PDV Lauren
Moi : Cher ?
Cher : Lauren…
Je crois que je n'avais pas complètement assimiler le fait qu'elle était bien là avant qu'elle ne vienne m'embrasser. Quand je me retrouve avec ses lèvres sur les miennes pour la première fois depuis des mois, c'est là que je réalise. Elle est bien là, dans mes bras, vivante. J'avais fini par me faire à l'idée de sa mort. Pas que je sois passée à autre chose. Elle était toujours là, au fond de mon cœur, mais je n'avais clairement plus espoir de la revoir vivante. Et pourtant, la voilà, à m'embrasser comme si elle n'était jamais partie.
Moi : Comment… ?
Cher : (contre mes lèvres) On parlera plus tard, beaucoup plus tard.
Alors je la laisse faire, comprenant qu'elle en ait besoin mais incapable de lui rendre cette tendresse, pas avec ce que je viens de découvrir.
Le lendemain…
J'étais réveillée bien avant Cher et je m'étais préparée un café avant de me souvenir que ce n'est pas bon pendant une grossesse. Pas que je m'en inquiète. Honnêtement, je ne sais pas encore ce que je vais de ce bébé mais je ne peux pas être irresponsable juste parce que je n'en veux pas pour l'instant. Je me retrouve donc à présent avec un thé devant moi. Si j'en juge par le fait qu'il est à présent froid je me doute que je suis assise là, immobile, depuis un bon bout de temps. Je me sens comme la fille la plus horrible de tous les temps. Je l'ai laissé faire hier soir, comme si je n'avais rien fait, comme si je l'avais attendu pendant tout ce temps alors que… Brad avait raison, je l'ai abandonné.
Cher : Tu as l'air tendu ma chérie.
Je relève la tête et je la trouve l'épaule contre le montant de la porte, à me regarder intensément. Qu'est-ce qu'elle doit penser de moi ? Elle s'attendait probablement à ce que je l'accueille avec une effusion de baisers et de « tu m'as manqué » mais, à la place, elle a droit à une petite amie froide et distance, perdue dans ses pensées et son dégoût d'elle-même.
Moi : Beaucoup de choses sont arrivées hier soir.
Cher : (s'assoit en face de moi) Tu veux que je te raconte ce qui m'est arrivé ?
Moi : (soupire) Je pense que je devrais commencer et tu décideras en conséquence.
Cher : Lo, qu'est-ce qui s'est passé ? C'est si grave ?
Moi : Plutôt oui.
Cher : Dis-moi…
Moi : Quand le gars de l'armée est venu pour me dire que toute ton unité était portée disparue et qu'ils abandonnaient les recherches j'ai… Je n'avais honnêtement plus aucun espoir. Les premiers jours je vivais dans une sorte de brouillard qui faisait que je n'assimilais pas ce qui t'était arrivé. Et puis je suis retournée à Dallas pour prévenir Selena, Miley, Shay et Ashley qui était là à ce moment. C'est en retournant là-bas que tout est revenu. Tous ces moments qu'on avait passé ensemble et que je pensais partis définitivement avec toi… (passe ma main dans mes cheveux) En revenant à New Haven, j'ai essayé de faire partir la douleur comme beaucoup d'autre avant moi, avec l'alcool.
Cher : (secoue la tête) Lauren…
Moi : (la coupe) Laisse-moi finir s'il te plait. (soupire) C'est arrivé il y a environ trois semaines. Ça faisait officiellement 4 mois que tu n'étais plus là et… j'avais perdu tout espoir de te revoir à ce moment-là. J'ai bu plus que d'habitude et… (plonge mon visage dans mes mains) Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça.
Cher : Faire quoi ? Lo, chérie…
Moi : J'ai couché avec Brad.
Cher : Brad ? Comme Brad, ton pote de cours ?
Moi : Oui.
Cher : Ce n'était qu'une fois non ? Dis-moi que ce n'était qu'une fois…
Moi : Ce n'était qu'une fois.
Cher : Bon…
Moi : (la coupe) Hier soir, juste avant que tu n'arrives, j'ai fait un test. C'était positif, je suis enceinte.
Pouvoir enfin le sortir fait finalement du bien. J'aurais pu cacher ça mais pourquoi ? Avorter dès aujourd'hui et vivre le reste de mes jours avec les remords ? Cher mérite mieux que ça, mieux que moi. Je vois son visage se figer et son regard se vider progressivement.
Cher : Ça je n'en reviens pas.
Moi : Cher…
Cher : (me coupe) Pendant tout ce temps, pendant que toi tu avais l'alcool pour te donner l'illusion que tout allait bien, j'étais enfermé dans un campement de rebelle au Pérou. Chaque jour paraissait plus long et plus douloureux que le précédent. J'avais terriblement envie de me laisser mourir là-bas mais je me suis battue. Chaque jour je pensais à une façon de sortir de ce trou pour te retrouver. Et quand j'y arrive, quand je reviens en pensant que je pourrais enfin de retrouver, je découvre ça. Pendant que moi je me battais pour qu'on soit ensemble, tu t'es laissée tomber dans les bras d'un autre en trouvant en plus le moyen de te faire foutre en cloque.
Moi : Je ne voulais pas ce qui s'est passé ! Je n'ai même pas de sentiments pour lui !
Cher : Ça ne change rien au fait que tu portes son gosse et je ne vais pas rester pour le regarder arriver.
Moi : Cher…
Cher : Laisse tomber, au final j'aurais peut-être dû me laisser crever là-bas.
Moi : Ne dis pas ça ! Et puis bordel tu ne peux pas m'en vouloir !
Cher : Je n'ai pas le droit de t'en vouloir de m'avoir trompée ? Ça aussi ça a changé pendant que je n'étais pas là ?
Moi : Je te croyais morte Cher. Tu ne peux pas m'en vouloir de ne pas avoir mis ma vie entre parenthèses en attendant ton hypothétique retour.
Cher : (se lève) Je te l'avais promis, de revenir pour toi.
Moi : Je te rappelle que tu étais en pleine guerre, désolée de ne pas avoir cru à cette promesse.
Cher : (secoue la tête) Je vais y aller.
Moi : Où ça ?
Cher : Chez mes parents. Eux n'ont pas douté de mon retour.
Sans rien ajouter, je la regarde sortir de mon appartement. Je suis incapable de bouger et apparemment aussi de me tenir encore debout. Je me laisse retombée sur une chaise et je laisse les larmes coulés en plongeant mon visage dans mes mains. I mois j'ai demandé à n'importe qui, n'importe quoi, de me la ramener. Ils n'auraient pas pu avoir un meilleur timing ? Mon regard tombe sur mon ventre.
Moi : (murmure) Tout ça c'est de ta faute.
Non, en fait, c'est de la mienne. Juste moi. Je n'aurais pas dû perdre espoir. Je n'aurais pas dû me laisser aller à l'alcool. Dans mon état normal, je n'aurais certainement pas fait ça. J'ai beau retourné la situation dans tous les sens, encore et encore, je ne sais pas quoi faire de ce bébé. Je ne m'imagine pas le tuer, impensable d'avorter. Si je calcule bien, de toute façon j'aurais fini mes études avant d'en être arriver au dernier trimestre de ma grossesse donc de ce côté-là, pas de soucis. Mais je ne me vois pas élever cet enfant seul, ni même l'élever avec Brad. Non parce que la seule personne avec qui je voulais fonder une famille vient de passer définitivement la porte de chez moi. Je ne sais pas quoi faire de toi, petite chose qui grandit dans mon ventre. Je ne sais même pas si je dois t'aimer ou te haïr.
PDV Louane
Ça doit bien faire deux voire trois semaines que je dors plus que d'habitude. Les cauchemars quotidiens que j'avais se sont enfin calmés et je suis capable de fermer l'œil pour plus de 4 heures. Mais je m'arrange toujours pour arriver en avance au lycée parce que je sais que Bea sera là et je ne veux pas rater nos rendez-vous journaliers. C'est bien la seule raison pour laquelle je suis contente d'être venue ici, pour elle. Parce qu'elle est juste tout ce que je ne suis pas. Heureuse. Une étincelle dans son regard que je veux retrouver. Depuis quelques temps cependant, elle semble éteinte. Elle a un truc qui manque et je ne sais pas quoi, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas non plus si je suis en droit de demander des explications. Ce matin je me suis décidée à tenter ma chance, peu importe ce qui en ressort. Si elle a un problème, je veux l'aider. Parce qu'elle, sans le savoir, elle m'aide et je veux lui retourner la faveur. Quand j'approche de la salle, je l'entends en pleine conversation avec Jacob. Je n'arrive à comprendre que ce que lui dit avant de quitter la salle : « C'est la dernière fois que je te préviens. » Il part dans la direction opposée de celle d'où je viens donc je ne le croise pas. Tant mieux. J'entre donc dans la salle de musique et je retrouve Bea contre le piano. Quand elle m'entend entrer, elle relève la tête et se détend clairement en voyant que ce n'est que moi.
Bea : (sourire) Hey.
Moi : (secoue la tête) N'essaye même pas. Je vous ai entendu.
Bea : Oh, hum… Ce n'est pas…
Moi : Pas ce que je crois ? C'est bizarre comme cette phrase revient souvent quand ce qu'on croit est en fait vrai.
Bea : Et qu'est-ce que tu crois ?
Moi : Qu'il te fait du mal. Physiquement, mentalement… je n'en sais rien. Mais ce qu'il y a entre vous à changer, peu importe la raison.
Bea : C'est toi la raison.
Moi : Moi ? Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Bea : Il a peur de toi.
Moi : Peur de moi ? Qu'est-ce que je pourrais bien lui faire ? Tu m'as regardé ?
Bea : Oui je t'ai regardé.
Moi : Je ne vois pas ce que je pourrais lui faire de si horrible.
Bea : Ça.
Elle me prend alors par surprise en comblant le vide entre nous et en venant m'embrasser. Je ne réagis pas parce que je ne m'y attendais clairement pas mais, au moment où je me dis que c'est trop agréable pour que ce soit normal, elle rompt le baiser.
Bea : Tu vois ? Rien. Je ne vois pas de quoi il a peur mais c'est comme ça. Il ne veut plus que je te vois.
Moi : Et tu vas l'écouter ?
Bea : J'y suis obligée.
Elle me contourne alors et se dirige vers la porte. Je ne peux pas la laisser faire. On est au XXIème siècle, elle ne devrait pas avoir à obéir à son copain comme ça !
Moi : Bea, attends ! (la retiens par le bras) Ne fais pas ça.
Je remarque qu'elle se crispe, comme si elle avait mal. Sauf que je ne la serre pas assez fort pour lui faire mal sauf si… Ok j'espère me tromper mais je préfère m'en assurer. Je relève la manche de son pull et je vois que j'avais raison.
Moi : C'est lui qui te fait ça ?
Bea : Non, je suis tombée.
Moi : Tu te fous de moi ?!
Bea : Ce n'est rien, arrête de t'inquiéter pour rien. Et puis, ça ne te regarde même pas.
Moi : Je ne vais pas le laisser s'en sortir comme ça et toi non plus. Il faut que tu en parles à quelqu'un.
Bea : Ça ne ferait qu'empirer les choses si j'en parlais à un prof.
Moi : (réfléchis) Pas besoin que ce soit un prof. J'ai une idée.
Bea : De quoi ?
Moi : (prends sa main) Suis-moi.
Sans attendre sa réponse, je l'entraîne jusqu'au bureau d'Ally où j'espère trouver l'aide dont on a besoin. Alors je toque et j'attends quelques secondes le temps qu'Ally vienne ouvrir.
Ally : Bonjour les files. Je peux vous aider ?
Bea : Louane, on avait dit pas un prof !
Moi : On cherche Selena. Elle est déjà arrivée ?
Ally : Elle est passée i minutes. Elle doit être en salle d'Espagnol.
Bea : Avec Mme Lovato ?
Ally : Euh... oui.
Bea : Il se passe quoi entre elles ?
Moi : Je ne crois pas que ça te regarde.
Bea : Non mais je suis curieuse.
Ally : (sourire) Vous comprendrez en arrivant là-bas. Autre chose ?
Moi : Non, merci de votre aide. (à Bea) Suis-moi.
Bea : Je ne fais que ça. Tu m'expliques ton délire ?
Moi : Selena m'a dit de venir la voir au moindre problème, qu'elle n'irait pas le répéter à la direction si je lui demandais. On va la voir.
Bea : Et on lui raconte quoi ?
Moi : La vérité ! Elle peut t'aider.
Bea : Je ne veux pas d'aide ! Je veux que tu me laisse tranquille !
Moi : Je ne peux pas d'accord !
Bea : Pourquoi ? Ce n'est pourtant pas compliqué. Fais comme quand tu ne me connaissais pas encore.
Moi : Avant toi j'étais au bord du suicide. Tu... tu m'aides d'accord ? Depuis que je te connais, je pense moins à ce qui est arrivé à mes parents. Depuis que je te connais, Bea, je recommence à vivre au lieu de survivre. Et je ne perdrais pas ça, peu importe le prix à payer.
Bea : Tu parles comme si... (hésite)
Moi : Comme si quoi ?
Bea : Comme si tu étais... amoureuse... de moi ?
Moi : Non c'est juste... je ne sais pas comment l'expliquer...
Bea : Laisses tomber alors. On va parler à Selena si tu veux mais si elle ne peut rien faire on fait comme prévu, on ne se voit plus.
Moi : Ok si tu veux.
Comme si j'allais vraiment l'abandonner. Je sais déjà que non, même si Selena ne peut rien faire, je trouverais quelque chose. Je ne sais pas encore quoi mais je me démerderais. Je sais que ça donne vraiment l'impression que j'ai des sentiments pour elle vu la façon dont je parle mais non. C'est plus comme… une addiction. Je ne saurais vraiment pas l'expliquer.
Bea : On y est.
Sans hésiter, je toque et entends quelques secondes qu'on soit invitées à entrer. Bea s'avance sans hésiter et je la suis, retrouvant Selena avec une prof que j'ai croisé quelques fois sans savoir qui s'était. Si elles sont vraiment ensemble, je confirme que Selena a de bons goûts, même si ça reste une prof.
Selena : Un problème les filles ?
Bea : Non.
Moi : Oui.
Selena : (sourire) Il va falloir vous mettre d'accord.
Comme je me doute bien que Bea va se défiler encore une fois, je me décide à prendre les choses en mains. Je relève sa manche pour dévoiler ses ecchymoses. Le regard de Selena se focalise sur les marques.
Selena : Qui t'a fait ça ?
Bea : Je suis tombée.
Selena : (se tourne vers Lovato) J'ai une curieuse impression de déjà-vu. (à Bea) Qui que soit la personne qui t'a fait ça, il faut que tu en parles, tu ne peux pas laisser passer quelque chose d'aussi grave.
Bea : Ce n'est pas si grave que ça.
Selena : C'est Jacob qui t'a fait ça ?
Bea : Non !
Moi : Oui !
Selena : Il va vraiment falloir accorder vos propos mesdemoiselles.
Bea : Je ne crois pas que tu puisses m'aider.
Selena : Est-ce que c'est Jacob qui te fait ça ?
Bea : … Oui…
Selena : Depuis quand ?
Bea : Quelques semaines. Depuis Nouvel An en fait.
Selena : Pourquoi ?
Bea : Et bien… (regarde Louane) Il a peur de la compétition.
Selena : Je vois. Bea, il ne mérite pas que tu lui laisses autant de chances. S'il l'a fait une fois, il recommencera et tu le sais.
Bea : Et si je le lâche il finira par me tuer.
Selena : Tu crois que je le laisserais faire ? Tu crois que Louane le laisserait faire ?
Bea : Je… Je ne sais pas… S'il vous plait, juste restez en-dehors de ça.
Elle s'en va alors et je m'apprête à la suivre quand Selena m'arrête. Je comprends alors que peut-être, peut-être, je devrais laisser à Bea un peu d'espace le temps qu'elle se remette les idées en place. Quoi qu'il arrive, je sais déjà que je vais faire tout mon possible pour la libérer de cet enfer dans lequel ce connard l'a mise.
Louane : Et on l'abandonne comme ça ?
Selena : On n'abandonne personne. Mais avant de commencer quoi que ce soit, je dois être sûre que tu seras prête à tout pour elle.
Louane : Je n'en ai pas l'air ?
Selena : (sourire) Tu l'aimes ?
Louane : Non ! Enfin… Je ne sais pas…
Selena : Si tu es vraiment prête à tout, il va falloir que tu t'accroches à elle, que tu la fasses réagir. Tu ressens quelque chose pour elle. Peut-être que tu ne t'en rends pas encore compte mais je suis certaine que c'est le cas.
Louane : Peut-être.
Selena : N'abandonne pas, jamais. Parce que tu ne sais jamais comment les choses peuvent tourner pour vous.
Louane : Pourquoi elle ne veut pas tout simplement le dénoncer ? Je ne comprends pas !
Selena : Alors essaye de la convaincre de le faire. Je crois bien que tu es la seule qui le peut.
Louane : J'essayerais.
PDV Lauren
Depuis les deux heures où Cher est partie en trombe de l'appartement, je regarde fixement de mes yeux envahis de larmes une photo de nous deux. Un cliché de la veille de son départ pour Lima. Elle me regarde avec tellement d'amour dans les yeux et c'est probablement la dernière fois où j'ai été pleinement heureuse. Je continue à laisser les larmes couler jusqu'à ce que j'entende la sonnette retentir. Alors, je sèche les perles salées qui ont dégringolés sur mes joues et je vais ouvrir pour retrouver derrière la porte…
Moi : Cher ?
Cher : Hey.
Moi : T'es trempée ! (m'écarte) Entre.
Cher : (entre) Lo', je suis désolée.
Moi : Attends ici, je vais te chercher de quoi te sécher…
Cher : (me retient) Non, reste. Lauren tu ne méritais pas ce que je t'ai dit. Savoir que tu continuais d'être heureuse ça aurait dû me…
Moi : Heureuse ? Cher, j'étais une épave sans toi. Si j'avais su que tu étais encore en vie je n'aurais jamais rien fait avec lui.
Cher : Je sais et je suis désolée de m'être emportée. J'étais juste… surprise.
Moi : Je comprends.
Cher : Tu vas le garder ?
Moi : Je ne sais pas. Concrètement je pourrais vu que j'aurais fini mon cursus avant d'avoir atteint le troisième trimestre mais…
Cher : Imagine une petite Clarke ou un petit Maxyme. On s'en occuperait, toutes les deux.
Moi : Cher…
Cher : Je ne peux pas t'abandonner juste pour ça. Si je le faisais, ce serait comme retourner en enfer. Alors, je ne dis pas que se sera simple, mais je veux bien essayer. Je veux que ce soit notre enfant si c'est ce que tu veux aussi.
Moi : J'ai l'air de vouloir te remballer ? Cher, tout ce que je veux c'est passer le reste de ma vie avec toi, dès maintenant.
Cher : (sourire) Je signe.
Moi : Moi aussi. (l'embrasse) Maintenant je vais te chercher de quoi te sécher et te changer. Viens avec moi.
Je lui prends alors la main et je l'entraîne dans ma chambre. Je lui donne des vêtements de rechange avant d'aller chercher une serviette dans la salle de bain. Quand je reviens, elle tient en main une boite qu'elle me tend dès qu'elle me voit.
Cher : J'ai raté Noël et je ne pouvais rien te faire parvenir alors voilà. C'est pour toi.
Moi : Tu n'étais pas obligée mon cœur.
Cher : J'avais envie. (je le prends) En plus, ce n'est rien.
Moi : (ouvre le cadeau) Rien ? Tu te fous de ma gueule ? Une Rolex ce n'est rien ?
Cher : Pas n'importe quelle Rolex. La Lady DateJust 26, celle que tu voulais.
Moi : Non mais ce n'était pas obligée. T'es dingue, sérieusement.
Cher : Indemnités de l'armée. Je n'avais pas envie de garder cet argent. Mais, je garde le reste pour le bébé.
Dès qu'elle dit ça, je me sens me figée. Il y a encore 15 minutes je pensais ne jamais la revoir et voilà qu'elle parle de commencer une épargne pour notre bébé. Vous m'excuserez si je suis un peu choquée mais je pense que c'est justifier.
Moi : Je t'ai déjà dit que t'étais incroyable ?
Cher : Quelques fois.
Moi : Alors je te le redis. Tu es incroyable… et toujours trempée. Change-toi maintenant et arrête de me faire tomber amoureuse plus que je ne le suis déjà.
Cher : (sourire) Là je ne garantie rien.
PDV Bea
Après les cours, j'attends patiemment Jacob près de sa voiture. Je sais ce que vous pensez, je devrais partir, m'éloigner de lui le plus possible, surtout après ce qu'il m'a fait. Mais comprenez bien, je suis avec lui depuis 2 ans et c'est la première fois qu'il est comme ça. Alors, je ne peux m'empêcher de penser que peut-être il se passe quelque chose qui le pousse à être comme ça. Ce n'est pas le Jacob que je connais et personne ne peut décemment jouer la comédie et prétendre être ce qu'il n'est pas aussi longtemps. S'il avait été violent, je l'aurais découvert depuis longtemps. Alors, mon petit côté bon samaritain ressort et je me suis décidée à l'aider, quitte à devoir m'éloigner de Louane pendant quelques temps.
Ne vous y trompez pas, ça me fait mal de ne plus la voir. Ça fait une semaine depuis qu'on est allées voir Selena et, comme promis, elle ne m'a plus adresser la parole depuis. Je sais de source sûre qu'elle vient encore en salle de musique chaque matin, non pas que j'ai espionné ou peut-être un peu, mais je ne l'ai jamais rejointe. J'écoutais juste ce qu'elle jouait, ce qu'elle chantait. Quelle ironie quand même. Je retrouve enfin la voix que je cherchais depuis des mois et voilà que je dois l'ignorer. Ma vie est digne d'un film, je vous le jure.
En tout cas, je n'ai plus trop le temps de méditer sur le tragique de ma vie puisque Jacob arrive à ce moment-là. Lui, il fait comme si rien n'avait changé, comme s'il n'avait pas passé sa colère physiquement sur moi. Il fait comme de rien, il continue de m'embrasser, d'être adorable, de me prendre dans ses bras sans raison et je suis perdue. Je suis perdue parce que c'est différent maintenant quand il fait ça.
Jacob : Je te raccompagne princesse.
Moi : Ça marche.
Alors que j'ouvre la portière de sa voiture du côté passager, j'aperçois plus loin Louane et, pendant quelques secondes, son regard croise le mien. C'est là que je comprends qu'elle n'a pas abandonné. Quelque chose au fond de ses yeux qui me fait comprendre qu'elle prépare un truc et j'espère que ce n'est rien de stupide ni de dangereux. Je monte dans la voiture sans plus attendre, impatiente de rentrer chez moi et de me foutre sous mes couvertures en essayant d'oublier le monde. Le trajet jusque chez moi est plutôt rapide et, une fois que Jacob s'arrête devant chez moi, je m'apprête à sortir de son véhicule quand il m'arrête.
Jacob : T'es bizarre en ce moment.
Moi : Moi je suis bizarre ? Ça c'est la meilleure.
Jacob : Tu insinues quoi là ?
Moi : Que, de nous deux, tu es celui qui est le plus étrange en ce moment. Et, jusqu'à ce que j'ai droit à une explication, ne m'adresse plus la parole.
Jacob : C'est cette fille qui te retourne la tête.
Moi : Peut-être qu'elle a juste été là pour m'ouvrir les yeux.
Et je sors de sa voiture pour de bon et je rentre chez moi sans me retourner. Je peux vouloir l'aider mais ce n'est pas pour autant que je vais continuer à prétendre avoir des sentiments dont je doute. J'ai l'habitude d'être avec Jacob, ça fait depuis l'entrée au lycée qu'on est ensemble, 2 ans. Évidemment que j'y suis habituée à force. Même qu'au bout d'un moment, tout le monde plaisantait en disant qu'on finirait forcément par se marier tellement on était pareils. Apparemment non. Tout était parfait avant… avant que Louane n'arrive et ne bouleverse ma vie.
Hilery : Bea, ta petite amie est là !
Moi : Je n'ai pas de petite amie merde !
Kim : Non mais tu sais, la petite blonde très mignonne.
Hilery : Pardon ?
Kim : Quoi ? Admets au moins que ta fille a de bons goûts !
Hilery : Je l'admettrais quand elle aura lâché ce Jacob, je ne le sens pas moi ce garçon. Il cache quelque chose.
Kim : Non mais de toute façon personne ne sera assez bien pour ta petite fille chérie.
Hilery : C'est la tienne aussi je te rappelle.
Kim : Je sais, c'est pour ça que j'essaye de la caser avec la blonde.
Moi : Comme si je n'étais pas capable de m'embarrasser toute seule, il faut que vous en rajoutiez. (sors de ma chambre) Les règles sont les mêmes que la dernière fois.
Kim : Qu'est-ce qu'elle a de si spécial pour que tu ne veuilles pas qu'on la rencontre ?
Moi : Elle n'est pas préparée à l'idée de vous rencontrer et je pense qu'on est d'accord pour dire que ce genre de chose se prépare ? Enfin bref, plus de questions. Vous vous contentez d'être discrètes, pitié.
Je n'attends même pas une affirmation et je vais immédiatement à la porte d'entrée. Et elle m'attend là, comme à Noël sauf que, cette fois, elle ne devrait pas être là.
Moi : On avait mis les choses au clair non ?
Louane : Et je t'ai dit que je ne pouvais pas.
Moi : Qu'est-ce que tu veux ?
Louane : Que tu prennes la bonne décision. Que tu le dénonces et que tu arrêtes de t'accrocher à lui parce qu'il ne t'apportera rien de bon.
Moi : Qu'est-ce que tu en sais ? Avant que tu ne débarques tout allait très bien.
Louane : Pas si bien que ça si j'ai réussi à tout détruire sans même essayer. J'y peux quoi, moi, si tu es incapable de résister au charme français ? C'est bien ça le problème non ?
Moi : Le problème c'est qu'il a peur que tu m'éloignes de lui.
Louane : (s'approche) Et il n'a pas assez confiance en toi pour penser que tu pourrais résister ?
Moi : Je… ne sais pas…
Louane : Peut-être qu'il a raison d'avoir peur au final. Peut-être que je suis capable de voler ton cœur. (s'éloigne) Mais ça, c'est à toi d'en décider. Je ne peux rien faire pour toi.
Et, tandis qu'elle s'éloigne, je me souviens de cette chanson que j'ai commencé à écrire il y a quelques mois. L'inspiration était venue d'un coup et je ne savais pas d'où. Plus tard, en relisant les paroles, je me rends compte qu'en fait, j'ai tout écrit pour une personne précise. Une personne qui n'est pas Jacob…
