Je me dirigeai avec Zoé vers la grande salle. Il était neuf heures passé et nous ne voulions pas louper le petit déjeuner. Je demandai à Zoé des nouvelles d'Avery et celle-ci tourna un peu autour du pot.

-Je ne le vois plus trop tu sais… Les cours me prennent beaucoup de temps et je n'ai pas le temps de penser à lui, me rassura-t-elle avec un sourire.

Je n'étais pas du tout convaincu mais je lui rendis son sourire. Je vis à son expression qu'elle avait bien compris que je ne la croyais pas.

- Nora ! Nora tu vas bien ? S'exclama Sirius en arrivant en trombe dans le couloir.

Il ne fit même pas attention à Zoé et passa une main sur mon visage. Je l'observai alors. Ses yeux étaient inquiets et cherchaient les miens.

- Sirius qu'es ce que tu fais ? Demandai-je en chassant sa main.

- Tu es allée à l'infirmerie ? Continua-t-il.

- Arrête ! Je vais très bien, assurai-je.

Ses yeux se noircirent et il m'attrapa le bras, m'arrachant un gémissement. Il me lâcha aussitôt et son visage reprit son expression inquiète.

- Comment es-tu au courant pour ça, dis-je sur un ton sec, Lily t'en a parlé ? Elle n'aurait pas dû.

- Il faut que tu arrêtes de te mettre en danger comme ça, soupira-t-il.

J'allais lui répondre que je n'avais aucun conseil à recevoir de lui quand je remarquai des blessures fraiches sur le haut de son torse. Des griffures, semblables aux miennes, dépassaient de son tee-shirt. Sirius intercepta mon regard et boutonna sa chemise, d'un geste vif, pour dissimuler ses marques. Son expression c'était durcit.

Je jetai un regard vers Zoé. Elle nous regardait bouche-bée.

- Zoé, tu peux nous laisser ? Je te rejoins dans la grande salle, demandai-je gentiment.

Celle-ci opina du chef et disparu dans le couloir. Sirius qui s'était retourné pour observer mon amie, ne reportait pas son attention sur moi.

- Tu étais dehors hier soir, cette chose t'a aussi attaqué, affirmai-je.

Il ne me regardait toujours pas et restait muet.

- Sirius ! Appelai-je.

Cette fois ci il planta son regard dans le mien tout en se rapprochant, mais aucune explication ne sortait de sa bouche.

- Lily ne t'as rien dit, n'est-ce pas ? Tu m'as vu.

- Je ne peux rien dire, dit-il en pinçant les lèvres.

Il me cachait quelque chose d'important je le savais.

- Pourquoi ? Demandai-je en posant ma main sur son avant-bras.

Après un moment il lâcha :

- Parce que je ne peux pas te faire confiance.

Ces mots secs résonnèrent dans mon crâne et me firent l'effet d'une cloche. Ma main glissa de son bras et reprit sa place le long de mon corps. J'allais partir mais Sirius m'attrapa par les épaules et me serra contre lui. Je plaçai ma tête contre son torse et humai son parfum enivrant. J'étais bien et je ne voulais pas quitter ses bras.

- Je suis désolé, murmura-t-il.

Reprenant mes esprits, je m'écartai de lui brusquement. Nous étions au milieu du couloir et toute personne qui passait aurait pu nous voir. Je lui lançai alors un regard de reproches.

- Ne me regarde pas comme ça, sourit-t-il. J'ai bien compris que tu ne voulais pas de moi, mais qu'es ce que tu veux, je ne peux pas m'empêcher de vouloir te protéger, soupira-t-il en passant la main dans ses cheveux.

Il était tellement beau que c'était indécent. Je sentis mes joues rosirent un peu.

- Donc promet moi de ne pas sortir du château ce soir, et demain soir, ajouta-t-il.

- Je… J'ai bien cru que j'allais y rester hier soir. Je ne sortirais pas du château, mais ne crois pas que c'est parce que tu me l'as demandé.

Il eut un sourire en coin.

- Bien sûr, me dit-il avec un clin d'œil.

Puis il tourna les talons et disparu dans la direction opposée que celle qu'avait pris Zoé.

Je retrouvai mon amie au petit-déjeuner. Elle avait à peine commencé. Elle était assise en face de Rabastan et il la questionnait à mon sujet. Je pris place à la droite de Rabastan. Apparemment Zoé n'avait pas parlé de Sirius ce qui me rassura un peu. Voyant que je me tenais le bras en grimaçant, Rabastan m'interrogea :

-Que t'est-t-il arrivé, demanda-t-il en pointa mon bras du menton.

- J'ai été mordue par un chien un peu sauvage hier dans le jardin, soupirai-je.

Je me servais une grande tasse de café noir.

- Hier soir ? Questionna-t-il.

Je hochai de la tête.

- Nora, qu'es ce que tu faisais dans les jardins toute seule à cette heure-là ? S'exclama-t-il.

Je baissai les yeux vers mon assiette pour ne pas affronter le regard incendiaire de Rabastan.

- Je devais… Je devais réfléchir à pas mal de choses en fait, lui-répondis-je doucement.

- Idiote, pesta-t-il.

Je ne relevai pas. Je n'avais aucune envie de me prendre la tête avec Rabastan devant tout le monde. Je savais qu'il réagirait mal.

- Passe à l'infirmerie pour être sûre que tout vas bien, lâcha-t-il finalement.

Il allait se lever et quitter la table quand il ajouta :

- Il faut qu'on se voie ce soir, on a des choses à faire.

Je levai les yeux vers lui.

- Je ne peux pas, j'ai entrainement de Quidditch !

Il s'approcha de moi et me glissa à l'oreille :

- Tu as un entrainement plus important à suivre, dit-il froidement.

Puis il ma lança en partant :

- Décalons à dimanche.

Bien accrochée à mon balai, j'essayai de repérer le vif d'or. Le temps était humide mais pas froid et les nuages m'empêchaient de bien voir au loin. Mon bras droit tenait bon. Lily avait fait des miracles. Cependant alors que je m'élançai à la poursuite de la petite balle dorée, une douleur grandissante se faisait sentir. Je choisis de l'ignorer et de me concentrer sur l'entrainement. Je savais qu'Evan m'avait à l'œil depuis mon échec au dernier match. Au moindre signe de faiblesse il n'hésiterait pas à me remplacer. Je poursuivais donc la balle ardemment, voulant faire mes preuves et prouver ma valeur. Tout en évitant les cognards, je m'approchai de plus en plus du vif d'or. Mais alors que je tendis le bras pour l'attraper, la douleur déjà présente me paralysa le bras et il me fut impossible de le garder tendu. Tout en grimaçant j'adaptais ma vitesse pour regagner le sol. Evan qui me suivait du regard ne tarda pas à me rejoindre.

- Petite forme Nora ? Demanda-t-il.

Cela sonnait comme une menace.

- Je dois passer à l'infirmerie, mon bras droit est blessé et je ne peux pas m'en servir correctement.

Evan pinça les lèvres.

- Tu seras rétablie pour le match contre Poufsouffle, où faut-il que je te trouve un remplaçant ? Déclara-t-il sur un ton froid.

- Ne joue pas à ça avec moi Evan. Tu sais bien qu'il n'y a pas de meilleur attrapeur que moi à Serpentard. Si tu veux me remplacer par un simple poursuiveur, libre à toi. Mais ne vient pas te plaindre quand notre maison perdra le tournoi de Quidditch. Ce serait dommage n'est-ce pas, que Serpentard perde le tournoi pour la première fois depuis dix ans juste l'année où tu deviens capitaine.

Il me lança un regard mauvais et me laissait rentrer au vestiaire.

Une fois assise sur le banc je soufflai un coup. Mon petit discours était quitte ou double. Soit Evan avait le recul nécessaire et reconnaissait ma place dans l'équipe, soit son ego prenait le dessus et il me remplaçait par quelqu'un d'autre. J'haussai les épaules, s'il me virait de l'équipe, je n'avais qu'à demander à Rabastan de parler à son chien après tout.

Je retirai mes vêtements et filai prendre une douche chaude. Les traces de griffures étaient toujours bien présentes et des gros bleus se dessinaient autour. J'allais passer à l'infirmerie directement après m'être rhabillée.

J'étais sur le chemin du retour quand je croisais Sirius.

- Qu'es ce que tu fais ici, me questionna-t-il.

- Je rentre de mon entrainement, répondis-je en montrant mon balai.

Il sourit, s'approcha de moi et regarda le ciel.

- Il fait presque nuit.

- Pas encore.

- Ne tarde pas, tu m'as promis.

- Je n'ai rien promis et je rentre de toute façon.

Il prit ma main.

- Ne prends pas ça à la légère, dit-il en fronçant les sourcils.

Naturellement mes doigts s'enroulèrent autour des siens.

- Je ne prends jamais rien à la légère.

Je fixai alors mes yeux dans les siens et son regard me fit perdre pieds. Il me fixait tellement intensément que j'avais l'impression que mon cœur allait exploser dans ma poitrine. L'effet qu'il me faisait était indescriptible.

- Et toi tu ne risques rien ? Demandai-je.

Il détacha son regard et me lâcha la main rompant ainsi notre contact.

- Non, ne t'en fais pas pour moi.

Sur ces mots il reprit son chemin.

J'allai donc voir Madame Pomfresh qui s'assura de soigner mon bras et ne me posa pas trop de question. Elle s'enquit seulement de savoir comment je m'étais blessée et accepta mon bobard sans rechigner. Elle me laissa partir et je rejoignis directement mon dortoir sans prendre le temps d'aller manger.

Zoé entra dans la pièce alors que j'allais me coucher. Aucune des filles n'étaient encore remontées du dîner.

- Nora ? Qu'es ce que tu fais ? Tu n'es pas allée manger ?

- Ah non, j'étais épuisé après mon entrainement et j'ai dû passer à l'infirmerie.

- Alors tout vas bien ?

- Oui, mon muscle a été bien touché mais Mme Pomfresh a fait des miracles !

- Tant mieux ! D'ailleurs on n'a pas eu le temps de reparler de ce matin, commença-t-elle.

- Oui, merci de m'avoir couverte devant Rabastan. Je suis désolé de te mettre dans ce genre de situation. Mais il ne faut vraiment pas qu'il soit au courant que je… que je suis proche de Sirius, déclarai-je.

- En parlant de ça, je n'imaginais pas que vous étiez proche à ce point !

Elle vint s'assoir sur mon lit, elle replia ses jambes sous elle et s'installa confortablement comme si notre conversation allait durer des heures. A voir ses yeux pétiller, je me doutais qu'elle voulait que je lui en raconte plus sur Sirius.

- Alors ? Me cuisina-t-elle.

- On s'est embrassés.

- Quoi ? S'exclama-t-elle bouche bée.

- Une seule fois, le soir de Noël.

- Mais… mais tu voudrais être avec lui ?

- Je ne sais pas.

- Comment ça tu ne sais pas, dit-elle en fronçant les sourcils.

Je soupirai.

- C'est tellement compliqué, il y a Rabastan, il y a ma famille, il y a Serpentard.

- Explique-moi, ça t'aidera peut-être à y voir plus clair.

- Eh bien avec Rabastan tout est plus simple, plus évident. Il est déjà ami avec mon père et à ses yeux il serait un mari parfait pour moi.

- Mais toi tu penses qu'il serait parfait ?

- C'est Rabastan. Je l'aime comme je le déteste à la fois. Il est gentil et doux parfois comme il peut être froid et distant d'autre fois. Je le connais depuis tellement longtemps que je me suis habituée à sa présence. Au fond j'ai besoin de lui.

- Rabastan doux et gentil ? Rigola-t-elle.

- Oui je crois qu'il n'y a que moi qui connais cette facette de lui, rigolai-je à mon tour. Mais j'aime à croire qu'au fond de lui il est vraiment comme ça, que le Rabastan dur n'est qu'une image qu'il se donne pour paraitre plus menaçant et inspirer le respect.

- Et Sirius ?

- Sirius c'est différent. Je ne me l'explique pas. J'ai cette attirance pour lui qui ne semble jamais vouloir s'arrêter. Pourtant j'ai essayé de ne plus penser à lui et de ne plus lui parler, mais c'est impossible. Quand je le vois c'est comme si on gonflait mon cœur comme un ballon et qu'il prenait toute la place dans mon thorax. Comme s'il était tellement énorme qu'il compressait mes poumons et m'empêchait de respirer. Ma peau brûle quand il me touche et c'est tout mon corps qui s'embrase quand il me regarde.

Zoé me regardait avec des yeux ronds.

- J'en ai trop dit c'est ça ? Demandai-je en pinçant les lèvres.

- Je crois que tu vas devoir faire un choix. Et lorsque tu auras fait ce choix il faudra que tu l'assume et le porte jusqu'au bout, répondit-elle sur un ton grave.

- Qu'es ce que tu es sérieuse ! Dis-je en lui lançant un clin d'œil.

Après notre conversation Zoé fila se coucher et je l'imitais, bien contente de pouvoir arrêter de penser.

J'avais rendez-vous dans la salle commune de Serpentard avec Rabastan. Nous étions dimanche et je devais aller m'entraîner avec lui. Quand j'arrivai dans la salle, il discutait avec Evan. Mon interruption les coupa et alors que Rabastan se levait pour me rejoindre, Evan me lança un regard froid et dédaigneux. Rabastan intercepta ce regard s'adressa à Evan avec un ton sec.

- Pourquoi la regardes-tu comme ça ?

Evan se leva et ne prêta pas attention à la question qui lui avait été posée. Rabastan serra la mâchoire et attrapa le jeune homme par le col.

- Je t'ai posé une question ! Commença-t-il à s'énerver.

- Je n'ai aucun compte à te rendre, se contenta de répondre Evan.

Je sentais que Rabastan allait sortir de ses gonds, j'intervins alors pour tenter de calmer le jeu. Je posai une main sur le bras de Rabastan et expliquai calmement :

- Ce n'est rien, une bête histoire de Quidditch.

- Ne t'en mêle pas Nora, m'ordonna Rabastan et il chassa ma main de son bras pour mieux resserrer son emprise sur Evan. N'oublie pas à qui tu parles, continua Rabastan en s'adressant à Evan.

D'un coup de bras il le fit valser par terre, lui lança un regard mauvais et déclara :

- On en reparlera, crois-moi.

Puis il me poussa vers la sortie.

Je suivais silencieusement Rabastan dans les couloirs. Il m'emmenait vers notre nouvelle salle d'entraînement puisque Sirius avait découvert l'ancienne. J'appréhendais les nouvelles techniques qu'il allait m'apprendre mais j'essayai tant bien que mal de garder mon calme. Rabastan ne disait toujours pas un mot et je n'avais aucune idée d'où on allait. A ma grande surprise nous empruntâmes un passage que je ne connaissais pas, dissimulé derrière une statue et qui nous permit de gagner l'extérieur du château sans être vu par personne. J'osai lui poser une question :

- Comment connais-tu ce chemin ?

Rabastan ne se retourna pas mais daigna quand même me répondre.

- Je connais beaucoup de choses dont tu ne soupçonnerais même pas l'existence.

On poursuivait notre périple dans les jardins et j'avais un peu peur de deviner là où l'on allait. Etonnamment c'est Rabastan qui reprit la parole :

- Surtout n'utilise ce passage qu'avec moi.

Il s'arrêta pour me faire face.

- Je t'interdis de l'emprunter seule pour aller faire tes petites escapades nocturnes.

- Je ne… Commençai-je.

- Ne me contredis surtout pas, je ne suis pas d'humeur, me coupa-t-il.

Puis il reprit la marche. Je regardai anxieusement autour de moi. Le crépuscule était tombé et il commençait à faire sombre. Sirius m'avait fortement déconseillé de sortir ce soir mais de toute façon je n'avais pas le choix.

Nous nous approchions de plus en plus de la forêt interdite et il me semblait bien que Rabastan ne comptait pas rester à la lisière. Alors que nous pénétrions dans la forêt, Rabastan pris ma main et me conseilla :

- Reste près de moi.

Je serrais les dents, la peur montait peu à peu en moi mais je ne voulais surtout pas le laisser voir mon anxiété. Après s'être bien enfoncé dans les bois, il s'arrêta enfin dans une petite clairière. Elle n'était pas menaçante mais les bruits étranges qui émanaient tout autour, eux, l'étaient.

- Pourquoi on est ici ? Demandai-je finalement.

- Pour éviter que le bruit n'attire des élèves ou des professeurs, lâcha-t-il. Bon tu es prête ?

- Prête à quoi ?

- A apprendre le premier des sortilèges impardonnables.

J'avalais ma salive difficilement. Je ne pouvais pas répondre non de toute façon.

- Je suis prête, dis-je d'une voix mal assurée.

- Tous les sortilèges impardonnables nécessitent une grande force magique mais surtout mentale. Pour que ton sortilège fonctionne il faut que tu le veuille vraiment, il faut qu'au plus profond de toi tu désires faire du mal à la personne ou à la chose que tu as en face de toi.

De sa poche il sortit un vieux rat. Il perdait ses poils à certains endroits et était vraiment moche.

- Tu vas lancer sur cette chose le sortilège de l'impérium.

J'attrapai ma baguette tremblotante. Je n'avais absolument aucune envie au fond de moi de contrôler ce rat.

- Attends, lança-t-il, je vais te montrer.

Son visage se figea, une lueur sombre emplit ces yeux. Il pointa sa baguette vers l'animal et lança :

- Impero !

L'animal arrêta de se lécher les pattes, tourna sa tête vers moi et commença à avancer dans ma direction. Mon attention se porta alors sur Rabastan, son visage crispé révélait sa concentration.

Puis d'un coup sec de baguette il cessa l'enchantement.

- A toi, finit-il par dire.

Lentement je levai ma baguette en direction du rongeur et d'une voix faible je prononçai l'incantation :

- Impero.

Rien ne se passa et le rat commença à s'échapper vers la forêt.

- Nora tu te fou de moi ? Recommence !

Cette fois ci, je fis sortir toute la rage que je gardais en moi depuis longtemps et la dirigeai en direction de la pauvre bête.

- Impero ! Criai-je.

Un souffle me projeta en arrière mais je restai camper sur mes pieds. Devant moi le rat s'était immobilisé et je pouvais contrôler absolument toutes ses actions. C'était réellement une sensation étrange mais je commençai à m'y faire. Le rongeur se déplaçait selon mes envies et petit à petit j'y prenais goût. Ce n'est que quand Rabastan m'interpella pour mettre fin au sortilège que je libérai enfin cette petite chose.

Je reprenais mes esprits et me tournai vers Rabastan. Un grand sourire se dessinait sur son visage mais c'était un sourire un peu malsain.

- Je ne pensais pas que tu y arriverais en une soirée, expliqua-t-il, tu as une grande puissance magique apparemment. Cela provient surement de tes gènes, il fit une pause puis reprit, Avada kedavra !

Un éclair vert sortit de sa baguette et le rat tomba raide mort sur le sol.

- Pourquoi tu as fait ça ? M'exclamai-je.

Rabastan parut déconcerté un instant puis il se reprit :

- Nous n'avions plus besoin de cette chose. Aller viens, on rentre, ordonna-t-il.

J'étais allongée dans mon lit, les yeux fixé au plafond. Enfin ce que je distinguai du plafond puisque la pièce était dans l'obscurité la plus totale. Autour de moi j'entendais les respirations apaisantes de mes camarades de chambre. Quelque chose me dérangeais. Cette sensation. Cette sensation étrange qui s'était emparée de moi lorsque j'avais pris le contrôle du rat. J'y avais pris du plaisir. Comme si une part sombre au fond de moi avait toujours été la Mangemort que j'allais devenir. Après tout Rabastan avait raison, c'était dans mes gènes, dans mon sang. Ce sang pur qu'ils vénéraient tous était en fait plus sombre que la nuit. Comme mon père avant moi j'allais devenir Mangemort, il fallait que je m'y fasse. Finalement au vu de ce qui c'était passé ce soir, je finirai surement par m'y habituer.

Le souffle froid sur ma peau me réveilla en sursaut. Penché sur moi, le visage diabolique de Voldemort se dessinait. Ses yeux rouges me fixaient et j'étais incapable de bouger.

- Tu es à moi, chuchota-t-il de sa voix de serpent.

Je criai de toutes mes forces, paniquée, le souffle court.

Toutes les filles de mon dortoir se réveillèrent et se précipitèrent dans ma direction.

- Nora ! Tout va bien ? S'exclama Emmy.

- Nora, qu'es ce qu'il t'arrive ? Demanda Zoé inquiète.

- Qu'es ce qu'il se passe ? Hasarda une voix que je ne reconnus pas.

Etais ce un rêve ? Ou la réalité ? Je ne pouvais pas faire la différence. Je n'arrivai pas. Sans répondre à toutes les questions qui m'assaillaient, je me levai et me dirigeai en courant vers la salle de bain. Zoé sur mes talons. Je posai mes deux mains sur le bord de l'évier et me passai de l'eau glaciale sur le visage, espérant me débarrasser de ses images qui me revenait en tête. Mais c'était impossible. Je revoyais ses lèvres prononcer mon nom et des frissons parcoururent mon corps. Zoé me regardait faire interdite mais ne disait rien. N'arrivant finalement pas à me calmer, je me recroquevillai dans un coin de la salle de bain et enfouit ma tête dans mes bras.

Je sentis une main sur mon épaule, ce qui me fit sursauter.

- C'est moi, murmura Zoé.

Elle me prit contre elle et continua d'une voix douce :

- Tout va bien, c'était un cauchemar.

Si seulement je pouvais en être sure.

- Nora tu trembles comme une feuille ! S'inquiéta Zoé.

Contre son corps immobile mes tremblements étaient amplifiés.

- Ce n'est rien, j'ai froid c'est tout, la rassurai-je.

Elle se leva et alla me chercher une grosse couverture. Elle la glissa sur mes épaules et se rassit près de moi. Elle pausa sa tête sur mon épaule et bailla bruyamment. Peu de temps après je remarquai que sa respiration se faisait plus régulière et qu'un léger bruit s'échappait de ses lèvres entrouvertes. Elle s'était déjà rendormie. Comme je ne voulais pas l'obliger à passer sa nuit dans la salle de bain, je la réveillais doucement.

- Zoé ? Zoé, viens allons-nous recoucher.

Elle ne se fit pas prier et retourna docilement dans son lit. Je l'imitais et me glissai sous mon édredon. Je posai doucement la tête sur l'oreiller et fermai les yeux. Mais au même instant réapparu devant mes paupières le visage macabre du Seigneur des Ténèbres. Et à chaque fois que j'essayais de me rendormir, je revoyais l'expression malsaine de Voldemort. Je me redressai dans mon lit et ramenait mes genoux contre ma poitrine. Je n'arrivais pas à m'apaiser. J'avais besoin de bras réconfortants et protecteurs. Instinctivement je me levais pour aller retrouver Rabastan. A la porte de sa chambre, j'hésitai un instant. Puis je pénétrai dans la pièce en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas le réveiller. Mais au moment où je me retournai, je vis Rabastan redresser dans son lit. Les draps avait glissés le long de son corps et dévoilait son torse blanc. Il pointait vers moi une baguette menaçante.

- C'est moi, murmurai-je.

A l'entente de ma voix, il se leva complètement et quitta son lit pour me retrouver.

- Que fais-tu ici ? Demanda-t-il sur un ton sec.

- J'ai besoin de toi, expliquai-je d'une petite voix.

Un frisson me parcouru le corps. Il fronça les sourcils et s'approcha de moi. Il posa une main sur mon épaule et s'exclama tout en me prenant dans ses bras :

- Tu es frigorifiée, qu'es ce qu'il t'arrive ?

Je me blottis contre lui et posai ma tête contre son torse.

- Tu vas me trouver ridicule.

- Nora tu es venue me voir en plein milieu de la nuit, je ne sais pas ce que tu as à me dire mais c'est surement important, me répondit-il d'une voix grave.

- Je… Je l'ai vu. Le Seigneur des ténèbres. Il était là. Au-dessus de mon lit. Il me fixait et…

Ma voix se brisa et des larmes perlèrent au coin de mes yeux. Rabastan me releva la tête pour pouvoir m'observer.

- Nora c'était un cauchemar, dit-il gentiment.

- Ca avait l'air si réel, expliquai-je alors qu'une larme roulait sur ma joue.

Je l'essuyai d'un revers de manche. Il devait me prendre pour une folle. Et en plus de ça il ne devait pas comprendre pourquoi j'avais autant peur de lui alors que je devais bientôt devenir mangemort.

- Il t'a dit quelque chose ? demanda-t-il le visage inquiet.

- Il m'a dit que j'étais à lui.

- Si personne d'autre dans ton dortoir ne l'a entendu c'est que c'était seulement dans ta tête, tout va bien, tu peux aller te recoucher, dit-il en faisant mine de regagner son lit.

- Rabastan attend !

L'idée de devoir retrouver mon lit me paralysait. Je ne pouvais pas me rendormir et prendre le risque de revoir le visage de Voldemort. Il s'immobilisa et leva un sourcil en signe de questionnement.

- Je peux rester avec toi ? Demandai-je en regardant mes pieds.

Son visage s'adoucit et il acquiesça de la tête. Je me glissai sous ses draps et il enroula un bras protecteur autour de moi. Il dégageait une douce chaleur alors que je me collais à son torse nu. Apaisée, j'allais m'endormir quand Rabastan me posa une question :

- Pourquoi as-tu si peur de lui ?

- Je ne sais pas, il me terrifie. J'ai l'impression qu'il pourrait me posséder en claquant des doigts. Je n'ai pas peur qu'il me fasse du mal mais j'ai peur de ce que je pourrai faire si je lui appartenais.

- Nora regarde-moi.

Je levai les yeux vers lui et rencontrai son regard émeraude. Son expression était très intense.

- Tu seras toujours toi-même quand tu seras Mangemort. Il ne te changera pas. Je serais là pour l'en empêcher. Je te protégerais quoi qu'il arrive, je te le promets.

Il avait l'air tellement sincère que mon ventre se serra. Il mentait pourtant. Il n'en avait peut-être pas conscience mais devenir mangemort l'avait changé lui. Même si en ce moment j'avais l'impression de retrouver l'homme dont j'étais tombée amoureuse il y a quelques années, une part de lui était changée à jamais. Une part si sombre et inquiétante.

Il déposa un baiser sur mon front et ferma les yeux. Signe que la conversation était terminée.