Voilà voilà, je pose ça là, bonne journée et bonne lecture à tous.
...
-Puis-je te parler un instant ?
Harry Potter s'arrêta net. Épuisé, il se pinça l'arête du nez, avant de faire volte-face pour accueillir Rémus Lupin d'un faible sourire. Le loup-garou lui jeta un regard désolé, mais se porta néanmoins à sa hauteur.
-Longue nuit ?
Harry acquiesça.
-On peut le dire ! Le professeur McGonagall m'a envoyé sauver une famille de Moldus qui ont récemment donné naissance à une petite sorcière en compagnie de Kingsley et Bill.
Son regard était hanté.
-Nous sommes arrivés trop tard...ce salaud de Rosier y est passé avant nous.
Rémus serra les lèvres et jeta un regard critique à son protégé.
-Ce n'est pas de ta faute, Harry.
L'Élu eut un rire sans joie.
-On peut se le dire autant que l'on veut, ça ne nous rend pas moins coupables, marmonna-t-il en retour. Tu voulais me parler ?
-Oui.
Ils étaient parvenus face au portrait de la Grosse Dame, qui était occupée à se poudrer le nez en chantonnant à voix basse. Rémus baissa la voix.
-Il y a des loups-garous en approche de Poudlard, Harry, par la Forêt Interdite.
Harry lui jeta un regard méfiant.
-Ils n'ont jamais violée l'enceinte de Poudlard, Rémus, et tu le sais.
-Oh ! Je sais qu'ils ont violée l'enceinte. Ce que tu veux dire, c'est qu'ils ne se sont jamais montrés. Je les sens...
Les narines de Rémus palpitèrent doucement.
-Ils n'ont pas d'intentions belliqueuses à notre égard, mais ce n'est pas ce qui me gêne. D'après leurs odeurs, nous les connaissons, sans que je puisse parvenir à les replacer, premier détail. Second détail- ce sont bien des loups-garous, mais...devrais-je dire...d'une variété exotique ?
Harry haussa un sourcil avant de reprendre platement,
-D'une...variété exotique ?
-Je ne sais pas comment le décrire, souffla Rémus en se passant une main frustrée dans les cheveux. On dirait presque qu'il y a des semaines ou des mois qu'ils ne sont pas redevenus humains. Et pourtant, mon odorat me signale qu'ils ont une totale maîtrise d'eux-mêmes.
Harry lança un regard savant à son ancien professeur.
-Une totale maîtrise d'eux-mêmes, Rémus ? Des loups-garous ?
Rémus serra les lèvres jusqu'à ce qu'elles ne forment qu'une ligne blanche.
-Je sais ce que je dis, Harry.
-Es-tu certain qu'il s'agit d'une présence amicale ?
-Je ne puis l'affirmer avec certitude, mais j'en ai l'impression. Question d'instinct...
Harry soupira, se frottant le menton pensivement.
-C'est toi, le professionnel en la matière, Rémus. Qu'à dit le professeur McGonagall à ce sujet ?
-La même chose que toi, répliqua Rémus en haussant les épaules. Ils seront ici au coucher du jour, Harry, alors je les accueillerai. Mets à ma disposition quatre sorciers, au cas où.
Harry hocha la tête.
-C'est entendu. A présent- je n'ai pas dormi depuis...
Son regard hagard se perdit dans le vague, tandis qu'il s'efforçait de se rappeler depuis combien de temps il n'avait effectivement pas dormi, et Rémus eut un sourire triste.
-Je sais, compatit-il. Bonne nuit, Harry.
…
La route s'était effectuée dans le silence le plus absolu. Personne n'osait parler : ils étaient tous hébétés de la mort d'Astoria. De temps à autre, Hermione jetait un regard de côté à Drago qui, silencieux et stoïque, était toutefois plus tendu qu'elle ne l'avait jamais vu. Généralement, chez lui, tant de tension signifiait qu'il voulait tuer quelque chose.
Gabrielle, avec toute l'innocence de l'enfance, fut la première à briser le silence.
-Regardez !
Hermione leva les yeux, suivant la direction indiquée par la petite Française, et son cœur rata un battement. Le ciel, jusqu'alors bloqué par les cimes des arbres, devenait apparent, strié d'orange tandis que le jour se couchait. Excitée, elle se redressa, remarquant que les arbres s'écartaient de plus en plus, la lumière paraissant devant elle.
Enfin, la Ford Anglia traversa tout à fait la lisière de la Forêt Interdite, et elle aurait pu pleurer en voyant la haute stature de Poudlard devant elle tandis que le véhicule s'avançait sur la pelouse du château avant de s'arrêter et d'ouvrir les portières.
Hermione descendit d'un bond, imitée par ses semblables, puis elle hésita. Qu'allait-il se passer à présent ?
Elle vit une forme noire, au lointain, s'approcher d'eux.
-Drago...
L'Alpha fit volte-face, se tournant vers elle.
-Regarde.
Mais Malefoy ne fit pas attention à la direction qu'elle fixait. Il la regardait, et elle finit par tourner les yeux vers lui.
-Drago ? demanda-t-il doucement.
L'humaine en elle voulut s'empourprer.
-Malefoy, s'empressa-t-elle de corriger. Alpha. Peu importe.
Il finit enfin par décrocher son regard ironique d'elle et se concentra à son tour vers le sorcier qui approchait.
-Rémus Lupin, souffla Pansy.
C'était bien lui. Le sorcier aux robes aussi fatiguées que son visage avançait vers eux d'un pas vif. Hermione s'alarma en voyant que sa baguette était tirée. Elle se coucha, tête sur les pattes, espérant montrer que ses intentions étaient pacifiques, et Blaise, Gabrielle et Pansy l'imitèrent. Seul Drago demeura debout, tête haute, venant se placer devant eux en protecteur.
Finalement, Rémus s'arrêta à quelques mètres d'eux, baguette tendue vers la tête de Malefoy.
-Qui êtes-vous ? demanda-t-il d'une voix glaciale.
Hermione sentit que Malefoy hésitait. Et c'était, somme toute, logique : la nouvelle de la défection de Malefoy, Blaise et Pansy n'était jamais parvenue à la Résistance. Aussi se concentra-t-elle pour parler, espérant que Rémus pourrait la comprendre.
-Rémus, déclara-t-elle en se levant lentement pour venir se poser aux côtés de son Alpha.
La baguette de Rémus changea de direction pour se poser sur elle.
-Rémus, c'est moi. Hermione.
Elle le vit écarquiller les yeux.
-Tu m'entends ?
-Oui, murmura-t-il.
Puis sa stupéfaction fut remplacée par la méfiance.
-Quelles sont les dernières paroles que j'ai prononcées à l'égard de Hermione Granger avant sa disparition ?
Elle rit, cœur serré.
-« Pour l'amour de Merlin, demande à un sorcier de t'accompagner, on dirait que tu cherches à te faire tuer », récita-t-elle de mémoire.
Elle sentit Malefoy lever les yeux au ciel à ses côtés. Rémus hésita, puis baissa légèrement sa baguette.
-Hermione...c'est toi ?
-Avec quelques poils en plus, tenta-t-elle de plaisanter.
-Mais comment-
-Je t'expliquerai tout, en temps et en heure, annonça-t-elle. Peux-tu nous conduire au professeur McGonagall ? Et demande à Harry et à Fleur d'être présents également.
Fronçant les sourcils, Rémus jeta un regard méfiant vers les quatre autres loups.
-Ils sont avec moi, assura-t-elle.
Avec un dernier coup d'œil suspicieux pour le groupe, Rémus hocha la tête et ouvrit la marche vers le château.
…
Adrien Pucey était allongé, ventre au sol et oreilles couchées contre son crâne, tentant de faire passer sa soumission. Il était terrifié- cela se voyait à la manière dont ses yeux moutarde bougeaient sans arrêt, ne se posant sur rien, à la manière dont ses flancs couverts de cicatrices tremblaient, et sa queue était rentrée sous ses pattes. Il n'y avait que deux choses au monde capables d'inspirer une telle crainte au loup-garou, ou plutôt, deux personnes. La première était Lord Voldemort.
La seconde se tenait devant lui, debout, dents luisant à la faveur de la lune, yeux plissés en une expression de rage pure. Adrien le savait- sa vie tenait à peu de choses.
Muscles bandés, un grognement s'éleva de la gorge de Volkodlak.
-Ils sont arrivés à Poudlard, répéta le fidèle de Voldemort avec une froideur incisive.
Adrien ne répondit pas, se contentant de gémir tout bas.
-Malefoy et ses chiens savent qui je suis, rappela-t-il. Ils informeront la Résistance de mon identité. Et pire encore- ma louve est avec eux.
Un silence de mort régnait sur la clairière. Autour d'eux, les loups formaient un rond, observant la scène en retrait, silencieux. Le moindre bruit qui irriterait leur Alpha leur vaudrait une mort aussi douloureuse que sanglante, ils le savaient.
-Daphné, approche.
La louve hésita, mais s'avança et se coucha aux côtés d'Adrien.
-Je suis content de la mort de ta sœur, siffla Volkodlak en lui jetant un regard meurtrier. Tu devrais l'être également, mais j'entends que tu en éprouves du désespoir.
-Je vous suis fidèle, Alpha, assura-t-elle aussitôt, voix tremblante. Ainsi qu'à notre Maître.
-De la fidélité, vous n'en manquez pas, déclara-t-il avec mépris à l'encontre des deux. Il est malheureux que vous ne soyez pas capables d'exécuter mes ordres. Comment se fait-il qu'une meute de deux cents loups-garous, aidés par des centaines d'Acromentules, ne soient guère fichus de rattraper et de me ramener six loups ? Six !
Sa voix prit une intonation malicieuse pour ajouter,
-Ah, j'oubliais. Cinq.
Daphné frémit.
-Je devrais vous tuer, tous les deux, déclara-t-il alors. Je ne puis reprendre mon rôle d'humain à Poudlard- d'ici le matin, les Résistants seront informés de mon identité, grâce à votre incompétence. Le Seigneur des Ténèbres, lui, n'y manquera certainement pas...mais j'ai besoin de chaque loup pour abattre la Résistance. La dernière bataille, celle qui déterminera un gagnant, est imminente. Nous vaincrons- et ensuite...
Il abaissa sa gueule aux crocs acérés près de la tête d'Adrien.
-Espérons pour vous que vous mourrez proprement, sur le champ de bataille, prévint-il d'une voix létale. Car si vous en sortez vivants...
Laissant planer la menace, il recula de quelques pas pour s'adresser, cette fois, à l'ensemble de la meute.
-Lorsque nous attaquerons Poudlard, déclara-t-il d'une voix glaciale, rapportez-moi Hermione Granger vivante. Celui qui réussira sera récompensé au-delà de ses espérances. Tout loup qui la blessera ou la tuera se verra mourir dans d'atroces circonstances. Elle est ma femme- ma louve, et votre future femelle Alpha. Rapportez-moi les têtes de Blaise Zabini et de Pansy Parkinson, les deux traîtres, et vous serez récompensés. Rapportez-moi Drago Malefoy, mort ou vif, et vous aurez le monde à vos pieds.
Il reporta son regard sur les deux incapables devant lui et émit un grondement de dégoût.
-Daphné sera la récompense de celui qui me ramène ma louve, nota-t-il.
Elle masqua un gémissement tandis que des grognements excités s'élevaient.
-Et Adrien, la récompense de celui qui me ramène Malefoy.
Les aboiements qui s'ensuivirent n'étaient guère aussi excités que pour l'annonce de la chute imminente de Daphné- dont la punition promettait des sévices sexuels- mais les loups-garous de la meute avaient clairement envie de se venger de leur ancien Beta au règne cruel.
Volkodlak leva la tête vers le ciel constellé d'étoiles et laissa échapper un hurlement, aussitôt imité par l'ensemble de sa meute.
…
Harry Potter sentit son souffle se couper d'angoisse lorsqu'il pénétra dans le bureau de Minerva McGonagall- les anciens quartiers de feu Albus Dumbledore- et qu'il y vit cinq loups aux aspects différents couchés et assis dans la pièce. Sa baguette se retrouva aussitôt dans ses doigts tandis que l'une des créatures- délicate et petite au pelage brun clair et au ventre beige- se levait à son apparition avec un jappement de joie. La louve sembla hésiter, puis se rassit. Stupéfait, il regarda tandis que l'un des loups- le plus grand, le plus musclé, au pelage blanc de neige et aux yeux orage- venait se poster devant elle avec un grondement menaçant à son encontre. La louve sembla lever le regard au plafond et dévisagea l'arrière de la tête du loup blanc, qui finit par se retourner vers elle avec un soupir agacé, comme s'ils parvenaient à communiquer sans faire de bruit. Il ne sut ce qu'il s'était passé, mais deux autres loups adultes- un mâle noir, ressemblant quelque peu à une panthère, et une femelle aux tons miel, allongés côte à côte, éclatèrent d'une série de petits aboiements ressemblant à des ricanements. La dernière créature était à l'évidence une jeune louve, pas encore mature, au poil soyeux et clair, et elle regardait Harry avec ravissement, comme un chien attendant de saluer son maître, queue touffue battant contre le sol.
-Ah ! Harry, entre, décréta soudainement une voix.
Il leva la tête et vit Minerva McGonagall s'approcher, Rémus Lupin à ses côtés. Il s'avança, baguette toujours en main, guettant les loups du coin de l'œil. L'instant d'après, Fleur Delacour-Weasley débarquait à son tour dans la pièce qui parut subitement trop petite pour toute la compagnie. La plus petite des louves laissa alors échapper un concert d'aboiements surexcités et s'avança, mais le loup blanc fut devant elle en un instant. Ils se regardèrent dans les yeux, et la petite louve écarquilla les siens, comme s'ils communiquaient à nouveau, avant de s'asseoir, queue battant toujours.
Fleur posa une main protectrice sur son ventre rebondi alors qu'elle regardait avec ébahissement la scène autour d'elle. Protecteur, Harry tira une chaise pour la future mère et elle lui jeta un regard reconnaissant tandis qu'il se postait derrière elle, baguette en main.
-Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? finit-il par exploser, faisant sursauter la moitié de ceux présents.
-Langage, Monsieur Potter, le rabroua aussitôt Minerva McGonagall. Rémus va tout nous expliquer.
Rémus Lupin s'avança.
-Je t'ai expliqué tout à l'heure que des loups-garous étaient en approche de Poudlard, rappela-t-il en écartant les mains. Les loups-garous en question sont devant toi. Ils communiquent comme des loups-garous, Harry- c'est à dire par télépathie. Même dans ma forme humaine, je suis capable de communiquer avec eux. C'est ainsi que j'ai pu m'assurer de leurs intentions.
Harry lui jeta un regard dubitatif.
-On dirait des loups normaux, remarqua-t-il. J'ai vu des loups-garous avant. Toi, Fenrir Greyback...ceux-ci semblent aussi dociles que des chiots.
Le loup blanc grogna alors, montrant ses dents, comme s'il tenait à assurer le sorcier qu'il était loin d'être aussi docile qu'il le croyait.
-Ils ont retenue leur sensibilité d'humains. Il semblerait que leur transformation soit permanente- ils ne peuvent plus prendre forme humaine.
Rémus s'interrompit, se tournant vers la louve brun clair, comme s'il l'écoutait. Puis il hocha la tête et reprit,
-C'est une longue histoire, si tu en as le temps. Mais d'abord, je crois que les...présentations...sont nécessaires.
Il prit une inspiration profonde et se tourna vers Fleur qui regardait la scène avec curiosité. Puis il pointa la plus petite louve du doigt.
-Fleur...cette louve est ta sœur, Gabrielle.
Un silence choqué suivit ces paroles tandis que Fleur pâlissait. Ses mains agrippaient son ventre. Harry se souvenait encore de la réaction de la Française lorsque ses parents avaient été tués par les Mangemorts- ils avaient attaquée la maison familiale à Vincennes, et sa sœur avait disparue. Fleur ne s'était pas laissée gagner par le deuil durant de longs mois, des mois passés à traquer, tuer, et interroger les Mangemorts, des mois passés à chercher sa petite sœur qui manquait à l'appel, transformant la jolie jeune femme en une chasseresse sans scrupules. Et puis, un jour, elle s'était rendue à l'idée de ne jamais revoir sa cadette et avait sombré dans une intense dépression, qui avait duré des années. Seule sa grossesse récente avait remis le sourire aux lèvres de Fleur, et Harry craignit un instant que la jeune femme se sente mal. Elle ouvrit et referma la bouche, ne sachant comment réagir, puis ses yeux se posèrent sur la louvette qui laissa échapper un gémissement en regardant alternativement sa sœur, son Alpha et Rémus.
Fleur se leva lentement, s'approchant de la créature. Le loup blanc s'écarta alors, et la jeune femme, mains tremblantes, s'agenouilla.
-G...G...Gabrielle ?
La louvette lui lécha les doigts puis se redressa pour lui lécher le visage, et les deux se regardèrent un moment dans les yeux. Des yeux du même bleu, Harry nota avec stupéfaction...
Fleur se jeta alors sur Gabrielle, l'enserrant de ses bras et la louvette laissa échapper un aboiement de joie, queue battant si fort que Harry en sentit la brise d'où il se tenait. Fleur lâchait des sanglots déchirants en enfonçant son visage dans la fourrure de sa cadette tandis que les deux sœurs se retrouvaient après des années d'absence. Puis Fleur se détacha quelque peu, la dévisageant, lui caressant le museau, et avec un jappement interrogateur, Gabrielle posa sa truffe sur le ventre rebondi de la jeune femme.
-Huit mois, avoua Fleur, comprenant sa question muette. Oh, Gabrielle, Gabrielle...j'ai cru t'avoir perdue...
Harry finit par décrocher les yeux de la scène tandis que Fleur se levait, Gabrielle traçant ses pas tandis que les deux s'éloignaient vers la porte, enfermées dans leur monde. Un grognement menaçant s'éleva alors de la gorge du loup blanc et Rémus le fixa, inquiet, comme en communication, puis s'adressa à Fleur :
-Tu ne peux pas l'amener avec toi, Fleur. Son Alpha ne le permettra pas.
Fleur se retourna, écartant ses mèches soyeuses d'un geste éminemment féminin, et posa ses mains sur ses hanches, foudroyant le loup blanc du regard. Ils s'affrontèrent un moment en silence, puis elle cracha,
-Il s'agit de ma sœur.
-Et lui est son Alpha, rappela Rémus. Je t'en prie, Fleur- tu ne connais pas les us et coutumes des meutes de loups-garous. La meute demeure ensemble, toujours. L'Alpha se doit de surveiller et de protéger les siens. Tu es sa famille de sang, mais la meute est sa famille première et passe avant tout- même les loups-garous possédant une part d'humanité refusent de se voir enlever une partie de la meute, apparemment.
La louve brune et beige s'approcha alors du loup blanc, et il tourna la tête vers elle, dents toujours montrées. Ils se regardèrent un moment, puis le loup blanc se retourna vers Rémus, souhaitant clairement lui passer un message. L'ancien professeur hocha la tête.
-Son Alpha te permet de l'amener avec toi, à la condition qu'elle soit libre de rejoindre sa meute en tout instant, l'informa-t-il.
Visiblement vexée, Fleur ne répondit pas. Elle quitta la pièce, Gabrielle trottinant derrière elle. La louvette hésita sur le pas de la porte, se retournant vers l'Alpha comme pour lui demander confirmation, et il hocha la tête imperceptiblement. Gabrielle disparut alors à son tour. Abasourdi, Harry se tourna à nouveau vers Rémus.
-Celle-ci, déclara-t-il d'une voix sourde en pointant la louve brune et beige du doigt, est Hermione Granger.
Le professeur McGonagall se leva d'un bond, laissant échapper un cri étouffé, mais Harry l'ignora, dévisageant à son tour l'une des louves, extrémités engourdies. Elle s'approcha de lui, le fixant en retour, et il rencontra alors de plein fouet son regard.
Un regard d'ambre, à la lueur intelligente, qu'il connaissait si bien.
Se laissant tomber à genoux, Harry lâcha sa baguette et Hermione se colla à lui. Tout comme Fleur, il enserra son cou de ses bras, ignorant cette fois les grondements franchement menaçants du loup blanc, et des larmes coulèrent sur le poil de sa vieille amie.
-C'est toi, murmura-t-il. C'est vraiment toi.
Hermione lui lécha l'oreille.
Harry, épuisé par la guerre, épuisé par la mort successive de ceux qu'il aimait, épuisé par l'effort et la faim et la fatigue, pleura longuement son amie retrouvée, jusqu'à ce que ses larmes se tarissent et que son corps soit secoué de spasmes de lassitude. Alors, se sentant quelque peu idiot, il recula, reprenant sa baguette, et se releva, redressant ses lunettes d'un pouce.
-Pour les autres, déclara Rémus, je ne sais qui ils sont.
Il se tourna vers Hermione et se tint longtemps raidi, à la fixer, tandis qu'ils communiquaient. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, puis il laissa échapper un,
-Quoi !
Tirant sa baguette, Rémus la pointa tour à tour sur les trois loups-garous restants, et même, occasionnellement, sur Hermione.
-Ainsi donc, cracha-t-il d'une voix ne lui ressemblant pas, nous avons invité en notre château, aux côtés de Gabrielle Delacour et Hermione Granger, Pansy Parkinson, Blaise Zabini et Drago Malefoy.
Le professeur McGonagall produisit sa baguette également, tenant les loups en respect, et Harry plissa les yeux, une vague de haine et d'incompréhension l'emplissant. À quoi jouait Hermione ?
Il n'eut pas besoin d'aide pour identifier le loup blanc. Drago Malefoy s'avança, se tenant devant Hermione, et regarda Rémus.
-Malefoy déclare avoir des informations pour nous, dit-il lentement. Des informations de la plus haute importance.
Minerva McGonagall hésita, puis posa sa baguette sur le bureau, suivie par un Rémus visiblement méfiant. Harry ne rangea pas la sienne, mais consentit à baisser le bras.
Hermione frémit alors, comme piquée, et elle plaqua les oreilles contre son crâne soyeux en regardant l'Alpha. Il l'ignora, toujours fixé sur Rémus.
-Il veut que Hermione quitte la pièce, dit-il.
Hermione plissa les yeux, menaçante, et un grondement de mécontentement quitta sa gorge, mais l'Alpha la foudroya du regard, comme s'il lui intimait un ordre. Harry, ébahi, vit alors son amie- celle qui ne recevait d'ordres de personne, d'ordinaire- prendre la direction de la porte avec un reniflement de dédain. Il croisa le regard savant de Rémus qui lui lança,
-L'intuition d'obéir à l'Alpha est forte, chez les loups-garous.
Harry ouvrit la porte et Hermione disparut. Il savait qu'elle n'irait guère loin- elle savait que les loups-garous, assimilés au Seigneur des Ténèbres, étaient mal vus au château. Elle resterait cachée jusqu'à ce qu'on la rappelle.
Jusqu'à ce que son Alpha la rappelle, réalisa-t-il subitement en observant avec méfiance les trois loups-garous restants. Rémus avait raison- ils ne connaissaient guère les codes régissant les loups-garous, mais si Hermione avait jugé bon d'amener la meute jusqu'à Poudlard, c'est qu'elle avait une bonne raison.
Harry rangea sa baguette et écouta les traductions de Rémus.
...
Donnez-moi vos impressions!
Bises
DIL.
