Salut les gens! Désolée de ne pas avoir posté dimanche dernier, avec tous ces orages je n'ai pas eu de connexion internet pendant quelques temps.

L'auteur a tendance à mettre des phrases fatales en fin de chapitre. J'adore la dernière phrase de ce chapitre ;)

Merci beaucoup à tous de me suivre :D


DG : Merci! Gwen : Tu aimes le Tiva, tu aimes les dernières phrases, tu vas adorer celle-là! Romane29w : Ca s'améliore un tout petit peu dans ce chapitre. Merci beaucoup :) Sasha : Encore du Giva. Merci :D Chou05 : Ne t'inquiète pas, Tony va persévérer... Alicia : Les pauvres personnages sont complètement traumatisés par ce qui leur est arrivé... Chacha0507 : Merci! :) PéBéGé : Tu as survécu à ta syncope? Tu veux une bouteille d'oxygène? Plus de doudous? xD Merci :D


Scene ten - Permanent (Permanent)

Will you think that you're all alone (Penseras-tu que tu es toute seule)
When no one's there to hold your hand? (Quand personne ne sera là pour tenir ta main?)
And all you know seems so far away (Tout ce que tu sais semble si loin)
And everything is temporary, (Et tout n'est que temporaire)
rest your head (Pose ta tête)

I´m permanent (Je suis là pour toujours)

Quand Gibbs revint, il fut surpris de voir Tony assis dans la salle d'attente. Il occupait la dernière chaise, dans le coin le plus éloigné de la pièce, et regardait par la fenêtre. Il fut tenté de continuer son chemin, car il était toujours un peu énervé après son agent malgré tout. Mais l'air perdu que Tony affichait le dissuada d'agir ainsi.

- Je ne m'attendais pas à te trouver là, Dinozzo.

Tony releva les yeux en direction de son patron et le vit s'approcher.

- Salut Boss... Comment ça va?

- C'est plutôt à moi de te demander ça. Qu'est-ce que tu fais là? Je pensais que tu serais aux côtés de Ziva.

A la mention du nom de l'israélienne, le visage de Tony se décomposa encore un peu, et il baissa la tête vers le sol.

- Elle euh... Elle m'a jeté dehors.

- Elle est réveillée?

C'était étrange qu'Abby ne l'ait pas prévenu...

- Oui. Depuis une heure environ. Elle a été assez... paniquée quand elle m'a aperçu. Abby lui a expliqué la situation et elle...

Tony soupira et frotta ses yeux sans douceur.

- Elle était très... énervée je dirais, mais elle n'avait pas son regard habituel qui veut dire "Dinozzo tu as encore tout fait foirer." Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé dans sa tête... Quoi qu'il en soit quand j'ai essayé de lui parler elle m'a mis à la porte. Et elle m'a lancé un de ces regards... Je n'ai pas osé la contredire.

- Tu as sûrement bien fait de ne rien répondre et de sortir, dit Gibbs calmement.

Ils restèrent un moment assis en silence. Tony avait retourné son visage vers la fenêtre.

- Elle s'est effondrée à ton enterrement. Elle est tombée de sa chaise et s'est mise à sangloter.

Tony se retourna brusquement vers Gibbs. Il fronça les sourcils et se redressa sur sa chaise.

- Elle a quoi?

Ziva éclatant en sanglot n'était pas une idée qui avait déjà traversé l'esprit de Tony. D'autant plus publiquement, devant toute une assemblée...

- Non. C'est pas possible.

- Je ne te demande pas de croire à ce que je te raconte. Je te dis ce qu'il s'est passé. A ton enterrement Ziva a fini en sanglot, dans l'herbe. Elle a passé la semaine qui a suivi ta mort a totalement ignorer les faits et ce qu'elle ressentait. A ton enterrement, la réalité a repris le dessus et l'a emporté. Depuis ce jour la situation n'a fait qu'empirer.

Tony fixa son patron un long moment, enregistrant peu à peu ce qu'il lui disait. Gibbs resta immobile quelques temps puis finit par se relever.

- Je suis sûr que quelque part au fond d'elle elle sait que tu n'y es pour rien dans cette histoire. Mais ça l'a profondément blessée, Dinozzo, et la blessure est toujours ouverte. Ne t'attend pas à ce qu'elle te pardonne si facilement.

Gibbs savait à l'expression qu'affichait son agent que le pardon était la dernière des choses qu'il attendait de la part de Ziva.

- Gibbs! s'écria Abby quand il entra dans la chambre de Ziva.

Ziva tourna rapidement la tête pour le voir, puis la baissa, rougissant légèrement. Gibbs savait mieux que quiconque à quel point ces dernières semaines avaient été difficiles pour elle, jusqu'où elle s'était enfoncée, à quel point elle s'était affaiblie.

Il était la dernière des personnes qu'elle avait envie de voir en ce moment. Hormis Tony, bien sûr.

Tony. Qui était vivant. Qui n'était pas mort. Tony était vivant. Ziva ferma les yeux alors que son visage rougissait davantage.

- Abby, pourquoi est-ce que tu n'irais pas te chercher quelque chose à manger au distributeur?

C'était plus un ordre qu'une suggestion. Abby le comprit et se garda donc de répliquer. Elle se leva et serra Ziva dans ses bras quelques secondes avant de glisser hors de la chambre. Elle prit le temps d'avertir Gibbs du regard, lui faisant clairement comprendre qu'il n'avait pas intérêt à être trop dur avec la jeune femme.

Ziva aurait vraiment apprécié qu'un médecin ou une infirmière entre dans la pièce à cet instant. Mais depuis quand la vie lui faisait-elle des fleurs?

- Ziva, commença Gibbs, dans le but d'attirer l'attention de la jeune femme. Quand il comprit qu'elle ne relèverait pas la tête, il plaça ses doigts sous son menton et la força doucement à le regarder. Leurs regards se trouvèrent. Gibbs put voir dans ses yeux acajous toute le douleur et la peur qu'elle ressentait.

Ils restèrent un long moment à se fixer, jusqu'à ce que Ziva ne détourne les yeux.

- Je t'écoute, murmura-t-elle en regardant ses mains qui serraient la couverture.

Gibbs émit un léger sourire et s'assit sur la chaise qu'avait occupé Tony une bonne partie de la journée.

- Qu'est-ce que tu veux Gibbs?

- Honnêtement? Je ne sais pas par où commencer. J'ai envie de te hurler dessus pour avoir été si stupide, mais je ne pense pas qu'une chambre d'hôpital soit le lieu le plus approprié pour ça.

Ziva redressa la tête, surprise.

- Quand est-ce que j'ai été si stupide?

- Durant cette mission sous couverture. Tu as joué avec le suspect. Tu ne nous a jamais donné le signal pour venir à ton secours. Tu l'as laissé te poignarder...

- Je ne l'ai pas laissé me poignarder, protesta Ziva. J'ai... J'ai essayé de sortir le couteau de sa poche pour pouvoir l'appréhender...

- Ce n'était pas ce que tu devais faire, Ziva, reprit Gibbs. Ton travail été de t'assurer qu'il était bien le marin que nous recherchions, et de nous prévenir aussitôt. Mais tu ne l'as jamais fait. Tu as préféré agir seule, et ça a bien failli te tuer. Et pourquoi ai-je l'impression que c'est exactement ce que tu voulais?

Ziva serra les dents un moment, réfléchissant aux mots qu'elle allait employer pour lui répondre.

- Je ne suis pas partie sous couverture avec l'intention de me faire tuer...

- Alors pourquoi as-tu agis ainsi? L'interrompit Gibbs, qui n'avait pas la patience de décrypter des sous-entendus. Qu'est-ce que tu recherchais Ziva? Parce que ton but n'était pas de simplement attraper ce meurtrier. As quoi est-ce que tu pensais?

Ziva connaissait la réponse, elle avait eu l'intention de laisser le destin faire les choses. Mais elle savait que répondre ça ne les mènerait nul part. A part inciter Gibbs à la forcer à voir un psy jusqu'à la fin de ses jours.

- J'ai cru que je pourrais gérer les choses seule. J'ai déjà désarmé des hommes plus forts que ça par le passé. Je crois que... je me suis surestimée. Ou peut-être que je l'ai sous-estimé.

- Ou alors tu n'as pas réfléchi du tout. Ce qui arrive de plus en plus souvent avec toi dernièrement.

Ziva grimaça au souvenir de son dernier séjour à l'hôpital, et de ce qui l'y avait conduite.

- Ce n'est pas... ce n'est pas ce que tu crois Gibbs.

- Vraiment? Répondit Gibbs d'un ton sarcastique. Parce que là je suis persuadé que tu as cherché à mourir Ziva. Prouve moi que j'ai tort.

- Tu as tort, répondit-elle aussitôt, un brin sarcastique elle aussi. Elle en avait marre de parler de ça. Rien de ce qu'elle pourrait dire ne réussirait à convaincre Gibbs qu'il se trompait sur ses intentions. Pourquoi continuait-elle de perdre son temps à se justifier?

- Dis moi sincèrement que je me trompe.

Ziva soupira fortement.

- Gibbs, je ne sais pas ce que tu veux m'entendre dire. Je peux passer des heures à me justifier, mais toi et moi savons que quoi que je dise, je ne réussirai pas à te faire changer d'avis. Alors que veux-tu?

Gibbs regarda Ziva un long moment.

- Tu recommences, finit-il par dire. Il s'attira par là un regard confus de Ziva.

- Je recommence quoi?

- Te renfermer. Etre froide et méthodique pour éviter de t'avouer la vraie nature de tes sentiments. Tu te rappelles où ça t'a menée la dernière fois?

Ziva grimaça une fois de plus alors qu'elle se remémorait l'enterrement de Tony.

- Arrête de me mentir Ziva. Arrête d'ignorer ce que tu ressens. Affronte tes sentiments Ziva, et apprend à vivre avec.

Ziva ne savait pas quoi lui répondre. Depuis l'enterrement de Tony elle avait perdu tous ses repères, et elle s'était battue, seule, pour les reconstruire un à un. Mais à cet instant les murs dans lesquels elle s'était enfermée s'écroulaient de nouveau, sous l'effet des questions de Gibbs.

Alors que des larmes emplissaient ses yeux elle réalisa que les murs derrière lesquels elle avait l'habitude d'enfouir ses émotions n'allaient pas la sauver cette fois-ci.

- Mon but n'était vraiment pas de mourir Gibbs, murmura-t-elle d'une voix tremblante.

- Mais si tu étais morte? La coupa gentiment Gibbs.

- ça n'aurait pas eu grande importance.

Elle refusa de laisser ses larmes glisser le long de ses joues. Même si Gibbs s'était approché, s'était assis sur le lit et l'avait doucement prise dans ses bras. Elle enterra son visage dans sa veste, son souffle était rapide et erratique, ce qui lançait des assauts de douleur dans son abdomen. Mais elle ne laissa pas couler ses larmes.

Tony referma la porte en silence, remerciant dieu sait qui de ne pas s'être fait attraper alors qu'il espionnait Ziva. La tête lui tournait.


- Mon but n'était vraiment pas de mourir Gibbs.

- Mais si tu étais morte?

- ça n'aurait pas eu grande importance.


Tony ne sut pas vraiment comment, mais soudain son poing heurta le plâtre blanc qui recouvrait le mur de l'hôpital. Il ne cilla presque pas quand un craquement accompagna le coup et remarqua à peine la douleur qui remontait le long de son bras.

- Ouch.

Tony tourna rapidement la tête et regarda McGee, qui le fixait d'un air étrange.

- Le mur n'y est pour rien tu sais.

- Je sais, mais je n'allais pas cogner Conrad, ou Vance, grogna Tony. Et puis au moins le mur ne souffre pas.

- Le mur, non. Mais toi oui apparemment. Tu devrais aller montrer ta main à un médecin. Tony ramena sa main près de lui et tenta d'étendre ses doigts. Il grimaça sous l'effet de la douleur.

- Elle a voulu mourir, McGee.

Il ne répondit pas. Ce fait n'avait sûrement rien de nouveau pour McGee.

- Elle ne voulait plus qu'une chose : mourir. Elle est allée exécuter cette mission sous couverture avec l'intention de revenir au NCIS dans un putain de sac mortuaire. A quoi pensait-elle bon sang?

- Elle pensait à la douleur qu'elle ressentait, et elle voulait que celle-ci s'arrête.

Tony serra les dents et ferma les yeux.

- Les choses ne devaient pas se passer ainsi, souffla-t-il après un moment. Elle... Elle devait être celle qui s'en sortait bon sang. Elle ne devait pas finir dans cet état.

Malgré toute sa volonté, McGee se sentit mal pour son partenaire. Peu importe ce qu'il s'était passé, Tony n'avait jamais cru que les choses iraient si loin. Il n'avait jamais imaginé que sa "mort" aurait de si mauvaises conséquences. Qu'elle génèrerait tant de souffrances.

- Je ne comprends pas, éclata soudainement Tony, à la surprise de McGee. Déjà quand ma voiture a explosé elle a cru que j'étais mort. Mais elle n'a pas du tout réagi comme ça ce jour là. Elle a su gérer les choses à l'époque!

- Cette fois là elle ne t'a cru mort que l'espace de quelques heures, lui rappela McGee. Elle n'a pas eu à aller à ton enterrement. Et elle n'a pas eu à vivre avec le sentiment que tu étais mort pour elle.

Tony hoqueta alors que pour la première fois, il se remémorait la dernière fois qu'il avait vu Ziva. Quand on lui avait tiré dessus et qu'elle avait tout fait pour le garder éveillé, pour empêcher son sang de se répandre sur le sol. Il se rappela ses yeux, rempli de peur, alors qu'elle continuait de lui parler même si elle l'implorait de se taire, de garder ses forces. Jamais auparavant il n'avait vu une telle expression sur son visage.

- Elle aurait dû mourir à ta place, continua doucement McGee. C'est comme ça qu'elle a vu les choses. Je crois que ses mots exacts étaient "Ce putain d'idiot m'a écartée de la trajectoire de la balle pour se la prendre."

- Elle m'a traité de "putain d'idiot"?

- ça sonnait mieux dans sa bouche, quand elle pleurait en même temps.

Tony déglutit péniblement et secoua la tête.

- Je ne pense pas qu'en ce moment non plus elle soit dans le meilleur des états d'esprit. Laisse lui du temps Tony. Tout sera redevenu comme par le passé avant que tu ne t'en aperçoives.

Tony aurait vraiment voulu pouvoir y croire.


Le reste de la journée se passa plus calmement, au plus grand plaisir de chacun. Tony avait fait ausculter sa main, on lui avait dit qu'il s'était cassé deux doigts. Il avait laissé un médecin bander ses doigts, ne répondant pas quand on lui demandait comment il s'était fait ça.

Gibbs et McGee n'étaient pas restés très longtemps. McGee avait accepté de demander à Ziva si Tony pouvait venir la voir. L'informaticien parut désolé quand il revint avec une réponse négative.

Abby était restée auprès de Ziva jusqu'à la fin de la journée. Ducky leur avait apporté de quoi manger à elle et Tony, qui n'avait pas quitté la salle d'attente de l'hôpital. Ducky était resté un moment. Ziva avait habilement évité de répondre à Ducky chaque fois que celui-ci lui avait demandé pourquoi Tony était toujours dans la salle d'attente. Quand Ducky avait posé la question à Tony, la réponse que l'Agent lui avait marmonné ne l'avait pas plus éclairé. Ducky avait fini par appeler Gibbs pour connaître le fin mot de l'histoire.

- Tony, tu n'es pas encore rentré?

Tony releva la tête en direction d'Abby, qui le regardait avec des yeux tristes. Il se mit aussitôt à paniquer, bien sûr. Il imaginait des tas de raisons pouvant expliquer que Abby ait laissé Ziva seule dans sa chambre. Abby sembla deviner son inquiétude.

- Le médecin est avec elle. J'ai préféré lui laisser un peu d'intimité. Alors je suis venue te voir.

Tony soupira de soulagement.

- Non, je ne suis pas encore rentré. Et je n'ai pas l'intention de rentrer chez moi tant que je n'ai pas la certitude qu'elle va bien.

- Mais elle va bien Tony. Enfin... oui, elle va sûrement rester encore un peu à l'hôpital, mais les médecins ont dit que le pire était passé.

Tony ne répondit pas. Quand il avait dit "aller bien", ce n'était pas à son état physique qu'il avait fait allusion. Les explications d'Abby le rassuraient quand même un peu.

- Rentre chez toi Tony. Je peine à imaginer à quel point ça doit être dur pour toi qu'elle refuse de te voir, mais... elle ne veut pas te voir. Rester assis là ne changera rien à ça.

- Je ne partirai pas Abby.

Cette phrase marqua la fin de la conversation. Abby soupira et traversa la salle d'attente. Elle s'assis sur la chaise placée à côté de celle de Tony et le serra dans ses bras. Tony resta déstabilisé pendant quelques secondes, mais il finit par lui rendre son étreinte.

- Je suis tellement heureuse que tu ne sois pas mort, murmura-t-elle après un moment.

Si Tony n'avait pas été si triste, il aurait ri du ridicule de la situation.

- Et je sais que Ziva l'est aussi. Elle se sent juste un peu perdue en ce moment, et blessée. Mais une fois qu'elle aura eu le temps de réfléchir à tout ça... tu verras. Tout ira bien.

- Tu penses vraiment ce que tu viens de dire Abby? Demanda Tony en s'écartant et en prenant soin de regarder la gothique droit dans les yeux.

- Oui Tony. Vraiment. Je pense vraiment ce que j'ai dit.

Elle mentait.


Ziva posa ses yeux sur le plafond, satisfaite de se retrouver un peu seule. Le médecin venait tout juste de partir, et Abby n'était pas encore revenue. Ce moment de solitude valait la peine d'être appréciée, songea-t-elle en fermant les yeux.

Je me demande ce que Tony fais en ce moment...

Cette pensée était sortie de nul part, troublant un peu Ziva jusqu'à ce qu'elle se rappelle que Tony devait très certainement être en train de faire quelque chose quelque part, en ce moment. Il n'était pas mort, après tout. Il était en vie. Tony était vivant.

Ziva serra les dents alors qu'elle s'asseyait. Elle croisa fermement ses bras sur sa poitrine, au-dessus de la partie sensible de son abdomen. ça commençait vraiment à devenir énervant. Etre poignardée était un autre moyen de mourir que Ziva pouvait rayer de sa liste. C'était assez douloureux quand on survivait. La petite liste de Ziva se rétrécissait de jour en jour.

Une partie d'elle savait, avait réellement conscience, que rester énervée après Tony était insensé. Il n'avait rien fait de... mal, après tout. Techniquement. Il avait été assez bête pour se faire tirer dessus, bien sûr. Mais tout ce plan dans lequel il devait se faire passer pour mort... ça n'était pas son idée. En acceptant, il n'avait fait que son travail. Chacun d'entre eux aurait agi de la même manière. Bon sang, elle aurait accepté dans la seconde à la place de Tony. ça aurait été son devoir de le faire. Comme ça avait été un devoir pour Tony.

Mais ces six dernières semaines, chaque décision stupide et irrationnelle qu'elle avait prise, tout ça était encore bien trop vif dans sa mémoire. ça lui revenait sans cesse en tête, lui rappelant jusqu'où elle était tombée. Ce qu'elle était devenue.

Elle avait à peine eu le courage de faire face à Ducky et McGee quand ils étaient venus la voir. Même si Gibbs était le seul à connaître l'ampleur de sa chute, ils avaient tout de même conscience d'à quel point elle s'était affaiblie. Tout le monde savait qu'elle s'était doucement laissée mourir. Et elle ne pourrait jamais revenir là dessus.


Elle déambulait entre des rangés et des rangées de pierres tombales, ne sachant pas vraiment ce qu'elle cherchait. Ses yeux s'accrochèrent sur un trou à quelques mètres d'elle. Elle avança rapidement vers ce trou, sachant sans savoir comment, que c'était pour cette raison qu'elle était ici.

- Allez, ne me regarde pas comme ça. Tu ne penses quand même pas que tu peux te débarrasser de moi si facilement?

Elle cilla au son de la voix familière qui parvenait jusqu'à ses oreilles. Elle tourna la tête à droite, puis à gauche, alors qu'elle s'arrêtait à moins d'un mètre du trou. Elle balaya les alentours du regard, à la recherche de la personne qui lui parlait. Mais elle était seule. Abandonnant l'idée de trouver celui qui s'adressait à elle, elle avança encore et s'arrêta au bord du trou pour regarder ce qu'il s'y trouvait.

- Tu ne peux pas te débarrasser si facilement de moi, quoi que tu fasses.

Elle ne s'était pas attendue à le trouver là, jusqu'à ce qu'elle baisse les yeux et l'aperçoive. Mais d'une certaine façon il n'y avait rien de choquant à baisser les yeux et voir Tony allongé dans un cercueil ouvert, visiblement mort, la tâche de sang toujours visible sur son T-shirt, là où était entrée la balle qui lui était destinée.

Ce n'était pas choquant. Mais ça ne l'empêcha pas de vaciller un peu, et un cri d'horreur franchit ses lèvres alors qu'elle se débattait pour reculer et s'éloigner de cette vue horrible. Mais alors qu'elle se retournait pour s'enfuir en courant, le cercueil apparut devant elle, le cadavre de Tony lui faisant de nouveau face. Elle recula d'un pas, leva un bras dans un geste de défense, et s'aperçut que celui ci était rouge, couvert de sang. Du sang de Tony.

- Tu ne peux pas te débarrasser de moi si facilement.

- Tais toi! Cria-t-elle, essayant vainement de couvrir ses oreilles pour ne plus l'entendre. Mais le sang rendait ses mains visqueuses, elles ne tenaient pas sur ses oreilles...

Et tout à coup il se tenait juste devant elle, les yeux grand ouverts et plein de vie. Seule la tache de sang sombre sur son T-shirt blanc restait présente, comme un signe omniprésent de sa mort.

- Tu ne peux pas te débarrasser de moi.


- Non!

Ziva ouvrit ses yeux en grand. Elle respirait rapidement, recherchant avidement de l'oxygène. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine, il battait à tout rompre entre ses côtes. Elle avala péniblement sa salive, essayant de se rappeler comment respirer et comment gérer la douleur vive qui se manifestait de nouveau dans son abdomen. Elle frissonna alors qu'elle retenait un autre cri perçant de franchir la barrière de ses lèvres.

C'est là qu'une paire de bras s'enroula autour d'elle, dans une chaleur familière et réconfortante. Et bien qu'il s'agisse des bras de la dernière des personnes que Ziva ait envie de voir, elle ne put s'empêcher de se détendre au creux de cette étreinte, de trouver du réconfort dans ce murmure répétitif : "Respire, Ziva, respire, ça va aller. ça n'était qu'un cauchemar, c'est fini. Respire, tout va bien. Je suis là. Respire."

Ziva s'abandonna complètement, tourna son visage pour mieux l'enterrer contre sa poitrine, pouvant ainsi respirer son odeur. Elle frissonna quand elle se rappela qu'elle avait cru ne jamais pouvoir revivre ça, qu'elle avait bien failli tout perdre.

Il n'est pas mort.

- Ne t'en va plus nul part, ordonna-t-elle dans un faible murmure.

Une partie d'elle s'en voulut de se montrer si faible, de lui révéler à quel point elle avait besoin de sa présence, de lui laisser penser qu'elle avait besoin de lui, qu'elle avait besoin de ça. Mais elle s'en fichait. Pour le moment elle était incapable de le laisser s'en aller. Pas maintenant.

Tony rit doucement. Le son qu'il émit fut très faible, mais ça resta un rire.

- Ziva, tu es là. Où voudrais-tu que j'aille?


Vous êtes à la moitié de la fic. La suite dimanche prochain!