PROMPT : Ville fantôme
En entendant parler au petit déjeuner d'une attaque de Mangemorts sur le chemin de Traverse, Harry et Drago échangèrent un long regard.
Ils étaient encore un peu mal à l'aise l'un avec l'autre, leur trêve était encore fraîche de quelques jours. Ils se croisaient en silence dans les couloirs.
Le lendemain du jour où ils s'étaient serré la main, Drago était venu s'installer de lui-même à ses côtés à la bibliothèque. Ils avaient travaillé tous les deux en silence n'échangeant qu'un signe de tête lorsqu'ils s'étaient séparés.
Harry s'était installé à côté de Drago en potions, de lui même. Le silence s'était fait aussitôt dans la classe, mais aucun des deux garçons n'avait dit quoi que ce soit.
Cependant, le regard approbateur de leur professeur de potions avait réchauffé le cœur des deux garçons. Ils avaient échangé un regard de connivence.
Et là dans la Grande Salle, ils étaient installés à leurs tables respectives. Face à face. Ils avaient immédiatement noté que Severus Rogue était absent.
Puis, la nuée de hiboux avait fait son entrée dans la grande salle, et Harry avait machinalement prix la Gazette que lui avait tendu une Hermione blême.
En première page, il y avait ce titre. "Le chemin de Traverse attaqué".
Une photo de la rue commerçante sorcière, qui évoquait une ville fantôme de films moldus que Harry avait pu voir. Hormis peut être la marque sinistre des ténèbres flottant au dessus de chez Florian Fortârome.
Harry avait levé les yeux au même moment que Drago et leurs regards s'étaient rencontrés. Pleins de la même horreur, de la même inquiétude.
Les Mangemorts avaient attaqué, et Severus n'était pas là.
Ils tenaient tous les deux la Gazette, figés.
Harry se leva et sortit à grands pas de la Grande Salle. Malgré lui, il partit en direction des cachots, l'estomac serré par l'inquiétude.
Lorsqu'il entendit des pas précipités à sa suite, il ralentit, devinant qu'il s'agissait de Drago.
En arrivant à sa hauteur, Drago lui attrapa le poignet et le tira à sa suite.
- On aura plus de chances dans ses appartements.
Harry hocha la tête et se laissa entraîner.
Au cœur des cachots, Drago se planta devant un tableau représentant un homme barbu.
- Pourriez-vous indiquer à Severus que son filleul souhaite le voir, je vous prie ?
L'homme du tableau fronça le sourcil et étudia un instant les deux garçons. Il s'attarda un peu plus longtemps sur Harry et eut un sourire entendu. Puis, le tableau pivota et les deux garçons entrèrent.
Drago était déjà visiblement venu, et semblait à l'aise. Harry par contre, découvrait le décor.
Il n'avait jamais imaginé les appartements de son professeur de potions. Mais si on le lui avait demandé, il aurait probablement imaginé un décor sombre. Or, la pièce dans laquelle il venait d'entrer était claire. Mur blancs, sol clair. Il n'y avait pas de décoration, aucun bibelot, ni tableau. Les quelques meubles présents, une table et quatre chaises, une commode, un canapé et un fauteuil, étaient simples. C'était des meubles d'aspect ancien, légèrement usés bien que parfaitement entretenus.
Severus était dans son fauteuil, encore plus pâle qu'à son habitude. Le contraste avec ses habituelles robes noires était saisissant.
L'homme avait l'ai de souffrir, et les deux adolescents se précipitèrent sur lui.
Drago posa une main tremblante sur le bras de son parrain tandis que Harry notait l'épaule humide de sang.
Avec délicatesse, il dénuda l'épaule de son professeur et ils hoquetèrent en voyant la blessure profonde, probablement un sort de découpe.
Harry se reprit rapidement.
- Malefoy, trouve moi de quoi nettoyer son épaule.
Le Serpentard ne protesta pas et partit dans les profondeurs de l'appartement de son parrain.
Pour sa part Harry vérifia rapidement que son professeur n'était pas blessé à un autre endroit. Il lui parlait, essayant de le faire réagir, essayant de cacher son inquiétude.
Drago revint avec une serviette de toilette mouillée, qu'il passa doucement sur la blessure. Le jeune homme était blême et serrait les dents, mais il ne flancha pas.
Harry soupira.
- Ce n'est pas une blessure grave, il a juste perdu beaucoup de sang.
Le professeur de potions s'agita et Harry posa une main douce sur son épaule pour l'empêcher de bouger.
- Professeur ?
Harry inspira brusquement, tendu et tendit sa baguette. Il hésita un peu avant de lancer le sort qu'il connaissait pour guérir les blessures mineures.
- Episkey !
Avec soulagement, il vit les bords de la plaie se rapprocher et la peau se referma doucement.
Harry relâcha ses muscles, soulagé.
- Où est la chambre ? Nous devons l'y conduire, il sera mieux allongé.
Drago hocha la tête et tous les deux, ils aidèrent le maître des potions à demi inconscient à se lever.
Celui-ci grogna légèrement, mais se laissa faire.
Dans la chambre, Harry nota que la pièce était sur le même modèle que le salon. Spartiate et impersonnelle.
Ils aidèrent l'homme à s'allonger et celui-ci haleta, ouvrant à demi les yeux.
Harry lui posa la main sur son épaule valide.
- Professeur ? J'ai lancé un episkey sur votre entaille à l 'épaule mais... souhaitez-vous que nous appelions Madame Pomfresh ?
L'homme s'agita.
- Non. ça ira. Merci. Merci à tous les deux.
Drago grimaça.
- Parrain, c'est l'attaque du Chemin de Traverse, n'est-ce-pas ?
Severus acquiesça. Puis péniblement, il se redressa à demi.
- Il y a des potions anti-douleur dans la salle de bain, Drago. Ainsi qu'une potion de régénération sanguine. C'est un flacon rouge...
Le jeune homme hocha la tête et partit rapidement. Severus tourna les yeux vers Harry.
- Merci Potter. Vous avez fait le nécessaire.
- Professeur, pourquoi ne pas avoir demandé de l'aide ? Dumbledore aurait dû vous venir en aide !
- Je suis resté en vie si longtemps en tant qu'espion pour une bonne raison. J'ai toujours fait confiance à mon instinct et dans ce cas, étant donné que c'est un membre de l'ordre, Maugrey Fol-Oeil, qui m'a blessé... je préfère me méfier.
Harry laissa échapper un hoquet stupéfait, mais il ne commenta pas. Drago revint et ils aidèrent leur professeur à prendre les potions. Puis, alors que l'homme commençait à somnoler, Harry se pencha vers lui.
- Reposez-vous, Monsieur, nous nous occupons de tenir le Directeur à distance.
