Comme je n'ai rien publié hier, je vous offre une second OS aujourd'hui ;-) ~
Au passage, merci au Guest qui a commenté tout à l'heure. Ne t'en fais pas, je ne compte pas abandonner :-P J'ai trop de pairings en tête pour ça ~ Le Sakura/Kakashi est un couple que j'aime beaucoup, d'ailleurs. J'écrirais très probablement sur eux. Sur Kisame aussi, je pense. Ce sera comme un défi d'aborder leur relation sans entrer dans le cliché ou dans le ridicule ;-) Bref, merci d'aimer et de suivre ce que je fais! :-) J'espère que cet OS te plaira ~
Acte de liberté, contre la normalité
Sakura x Deidara
Deidara caresse la courbure d'un sein nu de la pulpe de ses doigts. Sakura frissonne – de plaisir, de désir, sous le contraste entre leurs ébats passionnés et cette douceur après l'acte. Le blond se redresse après avoir embrassé sa joue.
Il tire une clope de son paquet et la cale entre ses lèvres. Avec le geste assuré du pouce de ceux qui ont l'habitude de s'en griller une, il allume son zippo et l'approche du bout de sa cigarette, son autre main placée en contrefort pour éviter que la flamme vacillante ne s'éteigne. Ainsi positionné, torse nu, le jeans tombant sur ses hanches pour dévoiler le liseré de son boxer, une jambe relevée et l'autre tendue, en train d'allumer sa clope, nimbé par les rayons du soleil, Sakura se surprend à sourire légèrement, le rose aux joues, presque intimidée par cet éphèbe qui lui a tant fait découvrir la nuit passée.
Deidara tourne la tête en sa direction, un sourcil arqué et un rictus moqueur au coin de ses lèvres entravées. Quand il a achevé sa besogne, il balance négligemment le zippo sur la table de nuit et tire une latte de tabac. Fermant les yeux, il rejette la tête en arrière et expire toute la fumée de ses poumons.
« Tu ne m'avais pas l'air si embarrassée cette nuit », fait-il remarquer en coulant ses yeux bleus sur la jeune Eve à ses côtés.
« Bien sûr que si », rétorque cette dernière, sèche.
Les paroles ont comme déclenché un interrupteur dans son esprit. La quiétude du moment s'est brisée en mille morceaux autour d'elle. Ne reste plus que l'incompréhension et l'agacement. La peur, aussi, d'avoir été prise pour une conne. De s'être laissée aller à une idylle alors qu'elle sait pertinemment que ça n'existe pas.
« Pourquoi ? », demande-t-elle en fixant le plafond.
« Tu regrettes déjà ? », demande le blond en retour en crachant la fumée par les naseaux, nonchalant.
« J'ai l'impression que tu m'as récupérée comme un chiot abandonné et que tu m'as juste sautée par pitié. »
« Ne sors pas des choses aussi crues de ta bouche si pure », susurre Deidara en caressant ses lèvres du pouce.
« Ferme-la », gronde Sakura en le repoussant à deux mains.
Elle remonte entièrement les draps sur son corps, peu désireuse de le laisser se gorger de sa nudité plus longtemps.
« On se connait depuis un moment déjà. C'est pas comme si on est juste deux inconnus qui ont fini dans le même lit pour ne plus jamais se revoir au matin », tente de relativiser Deidara.
« On ne s'est presque jamais parlé, jusqu'ici. »
« Et ? Est-ce que ça empêche de se connaitre ? »
« Pourquoi ? », redemande Sakura d'une voix neutre.
« Parce que je te regarde souvent, et que je te trouve très belle mais trop solitaire », explique le blond en prenant une autre bouffée relaxante.
« Et non, ce n'est pas de la pitié », ajoute-t-il en voyant le regard vert viré au noir. « Ça me chagrine un peu, c'est comme du gâchis. »
« Et alors ? T'as décidé de consommer pour les autres ? »
« J'ai décidé de t'aimer », déclare Deidara avec sérieux malgré son attitude détendue.
« T'es en plein délire, mec. »
« C'était si nul que ça ? », interroge le jeune homme, un brin moqueur.
« Change pas de sujet. »
« Répond. Tu as aimé ? »
« Oui, bien sûr », soupire Sakura, toujours honnête envers ses sentiments.
« Eh bien moi aussi, figure toi », sourit son partenaire en caressant ses cheveux de sa main libre. « Je voulais t'aimer quand je t'ai embrassée, et maintenant je suis sûr. J'ai décidé il y a cinq minutes que je t'aimerais, alors je vais t'aimer. »
« Ça se décide pas », rétorque la rose, le laissant néanmoins jouer avec ses cheveux pour le moment.
« Parce que tu crois vraiment que l'amour tombe du ciel et frappe deux personnes au hasard ? »
« C'est plus ou moins, le concept, ouais. Quelque chose que tu peux pas maitriser et qui te tombe dessus sans que t'en ai voulu. »
« Tu as déjà expérimenté ça ? »
« Une fois », crache-t-elle à la manière de ceux qui en ont trop souffert.
« Moi aussi. Ça ne m'a pas plu, et j'ai commencé à voir les choses sous un autre angle. »
« Explique. »
Deidara tire une longue latte de sa clope avant de l'écraser dans le cendrier sur la table de chevet. Se rasseyant correctement sur le matelas en tailleur, complètement tourné vers Sakura, il parle avec les mains comme les passionnés le font.
« Je suis jeune et dynamique. Et comme n'importe quel autre jeune dynamique, je veux stupidement être libre. Or, être libre, c'est pouvoir faire des choix. C'est la première chose qu'on nous apprend en philo. Alors, je choisis la vie que je veux, les amis que je veux, les ennemis que je veux, et surtout, la fille que je veux. »
« Ça sonne comme si tu choisissais la facilité au lieu des emmerdes. »
« J'emmerde l'amour et sa fatalité, c'est vrai. »
Sakura continue de fixer le plafond, pas convaincue.
« Chacun est libre de voir la vie comme il veut, tu ne crois pas ? », demande Deidara en posant ses coudes sur ses genoux.
« Sauf que y a un problème dans ta théorie », remarque la rose.
« Va-y », lui intime son homologue d'un mouvement de tête.
« Toi t'as décidé de m'aimer, ok. Mais si moi je veux pas t'aimer, tu fais comment ? Tu te retrouves comme un con. »
Deidara éclate sincèrement de rire.
« C'est vrai. Je crois quand même un peu au coup de pouce du destin », confie-t-il dans un soupir destiné au ciel.
Silence. Sakura réfléchit aux paroles à la fois dingues mais alléchantes du blond. Au fond, elle aimerait penser comme lui. Ça lui éviterait des tas de réflexions inutiles; parce que ça, Sakura est douée pour réfléchir sur un rien pendant des heures. Au fond, elle aimerait bien vivre au jour le jour sans se soucier des autres et sans forcément emmerder le monde au point de se retrouver irrémédiablement seule.
Elle plante pour la première fois on regard droit dans celui de Deidara.
« Eh, l'expert en philo », le hèle-t-elle. « C'est quoi la normalité ? »
« Eh bien, le p'tit robert te dirait que c'est ce qui est conforme à la moyenne, comme une norme qui s'est installée ou qu'on a imposée au cours du temps. »
« Et la philo ? »
« Je sais pas trop. Sans doute qu'il n'y a pas de normalité. Enfin, je veux dire, c'est trop subjectif. On ne peut pas appliquer quelque chose de normal universellement. Ce qui est normal pour toi ne l'est pas forcément pour moi. Ce qui est normal pour nous deux ne l'est pas forcément pour les autres. »
« Et pour toi, c'est quoi la normalité ? »
« Je croyais que mes théories étaient foireuses ? », fait remarquer le blond en arquant un sourcil moqueur.
L'irritation pointe dans les émeraudes qui le fixent. Elle réagit au quart de tour, c'est dommage. Mais Deidara ne veut pas qu'elle détourne encore les yeux alors qu'elle commence enfin à l'accepter, donc il consent à répondre sans la taquiner.
« Franchement, j'en n'ai aucune idée. Je veux pas me casser la tête avec ça, alors j'y réfléchis pas. Je marche plutôt à l'instinct, aux envies. On est jeune. Tant qu'on n'a pas besoin de réfléchir, autant en profiter et vivre à fond. »
Silence. Sakura fait à nouveau glisser ses yeux vers le plafond, les mains posées sur le tissu sur son ventre, plongée dans ses pensées.
« Cherche pas, de tous les gens pas normaux de la terre, on est sûrement les moins normaux du lot », rit Deidara.
« C'est sûr que vu ce que tu dis… », lâche vaguement la rose.
Silence à nouveau.
« Et il parait que les gens pas normaux aiment se retrouver entre eux », ajoute le blond. « En fait, c'est comme un instinct naturel. »
« Je croyais que c'était parce que tu en avais eu envie », fait Sakura en se tournant vers lui.
Le sourire de Deidara s'élargit face à cette réaction.
« Pour moi, oui. Mais tu veux pas croire à mes théories, alors j'essaie de te convaincre comme je peux. »
Silence, toujours. Elle regarde fixement le blond, bien que celui-ci fasse mine de jouer avec ses doigts. Il aime être enfin au centre de son attention. Sans méfiance, sans pudeur. Elle réfléchit sincèrement à ce qu'il lui dit, elle envisage peut-être même de le suivre dans sa folie. Il aime vraiment ça. Plus que ce qu'il avait décidé au départ.
« J'en ai envie, maintenant », lâche la jeune femme. « Un peu. »
« De quoi ? », questionne le blond, désireux de la pousser à se confier un peu plus.
« D'être avec toi. »
Deidara lève ses orbes océanes et accroche celles verdoyantes de Sakura.
« Mais tu n'es pas capable de me le dire juste maintenant », s'obstine tout de même cette dernière.
« Que je t'aime ? Bien sûr que si. »
« Pas sincèrement. »
« Un peu qu'il sera sincère. Surtout après ça. »
« Ça quoi ? »
« L'amour, les discussions. Tu es sans doute la fille la plus authentique que j'ai jamais rencontré. Du moins, aussi subjectivement que je puisse en juger. »
Il relève les draps et les fait glisser lentement sur la peau de pêche jusqu'à dévoiler le corps féminin dans sa parfaite entièreté. Il s'allonge à demi sur Sakura, retenu par ses bras de chaque côté des mèches roses étalées sur l'oreiller, et il se penche pour goûter encore à ses lèvres rosées. Tandis que sa main droite, taquine, commence à migrer de l'épaule jusqu'au bas-ventre en passant par un sein, il chuchote à son oreille de sa voix la plus velouté.
« Je t'aime. »
Les mots font vibrer le corps sous le sien, et se frayent un chemin jusqu'au cœur qu'il peut sentir pulser plus fort en embrassant les lèvres gorgées de sang de sa compagne désormais aussi libre que lui.
Et voilà, déjà le dixième OS ~~
Est-ce qu'il vous a plu?
J'espère revenir avec un ou deux textes demain!
