il vaut mieux prévenir que guérir.
- Je crois qu'il est plutôt sonné par les médicaments et ça ne le rend pas très logique. Oh, mais attendez, non. En fait, il est toujours comme ça, il ajoute avec un sourire narquois.
- Haha, Potter, je réplique d'une voix si gutturale que je me demande si c'est bien moi qui parle.
- Je vais appeler un guérisseur, nous informe Astoria.
Je tente de lui dire que ce n'est pas nécessaire mais elle est déjà partie. Je cligne plusieurs fois des yeux et je vois enfin les choses plus clairement. Je regarde Harry qui me fixe, le regard brillant de colère. Je tremble légèrement.
- Quoi ? je demande.
- En tant que Responsable du Bureau des Aurors, il est de mon devoir de t'informer que tu es en état d'arrestation pour agression sur ma personne, il me déclare sur un ton très formel.
Je hausse un sourcil.
- Malheureusement, ta femme a déjà payé la caution. Tu dois, cependant, te présenter au tribunal à la date fixée pour répondre aux charges n°138 retenues contre toi. Je réclamerai la prison comme sanction.
- C'est une blague ? La prison ? Je n'ai même pas quitté ma maison ! Oh, j'ai pigé. Si tu fais ça, je ne pourrai pas te suivre quand tu partiras à la recherche du Livre des Morts. Même pas en rêve, Potter.
Harry soupire lourdement et serre les poings. Je ne sais pas pourquoi il est si furibond. Aucun de mes sorts ne l'a affecté d'une manière ou d'une autre. Tout ce que j'ai réussi à faire, c'est endommager mon propre héritage, et si mon père le découvre, il va être furieux.
- Ceci n'est pas une plaisanterie, Malfoy ! Ta femme m'a révélé que ton guérisseur t'avait interdit de lancer des sortilèges compliqués ! Tu ne sais donc pas que tu pourrais t'épuiser au point de ne jamais te rétablir ? Tu pourrais perdre tes pouvoirs magiques !
Oh, ça je le sais. J'évite d'y penser. J'ai perdu ma magie depuis longtemps. Je ne sais pas pourquoi. Personne ne le sait. Tout ce que j'ai, ce sont des théories et un psy. Mais, en cet instant, je n'ai pas envie d'en parler, encore moins d'y penser.
- C'est de ma faute ? il s'enquiert à mi-voix, provoquant chez moi presque un arrêt cardiaque. C'est parce que je t'ai pris ta baguette il y a tant d'années ? Ça t'a traumatisé ou quelque chose comme ça ? Je l'ai encore. Je peux te la rendre. Ou te laisser me la reprendre si ça t'aide d'une manière ou d'une autre.
C'est inhabituel de la part de Harry de se comporter de façon si prévenante envers moi, c'est le moins qu'on puisse dire. En fait, c'est ça fout même un peu la trouille. Pendant un moment, je crois vraiment que je suis en train de rêver toute cette histoire et que les médicaments qu'ils m'ont donnés me font halluciner.
Je m'éclaircis la gorge.
- Même si ma vieille baguette me manque, je réponds à voix basse, ce qui est arrivé il y a si longtemps n'a rien à voir avec mon état actuel.
- Tu es sûr ?
À vrai dire, je me suis demandé de nombreuses fois si mon problème n'était pas lié à Harry Potter. Et après des discussions sans fin avec mon psy, nous sommes arrivés la conclusion que tout avait à voir avec lui. Mais si je le dis à voix haute, est-ce que ça changera quelque chose ? Je suis content que Harry montre un tel intérêt pour mon bien-être, ce qui me fait envisager de lui dire ce que je pense réellement. Mon cœur est plein d'espoir. C'est pathétique et je ne peux pas m'en empêcher. Pourtant, je ne peux rien révéler.
- Sois pas si vaniteux, Potter. Tout ne tourne pas autour de toi.
S'il insiste, je lui jette un sort. Je ne veux pas débattre de ce sujet plus longuement.
Heureusement, Harry reste silencieux. Il se contente de me fixer pendant un long moment comme s'il essayait de savoir ce qui se passe dans ma tête. Il me regarde comme s'il ne m'avait jamais vu avant, comme si j'étais une énigme à résoudre. Le Grand Harry Potter est perplexe et j'en suis la cause. Je me sens comme si je venais d'accomplir quelque chose de très important.
Puis je réalise un truc.
- Tu as toujours ma baguette ? je demande, stupéfait.
Il hausse les épaules comme si ce n'était rien. Le salaud !
- Je croyais que tu t'en serais débarrassé, j'insiste.
- Pourquoi donc ? C'est une bonne baguette.
- Tu n'en as pas besoin.
C'est juste une impression ou Harry Potter vient juste de rougir ? J'écarquille les yeux. Mon cœur est au comble de la joie.
- C'est important ? Je t'ai dit que je pouvais te la rendre, il répète en essayant de prendre un air distant.
L'offre est tentante. Ma vieille baguette me manque. Manifestement, la première reste inoubliable. Elle reflète l'âme du sorcier. Ce n'est pas une coïncidence si elle m'a été prise par Harry Potter et s'est soumise à lui si facilement. Peut-être que ma baguette était destinée à lui appartenir depuis toujours. Peut-être que ma baguette était ma déclaration d'amour. Je me demande si cette pensée l'a traversé. J'ai envie de rire.
- Peut-être que j'ai envie de la récupérer, je lâche finalement en détournant les yeux.
Je ne veux pas qu'il y voie l'exaltation que reflètent mes pupilles.
- Bien.
- Bien.
Silence. Tout ce que j'entends, ce sont les pas provenant du couloir. Je pense que quelqu'un va entrer dans la chambre, mais non. Harry et moi, on est complètement seuls.
- Je… on commence tous les deux.
Je souris. Je vois les lèvres de Harry s'entrouvrirent un peu mais il se raidit instantanément, l'air sérieux, comme s'il craignait que je me fasse de fausses idées.
- Comment tu comptes venir avec moi à la recherche du Livre des Morts quand tu es visiblement si malade ? Je ne suis pas ta nounou, Malfoy. De plus, ce ne sont pas tes affaires mais les miennes. Tu ne fais pas partie de mon escouade. Tu n'es pas un Auror.
- Je sais. Mais je veux aider. Je sais que tu ne crois pas en moi…
- Je ne sais plus que croire, il m'interrompt. Mais je sais que tu serais beaucoup plus utile en restant en dehors de ça.
- Impossible, je réplique.
Harry inspire bruyamment. Il est probablement aussi en train de compter jusqu'à dix.
- Je pars en Egypte dans une semaine.
- Je viens avec toi.
- Et comment tu comptes y arriver, exactement ? il ricane. Couché sur un lit d'hôpital, une intraveineuse dans le bras ?
Je hausse les épaules.
- J'irai mieux d'ici là.
- Si tu me suis, je te tue de mes propres mains.
Je souris.
- Des promesses, des promesses, toujours des promesses. Jadis, tu n'as pas pu me tuer alors… Bien qu'en fait, tu y es presque parvenu. En outre, Potter, si tu avais vraiment voulu que je me comporte en bon garçon, tu ne m'aurais pas parlé de tes plans.
Il semble légèrement surpris comme s'il venait juste de s'en rendre compte. J'affiche un sourire jusqu'aux oreilles. Je suppose que ce sourire l'a vraiment surpris, parce qu'il ne répond pas comme je m'y attendais.
- Espèce de… il commence mais il ne finit pas.
Nous sommes interrompus par l'arrivée de mon guérisseur, suivi d'Astoria, d'Angel et d'Alfred. Ça m'énerve. Mais pourquoi, Harry et moi, on est toujours interrompus dans les moments cruciaux ?
J'oublie Harry un instant lorsque qu'Angel se place à mes côtés, l'air inquiet. Je caresse doucement son visage.
- Je vais bien.
- Je ne dirais pas ça, déclare le guérisseur pendant qu'il m'examine.
Je lui lance un regard noir mais il s'en fiche royalement, ça le fait plutôt rire.
- Ne vous inquiétez pas. Il n'y a rien qu'une bonne journée de repos ne guérisse. Cependant, Mr Potter devra attendre un peu s'il veut vous arrêter.
C'est une plaisanterie sans humour. Angel et Alfred ouvrent de grands yeux et leur souci pour ma santé s'accroît. Je suis touché que même Alfred se sente concerné par mon bien-être.
- Je ne vais pas arrêter Malfoy, rectifie Harry promptement quand il voit l'air terrifié d'Angel. Nous avons juste… rendez-vous au Tribunal pour résoudre le problème.
Je ne peux m'empêcher de rire.
- Un rendez-vous, Potter ?
Harry devient rouge comme une pivoine, ce qui le rend incroyablement adorable. Il marmonne quelque chose que je ne saisis pas et quitte la chambre comme s'il était poursuivi par des démons. Je suis intrigué.
Le guérisseur part également après qu'il m'ait informé du merveilleux pouvoir d'un bon repos et laissé une ordonnance. Mon guérisseur personnel n'est pas là mais il sera mis au courant dès que possible.
Astoria me caresse la main.
- Tu nous as fait une belle frayeur. Mais à quoi pensais-tu ?
Mon beau visage est légèrement crispé de d'effroi. Je me sens coupable.
- Je n'ai pas réfléchi.
- Mais ça va aller ? me demande Angel, en me fixant de ses grands yeux verts.
- Vous êtes stupides d'avoir inquiéter mon frère comme ça ! lâche Alfred, agressif.
- Ne sois pas grossier, morveux ! Je vais me remettre, je rétorque.
Puis je me tourne vers Astoria.
- J'espère que tu n'as rien dit à Scorpius.
- Non. Mais il a envoyé une lettre. Tout va bien à Poudlard, elle ajoute en souriant.
Mon cœur se sent plus léger. Mon fils me manque tellement. Peut-être que je devrais lui rendre visite avant de partir pour l'Egypte. Enfin, peut-être que ce n'est pas une bonne idée. Scorpius est un garçon très intelligent. Il se doutera que quelque chose ne va pas si je me pointe à Poudlard comme ça. Les parents ne vont pas à Poudlard sans bonne raison.
On m'a convaincu de rester au lit. Je suis resté à l'hôpital deux jours et quand je retourne enfin à la maison, je suis horriblement gâté par tout le monde. J'avoue, j'adore être le centre d'attention. Il semble même que j'ai manqué à mes chiens.
Nous passons l'après-midi dans le petit pavillon de jardin à observer Porthos, Athos, Aramis et D'Artagnan jouer avec les garçons. Le temps ne peut être plus agréable et le ciel est incroyablement bleu.
Je m'amuse beaucoup avec Angel. Ce garçon est vraiment spécial. Sa douceur a gagné le cœur de tous, même le plus grincheux des Aurors qui nous protège. Les elfes sont absolument ravis de l'avoir dans les parages et ils passent une bonne partie de leur temps à aider Astoria à le surveiller. Il est adorable mais son petit visage d'ange cache un vrai chenapan alors il a besoin qu'on garde un œil sur lui en permanence.
Je souris en le voyant jouer avec Porthos et Aramis. C'est bon d'être un enfant. Une force invisible m'étreint le cœur quand je pense à Angel et Alfred vivant dans les rues de Londres en compagnie de jeunes rebelles sans réelle perspective d'avenir. Je me sens un peu honteux d'avoir eu une enfance si privilégiée.
Alfred vient s'asseoir à côté de nous et demande :
- Vous allez vraiment nous adopter ?
Je lui jette un rapide coup d'œil avant de répondre.
- Je t'ai donné ma parole, non ?
- Seulement parce qu'on vous fait pitié, il me rétorque, l'air dégoûté.
Je sais cependant que ce n'est un mécanisme de défense.
- Les Malfoy ne prennent personne en pitié, mon cher. Tu finiras par le savoir puisque tu vas rejoindre la famille.
Il me fixe longuement comme si j'étais désabusé. Peut-être que je le suis.
- Je vais devenir un Malfoy ?
Mon sourire n'est pas si charmant. Être un Malfoy avait tout signifié pour moi mais c'était il y a bien longtemps.
- N'est-ce pas le but même de l'adoption, t'accueillir dans une famille ?
Son visage se renfrogne. Il croise les bras et regarde son frère.
- C'était juste une question…
Au début, je croyais qu'Alfred ressemblait beaucoup à Harry. Maintenant, cependant, j'ai changé d'avis. Cette posture rigide, ces défenses qu'il a prudemment construites autour de lui, cette arrogance… Il est comme moi. Même ses cheveux qui sont censés être bruns comme ceux de son frère, sont maintenant d'une nuance blond pâle, exactement comme les miens. Il les a probablement décolorés en signe de rébellion. Je me demande s'il n'est pas vraiment mon fils. Je ricane.
- Y a quoi de drôle ? il grommelle.
- On se ressemble beaucoup, je déclare.
Il hausse les sourcils.
- Nous ? Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Il y a du doute mais aussi de la curiosité dans sa voix.
- J'étais moi aussi un morveux arrogant.
Alfred me rétorque immédiatement :
- Je suis pas arrogant ! Et je suis certainement pas un morveux non plus !
- Bien sûr que non. C'est juste pour la galerie. Au fond de toi, tu es juste effrayé.
Il grogne.
- Effrayé ? Je sais pas de quoi vous parlez. J'ai peur de rien !
Je laisse échapper un rire moqueur. Les cris joyeux d'Angel nous distraient un instant.
- Et vous, vous avez peur ? me demande Alfred, l'air de rien.
Je soupire. À quoi bon mentir ?
- C'était le cas, en effet.
- De quoi ?
Je ressens une immense curiosité derrière cette question.
- De la vie.
Et de Harry Potter.
- J'ai été élevé pour commander les gens, pas pour leur faire confiance. Potter a été le premier qui m'a remis en question, le premier qui m'a fait m'interroger sur le monde dans lequel je vivais.
Je me rappelle la première fois où mon offre d'amitié a été repoussée par le seul qui allait, dès lors, devenir tout pour moi.
- Vous lui faites confiance, à lui.
C'est une affirmation.
Je ferme les yeux. Je ne faisais pas confiance à Harry mais je le voulais. Et maintenant qu'il m'avait enroulé autour de son petit doigt.
- Ce n'est pas facile de faire confiance aux gens, mais Potter est de ceux qui prennent leurs ennemis en pitié et qui finissent même par les aider à la fin. Tu peux lui faire confiance.
- C'est un crétin alors. Et je ne fais pas confiance aux crétins.
Si je suis sa façon de penser, ça signifie que je suis aussi un crétin. Rien de neuf. Sauf que l'entendre de la bouche du morveux est agaçant.
Notre thé de l'après-midi arrive. Les elfes nous apportent un panier de scones et différentes sortes de muffins au grand bonheur d'Angel. Je peux dire qu'Alfred aussi est content, même s'il fait son possible pour ne pas le montrer. Je fais semblant de ne pas remarquer qu'ils nourrissent les chiens sous la table. Les enfants seront toujours des enfants, après tout.
Nous retournons à la maison tous ensemble. Angel, qui a presque entièrement perdu sa timidité, parle sans reprendre son souffle de ses aventures autour du Manoir – qui sont toujours surveillées de près par deux Aurors et Astoria. Du coin de l'œil, je vois Alfred qui sourit à son frère. Il a l'air si paisible que je ne peux m'empêcher de sourire à mon tour.
Cependant, alors que nous atteignons la porte de derrière, il se raidit. Je suis son regard et je découvre Harry.
- Tu ne devrais pas te reposer, Malfoy ? il me demande avec humeur.
Je fronce les sourcils.
- J'ignorais que tu étais devenu mon infirmier personnel, Potter, je fais pour le titiller.
Son air outragé est sans égal. Je voudrais le provoquer plus encore, le rendre aussi furieux que possible afin de l'embrasser ensuite. Comme une écolière amoureuse !
Tu es ridicule, Draco ! Ressaisis-toi ! Encore heureux que personne n'entend mes pensées stupides.
Je tremble encore de notre presque baiser. Pendant l'infime instant où nos lèvres se sont rencontrées, j'ai entrevu le paradis. Ma bouche brûle encore à ce souvenir, je me demande comment ce serait d'embrasser Harry correctement, de sentir sa langue toucher la mienne, de l'étreindre. Le paradis ou l'enfer ?
- Nous avons pensé qu'un peu d'air frais lui serait profitable, lui indique Astoria. Et c'est le cas, non ? Le visage de Draco a bonne mine, ne pensez-vous pas ?
Harry fixe Astoria, médusé qu'elle lui ait demandé ça. Je crois qu'Astoria réussira toujours à suspendre Harry d'une manière ou d'une autre.
- Il a moins l'air à un revenant, maintenant, réplique Alfred avec sa délicatesse habituelle.
Je sais qu'à sa façon il essaie de se montrer gentil. Je réprime un sourire.
- Faut qu'on parle, dit Harry, en choisissant d'ignorer ce bavardage.
- Je ne suis plus censé me reposer ?
- Notre conversation ne sera pas longue.
La seule chose qui importe est que je sois dans la même pièce que Harry sans être victime d'une attaque cardiaque. Une part de moi craint de se retrouver seul avec lui. L'autre part, cependant, a plus qu'envie d'affronter ses yeux verts.
Astoria, les garçons et les chiens partent d'un côté. Harry et moi, de l'autre. Lorsque nous sommes finalement seuls, je prends une profonde inspiration pour rester calme. Ça ne marche pas du tout. Mon cœur fait des bons dans ma poitrine. J'arrive difficilement à me contrôler quand Harry est dans les parages. C'est presque impossible de rester impassible, particulièrement depuis que j'ai commencé à penser que Harry n'était peut-être pas aussi indifférent que je le croyais.
Peut-être qu'il est juste curieux. Mon désir pour lui devient plus clair que le jour. Qui pourrait dire ce qui traverse la tête de Harry en cet instant ? Le pire dans tout ça n'est pas le désir interdit entre deux ennemis. C'est le fait que nous sommes tous deux mariés avec des enfants. Une liaison entre nous serait une terrible idée.
Je me suis souvent demandé comme se passait la vie maritale de Harry. Ginny et lui donnent l'impression de former la famille parfaite, le genre qui donne envie de gerber. Mais si c'était vrai ?
- Les choses sont devenues plus compliquées que ce que j'avais prévu initialement, me déclare Harry.
Oh, oui, les choses entre nous sont assurément très compliquées. Mais il n'y a là rien de nouveau sous le soleil.
- En vérité, je dois bien l'admettre, maintenant, j'ai besoin de toi.
Quoi ?
Mon cœur cesse de battre littéralement et je pense que mon âme quitte mon corps un moment, peut-être pour essayer de comprendre ce qu'il vient juste de me dire. C'est pour ça que je manque le reste de son discours. Et, quand finalement je reviens sur terre, Harry me fixe avec colère.
- Alors ?
- Alors quoi ? je demande, ébahi.
Merde.
Le lourd soupir de Harry est plus parlant que les mots.
- Tu crois que tu seras prêt pour la fin de la semaine ?
Mon état de confusion est tel qu'il rend Harry encore plus furieux.
- Tu as entendu un mot de ce que j'ai dit ? Bon sang, Malfoy ! Ça ne marchera jamais !
Harry se met à faire les cent pas.
- Déjà que je n'étais pas enchanté de découvrir que pour mettre la main sur le Livre des Morts, j'avais besoin de ton aide mais est-ce que j'avais le choix ? Non ! Mais maintenant Hermione me fait comprendre très clairement que seul un Malfoy peut ouvrir la chambre où se trouve le livre et seul un Malfoy peut en briser le sort. Les autres seront pulvérisés et je suppose qu'on doit le prendre au sens littéral. Je lui ai dit que je n'avais pas peur et que tu ne serais pas en état de…
- Attends une seconde !
Mon esprit tournait à cent à l'heure.
Je m'assois et fixe le sol. Mes yeux sont perdus dans le vide. Je déglutis avec difficulté. Harry Potter a besoin de moi uniquement parce que seul un Malfoy est capable de briser le sortilège du livre. Mes yeux s'écarquillent et je le regarde. Un sourire narquois s'étale sur mon visage avant que je puisse le reprimer.
- Malfoy…
La voix de Harry est menaçante.
- Alors c'est pour ça que tu as besoin de moi.
Il y a une pointe de triomphe dans ma voix tremblante. Mes pupilles étincellent probablement de profonde satisfaction. C'est mon moment. Bon, Harry Potter n'a pas besoin de moi comme j'ai besoin de lui. Mais au moins, il a besoin de mon aide. C'est un pas énorme. Est-ce que je serais capable de cacher mon enthousiasme ?
- T'as vraiment rien écouté de ce que j'ai dit, hein ?
Non, en effet. Mais il s'attendait à quoi ? Entendre dire par Harry Potter qu'il a besoin de vous est plus qu'assez pour vous laisser sidéré et à court de mots.
- Tu peux recommencer ? J'ai été… distrait.
Harry grimace.
- Les trucs qu'on a trouvés dans ta chambre secrète, ou le peu qui restait après ta crise, nous ont vraiment été utiles.
Alors ils avaient tout confisqué. Astoria ne le l'avait pas dit. Le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne suis pas content. Et mon père le sera encore moins.
- Il y avait d'autres lettres échangées entre ton grand-père et Diggus Clark. Dans l'une d'elles, Clark explique qu'il a découvert comment obtenir le livre caché en Egypte et il exige la présence de ton grand-père parce que c'est le seul qui peut briser le sortilège du livre. Il semble que le livre a été placé là par un autre Malfoy et que la magie noire employée pour le protéger ne peut être levée que par un Malfoy. Cependant, ton grand-père a découvert que Diggus n'était pas le sorcier respecté qu'il croyait et ils ont cessé net leur association.
- Il a fait tuer Diggus, hein ? je demande, tout en sachant déjà la réponse.
- En effet. Je vois que tu connais bien ta famille.
Sur le coup, j'ai envie de lui montré mon majeur bien tendu mais, comme c'est plutôt puéril, je me retiens.
- Tu as trouvé tout ça dans les lettres ? je questionne avec méfiance.
- Bien sûr que non. J'enquête sur cette affaire après tout. Nous soupçonnons bel et bien ton grand-père d'avoir ordonné à quelqu'un de tuer Diggus mais on n'a aucune preuve. Il y a aussi le fait que ton grand-père n'a jamais mis les pieds en Egypte, ni avant, ni après cet événement. Il devait probablement penser que Diggus ne lui avait pas dit la vérité, qu'il n'en avait qu'après son argent et que toute cette histoire n'était qu'un vaste plan pour l'arnaquer.
- Mais si ce n'était qu'une arnaque, pourquoi… ?
- Un peu avant qu'Abraxas Malfoy ne tombe malade, il a à nouveau entendu parler de la chambre, mais cette fois, d'une source très fiable. Le conservateur du musée du Caire, Illius Mubarak, lui a envoyé des nouvelles intéressantes à ce propos. Selon les hiéroglyphes, ils avaient découvert que le sang des Malfoy était requis pour ouvrir l'endroit où était caché le livre. Les indices s'arrêtent là. Abraxas est mort juste après, ainsi qu'Illius. Il a été frappé par un sortilège très puissant tandis qu'il essayait d'ouvrir la tombe. L'endroit où se trouve la chambre a été perdu.
- Et on est censé la localiser comment ?
Harry affiche alors un sourire si large et si brillant que j'en suis presque aveuglé.
- J'ai mes sources.
- Alors tu sais où elle se trouve ?
Je ne veux pas avoir l'air impressionné mais, merde, je le suis.
- Je connais des gens qui peuvent m'aider.
Je me renfrogne. Je m'en fiche un peu d'ailleurs. Ce que je veux vraiment, c'est une chance d'être près de Harry, aussi pathétique que ce soit. Passer du temps avec lui en Egypte serait merveilleux, Livre des Morts ou pas.
Une partie de moi a soif d'aventures. C'est une façon de prouver au monde – et à Harry en particulier – que je vaux quelque chose. C'est moi qui suis la clé qui sauvera le monde sorcier cette fois. Mon ego est gonflé comme un ballon. C'est alors que je réalise un truc qui me terrifie.
- Est-ce que les Tout-Puissants sont au courant ?
- Ils savent que le livre est en Egypte. Ils connaissent également quelqu'un qui peut leur fournir des informations sur son emplacement.
- Et ils savent pour les Malfoy ?
Nos yeux se rencontrent et je suis certain que Harry voit très où je veux en venir.
- Je crois que non.
- Tu crois ?
Cette fois, c'est moi qui fais nerveusement les cent pas dans la pièce.
- Je vais me rendre à Poudlard et ramener Scorpius à la maison. Je ne peux pas le laisser là-bas. Si les Tout-Puissants savent pour l'Egypte, ils vont sans aucun doute aller le chercher. C'est une cible facile puisque ce n'est qu'un enfant. Jamais je ne permettrai que ça arrive.
Je ne laisserai jamais mon fils expérimenter l'enfer que j'ai traversé avec le Seigneur des Ténèbres.
- Ça t'apaiserait un peu si je te disais que ton fils est étroitement surveillé ? me demande Harry.
Je suis debout, immobile. Harry n'est maintenant qu'à quelques pas de moi. Je dois être résolument perturbé, parce que je n'ai pas réalisé à quel point il est proche de moi jusqu'à cet instant.
- Ne t'inquiète pas, ton fils est en sécurité, il ajoute avec une certitude qui m'impressionne.
- Je serais bien plus tranquille si c'était toi personnellement qui veillais sur lui.
Il me regarde d'une étrange façon.
- Je suis flatté par ta confiance mais j'ai aussi confiance en mes hommes. De plus, j'ai un agent infiltré à l'intérieur du groupe des Tout-Puissants. Je serai le premier à savoir s'ils prévoient d'attaquer.
Je prends une profonde inspiration avant de l'envoyer de faire voir.
- Je n'aime pas ça. En fait, ça me contrarie encore plus de le savoir ! On sait très bien tous les deux ce qui se passe avec les espions, Potter.
Harry avance d'un pas supplémentaire dans ma direction. Franchement, il joue avec le feu. Est-ce qu'il essaie de me faire tourner la tête avec son odeur ? Ça ne marche pas si facilement. Je ne suis pas si vulnérable à ses charmes, du moins, pas quand la vie de mon fils est en jeu.
Cependant, respirer normalement devient un petit peu compliqué et, quand le parfum de Harry envahit mes narines, je me sens légèrement intoxiqué. L'enfoiré, il est tellement sexy.
- Et si je te disais qu'Albus est aussi en danger ?
- Albus ? Ton fils ?
Il acquiesce. Là, je suis vraiment perplexe.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que ton fils a à voir avec ça ?
La mine de Harry s'assombrit comme s'il venait juste de se rappeler que le sujet le contrarie.
- Scorpius est le meilleur ami d'Albus et, d'après ce que j'ai entendu, ils sont toujours ensemble. Par conséquent, si quelque chose arrive à Scorpius, la même chose pourrait arriver à Albus.
Première nouvelle. Scorpius n'a même jamais mentionné Albus Potter. Mais bon, pourquoi il l'aurait fait, hein ? Ce garçon a grandi en entendant son grand-père se plaindre de cet insupportable Harry Potter et combien son papa le haïssait. En général, j'évite de parler de Harry Potter devant lui. Ça n'a rien d'étrange que Scorpius ait décidé de ne pas nous dire que son meilleur ami était Albus Potter.
Est-ce que la vie n'est pas foutument drôle ? Mon fils a réussi là où j'ai échoué. Il s'est arrangé pour gagner la loyauté et l'amitié d'un Potter. J'ai envie de sourire mais dans les circonstances présentes, je suis plutôt sous le choc.
- J'ai besoin d'un verre.
Harry a le culot de rire.
- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle, bon sang ? je demande, irrité.
Je sais exactement ce qu'il ressent mais je ne le montre pas.
- Désolé. Mais c'est précisément ce que j'ai dit quand je l'ai su.
Nous échangeons un regard entendu. Ce n'est pas très difficile d'accepter l'amitié de nos fils respectifs. C'est juste bizarre de se le représenter, c'est le moins qu'on puisse dire.
- Tu comprends maintenant pourquoi Scorpius est en sécurité ?
Je fais une grimace.
- C'est plutôt surréaliste, Potter.
- Plus que nous ?
Qu'est-ce qu'il entend par là, exactement ? Mon cœur se met à battre la chamade.
- Le fait est, Malfoy, que tu vas devoir venir avec moi en Egypte, même si l'idée ne me plait pas du tout, poursuivit-il. Tu crois que tu iras bien d'ici là ?
Je prends une profonde inspiration et hoche la tête. Bien sûr, je ne serais pas en forme à 100% mais je ferais n'importe quoi pour être le partenaire de Harry dans le voyage. Peut-être que je pourrais même essayer un truc auquel je ne crois pas trop mais que les Moldus affectionnent particulièrement : l'acuponcture. Je sens des frissons me parcourir en pensant à ces aiguilles plantées dans mon corps.
Un autre point doit être clarifié.
- Et pour mon père ?
J'ai peur que Lucius soit déjà au courant de tout, ou pire, qu'il soit impliqué dans les Tout-Puissants. Bien qu'il nous a promis de ne plus employer la magie noire, on ne sait jamais, spécialement quand ledit groupe veut faire revenir Salazar Serpentard une idée, j'en suis certain, que mon père trouverait intéressante.
- Ton père fait également l'objet d'une étroite surveillance. Il n'ira nulle part.
Je fronce les sourcils.
- Même en France ?
- On a un accord avec le gouvernement français. Tu vois, Malfoy, on a toujours un œil sur Lucius Malfoy. Tu pensais qu'on allait lui permettre de sortir du territoire du Royaume Uni sans rien faire ? Ton père sait très bien que le moindre faux-pas le reconduirait à Azkaban et, cette fois, il ne pourra pas faire appel.
La lueur qui brille dans les yeux de Harry est implacable et la manière dont il clarifie les choses est suffisante pour me garantir que Lucius ne serait pas impliqué dans les Tout-Puissants sans que l'Escadron des Aurors soient au courant – et y mettent un frein immédiat.
- Très bien.
Mais je devrais quand même parler à Lucius, juste au cas où. Je ne peux pas reporter cette discussion à plus tard, désormais. La simple idée de le faire me hérisse.
- Tu as envisagé de prendre mon père à ma place pour cette mission ?
Harry soupire.
- L'idée m'a traversé l'esprit une seconde. Malheureusement, Lucius Malfoy n'est pas le genre de personne dont on peut dépendre.
- Mais de moi, si ?
Je n'ai pas pu retenir ma langue. Etre le seul capable de aider Harry dans cette situation me monte à la tête.
Il se contente d'afficher un sourire narquois.
- Disons que c'est moins… compliqué. De plus, c'est pas toi qui as dit que tu étais trop impliqué dans tout ça pour être mis de côté ?
En effet. La vie est vraiment étrange. Un Malfoy qui a le pouvoir de récupérer le Livre des Morts et peut empêcher un enfant innocent de se réincarner en Serpentard. Un Malfoy faible et anxieux, un Malfoy amoureux de Harry Potter.
- Je pense que tu auras besoin de ça, fait Harry en me tirant de ma rêverie.
Il tient ma vieille baguette. Mes yeux étincellent comme des joyaux. La voir maintenant me fait comprendre à quel point elle m'a manqué, comme une partie intégrante de moi. J'avance d'un pas. Nous ne sommes plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Je perçois comme un courant électrique autour de nous.
Je la prends dans mes mains. Harry la tient toujours. Je sens comme un fourmillement dans mon corps lorsque nous nous touchons. Mes yeux cherchent les siens, ils me fixent intensément. Ma baguette semble avoir créé une puissante connexion entre nous, et je me demande s'il la ressent. Cette baguette ne m'appartient plus désormais. Elle s'est inclinée devant la grandeur de Harry et elle l'aime autant que moi. Je ne peux la blâmer de m'avoir abandonner si facilement.
Des étincelles bleues crépitent à son extrémité. Harry et nous ouvrons de grands yeux. Il y a vraiment une puissant énergie qui circule entre nous. Je crois que Harry l'éprouve également car il la lâche instantanément, ce qui brise la connexion. L'avoir pour moi tout seul n'est plus la même chose. Ce n'est maintenant plus qu'une baguette ordinaire. Ce n'est plus la mienne et je suppose qu'elle ne le sera plus jamais. C'est inutile de vouloir la faire mienne à nouveau. Ce serait comme tenter de demander à mon cœur de se rétracter. Je fais une grimace. Je deviens sentimental quand Harry est dans les parages.
Je soupire lourdement.
- Elle ne m'appartient plus, Potter, je lui fais, prêt à la lui rendre.
- On devrait peut-être faire un duel.
Ça, c'est une idée ridicule. Je ne suis pas en condition de me battre en duel avec Harry Potter et il le sait très bien.
- Pas pour de vrai, Malfoy, il ajoute en voyant l'expression que j'affiche. Juste assez pour que tu la regagnes correctement. Peut-être…
- Peut-être. Mais ma baguette est en ta possession depuis des lustres. Je pense qu'elle ne me reconnaît plus comme son propriétaire.
- Tu rigoles ou quoi ? T'as rien senti quand je te l'ai rendue ? Moi, si.
Ah, la vérité éclate enfin. Il a ressenti quelque chose lorsqu'on a touché la baguette ensemble. Alléluia !
- T'as senti quoi, Potter ? je demande, l'air de rien.
C'est au tour de Harry de se renfrogner.
- Comme si tu ne le savais pas, Malfoy. Comme si tu ne l'avais pas ressenti toi aussi.
L'air ambiant devient brusquement très lourd. La manière dont il a prononcé mon nom fait trembler mes genoux. Foutu Potter. Qu'est-ce qu'il essaie de me faire ? Je sens me visage brûler.
Il se rapproche encore. Je perds la capacité de respirer normalement. Ses mains touchent les miennes. Tout autour de nous disparaît. J'oublie qui je suis. Tout ce que je veux, c'est fermer la distance qui nous sépare.
Il me reprend la baguette et recule au loin. Il me regarde de l'autre côté de la pièce et la pointe sur moi. Je deviens soudain très conscient de moi et de ce qui m'entoure.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Prends ta baguette actuelle. Tu vas me désarmer avec.
Il m'ordonne ça en prenant son meilleur ton de Chef des Aurors. Je ricane.
- T'es pas sérieux ?
- Contente-toi de prendre ta baguette, Malfoy.
- Ça marchera pas, Potter.
- On ne le saura que si on essaie, il réplique avec un haussement d'épaule.
- Je ne suis pas encore totalement remis.
Si j'ai la trouille ? Bien sûr ! Les sortilèges puissants m'épuisent rapidement.
- Tu vas te contenter de me jeter un simple sort de désarmement, Malfoy.
Ce qui est simple pour lui ne l'est plus pour moi. Cependant, peut-être que ce ne serait pas si mal de tenter le coup. Mais est-ce que ce sera aussi facile de récupérer mon ancienne baguette ? J'en doute. Je me rappelle quand nous nous battions en duel à Poudlard. On s'est désarmés mutuellement de nombreuses fois mais nos baguettes gardaient leur identité.
- Ce ne sera pas un vrai duel, je déclare.
Harry a un hoquet de surprise.
- Tu veux un duel pour de vrai ? Très bien, alors. Prends ta baguette. Maintenant.
Il me défie. Un duel avec le Grand Harry Potter. Je fais presque la moue mais dès que j'ai ma baguette en main et que je la dirige vers lui, je sens quelque chose grandir en moi. Notre premier duel à Poudlard me revient en mémoire. Je l'avais eu pendant une seconde puis il avait soudainement conjuré un serpent. Personne, à l'époque, ne savait qu'il était capable de leur parler.
- Tu attends quoi ?
Bonne question. Peut-être que j'attends un signe divin ou un truc dans ce genre. Je me mets en position et une vague d'excitation me remplit.
- À trois ? il me suggère alors. Un, deux…
- Expelliarmus ! je hurle avant qu'il ne finisse de compter.
La faute au Serpentard qui sommeille encore en moi.
Je suppose que je me suis laissé plus qu'un peu emporter. L'idée de faire un duel avec Harry m'a beaucoup trop excité. Le sort jaillit avec plus de force qu'il ne devrait et la baguette vole vers moi mais Harry est projeté au sol.
Je n'ai pas le temps de célébrer le fait que ma baguette pulse dans ma main. Je cours vers Harry en pensant qu'il est sûrement fou furieux et que j'aurais à en subir les conséquences. Lorsque je suis vers lui, je m'agenouille et j'ai la surprise de ma vie. Un énorme sourire s'étale sur son visage.
- Alors ? Tu te sens plus fort maintenant ? il me demande, toujours étendu par terre, les yeux brillants.
Je lui rends son sourire. J'essaie de le réprimer mais c'est contagieux. Comment je pourrais lui résister ? Je me sens différent avec ma vieille baguette. Peut-être que je ne me sens pas plus fort mais je me sens assurément plus confiant. Ma vieille amie est de retour. Je sais que si Harry la réclamait, elle reviendrait aussitôt vers lui. Mais pour l'instant, elle accepte mon retour et ça devrait suffire. Je la sers fermement.
- Merci.
C'est tout ce que je peux dire et pour un Malfoy, ça veut dire beaucoup.
Harry s'assied. Nos regards se perdent l'un dans l'autre pendant un long moment. D'une manière ou d'une autre, nos visages finissent par être très proches.
- Tu as une chambre d'amis disponible ? il me demande dans un murmure.
Mon cœur bondit presque hors de ma poitrine.
- Bien sûr.
- Ça te dérange si je reste ici jusqu'à ce que tu sois prêt à partir en Egypte ?
C'est la plus merveilleuse requête jamais entendue de la bouche de Harry. La plus surréaliste et la plus terrifiante aussi.
J'en reste tout simplement sans voix. Ce que je voudrais faire, c'est lui dire qu'il peut prendre mon lit s'il le souhaite. Qu'est-ce qu'il répondrait si je lui demande de coucher avec moi ?
Mieux vaut ne pas tenter le diable. Je ne connais pas ses intentions mais je suis certain que ce n'est pas d'aller au lit avec Draco Malfoy.
- Malfoy ?
Je m'éclaircis la gorge dans l'espoir que ça m'aidera à recouvrer ma voix.
- Bien sûr que non, ça ne me dérange pas. Je pensais que toi, tu y verrais un inconvénient. Pourquoi tu veux rester ici ? je réussis à m'enquérir.
Harry ne sourit pas cette fois. En fait, il est plutôt sérieux quand il dit :
- J'ai besoin de m'assurer que tu iras mieux. Alors peut-être… peut-être que je devrais rester et t'aider un peu. Tu as l'air un peu rouillé.
Ses paroles sont magiques, je suis en train de fondre. Si Harry veut rester au Manoir Malfoy, qu'il en soit ainsi. Je suis à lui.
À suivre…
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