Grosse note de début xD: Je vous promet, on était à l'heure, Adralya avait terminé la correction bien à l'heure et elle était partie le poster lorsque soudain, des Rattata sauvages l'ont attaqués! Si si, ils étaient au moins trente énormes Rattata violets et ils l'ont pris en otage. Évidement, le temps que la lettre de rançon ne me parvienne, on était déjà Samedi. Mais ni une, ni deux, j'ai pris mon Sceptre de Saura Card Captor et je suis partie libérer Adralya! Pendant ce temps, ils l'avaient ramener dans leur QG, le Roi, Rattatac, Décida de la jeter dans les cachots ou elle serait gardé par deux horribles Soporifik. Résulta, Adralya s'est gentiment endormie pendant que moi, je me battais contre une horde de pokemon rongeurs à coup de cartes magiques! Mais je fut vaincu, nous étions déjà lundi. Le jours suivant, je me résignai à aller demander de l'aide. Dieu merci, Adralya étant la reine des belettes, je rencontrai une escouades venu libérer leur cheftaine. Ensemble, nous parvînmes jusqu'au cachot après avoir vaincu Rattatac et son armée de Rattatas. Battre les Soporifik fut beaucoup plus dur, la moitié de l'escouade succomba au sommeil mais par un acte héroïque, le commandant chef parvint à la libérer. Enfin, nous étions mardi, le chapitre était entre mes mains, je laissais Adralya au bon soin des belettes et parti vite publier le chapitre. Je ne parvins chez moi qu'il y a quelques minutes, parce qu'il y avait cette vieille dame sur la route... Enfin bref, c'est éreintée que je vous offre ce nouveau chapitre!
[Bon, nous allons faire un plongeon dans le pathos. Je sais que beaucoup vont rouler des yeux au ciel, moi la première. En fait, je déteste trouver ce genre de situation dans les fanfictions que je lis mais j'étais tiraillée entre l'envie de ne pas sombrer dans le pathos et l'envie de vous faire pleurer quand même (XD). Non. Bon, disons que Naruto vient de vivre une épreuve difficile, il ne pouvait pas s'en sortir avec un sourire. Donc voilà, je vous préviens, préparez-vous à un plongeon sensationnel dans le pathos.]
Chapitre 10. Désordre psychique et conséquences somatiques...
«J'aimerais vous voir séparément tout d'abord, dit la psychologue avec un sourire doux en regardant les deux jeunes hommes en face d'elle. Elle savait de quoi il s'agissait, elle avait été prévenue, mais quand elle les voyait, elle comprenait enfin ce qu'avait voulu dire Tsunade en parlant de «co-dépendance addictive». Shizune était une des anciennes élèves de la doyenne et après avoir fait des études de médecine, elle s'était orientée vers la psychologie. Des filles violées, elle en avait malheureusement vu un certain nombre. Des garçons aussi, bien que moins nombreux. Ses compétences étaient reconnues: elle savait être ferme et douce à la fois et, généralement, elle n'avait aucun mal à tisser un lien de confiance avec ces personnes en quête d'une réponse à leurs pourquoi. Mais là...
Au moment où ils avaient entendu «séparément», les deux garçons s'étaient tendus. Depuis quatre jours, ils ne s'étaient pas quittés d'une semelle, d'un centimètre, comme si à chaque instant Kimimaro pouvait revenir. Comme si Orochimaru se trouvait à chaque coin de rue. La mort de son violeur n'avait fait ni chaud ni froid à Naruto. De toute façon, une seule chose tournait dans sa tête: «Sasuke va me quitter, Sasuke va me quitter». En boucle, comme une spirale de l'angoisse parfois atténuée, mais toujours présente. L'ébène envisagea de faire demi tour, mais il savait qu'ils en avaient tous les deux besoin, lui autant que le blond. Car même s'ils donnaient à tous l'impression d'être renfermés sur eux-même, en réalité, ils étaient paumés et ne pouvaient même plus affirmer se comprendre. Les sentiments, la passion, étaient toujours là mais tellement recouverts d'angoisse et de culpabilité qu'ils étaient invisibles.
Naruto jeta un coup d'œil angoissé à Sasuke. Il avait déjà l'impression d'avoir froid et se serra plus contre son amant. C'était fou comme il se sentait petit et effrayé. Lui qui n'avait jamais eu peur d'aller vers les autres se sentait menacé par cette femme, sensée être sa thérapeute.
Il se secoua intérieurement. Il fallait qu'il avance mais il avait tellement peur que Sasuke ne le quitte! Malgré ses mots rassurants, ses mots d'amour murmurés sans cesse, Naruto n'y croyait pas: il sentait le malaise de Sasuke.
Respirant un grand coup, il lâcha la main de l'ébène qui se referma aussitôt pour l'empêcher de partir et les deux amants se tournèrent l'un vers l'autre. Sasuke voyait très bien la peur dans les yeux du blond, mais il y avait aussi cette détermination qu'il avait l'habitude de voir. Lentement, il relâcha la pression de ses doigts autour de la main tannée et lorsqu'il n'y eut plus que le vide, un sentiment angoissant prit place dans le creux de son ventre.
Naruto regretta automatiquement d'avoir lâché la main de son petit ami et ferma les yeux pour lutter contre la pulsion qui lui ordonnait de retourner dans ses bras pour faire un pas vers la thérapeute. Shizune sourit gentiment et le laissa entrer avant de refermer la porte.
Naruto se retourna et jeta un regard inquiet vers la sortie de la pièce.
- On ne peut pas laisser ouvert? Demanda-t-il.
Shizune le regarda tout en s'asseyant sur son siège, derrière son bureau.
- Naruto, commença-t-elle, je sens que tu veux t'en sortir, tu veux passer au dessus de ça. Et ça commence par là, dit-elle d'un ton doux et rassurant. Il la regarda un instant et posa sa main sur la porte comme pour sentir la présence de son amant de l'autre côté avant de s'écarter et de s'assoir. La psychologue remarqua qu'il était assis sur le bord du siège, prêt à bondir vers la sortie.
- Bien, fit-elle néanmoins avec un sourire pour ramener son attention vers elle. Le regard bleu, sauvage et effrayé se posa sur elle. Il était tendu et tremblait légèrement.
- Comment tu te sens? Demanda Shizune. Tu as froid?
- J'ai tout le temps froid depuis... Répondit-il d'une petite voix en jetant un coup d'œil vers la porte.
«Hum, fit la psychologue dans sa tête, il est toujours persuadé d'y être.
- Tu as froid, vraiment froid, ou...
- J'ai froid quand il n'est pas avec moi... J'ai froid tout le temps. J'ai froid.
- Veux-tu que je monte le chauffage?
- Ça sert à rien. J'ai déjà essayé chez nous, répondit Naruto avec un sourire contrit avant de fixer son regard sur la poignée de porte.
- Tu vis avec lui?
- On était en collocation. C'est mon meilleur ami. Enfin c'était... Maintenant c'est...
- Ton petit ami?
Il hocha la tête et ajouta dans un murmure:
- Mais pour combien de temps...
Elle fronça les sourcils. De toute évidence, il était distrait, trop occupé à observer la porte. Ça avait dû lui échapper et c'était justement là l'intérêt.
- Il a l'air de t'aimer beaucoup et de tenir à toi.
Il la regarda un bref instant.
- Il est surtout en colère qu'on ait touché à sa propriété.
Elle cligna des yeux: ça c'était une première.
- Pourquoi ça?
- C'est... Il peut dire ce qu'il veut mais...
Un silence, Shizune le relança:
- Mais?
- Mais il ne me touche plus... Enfin, je veux dire...Il me tient la mains, on est toujours collé l'un à l'autre, je suis toujours dans ses bras mais... Je sens bien que je le dégoutte...
Elle cligna des yeux, mais avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, il reprit:
- Avant, il avait du mal à garder ses mains pour lui. Là, il ne m'embrasse plus, il ne me touche plus... Il... Ne me désire plus. Et moi je l'aime tellement...
Ça, même un aveugle aurait pu le voir, tant tout son être était dirigé vers cette personne derrière la porte.
- Je crois qu'il t'aime aussi.
La main de l'homme se crispa contre son genou et elle sentit soudain qu'il était terrifié.
- Mais je ne suis sale, souffla-t-il et Shizune retint son souffle sans trop savoir pourquoi.
- Il va me laisser, rajouta-t-il d'un ton stressé. Je vais tout perdre, son amour et même son amitié, parce que je n'ai pas assez résisté, c'est ma faute ce qui m'est arrivé! Dit-il de plus en plus vite, son souffle lui manquait, il avait l'impression d'étouffer.
- Du calme, du calme! Ordonna doucement la thérapeute mais rien n'y fit.
- Avant... Av-Avant, on faisait tout le temps l'amour... Je... J'adorais essayer de le faire sourire... C'est... C'est mon compagnon de vie! On a toujours été ensemble, je veux pas le perdre!
- Naruto! Naruto! C'est normal que vous ne fassiez plus l'amour: tu viens de te faire violer!
- Mais je m'en fous! Hurla-t-il. Je... Il... Il m'a promis qu'il le laverait de mon corps, qu'il l'effacerait de ma mémoire mais la vérité, c'est que je le DEGOUTTE! Il se leva et fit quelques pas vifs dans la pièce comme un animal acculé. Je... Souffla-t-il, le regard vide. Le... Truc... Dit-il pour désigner son viol. Oui, ça c'était horrible, j'avais froid, j'avais mal mais tout ce temps, je ne pensais qu'à lui, à la honte... A sa future réaction, termina-t-il en serrant les poings.
Shizune resta sans voix. Selon les cas, elle avait vu des jeunes femmes et des jeunes hommes nier en bloc, pleurer, faire une dépression, certains s'étaient cachés dans la colère, mais il y avait toujours eut un point commun. Il y avait toujours eut ce temps où les personnes ne supportaient plus qu'on les touche, en tout cas, pour ce genre de viols. Or là, ce n'était visiblement pas le cas.
- Naruto, commença-t-elle. Il faut un peu de temps. C'est normal que tu n'aies pas de rapport sexuel après une telle épreuve.
- Non, non. Je... Je peux pas passer au dessus de ça si j'ai l'impression qu'il va partir à chaque instant. Je... J'ai BESOIN de lui... De savoir qu'il continue de me DESIRER! Qu'il continue de m'aimer...
- Mais il te le dit, non?
- Oui, il n'arrête pas... Et c'est là le problème, répondit Naruto en se rasseyant sur le fauteuil. Shizune fronça les sourcils sans comprendre.
- S'il te le dit, c'est que...
Le blond secoua la tête de gauche à droite très vivement, l'interrompant:
- Il le disait jamais avant! Il me le montrait mais il ne le disait pas! Et si maintenant il fait le contraire, c'est bien la preuve que je le dégoutte...»
Les deux garçons s'étaient croisés dans la salle d'attente et Naruto n'avait rien dit. Il n'avait même pas regardé son compagnon de vie et cela inquiétait Sasuke. Qu'avaient-ils bien pu se dire dans cette salle? Il avait vaguement entendu Naruto hausser le ton à un moment, mais n'avait pas saisi le mot. Calme, posé, ses yeux alertes étaient posés sur Shizune qui restait pour le moment silencieuse. Il émanait de cet homme une aura de puissance dominatrice déstabilisatrice. La psychologue avait l'impression de commettre un crime en le gardant enfermé dans la pièce et soupira discrètement avant de prendre son courage à deux mains:
«Depuis quand connaissez vous Naruto? Si elle s'était permise de tutoyer l'autre homme, elle sentait que c'était ici hors de question.
- Huit ans.
- Vous êtes tout de suite devenus amis?
- Non.
Silence. Elle attendait qu'il développe, mais Sasuke resta muet alors elle sourit doucement et demanda:
- Non?
- Non.
- Pourquoi?
- Il était bruyant, toujours en mouvement, stupide, il perdait trop vite son calme. Nous étions opposés.
Shizune hocha la tête et prit quelques secondes pour observer son sujet.
- Et maintenant?
Sasuke se tendit visiblement. Maintenant? Il était silencieux, souvent immobile, il ne disait rien, il restait toujours calme... Nerveusement, l'ébène passa sa main dans ses mèches noires et Shizune se dit qu'elle arrivait enfin à le conduire là où il fallait.
- Il n'est plus si actif, conclut-elle. Et ça ne vous convient pas.
Sasuke lui jeta un regard noir comme si elle était la dernière des imbéciles, mais la thérapeute n'y prit pas garde. Évidement que ça ne lui convenait pas, il était tombé amoureux d'un blond idiot, souriant, hyperactif... Pas... Pas de la personne derrière la porte, cet enfant tremblant de peur et qui avait perdu toute volonté. La personne qu'il aimait lui tenait tête, s'énervait, se battait contre les aléas de la vie.
- Mais je pense qu'il a la capacité de s'en remettre, déclara doucement la psychologue, ce qui piqua sensiblement l'intérêt de l'ébène.
- Êtes-vous très possessif? Demanda-t-elle de but en blanc, ayant décidé que ça ne servait à rien de tourner autour du pot avec lui.
Surpris, il hocha la tête et daigna ajouter:
- Assez oui.
- Assez... C'est à dire?
Une fois de plus, il eut un regard exaspéré.
- Écoutez-moi, M. Uchiwa. Si vous voulez que votre compagnon puisse passer au dessus de cette épreuve, il va falloir être un peu plus coopératif.
Ce n'était pas le genre de la maison de sonner les cloches des patients, mais là, elle sentait qu'il n'y avait que cela à faire. Shizune savait qu'elle ne devait pas se laisser impressionner par l'homme en face d'elle.
Il sembla pensif un instant et monta sa mains droite à son visage, son index légèrement replié caressant sa lèvre inférieure. Cela dura quelques secondes, puis, le regard dans le vague, Sasuke finit par déclarer:
- Je ne sais pas quoi faire pour le rassurer. D'habitude, c'est moi qui ne parle pas, il me comprend même sans ça... Mais là, je n'arrête pas de lui dire que je l'aime encore mais ça ne suffit pas... Et... Je...
Un regard fut échangé. Shizune le poussa à continuer et Sasuke soupira: il irait au bout du monde pour Naruto, il pouvait bien parler un petit peu de lui.
- Je n'ai pas été là, quand bien même je connaissais la menace qui pesait sur lui.
Ah, pensa la psychologue, l'habituelle culpabilité des proches. Elle se demanda même pourquoi elle n'y avait pas pensé.
- Mais vous ne pouviez pas être là...
- Je l'ai laissé seul l'espace d'une seconde...
- Sasuke, dit-elle fermement. Mettez cela derrière-vous. Vous pouvez aider Naruto... Mais pas comme ça.
Shizune remarqua ses sourcils froncés et elle entendait ses dents grincer d'ici. Néanmoins, il était prêt à l'écouter:
- N'éprouvez-vous que de la culpabilité? Demanda-t-elle doucement, se remémorant la grande angoisse du blond.
Sasuke, semblant plus calme, peut être trop à présent leva les yeux sur elle et après un long moment de silence, il déclara d'une voix très composée.
- Depuis que j'ai douze ans, Naruto est avec moi. Mes parents sont morts quand mon frère n'avait que seize ans. Nous avons été placés sous la garde de mon oncle qui était encore très jeune et qui ne savait pas comment s'occuper de nous. La résultante a été désastreuse: on ne parlait pas à notre oncle, on se contentait d'accepter tout ce qu'il nous proposait... Il pensait qu'il fallait qu'on s'amuse alors il a commencé à organiser des soirées très alcoolisées. Itachi, mon frère m'enfermait à l'étage pendant ces fêtes... En plus de ça, notre père nous avait laissé une multinationale que mon oncle devait gérer en même temps que ces deux neveux. Il avait à peine vingt ans, il avait autre chose en tête... Pourtant, il a mené à bien sa mission et a formé mon frère à prendre la relève à ses dix-huit ans, comme convenu. Et mon frère déteste cette entreprise.
Il fit une pause en sentant sa colère remonter.
- Parmi les amis de mon oncle, un certain Kakashi sortait avec un homme dans la même situation que mon oncle. Umino Iruka, qui est le tuteur de Naruto. C'est à une de ces fêtes qu'on s'est réellement rencontrés. Bien sûr, avec tout ce qui s'était passé dans notre vie, un suivi psychologique s'imposait. Mais dans mon cas, il y a eu peu de séances: votre collègue a conclu en disant que mes blessures psychologiques se manifestaient par une grande possessivité et une certaine passivité relationnelle, rien qui puisse m'empêcher de vivre. Et puis il avait beaucoup plus de travail avec mon frère.
Nouvelle pause et Sasuke se leva, prit dans son histoire.
- En réalité, mes «blessures psychologique» se soignaient d'elles-mêmes au contact de Naruto. Nous avions tous les deux eu des vies instables et pleines de rebondissements... Pas toujours agréables, mais il continuait de sourire, de rire... Les autres étaient naturellement accrochés à lui, le monde tournait autour de lui... Comme le soleil... Murmura-t-il avec un sourire extatique que Shizune observa avec des yeux doux. Il se tourna à nouveau vers elle et reprit: Mon monde, c'était lui... Je savais que je l'aimais, ça ne me dérangeait pas, ce n'était pas encore physique mais j'avais déjà du mal à le laisser aller vers les autres. Il s'en rendait compte puisqu'il me donnait toujours la priorité. J'étais, je suis dépendant de lui... Avoua-t-il en regardant dans le vague. Il avait posé ses deux mains sur le dossier du siège qu'il avait occupé et s'appuyait dessus.
- Je voulais lui rendre ce qu'il m'avait fait, tout ce bien qu'il m'avait apporté... Mon frère le considérait comme un membre de la famille, il passait même plus de temps avec nous qu'avec son tuteur... Je voulais le protéger, le sauvegarder de toutes ces merdes, mon trésor... Souffla l'ébène alors que ses doigts s'enfonçaient dans le dossier.
- Puis mon... Ma dépendance est devenue physique. Je le trouvais beau, j'avais toujours envie de le toucher, de l'embrasser, de lui faire l'amour. Je haïssais ces filles et ces garçons qui pensaient comme moi... J'en devenais presque violent et je me suis dit qu'il fallait peut-être que je m'éloigne... Mais c'était impossible... Au fil des années, c'est devenu de plus en plus dur et il y a deux ans, un de mes... Contact, lâcha-t-il avec une colère mal contenue, un de mes contact m'a proposé d'abréger ma formation pour me permettre de prendre plus vite la succession de mon frère grâce à un programme normalement destiné aux enfants précoces. J'ai... J'étais tiraillé entre mon amour pour mon frère qui allait mal, de plus en plus mal et mon amour pour Naruto qui, pour le moment, était plus gênant qu'autre chose... Mais je n'ai pas pu... Laissa-t-il passer en regardant par la fenêtre. Shizune se rendit compte à quel point il était beau, cet homme blessé qui avait désespérément tenté de protéger ceux qui lui étaient chers.
- Je n'ai pas pu et en... Simplement en... Étudiant la proposition de ce professeur, j'ai mis Naruto en danger... Il n'a pas vraiment apprécié mon désistement...
Quelque chose s'éclaira dans la tête de la psychologue:
- C'était Orochimaru, ce professeur?
En réponse, l'homme fit un simple signe de tête.
- Un instant de doute... Que, une fois de plus, Naruto paye à ma place...
Un silence s'installa à nouveau. Il n'y avait pas un bruit et la thérapeute n'osait même pas respirer. Soudain, il releva son regard vers elle et Shizune eut un mouvement de recul instinctif devant la colère dans ces yeux noirs.
- Alors oui, la culpabilité, je la ressens, je la vis, j'ai l'impression d'être réduit à ma culpabilité! Non seulement je n'ai pas su lui rendre le bonheur qu'il m'avait donné, mais en plus, je n'ai pas su le protéger, pire, je l'ai MIS en danger!
De rage et de frustration, il balança la chaise à terre et la psychologue sursauta avant de poser sur lui des yeux inquiets. Elle le voyait trembler en essayant de contenir sa colère. Le fait qu'il aimait Naruto ne pouvait être remis en cause par personne.
- Sasuke... Dit-elle d'une voix apaisante.
- Excusez-moi, embraya-t-il en relevant le fauteuil avant de se rassoir dedans. Elle lui sourit tendrement et posa un coude sur son bureau.
- Si vous ne passez pas au-dessus de votre culpabilité, vous ne pourrez pas l'aider. Oui, c'est vrai, vous avez échoué... Pour le moment. Vous aurez d'autres occasions au cours de votre vie à condition de rester avec lui... A condition de l'aider à se sortir de cette situation où il se sent sale et manque de confiance en lui. C'est maintenant, Sasuke, que vous devez lui rendre la pareille. Montrez-lui que vous l'aimez.»
Le jour suivant, Shikamaru, Gaara, Kankuro, Lee et Neji étaient installés autour d'une table à un café, silencieux comme depuis déjà presque une semaine.
«J'ai absolument pas l'impression d'avoir fait quelque chose de bien, déclara Lee au bout d'un moment. A part Naruto et Kiba, il était l'un des rares à exprimer franchement ses émotions et ses sentiments. Or, en cet instant, c'était le sentiment général du groupe qu'il pointait du doigt.
Shikamaru baissa les yeux: il dormait mal et, pour la première fois de sa vie, il était habité d'une énergie nerveuse qui ne le quittait plus.
- La victoire est amère, déclara Neji, le regard vague et incertain.
- Ce n'est même pas une victoire, là, lâcha Kankuro en resserrant son poing autour de sa tasse de café. Naruto... Commença-t-il sans avoir la force de mettre les mots sur la réalité.
A nouveau, le silence s'abattit sur l'assemblée. Gaara frissonna, se remémorant la nuit où il était resté planté devant Sasuke, tenant son meilleur ami dans ses bras. Le monde s'était arrêté de tourner à cet instant et le froid l'avait pénétré jusqu'aux os.
- Est-ce que... On l'a tué? Demanda à nouveau Lee d'une voix plate. Shikamaru haussa les épaules en désespoir de cause. Comment pouvait-il répondre à cette question? Kimimaro s'était jeté de ce pont de sa propre volonté. Certes, il était alors acculé, mais quelque chose dans l'esprit de Shikamaru lui soufflait que tout cela était déjà prévu. Il avait cette impression que le seul but de cette histoire avait été de faire le plus de mal possible au plus grand nombre.
- On l'a peut-être tué mais... Hésita Neji. Je ne regretterai pas sa mort, termina-t-il dans un murmure.
Les autres le regardèrent un moment, sans trop savoir ni quoi répondre ni quoi penser. Cette histoire les avait beaucoup secoué: le viol de Naruto, la mort de Kimimaro, c'était la première fois que le groupe des B.B. était placé dans la catégorie des victimes.
- Je crois qu'on aurait tous besoin d'aller voir quelqu'un, énonça Kankuro à un moment.
Un nouveau silence prit place. Pour la plupart d'entre eux, ils se considéraient comme des caïds et aller voir un psy serait le signe d'une faiblesse. Neji considérait que porter la responsabilité d'un suicide, surtout de celui d'une ordure, était tout à fait possible. Il n'allait pas culpabiliser plus que cela.
- Pour lui dire quoi? De toute façon, j'ai comme l'impression que tout ça n'est pas fini. Orochimaru court toujours, dit-il.
Shikamaru hocha la tête.
- C'est notre responsabilité. Sa mort est le prix à payer pour notre orgueil.
- Tu considères aussi que Naruto est un prix à payer, siffla Gaara qui avait été silencieux jusque là.
Le génie tourna brièvement son regard vers lui.
- Non. Nous aurions tous préféré que ça ne lui arrive pas... On s'était vraiment cru intouchable, souffla-t-il ensuite, le regard perdu.
Gaara observa la table avec un intérêt soudain. C'est sûr qu'ils s'étaient crus plus forts que tout le monde. Mais la vérité, c'est qu'ils étaient encore des gamins.
- Mais maintenant, reprit Shikamaru, tout ce qu'on peut faire, c'est le soutenir, espérer qu'il s'en sorte... Et attendre que la justice fasse son boulot.
- Et arrêter de se mêler de ce qui ne nous regarde pas, ajouta Lee.
- On aura au moins gagné en modestie, lança ironiquement Kankuro.
Mais à quel prix? Pensèrent-ils tous.
Sakura rangea ses affaires repassées et pliées dans sa commode, l'esprit ailleurs. Pourquoi, se demandait-elle, doit-on payer chaque minute de bonheur? Une semaine auparavant, elle sortait avec Itachi tandis que Naruto et Sasuke filaient le parfait amour. Et à présent, elle n'avait plus la tête à une hypothétique relation avec l'ainé des frères et ses deux meilleurs amis étaient au plus mal. Une fois de plus, elle se sentit inutile et faible. Le regard dans le vague, elle se laissa tomber assise sur son lit et prit sa tête dans ses mains, ne retenant même pas ses larmes. Elle avait juste envie de pleurer en cet instant, même si elle n'avait pas de véritable raison. Juste une minute, se complaire dans son petit malheur.
On frappa alors à la porte et la jeune femme renifla bruyamment en lançant un faible «entre» car ce devait être Ino. Hinata était avec Kiba qui vivait très mal la mort de Kimimaro, la fin de l'histoire en général mais il était celui qui prenait le plus la responsabilité de la sortie tragique des événements. Il n'y avait pourtant pas de quoi.
Ino entra et s'assit silencieusement à côté de sa meilleure amie.
« Tu sais, si tu te sens tellement inutile, pourquoi tu ne vas pas les voir chez Itachi? Je crois qu'il aurait bien besoin d'aide. Après tout, c'est sa famille qui est touchée...
- J'ai pas la tête à faire quoi que ce soit avec lui, grogna-t-elle.
- Je parle pas de ça... C'est difficile pour tout le monde mais tu es leur meilleure amie, LA fille de leur bande, la toute première! Tu connaissais même Naruto avant Sasuke... Ta place est avec eux, termina la jeune femme blonde en caressant le dos de son amie. Sakura resta silencieuse un moment puis se leva brusquement, reniflant avant de faire quelques pas au milieu de la pièce, comme hésitante. Elle se tourna vers sa meilleure amie, la questionnant du regard.
- Je suis sûre qu'ils ont besoin de toi, dit cette dernière.
Sakura sourit et murmura:
- Qu'est-ce que je ferais sans toi, Ino?
Les deux femmes se sourirent.
«Pas grand chose».
Itachi aimait beaucoup la petite maison dans laquelle il vivait. Il appréciait même la voisine excentrique qui continuait de sonner à sa porte en nuisette. Mais en ce moment, cette maison où il avait tout fait pour la rendre confortable et chaleureuse était froide et emplie d'ondes de désespoir. Il ne s'était que rarement sentit aussi inutile qu'aujourd'hui à voir les deux garçons chacun dans leur coin du salon, le regard dans le vague. Il ne savait pas ce qui s'était dit lors de cette visite chez le psy la veille, mais pour le moment, ça lui paraissait plus néfaste qu'autre chose. Ils faisaient même chambre à part! Il termina de ramasser les feuilles qu'il avait élagué et les mit dans un sac à composte. C'est à ce moment-là qu'il entendit la sonnerie de la porte d'entrée. Il jura et posa le sac dans un coin avant de sortir de la serre pour courir vers l'entrée de la maison.
Il ouvrit la porte quelques minutes plus tard pour découvrir...
« Sakura?
- Euh... Oui, je... Pardon, j'ai fait ça un peu sur un coup de tête, mais... Je me suis dit que... Que je devais aussi être là pour eux.
«Et peut être pour toi si tu as besoin», ajouta-t-elle silencieusement.
- Désolée, je n'ai pas prévenu...
Malgré lui, Itachi sentit un sourire se glisser sur ses lèvres:
- Entre, tu as bien fait.
Elle lui sourit à son tour et se glissa dans l'entrée pour retirer ses chaussures.
- Hum, par contre, fit Itachi, tu vas devoir dormir avec l'un de nous trois, sinon il n'y a plus de chambres depuis que les garçons font chambre à part...
Informa l'ainé des Uchiwa, plutôt pour lui faire un résumé de la situation que pour parler réellement des arrangements de couchage.
Sakura ouvrit la bouche, stupéfaite, et bégaya:
- I-ils f-font chambre à part?!
Automatiquement, elle sentit les larmes monter dans ses yeux et se força à respirer calmement, refusant de pleurer devant Itachi. Il hocha la tête.
- Quand ils sont revenus de chez le psy, Naruto s'est mis dans son ancienne chambre. Ils n'ont pas dit un mot depuis. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
Elle resta un moment silencieuse en observant le sol, cherchant silencieusement le courage puis releva la tête:
- Et ils sont où, là?
- Sasuke est dans le salon. Naruto dans la chambre à l'étage.
Elle hocha la tête et Itachi lui indiqua la direction du séjour. Sakura s'y dirigea et vit son ami sur le canapé qui regardait la télévision, éteinte.
- Hey, fit la jeune femme doucement. Sasuke tourna la tête vers elle avant de fixer à nouveau son regard sur l'écran. Néanmoins, elle savait qu'elle avait la permission de s'approcher et s'assit à côté de lui. Lentement, elle monta une main à son visage et dégagea quelques mèches noires qui pendaient sur les côtés. Imperceptiblement, Sasuke laissa aller sa tête contre la main alors que la jeune femme remettait les mèches derrière son oreille, en vain puisque celle-ci retombèrent. Elle savait de toute façon que ça ne servait à rien mais Sakura connaissait son ami et on ne s'introduisait pas n'importe comment dans son espace personnel.
- Comment tu vas? Demanda-t-elle dans un murmure.
- Mal, répondit-il sincèrement.
Une fois de plus, elle retint les larmes et passa une main dans ses cheveux, les caressant doucement.
- Qu'est-ce qui s'est passé?
- Je ne sais pas, souffla-t-il, comme exténué.
Itachi laissa Sakura avec son frère et monta les marches pour prévenir son petit frère d'adoption de l'arrivée de son autre amie d'enfance. Il frappa à la porte et entra sans attendre, découvrant Naruto allongé sur son lit, observant le plafond.
- Sakura est là, déclara doucement Itachi.
- Je l'ai entendue, répondit le blond d'une voix morne.
L'ainé s'assit de son propre chef sur le lit.
- Qu'est-ce qui s'est passé, hier?
Un long silence passa avant que Naruto ne réponde:
- Ça me fait trop mal de dormir avec lui...
Itachi fronça les sourcils.
- Comment ça?
- Il fait comme si rien n'avait changé, mais tout a changé. C'est mieux comme ça... Répondit Naruto en se tournant sur le côté.
- Qu'est-ce qui a changé?
Nouveau grand silence et l'adulte se pencha pour voir le visage de son petit frère d'adoption et se rendit compte que celui-ci pleurait sans bruit. Il se sentit soudain désespéré et très fatigué. Il s'allongea de sorte à pouvoir voir le visage du blond et lui prit une main qu'il caressa doucement.
- Qu'est-ce qui a changé? Demanda-t-il à nouveau.
La voix tremblante, Naruto répondit:
- Mais tout! M-moi je v-voulais... J'espérais que ça n-ne changerait rien... Il m-me l'avait promis m-mais je vois bien que je le dégoutte, termina-t-il avec un reniflement, refusant de regarder dans les yeux de son presque grand frère dont les iris si noirs étaient plein de compassion.
- Naruto... Chuchota-t-il. Tu ne dégouttes pas Sasuke...
- T'en sais rien...
- J'en suis sûr...
Un instant, les yeux bleus, cerclés de rouge à force de pleurer, se tournèrent vers ceux de Itachi.
- Dans ce cas... Souffla-t-il en détournant à nouveau le regard. Pourquoi il ne vient pas là tout de suite, qu'on fasse l'amour?
Si la situation n'avait pas été si pitoyable, l'autre homme aurait probablement rit devant l'imprévisibilité de Naruto.
- Tu lui as dit? Il ne peux pas deviner, demanda Itachi d'un ton doux en attirant Naruto plus près de lui.
- Je devrais même pas avoir à demander... Geignit le blond.
- Eh, Naruto... Ce n'est pas facile pour Sasuke non plus. Je crois qu'il se sent aussi très coupable... Tu dois lui dire ce que tu voudrais.
- Mais il m'avait promis...
- Montre lui que tu attends qu'il la remplisse alors... Excuse-moi, mais ce n'est pas évident ce que veux, fit la voix chaude d'Itachi sur un ton de doux reproche. Dans la plupart des cas, les gens ne veulent pas vraiment... Ça... Après...
Naruto fit un infime mouvement d'acquiescement.
- Shizune m'a aussi dit ça à la fin, mais... J'ai peur de voir son regard dégoutté si je lui demande ça.
- Bien sûr que non, à la rigueur il sera surpris, termina Itachi en enlaçant doucement son frère d'adoption. Ce dernier finit par s'arrêter de renifler pour probablement s'endormir, exténué. Personne ne dormait très bien en ce moment.
En bas, Sasuke avait fini par poser sa tête sur les genoux de Sakura et s'était lui aussi endormi. Pensive, celle-ci lui caressait doucement les cheveux. Ça ne pouvait pas durer! Décida-t-elle.
Il y avait une chose qui énervait particulièrement Sakura, c'était la capacité de Naruto à vouloir faire croire qu'il allait bien. Personne n'était dupe, certainement pas Itachi et encore moins Sasuke qui, lui au moins, avait la décence d'avoir l'air au bord du gouffre. Ça faisait maintenant une semaine qu'elle était là, trois séances avec Shizune s'étaient déroulées entre temps et Sakura avait commencé sérieusement à détester cette femme. Loin de faire quoi que ce soit de mieux, tout semblait empirer après chaque visite et la jeune femme avait fini par lui demander des comptes. La psychologue, tenue par le secret professionnel, ne pouvait rien lui dire mais Sakura se rendit compte que la thérapeute elle même ne comprenait pas ce qui se passait.
«Parfois, avait-elle dit en désespoir de cause, il faut simplement attendre, qu'ils trouvent la force de se parler ou même de se taper dessus, qu'ils communiquent... On peut espérer un déclic.»
Alors Sakura attendait le déclic.
Le principal problème, pensait Itachi, venait de Naruto qui s'entêtait à mettre de la distance entre lui et Sasuke. Résultat, ce dernier était persuadé que Naruto lui en voulait et il manquait de courage. Alors comme tous les associables hyper-inhibés émotionellement, Sasuke ne disait rien et s'enfermait dans son désespoir. Itachi ne savait pas trop quoi faire, il se sentait très inutile et remerciait Sakura d'être là et de continuer d'avoir la force de faire en sorte que les choses aillent mieux. Même sans résultat.
L'ainé des frères lança un regard vers son cadet, assis dans son coin de chambre à même le sol, entouré de photos éparpillées, certaines tordue tant il avait dû les serrer entre ses doigts.
«On dîne Sasuke... Murmura-t-il, la voix lui manquant.
Il n'y eut évidement pas de réponse et Itachi s'avança sans bruit dans la chambre jusqu'à son frère. Un instant, il s'attarda sur les photos et son regard fut accroché par la seule photo de famille qu'ils avaient encore. Mikoto et Fugaku, tous les deux souriants, entouraient leurs deux enfants. Le père souriait rarement et cette photo en était d'autant plus précieuse... Soudain, Itachi se souvint de la promesse qu'il avait faite à ses parents et à sa mère plus particulièrement le soir où ils les avaient vu pour la dernière fois. Les parents Uchiwa sortaient pour assister à un gala tenu par les collègues de Fugaku, parmi eux, leur futur assassin qui avait tout préparé. Ils les avaient froidement assassinés devant l'entrée de leur maison, deux coups de six millimètres avec silencieux.
Lorsque la police avait débarqué après que l'homme se soit dénoncé, rongé par la culpabilité de ce que sa folie l'avait poussé à faire, Itachi avait vu sa vie basculer. Plus rien n'avait eu de sens et la seule chose qui restait nette dans ce brouillard ambiant avait été son petit frère. Ce petit frère qu'il devait protéger, sur lequel il devait veiller comme il l'avait promis à sa mère. Sortant de sa torpeur, il saisit brusquement le bras de Sasuke et le tira vivement. Le jeune adulte se laissa faire et atterrit contre le torse de son ainé.
- Il faut que tu manges, gros bébé, souffla Itachi en passant ses bras autour de son frère. Ce frère qu'il avait aimé plus que tout, pour qui il serait encore aujourd'hui prêt à mourir.
Sasuke laissa passer un souffle chevrotant:
- J'ai mal.
- Je sais.»
Ils restèrent ainsi un long moment jusqu'à ce que, finalement, Sasuke ne s'écarte de son ainé pour se trainer jusqu'à la salle à manger.
Pendant ce temps, en bas dans la cuisine, Naruto continuait son balbutiement incessant, inutile, faux et peu à peu, tapait sur le système déjà à bout, de Sakura. N'y tenant plus, elle posa brusquement le couteau qu'elle tenait et la tomate. Naruto sursauta et se tut.
« Tait-toi Naruto! Souffla-t-elle. TAIT-TOI! POURQUOI TU FAIS ÇA ?!
Le blond recula jusqu'à toucher le comptoir qui séparait la cuisine de la salle à manger et regarda son amie anxieusement. Elle lui faisait dos et se tourna.
- Je... Je comprends pas. Pourquoi tu ne vas pas lui parler?
Naruto resta silencieux et fixa le sol tandis que Sakura se mordillait la lèvre inférieure, regrettant d'avoir haussé le ton.
- Pardon, murmura-t-elle en s'approchant de lui pour le prendre dans ses bras. C'est juste que... Ça me fait mal de vous voir comme ça.
- Je suis désolé, chuchota-t-il en lui rendant son étreinte.
- Ne t'excuse pas, bêta, répondit Sakura d'un ton doux. Va lui parler, dis lui ce que tu as sur le cœur, ne garde pas tout ça pour toi... Et par pitié, arrête... Arrête ça.
Il soupira et la relâcha.
- Je peux pas lui parler, déclara-t-il en prenant le plat de pomme de terre pour l'amener à table sans rien ajouter.
La jeune femme baissa la tête et serra les poings, tentant de contenir ses larmes de rage et de frustration.
Naruto avait été son premier ami garçon, le premier à lui dire qu'elle était jolie, le premier à la préférer, elle, à Ino, contrairement à tous les autres. Il l'avait laissé jouer à des jeux de garçons avec lui, lui avait montré ses secrets, l'avait emmenée dans sa base secrète. Quant à Sasuke, elle était la seule à pouvoir se vanter de l'avoir jamais touché de manière affectionnée sans avoir eu le bras tordu. Elle les avait toujours accompagnés, juste derrière, ils l'avaient toujours protégée, secourue, ne l'avait jamais laissée seule. Encore aujourd'hui, elle était persuadée qu'ils avaient tout manigancer entre elle et Itachi. Sakura avait eu une enfance heureuse, ses deux parents, une mère avec qui elle pouvait discuter, un père qui aimait l'emmener voyager dans son petit avion. Elle était fille unique et chérie. Ce bonheur qu'elle avait eu, elle voulait le rendre à la terre, à commencer par les deux hommes de sa vie, et elle ne pouvait pas. A ce moment, Sasuke entra dans la pièce en trainant les pieds et elle prit le plat de tomates pour le poser sur la table.
- Prends la carafe sur le comptoir, Sasuke, ordonna-t-elle et il se dirigea vers l'évier. Itachi arriva et s'assit en face de Naruto. Sakura observa la table un instant avant de s'assoir à côté de l'ainé des frères, bien décidée à forcer ses deux meilleurs amis à s'assoir l'un à côté de l'autre. Ce qu'ils évitaient, à présent. En apportant l'eau, Sasuke s'arrêta un instant avant de prendre place, lentement alors que Naruto se décalait imperceptiblement pour être le plus loin possible.
Le blond ne dit rien tout au long du repas, contrairement à ce qu'il avait fait pendant trois jours, et le silence s'installa dans la maison. Itachi se dit que quand tout cela serait terminé, il déménagerait: cette maison avait perdu son charme. Sakura gardait un œil sur ses deux amis tout en mangeant sa pomme de terre accompagnée de haricots et d'un steak.
Soudain, Itachi le vit venir du coin de l'œil, Naruto et Sasuke tendirent la main en même temps vers la corbeille de pain. Leurs mains se frôlèrent et toute la table cessa de respirer.
Sasuke avait la folle envie d'agripper cette main, de la tenir, de ne plus la lâcher, d'entrainer Naruto avec lui et de lui montrer par A plus B qu'il l'aimait encore. Le blond avait l'impression qu'une vieille plaie venait de se rouvrir: ce simple contact avait envoyé une décharge électrique dans tout son corps. Il se rendit compte qu'il ne guérirait jamais de cet amour.
Il était plus de minuit lorsque Naruto sortit de sa chambre. Il avait réuni quelques affaires dans son sac et était bien décidé à partir. Il ne pouvait pas rester avec Sasuke, ça faisait trop mal et il n'arrivait pas à lui parler. Ses peurs infantiles étaient revenues au grand galop, son insécurité, cette peur de ne pas se savoir aimé ou de ne pas en être sûr. Il savait qu'un séjour chez son tuteur lui ferait le plus grand bien.
«Ce sera toujours mieux qu'ici, pensa-t-il en mettant ses chaussures. Il prit une grande inspiration et s'approcha de la porte: il devait à présent l'ouvrir sans bruit. Retenant son souffle au maximum, il appuya doucement sur la poignée qui s'ouvrit finalement avec un «clic». Naruto se glissa dehors et la lumière du porche s'alluma automatiquement grâce au détecteur de mouvements. Le blond jura mais décida que tout le monde devait dormir et que personne ne remarquerait la lumière. Après tout, Sakura dormait dans la chambre de Sasuke qui dormait lui même avec son frère. Il referma la porte doucement et souffla: la partie la plus dure était faite. Naruto se retourna alors et son souffle se bloqua dans sa gorge. A à peine un mètre de lui, se tenait Sasuke, tout habillé, une cigarette entre son index et son majeur droit, de la vapeur s'échappant de sa bouche à chaque expiration à cause du froid, sa peau blanche brillant sous l'éclairage du porche et ses yeux noirs étaient fixés sur le blond.
Tout se passa très vite. Naruto ne sut pas si c'était lui qui avait esquissé un mouvement ou si c'était Sasuke qui avait simplement bougé, mais il se retrouva plaqué contre la porte, les deux mains au dessus de la tête. Il sentait le corps de Sasuke collé au sien, chaud et musclé, rassurant, son souffle contre ses lèvres et une de ses cuisses entre ses deux jambes, le pressant contre la porte de bois vernie. Les deux garçons se regardèrent comme s'ils se voyaient pour la première fois, et puis, Naruto relâchât un soupir silencieux, comme s'il s'était arrêté de respirer depuis ce dimanche soir neigeux, plus d'une semaine auparavant. Sasuke l'embrassa alors, avec violence, avec passion, avec rage, presque avec une sorte de folie. Il relâcha les poignets pour laisser ses mains glisser dans la chevelure blonde puis le long du cou alors que les bras de Naruto s'était refermés autour de la nuque pâle. L'ébène pressa leurs corps l'un contre l'autre encore plus fort et l'autre laissa échapper un long gémissement de pur plaisir. Son esprit dansait déjà au septième ciel, son cœur battait tellement fort et il sentait celui de l'amour de sa vie, malgré les couches de vêtements, aussi rapide que le sien. Les mains de Sasuke glissèrent contre le torse du blond, glissant dans la veste entrouverte, l'ouvrant complètement pour caresser les abdominaux et remonter sur les côtés. Pas une seconde, ils ne relâchèrent leur étreinte et Naruto agrippait les cheveux de son amant, les serrant comme son cœur l'était en ce moment de pur extase.
L'ébène glissa ses mains sous les fesses de son partenaire et sur le haut de ses cuisses, les remontant. L'autre comprit et accrocha ses jambes autour de la taille fine de l'homme à la peau porcelaine. Ses mains toujours sur les fesses de Naruto, Sasuke les caressait, les massait et remonta sur les reins, passant en dessous du tee-shirt de son amant. Il relâcha les lèvres de son compagnon et le regarda un instant sans rien dire, juste heureux de l'avoir à nouveau dans ses bras. L'autre fit pareil, souriant doucement d'un vrai sourire, avant de se pencher pour l'embrasser sur le front, laissant trainer ses lèvres sur sa joue et dans son cou. Naruto entreprit alors de sucer et mordiller la peau, tirant un grognement du fond de la gorge de l'ébène qui fourra à son tour son nez dans le cou halé, posant ses lèvres sur la peau caramel, la goutant, la dévorant comme avant. Le blond rejeta la tête en arrière lorsque Sasuke mordilla le lobe de son oreille et passa sa langue derrière, soufflant de l'air chaud sur ce point sensible.
Naruto ferma un instant les yeux avant de sourire aux anges. Il reposa ses pieds par terre et s'écarta un tout petit peu de son amant, juste assez pour pouvoir balancer ses chaussures, ouvrir sa braguette et abandonner son pantalon baggy avec son boxer au sol. Sasuke avait posé ses deux mains sur la porte, encadrant le blond, comme pour l'empêcher de partir et se colla contre lui dès qu'il le put. A nouveau, l'ébène embrassa son amant avec passion alors même que celui-ci s'affairait à défaire sa ceinture et sa braguette, laissant son jean tomber juste assez pour atteindre son membre déjà dur. Il grogna et relâcha les lèvres douces pour remettre sa bouche contre le cou halé alors que Naruto le caressait. Il laissa une de ses mains glisser le long d'une fesse ronde tandis que l'autre remontait sous le tee-shirt jusqu'à atteindre les boutons de chair rose. Le blond se cambra soudainement avec un long gémissement, faisant frotter leurs deux virilités l'une contre l'autre.
A nouveau, Sasuke le souleva et le cala contre la porte avant de commencer à se déhancher doucement alors que la main de son compagnon les encerclait, pompant doucement. Ils avaient déjà tellement chaud alors que Naruto rejetait sa tête en arrière, laissant cette si belle expression apparaître sur son visage. L'ébène était fasciné par ces lèvres à demi ouvertes, rouges et humides, par ces yeux si pleins de désir, cachés derrière de lourds cils blonds. Et ces mèches blondes, collées contre ce front luisant de sueur, et tous ces bruits si érotiques qui s'échappaient sans cesse de cette bouche. Brusquement, Sasuke mordit le cou halé, le bonheur étant presque devenu insoutenable et il augmenta la cadence entre leurs corps, sa main glissant entre les deux fesses. Elle caressa un instant la peau sensible et passa sur l'entrée de ce corps si désirable avant de repartir, hésitante.
«Oui... Souffla Naruto. Vas-y... Fais-moi l'amour, vraiment. Comme tu l'as promis.
L'ébène qui s'était arrêté dans ses mouvements se plaqua encore plus contre son amant et reprit de plus belle. Doucement, le blond attrapa la main de son compagnon et la monta à ses lèvres, emprisonnant deux doigts entres ses lèvres. Sasuke le regarda, comme hypnotisé, sa bouche entrouverte, comme un peu stupéfait. Au bout d'un moment, n'y tenant plus, l'ébène reprit ses doigts et embrassa son amant de façon joueuse, mordillant les lèvres, les attrapant juste, passant sa langue contre ces mêmes lèvres. Sa main glissa entre les deux fesses rondes et caressa l'ouverture un instant avant d'y plonger. A nouveau, Naruto se cambra contre la porte et attendit à peine que l'intrusion soit terminée pour se déhancher. Il en avait tellement envie que la douleur minime devenait obsolète en cet instant.
- Sas'ke... Gémit-il en posant ses deux mains sur les épaules de l'autre pour se soutenir alors que son bassin se déhanchait contre sa volonté.
Sasuke n'y tint plus et introduit un deuxième doigt tout en essayant de ne pas penser au futur plaisir, sinon il n'allait jamais tenir! Il avait l'impression d'avoir été séparé de son âme sœur des siècles au lieu d'une semaine. Mais quelle semaine...
- Stop, stop, stop! Ça suffiiiit! Viens! Ordonna Naruto dans un geignement.
L'ébène aurait probablement résisté plus longtemps en temps normal, mais là, il laissa tomber l'idée dès qu'elle lui vint et retira ses doigts. Naruto ouvrit ses jambes au maximum dans sa position, bien calé contre la porte. Du plus lentement qu'il le put, Sasuke le pénétra. Les émotions se déchainèrent en lui à cet instant: il allait définitivement effacer la présence de l'autre, prouver à l'amour de sa vie à quel point il tenait à lui. Le blond passa ses mains dans les mèches corbeau et embrassa tendrement le front de son partenaire avant de souffler:
- Je t'aime.
Sasuke posa ses lèvres dans le cou bronzé, l'embrassant, laissant glisser ses lèvres le long de la peau avant de répondre:
- Moi aussi, plus que tout...»
Là dessus, il commença ses déhanchements, d'abord doucement mais très vite sauvagement alors que Naruto l'enfermait entre ses jambes, le forçant à aller plus fort, plus vite et plus loin. Le bruit de leurs corps contre la porte résonnait, ainsi que leurs grognements et leurs gémissements, mais le monde pouvait bien s'écrouler que rien ne les arrêterait. Le plaisir s'insinuait entre eux, montant rapidement. Ils n'avaient pas envie de prendre leur temps, ils pourraient faire ça plus tard, là c'était l'urgence et le débordement. Dans un dernier mouvement de hanches, Sasuke explosa et Naruto observa son visage se tordre dans cette douloureuse expression d'extase avant de se laisser emporter à son tour.
Leurs respirations se calmèrent lentement et ils glissèrent au sol, leurs corps toujours liés. Haletant, Sasuke leva les yeux vers son amant dont le visage était éclairé d'un sourire content et il se sentit sourire à son tour. Cette douleur insoutenable qui avait habité son cœur, l'avait rongé et détruit avait soudain disparu. Il respirait enfin pour de bon.
L'autre jeune homme laissa passer un soupir de contentement et se mit à genoux pour prendre son partenaire de vie dans ses bras, le serrant fort contre lui:
«Tu m'as tellement manqué...». Sasuke ne répondit rien mais le serra à lui broyer les os.
A l'étage, en haut des escaliers, Sakura ne savait plus vraiment si elle devait rire ou pleurer. A côté d'elle, Itachi se laissa glisser contre le mur, en silence. Un rire nerveux finit par s'échapper de sa gorge et elle s'assit sur la première marche avant de prendre sa tête dans ses mains. C'était fini, enfin.
Note: Compte tenu du retard, et que je suis en partiels à partir de demain, ne rêvez pas, le chapitre sortira dans une semaine et non demain, je suis réellement désolée, nous avons eut quelques problèmes (les Rattatas, tout ça...) mais Adralya ne peut humainement pas avoir finit la correction pour demain xD.
