Chapitre 10: Combattre aujourd'hui pour vivre demain.
Note de l'auteur: je suis gentille, je vous préviens... J'ai été sadique *.* TRÈS sadique *rigole comme une malade derrière son écran*. Et sinon, c'est le BAC bientôt. Bwah, j'ai pas envie, avec ma mère qui me stresse pour réviser, j'ai rarement le temps d'écrire. Mais j'y arrive quand même, parce que je vous aime ! (Même si, en lisant ce chapitre, vous vous ne m'aimerez sans doute plus :P)
- Bon, on fait quoi maintenant, t'as une idée ?
Couchés dans l'herbe, derrière un buisson large et touffu, et à l'ombre de grands arbres, Gajeel et Levy observaient avec attention le repaire de Faust, établi à environ cinq cent mètres d'eux. Autrement dit, il ne s'agissait que de la cabane et du poste de garde, là où se trouvait l'escalier menant au nouveau palais du roi. Même s'ils en étaient encore loin, l'adrénaline tendait les muscles et faisait battre plus rapidement le cœur des deux jeunes gens. La mécanicienne, qui était celle qui avait posté la question, jouait nerveusement avec sa clé à molette, fixant la petite maison au loin. Le journaliste, quant à lui, était en train de dessiner un plan des lieux à la va vite. Lui s'en souvenait, mais Levy n'était jamais venue ici, du moins pas consciemment, elle risquait de se perdre et de leur attirer des ennuis.
- Avant toute chose, il va falloir que je prévienne Mystogan, déclara-t-il après un long moment de silence. Une fois entrés, je me dirigerai vers la salle de communication et tenterai de passer un appel. Le palais de la capitale à gardé ses écrans pour les appels magiques, même s'ils ne servent plus à rien. Cela peut marcher si j'utilise la magie d'un seul coté, même si la connexion risque d'être difficile. Cependant, nous n'avons pas trop le choix.
- Mais il leur faudra du temps pour venir, non ?
- Je dirais une heure au grand maximum, s'ils sont rapides.
Levy fit la moue. C'était long. Tenir à deux, une heure dans la forteresse de Faust, et ce sans armes magiques pour se défendre équivalait au suicide. Mais c'est pour tout Edoras qu'ils le faisaient. Sinon la guerre éclaterai.
- Et moi ? J'fais quoi en attendant ? Demanda-t-elle en toute logique, puisqu'elle n'allait sans doute pas se tourner les pouces.
Le jeune homme lui tendit le plan qu'il venait de finir et elle le plia avant de le mettre dans sa brassière pour ne pas le perdre. Puis elle se fit attentive à nouveau.
- J'aimerais que tu ailles dans la salle de l'Anima, que tu l'inverses entièrement pour faire perdre toute la magie accumulée par Faust, puis que tu le détruises. Tu t'en sens capable ?
En voyant l'air sérieux que son ami arborait, plein d'une confiance absolue, la bleutée sourit. C'était dans ses cordes, évidemment qu'elle s'en sentait capable ! Démonter les machines, c'était son dada après tout, et elle s'empressa de le lui faire remarquer. Sans plus attendre, ils se levèrent et s'époussetèrent d'un même geste. Remettant son chapeau correctement sur sa tête Gajeel sortit des buissons et se dirigea vers la petite maison, malgré la peur qui lui tiraillait le ventre. Levy lui retint alors le bras, le forçant à se retourner.
- Le mouton… Commença-t-elle, le regard fuyant.
Il tiqua à l'entente de son surnom mais ne fit aucune remarque.
- Oui, Levy ?
Sa main refusant de lâcher celle du jeune homme, elle s'approcha, se colla lentement à lui et frôla sa joue de ses lèvres. Il se raidit, rosit et frissonna à ce contact, plus étonné que jamais. Et ce n'était pas peu dire.
- Ne meurs pas, s'il te plait.
Le journaliste pouffa, gêné, puis tapota les épaules de son amie avec un sourire qui se voulait rassurant cette fois.
- Toi de même, Levy.
- Allez, fini la parlotte et les violons, baston maintenant ! Se reprit-t-elle de façon plus sérieuse, un air agacé sur le visage, comme pour dire que c'était de la faute du jeune homme.
Il hocha simplement la tête puis ils se dirigèrent de concert vers le poste de garde, plus décidés que jamais. Comme ils avaient convenus dans leur plan, Levy se chargerai des gardes à l'intérieur, le plus rapidement possible. Arrivés devant la porte sans même s'être fait remarquer, Gajeel toqua poliment, la mécanicienne préparant déjà sa clé à molette, en position d'attaque. Un bruit de chaise raclant le sol, signifiant qu'il n'y avait qu'un seul garde à l'intérieur, se fit entendre avant que la porte ne s'ouvre.
- Qui va là ? Interrogea abruptement le garde.
La seule réponse qu'il reçut fut un coup de clé dans le nez, puis une frappe du plat de la main dans le cou. Il tomba évanoui, raide sur le sol, la face ensanglantée. Sur un simple mot, Gajeel l'attrapa et le traîna à l'intérieur tandis que la mécanicienne refermait la porte derrière elle. Ils étaient entrés, ils ne sentaient plus leur corps et avaient l'impression que leurs genoux allaient les lâcher à tout instant, mais peu importait. La jeune fille attacha et bâillonna le garde avec ce qu'elle trouva et l'enferma dans un placard contenant des armes, préalablement enlevées par son partenaire. Une fois enfermé dedans, elle pensa à une chose et fouilla dans l'endroit secret où elle mettait habituellement son outil/arme, que Gajeel n'avait jamais trouvé. Elle en sortit alors une petite boule en métal, celle là même qu'elle avait trafiqué à Earthland, et la fourra dans les mains du journaliste.
- Tiens, c't'une bombe, t'en auras p'tet besoin, précisa-t-elle en désignant un petit bouton gris qui dépassait comme étant le détonateur.
Surpris, il la fixa longuement, demandant si ça ne serait pas mieux qu'elle la garde. Jusqu'au moment où elle lui donna en prime une épée magique en lui rétorquant que la femme ici, c'était lui. Légèrement inquiet quant au fait de tenir deux armes, Gajeel ne rétorqua cependant pas, et tâcha d'ouvrir la trappe menant à l'escalier, lui-même conduisant au bâtiment caché dans la falaise. Ils descendirent rapidement et sans bruit, si bien que seules leurs respirations précipitées résonnaient contre les murs. A la fin du couloir, ils entrebâillèrent simplement la porte, passant une tête timide à l'extérieur pour vérifier que la voie était libre. La peur de se faire prendre les taraudait, et le stress mettait leurs sens en alerte. Ce n'était pas plus mal, dans ce genre de situation, mieux valait en avoir de bons.
A pas de loups, ils s'engagèrent dans le premier couloir, essayant de faire le moins de bruit possible malgré le sol constitué de marbre. Heureusement que Faust avait fait ériger des statues de lui tous les deux mètres, ils pouvaient se cacher derrière si un garde passait par là. En parlant de gardes, ils avaient d'ailleurs failli se faire prendre lorsque, tournant au détour du couloir, ils en avaient vu un marcher à l'autre bout. Le journaliste s'était empressé de faire marche arrière, avait marché sur le pied de Levy qui avait braillé et lancé des insultes, et ils avaient donc été obligés de se sauver en vitesse. Si le garde ne les avait pas vu parce qu'il avait le dos tourné, il les avait au moins entendus. Les deux jeunes gens s'étaient donc cachés dans un petit réduit à quelques mètres. Pas facile de tenir à deux là-dedans, tout en observant par le trou de la serrure que personne n'était là. Après une vingtaine de minutes, ils étaient ressortis, certains qu'aucun garde ne passait par là. Puis vint le moment crucial.
- Il va falloir qu'on se sépare, lâcha Gajeel en replaçant ses lunettes sur son nez. Tu sauras te repérer avec le plan ?
- Ouais, normalement. Je prends à droite c'est ça ?
- Oui, à droite, jusqu'à l'embranchement et là tu prends à gauche. Je doute que tu puisses manquer la salle. Et fait attention.
- Je pourrais te rétorquer la même chose.
Un rictus agacé étira les lèvres de la jeune fille. Elle était grande, elle pouvait se débrouiller. D'un hochement de tête commun, ils se séparèrent et le jeune homme partit à gauche tandis que son amie prenait le sens opposé. Il eut de la chance de ne tomber sur personne, et c'est essoufflé après dix minutes de course qu'il arriva enfin devant la salle de transmission. Il prit le soin de refermer la porte derrière lui pour être tranquille et surtout ne pas éveiller les soupçons.
La salle était constituée d'un grand écran, ainsi que d'une sorte de clavier pour entrer des coordonnées. Du moins, il le supposait. Se frottant les mains, il prit place sur le seul siège présent et fit jouer ses quelques connaissances en la matière. La magie n'était concentrée que dans cette salle, il n'y en avait pas ailleurs. Les lachrymas branchés à "l'ordinateur" par de gros câbles suffisaient à le prouver. Il devait donc envoyer de la magie en même temps que l'appel, et ignorait en fait si c'était possible. Surtout qu'il fallait déjà l'allumer, cet écran. Il prit quelques minutes à trouver le bouton, et gémit une fois que ce fut fait en entendant le bruit de fin du monde provoqué par la machine. Il allait finir repéré, c'était clair. Attendant que tout se mette en place, il pianota sur le clavier, modifiant des paramètres pour établir une connexion d'un seul coté; jouant de son instinct pour que tout soit juste. Il entra ensuite les coordonnées du palais royal, et de la salle de réunion, qu'il connaissait par cœur. Puis il pria pour que tout cela fonctionne. Si on avait fait enlever les tableaux digitaux, il était dans la mouise. Le journaliste poussa donc un cri soulagé et victorieux lorsque l'image de Mystogan et d'Erza Knightwalker apparut sur l'écran. Les deux avaient l'air choqués, les yeux grands ouverts, fixant le tableau. S'en était presque comique.
- M-mais… Gajeel ? Bredouilla le nouveau roi, comme s'il doutait que ce fut bien lui. Comment parviens-tu à faire ça ? Les panneaux sont hors service !
- Mon roi, avant tout je dois m'excuser de ne pas vous avoir prévenus plus tôt. Il y a eu… une sorte d'imprévu. Je ne vous expliquerai pas le pourquoi du comment, mais je viens de rentrer d'Erthland. Faust, votre père, a recrée sa forteresse ainsi qu'un Anima. C'est de cette façon que je peux vous parler. Et je dois vous avertir, il a déjà rassemblé ses troupes, dont une bonne partie de votre armée, et les a équipées de nouvelles armes magiques. Il veut reprendre la capitale.
- On arrivera pas à tenir contre de la magie, protesta Erza qui entrevoyait déjà la défaite, chose qui la répugnait.
- Préviens tout de suite les généraux et Fairy Tail, nous venons sur place en renfort Gajeel, Ordonna sèchement Mystogan. Pour ce qui est des soldats, si on ne peut plus leur faire confiance, autant les laisser sur place.
S'ils cédaient à la panique, c'était fini. Gajeel hocha gravement la tête. Du coin de l'œil, il voyait les lachrymas se vider à vitesse grand V, il n'aurait pas beaucoup de temps. Le roi savait déjà où ils se trouvaient, vu qu'il lui avait donné tout ce qu'il fallait avant de partir. Il lui faisait confiance.
- Levy, de la guilde de Fairy Tail est déjà avec moi, précisa le journaliste. Elle se charge de d'inverser l'Anima puis de le détruire. En espérant que ce soit fait avant que vous arriviez.
Ils réglèrent encore quelques points plus ou moins importants, puis le jeune homme fut contraint de couper la communication. Durant une bonne minute, il resta immobile, tentant de se ressaisir et avant tout de se calmer. Il préférait travailler dans l'ombre, l'action n'était pas pour lui, tout cela l'affolait. Et malheureusement, il n'était pas au bout de ses peines.
- Ça alors, un revenant… Comment as-tu réussi à remonter d'Erthland, toi ? Siffla une voix dans son dos qu'il reconnut comme étant celle de José.
Il ne prit même pas la peine de se retourner et se jeta d'abord sur le coté. Il avait bien fait, sinon le sabre noir qui venait de fendre l'air, à l'endroit même où il se trouvait, l'aurait transpercé.
- Quelle heureuse surprise, ricana Gajeel en se relevant.
D'habitude il ne faisait pas dans l'humour en situation critique mais là, ça lui avait échappé. Il se raidit imperceptiblement et fit face à ce sale type qu'il n'avait jamais apprécié. Il ne s'était peut-être jamais servi d'une arme, mais il s'en fichait. Earth-Gajil lui avait appris à se battre, et rien que pour lui faire honneur, il vaincrai José. Son épée se matérialisa sous son ordre, elle était plus petite que celle de son adversaire mais aussi plus légère, et donc plus rapide. Même si l'aura violette autour de celle du bras droit de Faust ne lui inspirait pas une grande confiance.
Sans aucun avertissement, José se jeta sur lui et Gajeel ne put que parer, déjà acculé contre le mur. Finalement, la chance semblait avec lui. Il avait juste donné un petit coup sec pour dévier l'épée, et la voila qu'elle se trouvait déjà repoussée loin de lui. Apparemment, les coups qu'il donnait avec son arme étaient plus forts et violents grâce à la magie, bien. Son adversaire avait reculé et lui en avait profité pour avancer et attaquer à son tour. Il ne se laisserai pas faire pour une fois.
- Faust à été trop bon de vous laisser en vie, mais moi, je ne vous donnerai pas cette chance, ricana José, sans lâcher Gajeel des yeux, ce qu'il ne faisait pas non plus.
Le pauvre journaliste faisait un bien piètre adversaire par rapport au bras droit de l'ancien roi, il le savait. Son double d'Earthland et Panther Lily lui avaient peut-être appris quelques coups, mais il n'avait jamais été question d'un combat à l'épée. Même si l'Exceed, ancien commandant de division, était un excellent escrimeur. Lui ne l'était pas. Pourtant, il allait devoir faire avec ce qu'il avait s'il ne voulait pas mourir. Là, c'était de sa vie dont il s'agissait, il n'était plus question de se laisser faire pour ne pas blesser les autres. La galanterie n'existait plus. Et puis, Levy comptait sur lui, il n'avait pas le droit de la laisser seule ici. Alors il leva fièrement son épée devant lui et para le coup qui venait. Aujourd'hui, il se battait, même si ça paraissait improbable.
- Je suis navré de te décevoir José, mais je n'ai pas fait tous ces efforts pour ensuite me faire tuer par un homme aussi ridicule que toi !
Leurs deux épées se repoussèrent et chacun recula d'autant que le peu d'espace de la pièce le leur permettait. José n'avait apparemment pas aimé la remarque que Gajeel venait de faire, mais ce dernier s'en fichait bien de l'avoir blessé, il avait dit ce qu'il pensait. Alors que son adversaire arrivait sur lui en grognant un tas d'insultes plus grossières les unes que les autres, le journaliste donna un bon coup de pied dans la chaise, l'envoyant dans les pieds de José qui s'étala bruyamment au sol. Le jeune homme regrettait déjà ce qu'il allait faire mais il n'avait pas le choix. Déterminé à gagner, il abaissa son épée vers la nuque de son ennemi par terre, désireux d'en finir au plus vite. Mais c'était sans compter sur les réflexes de l'autre homme qui roula sur le coté, laissant l'épée magique fendre de sol, avant de se relever et de porter un coup à son tour.
Le journaliste n'avait pas eu le temps de le voir venir, il avait été bien trop lent, conséquence d'une vie passée sans jamais combattre personne. Le katana de José fendit l'air sans la moindre once de pitié. La douleur arriva d'abord dans son ventre, tout comme la sensation froide du métal transperçant son corps. Son hurlement douloureux fut facilement estompé par le mal qu'il ressentait et qui lui coupait le souffle. Le bras droit de Faust retira son épée avec un rire sadique et victorieux et Gajeel retomba par terre, une main posée contre son flanc droit, où il venait de se faire toucher.
- Le combat n'aura pas duré très longtemps, tu pensais réellement avoir une chance ?
- Mais ce n'est pas fini, qu'est ce que tu crois ?
Non, il n'avait pas l'intention de perdre ainsi, et il avait toujours son épée en main. Avec un geste brusque et malgré sa blessure, il se força à se remettre sur ses pieds, et d'un geste brusque, entailla le bras de José. Egalité.
Ce geste donna lieu à de nouvelles insultes que Gajeel ignora superbement. A défaut d'être galant maintenant, il restait tout de même poli. Mais il s'affaiblissait alors que José s'énervait et portait des coups de plus en plus violents. Le journaliste avait fini une nouvelle à terre en esquivant le katana qui visait sa tête. Parant l'épée qui avait ensuite failli s'abattre sur lui, il donna un coup de pied dans le genou de son adversaire, pour le faire reculer et reprendre le dessus. Avec un grognement, il prit appui sur la machine qu'il avait utilisé juste avant, en même temps que l'autre se relevait. Ce fut à ce moment qu'une idée lui traversa. Le tableau de transmission était encore chargé par un peu de magie et par de l'électricité. Elle réagirai donc au contact de l'acier et de la magie de leurs armes. Le métal étant conducteur, il suffisait d'une décharge pour toucher José et l'assommer pour un bon moment, voire le tuer même s'il ne le souhaitait pas au fond. José se jeta une nouvelle fois sur lui, visant sa poitrine avec la claire intention d'en finir. Gajeel fit un pas rapide sur le coté et attrapa le poignet de son attaquant.
- Désolé José, mais tu as perdu, déclara-t-il froidement en affrontant son regard surpris avec une assurance toute nouvelle.
D'un coup sec et violent, il força son adversaire à planter son épée dans la machine, puis se jeta lui-même au sol. Il entendit un crépitement, vit de la lumière puis entendit un hurlement couvert par le bruit d'une explosion. Le journaliste eut l'impression que le calme mit un temps fou à revenir. Recouvert par un tas d'objets brûlés et des débris, il se leva difficilement, la douleur dans son ventre semblant pomper ce qu'il lui restait d'énergie. A coté de lui, José était étendu au sol, roussi, sans compter la fumée qui s'échappait de ses habits. Il ne se relèverai pas de sitôt, ça c'était clair.
- Bon sang ! Jura le jeune homme en se remettant sur ses pieds, une main toujours plaquée sur son ventre. Pourquoi a-t-il fallu que ce genre de situation m'arrive, je n'avais rien demandé pourtant !
Il soupira et gémit longuement. Il devait retrouver Levy et vite, avant qu'il ne perde connaissance dans un coin. Déjà sa vue se troublait et son front devenait moite. Sans compter que l'explosion avait très certainement alerté des gardes. Il sortit précipitamment de la salle complètement détruite à présent, referma la porte derrière lui et s'élança dans le couloir en direction de la salle de l'Anima.
Depuis qu'elle avait quitté Gajeel, Levy n'avait pas cessé de courir. Jetant des coups d'œil à la carte qu'il lui avait dessiné, elle était finalement arrivée au bon endroit, tout en ayant évité quelques gardes. Elle força rapidement la serrure de cette énorme porte en bois massif et l'ouvrit lentement. Lorsqu'elle grinça horriblement, un juron lui échappa. L'huile pour les gonds, ils connaissaient pas ? Laissant la porte légèrement entrebâillée, elle se retourna et soupira. Cet endroit était étrangement familier à ces yeux, oui, c'était bien la salle de l'Anima qui les avait envoyés à Earthland. Elle s'en rappelait comme si elle ne l'avait jamais quittée. Tout comme elle se souvenait du regard de Gajeel qui s'était senti trahi à ce moment là. Elle ne le décevrai pas. Empoignant sa clé à molette, elle s'élança vers le centre de la pièce et l'étrange machine qui constituait l'Anima, en prenant soin de ne pas regarder en bas. Une fois arrivée devant, elle croisa les bras, une moue perplexe s'affichant sur son visage, et une question sur le coin des lèvres: comment je l'allume cette merde ? Cherchant des yeux un gros bouton qui pourrait correspondre, et ne le trouvant pas, elle se rabattit sur une sorte de levier juste à coté qu'elle tira. Heureusement pour elle que ce n'était pas un piège et qu'il n'y avait aucune trappe sous ses pieds. Connaissant Faust et sa paranoïa, ça aurait pu être le cas. Non, à la place, elle soupira de soulagement en entendant un vrombissement et en voyant les lachrymas s'allumer un à un.
Activation de l'Anima dans une minute. Chargement des lachrymas pour stocker la magie.
Encore cette même voix froide et mécanique. Décidément, la jeune fille ne l'appréciait pas. Mais, une seconde, qu'est ce qu'elle avait dit ?
- Eh nan ! C'pas ça que je veux, inverse toi ! S'écria-t-elle en donnant un coup de clé à molette sur le tableau des commandes.
Un drôle de son strident en ressortit, elle lui avait fait mal ? Oui, elle parlait souvent aux machines qui ne marchaient pas comme elle voulait. Elle avait l'illusion qu'elles l'entendaient mais ne l'écoutait pas, ce qui lui donnait une excuse pour les insulter et les frapper. Sauf que là, même avec un bon coup de clé, elle restait réticente la belle. Grognant une vague d'insultes, elle cogna du poing sur tous les boutons en face d'elle, espérant parvenir à un résultat. Elle se sentait attirée vers le bas à nouveau et le bruit se faisait de plus en plus fort. Elle ignorait si elle pouvait inverser l'Anima alors qu'il était en cours d'utilisation, et apparemment ça n'allait pas tarder. Par chance, au bout du cinquième coup, et après s'être fait mal à la main, elle eut enfin un résultat convaincant.
Activation de l'Anima inversé dans trente secondes.
- Eh ben tu vois quand tu peux, crétine !
Elle attendit patiemment puis vit avec satisfaction la magie s'échapper de son arme. Maintenant elle devait faire vite, si elle l'avait vu, les gardes verraient aussi leurs armes perdre leur magie et sauraient que c'était un problème lié à l'Anima. Ils se précipiteraient ici et Levy doutait de pouvoir tous les battre. Elle espérait que Gajeel allait bien aussi. Au bout de cinq minutes, on lui indiqua sur le tableau de bord que le transfert avait débuté et que la magie se faisait renvoyer à Earthland. Avec un grand sourire, elle se lança dans la deuxième partie de ce qu'elle devait faire. Détruire l'Anima. Elle donna un bon coup de pied dans une tôle en métal qui se plia et tomba avec un bruit horrible qui la fit grincer des dents. S'agenouillant par terre, elle se baissa pour passer par le trou et aller sous le tableau des commandes. Entourée par des fils électriques de toutes les couleurs, elle s'amusa à en couper quelques uns et à entremêler les autres entre eux. Elle défit des soudures, fit s'emballer les réglages, mettant un joyeux bordel dans toute l'installation avec un rire sadique. Eh bien oui, si elle savait monter des machines, elle savait aussi les démonter ! Une fois son joli travail terminé, elle ressortit de son trou et pianota une nouvelle fois sur la machine. Cependant, elle n'avait pas prévu la suite. Elle pensait juste avoir assez détraqué l'Anima pour lui faire enclencher le programme d'autodestruction, mais elle y était allé un peu fort finalement. La mécanicienne eut juste le temps de dire merde que les lachrymas encore plein de magie lui explosèrent à la figure, provoquant une énorme secousse à cause de l'onde de choc. Catapultée par-dessus bord, elle hurla et parvint tant bien que mal à se rattraper au rebord de la plateforme. Mais là, oui, elle était dans la merde.
- Salope ! Tu veux ma mort c'est ça ? Cria-t-elle rageusement, comme si on allait lui répondre.
Avec un peu de chance, elle se détruirai tout de même, de la fumée commençait à s'en échapper. Mais si elle n'arrivait pas à se tirer et à retrouver Gajeel entre temps, elle allait y rester. Et pour l'instant, c'était un peu mal barré.
- Je veux pas retourner à Earthland ! Protesta-t-elle en battant vainement des pieds pour remonter, même si ça ne l'aidait en rien.
Sa main commençait à lui faire mal d'ailleurs, elle ne tiendrai plus très longtemps ainsi, elle allait tomber, c'était sûr ! Que dirait le journaliste en arrivant et en ne la voyant plus ? Affolée, elle serra les dents et se débattit un peu plus pour réussir à remonter, même si cela la fatiguait trop et qu'elle n'y arrivait pas. Des larmes de rage et d'impuissance coulèrent sur ses joues, coupées par ses paupières qu'elle maintenait étroitement closes à présent. La magie était encore en train de se faire transférer à Earthland, si elle tombait, elle le serait aussi. Et si Gajeel n'était pas avec elle, elle ne voulait pas y retourner. Elle sentit sa main lâcher et hurla une insulte. Elle se retrouverai toute seule à nouveau, là en bas, dans ce monde hostile, sans personne pour l'aider et la soutenir. Et ce, malgré Fairy Tail. Même si ces mages étaient les mêmes qu'à Edoras, ils ne la faisaient pas se sentir en sécurité comme Gajeel le faisait. Soudain, elle sentit une main agripper fermentent son poignet et sa chute fut brutalement stoppée.
- Accroche-toi, Levy ! Ne lâche pas ! Tu m'avais promis de rester en vie !
Ses yeux s'ouvrirent en grand et elle releva la tête, serrant elle aussi par un geste instinctif, le bras de Gajeel qui l'avait rattrapée. Qu'est ce qu'il faisait là ? Il avait réussi à appeler Mystogan ? Un grand sourire naquit sur ses lèvres et ses larmes se remplirent de joie, même si elles furent vite séchées par le souffle de la magie qui balayait toute la salle. Il était là, c'était le principal.
- C'est moi qui t'avais demandé ça, non ?
- Vrai. Mais ça valait aussi pour toi.
La serrant un peu plus fort, le journaliste essaya tant bien que mal de la remonter en prenant appui sur le sol, mais il fallait bien reconnaître qu'il n'y arrivait pas. Ce n'était pas que la jeune fille était lourde, bien au contraire, c'était lui qui n'avait plus de force. Et Levy le remarqua bien en voyant sa chemise tâchée de rouge. Ses yeux s'agrandirent d'horreur en voyant cela.
- M-mais, t'es blessé ? Qu'est ce que t'as foutu ? S'écria-t-elle, paniquée soudain.
- Oh ça ? Ce n'est pas grand-chose, juste le signe que j'ai battu José, ricana le jeune homme avec un drôle de rictus.
- Pas grand-chose ? Te fous pas de moi !
- Ça va aller, ne t'inquiète pas.
Lentement mais sûrement, il y arrivait. Dès qu'elle en eut les moyens et qu'elle fut à portée, elle s'agrippa à nouveau au rebord. Avec tout ce vent, ballotée dans tous les sens, c'était incroyablement difficile. Grognant sous l'effort, elle parvint même à s'y accouder lorsqu'une bourrasque plus violente que les autres vint lui compliquer la tâche. L'Anima déconnait totalement, il ne faisait pas cela la dernière fois. Levy priait pour qu'il se calme vite et meure en silence. Elle se tourna vers Gajeel qui la tenait encore tant bien que mal pour éviter qu'elle ne retombe, et ouvrit la bouche pour lui dire de faire gaffe à son chapeau, mais elle le fit une seconde trop tard.
Ils virent soudain son chapeau s'envoler sous l'effet du vent et le journaliste étouffa un cri horrifié. Les yeux aussi gros que des balles de ping-pong, les deux jeunes gens le regardèrent disparaitre, aspiré dans l'Anima. Etrangement, un lourd silence s'abattit sur eux à ce moment là, on aurait dit qu'ils venaient de voir quelqu'un mourir devant eux. En voyant je jeune homme, on pouvait clairement le penser.
- Bordel de merde… Grogna-t-il soudainement.
Un air triste passa dans ses yeux, et même sa prise sur le poignet de Levy se desserra un peu. Elle se retourna d'ailleurs vers lui, surprise de l'avoir entendu jurer, lui qui d'habitude était si poli. Normal, il venait de perdre son précieux chapeau et ne le récupérerai sans doute jamais.
- Ne t'avises pas de sauter pour aller le chercher, gémit Levy en une faible tentative pour plaisanter, surtout que l'envie de le faire brillait dans les yeux du jeune homme.
Il ne répondit même pas et pinça les lèvres, les yeux rivés sur l'endroit où son chapeau adoré avait disparu, mais ne fit rien pour tenter de le chercher. Elle parvint enfin à mettre un de ses pieds sur la plateforme et poussa un soupir de soulagement vite étouffé. Parce qu'ils n'étaient pas au bout de leurs peines. Le destin s'acharnait sur eux aujourd'hui. Pourtant ils ne faisaient rien de mal, ils voulaient juste sauver leur monde de la guerre qui se préparait.
- Vous en avez fait des dégâts, déclara soudainement un vieil homme juste derrière eux. Mais cette fois, vous ne reviendrez pas.
Les surplombant de toute sa hauteur, Faust n'avait pas l'air content. Mais alors pas du tout. Gajeel qui était déjà blanc parce qu'il avait perdu trop de sang devint livide et la mécanicienne grinça des dents. Ils étaient foutus.
- Vu l'état dans lequel cette peste a mis mon Anima, je doute avoir le temps de le réparer.
- La peste elle t'emmerde, vieux schnock ! Répondit la mécanicienne en le foudroyant du regard.
D'ailleurs, elle ne fut pas la seule, Gajeel aussi lui jeta un coup d'œil désapprobateur, toujours penché sur elle en espérant l'aider. Il ne disait rien, il savait que s'il lâchait Levy pour se défendre, elle risquait de retomber, mais il avait aussi très peu de chances de s'en sortir lui-même. Bien que, dans les deux cas, la mort les attendait au tournant. Et tout cela faisait drôlement sourire l'ancien roi.
- Vous avez eu de la chance dans votre petite entreprise jusqu'à maintenant, mais je suis au regret de vous annoncer que pour vous, c'est la fin du voyage.
Sans aucune pitié ni aucun remord, Faust envoya un coup de pied dans le ventre de Gajeel, pile sur sa blessure, et ce fut à son tour de voler par-dessus le rebord. Levy qui était maintenant presque entièrement dessus, serra son bras de toutes ses forces pour ne pas le lâcher, mais avoir si brusquement ce poids qui la tirait vers le bas faillit la faire lâcher et comble de malheur, elle se retrouva dans la même position qu'avant.
- Vous tomberez bien avant que l'Anima ai finit de se décharger, et au pire, il explosera et vous emportera avec. Maintenant je dois vous laisser, il semblerait que vous ayez eu le temps de prévenir la capitale de ce qui se tramait ici. Mais sachez que ce ne sera pas vos insignifiantes personnes qui m'arrêteront.
L'ancien roi éclata d'un rire cruel puis s'éloigna lentement et referma la porte derrière eux sur ces paroles, les enfermant dans cette maudite salle. Ou alors leur chance venait de tourner, ou alors elle était épuisée. Surtout qu'à présent, Gajeel était dans un état critique, et que si la mécanicienne ne lui tenait pas le bras, il risquait très sérieusement de tomber.
- Hé le mouton ! Me lâche pas ! S'écria-t-elle en le secouant un peu, espérant parvenir à lui faire reprendre ses esprits.
Il n'avait pas l'air bien, elle doutait même qu'il soit conscient, soudainement. Et il saignait beaucoup trop, combien de litres avait-il déjà perdu ? S'ils s'en sortaient, il aurait besoin de soins d'urgence. Elle n'hésiterai pas à secouer Mystogan devant ses troupes pour ça, s'il le fallait. Semblant reprendre connaissance, le jeune homme réussit tant bien que mal à s'agripper à Levy, plus pâle et faible que jamais.
- Ça va… bredouilla-t-il en clignant des yeux, même si la jeune fille ne lui avait pas demandé son état de santé.
- Encore heureux ! Répliqua-t-elle avec colère, même si c'était pour masquer son inquiétude. Tu commençais à devenir lourd !
- Tu vas réussir à nous remonter ? Demanda le jeune homme d'un air coupable, comme si c'était de sa faute soudain.
- Honnêtement, j'en doute, ricana Levy. Alors à moins que des ailes d'Exceed nous poussent dans le dos, on est dans la merde !
Avec un long gémissement, elle tenta tant bien que mal de se tenir plus fermement, mais aucun résultat n'était convaincant. Cette fois, la chance les avait abandonnés.
Dans l'esprit de Gajeel, une idée se profila. L'Anima n'était pas près d'exploser, et le transfert n'était toujours pas fini. Le fait que Levy ai voulu le détruire en même temps qu'il envoyait la magie à Earthland devait certainement ralentir le processus. Et pourtant, dans leur position actuelle, ils ne tiendraient pas jusqu'à ce qu'elle s'autodétruise, et même s'ils y arrivaient, l'explosion les emporterai. Mais peut-être que s'il parvenait à faire chuter l'Anima et à ce qu'il explose ensuite, en dessous d'eux, ils auraient une chance de s'en sortir.
Le journaliste pinça les lèvres en s'imaginant le scénario. Non, Levy aurait une chance de s'en sortir, pas lui. Parce que s'il continuait à la tirer comme ça vers le bas, comme un poids mort, la secousse de la plateforme risquait de la faire tomber aussi. Avec sa main valide, il sortit la petite bombe qu'elle lui avait donné avant d'entrer, la soupesant pour voir s'il arriverai à atteindre le socle de la machine pour la faire exploser. Plus lourde, elle tomberai plus vite que lui, mais il n'empêchait qu'il n'aurait rien pour se tenir. D'un autre coté, il n'avait pas vraiment le choix. Une énorme sensation de tristesse lui serra le cœur et il baissa la tête, observant la magie qui s'échappait de leur monde une seconde fois, puis se retourna vers Levy. Il y avait tant de choses que, même maintenant, il n'osait pas lui dire… Mieux valait sans doute qu'il emmène ses sentiments avec lui, surtout que la mécanicienne ne lui en avait pas témoigné énormément. Si encore le fait qu'il soit tombé amoureux d'elle était réciproque, mais il n'en était même pas sûr. Et même si c'était le cas, lui n'avait plus beaucoup de chances de s'en sortir. Rien que l'état de sa blessure suffisait à le prouver. Alors s'il parvenait, au final, à faire une bonne action et sauver une amie, il était heureux. Le jeune homme desserra un peu sa prise sur le poignet de Levy, qui le sentit et se tourna vers lui, affolée, pour se heurter à un drôle de sourire serein.
- Gajeel ? Qu'est ce que tu… commença-t-elle d'une voix dont on entendait qu'elle était pleine de questions muettes.
Elle vit ce qu'il tenait en main et ses yeux s'agrandirent un peu plus. Qu'est ce qu'il essayait de faire au juste ? Son cœur rata un battement, puis un autre, et s'accéléra soudain sous l'effet de la peur. Son ventre se noua à un tel point qu'il lui fit mal, lorsqu'elle se rendit compte que le journaliste voulait lâcher. Mais elle ne voulait pas elle !
- Mais ne lâche pas, crétin ! T'oublies ce que tu m'as promis ? S'écria-t-elle, en serrant plus fort de son coté.
Mais si ça n'allait que dans un sens, ça ne marcherai pas, et elle le savait. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était pourquoi il faisait ça. Elle ne voulait même pas le savoir, elle voulait juste s'en sortir et rester avec lui. Il le lui avait promis après tout !
- Désolé Levy. Je crois que j'aime trop mon chapeau pour m'en séparer, plaisanta-t-il, malgré son sourire désolé.
Avant qu'elle ne rétorque quoi que ce soit, sous le choc, il activa la bombe qu'elle avait fabriqué, la jeta sur l'Anima en réussissant par miracle à viser juste, puis la lâcha. L'allégement soudain combiné au fait qu'elle tirait vers le haut depuis avant la fit remonter assez pour qu'elle puisse se remettre sur ses pieds. Mais sans Gajeel. Son bras toujours tendu vers lui, elle hurla son prénom, de nouvelles larmes se mettant à couler, comme si, tombant et s'éloignant d'elle, c'était une partie d'elle qui tombait et s'éloignait. Et c'était affreusement douloureux. La bombe explosa à ce moment, détruisant une bonne partie de la plateforme et faisant tomber l'Anima, comme le journaliste l'avait prévu. Les yeux larmoyants de la mécanicienne croisèrent ceux du jeune homme, qui lui sourit en retour et inclina un chapeau imaginaire sur sa tête. Puis cette fois, ce fut l'Anima lui-même et les lachrymas qui explosèrent, déversant la magie qu'il leur restait. Une lumière blanche les aveugla tous les deux, Levy se sentit projetée vers le haut sous le souffle de l'explosion en croyant devenir sourde à cause du bruit. Elle perdit connaissance sans trop comprendre pourquoi ni comment, mais la scène qu'elle venait de vivre était encore gravée devant ses yeux. Ce ne fut même pas un juron qu'elle poussa avant de s'évanouir, mais une nouvelle fois le prénom de son ami qu'elle ne voyait plus.
